La Gouverneure générale dévoile des personnages valeureux

Quatorze personnages du passé du Canada ont trouvé une place d’honneur près du Monument commémoratif de guerre du Canada, à Ottawa, où ils adornent la place de la Confédération.

Contrairement aux hommes et aux femmes anonymes au labeur à côté du gros canon du monument commémoratif, le Monument aux Valeureux, dévoilé le 5 novembre par la Gouverneure générale Michaëlle Jean et le diplomate retraité Hamilton Southam, arbore des personnages qui se démarquent dans la conscience nationale.

Le projet concernant les Valeureux a été imaginé par Southam quand il faisait partie du Groupe de travail de 1991 sur les collections de musées d’histoire militaire au Canada. Vu que le gouvernement n’avait pas accepté sa recommandation, il établit une fondation avec l’aide de la Légion royale canadienne, laquelle fit un don de 20 000 $ pour le projet (Le Monument aux Valeureux, novembre/ décembre). Le secrétaire national Duane Daly et l’historien Sidney Wise ont été vice-présidents de la fondation.

Ce sont la sculptrice Marlene Hilton Moore et l’artiste John McEwen qui ont remporté la compétition nationale dont le but était la création de cinq statues et neuf bustes en bronze grandeur nature autour de l’escalier des Sapeurs qui monte du canal Rideau.

Une équipe d’historiens a choisi les personnages dans cinq périodes distinctes de l’histoire du Canada. Le régime français est représenté par des colons soldats, le comte de Frontenac et Pierre Le Moyne d’Iberville. La révolution américaine l’est par le chef autochtone Joseph Brant et le lieutenant-colonel John Butler qui dirigeait les Butler’s Rangers durant les affrontements avec les Américains.

“Un des épisodes que ce monument illustre a eu lieu durant la révolution américaine. À cette époque, les citoyennes et les citoyens de ce que nous appelons maintenant le Canada ont résisté à l’appel des sirènes de leurs voisins du Sud. Dans certains cas, il leur a fallu démontrer leur résistance en prenant les armes contre les révolutionnaires”, dit Jean. “Comme on le sait, les 13 colonies américaines ont finalement réussi à se dissocier de l’Empire britannique. Mais grâce aux efforts de milices locales, des Premières nations alliées et des troupes britanniques, l’Amérique du Nord britannique s’est maintenue, séparée de ses voisins du Sud.”

La guerre de 1812 est représentée par trois personnages : le général sir Isaac Brock, le leader britannique tué lorsqu’il menait ses forces à la victoire à la bataille des hauteurs de Queenston, à la péninsule de Niagara; le lieutenant-colonel Charles-Michel de Salaberry, le soldat canadien français qui était à la tête de troupes britanniques et de ses miliciens, les Voltigeurs, contre une armée américaine lancée à l’attaque de Montréal; et Laura Secord, l’épouse militaire audacieuse qui est allée à pied, à travers champs et forêts, avertir les forces britanniques d’une attaque imminente.

Quant à la Première Guerre mondiale, il y a Georgina Pope, l’infirmière en chef du Service de santé de l’armée canadienne. Le général sir Arthur Currie représente le meilleur de nos chefs militaires alors que le récipiendaire de la Croix de Victoria Joseph Kaeble représente la bravoure des grades inférieurs.

La Seconde Guerre mondiale est évoquée par le buste du capitaine John Wallace Thomas, un marin de la marchande. La marine, l’armée et l’aviation sont représentées par les récipiendaires de la Croix de Victoria suivants : le lieutenant Hampton Gray, le major Paul Triquet et le sous-lieutenant d’aviation Andrew Mynarski.

Jean terminait ses remarques en disant que “De nos jours, les Forces canadiennes sont de nouveau impliquées dans une guerre […] ils combattent en Afghanistan un ennemi insaisissable dans le but de ramener la paix et la stabilité dans un pays lourdement affligé.”

Jean et Southam ont dévoilé la statue en pied de Currie, qui a vu les troupes canadiennes atteindre leur pleine maturité lors des victoires à la crête de Vimy et à Passchendaele. Quelques instants auparavant, une procession d’anciens combattants, de militaires actuels et de cadets prenaient place près des 13 autres personnages afin de pouvoir dévoiler les bronzes en même temps.

La première d’Anthem To The Valiants, une composition musicale commandée par Southam au directeur musical Bramwell Tovey de la symphonie de Vancouver a été un des points culminants de la cérémonie. Elle a été jouée par un contingent de la Musique centrale des Forces canadiennes qui accompagnait le Choeur d’enfants d’Ottawa.

Les statues invitent les attouchements car elles sont au niveau du sol. Certaines, comme celle de Currie, semblent fixer des yeux la foule qui s’approche pour voir le monument militaire derrière elles. Les autres personnages font face au monument militaire pour y diriger le regard des visiteurs.

“Les personnages qui forment ce monument ont été placés au ras du sol, non pas sur des socles. Les personnages sont parmi nous”, dit le ministre des Anciens combattants Gregory Thompson, qui assistait à la cérémonie avec le ministre de la Défense Gordon O’Connor et des dignitaires d’organisations d’anciens combattants et de plusieurs ministères gouvernementaux.

L’escalier descend en deux sections jusqu’à un débarcadère. Le mur que l’escalier longe est une immense plaque de bronze où a été gravé en latin, en anglais et en français, un vers de l’Énéide de Virgile “Jamais aucun jour ne vous effacera de la mémoire du temps”.

Le projet a été financé et développé par le ministère du Patrimoine canadien. La Commission de la capitale nationale a supervisé le projet, prenant soin que les personnages soient inscrits dans le droit fil du style et de la dignité du monument militaire, de la Tombe du Soldat inconnu et des statues de la colline du Parlement.

Thompson dit que la cérémonie était appropriée pour débuter la semaine des anciens combattants qui a eu lieu du 5 au 11 novembre. “Aujourd’hui, nous dévoilons un monument qui déclare que notre pays, le Canada, va toujours se faire le champion de l’humanité et de la démocratie”, dit-il.

Au nom de la bravoure

Il n’a pas fallu longtemps à la Légion royale canadienn pour s’établir aux yeux de la collectivité de Kanata, dans la banlieue ouest d’Ottawa. La Maison de la Légion, le tout nouveau siège national de l’organisation, a ouvert ses portes officiellement en septembre et puis, le 1er décembre, la circulation a été stoppée le long d’une des artères les plus occupées à l’occasion d’une cérémonie en l’honneur du Pont de la bravoure nouvellement baptisé.

Le Pont de la bravoure est une belle passerelle qui traverse quatre voies de la route transcanadienne, que les gens de la capitale nationale appellent le Queensway. Auparavant, le pont n’avait ni identité distincte ni signification spéciale.

Toutefois, la signification du pont a changé de façon remarquable en décembre quand on lui a donné un nom et qu’on y a apposé 16 plaques servant à relater d’importantes batailles et campagnes de l’histoire militaire canadienne. Ces noms du passé militaire du Canada retentissent sur chaque plaque avec le nombre de récipiendaires de la Croix de Victoria reliés à chaque période indiquée.

La transformation du pont a vraiment commencé en février 2005 quand le Conseil exécutif national a voté de vendre son vieil édifice au centre-ville d’Ottawa et de construire une nouvelle Maison de la Légion. Le comité de l’édifice, présidé par le président sortant d’alors Allan Parks, s’était penché sur la possibilité de remettre à neuf le siège social de la rue Kent vieux de 50 ans ou d’en faire construire un nouveau spécialement.

La réfection du vieil édifice aurait coûté plus de 3 millions de dollars, et l’espace au centre-ville était bien supérieur à celui dont la Légion avait besoin. Trouver des locataires pour occuper des parties de l’édifice que la Légion n’utilisait pas s’était aussi avéré quelque peu ardu.

Le nouvel édifice abriterait exclusivement la Direction nationale et le bureau d’un agent d’entraide de la Division de l’Ontario basé à Ottawa. Le nouvel espace règlerait les défauts du vieil édifice et il y aurait un grand entrepôt pour les approvisionnements ainsi qu’une salle pouvant accueillir le Conseil exécutif national. Le site à Kanata était bien logique parce qu’il était facile d’accès par le Queensway et qu’il y avait un hôtel situé commodément du côté nord du pont, ce qui offrait une marche relativement aisée ou une petite promenade en voiture jusqu’à la Maison de la Légion située du côté sud du pont.

Le concept de Pont de la bravoure a été articulé par le secrétaire national Duane Daly durant la construction de la Maison de la Légion. “Le pont venait d’être terminé. Vous pouvez voir que c’est un beau pont pour les piétons et les véhicules”, dit le secrétaire national.

“J’ai pensé : nous sommes en train de construire ici et nous venons de commémorer l’année de l’ancien combattant en 2005.

En plus, la Légion célébrait son 80e anniversaire en 2006. Il fallait faire quelque chose de spécial.”

La proposition de baptiser le pont comme moyen d’établir un mémorial permanent aux alentours de la Maison de la Légion fut faite au comité de l’édifice. “La première idée était de le nommer pont de la Victoire. Nous afficherions tous les grands succès militaires du 20e siècle”, dit le secrétaire national. “Ensuite nous avons changé le nom à Pont de la bravoure afin de mieux souligner le sacrifice et l’engagement des anciens combattants eux-mêmes. Cela nous permettait aussi d’ajouter les nombreuses Croix de Victoria.”

Le secrétaire national nous explique que la Légion avait appris à négocier avec divers gouvernements lors du projet de la Tombe du Soldat inconnu. Pour lancer le projet de la tombe, la Direction nationale avait reçu l’autorisation de dépenser jusqu’à 500 000 $ si personne d’autre ne donnait son appui. À propos de la dédicace du pont, le secrétaire national dit que la Légion a dû montrer à la mairie d’Ottawa la contribution qu’elle était prête à faire. “Le projet a d’abord été présenté au Comité sous-exécutif national qui a permis de dépenser jusqu’à concurrence de 25 000 $, prélevés au budget du 80e anniversaire. Nous espérions que la municipalité doublerait ça, ce qui nous donnerait 50 000 $ pour le projet. La réponse du conseil municipal a été enthousiaste.”

La conseillère Peggy Feltmate, qui représente Kanata Sud, où est située la Maison de la Légion, a trouvé l’idée intéressante. Kanata fait partie de la ville d’Ottawa depuis la fusion qui a assemblé nombre de collectivités avoisinantes, en 2000. “La région a grandi durant les derniers 10 à 15 ans. Quand j’ai emménagé à Kanata, en 1983, il y avait 20 000 habitants. Aujourd’hui, on en compte 70 000”, dit Feltmate. “Avec la fusion, d’aucuns ont parlé de nommer les ponts en l’honneur des anciennes municipalités.”

Mais aucune décision n’avait été prise.

Feltmate dit qu’elle a d’abord fait part de l’idée de la Légion aux officiels des services de la ville. “Toutefois, ils ont répondu qu’ils ne pouvaient pas prendre une telle décision”, dit-elle. “Je pense que ça s’est fait rapidement parce que nous avons dû la présenter au conseil.” Le conseil a voté la motion d’accepter la proposition le 11 octobre.

“Les fonds ont été trouvés pour le projet parce que nous avons une politique selon laquelle un pour cent des coûts de construction devraient être alloués à des oeuvres d’art ou à la commémoration. C’est un beau pont”, dit Feltmate. “C’était une excellente idée.”

Le pont, construit en 2003, a été conçu pour accueillir non seulement les chauffeurs mais les cyclistes et les piétons sur les trottoirs larges. “C’est un pont artériel. C’est le premier pont de cette grandeur qui a été construit à Ottawa depuis 20-22 ans”, dit Wade Clouthier, le gérant des services de construction pour le développement de la ville d’Ottawa. “C’est un des rares ponts qui ont une enjolivure architecturale, avec ses trottoirs larges de cinq mètres d’un côté et de deux mètres de l’autre. Aucun autre pont n’a d’obélisques à ses extrémités comme ceux qu’a celui-ci.”

Clouthier dit qu’environ 17 500 véhicules traversent le pont chaque jour. “Il y en a environ 2 200 par heure durant les heures de pointe.”

“C’est aussi un des rares ponts à Ottawa qui ont un nom. La plupart sont nommés en l’honneur de la rue à laquelle ils aboutissent”, dit Clouthier. Disant que les ponts Mackenzie King et Dunbar sont deux des rares ponts de la ville qui ont un nom autre que celui de la rue qu’ils desservent, il explique qu’un pont doit “avoir les enjolivures architecturales avant que la ville envisage de lui donner un nom. Ce n’est pas une politique. C’est simplement la façon que les choses se sont passées.”

Le secrétaire national dit que la ville d’Ottawa était très impressionnée que la Légion ait réussi à mener le projet avec des ressources internes. Une grande partie des recherches originales concernant les plaques ont été faites par Mac Johnston qui était alors éditeur et directeur général de la revue Légion. La précision des plaques a été vérifiée par Stephen Harris, l’historien en chef de la Direction–Histoire et patrimoine du ministère de la Défense nationale.

La gestion de la conception et de la production des plaques a été confiée à Jennifer Morse qui était directrice artistique de la revue et qui en est actuellement directrice générale. Les plaques ont été coulées par Behrends Bronze Inc., une société basée à Edmonton. Sur chaque plaque sont inscrits une référence temporelle ou une date, des batailles décisives et le nombre de Croix de Victoria canadiennes qui ont été décernées. Les plaques décrivant les événements mesurent quatre pieds sur deux et les lettres, ainsi que le cadre qui l’entoure, sont en relief.

La première plaque de la série concerne la guerre d’Afrique du Sud, 1899-1902.

Les noms de Paardeberg, Mafeking, la rivière Modder et Liliefontein y figurent, ainsi que la note que cinq Croix de Victoria on été décernées.

La Première Guerre mondiale est représentée par trois plaques. La première est celle de 1914-1916. Ypres, Saint-Julien, Festubert, la Mésopotamie, la Somme et Beaumont Hamel y figurent, ainsi que 11 Croix de Victoria. La seconde est celle, de 1917, où se trouvent Vimy, la colline 70, Passchendaele et Arras, ainsi que 24 Croix de Victoria. La troisième plaque de la Grande Guerre concerne 1918. Les noms de Flandres, Palestine, Amiens, Scarpe et Cambrai y sont inscrits, ainsi qu’une note déclarant que 37 Croix de Victoria ont été décernées.

Huit plaques concernent des batailles de la Seconde Guerre mondiale. La première est un hommage à la Bataille de l’Atlantique qui a duré toute la guerre, de 1939 à 1945, et une Croix de Victoria y a été décernée. L’implication du Canada à toute la guerre en mer est commémorée à la plaque suivante qui comprend l’océan Atlantique, la Manche, le St-Laurent, la Méditerranée, le Pacifique et l’océan Indien, et deux Croix de Victoria y sont associées.

Cette plaque est suivie par la guerre aérienne de 1940-1945, en Europe, en Méditerranée et en Extrême-Orient, avec ses deux Croix de Victoria.

L’implication du Canada à la Bataille d’Angleterre, l’Extrême-Orient et Dieppe suivent avec une plaque chacun. Deux Croix de Victoria ont été décernées en Extrême-Orient et à Dieppe. L’Italie, 1943-1945, a une plaque commémorant la Sicile, la rivière Moro, Ortona, Anzio, la vallée de la Liri, la ligne Gothique avec trois Croix de Victoria et l’Europe du Nord-Ouest, 1943-1945, est commémorée avec le jour J, Falaise, Scheldt, les rives du Rhin et les Pays-Bas, et quatre Croix de Victoria.

De la Seconde Guerre mondiale, nous passons à la guerre froide, 1946-1989, où sont commémorés l’Amérique du Nord, l’Europe, l’Atlantique et le Pacifique.

La guerre de Corée, 1950-1953 a sa propre plaque, honorant Kapyong, Chail-li, Chorwon, la colline 355 et Chinamp’o.

Deux plaques ont une date du début, mais pas de date finale. La première commémore les contributions du Canada au maintien de la paix. L’année 1948 y a été inscrite, suivie par un trait d’union. Le Moyen-Orient, Chypre, l’Indochine, l’Asie, l’Afrique et les Balkans y sont commémorés. La dernière plaque commémore la période d’après la guerre froide, commençant en 1989, et suivie par un trait d’union. Y sont inclus la guerre du Golfe, les Balkans et l’Afghanistan.

Une plaque titre portant le nom de Pont de la bravoure a été apposée à chaque bout du pont. Les butées, situées à chaque bout du pont, sont des obélisques qui ressemblent à des petites pyramides empilées l’une sur l’autre. Les plaques titres sont bien en vue, à droite quand on s’approche du pont. Chacune mesure 59 pouces sur 29,25 pouces.

À chaque extrémité du pont se trouve aussi une plaque de dédicace où il est déclaré que : “Pont de la bravoure est dédié à tous les Canadiens qui ont servi à la défense de la liberté aux grandes batailles et campagnes depuis le tournant du 20e siècle. Nous leurs sommes redevables.”

La cérémonie du baptême du Pont de la bravoure, le 1er décembre, a eu lieu en un jour froid et humide qui a apporté un prélude hivernal. Alors que la neige se changeait en giboulée, un cornemuseur menait le groupe officiel de la Maison de la Légion, le long de la rue Castlefrank, jusqu’à l’extrémité sud du pont. Auparavant, un groupe d’anciens combattants et de membres du service des incendies d’Ottawa avaient défilé en prenant le même chemin jusqu’au pont. Le groupe de personnalités comprenait le ministre de la Défense Gordon O’Connor, le maire Larry O’Brien et le président national Jack Frost.

Les anciens combattants et les pompiers ont pris leur place en voyant le groupe de notables s’approcher d’une tente qui avait été montée à la hâte. Un ancien combattant et un pompier se tenaient à côté de chacune des 16 plaques qui étaient encore recouvertes d’un tissu foncé.

O’Brien a remarqué que c’était son premier geste, à cette cérémonie, en tant que maire d’Ottawa nouvellement élu. “C’est passionnant de célébrer non seulement la dénomination du pont mais de célébrer notre partenariat avec la Légion royale canadienne”, dit O’Brien. “Les gens qui vont traverser le pont vont se souvenir des batailles et de la meilleure récompense d’entre toutes, la Croix de Victoria.”

O’Connor dit que le projet est une oeuvre d’amour qui a servi à honorer la tradition à laquelle les Forces canadiennes en Afghanistan et ailleurs dans le monde sont en train de se conformer.

Le président national fait la synthèse de l’événement. “Il y a deux mois et demi à peine, nous avons ouvert notre nouveau siège social, lequel va servir à nous indiquer la voie de l’avenir. Depuis 1926, la Légion est une force pour les anciens combattants, pour la collectivité et pour le souvenir. Et nous espérons que le nouveau siège social va nous servir pendant au moins 50 ans de plus.

“Quand nous avons acheté le terrain où nous avons fait bâtir, nous avons été touchés par la beauté et la proéminence de ce merveilleux pont favorisant les piétons qui venait d’être construit. Avec des butées massives aux coins et des trottoirs exceptionnellement larges, c’était clair qu’il avait été conçu en tant que corridor important pour les véhicules ainsi que pour les piétons. Mais de façon surprenante, il n’y avait pas de nom significatif servant à compléter sa présence énergique et fière.

“Alors nous avons considéré. Vu que le pont est un lieu de passage majeur qui traverse le Queensway, cela nous a rappelé que tant de nos morts ont traversé tant d’autres ponts lors de leur poussée vers la paix et la liberté. Grâce à leur vaillance et à leurs sacrifices, nous sommes vivants aujourd’hui qui pouvons chérir la libéralité que Dieu nous a léguée à tous”, dit-il. “En leur honneur, donc, nous avons proposé qu’en reconnaissance de tous ceux qui sont passés avant nous par cette route périlleuse et ce pont vers la liberté, nous allions nommer ce pont en leur honneur, pour commémorer leur bravoure et leur ultime sacrifice. Le Pont de la bravoure raconte leur histoire de batailles, de campagnes, de victoires et de défaites. En les racontant, nous pouvons affirmer ce que nous leur devons et exprimer notre gratitude, et que leur sacrifice et leur engagement ne seront jamais oubliés. Nous nous souviendrons d’eux!”

Le président national et le maire ont alors dévoilé une reproduction des plaques titres. La conseillère Marianne Wilkinson, qui représente Kanata Nord, et la conseillère Feltmate ont ensuite dévoilé les plaques de dédicace.

Ceci fait, les anciens combattants et les pompiers ont levé le voile qui recouvrait les plaques et peu de temps après la circulation a repris son affairement sur le pont qui venait de devenir un jalon municipal de la capitale du Canada.

Les portes de la nouvelle Maison de la Légion sont ouvertes

La nouvelle Maison de la Légion a été officiellement ouverte grâce à un petit coup de ciseaux par le président national Jack Frost et le maire d’Ottawa Bob Chiarelli en un après-midi où les pensées portaient vers le passé ainsi que vers l’avenir.Environ 80 personnes se sont rassemblées le 16 septembre, un samedi ensoleillé, pour ouvrir le nouvel immeuble de grandeur moyenne à côté du tronçon de l’autoroute transcanadienne qu’on appelle le Queensway.

“La Direction nationale a eu ses premiers bureaux sur la rue Queen à Ottawa”, dit Frost pour donner les grandes lignes de l’histoire de la Maison de la Légion. “En 1956, nous avons ouvert l’édifice du 359 de la rue Kent et nous y avons travaillé fortunément pendant 50 ans.”

Frost dit que le nouvel édifice a été construit en vue de subvenir aux besoins actuels de la Légion. “De la pression a été faite pour qu’on s’installe dans une autre ville, mais nous sommes un bureau national. Nous voulions être près d’Anciens combattants Canada et de la Défense nationale, alors nous avons décidé de rester dans cette merveilleuse ville d’Ottawa,” dit-il. “C’est avec beaucoup de fierté que nous prenons soin d’avoir une bonne présence sociale à Ottawa.”

Parmi les gens de l’assistance se trouvaient les membres du Comité sous-exécutif national, les anciens présidents Ed Coley, Hugh Greene, Joe Kobolak, Allan Parks et Mary Ann Burdett, et des politiciens locaux, dont le ministre de la Défense Gordon O’Connor.

Le maire Chiarelli a félicité la Légion à propos de son nouvel immeuble magnifique. “Le siège social de nombreuses organisations nationales se trouve à Ottawa parce que c’est la capitale du Canada. Et je suis on ne peut plus fier que la Légion soit située ici, dans la capitale nationale. C’est un symbole de toute sorte de choses. C’est un symbole des valeurs de ce pays, les valeurs pour lesquelles tant de gens ont donné leur vie. Durant ces quelques dernières années, j’ai remarqué l’effet fantastique que la Légion a eu dans les écoles. Il y a eu une augmentation prodigieuse des jeunes gens qui participent au souvenir et qui comprennent ce que cela veut dire.”

Chiarelli dit que la ville s’occupait de l’amélioration de la signalisation le long de l’autoroute 416 avec les filiales locales, laquelle a été rebaptisée officiellement Autoroute des anciens combattants en 1998.

Le ministre de la défense O’Connor a félicité la Légion à propos de son nouvel édifice et il l’a remerciée du travail qu’elle a accompli quand il s’est agi de donner son avis à propos de la nouvelle Charte des anciens combattants, laquelle offre aux gens qui viennent des Forces canadiennes l’ensemble de nouveaux avantages le plus avancé depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

En s’adressant à nous, il fit le commentaire que la région a grandement fleuri. “Cela fait 23 ans que j’habite ici. La vie a changé. Il y avait environ 20 000 personnes dans la région où j’habite. Maintenant il y en a 70 000”, dit ce membre de la filiale Kanata. Le nouvel édifice au 86 de la place Aird, au coin du chemin Castlefrank, va abriter environ 50 employés de la Direction nationale et Canvet Publications Ltd., l’éditeur de la revue Légion. L’immeuble bas a 31 730 pieds carrés de surface hors oeuvre, pour loger ses services d’administration, d’adhésion, de finance et d’approvisionnement. L’édifice a aussi une salle de conférences, une bibliothèque pour la revue et un entrepôt avec des installations pour le remisage et l’emballage.

Le projet avait été autorisé par le Conseil exécutif national et le Comité de la construction avait été formé par l’ancien président national Allan Parks comme président, Frost et le trésorier national Mike Cook. Ils étaient assistés par le secrétaire national Duane Daly, le directeur administratif Brad White et le directeur financier Tim Murphy.

Le comité a supervisé le travail fait par CSV Architects, les gérants de projet Jackson Brown Associates, et l’entrepreneur McDonald Brothers Construction.

À Frost et Chiarelli se sont joints O’Connor, le député provincial Norm Sterling et la conseillère municipale locale Peggy Feltmate pour couper le ruban. L’immeuble a été dédié par le brigadier-général Stanley Johnstone, l’aumônier-général qui a accepté d’être aumônier honoraire de la Direction nationale.

Dans le hall, le secrétaire national Daly nous explique qu’une pièce maîtresse, comprenant une sculpture de l’épée de la Croix du Sacrifice, était en train d’être créer. D’un côté seront inscrits les mots du rituel de la Légion “Quand viendra l’heure du crépuscule et celle de l’aurore, nous nous souviendrons d’eux”. Il s’agira d’une oeuvre du sculpteur André Gauthier.

“C’est un cadeau du gouvernement du Canada en reconnaissance de notre travail et de notre 80e anniversaire”, dit Daly.

Bien que le jour concernait l’avenir, la Légion pensait aussi à un futur où les générations suivantes vont réfléchir à leur passé. Une capsule-mémorial dans le hall a été remplie d’articles commémorant la Légion telle qu’elle existe en 2006.

Daly annonçait les articles au fur et à mesure qu’ils étaient placés dans la capsule. Ils comprenaient une liste des exécutifs nationaux de 1926 à 2006; le livre sur l’histoire du projet de la Tombe du Soldat inconnu; l’histoire de la Légion telle que racontée par James Hale dans son livre Branching Out; une copie du numéro de mai/juin de la revue Légion, où se trouve un article sur la construction de l’édifice; et des photos des sous-exécutifs de 2004-2006 et de 2006-2008, du Comité de la construction, de la Maison de la Légion de la rue Kent, du nouvel immeuble, et du Conseil exécutif national qui s’est réuni en février 2006.

Il y avait aussi dans la capsule un certain nombre d’articles dont s’occupe le service d’approvisionnement de la Légion, y compris une bannière de l’année de l’ancien combattant, une épingle de l’année de l’ancien combattant de la Légion, les bannière et épingle du 80e anniversaire de la Légion, une cravate à coquelicots, des épingles “Nous soutenons nos troupes” en anglais et en français, un rouleau de pièces de 25 cents à coquelicot, un dollar à coquelicot en argent de 2004, un presse-papiers souvenir de l’ouverture de l’édifice et une boîte de coquelicots.

La capsule-mémorial a ensuite été scellée par Parks et l’architecte Robert Froom.

Frost avait une autre annonce. Grâce à la conseillère municipale locale Peggy Feltmate, la Légion a obtenu le soutien de la ville pour faire nommer, en 2007, le pont attrayant qui sert à traverser le Queensway à côté de l’immeuble, le Pont des valeureux. “Ce sera un testament visible de notre fière histoire militaire”, dit Frost.

Le Monument aux Valeureux

Les figures déterminées qui s’éreintent au Monument commémoratif de guerre du Canada et la sombre élégance de la Tombe du Soldat inconnu vont bientôt se faire rejoindre dans la capitale nationale par une collection de bustes et de statues grandeur nature évoquant des moments importants de l’histoire militaire canadienne.

La collection impressionnante de 14 personnages historiques, qui se fait appeler le Monument aux Valeureux, sera dévoilée le 5 novembre au coin nord-est de la place de la Confédération, près de l’escalier des Sapeurs. Le monument comprendra cinq statues grandeur nature et neuf bustes, dont l’histoire s’étend des héros d’avant la confédération, le comte de Frontenac, Laura Secord et le général sir Isaac Brock jusqu’aux récipiendaires de la croix de Victoria de la Seconde Guerre mondiale Paul Triquet, Andrew Mynarski et Hampton Gray.

“Le Canada, qu’on se complait à voir comme une nation paisible, a été élevé durant la guerre”, dit Hamilton Southam, le président de la Fondation des Valeureux. “La guerre a créé ce grand pays nord-américain indépendant qui est le nôtre.”

Southam, âgé de 89 ans, a été le moteur du projet depuis avant même que les historiens et divers groupes (y compris la Légion royale canadienne, dont la contribution s’élève à 20 000 $) aient commencé à s’y intéresser. Le secrétaire national de la Légion Duane Daly y a participé activement et il siège à la fondation en tant que vice-président, tout comme l’historien Sydney Wise, qui en est vice-président également. Les membres de la fondation comprennent le grand président honoraire de la Légion et lieutenant-général à la retraite Charles Belzile, les historiens David Bercuson, Serge Bernier, Alec Douglas et J.L. Granatstein et le président-directeur général des Amputés de guerre du Canada Cliff Chadderton.

Le concept des Valeureux a été engendré par le Groupe de travail de 1991 sur les collections de musées d’histoire militaire au Canada, un groupe qui était coprésidé par Southam et l’ancien ministre de la culture québécoise Denis Vaugeois. Southam, un vétéran de la Seconde Guerre mondiale et résident d’Ottawa de longue date, était conscient depuis un certain temps des piédestaux ou petites dalles situés du côté ouest du pont au-dessus de l’escalier des Sapeurs. Toutefois, l’histoire avait voilé l’objet originaire des piédestaux.

La recommandation de placer des statues militaires sur les piédestaux autour de la place de la Confédération n’était qu’une seule des nombreuses recommandations dans le rapport du groupe de travail. La plus grande partie du rapport concernait les défauts et le manque de financement du Musée canadien de la guerre qui avait été négligé pendant si longtemps. Plus de dix ans de controverse ont suivi la sortie du rapport et il a fini par aboutir à la construction du tout nouveau Musée canadien de la guerre dont les portes ont ouvert en mai 2005.

Le fait qu’on n’avait pas donné suite à la recommandation concernant les piédestaux dérangeait Southam. “J’ai dîné avec […] Sydney Wise et nous avons pensé qu’il faudrait voir si des gens étaient intéressés à mettre le projet en marche”, dit-il. Il se mit immédiatement à rassembler un groupe de travail.

Une fois qu’ils avaient décidé de donner suite à l’idée, Southam a approché la Direction nationale de la Légion royale canadienne. “Notre groupe est le premier qu’il a approché à cause du succès que nous avons eu à propos du projet de la Tombe du Soldat inconnu”, dit le secrétaire national Duane Daly. “Nous nous sommes fermement engagés en ce qui concernait l’intercession pour le projet à la ville d’Ottawa, Anciens combattants Canada et, surtout, le ministère du Patrimoine canadien.”

Il dit que le projet est très bien approprié au triangle commémoratif qu’il forme avec la Tombe du Soldat inconnu et le Monument commémoratif de guerre du Canada.

L’historien Alec Douglas explique que le groupe “acceptait que chacun reste sur ses positions à propos des noms avancés au tout début”.

Southam dit que bien qu’au début il proposait de dresser sept personnages clés, d’autres noms étaient constamment ajoutés. “Le projet a grandi au petit bonheur”, dit-il.

En 2001, le groupe a demandé des fonds au gouvernement fédéral. “Nous pensions que le projet allait coûter environ un million de dollars. Nous pensions que nous pourrions rassembler des gens pour recueillir environ 200 000 $, et nous l’avons fait, et que le gouvernement devrait mettre le reste”, dit Southam.

En 2003, le ministère du Patrimoine canadien a annoncé qu’il allait financer le projet. Le coût final s’étant élevé à 1,1 million de dollars, la part du ministère du Patrimoine canadien a été de 75 pour cent et la fondation a ramassé le reste.

La Commission de la capitale nationale, qui selon son mandat gère et s’occupe de l’administration des monuments commémoratifs d’importance nationale, est un des principaux partenaires. En 2004, elle a organisé une compétition nationale de conception et travaille depuis lors avec l’équipe de la conception formée par la sculptrice Marlene Hilton Moore et le concepteur John McEwen, tous deux de Hilldale (Ont.), près de Barrie.

Il est écrit au site de la toile du projet sur les Valeureux que les hommes et les femmes qui sont commémorés “sont des symboles d’une nation formée par les conflits et renforcée par les sacrifices. C’est la guerre, tout autant que la paix, qui nous uni; car la valeur n’a pas de limite”.

Le 26 septembre, le public a eu l’occasion de voir une des statues. Pierre Le Moyne d’Iberville représente le régime français en Amérique du Nord qui dominait durant les nombreuses guerres entre la Grande-Bretagne et la France. C’est la première personne née au Canada qui a été choisie.

Né à Ville-Marie (Montréal) en 1661, il a participé aux cruelles guerres frontalières avec la Nouvelle-Angleterre dirigées par le comte de Frontenac. Il participait aussi très activement aux raids contre les postes de traite des fourrures et les ports anglais à la baie James. En tant que capitaine du navire Pélican il affronta et fit sombrer deux navires de guerre britanniques près de York Factory en 1697. Entre 1698 et 1702, il a commandé des expéditions jusqu’en Louisiane. Sa dernière campagne fut menée en 1706, contre Nevis, une colonie anglaise aux Antilles. Le Moyne d’Iberville est le premier Canadien de naissance à qui le roi de France a décerné la Croix de Saint-Louis pour sa bravoure.

Louis de Buade, comte de Frontenac, représente aussi l’époque de la Nouvelle-France. Né à Saint-Germain-en-Laye (France) en 1622, c’est un explorateur et un soldat professionnel qui a beaucoup étendu l’empire français en Amérique du Nord et qui a fait la guerre à la confédération iroquoise et à ses alliés britanniques. Frontenac est un personnage romantique du début de l’histoire canadienne suite à sa défense résolue de la ville de Québec contre l’expédition maritime de sir William Phips. L’occasion fut donnée à Frontenac, grandement surpassé en nombre et coupé des renforts par voie marine, de se rendre. On dit qu’il répondit en disant : “Dites à votre maître que je répondrai par la bouche de mes canons.”

Phips ne réussit pas à prendre la ville et, l’hiver approchant, fut obligé de se retirer.

Les Valeureux attirent aussi notre attention sur Joseph Brant et John Butler. Le premier, qu’on appelait aussi Thayendanegea, est né en 1742 dans un territoire indien au sud du lac Érié. C’était un chef de guerriers mohawk et un homme d’État, qui combattit du côté des Britanniques durant la guerre de sept ans (1756-1763) et la révolution américaine (1775-1783). Brant était renommé pour son courage au combat et le dévouement à sa cause, et on lui décerna la terre qui forme la réserve des Six nations le long de la rivière Grand près de ce qui est actuellement Brantford (Ont.). Il est mort en 1807.

“Les gens oublient que Brant n’était pas seulement un grand guerrier, mais un grand diplomate », dit Douglas. Butler, fils d’un officier de l’armée britannique, est né en 1728. Durant la guerre de sept ans, il a participé à la capture de Fort Frontenac, qui est aujourd’hui la ville de Kingston, en 1758. Il était lieutenant-colonel dans la milice de New York quand la révolution américaine a commencé et il a alors rapidement organisé un corps de loyalistes. Ses hommes ont fait leur renommée sous le nom de Butler’s Rangers et, avec leurs alliés autochtones, ils lançaient des attaques réussies à partir de chez lui, à la péninsule Niagara, jusqu’à New York et même aussi loin qu’au Kentucky.

La guerre de 1812 entre l’Amérique du Nord britannique et les États-Unis est représentée par deux soldats qui reflètent la dualité linguistique du Canada. Le général sir Isaac Brock, né en 1769, est le personnage plus grand que nature qui a capturé Michilimackinac et puis, bien que grandement surpassé en nombre, a obligé Détroit à se rendre. Bien qu’il n’était pas là au début de l’invasion américaine de la péninsule de Niagara, en 1812, il monta sur un cheval et se rendit au lieu de la bataille, aux hauteurs de Queenston. Portant des habits hauts en couleur, il encouragea crânement ses forces mixtes de Britanniques réguliers, de miliciens et d’alliés autochtones à une défense réussie. Toutefois, il fut atteint mortellement par un tireur d’élite.

Le personnage Valeureux du Canada français de cette période est Charles-Michel de Salaberry, qui est né au Québec en 1778. Il a servi dans l’armée britannique aux Antilles et lors de son retour au Canada, en 1810, a recruté et entraîné une milice canadienne française auquel on donna le nom de Voltigeurs canadiens. Au début des hostilités, il se trouva à la tête d’un corps de 1 700 hommes, y compris 250 Voltigeurs, qui restaient pour faire une défense contre une armée états-unienne de 3 000 troupiers. Décidant que la meilleure tactique était de se battre sur leur propre terrain, il engagea l’ennemi à la bataille de Châteauguay. La surprise et la férocité de la bataille servit à empêcher une attaque massive contre Montréal.

Le troisième personnage de la guerre de 1812 est Laura Secord, née au Massachussetts en 1775. Elle est appariée à l’infirmière de la Grande Guerre Georgina Pope, ce qui sert à préciser le rôle des femmes courageuses. Secord et entrée dans la légende. “Il s’agit d’une femme intrépide. Elle est allée au champ de bataille pour trouver son mari blessé et le soigner”, dit Douglas.

Secord est renommée pour avoir été obligée de cantonner des troupiers américains pendant qu’elle soignait son mari. Quand elle entendit les Américains planifier une attaque surprise contre les Britanniques, elle sortit furtivement durant la nuit et voyagea toute seule jusqu’au camp du leader britannique, le lieutenant James Fitzgibbon, à quelques milles de chez elle. Le commandant britannique retourna la situation en tendant une embuscade aux attaquants, le 24 juin 1813, et obligeant 462 troupiers américains à se rendre.

Née en 1862 dans une famille distinguée de l’Île-du-Prince-Édouard, Georgina Pope s’est portée volontaire au service infirmier, en 1899, à la guerre d’Afrique du Sud. Pendant qu’elle était là-bas, elle a enduré des épreuves physiques et émotionnelles extrêmement dures. En 1902, on lui donna la responsabilité du service infirmier de l’Armée canadienne. Un an après, la reine Victoria lui décernait la Croix-Rouge royale pour son service exceptionnel sur le terrain. Elle est la première Canadienne à qui cette décoration a été décernée. Quand la Première Guerre mondiale a éclaté en 1914, Pope est allée outre-mer à nouveau et a servi en Angleterre et en France.

La Première Guerre mondiale est représentée également chez les Valeureux par le général sir Arthur Currie, l’officier milicien qui devint un commandant superbe aux champs de bataille, prenant la tête d’un Corps d’armée canadien unifié lors de plusieurs batailles majeures. “Il n’y a aucun doute parmi les historiens que Currie est le meilleur général commandant que nous ayons jamais eu”, dit Douglas.

Currie, né en Ontario, vivait en Colombie-Britannique quand la Première Guerre mondiale a éclaté. Après avoir commandé la 2e Brigade d’infanterie canadienne à Ypres (Belgique) en 1915, Currie obtint le commandement de la 1re Division canadienne. Il devint commandant du Corps canadien en juin 1917, et prit part à toutes les batailles m jeures du front occidental auxquelles les Canadiens ont participé. Il commanda lors des horreurs de Passchendaele en 1917 et jusqu’à la victoire à Amiens en août 1918.

La même période est représentée par Joseph Kaeble du Royal 22e Régiment. Né à St-Moïse (Qc) en 1893, il est renommé pour son utilisation d’une mitrailleuse Lewis en 1918 avec laquelle il repoussa une attaque de quelque 50 soldats ennemis. Kaeble continua de se battre bien qu’il eut été blessé mortellement. Mourant, il exhorta ses camarades de profiter du fait que les forces se retiraient.

Quatre personnages représentent la Seconde Guerre mondiale et les combats auxquels les Canadiens ont participé dans tous les théâtres de cette guerre-là.

Wallace Thomas, capitaine dans la marine marchande, commandait le navire du Canadien Pacifique de 26 000 tonnes Empress of Scotland. Né à Terre-Neuve en 1885, il a servi dans la marine marchande durant la Première Guerre mondiale.

C’est le seul membre de la marine marchande à qui l’on a décerné le titre de Commander of the British Empire, une décoration qu’il a méritée pour avoir fait preuve de beaucoup d’habileté alors qu’il était attaqué par la Luftwaffe au large de l’Irlande en 1940. L’attaque a eu lieu dans la même zone où le navire plus grand Empress of Britain avait été torpillé deux semaines auparavant. Les trois autres Valeureux sont des récipiendaires de la Croix de Victoria. Le capitaine Paul Triquet, né au Québec en 1910, a commandé une compagnie du Royal 22e Régiment durant les violents combats à Casa Berardi (Italie) en 1943. Alors qu’il était cloué, il cria à ses hommes “Il y a des ennemis devant nous, derrière nous et à nos deux flancs. Il n’y a qu’un seul endroit en sécurité, l’objectif!” Les hommes maintinrent leurs positions jusqu’à l’arrivée des renforts.

Andrew Mynarski, né au Manitoba en 1916, était mitrailleur dorsal dans un bombardier Lancaster qui prit feu au-dessus de la France en juin 1944. Quand l’équipage reçut la consigne d’évacuer, il resta derrière pour essayer de libérer un autre mitrailleur qui était coincé dans sa tourelle. Ses habits s’enflammèrent durant la tentative. Quand il eut tout essayé, il salua son camarade et puis sauta, mais son parachute, qui avait pris feu, ne s’ouvrit pas comme il faut. Mynarski fut retrouvé vivant, mais il mourut peu de temps après de ses brûlures.

Hampton Gray, né en Colombie-Britannique en 1916, est un membre de la Réserve des Volontaires de la Marine royale canadienne qui a servi en tant que pilote de l’aéronavale de la Marine royale. En août 1945, il était à la tête de huit avions lors d’une attaque à la baie d’Onagawa de Honshu, une des principales îles japonaises. Bien que son avion ait été gravement endommagé durant l’attaque par le tir des canons de DCA de l’ennemi, il largua sa dernière bombe et coula le destroyer Amakusa avant de s’écraser en mer.

Sylvie Pilon-Tilden, cadre supérieur chargée de la commémoration et de l’art public à la CCN, dit qu’il fallait que le Monument aux Valeureux soit conforme aux normes d’excellence du Monument commémoratif de guerre du Canada et de la Tombe du Soldat inconnu.

Pour Marlene Moore, c’était un défi que de faire 14 personnages en 20 mois. Une immense quantité de recherches a été nécessaire dans le cas de chaque personnage pour s’assurer de la fidélité des vêtements et des objets fabriqués. Les costumes ont été recréés par un costumier et, une fois les dessins terminés, on a demandé à des historiens et des conservateurs de musée d’en confirmer la justesse.

Moore dit qu’il n’y avait qu’un seul portrait de Le Moyne d’Iberville sur lequel baser la statue. Il existe une statue de lui, mais c’est une image sentimentalisée qui a été faite bien longtemps après son décès. Elle a dû étudier l’habillement recherché d’un officier de la fin du XVIIe siècle. “La cravate en dentelle, le manteau volumineux, les souliers à talon haut, la perruque et le chapeau à plume d’autruche sont drapés sur le corps pour accentuer l’élégance de la période et créer une figure d’assurance totale. La méthode utilisée sert à s’assurer que la coupe, les plis et la texture de l’étoffe soient extrêmement détaillés dans le bronze. La petite épée française grandement ornementale sur laquelle Le Moyne d’Iberville pose une main a été copiée fidèlement”, dit-elle.

Le processus a été laborieux. Des modèles humains des Valeureux ont été choisis selon leur grandeur et leur poids. Ils ont ensuite été moulés avec du plâtre de Paris en prenant une pose pour la statue. “Les séances de pose ne pouvaient durer que trois heures. Les modèles frissonnaient à cause de l’humidité, même si la température s’élevait à 30 degrés Celsius”, dit Moore.

Des vêtements ont été créés et placés sur les formes corporelles moulées. Un processus de sculpture traditionnel a été utilisé pour sculpter le portrait de chaque personnage. “L’argile est le plus sensuel des matériaux. Quand j’avais fini avec un modèle, je sentais que je le connaissait vraiment”, dit Moore.

Le portrait d’argile fut transformé durant un processus de moulage en cire. La version de cire du portrait fut ensuite ajoutée au corps. Le moule complet, avec vêtements, chaussures, chapeau et objets fabriqués, fut ensuite solidifié durant un processus compliqué de cirage pour le préparer au moulage de bronze. Le processus de moulage du bronze dissout les vêtements et le cuir. La seule chose dont il ne peut pas s’occuper, c’est l’acier. Alors toutes les épées et autres objets fabriqués ont dû être copiés soigneusement et coulés dans la cire.

À la fonderie de coulage de bronze, les personnages allaient être retouchés avec de la cire pour les préparer au moulage. Les grands personnages ont dû être coupés, pour le moulage, en plusieurs sections dont le nombre pouvait aller jusqu’à 12.

Durant le moulage, on se servait d’un processus où la sculpture est déposée dans une coquille de céramique pour créer un moule. La cire est ensuite fondue pour l’enlever et le bronze liquide, versé dans la coquille. Les pièces sont ensuite soudées ensemble.

Le Monument des Valeureux a pour objet d’illustrer le rôle important des opérations militaires qui ont servi à la formation du Canada, à partir d’une colonie, en un pays puissant et indépendant au XXe siècle. La sélection des personnages historiques a été faite délibérément pour trouver un milieu entre français et anglais, entre l’aviation, l’armée, la marine et la marine marchande, et entre les hommes et les femmes. “Nous voulions mettre l’accent sur les gens du peuple”, dit Douglas. “Mynarski, par exemple, ne savait pas, quand il est mort, qu’il avait été promu sous-lieutenant d’aviation”.

Southam dit qu’il est heureux de l’endroit du monument, près de l’escalier qui descend au canal Rideau, un cours d’eau historique dont la construction a été ordonnée par le duc de Wellington pour circonscrire l’expansionnisme américain. En 2007, on va célébrer le 175e anniversaire du canal.

D’ajouter Pilon-Tilden, la CCN travaille avec la police et le ministère de la Défense nationale pour faire surveiller la zone autour du Monument commémoratif de guerre du Canada quand il y a grande foule, afin qu’il n’y ait pas de vandalisme à ces monuments sacrés.

Ils étaient jeunes comme nous

Il était évident que le pèlerinage qu’Anciens combattants Canada avait organisé en l’honneur du 90e anniversaire des batailles de Beaumont Hamel et de la Somme en serait un auquel ne participerait aucun vétéran de la Première Guerre mondiale, mais il concernerait certainement la commémoration et le maître mot en serait la jeunesse d’aujourd’hui.

Aucun vétéran de la Première Guerre mondiale ne pourrait participer au voyage qui allait avoir lieu du 27 juin au 5 juillet, mais des groupes d’anciens combattants, y compris la Légion royale canadienne et 10 autres organismes, seraient représentés et il y aurait cinq vétérans de la Seconde Guerre mondiale et six vétérans des Forces canadiennes. La Légion serait représentée par le président national nouvellement élu Jack Frost qui allait en France après le Congrès national qui avait eu lieu, du 25 au 28 juin, à Calgary.

Le plus grand contingent, toutefois, serait celui des 39 jeunes choisis dans toutes les provinces et territoires par diverses organisations, y compris Scouts Canada, Rencontres avec le Canada et les Amputés de guerre du Canada. Le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador avait choisi quelques jeunes gens en l’honneur de son éminente histoire et des liens émotifs avec Beaumont Hamel, où a eu lieu le premier engagement du Newfoundland Regiment en France, et le plus coûteux de la guerre, le premier jour de la bataille de la Somme.

Il était vraiment approprié que le pèlerinage commence par des commémorations à St. John’s où le premier ministre Danny Williams a appelé la bataille de Beaumont Hamel “le jour le plus sombre de Terre-Neuve”.

Le 1er juillet 1916, le Newfoundland Regiment reçut l’ordre de sortir de ses tranchées pour attaquer un ennemi bien retranché de l’autre côté d’un terrain neutre. Une demi-heure après, le régiment avait été décimé. Chaque officier qui s’était avancé avait été tué ou blessé et sur les 801 soldats originaires, seuls 68 répondaient à l’appel le lendemain matin. Terre-Neuve ne s’était pas encore unie au Canada, alors les jeunes hommes du “Rocher” se battaient pour l’armée britannique.

Les soldats canadiens sont arrivés au champ de bataille de la Somme à la fin du mois d’août, quand la bataille avait deux mois. De juillet à la fin de la bataille, à la mi-novembre 1916, le front des alliés n’avait avancé que de 10 kilomètres à l’intérieur du territoire défendu par les Allemands. Le nombre total des victimes alliées s’élevait à environ 620 000, dont 24 000 à peu près étaient canadiennes.

Avant de quitter St. John’s, la délégation a entr’aperçu la vie militaire du XVIIIe siècle grâce à une présentation d’exercices de tattoo exécutés par le Royal Newfoundland Regt. of Foot et la 27e Compagnie du Régiment royal de l’Artillerie. Le Royal Newfoundland Regt. actuel remonte au groupe rassemblé en 1795 pour les postes de garnison qui a participé à la plupart des batailles de la guerre de 1812 et a été dispersé en 1816.

Chaque été depuis 1967, de jeunes Canadiens sont engagés par la Signal Hill Tattoo Association et Parcs Canada pour exemplifier la vie et l’entraînement d’un soldat de garnison au jour le jour.

La prochaine halte de la délégation a eu lieu à la mairie où la ville de St. John’s lui a offert un dîner spécial. Le député Fabian Manning, membre de la délégation, a parlé de l’objet du voyage. “En politique, un vétéran de la Deuxième Guerre mondiale m’a appris que la seule chose qui aide à survivre à toutes les batailles auxquelles on doit faire face, c’est qu’il faut danser avec celui qui vous a amené. Bientôt nous serons en France et nous devrons nous tenir aux côtés de ceux qui nous ont donné ce pays.”

La première cérémonie de commémoration a eu lieu au parc Bowring de St. John’s où un groupe s’est rassemblé autour de la statue du fier caribou, l’emblème du Royal Newfoundland Regt. Il s’agit d’une des six statues identiques créées par le sculpteur anglais Basil Gotto. C’est la seule qu’il y a au Canada. Les cinq autres sont en Europe, où elles marquent les endroits où les Terre-Neuviens se sont battus et sont tombés. Ici, des couronnes ont été déposées par Manning et les représentants des organisations d’anciens combattants. La Légion royale canadienne était représentée à ce moment-là par Eugene Breen, le second vice-président de la Division de Terre-Neuve-et-Labrador.

Les jeunes eurent l’occasion d’apprendre à se connaître les uns les autres à l’aéroport de St. John’s où la délégation est montée à bord d’un vol de nuit d’un airbus des Forces canadiennes en direction de Lille (France). De dire Adam Fedyk de Kelowna (C.-B.) : “je pense que la plupart d’entre nous étions en état de choc. Au pays, je suis président du conseil des étudiants et la plupart d’entre nous étions angoissés à propos de la remise des diplômes. Certains des jeunes ont même laissé passer la remise des diplômes pour participer à ce voyage.”

Le ministre des anciens combattants Gregory Thompson, accompagné par le ministre des Pêches et Océans et du ministre régional de Terre-Neuve Loyola Hearn, menait la délégation. La princesse Anne a participé aux cérémonies à Beaumont Hamel, tout comme le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Danny Williams, qui a assisté à plusieurs manifestations.

Deux bataillons du Royal Newfoundland Regt. d’aujourd’hui ont aussi donné énormément de sens et de couleurs aux cérémonies du pèlerinage.

Le groupe a commencé la partie européenne du pèlerinage par une cérémonie en l’honneur de l’implication du Newfoundland Regiment aux combats qui ont suivi la bataille de la Somme, au petit village de Monchy-le-Preux, situé à environ à neuf kilomètres à l’est d’Arras (France). Le 14 avril 1917, le Newfoundland Regt. faisait partie d’un front de 22 kilomètres qui repoussait les lignes allemandes. Les hommes n’ont atteint leur objectif, une position élevée fortifiée près du village, qu’après de durs combats. Les Terre-Neuviens survivants avaient été blessés jusqu’au dernier quand on apprit qu’une force de 200 ou 300 Allemands s’apprêtait à contre-attaquer. Le lieutenant-colonel James Forbes-Robertson rassembla les 10 hommes qui restaient et réussit à stopper l’ennemi pendant quatre heures, jusqu’à l’arrivée des renforts.

Le groupe vit une statue de caribou européenne pour la première fois à Monchy-le-Preux. Il se tient férocement debout en haut d’un mur de brique médiéval. Le colonel honoraire du régiment, Ed Roberts, qui est aussi lieutenant-gouverneur de Terre-Neuve-et-Labrador, y a parlé de l’implacabilité des contre-attaques allemandes quand le régiment était réduit à une unité de 10 hommes.

Le lendemain, la délégation est allée voir le mémorial de Courcelette qui honore l’implication du Corps d’armée canadien aux batailles de la Somme entre le 3 septembre et le 18 novembre 1916. “Nous nous souvenons durant notre hommage des gens de Courcelette. Ce petit village tient une place si grande dans l’histoire du Canada et on y voit encore les marques des grandes batailles mortelles qui ont eu lieu ici”, dit Thompson. “Et mortelles, elles l’étaient : 8 000 Canadiens sont morts entre la mi-septembre et la mi-novembre 1916. Plus de 16 000 autres ont été blessés. Les chiffres nous stupéfient encore aujourd’hui.

“Si nous ne faisions pas l’effort de nous souvenir d’eux, de comprendre l’importance de leur sacrifice et la dette que nous avons envers eux, nous leur ferions du tort, mais nous ferions du tort aussi au Canada et à nous-mêmes. Ils ont fait ce qu’ils devaient faire et, aujourd’hui, nous faisons ce que nous devons faire : les honorer, les remercier de leurs sacrifices et célébrer leurs accomplissements.”

Tout en contemplant l’envergure du combat, le vétéran de l’Aviation Bill Brown de Winnipeg remarquait : “j’imagine que je me suis engagé pour l’aventure, tout comme ces gars. Je n’ai jamais fait face à quoi que ce soit de semblable”.

Au fur et à mesure que le pèlerinage allait de l’avant, les leçons de service et de sacrifice se clarifiaient, surtout aux yeux des jeunes. C’était bien évident quand les jeunes gens sont arrivés à un cimetière au nord d’Albert (France), le 30 juin, la veille de l’anniversaire de Beaumont Hamel.

Au coucher du soleil, les jeunes et leurs leaders se tenaient silencieusement debout à un endroit qu’on appelle le second cimetière canadien de Sunken Road. On y trouve la tombe de 44 Canadiens, tous du 22e Bataillon, qui se sont battus avec beaucoup de distinction à Courcelette. Un représentant de la jeunesse se tenait devant chaque pierre tombale quand le reste de la délégation est arrivé, à pied, des autocars qui avaient été stationnés hors de vue.

Chaque jeune avait une petite chandelle éteinte dans un bocal quand il regardait la pierre tombale et le nom et l’âge de la personne enterrée là. Deux jeunes maîtres de cérémonies ont annoncé que ce serait une cérémonie pour se souvenir des gens qui se sont battus durant la guerre, et malgré la présence de politiciens, il n’y a pas eu de discours.

Le service commémoratif solennel a commencé par la dernière sonnerie, jouée par un clairon qui se tenait à côté d’un cornemuseur, près du mur bas du cimetière. Ensuite il y a eu un silence de deux minutes et puis le réveil et la lecture de l’Acte du Souvenir. Les jeunes ont aussi lu la Promesse du souvenir, une promesse qui allait devenir bien familière à tous les gens du voyage.

Ils étaient jeunes comme nous,

Ils ont servi leur pays en faisant preuve d’abnégation,

Nous leur promettons, malgré le temps qui passe, de porter le flambeau et de ne jamais oublier.

Nous nous souviendrons d’eux.

Seul Thompson a déposé une couronne. Ensuite les jeunes se sont mis en cercle à nouveau et leurs chandelles ont été allumées. Chacun d’eux est ensuite retourné à une pierre tombale et y a déposé son bocal avec la chandelle allumée dessus. Ils ont ensuite passé quelques minutes en silence devant les tombes. Il y avait de la tension à la fin de la cérémonie et les gens se mirent à déambuler à travers le cimetière. On n’entendait que les sanglots assourdis provenant des jeunes. Une fille, ayant commencé à pleurer ouvertement, se tourna vers le garçon derrière elle et sanglota dans ses bras. Cette image en déclencha d’autres et les jeunes gens cherchaient à se réconforter les uns les autres alors que les adultes observaient inconfortablement. “Nous regardions simplement chacun une des 44 tombes. Des messages avaient été écrits dessus par des gens qui étaient passés par là”, dit Megan Welsh, âgée de 16 ans, de Yellowknife (T. N.-O.). “C’était très émouvant; tout le monde qui pleurait. On ne sait pas comment on se sentirait en pleurant devant tout le monde de sa classe, mais nous pleurions tous, toute la classe.”

Bert Lafond des Anciens combattants de l’armée, de la marine et des forces aériennes au Canada dit qu’il était vraiment content de voir un si grand nombre de jeunes gens participer au voyage. “Je pense que c’est la jeunesse qui va faire que le voyage aura valu la peine”, dit ce résident de Moose Jaw (Sask.) qui a passé nombre d’années dans les Forces canadiennes. “Ce sont les jeunes qui doivent continuer de transmettre le message.”

Les émotions ressenties durant la visite au petit cimetière n’allaient avoir d’égales que celles qui furent ressenties à Beaumont Hamel le lendemain, en présence du régiment et de sa colonelle en chef, la princesse Anne.

Environ 2 000 personnes se sont rassemblées à ce qui est actuellement un champ de bataille historique où le terrain est resté criblé des trous faits par les obus de l’artillerie qui y ont explosé. Le paysage boueux de 1916 a disparu, remplacé par un champ vert luxuriant qui est tondu par des moutons qui paissent à cause du risque de la mise au jour de bombes qui n’ont pas explosé. Les vieilles lignes de tranchées sont encore là, ainsi que d’autres restes de la bataille. Thompson dit que les hommes du 1st Newfoundland Regt. ont avancé sur un terrain à découvert malgré un barrage implacable d’artillerie et de feu de mitrailleuses. Le massacre était énorme et Thompson racontait qu’il allait falloir deux semaines avant que la nouvelle du désastre parvienne à Terre-Neuve. “Nous ne pouvons qu’imaginer la détresse qui s’est étendue sur l’île ce jour-là. Sur à peine un quart de million d’habitants, la tragédie a épargné bien peu de familles et encore moins de collectivités. Pères, fils, frères, amis, voisins, une génération de leaders à venir : perdus en 30 minutes.”

Le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador a aussi parlé des pertes et de la bravoure des jeunes Terre-Neuviens ce jour-là. “C’était un étalage magnifique de vaillance entraînée et disciplinée et l’assaut n’a failli que parce que les hommes morts ne peuvent plus avancer; ou tout du moins c’est ce qu’écrivait leur commandant par la suite. Nous, à Terre-Neuve et au Canada ne devons pas oublier.”

La princesse Anne n’a pris la parole qu’un court instant. “C’est ici à Beaumont Hamel que nous voyons les grands courage et souffrance du régiment qui ont fait que mon arrière-grand-père George V lui a conféré le titre ‘royal’. Le seul régiment qui ait été honoré ainsi durant la guerre”, dit-elle.

La princesse allait assister par la suite à une réception donnée par le ministre pour l’occasion, sous une tente près du centre interprétatif de l’endroit. Elle y saluerait les anciens combattants et les dignitaires locaux avant de faire son tour privé des lieux.

Le lendemain, la délégation est allée à Ypres, en Belgique. Elle a fait le tour des champs de bataille et a fait une halte au poste de secours d’Essex Farm. C’est dans ces quartiers exigus que les médecins canadiens, y compris John McCrae, qui était alors major, soignaient les blessés arrivant des champs de bataille.

Le 2 mai 1915, McCrae allait présider à l’enterrement de son ami, le lieutenant Alexis Helmer. Peu de temps après, McCrae écrivait le poème In Flanders Fields qui allait tellement servir à démystifier la guerre.

La raison principale du voyage à Ypres était d’assister au rituel de soirée de la dernière sonnerie au monument restoré de la porte de Menin, un grand arc impressionnant qui sert à commémorer les presque 55 000 morts des armées du Commonwealth qui sont tombés en Belgique, la plupart au saillant d’Ypres, et dont la tombe n’est pas connue. Sept mille des noms qui y ont été inscrits sont ceux de Canadiens.

Chaque soir, au coucher du soleil, la circulation sous l’arc s’arrête et les accents tristes de la dernière sonnerie et du réveil sont joués par des membres de la Société de la dernière sonnerie. La manifestation a été exaltée grâce aux délégations qui y assistaient, venant du Canada et de Grande-Bretagne, mais sa simplicité était sobre alors que les clairons jouaient la dernière sonnerie durant la courte cérémonie de commémoration.

Jim Fisher de Dawson (Yukon), qui a servi dans les Canadian Guards et le Royal Canadian Regt. en Égypte et à Chypre, dit de la cérémonie que c’était une des plus émotionnelles du voyage. “J’ai été très ému par tous les noms et j’espère que les jeunes pourront faire part de leurs expériences à leurs collègues. La porte de Menin m’a vraiment touché. Il fallait que je m’en aille.”

La visite suivante du groupe a eu lieu au monument national canadien de Vimy, où vont avoir lieu en avril prochain les grandes commémorations en l’honneur du 90e anniversaire de la bataille de la crête de Vimy, une bataille qui, d’après certains, a donné au Canada son statut de nation. La visite commença par une cérémonie autochtone informelle à un des cimetières non loin de là. Ed Borchert, président de la National Métis Veterans Association, a dirigé ce qu’on appelle une “cérémonie de purification”. Il a montré sa pipe et expliqué comment la cérémonie marche et quel est son objet. “Cette pipe n’appartient à personne. Elle est prêtée à une génération après l’autre. Quand j’allume la pipe, je la lève vers le Créateur. Ensuite je l’offre à la mère Terre qui a fait un bel oreiller pour que ces garçons dorment jusqu’à ce qu’ils empruntent le chemin du retour au foyer.”

Borchert expliqua que lorsque la pipe est allumée il inspire la fumée pour la prendre dans son coeur. Il a alors passé la pipe à sa droite, à Gabe Cameron de la Première nation Crie de Duck Lake (Sask.), qui l’a ensuite passée au suivant. “Je connais bien la cérémonie de purification”, dit Cameron. “Je participe à beaucoup de cérémonies chez nous, comme les assemblées et les cérémonies du calumet. Je voulais faire quelque chose pour que les soldats et les jeunes se sentent reliés davantage, plus à l’aise.”

Cameron dit qu’il compatis grandement avec les soldats qui sont allés à la guerre. “Je vois tellement de tombes de ceux qui sont allés se battre, et j’y fais face à mon âge. C’est quelque chose de voir le respect qu’ont les gens pour les Canadiens et les Terre-Neuviens.”

Le groupe est allé voir le mémorial, mais il ne l’a pas vraiment vu car il était entouré d’échafaudages, à cause d’un grand projet de réfection. Le groupe a été reçu par Hélène Robichaud, la directrice du Projet de restauration des monuments commémoratifs des champs de bataille. En mai 2001, ACC annonçait un octroi de 30 millions de dollars pour la restauration des mémoriaux canadiens en France et en Belgique. Les sites ont en moyenne 75 ans et ils ont été exposés aux intempéries.

Le jeune Adam Fedyk a résumé ce qu’il a ressenti durant le voyage. “Nous nous attendions à certaines choses, mais ça s’est avéré une production épique. Nous avons vraiment appris à connaître les anciens combattants de bien des manières, grâce au bavardage agréable et aux entretiens individuels plus significatifs. On ne peut vraiment comprendre qu’en venant ici.”

Il dit qu’il va se servir des photographies qu’il a prises pour illustrer les discours qu’il a l’intention de faire quand il sera rentré au Canada. “Je vais faire ce que je pourrai pour la cause du souvenir.”

Le président national Jack Frost a félicité Anciens combattants Canada d’avoir organisé un excellent voyage et il a reconnu l’impact qu’il a eu sur les jeunes gens. “Ce fut une expérience formidable. Je pense que le programme Le Canada se souvient touche vraiment les jeunes. J’espère qu’ils vont en parler de retour chez eux.”

L’équipe de Terre-Neuve gagne le championnat de fléchettes lors d’un barrage

Aux Championnats nationaux de fléchettes de 2006 qui ont eu lieu à Medicine Hat (Alb.) du 19 au 21 mai, la grande précision des tirs a empêché les spectateurs de deviner qui allait gagner et donné lieu à un barrage chez les équipes.

Dix équipes représentant les 10 divisions se sont assemblées dans cette ville douillette de 45 000 habitants, à 220 kilomètres à l’est de Calgary. La ville est surnommée la ville du gaz à cause de l’abondance de gaz naturel qu’il y a dans la région.

Les joueurs se sont assemblés pour la première fois à une réception qui avait lieu à la filiale Robertson Memorial, la filiale hôtesse. Le vice-président du Comité national des sports, Norm Shelton et le président du comité des préparatifs locaux, Mike Dunn, qui est aussi un ancien président de la filiale, ont souhaité au groupe la bienvenue à Medicine Hat et aux joueurs une bonne fin de semaine de compétition. Parmi les gens qui jouaient se trouvait le président de la Division de l’Île-du-Prince-Édouard Jack MacEachern, un membre de l’équipe de la filiale Charlottetown. L’aumônier Ron Macdonald a souhaité une bonne partie aux joueurs et “que tous vos lancers soient justes”.

L’esprit de compétition était en évidence même lors de la compétition de fléchettes aveugle et informelle qui a eu lieu vendredi soir, durant laquelle les équipes sont formées en pigeant les noms au hasard.

La vraie compétition a commencé par le championnat des doubles, samedi matin. Les fléchettes à la Légion sont jouées en format de poule, où chaque partie est divisée en trois manches qui donnent un point chacune. Le score est compté à rebours à partir de 701 chez les équipes, de 501 chez les doubles et de 301 chez les simples. Les compétiteurs doivent obtenir, à chacune des trois manches, un double pour commencer et un autre, exact, pour gagner.

Le coordinateur des épreuves Bill Hatter a rappelé aux joueurs que les scores rapportés étaient définitifs. Toute dispute devait être réglée avant de rapporter le score.

La première partie, à laquelle cinq équipes ont obtenu deux points chacune, promettait un jeu passionnant. Les joueurs du Québec qui ont gagné l’an dernier étaient de retour pour défendre leur titre de 2005 à cette compétition nationale que bon nombre de joueurs connaissaient déjà.

À la deuxième partie, Terre-Neuve-et-Labrador, l’Alberta/Territoires du Nord-Ouest et la Colombie-Britannique/Yukon ont obtenu trois autres points, ce qui leur en donnait cinq chacune.

Les yeux se sont alors tournés vers les Terre-Neuviens Rod Tobin et Wally Brennan de la filiale St. John’s et le duo du Québec, Carol Brossard et Claude Séguin, de la filiale Terrebonne Heights de Mascouche Heights. À la 9e et dernière partie, le point central était le match entre Terre-Neuve et Québec. Les gens de l’Est ont gagné 2-1, ce qui leur donnait l’égalité avec le Québec à 18 points, mais ils se sont tous faits dépasser par le duo de la Colombie-Britannique, Dale O’Brien et Gilbert Guindon de la filiale Cranbrook, qui avaient battu le Manitoba/Nord-Ouest de l’Ontario et obtenu 19 points et donc le championnat des doubles.

“Gagner à notre premier tournoi national, c’est époustouflant”, dit Guindon. “Je suis content d’être venu en Alberta. C’est ici où se trouvent les meilleurs joueurs”, dit-il.

Guindon, qui est dans l’industrie forestière, a beaucoup voyagé à cause du travail. Installé à Cranbrook actuellement, il a aussi vécu à Vancouver et à Calgary. Il a trouvé un poste stable à une scierie de Cranbrook. “On fait surtout des deux pouces par deux pouces, des deux par quatre et des deux par six”, dit-il. “Ce genre de travail est vraiment à valeur ajoutée.”

“On savait qu’on allait avoir du pain sur la planche. La compétition était excellente, surtout le Québec et Terre-Neuve”, dit Guindon, âgé de 34 ans. “La compétition ne peut qu’être dure. Au niveau national, le nombre de gens parmi qui choisir est plus élevé.”

Guindon s’est inscrit à la Légion pour la première fois à Revelstoke. “Les fléchettes ont toujours été importantes. Il y a toujours plein de tournois partout en Colombie-Britannique”, dit-il. Il a toujours aimé jouer aux fléchettes. Il a participé à son premier tournoi en 1997. Il a rencontré Dale O’Brien quand il a déménagé à la filiale Cranbrook. “Il m’a convaincu que nous pourrions faire un duo et prendre les fléchettes de la Légion au sérieux”, dit-il.

Quant à O’Brien, il adore simplement la compétition. “Les meilleurs joueurs de fléchettes de partout au Canada viennent à la Légion. Il n’y a pas de fainéant ici”, dit-il. “Ça fait 16 ou 18 ans que je joue au niveau des équipes. J’ai rencontré Gilbert en 1995, quand il est venu à Cranbrook, en Colombie-Britannique, pour la première fois. On s’est mis à jouer en double.”

L’ancien membre du Royal 22e Régiment dit que “on jouait aux tournois locaux. Ça fait vraiment plaisir de remporter le trophée ici à Medicine Hat”.

Les jeux des simples ont eu lieu par la suite. Une fois encore, il n’y avait pas de joueur qui se séparait du peloton. Dion LaViolette, de la filiale Lower Sackville de la Nouvelle-Écosse, a battu Martin Tremblay de la filiale québécoise Terrebonne Heights. LaViolette avait 20 points, alors que Frank Cudmore de la filiale Charlottetown de l’Île-du-Prince-Édouard, est arrivé en deuxième place avec 19 et le Québécois Tremblay, en troisième avec 17.

Il s’agissait du premier titre national pour LaViolette. “Je sais que tous les joueurs ici sont exceptionnels et que le tournoi aurait pu être gagné par n’importe lequel d’entre eux.”

LaViolette a commencé à jouer dans les compétitions, il y a environ trois ans, à la filiale Bedford de la Nouvelle-Écosse. Le grand tournoi de cette région porte le nom de Harvest Championships (championnats de la moisson). C’est là qu’il a rencontré les légionnaires qui allaient devenir ses coéquipiers et ils ont continué à jouer à la filiale.

“Je ne m’occupe pas vraiment des points inscrits au tableau d’affichage. Quand on joue à ce niveau, chaque lancer compte”, dit-il.

Les jeux des équipes ont prouvé que la concentration des joueurs ne s’était pas affaiblie malgré les festivités lors du banquet et de la danse du samedi soir. Les jeux ont repris dimanche après un autre déjeuner de bûcheron servi par les DA de Robertson Memorial.

L’équipe de la filiale St. John’s (T.-N.) formée par Wally Brennan, Rod Tobin, Kevin Pike et James Croke fils était en vedette avec 18 points au bout de huit parties, alors que celle de l’équipe québécoise archi-rivale formée par Carol Brossard, Jean Filiatrault, Claude Séguin et Martin Tremblay était ex-aequo à 17 avec Freddie MacKinnon, Thomas Vaughn, Richard Kirkpatrick et Jeffry Smith du Nouveau-Brunswick. L’équipe de l’Alberta/Territoires du Nord-Ouest comprenait la seule femme du tournoi, Crystal Reid de la filiale Grimshaw.

À la neuvième partie, la tension était palpable alors que les Québécois et les Terre-Neuviens se mettaient en garde. Le Québec gagna deux à un, ce qui amenait les deux équipes à égalité avec 19 points chacune. Entre-temps, le Nouveau-Brunswick a obtenu un point à la neuvième partie, terminant avec 18 points et à égalité pour la troisième place avec la Nouvelle-Écosse/Nunavut.

Les barrages ont eu lieu immédiatement, et Terre-Neuve-et-Labrador a emporté le titre alors que les Québécois, les champions de 2005, ont dû se contenter de la deuxième place.

“On a eu une très bonne journée”, dit Kevin Pike d’un air exubérant. Il était tout spécialement reconnaissant à la filiale St. John’s de tout ce qu’elle a fait pour permettre à l’équipe de se rendre au tournoi. “Cette victoire est en l’honneur de la filiale numéro un”, dit-il.

La filiale St. John’s est dans l’embarras en ce qui concerne l’adhésion depuis plusieurs années. Les membres de l’équipe se connaissaient tous grâce à d’autres compétitions à travers la ville. “On s’est inscrits à la filiale pour jouer aux fléchettes de la Légion”, dit-il.

Il y a eu une entorse à l’habitude des banquet et présentation des prix du dimanche soir. Le banquet a eu lieu samedi soir. Les prix ont été remis, dimanche après-midi, à l’occasion d’une cérémonie de fermeture après la fin des compétitions.

Résultats

Équipes : T.-N.-et-Lab. (fil. St. John’s), gagnant du barrage, et Qc (fil. Terrebonne Heights de Mascouche Heights), 19; N.-É./Nun. (fil. MacDonald Memorial de Lakeside) et N.-B. (fil. Carleton de Saint John), 18; C.-B./Yukon (fil. Chilliwack), 15; Ont. (fil. Everett), 14; Alb./T.N.-O. (fil. Grimshaw), 11; Man./ N.-O. O. (fil. St. James de Winnipeg) et Î.-P.-É. (fil. Charlottetown), 8; Sask.(fil. Moose Jaw), 5.

Doubles: C.-B./Yukon (Dale O’Brien, Gilbert Guindon, fil. Cranbrook), 19; T.-N.-et-Lab. (Wally Brennan et Rod Tobin, fil. St. John’s) et Qc (Carol Brossard, Claude Séguin, fil. Terrebonne Heights), 18; Man./N.-O. O. et (Ryan Tkak, Roy Loe, fil. St. James), 16; Alb./T.N.-O. (Daryl Osmond, Darcy Szmata, fil. Grimshaw), 15; N.-É./Nun. (Darren Baily, D.J. Smith, fil. MacDonald Memorial) et Ont. (Hugh Linton, Keith Warling, fil. Everett), 11; N.-B. (Keith Way, Kerry Way, fil. Oromocto), 10; Î.-P.-É. (Rodney MacKinnon, Jack MacEachern), 9; Sask. (Etien Marten, Guy Gilbert), 8.

Simples : N.-É./Nun. (Dion LaViolette, fil. Lower Sackville), 20; Î.-P.-É. (Frank Cudmore, fil. Charlottetown), 19; Qc (Martin Tremblay, fil. Terrebonne Heights), 17; Alb./T. N.-O. (Crystal Reid, fil. Grimshaw) et Ont. (Chris Ruby, fil. Metropolitan de Windsor) et C.-B./ Yukon (John Markham, fil. Surrey), 15; T.-N.-et-Lab. (James Croke fils, fil. St. John’s), 12; N.-B. (Frank Ford, fil. Oromocto), 9; Man./N.-O. O. (Perry Burton, fil. Flin Flon) et Sask. (Bill Cragg, fil. Meadow Lake), 8.

La nouvelle Charte des anciens combattants est mise en vigueur avec roulements de tambour

Le 39e Parlement a eu un départ allègre grâce à la nouvelle Charte des anciens combattants qui est entrée en vigueur le 1er avril.

Le Premier ministre Stephen Harper, le ministre des Anciens combattants Greg Thompson et le général et chef d’état-major de la défense Rick Hillier ont reçu un groupe d’anciens combattants, de membres des Forces canadiennes en service et de leaders des principales organisations d’anciens combattants dans la fameuse salle de lecture de la Colline parlementaire, le 6 avril, en l’honneur de l’occasion historique. Parmi les gens qui y assistaient se trouvait la présidente nationale Mary Ann Burdett.

Harper, parlant aux anciens combattants, dit que “vu que de braves hommes et femmes comme vous ont défendu le Canada ici et à l’étranger, notre gouvernement s’engage à vous soutenir aujourd’hui en allant de l’avant avec la nouvelle Charte des anciens combattants. La charte va offrir des degrés de soutien complets aux hommes et aux femmes qui sont blessés ou qui deviennent invalides en servant le Canada. À l’avenir, quand les hommes et femmes de nos services quitteront notre famille militaire, ils n’auront pas à s’inquiéter que le gouvernement ne les aide pas, eux et leur famille, durant leur transition à la vie civile.

La Loi sur les mesures de réinsertion et d’indemnisation des militaires et vétérans des Forces canadiennes a été présentée par l’ancien gouvernement libéral l’an dernier et a été soutenue par tous les partis à la Chambre des communes et au Sénat. Elle a obtenu la sanction royale en mai cette année-là.

La nouvelle charte, inspirée par la législation votée pour les vétérans de la Seconde Guerre mondiale lors de leur retour, vise les gens qui servent dans les Forces canadiennes, où l’âge moyen de la retraite est de 36 ans. Les ensembles de mieux-être qu’elle contient comprennent : la gestion de cas personnalisée; la réinsertion; les avantages financiers; l’assu-rance-santé de groupe; l’assistance placement; un montant forfaitaire comme compensation d’invalidité ainsi que d’autres allocations; et le soutien aux familles.

“Tous les Canadiens sont devenus sérieux lors des événements récents en Afghanistan et autour du monde où les hommes et femmes de nos services sont en danger”, dit Thompson. “Pour les braves membres des Forces canadiennes, la transition de la vie militaire à la vie civile n’est jamais facile et quand on se trouve dans une zone très dangereuse comme l’Afghanistan, la transition peut avoir lieu à l’improviste dans des conditions que la plupart d’entre nous ne peuvent pas comprendre du tout.

Thompson dit qu’aux endroits de plus en plus dangereux où les Canadiens servent, la vie d’un soldat peut changer à n’importe quel moment, et c’est le cas aussi pour ceux qui restent au foyer. “Nous devons nous engager envers leur famille tout autant qu’ils le font envers notre pays. Un jeune membre des Forces canadiennes ne doit pas s’inquiéter que personne ne va s’occuper de sa famille.”

Anciens combattants Canada annonce que le nouvel ensemble d’avantages est une occasion avec la sécurité.

La nouvelle charte offre un montant forfaitaire pouvant aller jusqu’à 250 000 $, dépendant de l’importance de l’invalidité. Un ancien combattant invalide peut également recevoir jusqu’à 75 pour cent de son salaire durant la transition à la vie civile. “En tant qu’ancien planificateur d’investissement, je vous assure que ce n’est pas insignifiant et que c’est un excellent départ vers un avenir indépendant”, dit Thompson.

Hillier aussi a louangé la nouvelle charte. À propos des gens qui se sont portés volontaires pour le service, Hillier dit que “leur famille n’est pas volontaire et elle se joint à la famille militaire tôt dans la vie, avant de vraiment comprendre la profondeur de son engagement et de son sacrifice potentiel, et elle aussi souffre. Il faut donc la soutenir.”

Il a louangé tout spécialement le travail d’Anciens combattants Canada, “le leadership (du sous-ministre) Jack Stagg durant le développement et la mise en application de cette charte en un temps record a été vraiment incroyable”.

Harper a aussi indiqué que d’autres initiatives d’anciens combattants sont en marche. “Cette charte n’est que la première des choses qui vont servir à donner aux anciens combattants canadiens le respect et l’appui qu’ils méritent. Durant les mois à venir, le ministre Thompson et le gouvernement vont faire en sorte qu’une déclaration des droits de l’ancien combattant soit mise en application pour renforcer davantage notre capacité de répondre rapidement et justement aux soucis des anciens combattants. De plus, nous allons aussi faire le nécessaire pour établir un ombudsman des anciens combattants qui aura la responsabilité de résoudre les griefs des anciens combattants à propos du système.”

Burdett nous dit que la Légion s’engage envers la nouvelle charte et qu’elle la voit comme la fondation des améliorations à venir.

En reconnaissance des réalisations de légionnaires

Les légionnaires qui ont considérablement amélioré leur collectivité ont rarement été reconnus dans le cadre de la collectivité plus grande au niveau national. La Direction nationale a établi le Comité national des décorations nationales pour faire des recommandations à propos des plus importantes décorations du pays, y compris l’Ordre du Canada.

Le petit comité, présidé par Les Rowbottom, va étudier des nominations qu’on aura fait parvenir à la Légion et puis présenter les gens qui d’après lui méritent ces décorations aux organismes consultatifs appropriés. “D’après nous, il y avait de nombreux légionnaires dont la qualité du service envers la collectivité n’était pas reconnue”, dit Rowbottom.

Les décorations nationales sur lesquelles on va se pencher sont l’Ordre du Canada, les décorations pour bravoure, celles du service méritoire et le Prix du Gouverneur général pour l’entraide. Elles sont toutes présentées par le gouverneur général.

“Nous allons aussi étudier la Mention élogieuse du ministre des anciens combattants”, dit Rowbottom. “Mais c’est strictement la décoration du ministre.”

La Légion a son propre système interne de décorations et de prix mais ils ne sont pas très reconnus au niveau national.

Le comité, qui comprend l’ancien fonctionnaire du protocole du gouvernement Gerry Wharton et l’ancien député Bob Wood ainsi que le grand président honoraire Charles Belzile à titre d’office, s’est réuni avec la chancellerie à la résidence du gouverneur général. “On nous a aidé énormément à la chancellerie. On nous a expliqué la différence entre les diverses décorations et le processus à suivre”, dit Rowbottom. “Plus nous apprenions, plus nous réalisions que cela allait être semblable aux comités de décorations nationales des Forces canadiennes et de la Gendarmerie royale du Canada. Nous n’étions pas en train de réinventer la roue.

On est en train d’imprimer un manuel qui va servir à définir le mandat du comité, à expliquer les diverses décorations et à expliquer dans les grandes lignes ce qu’il faut faire pour adresser des nominations au comité.

“Au début, nous pensions nous occuper de tous les écrits concernant les nominations”, dit Rowbottom. “Il faut que les noms soient avancés par les gens qui connaissent le travail du candidat de manière intime, et préférablement depuis longtemps.”

L’Ordre du Canada a été créé en 1967, l’année du centenaire du Canada. Il sert à reconnaître les réalisations de beaucoup de Canadiens dans divers domaines, comme des artistes, des scientifiques, des professeurs, des entrepreneurs et des travailleurs communautaires. Il y a trois grades. Le plus élevé est le compagnon de l’Ordre du Canada, ensuite il y a l’officier et puis le membre. Les distinctions sont destinées “aux gens qui ont changé nos vies et le visage de notre pays”.

Il y a aussi trois grades de décorations pour bravoure au Canada. Il s’agit de la Croix de la vaillance, l’Étoile du courage et la Médaille de la bravoure. Elles sont décernées habituellement à des gens qui risquent leur vie pour sauver quelqu’un d’autre, par exemple en entrant dans un édifice en flammes, ou calmant une personne qui a une arme à feu.

Les médailles du service méritoire servent à reconnaître les réalisations d’une action spécifique dont on peut être fier. Les récipiendaires sont souvent des athlètes, des soldats ou des gens érudits. Il y a deux niveaux, la Croix du service méritoire et la Médaille du service méritoire. Il y a deux divisions, la militaire et la civile, mais le comité ne va s’occuper que de la division civile.

Le Prix du Gouverneur général pour l’entraide a été créé en 1996 pour reconnaître les “aides cachés” qui ont fait des contributions volontaires sans demander quoi que ce soit en retour.

La Mention élogieuse du ministre des anciens combattants est une barre qu’on peut porter avec des médailles et décorations. Elle est décernée aux anciens combattants et autres gens qui contribuent de manière exemplaire au bien-être des anciens combattants, ainsi qu’au souvenir des réalisations et des sacrifices passés.

Rowbottom dit que c’est aux gens des filiales et des directions qui connaissent la qualité de la contribution de la personne de nous faire parvenir la nomination. Le comité acceptera les nominations n’importe quand.

Le comité insiste que ce qui est important c’est que les nominations soient confidentielles. “Nous ne voulons pas que les candidats soient déçus quand leur nom n’est pas annoncé. Et nous ne voulons pas non plus que des gens exercent une pression pour leur propre compte”, dit-il.

Les premières nominations vont être présentées aux organismes consultatifs cette année. Le comité ne sait pas combien de temps va durer le processus aboutissant à l’acceptation ou au refus d’une nomination.

“Je suis sûr que beaucoup de gens de la Légion vont être présents quand on va remettre ces distinctions. Après tout, cela met notre image en valeur”, dit Rowbottom.