À votre service – Mettre de l’ordre dans les pensions

Actuellement, d’après la Loi sur les pensions, tout argent payé à un vétéran des Forces canadiennes comme indemnité d’une invalidité résultant du service militaire, est neutralisé par le montant de l’invalidité de longue durée (ILD) que paie le Régime d’assurance-revenu militaire (RARM) en tant qu’avantage de remplacement de revenu mensuel.

L’ILD du RARM garantit aux membres des Forces canadiennes 75 pour cent de leur ancien salaire pendant une période pouvant aller jusqu’à deux ans s’ils sont remis à la vie civile à cause d’une invalidité résultant du service. Les paiements peuvent continuer jusqu’à l’âge de 65 ans si le membre reste invalide. Toutefois, l’ILD du RARM ne paie pas nécessairement les 75 pour cent au complet. En fait, on tient compte de toute autre source de revenu que l’ancien membre obtient et cela neutralise le montant que le RARM paie directement.

La pension d’invalidité d’Anciens combattants Canada, bien qu’on ne la considère pas comme un revenu mais bien un avantage d’invalidité pour indemniser d’une blessure soufferte en service, est vue comme une source de revenu par le RARM. Il y a contradiction, car les membres qui servent encore peuvent obtenir une pension d’invalidité d’ACC tout en recevant leur salaire en entier.

De plus, suite à l’entrée en vigueur de la Loi sur la rééducation et l’indemnité des membres des Forces canadiennes et des anciens combattants, cette iniquité va probablement être corrigée mais ces clauses ne seront pas rétroactives. Les gens qui obtiennent des avantages d’ACC conformément à la Loi sur les pensions vont continuer d’obtenir des avantages du RARM réduits.

Par exemple, prenons deux caporaux-chefs qui servent dans la même unité, les deux sont mariés et ont un enfant chacun, et ils ont tous deux huit ans de service militaire. Le cplc A souffre d’une blessure qui le rend invalide en permanence. Mais l’invalidité n’est pas assez sévère pour l’empêcher de continuer à servir dans les Forces canadiennes. On juge qu’il a droit à une pension d’invalidité d’ACC de 20 pour cent, ce qui revient à une pension d’invalidité mensuelle de 550 $ à peu près. Pour autant que cela ne s’aggrave pas, il devrait continuer à recevoir au moins ce montant, libre d’impôt, le reste de ses jours. S’il servait encore 20 ou 25 ans, il prendrait sa retraite avec une pension de retraite basée sur le salaire qu’il aurait à un grade supérieur à celui où il eut été blessé. Sa pension d’ACC ne serait jamais en danger, ni ne la considérerait-on comme un revenu, même après qu’il ait pris sa retraite.

Le cplc B est blessé aussi mais sa blessure est bien plus grave, au point où il est rendu à la vie civile comme étant inapte pour raison de santé. On lui octroi une pension d’invalidité d’ACC de 70 pour cent, ce qui revient à environ 1 950 $. Son affaiblissement est si grave qu’il n’a guère de chances d’obtenir d’emploi au civil. Avec huit ans de service seulement, il n’aura pas droit à une pension de retraite. D’après les avantages d’ILD du RARM, il n’aura droit qu’à 75 pour cent de son salaire des FC. Malheureusement, la valeur de la pension que lui remet ACC sera soustraite de ce que lui paie l’ILD du RARM.

Ces deux exemples très ordinaires démontrent une injustice dans les avantages d’ILD du RARM qu’il faut corriger. Les avantages de pension d’invalidité d’ACC ne sont pas un revenu. Cette réalité est reconnue par la Loi sur la rééducation et l’indemnité des membres des Forces canadiennes et des anciens combattants, qu’on appelle souvent la nouvelle Charte des anciens combattants, et qui offre un montant singulier libre d’impôt pour dédommager des souffrances et douleurs.

La Légion a demandé au ministère de la Défense nationale et au RARM de corriger cette iniquité.

Nouveau programme de placement

Comme on en a discuté auparavant, un programme de placement va être mis en oeuvre pour les vétérans des Forces canadiennes en vue de les aider à rentrer dans la main-d’oeuvre civile par l’entremise d’une formation de recherche d’emploi, de l’amélioration des compétences, et de l’assistance pour trouver un emploi. La Légion royale canadienne est en train d’étudier la possibilité de jouer un rôle dans le programme de placement où, parmi d’autres responsabilités, des bénévoles entraînés ayant accès à une base de données numérique fournie par l’entrepreneur pourraient assister les vétérans des Forces canadiennes à trouver un emploi adéquat grâce à un matériel de marketing et à d’autres ressources.

Du point de vue de la Légion, cela pourrait servir à établir un bon rapport avec les vétérans des Forces canadiennes, la source logique de recrues. Ce programme pourrait fonctionner selon un processus semblable au projet d’étude des soins de longue durée si réussi qui a été mené par des bénévoles de la Légion. Si participer à un tel travail vous intéresse, veuillez prendre contact avec le directeur Pierre Allard du Bureau national des services au 613-235-4391 ou par courriel au pallard@legion.ca.

À votre service est écrit par des agents des services du Bureau national des services.

Bob Smellie 1923-2005

Il a servi son régiment, la Légion, sa province et son pays. Le vétéran du jour J Robert Gordon Smellie, qui a été lieutenant-colonel honoraire des Royal Winnipeg Rifles, président national de la Légion, ministre provincial des affaires municipales et bénévole toute sa vie, a succombé, le 29 septembre, à une bronchopneumopathie obstructive chronique, à l’Hôpital Victoria de Winnipeg. Il était âgé de 82 ans.

“Bob était principalement un homme très intègre, et très direct”, dit Jean Smellie, son épouse depuis 25 ans. “Il n’a jamais reculé devant quoi que ce soit qu’il croyait de son devoir de redresser. Il venait d’une petite ville et n’a jamais perdu ces valeurs.”

Un des quatre enfants de George et Jessie Smellie, il est né en 1923 et a grandi à Russell (Man.). Il a interrompu son éducation au collège Brandon pour servir dans les Royal Winnipeg Rifles durant la Seconde Guerre mondiale. Quelques semaines à peine après avoir survécu aux débarquements du jour J, ce jeune soldat a été blessé et a été ramené en Angleterre pour s’y faire soigner. Après son rétablissement, Smellie a obtenu son brevet en tant que lieutenant.

Quand la guerre est finie, il a repris son éducation et épousé Lois Cochrane de Silverton. Pendant qu’ils élevaient trois filles Susan, Carol et Linda, l’ancien combattant a installé son cabinet d’avocat à Russell. Il s’est aussi lancé en politique, est devenu député de l’Assemblée législative du Manitoba de 1958 à 1966 et a été ministre des affaires municipales dans le gouvernement conservateur de Duff Roblin de 1963 à 1966. Quelques années plus tard, Smellie entrait à la société d’avocats Aikins MacAulay de Winnipeg.

Durant ce temps-là, il s’engageait de plus en plus à la Légion. Smellie est entré à la filiale Crescentwood-River Heights de Winnipeg en 1948, et il est ensuite devenu membre de la filiale Russell. Il a grimpé les échelons plus vite que d’habitude, devenant président de la filiale en 1954 et, après un certain temps, a été élu vice-président de la Division du Manitoba-Nord-Ouest de l’Ontario, en 1963.

Smellie faisait partie d’un groupe de jeunes membres qui, durant les années 1960, a réorganisé de fond en comble le leadership de la Légion et fini par remplacer la ‘vieille garde’ composée de membres de la Première Guerre mondiale. En 1968, Smellie était élu troisième vice-président national, et il obtenait le poste de président en 1972. À cause de son jeune âge et de son expérience du leadership relativement courte, le jeune avocat a dû travailler très fort pour mériter le respect de ses collègues, mais il l’a fait. Il faisait partie des dirigeants disposés à la réforme qui ont réussi à faire accepter les fils et les filles des anciens combattants en tant que membres associés durant les années 1970.

Sa grande estime envers la Légion est une chose qu’il a transmise à sa famille, dit Jean Smellie. “Il voulait que ses petits-enfants sachent combien l’expérience l’avait affiné quand il était jeune, et à quel point la camaraderie de la Légion lui était importante.” Travailler pour l’organisation lui donnait aussi l’occasion de voyager et c’est lors d’un voyage à Londres (Angleterre), à l’occasion d’un congrès de la Ligue des anciens combattants du Commonwealth qu’il a rencontré Jean, sa deuxième épouse.

Jean Smellie dit que son mari parlait à l’occasion de son service, et qu’il était fier de représenter son régiment en tant que lieutenant-colonel honoraire lors d’un voyage marquant le 45e anniversaire du jour J. En Normandie, “nous avons rencontré les gens qui possédaient la ferme dans le verger de laquelle certains de ses copains et lui avaient creusé des tranchées. Nous avons conduit à travers la campagne et sommes allés à Carpiquet, là où il a été blessé.” Le couple a aussi fait une visite émouvante au Château d’Audrieu, où 22 membres de son régiment et plusieurs autres Canadiens prisonniers de guerre ont été assassinés par les Allemands le 8 juin 1944. Jean dit que son époux a été chanceux d’avoir évité ce sort. “C’était en quelque sorte comme ‘Grâce à Dieu…’.”

Bob Smellie a continué de se dévouer à sa famille et de servir sa collectivité au cours de ses dernières années. En plus de se porter volontaire au Centre Deer Lodge pour anciens combattants à Winnipeg, et à des organismes comme la Fondation du coeur et les barreaux du Manitoba et du Canada, il est entré au Corps canadien des commissionnaires en 1978, en devenant le président national en 1995. On lui a décerné la Médaille du Jubilé de la reine en 2003.

Les Royal Winnipeg Rifles ont organisé un service commémoratif pour Smellie, en octobre, au manège militaire Minto. Portent le deuil de cet ancien combattant Jean et sa fille Penelope, sa première épouse Lois et ses filles Susan, Carol et Linda, six petits-enfants et une arrière-petite-fille.

Clare Laking 1899-2005

Un des derniers liens du Canada avec la Grande Guerre est décédé. On croit que Clare Laking, un jeune de 18 ans plein de cran qui a pris du service en 1917, était le dernier ancien combattant vivant ayant combattu à la Première Guerre mondiale. Il n’y aurait plus que quatre vétérans de la Première Guerre mondiale encore vivants. Laking, qui était en bonne santé jusqu’à ses derniers jours, est mort le 26 novembre au Sunnybrook and Women’s College Health Sciences Centre, à Toronto. Il était âgé de 106 ans.

S’engager lors de la Grande Guerre était un geste de défi pour le jeune Charles Clarence Laking, dont le père, un pacifiste ministre du culte laïque de l’Old Methodist Church, assistait aux réunions de recrutement pour “réfuter tout ce qu’on y disait”. “Ça m’embarrassait”, se rappelait le centenaire en 2003 lors d’une interview qu’il nous avait accordée. Alors le jeune a quitté la ferme de sa famille près de Campbellville (Ont.) et son emploi à la Banque de la Nouvelle-Écosse pour aller outre-mer en tant que simple soldat de la 4e Brigade de la 27e Batterie de l’Artillerie canadienne.

Pendant son service d’un an et demi, Laking a eu le genre d’éducation qu’on ne peut obtenir qu’à la guerre. Il a appris le code Morse en Angleterre, et puis il est allé au front en tant que signaleur, en France, où il installait des lignes téléphoniques le long des tranchées boueuses pour assurer les communications. Bien qu’il avait à peine failli participer à la bataille majeure de la crête de Vimy, l’adolescent a eu sa part d’excitation; et d’expériences à proximité de la mort.

En maintes occasions, Laking a vu des obus exploser un peu trop près à son goût. Il a fini par être touché lui-même. Alors qu’il transportait un camarade blessé à un poste de secours, il demanda à un autre soldat, “Y a-t-il un trou dans ma tunique?”. L’arrière de son épaule droite avait été déchirée par un éclat d’obus, le forçant à passer quelques jours à l’hôpital.

Le garçon était devenu un homme quand il revenait au Canada, fortifié par l’expérience et déterminé à prouver quelque chose à son père qui avait peur qu’il succomberait aux influences des spiritueux et du beau sexe. “J’étais décidé à lui faire honte. Je n’ai pas touché une seule fois à ma portion de rhum, tout le temps que j’étais là-bas. J’ai mené une vie irrépréhensible et je suis revenu; il n’en a jamais parlé, je n’en ai jamais parlé. Tout a recommencé comme ça allait avant la guerre.”

Pendant un certain temps, le jeune ancien combattant a repris la vie de fermier, mais son oncle qui était marchand de bois à Toronto lui a offert un emploi de comptable peu de temps après. “Ça m’a fait découvrir le détail de l’industrie du bois d’oeuvre.” Quand, en 1929, Laking voulait se marier, il a demandé une augmentation à son oncle. Ayant essuyé un refus, l’homme de 30 ans démontra à nouveau la ténacité dont il était capable. “Je me suis mis en rogne et j’ai donné ma démission. Mon oncle m’a appelé pour me dire, ‘Je peux payer autant que n’importe qui’. Mais, à ce moment-là, Laking avait déjà trouvé un emploi chez un autre marchand de bois. Il a fini par être propriétaire de sa propre entreprise, Danforth Wallboard.

L’ancien combattant a eu encore plus de succès en amour qu’il en a eu en affaires, et ces dernières marchaient très bien. Son union avec Helen Paterson a duré 64 ans, jusqu’à la mort de cette dernière en 1993. “C’était une fille de Toronto, une secrétaire juridique, et je n’aurais pas pu trouver mieux.” Ensemble, ils ont élevé deux enfants, Keith et Sheila, et leur vie était pleine de rires; voici les trois secrets de Laking pour vivre longtemps : “Essayer de trouver le côté drôle de la vie à la place d’être toujours sombre. Rester actif : j’ai joué au curling jusqu’à l’âge de 96 ans. La troisième chose c’est, continuer de respirer.”

Laking a fait une impression durable aux gens qu’il a rencontrés aux cérémonies du Souvenir, auxquelles il assistait plus souvent durant les dernières années de sa vie. Le signaleur de la Seconde Guerre mondiale Bob Martin, de Scarborough (Ont.), se souvient que lorsqu’il a rencontré Laking pour la première fois en 1999, à un souper que la Légion donnait en l’honneur d’anciens combattants, le centenaire a surpris tout le monde en conduisant lui-même pour s’y rendre. Ce soir-là, les deux signaleurs se sont mis à bavarder et ils ont gardé le contact par la suite. “Il y avait toujours une note joyeuse dans sa voix”, dit Martin.

Portent le deuil de Laking ses deux enfants, quatre petits-enfants et neuf arrière-petits-enfants

En l’honneur du 80e anniversaire

La Légion royale canadienne a créé un logo spécial, une épingle à porter au revers et d’autres articles en l’honneur d’une année spéciale : celle de son 80e anniversaire.

“Le Conseil exécutif national nous a demandé de créer quelque chose pour commémorer le 80e anniversaire, et nous avons d’abord choisi une épingle à porter au revers”, dit Stephen Heiter, le directeur adjoint de l’approvisionnement de la Direction nationale. Il s’agissait d’une mesure logique, dit-il, car les épingles des 60e et 75e anniversaires ont été très populaires et les ventes d’épingles de l’année de l’ancien combattant, 2005, ont dépassé les 50 000. Heiter s’attend à ce qu’il y ait une réponse semblable au dernier ajout. “C’est surtout basé sur le fait que les membres de la Légion peuvent la porter sur l’uniforme.”

L’épingle comporte une feuille d’érable sur laquelle les armoiries de la Légion ont été superposées. Un ruban, en bronze blanc aussi, passe à travers des armoiries, et on y a inscrit les années 1926 et 2006 à chaque bout, et le chiffre 80 au milieu. La conception était un effort conjugué de Heiter et de Patrick Riley, le gestionnaire de la Direction nationale des relations internes et des projets spéciaux. “Mon sketch (du design) était grossier”, dit Heiter, “et bien sûr Patrick est le gars qui s’occupe des dessins, alors il l’a fourbi et développé avec plusieurs autres choses.”

Riley dit que l’épingle va être une addition de classe au revers droit du blazer des membres de la Légion. “Nous voulions accentuer le ‘Canadien’ et nous ne voulions pas crier ‘sociétariat de la Légion’, alors les armoiries (sur l’épingle) sont plus petites.” Les légionnaires portent l’épingle de membre au revers gauche.

Le logo du 80e anniversaire est une version de l’épingle légèrement différente : Les armoiries de la Légion, portant le nombre 80, sont superposées sur une feuille d’érable rouge et en dessous se trouve un ruban bleu avec un flambeau qui sépare les années 1926 et 1980. “Nous allons l’offrir aux directions divisionnaires et aux filiales. Les filiales pourront s’en servir comme en-tête”, dit Heiter. “Le logo va être mis sur toutes sortes de choses. Nous sommes en train de créer une ligne de produits afin que les filiales ne soient pas obligées (par exemple) de faire faire une bannière par quelqu’un.”

Il va y avoir des rubans, des affichettes, des aimants et des bannières qu’on pourra pendre aux murs, ou s’en servir de nappe. En plus du logo, les mots “Nous célébrons notre liberté grâce aux anciens combattants”, soit en anglais, soit en français, vont être inscrits sur nombre de ces articles.

La construction du nouvel édifice a commencé

Quand la présidente nationale Mary Ann Burdett a plongé une pelle dorée dans le sol, à un site de construction à Kanata (Ont.), en septembre, la Légion royale canadienne faisait un petit pas vers son nouvel avenir. Le bond aura lieu plus tard cette année, quand le personnel de la Direction nationale va emménager au nouveau siège social, dans le faubourg d’Ottawa.

En ce beau jour tonifiant, un petit groupe de dignitaires et des membres du comité de construction de la Légion ainsi que du personnel de la Direction nationale se joignaient à Burdett à l’occasion de la cérémonie d’inauguration des travaux. Le président sortant de la Légion Allan Parks, qui a présidé le comité depuis sa création en juin 2004, avait un large sourire aux lèvres. “Maintenant que les anciens combattants ont passé le flambeau, c’est à nous de maintenir la Légion convenablement et avec vitalité. Ce déménagement à une structure toute nouvelle la maintient sur la bonne voie.”

Le siège social actuel, établi en 1956 au coin des rues Kent et Gilmour au centre-ville d’Ottawa, a été vendu pour nettoyer le terrain du nouvel édifice. Burdett reconnaît qu’il va falloir du temps pour s’y habituer. “C’est un changement pour nous tous. N’importe à quel point on a besoin de changement, il faut faire un certain ajustement. Il y a des choses qui vont nous manquer quand nous ne serons plus au centre-ville, mais nous avons hâte de déménager ici.”

Au cours des deux dernières décennies, Kanata a grandi considérablement grâce à l’arrivée d’importantes entreprises de haute technologie ainsi que grâce à la construction du centre Corel, un endroit prééminent où ont lieu des parties de la Ligue nationale de hockey et des concerts de toutes sortes. Le stade et le foyer de la Légion à venir sont presque voisins l’un de l’autre.

La conseillère de la ville d’Ottawa, Peggy Feltmate qui représente Kanata, dit que le déménagement de la Légion va être extra pour le faubourg et pour la Légion. “Cela va mettre la Légion au grand jour, d’être au bord du Queensway (la section d’Ottawa de l’autoroute transcanadienne), où des milliers de gens passent chaque jour.”

Le député fédéral Gordon O’Connor (Carleton-Mississippi Mills) reprenait l’opinion enthousiaste de Feltmate. “Nous sommes vraiment heureux que la Légion vienne ici. C’est un siège social, alors nous pouvons nous attendre à ce que dorénavant nous ayons davantage de visiteurs dans la circonscription.” L’édifice va être situé au coin de la place Aird et de la rue Castlefrank.

Le secrétaire national Duane Daly, dont le personnel va occuper l’édifice, fait remarquer que cet édifice de 4,5 millions de dollars va faire économiser de l’argent à la Légion au bout du compte. “Cela va revigorer le siège social et nous permettre de fonctionner d’une manière plus économique que dans nos vieilles installations.” La propriété et la construction ont été financées principalement grâce à la vente du vieux siège social.

Le gérant du projet Gerry McDermott de Jackson-Browne Associates dit que le calendrier de la construction allait être rigoureux. “Nous espérons pouvoir remettre les clés le 1er septembre 2006. C’est ce qui est prévu.”

L’architecte Anthony Leaning de CSV Architects, qui a dessiné l’édifice avec son collègue Robert Froom, fait remarquer que le nouveau siège social va être un immeuble bas, un édifice à bureaux de grandeur moyenne ayant une capacité d’environ 60 personnes. “Une des choses qu’il y a de différent c’est qu’il a une fonction d’entrepôt, mais nous avons fait ce qui était possible pour que l’entrepôt ne domine pas l’extérieur de l’édifice. Bien que ce ne soit pas un immeuble public, nous avons essayé de le dessiner de sorte qu’il ait une façade aimable.”

Une des caractéristiques principales du nouvel édifice sera la marque de commerce de la Légion : le coquelicot.

Les légionnaires retournent à Calgary

“Le Conseil exécutif national a donné la consigne de lancer un appel au congrès à toutes les directions, filiales et sections de la Légion royale canadienne pour que leurs délégués s’assemblent à Calgary (Alb.), le 24 juin 2006 à l’occasion du 41e Congrès national. Cet appel au congrès est lancé conformément à l’article 901 des Arrêtés généraux.”–le secrétaire national Duane Daly

Le 41e Congrès national est en train de seller sa monture pour partir vers l’Ouest cette année, à Calgary où les légionnaires vont s’assembler du 24 au 29 juin.

Le congrès, qui vient à un moment important pour la Légion royale canadienne, et quelques mois seulement après la fin de 2005, l’année de l’ancien combattant, devrait attirer plus de 2 000 délégués impatients de discuter des affaires et faire l’expérience d’une bonne camaraderie. Le thème de la manifestation de cette année est la Liberté grâce aux anciens combattants.

Calgary est un endroit bien mis à l’épreuve où un congrès national peut avoir lieu. Cette ville du Sud de l’Alberta a reçu le congrès de 1994 et les délégués avaient de bien bonnes choses à dire à propos des services et des agréments. Cette année, le comité des préparatifs locaux s’est donné à fond pour rendre les renseignements sur la manifestation accessibles à tous. La publication d’un site dans la toile dévoué au congrès est une importante partie de cet effort. Le site est à www.2006dominionconvention.com et on y trouve beaucoup de renseignements utiles.

Le congrès va avoir lieu au Telus Convention Centre, qui se trouve au numéro 120 9th Avenue, au coeur de Calgary. Il s’agit d’une installation très moderne avec beaucoup de fenêtres et d’espace ouvert et clair. Le Centre Telus, la première installation au Canada dévouée aux congrès, est entouré d’édifices historiques et de plusieurs hôtels à congrès.

Les délégués devraient arriver le samedi pour s’inscrire et prendre leur chambre d’hôtel. Les manifestations commenceront le dimanche matin car la présidente des préparatifs locaux Vicki Horrocks, membre de la filiale Centennial, a organisé un “déjeuner style ruée” spécial à la filiale Calgary, laquelle est située au 116 7th Avenue, près du centre des congrès. Le défilé du dimanche doit passer d’abord par 8th Avenue au centre-ville de Calgary à 13 h 30. Ce sera une belle promenade sur un terrain plat, et pas trop longue non plus.

Les filiales ont droit à un délégué accrédité tous les 100 membres ordinaires, à vie, associés ou affiliés votants, ou fraction de 100. Les délégués, dont les frais d’adhésion doivent avoir été réglés jusqu’au 31 décembre 2006, devront payer 50 $ en frais d’inscription. Le coût pour les observateurs sera de 15 $.

Tel qu’on l’a écrit dans les Arrêtés généraux, toutes les résolutions doivent se trouver à la Direction nationale au plus tard le 5 mars, soit 112 jours avant l’ouverture du congrès. Les filiales devraient s’assurer que toutes les résolutions soient soumises avant la date limite fixée par leur direction divisionnaire. Les résolutions en retard seront remises au Conseil exécutif national après le congrès.

Prière de s’adresser aux agents responsables des directions divisionnaires pour les formulaires de demande de logement. Quant aux filiales des États-Unis et de l’Europe, demandez les formulaires au bureau de la zone. Pour les renseignements sur les réservations de chambre d’hôtel, rejoindre Tourism Calgary au 1 800 661-1678 ou, par télécopieur, au 403 262-3809. On peut également visiter le site de la toile à www.tourismcalgary.com pour obtenir beaucoup de renseignements sur la ville.

À Air Canada, on fait à nouveau tout ce qu’on peut pour que les délégués puissent se rendre au congrès de la manière la moins dispendieuse possible. La meilleure manière de réserver les billets est d’appeler le Centre des congrès d’Air Canada au 1 800 361-7585. Les délégués devraient citer le numéro d’événement CV 060098. L’aéroport international de Calgary est à 20 minutes du centre-ville. La course en taxi monte à environ 30 $. Il y a aussi un service de navettes.

Bien que le Calgary Stampede ne commence que le 7 juillet, il y a quand même beaucoup de choses à voir et à faire dans cette grande ville de l’Ouest. La partie la plus intéressante de la vie nocturne et des expositions d’arts se trouve dans le quartier des hôtels de congrès. Le zoo de Calgary et le musée Royal Tyrrell, où sont exposés 35 squelettes de dinosaures complets, ne sont pas loin en voiture et ils méritent le déplacement.

Calgary a aussi beaucoup à offrir au mordu d’histoire militaire. Le musée des régiments, au 4520 Crowchild Trail, a une des expositions de souvenirs des Forces canadiennes les plus fascinantes. Une visite à ce musée fera passer le particulier à travers une histoire visuelle des régiments les plus fameux. Fortement recommandé.

Pour les gens qui s’intéressent à l’histoire navale, il y a le Naval Museum of Alberta, situé au 1820 24th Street. D’aucuns seront intéressés davantage par le Glenbow Museum, situé tout près du centre des congrès, au 130 9th Avenue. Il s’agit d’un musée d’intérêt général avec des expositions sur les Premières Nations et la colonisation de l’Ouest, l’histoire mondiale et la géologie.

Peut-être que durant le congrès serait le bon moment de prendre des petites vacances pour se rendre à certains des paysages les plus dramatiques du Canada. À peine à un peu plus d’une heure à l’ouest de Calgary se trouve Banff la magnifique. Banff, située au milieu des montagnes Rocheuses, est une des destinations touristiques les plus impressionnantes au Canada. Visitez www.banfflakelouise.com pour plus de renseignements sur Banff et la région.

Il y aura aussi des manifestations d’hospitalité durant les soirées. Dix filiales de la région de Calgary vont participer d’une façon ou d’une autre, soit en se faisant l’hôtesse lors d’une soirée spéciale de camaraderie, soit en soutenant ces manifestations.

Pour de plus amples renseignements, visiter le site de la Direction nationale à www.legion.ca, et pour se renseigner sur Calgary, visiter le site du centre de congrès à www.calgary-convention.com.

Le Musée canadien de la guerre: comparaison entre hier et aujourd’hui

Depuis le 8 mai 2005, les Canadiens, et plus particulièrement les anciens combattants du Canada, ont un musée national qui commémore ce qu’ils ont vécu. Il aura fallu plus de huit décennies pour que le gouvernement canadien daigne investir les fonds nécessaires à la construction du nouveau Musée canadien de la guerre (MCG) et faire ainsi en sorte que la population du Canada n’oublie pas les sacrifices des hommes et des femmes qui ont participé aux guerres auxquelles le Canada a pris part. Bien entendu, le Musée canadien de la guerre existait bien avant le mois de mai dernier. En fait, il a été officiellement ouvert le 19 janvier 1942 sur la promenade Sussex à Ottawa et son aire d’exposition a augmenté et diminué au fil des ans jusqu’à ce qu’il déménage à l’emplacement actuel sur la plaine LeBreton, près de la Colline parlementaire, à Ottawa. Maintenant que le MCG a son propre édifice, qu’est-ce qui a changé entre hier et aujourd’hui?

Pourquoi traiter de ce sujet à présent? Ayant travaillé sur l’histoire du MCG pendant près de deux ans pour rédiger un mémoire de maîtrise, j’étais impatient de visiter le nouveau MCG et admirer les améliorations apportées à l’exposition dans cet édifice construit expressément à son intention. L’ancienne exposition avait de terribles lacunes engendrées par l’espace inadéquat de l’édifice de la promenade Sussex et le musée était décrié par plusieurs comme étant “honteux”, “miteux et à éviter”. J’avais de plus été témoin de l’incapacité de certains membres du personnel de répondre à de simples questions de base sur l’histoire militaire canadienne par rapport aux artefacts exposés. Je suis donc allé visiter le nouveau MCG dans l’espoir d’y voir une amélioration substantielle de la qualité.

Comparons d’abord les expositions présentées dans le nouveau MCG à celles qu’il y avait dans l’ancien. D’abord, il faut se rappeler que les expositions de l’ancien MCG étaient réparties dans plusieurs édifices, tous vétustes. L’exposition permanente était située dans l’édifice de la promenade Sussex alors que l’exposition des gros véhicules se trouvait à la maison Vimy, un vieux garage poussiéreux où il y avait aussi les bureaux et les archives du MCG. L’exposition permanente touchait les périodes allant de la préhistoire du Canada jusqu’à la participation du pays aux missions de maintien de la paix et mettait l’accent sur les deux guerres mondiales. Cette exposition, quoique possédant de jolies maquettes, n’avait pas vraiment de contenu pédagogique et les possibilités d’interaction étaient réduites au minimum. Rien n’était vraiment mis en contexte et surtout, rien ne permettait de bien se représenter ce qu’était la guerre dans toute son horreur. À cet effet, le plus déplorable était la reproduction d’une tranchée de la Première Guerre mondiale qui était beaucoup trop “propre”. Cette reproduction déformait les réalités atroces auxquelles les soldats avaient été confrontés. Ce faisant, le visiteur ne pouvait pas bien réfléchir aux impacts d’un conflit armé en général. Il se faisait présenter un contenu “épuré” de la réalité. De plus, lorsqu’un artefact ou un texte particulier faisaient surgir un questionnement, le personnel n’était pas en mesure de fournir une explication appropriée. Le visiteur était alors invité à poser sa question par écrit, question qui était acheminée à un échelon plus élevé du MCG. Malgré cela, les réponses n’étaient pas satisfaisantes, ce qui démontre que le MCG ne formait pas son personnel adéquatement; peut-être par manque de fonds ou de volonté? En ce qui concerne l’exposition de véhicules militaires qui était logée dans la maison Vimy, elle relevait plus de la visite à un marché aux puces que d’une exposition de musée. Elle donnait toutefois accès à des artefacts chargés d’histoire qui avaient été cachés au public durant de nombreuses années.

Plusieurs changements s’opèrent avec l’ouverture du nouveau MCG. Dans un premier temps, tout est rassemblé sous un même toit. L’édifice lui-même vaut le détour. Son architecture originale se marie bien avec le thème de la guerre. Il faut prendre la peine d’étudier les éléments spécifiques de la construction pour bien comprendre les raisons de ce design (la partie supérieure du bâtiment est pointée vers la Tour de la Paix du Parlement, pour ne mentionner que cette particularité). Il est aussi possible de marcher sur le toit du musée qui a été aménagé à cet effet. À l’intérieur du bâtiment, on peut observer de nombreux tableaux de la collection d’art militaire du musée et ce, avant même de pénétrer à l’intérieur des salles d’expositions. La première de ces salles qui s’offrent aux yeux du visiteur est celle de l’exposition temporaire. Lors de mon passage, des peintures provenant des collections d’art militaire canadienne, britannique et australienne étaient en montre. Par la suite, on arrive à l’exposition permanente qui est divisée en cinq galeries racontant l’histoire militaire du Canada. La première porte sur les guerres au pays des débuts de la colonisation à 1885. Cette partie de notre histoire est d’un très grand intérêt à mes yeux. Toutefois, c’en est aussi une qui a tendance à diviser les peuples fondateurs du Canada et l’exposition est donc traitée, malheureusement, de façon à essayer de sauver la chèvre et le chou, et certains textes explicatifs laissent perplexe quant aux visées éducatives des concepteurs. Un exemple intéressant à propos des premiers contacts avec les Autochtones : le texte explique que ce sont les Français qui ont introduit les maladies infectieuses (rougeole, variole) qui ont décimé les tribus amérindiennes et c’est en effet une réalité que les Autochtones n’étaient pas immunisés contre ces maladies qui ont eu un effet dévastateur sur leur population. Par contre, le même texte fait abstraction du fait qu’en 1763 les Britanniques ont utilisé des couvertures exposées à la variole comme armes bactériologiques dans le but de contrer le soulèvement amérindien dirigé par Pontiac. Le document audiovisuel expliquant les relations entre les peuples fondateurs est lui aussi révélateur de l’intérêt que les Canadiens portent à leur histoire. Trois représentants des peuples fondateurs : un autochtone, un anglophone et un francophone discutent de l’évolution des relations après la conquête. Ils sont tous affublés d’un chandail aux couleurs d’une équipe de hockey canadienne et discutent en attendant que la partie débute. Ce document dévoile certains préjugés qui sont inscrits dans la mémoire collective de chaque peuple et qui génèrent des tensions entre eux. Ce qui est amusant c’est que la discussion se termine dès que la partie commence, et le document aussi. Cela démontre bien que tant que l’humain aura du pain et des jeux…

Le visiteur passe ensuite à la période des guerres impériales et de la Première Guerre mondiale. Cette galerie est une amélioration radicale par rapport à l’ancien musée. Premièrement, le document audiovisuel expliquant la marche à la guerre et le jeu des alliances est remarquable. Il est très facile par la suite de comprendre comment un simple assassinat politique a dégénéré en conflit mondial. Il y a encore la fameuse reproduction d’une tranchée trop “propre” mais elle est accompagnée d’une maquette interactive expliquant le fonctionnement d’un réseau de tranchées qui, elle, est très éducative. Les modèles expliquant les effets des shrapnels révèlent aussi très bien l’horreur du champ de bataille, et le décor représentant la bataille de Passchendaele est saisissant. On a aussi pris la peine d’expliquer brièvement la vie au front intérieur, c’est-à-dire à la maison, au Canada. L’exposition couvre aussi les grands événements au Canada comme la crise de la Marine pendant le gouvernement de sir Wilfrid Laurier, l’explosion au port d’Halifax en 1917, l’instauration de l’impôt sur le revenu, l’heure avancée, le vote des femmes et, bien entendu, la crise de la conscription de 1917. Cette galerie se termine par le traité de Westminster de 1931, à l’issue duquel le Canada entre en pleine possession de son autonomie politique.

La troisième galerie est réservée exclusivement à la Deuxième Guerre mondiale. Elle couvre, entre autres, la montée du nazisme et du fascisme en Europe. Sur plusieurs écrans sont projetées des images de discours des dictateurs. Viennent ensuite le déclenchement de la guerre et l’entrée du Canada dans le conflit. La participation du Canada au Programme d’entraînement aérien du Commonwealth, à la bataille de l’Atlantique et à la production industrielle pour l’effort de guerre est bien représentée et prend une grande place au sein de la galerie. Ce sont ensuite les opérations aériennes et terrestres aux nombreux théâtres d’opération en Europe et en Asie qui sont exposées : participation au sein du Bomber Command, Hong Kong, Dieppe, la Sicile et la libération de l’Europe. Plusieurs films d’archives concernant les événements sont projetés en boucle et de nombreux écrans tactiles permettent d’en apprendre plus sur des sujets tels que les convois de ravitaillement qui traversaient l’Atlantique et la machine allemande “Enigma”. Ajoutons à cela les nombreuses maquettes, bruits de batailles et décors grandeur nature qui aident le visiteur à se plonger dans l’atmosphère. Cette galerie se termine par une projection vidéo présentant les témoignages d’acteurs de l’époque expliquant les nombreux impacts que la Deuxième Guerre mondiale a eus sur la société canadienne.

Le visiteur entre ensuite dans la galerie sur l’après-1945 et il est tout de suite plongé dans les innovations technologiques qui ont composé l’après- guerre. Cette galerie porte sur la période de la guerre froide et sur la participation du Canada à la guerre de Corée, à la formation de l’OTAN, au NORAD et aux nombreuses missions de maintien de la paix de l’ONU. Un panneau porte sur la crise d’octobre 1970 et une petite place est faite aux vétérans canadiens de la guerre du Viêt-Nam. Le point marquant de cette galerie est la projection de deux documents audiovisuels. Le premier relate l’histoire de la participation canadienne aux missions commandées par l’ONU. Le second est une projection d’environ un quart d’heure servant à rappeler que la violence et la guerre font toujours partie de notre quotidien. Ces deux projections sont très émouvantes et d’actualité, et le visiteur est invité à réfléchir à l’avenir de l’humanité quand il aura quitté la galerie.

Le tour de cette partie de l’exposition se termine par la visite du salon d’honneur de la Légion royale canadienne. Cette salle expose les articles commémoratifs produits pour souligner la participation des Canadiennes et Canadiens aux nombreux conflits auxquels le Canada a participé.

Le visiteur descend ensuite dans la salle de la Régénération où il peut admirer les modèles ayant servi à la confection du monument commémoratif érigé sur la crête de Vimy en France. Cette salle communique directement avec la galerie LeBreton où sont exposés de nombreux véhicules militaires et pièces d’artillerie de toutes sortes qui, avant, logeaient à la maison Vimy. En faisant le tour de la salle, le visiteur a un accès visuel à la voûte de conservation du musée. Le corridor ramenant le visiteur au hall d’entrée est tapissé de nombreux tableaux de la collection Beaverbrook et de parties avant de carlingues de bombardiers canadiens ayant été agrémentées de dessins par les équipages.

La visite se termine par une période de recueillement dans la salle du Souvenir où est exposée la pierre tombale qui identifiait la tombe du soldat inconnu et d’autres monuments gravés à la mémoire de soldats canadiens qui sont tombés lors de missions de l’ONU. La pierre du soldat inconnu est positionnée de manière à ce que la lumière du soleil l’éclaire à 11 heures précises, chaque 11 novembre.

On peut enfin vraiment dire, plus de 80 ans après que l’idée ait germé, que le Canada a un musée national d’histoire militaire. Toutefois, et comme rien n’est parfait, voici quelques critiques qui pourraient servir à améliorer le contenu de l’exposition. D’abord les points positifs : l’exposition s’est beaucoup améliorée en comparaison de ce qui était présenté auparavant. Pédagogiquement parlant, l’interactivité proposée avec l’usage du multimédia rend l’expérience plus enrichissante et permet d’intéresser un plus large public. Les guides, malgré qu’ils soient trop rapidement formés, sont meilleurs qu’avant et ils ont de meilleures ressources pour répondre aux questions des visiteurs. Le simple fait de pouvoir obtenir immédiatement par radio l’avis d’un historien améliore le service à la clientèle. Les maquettes jouent maintenant un rôle plus éducatif que décoratif. Les décors créent une atmosphère qui sert à mieux s’absorber dans le contexte.

Maintenant, ce qu’on pourrait améliorer : les textes des panneaux contiennent beaucoup trop de fautes d’orthographe et/ou de traduction. Les francophones sont pratiquement relégués au statut de minorité visible malgré leur appartenance à un des peuples fondateurs et seuls les actes individuels de membres des différents peuples permettent de les distinguer des autres Canadiens. En fait, l’exposition transpire d’une volonté de faire disparaître les distinctions entre les nombreux peuples qui forment la population canadienne. Il en émane une volonté politique d’unité nationale et il est remarquable de voir que la description des événements tente de masquer ces tensions qui ont si souvent divisé le Canada de par le passé. Il ne faut toutefois pas se leurrer, chaque musée a une visée politique et un musée national plus que tout autre. Bien que le MCG soit ouvert depuis le mois de mai 2005, j’ai constaté lors de mes deux visites (la première en juin et la deuxième en septembre) qu’il restait beaucoup à faire pour que l’exposition soit complète. Certaines maquettes n’étaient pas encore terminées et certains écrans tactiles ne fonctionnaient toujours pas. De plus, certains des artefacts et tableaux exposés n’avaient pas encore leur fiche descriptive.

En terminant, on peut affirmer que le Canada possède maintenant un musée d’histoire militaire national digne de ce nom, même s’il reste encore beaucoup à faire pour que les expositions atteignent leur plein potentiel. Le nouveau Musée canadien de la guerre offre enfin aux Canadiens un intermédiaire nécessaire à la commémoration des sacrifices consentis par des générations d’hommes et de femmes qui, aujourd’hui encore, travaillent à construire un monde meilleur malgré toutes les embûches rencontrées le long du parcours. Il a fallu attendre plus de 80 ans avant que ce projet se réalise. On peut maintenant dire avec soulagement : mieux vaut tard que jamais.

Train de Héros

photographies de Mac Johnston

En ces temps de conflits, de troubles et de terrorisme autour du monde, l’année de l’ancien combattant a fait vibrer une foule de Canadiens. Elle a retenti à travers le pays en 2005, suscitant une appréciation des anciens combattants du Canada en tant que héros, comme ce n’est pas arrivé depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Pour les vétérans de la Seconde Guerre mondiale qui nous restent, il s’agissait de se trouver sous les projecteurs au crépuscule de leur vie. Cela n’a pas été plus évident que dans le train spécial du jour du Souvenir de Via Rail qui a quitté Halifax pour se rendre à Ottawa à la cérémonie du jour du Souvenir le 11 novembre.

“On s’est amusés en masse”, dit le vétéran de la Seconde Guerre mondiale Bill Jenkins, âgé de 89 ans, de la filiale Colchester de la Légion, de Truro (N.-É.). “On s’est marrés comme des fous tout le long du voyage. J’ai été ébahi du nombre de gens qui se sont assemblés à chaque gare, c’était incroyable. Au milieu de la nuit, à minuit, on est passés par un endroit appelé Campbellton (N.-B.). Je parie qu’il y avait trois, cinq cents personnes qui étaient là en train d’agiter des drapeaux. Et c’était une nuit venteuse et froide. C’est le genre de réception qu’on a eu à chaque arrêt de gare qu’on a fait entre Halifax et Ottawa.”

En fait, à Campbellton, nous avons été accueillis par le conseil municipal, des cadets et un orchestre de cornemuses. Le maire est monté à bord du train et a distribué des épingles municipales aux passagers qui ne s’étaient pas encore couchés. Quelques minutes après, de nouveau en route, nous ralentissions à nouveau au petit village de Tide Head (N.-B.) où quatre véhicules d’extinction, plusieurs voitures de patrouilles et les phares de nombreux autres véhicules illuminaient la noirceur alors que les résidents locaux faisaient fi du froid nocturne, et du fait que le train avait 90 minutes de retard, pour faire montre de leur appréciation envers les anciens combattants qui se trouvaient à bord.

C’était comme ça le long du chemin. En Nouvelle-Écosse, les grandes foules à Truro et à Amherst comprenaient de nombreux écoliers qui portaient des écriteaux en signe de reconnaissance. Le plus commun était l’écriteau Thank You (merci), publié dans le Halifax Chronicle Herald, où le “o” était remplacé par un coquelicot. Il y avait aussi des écriteaux faits à la main. Il y avait des écriteaux aux plates-formes des gares et d’autres étaient portés par des spectateurs dans les villages comme Westchester Station et nombre de passages à niveau à travers la campagne.

Et ça s’est passé ainsi également de Sackville (N.-B.) à Moncton, où la gare de trains avait été décorée et où un orchestre et des anciens combattants sont montés à bord. Ensuite nous sommes passés par Miramichi, par Bathurst, par Campbellton et ailleurs. Chaque arrêt était un petit peu plus long que prévu et le train prenait du retard, mais une bonne partie du temps a été rattrapé durant la nuit alors que le train roulait vers l’ouest à travers le Québec.

Nous avions quitté Halifax en début d’après-midi, mercredi le 9 novembre, lors d’adieux avec tapis rouge de la lieutenante-gouverneure Myra Freeman, la musique de Stadacona des Forces maritimes de l’Atlantique et le passage du flambeau cérémonial par un ancien combattant à un jeune. Le lendemain matin, à Saint-Lambert (Qc), nous avons été reçus à nouveau par des spectateurs qui poussaient des acclamations. C’est là que Paul Côté, le président-directeur général de Via Rail, est monté à bord du train. Il a pris la parole à l’intercom et remercié les anciens combattants d’avoir pris le train et d’en avoir fait une occasion spéciale. Il est ensuite passé à travers plusieurs des voitures pour saluer les passagers.

Ensuite, il y a encore eu des spectateurs à Dorval (Qc). Et puis, grâce à des arrangements spéciaux, nous sommes passés directement de notre train au train de passagers Montréal-Ottawa. D’autres spectateurs nous ont acclamés à Alexandria (Ont.), la dernière partie du voyage en direction ouest. Après 24 arrêts, nous sommes arrivés à la capitale nationale, vers midi, jeudi le 10 novembre. La ministre Albina Guarnieri d’Anciens combattants Canada, un orchestre et une garde d’honneur de la Légion étaient présents à la gare et des centaines de spectateurs y acclamaient les anciens combattants. C’était un moment passionnant.

Le train du jour du Souvenir est exceptionnel de plusieurs manières. Avec un parc roulant de 33 unités, c’était le train de passagers le plus long du Canada Atlantique depuis nombre d’années; personne ne sait exactement depuis combien. En fait, Via Rail a dû faire venir des voitures supplémentaires de l’Ouest du Canada et de Gaspé pour en arriver à la configuration finale de trois locomotives, trois wagons-restaurants, 21 voitures-lits, trois voitures ordinaires, un fourgon à bagage, une “sky-car” et un vistadôme.

Via Rail a transmis un message aux passagers : “La voie ferrée est le grand symbole du Canada, la chaîne de rails en acier et traverses de bois qui relie les diverses parties de notre pays. Les soldats canadiens roulaient sur les rails vers l’est durant les guerres mondiales lors de leur transport vers les champs de bataille européens. Et maintenant, aujourd’hui, des anciens combattants survivants et leur famille s’en servent pour aller vers l’ouest afin que la nation puisse rendre hommage comme il faut à leur bravoure et pour commémorer ceux qui sont morts au combat et ceux qui, y ayant survécu, ont trouvé la mort par la suite.

“Ne les oublions pas. N’oublions pas le prix que nos soldats ont payé pour nous protéger du mal et assurer notre liberté et notre prospérité. Via Rail Canada est honorée de recevoir le train du jour du Souvenir, et nous sommes honorés de votre présence. Merci de tout ce que vous avez fait et de tout ce que vous êtes.”

À bord du train, quelque 275 anciens combattants étaient le coeur et l’âme des 460 passagers, plus environ 20 membres des médias. Il y avait une équipe de Via de 38 personnes; habituellement ils ne sont que 10 pour faire ce trajet. “C’est quelque chose qui n’arrive qu’une seule fois dans la vie de quelqu’un”, dit la gérante des services Norma Babineau, la patronne du train.

C’était la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale qu’un train avait trois wagons-restaurants, et chacun avait trois services au dîner et au souper. Certains passagers et membres des médias en sont venus à l’appeler “le train de soldats”. Quel qu’en soit le nom, l’atmosphère était enjouée.

Wilf Clouthier d’Arnprior (Ont.), âgé de 83 ans, un vétéran des Governor General’s Foot Guards de la Seconde Guerre mondiale et son épouse Nancy, âgée de 78 ans, sont montés à bord à Halifax pour faire le voyage de retour jusqu’à Ottawa. Leur voyage était un cadeau que leur faisaient leurs 11 enfants. “Mon épouse était une épouse de guerre et nous voulions aller voir le quai 21 (où elle a atterri en arrivant au Canada)”, dit Wilf. “Et en même temps, c’est notre 60e anniversaire… Le voyage a été super, incroyable. La grandeur et la manière dont il a été organisé. Il n’y a eu aucune bévue, nulle part. Il n’y a rien qu’on puisse vouloir et qu’on ne puisse pas aller chercher, ou bien on nous l’apporte. Nous en jouissons certainement.”

À Ottawa, beaucoup des voyageurs sont descendus à l’hôtel Delta à un prix spécial, alors que 75 à peu près allaient dormir aux logements militaires spartiates et moins dispendieux du Polygone de Connaught, à l’extérieur de la ville. Anciens combattants Canada faisait la navette aux manifestations majeures pour ces deux groupes. Le reste des voyageurs se sont arrangés tout seuls en ce qui concernait le logement.

Les gens du train ont assisté à la cérémonie nationale du souvenir au Monument commémoratif de guerre du Canada vendredi le 11, bien sûr, et la plupart ont visité le nouveau Musée canadien de la guerre l’après-midi. Le samedi, ils sont montés à bord d’un autre train pour le voyage de retour chez eux, un voyage qui allait se terminer à Halifax dimanche après-midi.

L’objet de tout ça était d’assister à la cérémonie du jour du Souvenir de l’année de l’ancien combattant. L’assistance au Monument commémoratif de guerre du Canada était bien plus nombreuse que d’habitude (quelque 25 000 spectateurs) alors il y en a qui ne voyaient pas très bien malgré les deux écrans géants, mais cela ne les a pas découragés.

“J’ai trouvé ce service commémoratif fantastique”, dit Jenkins, un lieutenant du 1er Bataillon de parachutistes du Canada durant la Seconde Guerre mondiale qui par la suite a été président du Nova Scotia Agricultural College. “Émouvant, bien sûr, comment pourrait-il en être autrement, mais l’organisation de tout ça. Qui que ce soit qui ait organisé ça (la Direction nationale de la Légion royale canadienne) mérite d’en être grandement félicité. Il a fallu beaucoup de travail pour tout ça. Des milliers de personnes se sont assemblées. Je n’ai jamais vu une célébration comme celle-là. […] À mes yeux c’était un spectacle fantastique. […] Le temps était beau et d’après moi c’était un des jours les plus mémorables de ma vie. C’est quelque chose qu’on n’oubliera jamais et je suis sûr que je parle pour les anciens combattants de partout au pays.”

Via a entrepris d’organiser le train du jour du Souvenir non pas pour le profit, mais en tant que projet de solidarité. C’est Ron Jackson, l’agent en chef des ventes au comptoir d’Halifax, qui en a eu idée en février. Fils d’un vétéran de la Marine royale du Canada de la Seconde Guerre mondiale, il en a parlé à certains de ses collègues et, quand il a testé le concept lors de présentations dans plusieurs filiales de la Légion et clubs de service, on lui a demandé d’accepter des réservations. La direction a manifesté autant d’enthousiasme, et le travail d’étoffer le concept fut lancé.

De dire Warren Hutt, président du local 4005 des Travailleurs canadiens de l’automobile qui représente les employés de Via au Canada Atlantique : “Nous avons pensé que c’était une idée fameuse du tout début […]. Ça fait plaisir de voir les membres ordinaires qui ont de bonnes idées et que la compagnie les accepte […]. De plus, c’est l’année de l’ancien combattant et je pense que cela touche presque toutes les familles d’une façon ou d’une autre, et nous savions tous que c’était une chose fantastique à faire.” Hutt fit une observation intéressante : “C’est comme ça que beaucoup des vétérans de la guerre sont rentrés chez eux.”

Beaucoup de gens et d’organisations y ont participé, y compris ACC et l’Armée du salut. Atlantic Superstore mérite une mention spéciale. De remarquer Ron Jackson : “Je les ai approchés et quelques heures après ils avaient accepté. Ils pensaient qu’il s’agissait de quelque chose qui fait plaisir. Ils n’ont pas hésité. J’ai tout demandé et ils ont tout fourni. Je voulais des côtes de boeuf, du saumon et du poulet, et plus de desserts que les gens auraient pu manger. Atlantic Superstore n’a pas hésité et ils ne cherchaient pas à obtenir grand-chose. Ils ont dit, ‘Nous ne voulons pas de publicité tapageuse. Nous voulons qu’on se concentre sur l’ancien combattant’, et c’est ce qu’on pensait depuis le début.”

La continuation de la commémoration était le thème sous-jacent aux yeux des organisateurs de Via. Sous la direction de l’agente des billets Nancy Risser, de Via, la gare de trains d’Halifax a été décorée à la manière des années 1940. “[…] Ma première idée était le coquelicot devant la gare, où il y avait une horloge autrefois […] et le reste m’est venu sans cesse, avec les trois sections d’exposition, l’armée, l’aviation, la marine, et une attention spéciale pour les femmes à la guerre”, dit-elle. “Et ensuite est venue l’idée des muffins et de vendre le café vingt-cinq sous, le stand de cirage de chaussures, la grande murale, une murale de 44 pieds de long en arrière. Ç’a commencé petit à petit, et ç’a grandi encore et encore.”

Trois musées locaux ont participé à la recréation de l’atmosphère de la Seconde Guerre mondiale et de ses trains de soldats, qui étaient le moyen de transport principal du personnel des services à travers le pays. Alors pour les gens d’un grand âge, c’était un sentiment de nostalgie.

Pour les quelques milliers d’écoliers qui ont visité la gare en groupes de classe, c’était une occasion d’apprendre.

Beaucoup ont signé un livre d’or. Le commentaire le plus fréquent était “Merci”, mais il y a eu beaucoup d’autres choses, comme : “Très bien. Beau travail.” “Je vais me souvenir.” “J’ai beaucoup appris. Merci.”

Le projet a aussi été apprécié par le personnel de Via. De dire Risser : “J’adore ça et j’apprends tellement de choses, c’est une partie extra et je m’amuse comme n’importe qui. Oui, c’est du travail, mais on aime beaucoup. Je suis une personne émotionnelle et j’ai rencontré de nombreux anciens combattants, et j’avais les larmes aux yeux et tout, alors j’aime ça.”

Durant les derniers 12 mois, l’accrochage à Anciens combattants Canada était : “2005 est l’année de l’ancien combattant : Célébrer. Honorer. Remercier. Se souvenir. Enseigner.” Aussi étonnant que ça puisse paraître, le train du jour du Souvenir a atteint les cinq objectifs.

Un jour du Souvenir cérémoniel

Pour les Canadiens qui ont servi dans des endroits comme Ortona, Caen, Kap’yong, Nicosie, Bihac et Kandahar, la cérémonie du jour du Souvenir de 2005 à Ottawa a été un moment historique d’une année importante, l’année de l’ancien combattant.

Ce fut une cérémonie classique, pleine de rituels familiers. Un obusier du 30e Régiment d’artillerie de campagne a détoné un salut craquant, les voix hautes et douces du Central Children’s Choir d’Ottawa se sont élevées vers le ciel et, lors de ce qui était peut-être la manifestation de commémoration la plus éloquente, une foule, la plus grande de ces derniers temps (plus de 25 000), s’assemblait autour du Monument commémoratif de guerre du Canada pour présenter ses respects en ce jour automnal venteux.

De là où se trouvaient les anciens combattants, près de la base du monument, il y avait foule à perte de vue. Les spectateurs étaient serrés les uns contre les autres, le long de la rue Sparks, massés autour des édifices du Parlement et le long de la rue Elgin. “Je ne connais pas de meilleur endroit où rendre hommage aux disparus. Ottawa est fermée, ni plus ni moins. Tout le monde s’arrête pour se souvenir”, dit Albert Vollick, un membre de la filiale Long Branch de Toronto qui a servi dans l’Artillerie royale canadienne à des batailles allant de Monte Casino en Italie à Apeldoorn aux Pays-Bas.

Non seulement la foule rendait-elle hommage aux morts, elle reconnaissait aussi les vivants. Des milliers d’anciens combattants, de cadets et de membres des Forces canadiennes ont participé au défilé qui a passé devant la foule assemblée. Les applaudissements et les acclamations retentissaient autour de la place.

En plus du vent froid, de la grande foule et des anciens combattants qui défilaient fièrement, de la vraie histoire canadienne était créée en ce 11 novembre à Ottawa. Avec la dédicace du septième Livre du Souvenir, de nouvelles générations de morts ont fait leur chemin jusqu’à la Chapelle du Souvenir dans la Tour de la Paix, et dans la mémoire officielle du Canada. Le livre contient actuellement les noms de 1 300 membres des Forces canadiennes qui sont morts au service de la patrie depuis 1947.

La cérémonie du dévoilement du livre a eu lieu avant la cérémonie du jour du Souvenir. Elle avait lieu dans le Hall d’honneur des édifices du Parlement. Bien que ce soit la Gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean, qui ait célébré la dédicace officielle, c’est la mère de la croix d’argent Claire Léger et son époux Richard qui ont fait de la manifestation qu’elle était fortement significative.

Quelques instants après le dévoilement, les parents étaient menés au livre où ils ont versé des larmes. “L’ouverture du septième Livre du Souvenir est ce dont je vais me souvenir le mieux parce que le nom de notre fils y est écrit”, dit Claire dont le fils, le sergent Marc Léger, a été tué près de Kandahar (Afghanistan) en 2002 quand son unité a été bombardée par erreur par un pilote états-unien. “Marc disait souvent que les Canadiens n’avaient aucune idée de ce que font les casques bleus, alors c’est très très spécial parce que ça sert à démontrer qu’ils ont obtenu la place qui leur revient de droit : ils vont se trouver à la Tour de la Paix pour que tout le monde puisse s’en souvenir et c’est très très important à mes yeux.”

Pour Claire, qui a été choisie par la Légion royale canadienne en tant que mère de la croix d’argent, représenter toutes les mères canadiennes était un fardeau que l’on pouvait lire sur son visage tout au long de la cérémonie au Monument commémoratif de guerre du Canada. Avec son mari à ses côtés, et la Gouverneure générale qui lui offrait son soutien, Claire en pleurs était le portrait de la grande tragédie de la guerre. “Nous sommes reconnaissants et extrêmement tristes pour tous les parents qui ont perdu leur fils ou leur fille”, dit Claire. “C’est presque comme un gros poids sur les épaules parce qu’on sait qu’on se tient là pour leur fille ou pour leur fils. C’est comme des funérailles et mes larmes coulent pour tous leurs enfants autant que pour le nôtre.”

Durant la cérémonie, les Léger étaient au milieu et devant. À leurs côtés, il y avait le Premier ministre Paul Martin, la Gouverneure générale, la présidente nationale Mary Ann Burdett, le général et chef d’état-major de la défense Rick Hillier, la ministre des anciens combattants Albina Guarnieri et le président de la Chambre des communes Peter Milliken. Au fur et à mesure que la cérémonie allait de l’avant, chaque membre du groupe vice-royal déposait une couronne devant la tombe du Soldat inconnu.

Sept jeunes hommes et femmes étaient aussi au centre et en avant, qui avaient été choisis par la Légion pour représenter la jeunesse à la cérémonie. Les quatre gagnants des concours nationaux littéraires et d’affiches de la Légion (Nathan MacLeod, Mari Sakamoto, Angela Malec et Melanie De Andrades) se sont joints aux trois premiers cadets : la cadette de la marine Christine Robidoux, la cadette de l’armée Shannon Potvin et le cadet de l’air Danilo Jankovic. Ensemble, ils ont déposé une couronne de la part de la jeunesse du Canada.

À part la cérémonie, il y avait un certain nombre d’autres manifestations dans et autour d’Ottawa durant la semaine du souvenir. En plus du dévoilement du septième Livre, il y a eu une veillée funèbre à la chandelle, un dîner spécial pour anciens combattants auquel assistait également le Premier ministre, et l’arrivée d’un Train de la journée du Souvenir appartenant à Via Rail, un voyage singulier qui amenait 275 anciens combattants à Ottawa.

L’événement solaire au nouveau Musée canadien de la guerre, qui n’a lieu qu’une seule fois par année, augmentait le sentiment événementiel à la cérémonie de cette année. La foule silencieuse qui entourait le Monument commémoratif de guerre du Canada a regardé l’événement sur de grands dispositifs d’affichage alors que le soleil, à 11 heures précises, illuminait l’artefact isolé dans la Salle du Souvenir du musée : la pierre tombale du Soldat inconnu de la Première Guerre mondiale.

Ce jour du Souvenir était celui du 87e anniversaire de la fin de la Grande Guerre. Bien que cinq Canadiens vétérans de cette guerre fussent encore vivants, aucun n’avait pu se déplacer jusqu’à Ottawa. Malgré cela, il y avait des milliers de vétérans de la Seconde Guerre mondiale, de la guerre de Corée et d’anciens combattants des temps plus modernes qui se tenaient debout côte à côte à la cérémonie. Il était clair que c’était le moment de s’unir. “N’importe où l’on a servi”, dit Vollick. “Quand on offre sa vie, cela n’a pas d’importance où l’on arrive à la fin.”

Robert Waudby, âgé de 81 ans, habite à Lindsay (Ont.), mais il est membre de la filiale Peterborough depuis longtemps. Cet ancien membre de la Royal Hamilton Light Infantry, qui est allé se battre en France, en Belgique et en Hollande, s’était rendu à la cérémonie nationale du jour du Souvenir pour la première fois, et il dit que c’était pour une raison en particulier : son fils lui avait demandé de venir.

Pour Waudby, le jour du Souvenir n’est pas seulement une manifestation symbolique, c’est une occasion de rendre hommage à ses amis qui ne sont jamais revenus, des gars comme le caporal Schwartz de la Colombie-Britannique qui a mis le pied sur une mine près de Bergen op Zoom, aux Pays-Bas.

Dans son discours au groupe assemblé, la présidente nationale Burdett reliait parfaitement les deux thèmes que sont la jeunesse et la commémoration. “Smokey Smith VC nous disait autrefois que les vrais héros sont ceux qui sont morts”, dit-elle, dirigeant son regard vers les Léger, “et votre fils est un héros, pour tous les Canadiens, à jamais”. Ensuite, Burdett s’est tournée vers les cadets et les gagnants des concours “et vous, les jeunes, allez vous assurer que ce sacrifice vive à jamais et que personne n’oublie jamais”.

Pour MacLeod, dont l’affiche en couleurs comportant les yeux d’un ancien combattant lui a valu le voyage à Ottawa, maintenir l’esprit du souvenir parmi les jeunes du Canada est une mission en laquelle il croit. “C’est la principale occasion que nous avons d’honorer les gens qui se sont battus pour nous donner la liberté”, dit MacLeod.

Les Léger ont été occupés durant toute la semaine du souvenir, bien sûr, mais on leur a aussi demandé plusieurs fois durant l’année de l’ancien combattant d’assister à des cérémonies et à des manifestations. Heureusement qu’ils se passionnent pour l’éducation des Canadiens à propos du rôle et de l’histoire des mainteneurs de la paix. Les deux parents pensent qu’on ne fait pas assez pour reconnaître les sacrifices que les gens comme leur fils sont en train de faire. “Je pense qu’à moins que la personne qui est tuée soit un être qui leur est cher, la plupart des Canadiens ne reconnaissent pas ça”, dit Claire.

Claire est d’accord avec Burdett que c’est la jeunesse du Canada qui va vraiment faire une différence pour ce qui a trait au souvenir. “Il ne s’agit que d’éduquer les gens, comme pour n’importe quoi. Richard et moi avons décidé de nous-mêmes d’aller dans les écoles parler de ce que les mainteneurs de la paix sont en train de faire et nous espérons que ça va servir, parce que les enfants sont excellents quand il s’agit d’éduquer leurs parents. Mais bien entendu, il faut plus que cela, il faut beaucoup plus que cela, mais c’est un début et nous essayons; nous savons que c’est ce que Marc aurait voulu.”

Une autre indication que les temps changent, cette année et plus que jamais auparavant, les Léger ont agit tous les deux en tant que parents de la croix d’argent; ce n’était pas seulement une mère de la croix d’argent que nous avions. Bien que ce soit vrai que Richard et Claire semblent exceptionnellement près l’un de l’autre (l’un termine souvent la phrase de l’autre) les deux sont d’accord qu’il faut deux parents pour élever un enfant, et c’est pareil quand il s’agit d’en pleurer un. “C’est très dur pour moi d’être reconnue et que Richard ne le soit pas, parce que nous avons élevé Marc ensemble”, dit Claire. “Ce n’est pas que nous n’apprécions pas, et ce n’est pas que je me sente exclus. C’est simplement qu’il est notre enfant”, dit Richard.

“Nous l’avons élevé ensemble”, dit Claire. “Nous sommes mariés depuis 32 ans et nous n’avons jamais été séparés. Nous l’avons élevé en couple. Mais la tradition ne se termine pas facilement.”

La cérémonie de cette année a aussi donné lieu à une certaine controverse. Il y avait un petit groupe, y compris des anciens combattants, le long de la route du défilé, qui croient que Michaëlle Jean n’est pas acceptable en tant que Gouverneure générale. Ces gens, environ 25 d’entre eux, ont tourné le dos à Jean quand elle est passée.

Bien avant la cérémonie, la Légion avait clairement indiqué son point de vue concernant une protestation possible lors du jour du Souvenir qui s’adresserait à la Gouverneure générale. “Une telle façon d’agir serait une honte, ainsi qu’une offense à l’endroit de Sa Majesté et à la mémoire de nos camarades tombés au combat”, écrivait Mary Ann Burdett dans un communiqué de presse annoncé à grand renfort de publicité. “L’objet de la cérémonie nationale du jour du Souvenir est de permettre aux gens de rendre hommage aux morts de guerre du Canada et non de protester une nomination amorcée par le gouvernement du Canada sans égard à la façon dont elle pourrait être inacceptable d’après certains individus. Tourner le dos à la Gouverneure générale, c’est tourner le dos à tout ce que cette fonction représente et profane la mémoire des morts et le pays pour lequel ils ont combattu. La Légion royale canadienne croit qu’une protestation individuelle est l’un des droits pour lesquels nos anciens combattants se sont battus, mais elle croit fermement aussi qu’il existe un moment et un endroit pour protester, et que la cérémonie nationale du jour du Souvenir n’est ni le moment ni l’endroit de le faire.”

En fin de compte, toutefois, ce petit incident n’a pas déconcerté Jean, dont l’excellent et éloquent discours sur le septième Livre a sûrement fait plaisir aux anciens combattants qui assistaient à la cérémonie. “Ce livre est exceptionnel en ce qu’il ne sera jamais fermé. Il va servir à commémorer ceux qui ont donné leur vie pour le Canada durant les générations à venir”, dit-elle. “Ce (livre) comporte aussi une note d’espoir, parce que c’est un testament à la volonté de nos militaires, femmes et hommes, d’apporter la paix et la sécurité à un monde troublé.”

Gloria Frazer était une des autres invités d’honneur au dévoilement du livre. Le capitaine Keith Mirau, qui est mort en même temps que huit autres casques bleus en 1974 quand son avion a été abattu au-dessus de la Syrie, était son mari. Frazer résumait les sentiments de nombre de mainteneurs de la paix, et d’autres, à Ottawa, le 11 novembre. Il s’agissait d’un jour du Souvenir important, pas seulement pour les anciens combattants et leur famille, mais un jour dont les meilleurs historiens, les jeunes, vont se rappeler pendant des années. “Il a fallu bien des années pour en arriver à cette reconnaissance”, dit Frazer, “mais je me sens très honorée d’être ici”. C’est la vraie histoire canadienne, ce sont là des choses que ma petite-fille va savoir.”

Il faut corriger une injustice

Anciens combattants Canada a fixé le 1er avril comme date de la mise en application de la Loi sur la rééducation et l’indemnité des membres des Forces canadiennes et des anciens combattants, laquelle est souvent appelée la nouvelle Charte des anciens combattants. La loi a reçu la sanction royale le 13 mai, mais les détails concernant la mise en application n’ont pas encore été annoncés.

Bien que l’ensemble arrive vraiment à point nommé, il y a encore des domaines dont on se soucie. La manière dont le Régime d’assurance-revenu militaire s’occupe de l’invalidité de longue durée en est un. L’ILD du RARM garantie aux membres des Forces canadiennes 75 pour cent de leur ancien salaire pendant une période pouvant aller jusqu’à deux ans s’ils sont remis à la vie civile à cause d’une invalidité résultant du service. Les paiements peuvent continuer jusqu’à l’âge de 65 ans si le membre reste invalide. Toutefois, l’ILD du RARM ne paie pas nécessairement les 75 pour cent au complet. En fait, on tient compte de toute autre source de revenu que l’ancien membre obtienne et cela neutralise le montant que le RARM paie directement.

Malheureusement, la pension d’invalidité que paie ACC, bien qu’on ne la considère pas comme un revenu car elle est en réalité un avantage d’invalidité servant d’indemnité suite à quelque blessure soufferte en service, est considérée comme une source de revenu par le RARM. C’est intrinsèquement injuste.

Il n’y a aucune logique à ce que le RARM considère les avantages de pension d’invalidité payés par ACC comme étant un revenu, surtout quand les membres encore en service peuvent recevoir une pension d’invalidité d’ACC alors qu’ils ont encore leur salaire au complet. Un membre ayant une pension d’invalidité de 20 pour cent pourrait continuer à servir dans les Forces canadiennes. Pour autant que cela ne s’aggrave pas, il devrait continuer à recevoir au moins ce montant, libre d’impôt, le reste de ses jours. S’il sert encore pendant 20 ou 25 ans, il pourrait finir par atteindre une pleine pension de retraite. Sa pension d’ACC ne serait jamais en danger, ni ne la considérerait-on comme un revenu, même après qu’il ait pris sa retraite.

Un autre membre pourrait être blessé bien plus gravement, au point où il serait rendu à la vie civile comme étant inapte pour raison de santé. On lui octroierait une pension d’invalidité d’ACC de 70 pour cent. Son affaiblissement serait si grave qu’il n’aurait guère de chances d’obtenir d’emploi au civil. S’il n’a que quelques années de service, il n’aura pas droit à une pension de retraite. D’après les avantages d’ILD du RARM, il n’aura droit qu’à 75 pour cent du salaire qu’il touchait dans les FC. Malheureusement, la valeur de la pension que lui remet ACC sera soustraite de ce que lui paie l’ILD du RARM.

Les nouvelles mesures vont probablement servir à corriger cette injustice. Toutefois, ces dispositions ne seront pas rétroactives. Les paiements d’ILD du RARM vont continuer à être réduits du montant que l’ancien combattant reçoit d’ACC selon la Loi sur les pensions. Il est temps, maintenant, que la Défense nationale et le RARM corrigent cette injustice.