La Croix-Rouge et la captivité de guerre, 1939-1945

Aussi ancienne que la guerre elle-même, la captivité de guerre a connu de nombreuses variations, progrès ou reculs, selon les lieux et les époques. Au cours de l’Humanité, des prisonniers de guerre furent sacrifiés aux dieux, d’autres exécutés pour l’exemple. Certains furent asservis, soumis à un labeur perpétuel et exténuant, alors que d’autres furent recrutés et combattirent par la suite au sein de l’armée qui les avait capturés. Des captifs furent libérés sans condition, d’autres, échangés contre rançon. En fait, durant la plus grande partie de l’histoire humaine, le sort des soldats capturés a été confié à la bonne ou à la mauvaise volonté du geôlier, sans restriction aucune. À la fin du XIXe siècle et au début du XXe, à l’instigation du Comité international de la Croix-Rouge, des lois internationales sont néanmoins instaurées dans le but de réglementer la conduite de la guerre : la Convention de Genève de 1864 et celles de La Haye de 1899 et 1907. Celles-ci tentent timidement de protéger les victimes de la guerre, particulièrement les civils et les prisonniers de guerre. Mises à l’épreuve lors de la Grande Guerre, elles démontrent bientôt de nombreuses lacunes que l’on tente de compenser par la Conférence de Genève de 1929. Imparfaits, ignorés et bafoués par certaines nations, ces accords démontrent tout de même une volonté “d’humaniser” les conflits.

À l’éclatement de la Seconde Guerre mondiale, si la captivité de guerre continue d’être généralement mal vécue, particulièrement par les officiers, la plupart des nations ne considèrent plus le soldat capturé comme un paria. Bien sûr, des exceptions existent : les Soviétiques considèrent leurs soldats capturés comme des traîtres à la patrie, pendant que les Japonais voient les leurs–et ceux de l’ennemi–comme étant déshonorés, indignes. Par ailleurs, le front de l’Est, qui oppose deux “races” et deux idéologies ennemies, voit se dérouler les pires barbaries, au mépris de toute législation. D’autres entorses se produisent et des massacres continuent d’avoir lieu, la plupart du temps aussitôt après la capture, lorsque la fureur des soldats, consécutive à la bataille, ne s’est pas encore estompée.

Cela dit, dans la plupart des pays occidentaux engagés dans le conflit, des structures sont mises en place afin d’aider physiquement et psychologiquement les soldats capturés à l’étranger. Au Canada, le YMCA met sur pied la War Prisoners’ Aid (aide aux prisonniers de guerre) et des parents de prisonniers s’associent et forment la Canadian Prisoners of War Relatives Association (association canadienne des parents des prisonniers de guerre). Mais de toutes les organisations non gouvernementales (ONG) du pays s’étant impliquées dans l’aide aux captifs, c’est la Société canadienne de la Croix-Rouge (SCCR) qui s’est, de loin, la plus démarquée. Elle a consacré 47 des 121 millions de dollars de son budget de guerre aux prisonniers de guerre provenant du Canada et du reste du Commonwealth et, dans une moindre mesure, aux internés civils et aux autres prisonniers alliés. Ses interventions prendront deux dimensions : l’une matérielle, directement fournie aux captifs, et l’autre plutôt technique, généralement destinée à leurs parents.

L’aide matérielle s’est principalement traduite par trois sortes de “colis”, ainsi que par quelques autres envois. Chronologiquement, le premier colis reçu par le prisonnier canadien est le “colis de captif” : un paquet contenant de menus objets–brosse à dents, rasoir, savon–et des sous-vêtements, notamment. Il fournit au prisonnier le strict nécessaire en attendant les premiers colis personnels envoyés par sa famille, pour lesquels les délais d’expéditions sont beaucoup plus longs.

Le deuxième type de paquet, le plus connu, est le “colis de vivres”. Les États-Unis, la Grande-Bretagne, le Canada et quelques autres pays du Commonwealth en ont produit, avec de légères différences entre eux. Selon des sondages menés auprès d’anciens captifs de diverses origines, peu après leur libération, c’est le colis canadien qui aurait été le plus apprécié. Le Canada en a produit plus de 16 000 000 durant la guerre, à Toronto, Montréal, Hamilton, London, Winnipeg et Windsor. À son apogée, au cours de l’année 1944, la production a atteint près de 200 000 colis hebdomadairement, soit suffisamment pour que les prisonniers provenant du Commonwealth en reçoivent, en principe, un par semaine.

Coûtant en moyenne 2,50 $, le “colis de vivres”, qui pesait 5 kilos, contenait 15 articles de nourriture et 1 savon. Son contenu avait été étudié pour être le plus nutritif possible, tout en considérant les contraintes de poids et d’espace. Il contenait 2000 calories quotidiennes pour 7 jours. Des livres de recettes furent même rédigés spécialement et envoyés aux captifs pour leur permettre de tirer le meilleur parti possible de son contenu. Des colis spéciaux, contenant plus de vitamines, ont également été mis au point pour les malades et les convalescents. Un système d’accusés de réception et de listes de vérification servait à s’assurer que le colis était reçu en bon état et par la bonne personne. Comme ils étaient très bien conçus et solidement emballés, on pouvait en empiler des quantités incroyables et les conserver plus de 15 mois à des températures extrêmes, notamment sous le soleil du désert.

Ces colis ont dépassé leur objectif qui était la nutrition. Par exemple, les boîtes de conserve de lait, une fois vidées, martelées, découpées et assemblées, ont été utilisées par les prisonniers pour fabriquer des trousseaux de cuisine complets, avec assiettes, bols, chaudrons et poêles. Elles étaient également utilisées pour l’aération des tunnels creusés pour les évasions. On rapporte même qu’un système de chauffage fut construit par des captifs en trois mois, grâce à ces boîtes, et qu’il aurait suscité l’admiration des autorités du camp. Par ailleurs, les soldats capturés ont pu, à l’occasion, corrompre certains de leurs geôliers en leur offrant nourriture et cigarettes.

Finalement, en 1945, la SCCR s’est mise à la production du troisième type de colis : le “colis de la libération”. Probablement à cause de la longueur du voyage de retour, beaucoup plus importante, seuls les captifs d’Asie en ont reçu. Ce paquet aurait contenu des vêtements et des accessoires d’hygiène, de quoi tenir le temps du voyage.

Outre ces trois colis, la SCCR a acheminé aux prisonniers, en collaboration avec la Croix-Rouge britannique, des vitamines, des médicaments et du matériel médical. Elle leur a aussi fait parvenir des vêtements, et même de l’équipement sportif, des instruments de musique, des livres et des jeux de société. Parfois, de l’argent était fourni à la Croix-Rouge britannique afin que ce matériel soit acheté en Europe. L’apport loisir fut toutefois négligeable puisqu’il relevait plutôt du YMCA. De concert avec d’autres organismes, la SCCR a contribué à l’éducation des prisonniers en fournissant des manuels et du matériel scolaire. Grâce à la participation de la presse canadienne, un journal d’information a été créé spécialement pour eux.

Le raccompagnement des soldats canadiens libérés, depuis l’Europe ou l’Asie, a été assuré par des responsables qui les suivaient avec jeux et cantines, pour s’assurer qu’ils mangeaient bien et ne s’ennuyaient pas. Ce même service fut aussi fourni aux Britanniques rapatriés depuis l’Asie et transitant par le Canada.

De son côté, l’aide indirecte s’est souvent faite par l’intermédiaire des familles des captifs. Par exemple, le Bureau d’investigation de la Croix-Rouge fut créé à Ottawa en janvier 1942, avec la collaboration du ministère des Affaires extérieures et du Comité international de la Croix-Rouge. Son principal mandat était de répondre gratuitement aux demandes de renseignements, émanant de la population canadienne, sur le sort d’un prisonnier de guerre, d’un interné civil ou d’un disparu.

Aussi, par l’intermédiaire de nombreuses publications, la SCCR divulguait une grande quantité de renseignements pratiques. Des brochures, par exemple, ont traité des façons de communiquer avec les prisonniers ou de ce qu’il était possible de leur envoyer. On distribuait aussi aux parents le journal The Prisoner of War (le prisonnier de guerre), qui contenait des consignes, des caricatures, des nouvelles des camps, des extraits de lettre, et beaucoup d’autres choses. À l’origine, le journal était exclusivement produit par la Croix-Rouge britannique, mais à partir de novembre 1942, on retrouve une édition à moitié canadienne. Avant cette date, 15 000 exemplaires du journal étaient envoyés d’Angleterre lors de chaque parution, mais ce mois-là, le bateau assurant la livraison fut coulé par un sous-marin. Seul un exemplaire, envoyé en catastrophe par avion, est arrivé au Canada. Avant que des copies en soient tirées, le journal fut modifié. Par la suite, vu le succès et l’intérêt suscité, la SCCR a répété l’expérience.

La SCCR a également ?uvré auprès des parents des captifs pour la confection des “colis du plus proche parent”, un colis personnel envoyé tous les trois mois par la famille du soldat capturé. C’était un paquet contenant des vêtements, de menus objets et, à une certaine époque, de la nourriture. La SCCR a facilité ces envois en remplaçant les articles qui avaient été confisqués par la censure par des articles autorisés, en ajoutant des produits si le paquet n’atteignait pas la limite de poids permise et en donnant des formations et des conseils sur la confection de ce paquet. Si un prisonnier n’avait pas de parent ou si ce dernier était trop pauvre, la Croix-Rouge le prenait en charge en attendant qu’il soit “adopté” par quelqu’un d’autre.

Cela dit, aider les prisonniers n’a pas été une mince affaire, puisque plusieurs problèmes ont surgi, particulièrement dans la confection et l’envoi des colis de vivres. Matériellement, on a dû faire face à des pénuries qui ont obligé les responsables à trouver des substituts ou à acheter des denrées à l’étranger. On a même rationné le personnel militaire au Canada pour avoir davantage de nourriture à offrir aux captifs. Sur le plan technique, à part quelques exceptions, le Japon a refusé toute coopération jusqu’aux derniers mois de la guerre. De leur côté, l’Allemagne et l’Italie ont généralement bien répondu, mais on a tout de même éprouvé certaines difficultés. La censure allemande a, par exemple, refusé certains emballages qu’elle ne pouvait contrôler, et il est arrivé que, dans les camps, la distribution des vivres serve de monnaie d’échange à la bonne conduite des captifs. Pour éviter l’emmagasinage de vivres pouvant servir lors d’une éventuelle évasion, les autorités ont parfois poinçonné les conserves afin que leur contenu soit consommé rapidement. Et il ne s’agit là que d’une partie des nombreuses difficultés rencontrées. On pourrait également évoquer les relations parfois houleuses de la SCCR avec d’autres ONG, et même avec le gouvernement fédéral.

La productivité et l’efficacité de l’aide aux prisonniers de guerre peuvent être attribuées à plusieurs facteurs, dont le premier est certainement la participation populaire. La SCCR a su mobiliser un grand nombre de bénévoles, les transportant dans des autobus empruntés ou leur confiant quelque ouvrage à faire chez eux, à temps perdu. C’est ainsi que des femmes au foyer accomplissaient certains petits travaux entre une lessive et un repas, alors que des écoliers besognaient pendant les récréations. Tout ça a donc permis que la plus grande partie du travail soit faite gratuitement et que les fonds soient vraiment utilisés dans l’achat de denrées plutôt que dans leur transformation. De plus, les locaux ont été aménagés de manière à éviter les pertes de temps et d’espace, et à ce que les colis de vivres soient empaquetés à la chaîne. De grosses compagnies ont également pu se donner une bonne image publique en assurant le transport des denrées à peu de frais ou en les fournissant. Finalement, des campagnes de financement bien montées et convaincantes ont permis d’amasser les sommes nécessaires à l’entreprise. La SCCR a donc tiré le maximum de chaque dollar tout en amenant près du sixième de la population à s’engager dans ses activités : une logistique efficace a été mise au point, sans être bureaucratique et coûteuse.

Évidemment, les effets de cette aide ont été positifs; de nombreuses lettres, conférences et entrevues en témoignent. Ils furent d’abord bénéfiques à court terme en permettant la survie d’un grand nombre de prisonniers qui, autrement, auraient certainement succombé à la faim, au froid, à la maladie ou aux blessures. En leur offrant des loisirs, en leur montrant que leur pays ne les avait pas oubliés, la SCCR a également contribué au maintien du moral des prisonniers. Cela a pu amoindrir, chez certains, les effets du “syndrome des barbelés”, qui se traduisent par un état dépressif et un désintérêt de tout. L’aide prodiguée par la Croix-Rouge fut aussi bénéfique à moyen terme, c’est-à-dire après le retour des soldats libérés. D’abord, l’éducation des prisonniers dans les camps a permis de récupérer une jeunesse perdue en fournissant les outils nécessaires à l’obtention d’un bon emploi. En diminuant l’écart, autant que possible, entre la vie dans les camps et la vie civile, ces actions ont permis de maintenir le moral et la santé des soldats capturés et de faciliter leur retour à la vie civile.

On peut aussi croire aux effets à long et à très long terme, non seulement pour les prisonniers, mais également pour la société en général. Effectivement, cette aide a permis une diminution des coûts sociaux dans l’après-guerre parce que plusieurs anciens prisonniers, en relativement bonne forme physique et mentale, n’ont pas dus être pris en charge par l’État. Donc, plus d’argent a pu être investi dans la reconstruction, et on a pu compter sur la participation et sur l’expertise de ces anciens combattants rescapés.

Il faut tout de même prendre en compte que, là où l’aide était fournie, donc acceptée par les autorités des camps concernés, les captifs étaient généralement bien traités. Leur bon état n’est donc pas dû exclusivement à l’aide apportée mais aussi aux conditions de vie relativement acceptables déjà instaurées. Or, là où les prisonniers de guerre étaient assujettis aux pires conditions de vie, ni la SCCR, ni aucune des autres Croix-Rouge alliées, ne sont parvenues à s’imposer. Leur secours y auraient pourtant été d’autant plus salutaire. Ce fut par exemple le cas dans les camps japonais.

En conclusion, l’aide fournie par la Société canadienne de la Croix-Rouge aux prisonniers de guerre a pris diverses formes. Des millions de colis et des tonnes de denrées en vrac envoyés aux camps ont assuré aux prisonniers canadiens, à ceux provenant des autres pays du Commonwealth, et dans une moindre mesure, aux autres Alliés, une alimentation variée et équilibrée. Ils ont facilité leur convalescence et leur ont permis de garder le moral dans les moments les plus durs. Malgré des obstacles récurrents–dus principalement à des pénuries de matériel, à la destruction des infrastructures et à la mauvaise volonté des pays geôliers–cette aide a pu être menée à bien, du moins sur le théâtre européen.

Beaucoup reste encore à dire. L’aide apportée par la SCCR aux prisonniers alliés, et particulièrement à ceux provenant de la France Libre, n’a été le sujet d’aucune recherche, malgré la disponibilité des sources. Le rôle de la population et des médias dans l’?uvre de la Croix-Rouge a également été sous-évalué et il mériterait d’être reconnu à sa juste valeur. Les liens unissant la Croix-Rouge canadienne aux autres Croix-Rouge alliées demeurent nébuleux, de même que ses relations avec le gouvernement fédéral.

En fait, le rôle de la plupart des organismes humanitaires canadiens durant la Seconde Guerre mondiale a été particulièrement négligé par les historiographes, à quelques exceptions près. Jonathan Vance est l’un des seuls historiens sérieux à avoir apporté un éclairage sur cette dimension de l’histoire militaire. Pourtant, alors que le déroulement– parfois à la minute près–des grandes batailles n’a plus rien de secret, il paraît incongru que les activités de ceux et celles ayant permis la survie de millions d’individus, une fois que les canons se sont tus, demeurent inconnues. Leur travail et leur dévouement ont été, et demeurent cruciaux, durant les conflits, car à leur manière, à défaut de l’avoir enrayée, ils ont su humaniser la pire des calamités.

Retour de la tradition de la mise en berne du drapeau

La Légion a soutenu le retour à l’ancien protocole décrété par le gouvernement conservateur, et on n’abaissera plus les drapeaux à mi-mât sur la Tour de la Paix et les édifices fédéraux chaque fois qu’un membre des Forces canadiennes sera tué en service.

Le gouvernement de Stephen Harper n’a pas fléchi à propos de la décision prise suite à la mort de quatre soldats, survenue au mois d’avril, en Afghanistan du Sud, durant leur patrouille dans un G-Wagen.

La mise en berne du drapeau n’était pas pratique courante avant 2002, quand les drapeaux ont été abaissés en l’honneur de quatre soldats tués lors d’un incident de tir ami alors qu’ils s’entraînaient en Afghanistan. C’étaient les premiers Canadiens tués depuis que le Canada s’est joint à la guerre en Afghanistan.

Le drapeau a aussi été hissé à mi-drisse en l’honneur des trois soldats suivants qui ont été tués par l’ennemi. Toutefois, ce ne fut pas le cas pour le simple soldat Braun Woodfield qui a été tué en patrouille, en novembre, quand son véhicule blindé a fait un tonneau.

La Légion soutient la mise en berne du drapeau sur la Tour de la Paix et les édifices du gouvernement le 11 novembre seulement. Les filiales de la Légion sont libres de hisser leurs propres drapeaux à mi-drisse en l’honneur d’une personne de leur localité qui est morte en service.

Dans une déclaration de la Direction nationale, il était dit que : “La Légion royale canadienne reconnaît la décision du Canada selon laquelle le drapeau national du Canada ne sera pas mis en berne lors de la mort d’un membre des Forces canadiennes. La Légion regrette la politique sélective passée du gouvernement fédéral selon laquelle le drapeau canadien était mis en berne sur les édifices fédéraux à travers le pays lors de la mort de certains membres du personnel des Forces canadiennes mais pas lors de la mort de certains autres. Cette application du protocole du gouvernement concernant le drapeau est discriminatoire. Si le drapeau canadien est hissé à mi-drisse sur les édifices fédéraux en l’honneur de la mort d’un membre des Forces canadiennes, la politique fédérale devrait être de s’assurer que le drapeau soit en berne lors de la mort de tous les membres des Forces canadiennes dont la mort a lieu en service actif.”

Des fleurs embellissent les tombes militaires au Canada

Le terrain a été préparé et maintenant il y a des fleurs qui embellissent des centaines de tombes militaires à travers l’Amérique du Nord. L’Agence canadienne de la Commission des sépultures de guerre du Commonwealth s’efforce depuis les années 1990 d’établir un programme régulier d’horticulture pour ses sites les plus grands. Le projet a pris de la vitesse durant ces dernières années; il y a 49 lots à travers le continent qui se font embellir actuellement, et il y en a d’autres à venir.

L’objet en est de faire ressembler davantage les sites d’enterrement du Canada à ceux des cimetières de la commission en Europe, à Hong Kong et ailleurs, dit Brad Hall, le secrétaire général de l’Agence canadienne. “C’est une progression naturelle de l’entretien des tombes militaires en Amérique du Nord.”

La CSGC, dont le siège social est au Royaume-Uni, supervise la commémoration de 1,7 million de particuliers qui ont perdu la vie en servant dans les forces du Commonwealth aux deux guerres mondiales; 110 000 d’entre eux étaient Canadiens.

Les cimetières militaires de la commission, comme ceux de Tyne Cot en Belgique et Sai Wan à Hong Kong, sont renommés pour leur calme beauté. Beaucoup sont pleins de roses et leur arrangement d’arbres, d’arbustes à pousse basse et de plantes vivaces herbacées en font des emplacements qui ressemblent plus à des jardins qu’à des cimetières.

D’après la CSGC, le concept à la base des cimetières du Commonwealth est “la création d’une association sentimentale entre les jardins de chez nous et les champs étrangers où gisent les soldats”. C’est pour cela que le personnel horticole essaie d’utiliser des plantes qui sont indigènes dans les pays de ses membres. Sur les 710 acres que la CSGC contrôle à travers le monde, plus de 450 font l’objet d’un excellent entretien horticole.

Bien entendu, les cimetières militaires les plus grands sont en France et en Belgique, où une grande partie des combats ont eu lieu. La commission n’a pas de cimetière au Canada. Toutefois, fait remarquer Hall, il y a une chose qu’on oublie souvent. “Il y a plus de tombes canadiennes au Canada qu’en Italie, aux Pays-Bas, en Allemagne et à Hong Kong ensemble. Ici, nous nous occupons des coûts cachés de la guerre, les gars qui sont morts à l’entraînement, qui ont succombé aux maladies, ou qui ont servi outre-mer, y ont été blessés, sont revenus, et puis sont morts durant les années de guerre. Les gens, naturellement, ont tendance à se concentrer sur les cimetières impeccables qui représentent un sacrifice outre-mer visible. Mais il y a aussi de ces gens ici.”

Le nombre de morts caché était élevé. L’Agence canadienne s’occupe de 15 202 tombes militaires à presque 3 300 sites en Amérique du Nord, dans les 10 provinces, au Yukon, et à 47 des 50 états des États-Unis. La plupart des tombes sont soit toutes seules, soit en groupes de deux. “Nous nous occupons de lots qui se trouvent dans des cimetières civils, d’église, communautaires ou privés”, dit Bob Parsons, un inspecteur de l’Agence canadienne qui s’occupe du programme horticole de 195 233 $. Cet ancien officier de l’armée dit en riant, “autrefois, je les écrasais, les fleurs, je n’en faisais pas pousser”.

Jusqu’à ces dernières années, les gens qui visitaient les tombes militaires n’auraient remarqué que bien peu de fleurs, ou peut-être même aucune. “Les tombes militaires d’ici n’étaient pas oubliées”, dit Hall, “mais on n’y mettait pas le même accent.” Les pays d’origine, qui financent le travail de la commission (le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, l’Afrique du Sud et l’Inde) mettent l’accent sur les lieux d’enterrement étrangers. “Tout le monde regardait vers l’extérieur; personne ne regardait vers l’intérieur.”

En effet, le travail de l’Agence canadienne, pendant les quelques premières décennies, était simplement d’aller à la recherche de tombes militaires et d’y mettre une pierre tombale. Au cours des deux dernières décennies, l’agence a assemblé une base de données informatisée sur leur emplacement et d’autres renseignements fondamentaux, y compris leur état. La gestionnaire des documents Johanne Neville s’occupe de cette base de données et des demandes de renseignements du public. En même temps, les cinq ins-pecteurs de l’agence, c’est-à-dire Hall, le sous-secrétaire général Dominique Boulais, Jerry Mayer, Annick Bilodeau et Parsons, essaient de visiter chacune des tombes tous les six ans, que ce soit en Saskatchewan rural ou à St. John’s (T.-N.). Bon nombre des tombes ont été l’objet d’un travail de restauration considérable ou elles le sont actuellement.

Quand Hall était sous-secrétaire général, durant les années 1990 (quand il travaillait avec le secrétaire général d’alors, Dan Wheeldon), il a jeté les assises du programme horticole. Grâce au financement du siège social au Royaume-Uni et à l’addition de deux inspecteurs au petit bureau d’Ottawa, le programme a eu l’occasion de grandir.

“On ne peut pas aboutir à un gros engagement à partir de rien du tout”, dit Hall. “Nous avons un programme progressif qui sert à cibler un certain nombre de cimetières chaque année. Le siège social nous est d’un grand soutien. Je n’ai pas vraiment été obligé d’exercer une pression.” En 2006, l’agence s’occupe de plusieurs emplacements : le cimetière Ross Bay à Victoria, le cimetière Mountain View à Vancouver, le cimetière Brookside à Winnipeg, le cimetière Beechwood à Ottawa et deux lots à St. John’s qui ont 50 tombes militaires.

“Nous finançons trois niveaux de travail horticole”, dit Parsons. Le niveau le plus rudimentaire, pour les tombes individuelles, est celui où l’on donne 30-40 $ par année à quelqu’un pour couper l’herbe et garder la stèle présentable. Le niveau suivant, avec un soin accru, comprend les cimetières plus grands comme celui du Mount Pleasant Group à Toronto. Ces sites nécessitent un entretien plus complexe, mais pas de fleur.

Le troisième niveau, avec embellissement floral, comprend les grands groupements de tombes militaires, qui en contiennent au moins sept ou huit chacun. Il y a actuellement 1 402 tombes qui sont l’objet de ce niveau de soins à travers le Canada. “Nous dépensons à peu près 136 000 $ pour les fleurs, ce qui revient à environ 97 $ par tombe durant l’été. Une grande partie de cela comprend la coupe du gazon”, dit Parsons.

L’agence n’impose pas de fleurs spécifiques, en partie parce que le Canada a des climats si différents, mais c’est aussi une question de créativité. “On traite avec des groupes de gens et des organisations disparates qui ont leurs propres façons de penser”, dit-il. “Il n’y a pas de mal à ça. Nous essayons de faire en sorte qu’ils soient présentables; nous n’essayons pas d’imiter les cimetières de la commission, qui ont des jardiniers dévoués.” Ceci dit, l’utilisation de géraniums rouges dans les cimetières comme Mountain View à Vancouver rappellent en effet, par exemple, le cimetière militaire canadien de Beny-sur-Mer, en France.

On est en train de donner la priorité à d’autres lots dans 70 cimetières canadiens en ce qui concerne le développement dans le cadre du programme horticole, ce qui représente presque un cinquième du budget d’exploitation de l’agence.

Hall dit que l’agence essaie de prendre le chemin le plus facile lorsqu’il s’agit de choisir les sites où travailler, comme les cimetières qui sont déjà embellis du point de vue horticole, ou les collectivités qui sont fortement militarisées. “Finalement, nous nous occuperons de celles qui sont plus compliquées, où il y a davantage de parties intéressées.

Parmi les sites les plus complexes se trouvent ceux où sont enterrés des morts de guerre et des anciens combattants. La commission n’est responsable que des sépultures des morts de guerre. Quant à Anciens combattants Canada, il n’a pas de programme horticole semblable pour les tombes d’anciens combattants. Vu que la plupart des gens ne font pas la distinction entre les deux sortes de tombes, dit Parsons, “nous essayons de ne pas causer des difficultés (à ACC)”. Toutefois, les organisations se sont serré les coudes auparavant, et elles travaillent actuellement avec d’autres groupes pour élargir le Cimetière militaire national dans le cimetière Beechwood à Ottawa.

Le programme horticole a eu un autre avantage, en plus d’embellir et augmenter la dignité des lots d’inhumation des morts de guerre du Canada. Hall dit que l’affichage coloré inspire la curiosité. “Les gens ordinaires qui viennent au cimetière demandent ‘comment se fait-il que ces gars sont différents?’ Cela crée de l’intérêt, cela donne lieu à des questions, et cela suscite ainsi la commémoration.”

Pour obtenir gratuitement un DVD sur le travail de la commission, prendre contact avec l’Agence canadienne, Commission des sépultures de guerre du Commonwealth, au 66, rue Slater, pièce 1707, Ottawa (Ont.), K1A 0P4, ou par téléphone au 1-613-992-3224, ou encore par courriel à cwgc-canada@vac-acc.gc.ca

Des équipes de cribbage surmontent des défis personnels à Prince Albert

Au côté nord des plates étendues des Prairies, à peine à un peu plus d’une heure au nord de Saskatoon, se trouve la filiale Prince Albert, où ont eu lieu les Championnats nationaux de cribbage de la Légion de 2006.

Lors des compétitions du 28 au 30 avril, les joueurs de cartes d’à travers le Canada se sont assemblés pour jouer leurs mains, ramasser les points et découvrir qui sont les meilleurs chez les simples, les doubles et les équipes en 2006. Ce tournoi de fin de semaine qui a duré trois jours était plein de jeux de grande qualité et de batailles exceptionnellement serrées; à la fin, presque toutes les équipes avaient vraiment une possibilité de repartir avec un des titres. Lorsqu’on a arrêté de taper les cartes, et que les Terre-Neuviens Paul Keeping, Wayne Lucas, Lonnie White et David Foote ont arrêté de danser, les points ont été comptés pour révéler que des joueurs de trois divisions différentes avaient non seulement dépassé leurs adversaires, ils avaient surmonté leurs défis particuliers, que ce fut l’âge, la blessure ou la maladie, pour revendiquer leur championnat respectif.

Prince Albert est une ville du genre à toute épreuve, dont la population s’élève à 45 000 et où il n’y a pas moins de six maisons de correction. Mais c’est aussi un endroit intéressant, où la population d’Aborigènes est importante, avec un centre-ville charmant et la gentillesse sans pareille pour laquelle la Saskatchewan est reconnue.

Les épreuves ont commencé le samedi matin après un court défilé autour du terrain de la filiale. Un cornemuseur a dirigé un grand contingent de cadets de l’armée, de dignitaires de la Légion et de joueurs durant la cérémonie. Le président de la Division de la Saskatchewan Frank Simpson et le représentant de la Direction nationale Bob Hannah ont reçu les joueurs avec des discours et leur ont tous souhaité de bonnes cartes et bonne camaraderie.

La compétition des doubles a commencé tout de suite après les cérémonies d’ouverture. Les parties étaient formées de deux manches avec un point pour chaque victoire et un deuxième point si le côté perdant n’atteignait pas 90 points, ce qui s’appelle un ‘skunk’. Un autre point est donné si le côté perdant a un skunk aux deux manches.

La matinée s’est passée dans une confusion de cartes et de chevilles et au dîner, au milieu de la poule, quatre équipes s’étaient séparées de la meute. L’Alberta-Territoires du Nord-Ouest menait avec 8 points, et puis ensuite venaient l’Ontario, le Nouveau-Brunswick et la Colombie-Britannique/Yukon avec 7 points chacun. Durant la session d’après-midi, toutes les équipes se sont maintenues remarquablement près et, lors de la dernière main, il y avait huit équipes dans un écart de trois points qui pouvaient encore obtenir le titre. N’importe qui pouvait remporter la partie.

À la fin, toutefois, la victoire appartint aux forces de l’expérience et de la sagesse, quand le duo de Saint John (N.-B.), Josie et Donna McLellan, inscrivaient une victoire de deux points contre le Québec, ce qui leur donnait le titre avec un total de 13 points. L’équipe de la filiale Jervis Bay Memorial fut dirigée vers la victoire par Josie, une farceuse de 87 ans qui joue au cribbage depuis bien longtemps. Elle attribue son succès à l’habileté de sa partenaire et belle-fille Donna, mais aussi à la réserve de connaissances qu’elle a accumulées au fil du temps.

“Je sais qu’il faut avoir les cartes, bien sûr, mais il faut quand même savoir jouer”, dit l’octogénaire alerte qui était on ne peut plus heureuse de penser à l’impact que sa victoire aurait chez elle, à la filiale Jervis Bay Memorial. “Ils vont être surpris. Il y en a beaucoup qui pensaient que je suis trop vieille rien que pour venir ici. Mais je suis heureuse maintenant.”

L’équipe de l’Île-du-Prince-Édouard formée par Wayne et Juanita Millar, de la filiale Ellerslie, est arrivée en deuxième place avec 12 points alors que Gerard et Winnifred Wilson, de la filiale Peachland (C.-B./Yukon) a obtenu la troisième place, avec 12 points également.

La compétition des simples a commencé tard le samedi après-midi et elle était tout aussi serrée que celle des doubles. Au milieu de la poule, l’affable Ken Fulmek de l’Alberta/T. N.-O. était en première position, ce à quoi il est habitué car il était dans l’équipe des doubles qui menait aussi au milieu de la session du matin.

Mais cette fois-ci, grâce à de bonnes cartes et beaucoup de savoir faire, Fulmek a inscrit un total de 16 points, ce qui lui a permis de tenir à l’écart Samuel Faruci du Manitoba/Nord-Ouest de l’Ontario et Fred Maniak de la filiale Comox (C.-B.).

Durant la dernière partie, Maniak a remporté une des deux manches, arrivant presque à battre le champion, et Fulmek l’autre. Vu que Maniak n’avait que deux points de retard au début du match, une grosse victoire aurait donné une tout autre issue au tournoi.

Fulmek, qui joue pour la filiale North Calgary, était particulièrement fier de sa victoire, vu ce qu’il a dû surmonter. En 1981, suite à un accident de motocyclette, il a passé deux ans inconscient et huit ans à l’hôpital. Il a été prononcé mort pas moins de deux fois, a subi 85 opérations et a passé 10 ans dans un fauteuil roulant. Maintenant, bien qu’il marche en boitant, ce gars chanceux s’est concentré énormément sur les cartes.

“J’adore les cartes parce qu’elles me tiennent compagnie, elles sont ma deuxième vie”, dit Fulmek, qui prétend que sa relation spéciale avec les cartes est la raison d’être de la bonne chance dont il a l’habitude. “Je parle à mes cartes et elles me répondent. Je suis diablement fier d’avoir gagné.”

Faruci a fini par obtenir la deuxième place avec 14 points (la quatrième fois qu’il obtient la deuxième place chez les simples au cribbage national), alors que Maniak, avec 14 points aussi mais ayant perdu la partie contre Faruci, est arrivé en troisième place.

À la fin de la longue journée de jeux, le samedi, les compétiteurs, les membres de la filiale et les dignitaires de la Légion se sont rassemblés à un souper et une soirée dansante.

La compétition des équipes qu’on attendait impatiemment, où les équipes de quatre se mettaient en garde pour voir quelle division était la plus forte, commença dimanche matin. Chaque équipe était divisée en sections de deux joueurs : A et B.

L’équipe de la Nouvelle-Écosse/ Nunavut a pris les devants au début de la journée, et elle a maintenu sa position jusqu’au dîner. Pour une équipe formée par des joueurs qui ont réussi à obtenir la dernière place chez les simples et chez les doubles le samedi, c’était une très bonne performance.

Durant l’après-midi, il était clair que la N.-É./Nun. n’avait pas l’intention de se laisser dépasser facilement et, à la dernière partie c’était l’impasse entre les joueurs de la côte est et l’équipe de Grand Bend (Ont.). À cause d’un caprice du destin, toutefois, les deux côtés de la N.É./Nun. ont été blanchis à la dernière partie, ce qui a donné une victoire d’un point à l’équipe de l’Ontario formée par Dwight Jennison, Ron Crown, Carl Vincent et Edward Geisel. Après une belle entre la N.-É./Nun., le Manitoba-Nord-Ouest de l’Ontario et l’Alberta-Territoires du Nord-Ouest, qui étaient ex-aequo avec 24 points, l’escouade de Winnipeg obtenait la deuxième place et celle de la N.-É./Nun. obtenait la troisième.

L’équipe de la filiale Grand Bend a quelque peu surpris quand elle a gagné car, dimanche matin, Carl Vincent se sentait trop mal pour jouer. Heureusement que les règles tiennent compte de ce genre de circonstances et on a permit à un remplaçant de la filiale, Sam Hurford, de jouer pour l’équipe de l’Ontario. D’après Crown, l’ajout d’un joueur inconnu à la dernière minute n’a pas vraiment diminué leurs chances.

“On joue simplement les cartes qu’on a, il n’y a rien d’autre qui compte. Quand on obtient les bonnes cartes, on gagne”, dit Crown, qui pensait que la nouvelle de leur victoire remonterait le moral de leur coéquipier. “On va lui dire qu’on a gagné et peut-être qu’il va commencer à mieux se sentir.”

Quant à Hurford, un vétéran de la guerre de Corée qui joue au cribbage depuis 1952, il était simplement heureux que l’équipe l’ait accepté si vite; et il était encore plus heureux d’être champion national.

Une fois que les gagnants du tournoi ont été décidés, il ne restait qu’à profiter des généreuses cérémonies de fermeture. Beaucoup de camaraderie et la bonne humeur évidentes, surtout parmi les Terre-Neuviens, il était clair que tous les joueurs s’étaient immensément amusés durant la manifestation.

“Les sports à ce niveau-ci sont importants, parce que notre effectif respire la santé grâce aux sports, vraiment. Je sais que c’est en train de devenir plutôt difficile pour la Direction nationale de soutenir ce programme de sports, mais c’en vaut la peine”, dit Hannah, président sortant de la Division de l’Alberta et membre du Comité national des sports depuis 2004.

Simpson est d’accord que les manifestations sportives comme le cribbage et les fléchettes ont des récompenses distinctes. “Pour la filiale hôtesse elle-même, sans même penser au côté financier, c’est une occasion de s’engager un petit peu plus aux activités de la Légion; quand on fait quelque chose de cette ampleur, on peut faire appel à des bénévoles qui autrement n’auraient pas travaillé pour la filiale.”

Toutefois, Simpson croit aussi que les difficultés aux adhésions et aux finances dans toute la Légion vont exiger qu’on fasse quelques modifications à la manière dont les programmes des sports sont financés. La solution, dit Simpson, c’est de commencer à demander des frais d’inscription aux divers niveaux de compétition. De cette façon-là, les membres dans leur ensemble ne seraient pas obligés de payer une augmentation des frais d’adhésion pour soutenir un programme dont tout le monde ne profite pas.

“L’idée de camaraderie, ont ne peut pas y mettre un prix, mais il y a des gens qui disent que nous sommes en train d’offrir des vacances gratuites à ces joueurs”, dit Simpson. “J’ai participé aux programmes des sports et je crois que les participants devraient presque en faire un programme autosuffisant. Si les participants désirent continuer dans les sports nationaux, il faudra qu’ils puissent dire ‘nous allons y mettre de l’argent’.”

D’après le président du comité des préparatifs locaux Bill Demerais, l’obtention des fonds a certainement été un combat continu, mais pas insurmontable si l’on accepte de se démener un peu et de travailler dur. Demerais a toutefois quelques conseils à donner aux présidents des CPL à venir.

“Une des premières choses que j’ai faites a été de prendre contact avec des filiales qui ont déjà été hôtesses de sports nationaux, d’écouter leurs idées et ce qu’ils pensent à propos de leurs succès et leur échecs. Mais il faut aussi prendre contact avec (le secrétaire du comité des sports) à la Direction nationale; après ça, on sait qu’on est sur la bonne voie. Et faites en sorte d’avoir un bon réseau de membres du CPL. Et il faut que vous puissiez accepter les critiques et faire des critiques. Et puis soyez prêt à y passer de nombreuses heures.”

En fin de compte, tout ce travail a valu la peine car la fin de semaine s’est passée sans anicroche. Tous les gagnants des trois épreuves ont surmonté des difficultés, l’âge, la blessure et l’étrangeté, pour obtenir leur victoire alors que les autres participants jouaient dans la bonne humeur. On ne pouvait pas vraiment demander mieux.

Résultats

Équipes : Ont. (fil. Grand Bend), 25; Man./N.-O. O. (fil. James de Winnipeg), 24; N.-É./Nunavut (fil. Kings de Kentville), 24; Alberta-T. N.-O. (fil. North Calgary), 24; Sask. (fil. Robert Combe VC de Melville), 22; Qc (fil. LaSalle), 21; N.-B. (fil. Jervis Bay Memorial de Saint John), 20; Î.-P.-É. (fil. Ellerslie), 16; C.-B./Yukon (fil. Nanaimo), 16; T.-N.-Lab. (fil. Stephenville), 15;

Doubles: N.-B., Josie et Donna McLellan (fil. Jervis Bay Memorial), 13; Î.-P.-É., Wayne et Juanita Millar (fil. Ellerslie), 12; C.-B./Yukon, Gerard et Winnifred Wilson (fil. Peachland), 12; Ont., Ron Crown, Dwight Jennison (fil. Grand Bend); Alberta-T. N.-O., Ken Fulmek, Stan Litwack (fil. North Calgary), 11; Man./N.-O. O., Sam Faruci, Vicki Bilecki (fil. St. James); T.-N.-Lab., Wayne Lucas, Lonnie White (fil. Stephenville), 10; Qc, Maureen Lynch, Kevin Shepherd (fil. LaSalle), 9; Sask., Pat Daly, Ken Campbell (fil. Nipawin), 6; N.-É./Nunavut, Don et Shirley Taggart (fil. Kings), 5.

Simples : Ken Fulmek (fil. North Calgary), 16; Samuel Faruci (fil. St. James), 15; Fred Maniak (fil. Comox), 15; Robert McLellan (fil. Jervis Bay Memorial), 13; Ken Campbell (fil. Carrot River (Sask.)) et Brian Dennis (fil. Ellerslie), 12; Paul Keeping (fil. Stephenville), 11; Edward Geisel (fil. Grand Bend Br. (Ont.)), 6; Maureen Lynch (fil. LaSalle (Qc))., 5; et Henry Graves (fil. Kings (N.-É./ Nunavut)), 4.

L’équipe de Terre-Neuve gagne le championnat de fléchettes lors d’un barrage

Aux Championnats nationaux de fléchettes de 2006 qui ont eu lieu à Medicine Hat (Alb.) du 19 au 21 mai, la grande précision des tirs a empêché les spectateurs de deviner qui allait gagner et donné lieu à un barrage chez les équipes.

Dix équipes représentant les 10 divisions se sont assemblées dans cette ville douillette de 45 000 habitants, à 220 kilomètres à l’est de Calgary. La ville est surnommée la ville du gaz à cause de l’abondance de gaz naturel qu’il y a dans la région.

Les joueurs se sont assemblés pour la première fois à une réception qui avait lieu à la filiale Robertson Memorial, la filiale hôtesse. Le vice-président du Comité national des sports, Norm Shelton et le président du comité des préparatifs locaux, Mike Dunn, qui est aussi un ancien président de la filiale, ont souhaité au groupe la bienvenue à Medicine Hat et aux joueurs une bonne fin de semaine de compétition. Parmi les gens qui jouaient se trouvait le président de la Division de l’Île-du-Prince-Édouard Jack MacEachern, un membre de l’équipe de la filiale Charlottetown. L’aumônier Ron Macdonald a souhaité une bonne partie aux joueurs et “que tous vos lancers soient justes”.

L’esprit de compétition était en évidence même lors de la compétition de fléchettes aveugle et informelle qui a eu lieu vendredi soir, durant laquelle les équipes sont formées en pigeant les noms au hasard.

La vraie compétition a commencé par le championnat des doubles, samedi matin. Les fléchettes à la Légion sont jouées en format de poule, où chaque partie est divisée en trois manches qui donnent un point chacune. Le score est compté à rebours à partir de 701 chez les équipes, de 501 chez les doubles et de 301 chez les simples. Les compétiteurs doivent obtenir, à chacune des trois manches, un double pour commencer et un autre, exact, pour gagner.

Le coordinateur des épreuves Bill Hatter a rappelé aux joueurs que les scores rapportés étaient définitifs. Toute dispute devait être réglée avant de rapporter le score.

La première partie, à laquelle cinq équipes ont obtenu deux points chacune, promettait un jeu passionnant. Les joueurs du Québec qui ont gagné l’an dernier étaient de retour pour défendre leur titre de 2005 à cette compétition nationale que bon nombre de joueurs connaissaient déjà.

À la deuxième partie, Terre-Neuve-et-Labrador, l’Alberta/Territoires du Nord-Ouest et la Colombie-Britannique/Yukon ont obtenu trois autres points, ce qui leur en donnait cinq chacune.

Les yeux se sont alors tournés vers les Terre-Neuviens Rod Tobin et Wally Brennan de la filiale St. John’s et le duo du Québec, Carol Brossard et Claude Séguin, de la filiale Terrebonne Heights de Mascouche Heights. À la 9e et dernière partie, le point central était le match entre Terre-Neuve et Québec. Les gens de l’Est ont gagné 2-1, ce qui leur donnait l’égalité avec le Québec à 18 points, mais ils se sont tous faits dépasser par le duo de la Colombie-Britannique, Dale O’Brien et Gilbert Guindon de la filiale Cranbrook, qui avaient battu le Manitoba/Nord-Ouest de l’Ontario et obtenu 19 points et donc le championnat des doubles.

“Gagner à notre premier tournoi national, c’est époustouflant”, dit Guindon. “Je suis content d’être venu en Alberta. C’est ici où se trouvent les meilleurs joueurs”, dit-il.

Guindon, qui est dans l’industrie forestière, a beaucoup voyagé à cause du travail. Installé à Cranbrook actuellement, il a aussi vécu à Vancouver et à Calgary. Il a trouvé un poste stable à une scierie de Cranbrook. “On fait surtout des deux pouces par deux pouces, des deux par quatre et des deux par six”, dit-il. “Ce genre de travail est vraiment à valeur ajoutée.”

“On savait qu’on allait avoir du pain sur la planche. La compétition était excellente, surtout le Québec et Terre-Neuve”, dit Guindon, âgé de 34 ans. “La compétition ne peut qu’être dure. Au niveau national, le nombre de gens parmi qui choisir est plus élevé.”

Guindon s’est inscrit à la Légion pour la première fois à Revelstoke. “Les fléchettes ont toujours été importantes. Il y a toujours plein de tournois partout en Colombie-Britannique”, dit-il. Il a toujours aimé jouer aux fléchettes. Il a participé à son premier tournoi en 1997. Il a rencontré Dale O’Brien quand il a déménagé à la filiale Cranbrook. “Il m’a convaincu que nous pourrions faire un duo et prendre les fléchettes de la Légion au sérieux”, dit-il.

Quant à O’Brien, il adore simplement la compétition. “Les meilleurs joueurs de fléchettes de partout au Canada viennent à la Légion. Il n’y a pas de fainéant ici”, dit-il. “Ça fait 16 ou 18 ans que je joue au niveau des équipes. J’ai rencontré Gilbert en 1995, quand il est venu à Cranbrook, en Colombie-Britannique, pour la première fois. On s’est mis à jouer en double.”

L’ancien membre du Royal 22e Régiment dit que “on jouait aux tournois locaux. Ça fait vraiment plaisir de remporter le trophée ici à Medicine Hat”.

Les jeux des simples ont eu lieu par la suite. Une fois encore, il n’y avait pas de joueur qui se séparait du peloton. Dion LaViolette, de la filiale Lower Sackville de la Nouvelle-Écosse, a battu Martin Tremblay de la filiale québécoise Terrebonne Heights. LaViolette avait 20 points, alors que Frank Cudmore de la filiale Charlottetown de l’Île-du-Prince-Édouard, est arrivé en deuxième place avec 19 et le Québécois Tremblay, en troisième avec 17.

Il s’agissait du premier titre national pour LaViolette. “Je sais que tous les joueurs ici sont exceptionnels et que le tournoi aurait pu être gagné par n’importe lequel d’entre eux.”

LaViolette a commencé à jouer dans les compétitions, il y a environ trois ans, à la filiale Bedford de la Nouvelle-Écosse. Le grand tournoi de cette région porte le nom de Harvest Championships (championnats de la moisson). C’est là qu’il a rencontré les légionnaires qui allaient devenir ses coéquipiers et ils ont continué à jouer à la filiale.

“Je ne m’occupe pas vraiment des points inscrits au tableau d’affichage. Quand on joue à ce niveau, chaque lancer compte”, dit-il.

Les jeux des équipes ont prouvé que la concentration des joueurs ne s’était pas affaiblie malgré les festivités lors du banquet et de la danse du samedi soir. Les jeux ont repris dimanche après un autre déjeuner de bûcheron servi par les DA de Robertson Memorial.

L’équipe de la filiale St. John’s (T.-N.) formée par Wally Brennan, Rod Tobin, Kevin Pike et James Croke fils était en vedette avec 18 points au bout de huit parties, alors que celle de l’équipe québécoise archi-rivale formée par Carol Brossard, Jean Filiatrault, Claude Séguin et Martin Tremblay était ex-aequo à 17 avec Freddie MacKinnon, Thomas Vaughn, Richard Kirkpatrick et Jeffry Smith du Nouveau-Brunswick. L’équipe de l’Alberta/Territoires du Nord-Ouest comprenait la seule femme du tournoi, Crystal Reid de la filiale Grimshaw.

À la neuvième partie, la tension était palpable alors que les Québécois et les Terre-Neuviens se mettaient en garde. Le Québec gagna deux à un, ce qui amenait les deux équipes à égalité avec 19 points chacune. Entre-temps, le Nouveau-Brunswick a obtenu un point à la neuvième partie, terminant avec 18 points et à égalité pour la troisième place avec la Nouvelle-Écosse/Nunavut.

Les barrages ont eu lieu immédiatement, et Terre-Neuve-et-Labrador a emporté le titre alors que les Québécois, les champions de 2005, ont dû se contenter de la deuxième place.

“On a eu une très bonne journée”, dit Kevin Pike d’un air exubérant. Il était tout spécialement reconnaissant à la filiale St. John’s de tout ce qu’elle a fait pour permettre à l’équipe de se rendre au tournoi. “Cette victoire est en l’honneur de la filiale numéro un”, dit-il.

La filiale St. John’s est dans l’embarras en ce qui concerne l’adhésion depuis plusieurs années. Les membres de l’équipe se connaissaient tous grâce à d’autres compétitions à travers la ville. “On s’est inscrits à la filiale pour jouer aux fléchettes de la Légion”, dit-il.

Il y a eu une entorse à l’habitude des banquet et présentation des prix du dimanche soir. Le banquet a eu lieu samedi soir. Les prix ont été remis, dimanche après-midi, à l’occasion d’une cérémonie de fermeture après la fin des compétitions.

Résultats

Équipes : T.-N.-et-Lab. (fil. St. John’s), gagnant du barrage, et Qc (fil. Terrebonne Heights de Mascouche Heights), 19; N.-É./Nun. (fil. MacDonald Memorial de Lakeside) et N.-B. (fil. Carleton de Saint John), 18; C.-B./Yukon (fil. Chilliwack), 15; Ont. (fil. Everett), 14; Alb./T.N.-O. (fil. Grimshaw), 11; Man./ N.-O. O. (fil. St. James de Winnipeg) et Î.-P.-É. (fil. Charlottetown), 8; Sask.(fil. Moose Jaw), 5.

Doubles: C.-B./Yukon (Dale O’Brien, Gilbert Guindon, fil. Cranbrook), 19; T.-N.-et-Lab. (Wally Brennan et Rod Tobin, fil. St. John’s) et Qc (Carol Brossard, Claude Séguin, fil. Terrebonne Heights), 18; Man./N.-O. O. et (Ryan Tkak, Roy Loe, fil. St. James), 16; Alb./T.N.-O. (Daryl Osmond, Darcy Szmata, fil. Grimshaw), 15; N.-É./Nun. (Darren Baily, D.J. Smith, fil. MacDonald Memorial) et Ont. (Hugh Linton, Keith Warling, fil. Everett), 11; N.-B. (Keith Way, Kerry Way, fil. Oromocto), 10; Î.-P.-É. (Rodney MacKinnon, Jack MacEachern), 9; Sask. (Etien Marten, Guy Gilbert), 8.

Simples : N.-É./Nun. (Dion LaViolette, fil. Lower Sackville), 20; Î.-P.-É. (Frank Cudmore, fil. Charlottetown), 19; Qc (Martin Tremblay, fil. Terrebonne Heights), 17; Alb./T. N.-O. (Crystal Reid, fil. Grimshaw) et Ont. (Chris Ruby, fil. Metropolitan de Windsor) et C.-B./ Yukon (John Markham, fil. Surrey), 15; T.-N.-et-Lab. (James Croke fils, fil. St. John’s), 12; N.-B. (Frank Ford, fil. Oromocto), 9; Man./N.-O. O. (Perry Burton, fil. Flin Flon) et Sask. (Bill Cragg, fil. Meadow Lake), 8.

À votre service – Publication du manuel des questions sur logement des aînés le

La Légion royale canadienne a débuté une étude de 24 mois sur les questions du logement dans le contexte des besoins des anciens combattants et des aînés le 5 octobre 2001. Cette entreprise comprenait des séances d’information pour diverses parties intéressées. Mené de la part d’Anciens combattants Canada, les Examen et détermination de questions de logement pour les anciens combattants et les aînés offrent des aperçus sur les soucis concernant le logement qu’ont les personnes âgées du Canada et offrent des recommandations de politique ayant pour but de résoudre partiellement certains de ces problèmes. L’étude a été faite grâce à des fonds que le gouvernement du Canada a donnés par l’entremise d’un octroi de Patrimoine Canada dans le cadre de l’Initiative sur le secteur bénévole.

Une des recommandations à laquelle cette étude a donné lieu était de préparer un manuel de la Légion sur le logement qui servirait à formuler un processus de “diligence raisonnable” et qu’utili-seraient les directions divisionnaires et celles des filiales. En septembre 2004, le Centre d’excellence de la Légion pour le logement d’aînés lançait quelques recherches et consultait des parties intéressées pour préparer un plan d’action afin de créer un tel livret.

Avec la participation régulière des directions divisionnaires, un brouillon de manuel était préparé et remis à la Direction nationale qui allait le réviser, l’éditer et le faire imprimer. Grâce à l’assistance financière d’ACC, la Direction nationale a publié un Manuel du développement des biens immeubles qui est dorénavant disponible sur demande et qu’on peut voir au site de la toile de la Légion à www.legion.ca

Le manuel a été dévoilé le 15 mars dans la salle Vimy de l’édifice Daniel J. MacDonald à Charlottetown. La présidente nationale Mary Ann Burdett a présenté le manuel au sous-ministre adjoint des Services aux anciens combattants d’ACC Brian Ferguson, ainsi qu’une affiche souvenir intitulée Développement des biens réels, qui sert à souligner l’engagement de la Légion pour offrir un logement abordable aux aînés et aux anciens combattants. Le premier vice-président national Jack Frost et le conseiller du Centre d’excellence pour le logement David MacDonald étaient aussi présents.

À votre service est écrit par des agents des services du Bureau national des services.

Explication de certains détails de la charte

Après six ans de développement et une année de formation intense du personnel, la nouvelle Charte de l’ancien combattant a été mise en vigueur le 1er avril 2006. Lors d’une séance d’information technique en avril, le personnel senior d’Anciens combattants Canada a expliqué les détails de la Loi sur les mesures de réinsertion et d’indemnisation des militaires et vétérans des Forces canadiennes.

La présidente nationale Mary Ann Burdett et le directeur du Bureau des services Pierre Allard y assistaient. Burdett a remarqué que le personnel d’ACC semblait très bien s’occuper de la mise en vigueur mémorable. “On ne peut trop se préparer, mais ils étaient prêts.”

Il y a eu plus de 25 000 jours de formation du personnel jusqu’à maintenant. Avec les nouveaux services comme le programme de placement, la réinsertion et les avantages aux anciens combattants et à leur famille, Anciens combattants Canada s’éloigne de l’approche unidimensionnelle selon laquelle on donnait une pension mensuelle pour l’invalidité encourue durant le service.

Darragh Mogan, le directeur exécutif du Groupe de travail sur la modernisation des services et des programmes d’ACC remarquait que “Nous sommes plutôt sûrs qu’à long terme les programmes de mieux-être (de la charte) vont nous permettre de moins dépenser en pensions d’invalidité. Certains ont parlé de ceci en tant que mesure de réduction des coûts. Ça ne l’est pas du tout. C’est une mesure servant à mieux dépenser.” Au cours des premiers six ans, ACC s’attend à dépenser 1 milliard de dollars pour les programmes de la nouvelle charte.

Bryson Guptill, le directeur général de la division de la politique des programmes et services, insiste que la charte a une approche à double indemnité. L’ancienne pension d’invalidité a été remplacée par un versement immédiat non imposable qui peut s’élever jusqu’à 250 000 $, et “qui permet aux gens d’être payés pour la douleur et la souffrance résultant de leur invalidité. L’autre aspect […] est un versement pour le manque à gagner.”

Ce montant mensuel s’élève à 75 pour cent du revenu que le membre des Forces canadiennes obtenait, pendant que l’ancien combattant participe à un programme de réinsertion. Ceux qui terminent le programme avec succès mais qui sont incapables de trouver un emploi pourraient être admissibles au soutien du revenu. Pour ceux qui sont gravement invalides, le paiement mensuel continue jusqu’à ce qu’ils aient 65 ans, avec d’autres avantages par la suite pour ceux qui en auront besoin.

Certains anciens combattants modernes critiquent la charte, disant qu’elle offre moins d’avantages que l’ancien système. Guptill répond que “leur caractérisation donne à penser qu’il faudrait choisir (le versement unique ou le versement mensuel). D’après la nouvelle façon de faire, nous offrons les deux”. De plus, dit-il, “la caractéristique la plus importante de la nouvelle Charte des anciens combattants est un assortiment complet de programmes de réinsertion”. Ces derniers comprennent la gestion de cas personnalisée, l’assistance de placement, et les interventions médicales et psychosociales.

Ce qui est le plus important, c’est que l’assistance de placement basée sur le modèle du ministère de la défense britannique va être disponible à tous les vétérans des Forces canadiennes. “Il y a une composante de formation de recherche d’emploi, l’orientation professionnelle et, comme le modèle britannique, il va y avoir une société qui va travailler avec l’ancien combattant pour l’aider à trouver un emploi.”

La directrice des services et de la mise en oeuvre nationale Diane Huard donne un exemple pour qu’on puisse comparer l’ancien système avec le nouveau. Marc, un officier marinier qui a un diplôme d’école secondaire et un salaire de 4 370 $ par mois, est réformé pour cause de santé car il souffre du syndrome de stress post-traumatique relié au service. Il a été dans les Forces pendant neuf ans et son incapacité permanente est évaluée comme étant totale, avec un niveau d’invalidité de 80 pour cent. Il ne peut pas travailler.

Avant le 1er avril, Marc aurait reçu une pension d’invalidité de 2 240 $ par mois et 1 040 $ pour invalidité de longue durée du Régime d’assurance-revenu militaire (ILD du RARM), et puis il aurait été couvert pour la réadaptation professionnelle et la santé familiale jusqu’à l’âge de 65 ans.

D’après la charte, il reçoit immédiatement un octroi d’invalidité de 200 000 $ (80 pour cent de 250 000 $), 3 280 $ par mois en versements de manque à gagner (par l’entremise de l’ILD RARM) jusqu’à l’âge de 65 ans, une prestation de retraite supplémentaire de 26 750 $ à son 65e anniversaire, une allocation d’altération permanente à vie de 1 000 $ par mois, et il a accès aux programmes de mieux-être, y compris l’assistance professionnelle pour son épouse et des avantages de santé familiaux à vie.

Mogan fait remarquer que la charte offre une meilleure position financière pour les anciens combattants gravement invalides, ainsi que la réinsertion. Pour ceux dont l’invalidité est mineure, il dit que les programmes de mieux-être offrent une meilleure qualité de vie. “Je dirais qu’au bout du compte ils iront mieux même s’ils n’obtiennent pas autant d’argent.”

Si l’invalidité d’un ancien combattant devait empirer, Guptill dit qu’il peut profiter des programmes de mieux-être n’importe quand. “Il n’y a pas de limite de temps dans notre législation.”

La charte sera toujours un document vivant, selon ce que dit le personnel d’ACC, et il va certainement y avoir des changements pour le mieux. La Légion s’est déjà penchée sur plusieurs secteurs qu’il faudra peut-être peaufiner. De dire Allard, “la mise en vigueur (de la charte) a été réussie. Toutefois, il y a des choses dont on doit s’occuper, comme la déclaration des droits de l’ancien combattant”.

Il remarque que les premières versions du projet de loi d’ACC ressemblaient plutôt à une liste de buts de prestation de services. Le ministère y promet de “offrir des avantages et services exemplaires centrés sur le client” et de, entre autres, écouter attentivement et traiter les demandes d’avantages à temps. Toutefois, “ce n’est pas vraiment une déclaration des droits”, dit Allard.

La Légion voudrait voir d’autres articles spécifiques, comme s’assurer que l’accès aux soins physiques et mentaux soit accordé aux anciens combattants et à leur famille selon les besoins, et s’assurer qu’ils aient accès en priorité aux soins de longue durée. Il dit que la charte n’offre pas cette dernière chose. “Et qu’en est-il de l’ancien combattant moderne? Il se pourrait que certains aient des besoins spéciaux pour se rendre aux institutions de soins de longue durée.”

Également, la Légion préconise que l’accès prioritaire aux lits dans les 17 grandes institutions à travers le Canada soit préservé pour ceux qui souffrent d’invalidité reliée à la santé mentale, comme les traumatismes liés au stress opérationnel. Allard dit qu’il faudrait améliorer cette partie.

Quant à la mise en place proposée par le gouvernement d’un ombudsman des anciens combattants, la Légion a modifié sa position quelque peu. Bien que l’organisation croit encore qu’un ombudsman ne devrait pas avoir de rôle à jouer dans la partie des octrois d’invalidité de la charte, Allard remarque qu’un tel rôle pourrait être utile pour les programmes qui comprennent un “processus de décisions administratives, comme ceux de réinsertion ou de placement”.

La Légion a l’intention de continuer à surveiller le progrès de la charte et de préconiser des améliorations. En règle générale, toutefois, l’organisation maintient que c’est un “premier pas positif pour répondre aux besoins spécifiques des anciens combattants modernes”.

La nouvelle Charte des anciens combattants est mise en vigueur avec roulements de tambour

Le 39e Parlement a eu un départ allègre grâce à la nouvelle Charte des anciens combattants qui est entrée en vigueur le 1er avril.

Le Premier ministre Stephen Harper, le ministre des Anciens combattants Greg Thompson et le général et chef d’état-major de la défense Rick Hillier ont reçu un groupe d’anciens combattants, de membres des Forces canadiennes en service et de leaders des principales organisations d’anciens combattants dans la fameuse salle de lecture de la Colline parlementaire, le 6 avril, en l’honneur de l’occasion historique. Parmi les gens qui y assistaient se trouvait la présidente nationale Mary Ann Burdett.

Harper, parlant aux anciens combattants, dit que “vu que de braves hommes et femmes comme vous ont défendu le Canada ici et à l’étranger, notre gouvernement s’engage à vous soutenir aujourd’hui en allant de l’avant avec la nouvelle Charte des anciens combattants. La charte va offrir des degrés de soutien complets aux hommes et aux femmes qui sont blessés ou qui deviennent invalides en servant le Canada. À l’avenir, quand les hommes et femmes de nos services quitteront notre famille militaire, ils n’auront pas à s’inquiéter que le gouvernement ne les aide pas, eux et leur famille, durant leur transition à la vie civile.

La Loi sur les mesures de réinsertion et d’indemnisation des militaires et vétérans des Forces canadiennes a été présentée par l’ancien gouvernement libéral l’an dernier et a été soutenue par tous les partis à la Chambre des communes et au Sénat. Elle a obtenu la sanction royale en mai cette année-là.

La nouvelle charte, inspirée par la législation votée pour les vétérans de la Seconde Guerre mondiale lors de leur retour, vise les gens qui servent dans les Forces canadiennes, où l’âge moyen de la retraite est de 36 ans. Les ensembles de mieux-être qu’elle contient comprennent : la gestion de cas personnalisée; la réinsertion; les avantages financiers; l’assu-rance-santé de groupe; l’assistance placement; un montant forfaitaire comme compensation d’invalidité ainsi que d’autres allocations; et le soutien aux familles.

“Tous les Canadiens sont devenus sérieux lors des événements récents en Afghanistan et autour du monde où les hommes et femmes de nos services sont en danger”, dit Thompson. “Pour les braves membres des Forces canadiennes, la transition de la vie militaire à la vie civile n’est jamais facile et quand on se trouve dans une zone très dangereuse comme l’Afghanistan, la transition peut avoir lieu à l’improviste dans des conditions que la plupart d’entre nous ne peuvent pas comprendre du tout.

Thompson dit qu’aux endroits de plus en plus dangereux où les Canadiens servent, la vie d’un soldat peut changer à n’importe quel moment, et c’est le cas aussi pour ceux qui restent au foyer. “Nous devons nous engager envers leur famille tout autant qu’ils le font envers notre pays. Un jeune membre des Forces canadiennes ne doit pas s’inquiéter que personne ne va s’occuper de sa famille.”

Anciens combattants Canada annonce que le nouvel ensemble d’avantages est une occasion avec la sécurité.

La nouvelle charte offre un montant forfaitaire pouvant aller jusqu’à 250 000 $, dépendant de l’importance de l’invalidité. Un ancien combattant invalide peut également recevoir jusqu’à 75 pour cent de son salaire durant la transition à la vie civile. “En tant qu’ancien planificateur d’investissement, je vous assure que ce n’est pas insignifiant et que c’est un excellent départ vers un avenir indépendant”, dit Thompson.

Hillier aussi a louangé la nouvelle charte. À propos des gens qui se sont portés volontaires pour le service, Hillier dit que “leur famille n’est pas volontaire et elle se joint à la famille militaire tôt dans la vie, avant de vraiment comprendre la profondeur de son engagement et de son sacrifice potentiel, et elle aussi souffre. Il faut donc la soutenir.”

Il a louangé tout spécialement le travail d’Anciens combattants Canada, “le leadership (du sous-ministre) Jack Stagg durant le développement et la mise en application de cette charte en un temps record a été vraiment incroyable”.

Harper a aussi indiqué que d’autres initiatives d’anciens combattants sont en marche. “Cette charte n’est que la première des choses qui vont servir à donner aux anciens combattants canadiens le respect et l’appui qu’ils méritent. Durant les mois à venir, le ministre Thompson et le gouvernement vont faire en sorte qu’une déclaration des droits de l’ancien combattant soit mise en application pour renforcer davantage notre capacité de répondre rapidement et justement aux soucis des anciens combattants. De plus, nous allons aussi faire le nécessaire pour établir un ombudsman des anciens combattants qui aura la responsabilité de résoudre les griefs des anciens combattants à propos du système.”

Burdett nous dit que la Légion s’engage envers la nouvelle charte et qu’elle la voit comme la fondation des améliorations à venir.

Justice atermoyée

Pour l’ancien combattant naval Donald Wannamaker, le jour de la fête du Travail de cette année a vraiment été une cause de tourment.

C’est le 1er mai que ce vétéran des Forces canadiennes âgé de 74 ans a reçu la nouvelle, que lui donnaient ses avocats Jewitt-Morrison & Associates d’Ottawa, que sa bataille de 17 ans en vue d’obtenir une pension d’Anciens combattants Canada venait de s’allonger, et devenir plus dispendieuse.

Un mois auparavant, Wannamaker exultait quand un juge de la Cour fédérale non seulement ordonnait au Tribunal des anciens combattants (révisions et appels) de revoir sa demande pour blessures au dos, et rejetait les arguments du tribunal comme étant “manifestement déraisonnable” et contraire à l’esprit de la législation qui donne le bénéfice du doute à l’ancien combattant. Le tribunal, un organisme indépendant quasi- judiciaire, a été créé par une loi du Parlement en 1995 pour servir de possibilité d’appel aux demandeurs qui ne sont pas satisfaits des décisions d’ACC.

Le cas de Wannamaker est le deuxiè-me en quelques semaines où la cour a jugé que le TAC(RA) avait “commis une erreur de droit” et a abrogé sa décision, laquelle devait être revue par une autre formation de membres. Dans l’autre, l’ancien combattant manitobain Larry W. Nelson, âgé de 56 ans, demandait une indemnité pour une perte d’ouïe qu’il attribue à ses années dans l’infanterie.

Le directeur général du TAC(RA) Dale Sharkey dit que le tribunal “ne peut pas discuter (de ces cas) du tout” pendant qu’ils suivent la voie judiciaire. Toutefois, la prise de position du tribunal s’est clairement faite quand, le 1er mai, le dernier des 30 jours auxquels il avait droit, il a déposé un avis d’appel.

Quand on lui demanda comment il se sentait ce jour-là, Wannamaker répondit “très mal”. Pour ce résident d’Ottawa, légionnaire depuis longtemps, le finan-cement de sa bataille judiciaire a été difficile. Son cas ne se rendra pas à la Division d’appel de la Cour fédérale avant l’automne.

De plus, dit son avocate d’Ottawa Angela Habraken, “si M. Wannamaker finit par obtenir sa pension, elle ne sera pas rétroactive à la date dont il en a fait la demande (en 1989)”. La rétroactivité ne s’applique qu’à un maximum de trois ans à partir de la date de la décision favorable. Craig Morrison, qui plaide le cas de l’ancien combattant en Cour fédérale, dit que “il existe une motivation contrariante (chez le tribunal) de perdre du temps parce que cela diminue le montant qu’il faudra payer. J’espère que ce n’est pas un facteur. Mais quand on prend du recul et qu’on voit ça, on ne peut faire autrement que de s’en inquiéter.”

Wannamaker essaie d’obtenir une indemnité pour les blessures qu’il a subies lorsqu’il était mécanicien s’occupant de l’entretien d’avions pour la Marine royale du Canada entre 1952 et 1970. Après sa libération médicale, il a travaillé en tant qu’analyste en informatique au ministère de la Défense nationale.

La première blessure au dos de Wannamaker a eu lieu en 1959, quand il a glissé et qu’il est tombé sur la glace dans un stationnement de la Station de l’Aviation royale du Canada Downsview à Toronto, lorsqu’il se rendait au travail. La deuxième a eu lieu en 1961 quand il servait au Congo, une zone de service spécial. Il s’est donné un tour de reins en bougeant une caisse de 400 livres. Il n’y avait pas de personnel de soutien mé-dical, et l’incident ne fut pas documenté. “L’escadron avait […] bien peu de sou-tien”, dit-il. “Les autres faisaient d’autres choses.”

Cet homme, marié et père de trois enfants, qui souffre de la maladie du disque lombaire, prend constamment des Tylenol 3 et doit utiliser une canne pour marcher. Il va chez un chiropraticien depuis 1966.

Wannamaker a fait une demande de pension à l’origine avec l’aide de la Légion royale canadienne. Ce membre de 25 ans de la filiale Frankford (Ont.) a décidé de demander une indemnité après que ses trois fils eussent quitté le foyer; ce sont eux qui faisaient le jardinage et enlevaient la neige parce qu’il n’en était pas capable.

Quand ACC a refusé sa demande, Wannamaker a fait appel de la décision au comité d’examen (qui précédait le TAC(RA)). L’appel fut refusé. Un avocat de la Légion l’a ensuite représenté à une audience de révision auprès de l’ancien Tribunal des anciens combattants. Sa demande fut refusée cette fois-là aussi.

L’étape suivante était l’audition d’appel. Ces dernières ont lieu à Charlottetown, où le tribunal est basé. Encore une fois, le TAC(RA) soutint que la blessure de 1959 a eu lieu quand Wannamaker n’était pas en service. D’observer l’ancien combattant : “Ça m’a vraiment fait quelque chose, parce que dans le militaire, on est en service 24 heures par jour.”

Les audiences d’appel et les reconsi-dérations ne sont pas automatiques, il faut que l’appelant offre de nouvelles preuves, ou démontre qu’il y a eu une erreur de droit ou de fait.

Wannamaker a engagé des avocats vers la fin des années 1990. Il dit qu’il ne rejette pas la faute sur la Légion pour son manque de succès au début, mais il pensait qu’il lui fallait faire venir davantage de puissance juridique. “Je pense (qu’à la Légion) on fait de son mieux, mais on ne poursuit rien.”

Avec son équipe judiciaire, y compris Morrison, Habraken et David Jewitt, il a présenté son cas à la Cour fédérale pour une révision judiciaire. C’est le tribunal de la dernière chance quand toutes les voies de recours auprès du Tribunal des anciens combattants ont été épuisées.

Habraken, qui a fait une grande partie de la préparation, dit que l’équipe comptait sur des cas où la cour avait renvoyé la décision au tribunal, particulièrement ceux qui touchaient aux articles 3 et 39 de la Loi sur le Tribunal des anciens combattants (révision et appel). Ces articles servent à charger le tribunal d’interpréter libéralement toute législation pertinente et de donner le bénéfice du doute à l’ancien combattant quand on considère les preuves.

La préparation a rapporté.

Lors de la décision du 30 mars, le juge de la Cour fédérale Pierre Blais n’a pas mâché ses mots, disant que plusieurs des arguments du tribunal étaient “manifestement déraisonnables”. Il écrivait : “Je crois que le demandeur a établi selon toute probabilité que sa blessure au dos a eu lieu durant son service militaire ou qu’elle y était reliée […]. Le tribunal aurait dû donner le bénéfice du doute au demandeur.

“De plus, les preuves médicales militaires documentées illustrant que le demandeur souffrait de maux de dos auraient dû être vues sous le meilleur jour possible. Le tribunal ne l’a pas fait et, à la place, il a invoqué des preuves contradictoires faibles qui, pensait-il, ne démontraient pas que le demandeur avait souffert d’un traumatisme lorsqu’il est tombé sur la glace.”

De dire Blais en conclusion : “la décision du tribunal devrait être mise de côté et la question renvoyée pour qu’on la révise”.

Par la suite, Morrison remarquait que “un des commentaires intéressants que le juge a faits était ‘Pouvons-nous en finir avec ceci, s’il-vous-plaît […]?’ Justice différée est justice refusée (et) le temps qu’elle a été différée dans ce cas-ci a été énormément injuste pour M. Wannamaker”.

En mai, après que l’avis d’appel ait été fait, Habraken dit, “évidemment, nous sommes contrariés et désappointés, mais ils ont le droit de faire appel”.

Ce n’est pas rare que le TAC(RA) interjette appel des décisions de la Cour fédérale, remarque le directeur du Bureau national des services Pierre Allard. De plus, “mon expérience me dit que […] dans la plupart des cas, le TAC(RA) ne casse pas sa décision”.

Dans l’autre cas à la Cour fédérale, le vétéran des FC Larry Nelson, qui vit près de Winnipeg, demandait une indemnité pour perte d’ouïe. Nelson a travaillé dans l’infanterie et conduisait un transport blindé de personnel durant son service, de 1970 à 1978.

Avant de s’engager, un examen médical a servi à établir qu’il n’avait pas de problème d’ouïe. Lors de sa libération honorable, en 1978, un audiogramme indiquait qu’il y avait une perte d’ouïe dans les hautes fréquences à l’oreille gauche. Au fil du temps, l’ouïe de Nelson a empiré. En 1991, on diagnostiquait une perte d’ouïe sensorineurale bilatérale dans les hautes fréquences modérément grave.

Cette année-là, il demanda une pension d’invalidité et on la lui refusa. Les essais subséquents de faire réviser sa demande furent aussi refusés, malgré le fait qu’il apporta de nouvelles preuves de spécialistes. Une lettre du TAC(RA) en date de novembre 2004 refusait la demande de Nelson de reconsidérer, et il demanda une révision judiciaire.

Le 15 mars, le juge de la Cour fédérale John A. O’Keefe décida en faveur de Nelson, déclarant que le tribunal “avait fait une erreur de droit” en n’appliquant pas la définition de ‘invalidité’ trouvée à l’article 3 de la Loi sur les pensions. Il y est dit qu’une “‘invalidité’ veut dire la perte ou la diminution du pouvoir de vouloir et de faire quelque acte normal mental ou physique”.

O’Keefe remarquait que le TAC(RA) avait permis au tableau d’invalidités établi par le ministre des anciens combattants de remplacer la législation ‘pa-rente’ qu’est la Loi sur les pensions. “Le TAC(RA) n’a pas contesté que le demandeur a souffert d’une perte d’ouïe […] qui a été causée au moins en partie par son exposition au bruit lors de son service militaire. Il n’y a pas de doute que le ministre peut établir et utiliser un tableau pour évaluer l’importance de l’invalidité, mais c’est l’article 3 de la Loi sur les pensions qu’il faut appliquer pour décider s’il y a invalidité ou non.”

Allard dit que “c’est une bonne décision en ce qu’elle sert à reconnaître que le tribunal ne devrait pas se concentrer strictement sur les directives d’admissibilité, lesquelles sont très mécaniques. Ce n’est pas leur rôle. Leur rôle est de se pencher sur le bénéfice du doute (et) ce qui représente une invalidité”.

Mais la décision a donné lieu à un appel. Dean Giles, un des avocats de Nelson de la firme Fillmore Riley, à Winnipeg, dit que le cas devrait aller à la Cour d’appel fédérale cet automne.

“Tous ces jugements (à la Cour fédérale), d’après moi, indiquent qu’il y a un problème”, dit Allard, “pas tellement dans les décisions antérieures du tribunal, mais dans le fait que le tribunal empire les difficultés qu’il y a au nouvel examen, le dernier niveau d’appel”. D’une certaine manière, le TAC(RA) a amélioré les choses en permettant à l’avocat de l’ancien combattant de faire une présentation verbale à la sélection qui précède les nouveaux examens. Ce n’était pas le cas autrefois, et la Légion a fait pression pour ceci.

Toutefois, continuait Allard, le tribunal a aussi institué l’exigence de ‘diligence raisonnable’ pour les nouvelles preuves, ce qui signifie que “l’on doit confirmer pourquoi, en tant qu’appelant, on apporte ces nouvelles preuves. (Le tribunal) essaie d’étendre la portée de la Loi sur le TAC(RA) sans avoir recours à la législation. D’après moi, cela rend plus difficile la demande de réparation”.

Avant d’aller sous presse, la Légion, le tribunal et d’autres parties intéressées attendaient une décision de la Cour fédérale concernant l’exigence de la diligence raisonnable. Le Bureau de services juridiques des pensions, une organisation d’avocats à l’intérieur d’ACC qui offre une assistance juridique gratuite aux anciens combattants, essayait de la faire annuler.

Alors qu’Allard dit que le tribunal a essayé d’être plus compatissant, parti-culièrement depuis que Victor Marchand est devenu président, en 2003, “le fait qu’il interjette appel de ces décisions de la Cour fédérale est un peu troublant”.

Pour répondre à la critique que le TAC(RA), dans certains cas, ne s’est pas conformé à l’esprit de la législation, comme de donner le bénéfice du doute, Marchand dit “je ne suis pas du tout d’accord avec ça […]. Le bénéfice du doute ne signifie pas que le jugement du droit à la pension peut se faire sans preuve. Il doit toujours y avoir une quantité minimale de preuve à fournir. Nous faisons de notre mieux, dans l’intérêt de l’ancien combattant”.

Marchand soutient que les taux de réponses favorables du TAC(RA) sont “excellents”, qu’entre 58 à 60 pour cent des demandes des anciens combattants sont acceptées lors de la révision et 30 pour cent lors de l’appel.

Actuellement, un des plus grands défis que le tribunal doit relever est le recrutement d’autres membres. Cette année, il y a eu une campagne nationale d’annonces pour trouver des professionnels qui accepteraient de devenir membres à temps plein. Le processus de sélection a été retapé en 2004 “pour être transparent, professionnel et basé sur les compétences”, d’après ce qu’on trouve au site Web du TAC(RA) www.vrab-tacra.gc.ca.

“Nous sommes encore sur la même voie, qu’il faut que le tribunal soit juste, rapide et aimable”, dit Marchand.

Allard dit qu’il va falloir du temps aux nouveaux membres pour être productifs. “La courbe d’apprentissage est raide. Mais je pense que le président travaille dur pour modifier la mentalité du tribunal.”

Alors que sa bataille de 17 ans pour l’obtention d’une pension d’invalidité se poursuit, Donald Wannamaker, quant à lui, espère que oui.

Apprécier nos cadets

Quand il s’agit de commémoration, nous pensons toujours à ceux qui ont servi en temps de guerre ou en temps de paix, surtout à ceux qui ont donné leur vie. Nous nous souvenons d’eux en tant que nation et en tant que particuliers, conscients du fait que la plupart des souvenirs les plus douloureux se trouvent sur le visage de ceux qui ont perdu un enfant, un époux ou un parent à la guerre.

Mélangés tranquillement aux visages de tous ceux qui se souviennent et soutiennent nos anciens combattants et leur famille se trouvent les nombreux visages d’un groupe qui les apprécie beaucoup et dont on ne fait souvent pas de cas. Il s’agit de nos cadets de l’armée, de l’air et de la marine, 35 500 garçons et 19 500 filles d’entre 12 et 18 ans.

Ces jeunes gens font partie de 1 153 pelotons et escadrons. À peine un peu plus de 44 pour cent d’entre eux, 24 500, sont des cadets de l’air, 20 000 sont des cadets de l’armée et 10 500 sont des cadets de la marine.

Les statistiques sont impressionnantes, mais la vraie histoire est celle de ce qu’ils apportent à nos collectivités.

Depuis des décennies, la Légion royale canadienne et le mouvement des cadets sont du même côté, aux degrés national et local, en ce qui concerne la promotion d’une bonne citoyenneté, du leadership, de la forme et de l’esprit de patriotisme parmi les jeunes.

Le programme de la Légion qui sert à décerner la médaille d’excellence des cadets est un exemple des liens serrés entre les organisations. Il sert à mettre une médaille en disponibilité pour chaque unité. Pour qu’on la lui décerne, le cadet doit faire preuve d’excellence en citoyenneté dans le cadre de l’unité et de la collectivité.

En tout, le soutien de la Légion s’étend à la plupart des unités de cadets du pays. La plupart des filiales sont engagées d’une façon ou d’une autre et leur soutien financier est extrêmement important quand il s’agit de défrayer les coûts opérationnels et de payer les excursions et autres activités. En tout, ce soutien s’élève à 5,1 millions de dollars, un gros morceau de ce que la Légion à tous les niveaux dépense pour les programmes pour la jeunesse. Une partie de cela sert à amener le meilleur cadet de chaque élément à Ottawa pour participer à la cérémonie nationale du jour du Souvenir.

La relation est à deux sens. Les cadets assistent les filiales de la Légion de plusieurs manières, comme en défilant avec les anciens combattants et en servant de sentinelle le jour du Souvenir. L’aide que les cadets donnent durant la campagne annuelle du coquelicot est une des sortes de soutien les plus appréciées. Les anciens combattants et les Légionnaires qui travaillent avec les cadets n’hésitent pas à dire qu’on n’est pas obligé de demander de l’aide aux cadets deux fois. C’est parce que la plupart croient que le bénévolat est une façon d’honorer ceux qui ont servi.

Les cadets apprennent la dynamique de la vie et récoltent les bénéfices que sont la confiance en soi et la forme physique. Des milliers d’entre eux vont se rendre aux 24 centres à travers le Canada où ont lieu des programmes d’entraînement estival. Les cadets les plus vieux ont le même âge que les jeunes hommes et femmes qui sont allés outre-mer en temps de guerre. Nos anciens combattants peuvent apprécier ce fait. Espérons que le grand public puisse passer un peu plus de temps à apprécier ce que ces jeunes gens apportent à la société et au souvenir.