La volonté des congressistes

Le 42e Congrès national, qui a eu lieu à Ottawa du 21 au 25 juin, va entrer dans l’histoire car la Légion royale cana­dienne y a fait le point sur sa manière de se gouverner. La Commission de la LRC sur la gestion, la représentation et la structure administrative avait étudié l’histoire de la Légion et la gérance des divisions et de la Direction nationale.

Le plus gros problème était la grosseur, donc le cout, du Conseil exécutif national. Alors que le nombre de membres de la Légion avait baissé, de 602 489 en 1984, de presqu’un tiers, le CEN, à 40 membres, n’avait guère changé. Y siégeaient neuf membres du sous-exécutif, 26 représentants divisionnaires, un membre de la Section des anciens combattants tuberculeux et quatre membres non votants. Le nombre de réunions avait été réduit de deux à une par année afin de diminuer ses dépenses. Il s’agissait de garder plutôt les deux réunions par an et réduire le nombre de personnes qui y assistaient.

Que la Légion change son système de représentation selon la population, à un celui d’un représentant par division, était la plus grosse réforme recommandée par la commission. La résolution fut adoptée malgré certaines tentatives de mo­dification et de rejet. La commission avait aussi recommandé de réduire le nombre de vice-présidents de quatre à deux. On accepta au congrès une modification de réduire le nombre de quatre à trois. La troisième résolution enjoignait au CEN dégraissé de se rencontrer trois fois par année, et aux dirigeants supérieurs de se réunir séparément une fois l’an ou plus si le président national en faisait la demande. Puisque le cout des réunions était le problème, le congrès décida que le CEN ne se réunira que deux fois par année (trois fois les années de congrès) exception faite des réunions spéciales appelées par le président national.

Le résultat est un CEN dégraissé, moins dispendieux, de huit dirigeants supérieurs, 10 représentants divisionnaires, un de la SACT et deux membres non votants : le grand président honoraire et le président du Comité des constitution et lois.

Les réunions devraient servir à conscientiser davantage les membres sur les problèmes, au fur et à mesure qu’ils apparaissent. En règle générale, nous louons le Congrès de ces décisions importantes. La plupart des délégués ont mis leurs préoccupations régionales et, dans certains cas, leurs ambitions personnelles, des côté. Ils ont démontré que dans les asso­ciations populaires, le congrès est l’organe décideur.

L’armistice : 90 ans plus tard

D’après le dictionnaire, un armistice est une « convention conclue entre les belligérants afin suspendre les hostilités ». L’armistice du 11 novembre 1918 a soulagé le monde et redonné l’espoir à des millions de personnes. Mais il y avait bien peu d’acclamations au front, quand le Corps canadien a appris la nouvelle, vers 7 h, que la Grande Guerre allait se terminer et qu’on ne tirerait plus à partir de 11 h.

Pour les gens en uniforme, la nouvelle ne surprenait guère, mais l’ordre ne s’est pas transmis très vite. Beaucoup d’hommes en sont restés cois, les yeux bouffis. D’autres ont pris des notes dans leur journal ou écrit à un proche. Certains ont pleuré les camarades perdus et d’autres ont simplement prié. À Mons, en Belgique, il y avait une atmosphère haute en couleurs de fierté et d’accomplissement, quand l’orchestre de cornemuses du 42e Bataillon défilait dans la place bondée au son des citadins qui criaient de joie. C’est à cette ville que la guerre avait commencé pour l’armée britannique, en 1914, c’était aussi l’endroit propice pour sa fin.

Le prix semble incalculable mais l’on sait qu’au moins 65 millions d’hommes de 30 nations ont porté les armes. Environ 10 millions d’entre eux sont morts et 29 millions d’autres ont été blessés, capturés ou ont disparu. À Anciens combattants Canada, on dit que 619 636 hommes et femmes ont servi dans les Forces canadiennes, que 66 655 sont morts et que 172 950 autres ont été blessés.

Pour honorer les sacrifices et les réa­lisations, et en l’honneur du 90e anniversaire de l’armistice, nous sommes heureux de vous présenter dans ce numéro une section spéciale sur la guerre et ce qu’elle signifie. L’auteur et historien du Musée canadien de la guerre Tim Cook donne une vue d’ensemble et discute de ce que des générations de Canadiens ont pensé de la guerre (La guerre qui a changé le monde, page 18). Il écrit, dans plusieurs histoires, sur le nombre choquant de soldats mineurs et de l’humour macabre qui aidait les hommes à supporter l’horreur de ce qu’ils voyaient.

Michael Boire, enseignant d’histoire militaire au Collège militaire royal à Kingston (Ont.) et guide des étudiants du CMR chaque année lors de leur voyage aux champs de bataille, décrit ce qu’on peut apprendre en se promenant aux lieux des combats (The Ground Tells A Story [non traduit], page SF18)

L’auteur et cicérone des champs de bataille Norm Christie nous fait un exposé de comment il a appris le service de son grand-père à la guerre (En souvenir du soldat Christie, page 24). Il offre aussi quelques indices aux gens qui désirent se renseigner sur un parent qui a servi.
Cette section spéciale donne un avant-gout de l’art militaire, concentré sur John W. Beatty, qui est allé outre-mer en 1917 et a passé un certain temps au front.

Comme le dit Tim Cook, 90 ans après, la Grande Guerre continue de résonner car nous n’en avons pas fini avec elle et elle n’en a pas fini avec nous. En effet, nous sommes nombreux à nous sentir choqués ou repoussés par ses ravages, ses horreurs, mais nombreux aussi sont ceux qui se souviennent et honorent les morts et qui désirent associer un nom à un de ceux qui n’y ont pas survécu. Et cela rassure certainement, par rapport au présent et à l’avenir.

Rapport De La Capitale Nationale: Adopté!

. [PHOTO : JENNIFER MORSE]

LÉGENDE

Abréviation de comités : C & L — constitution et loi; CEN — Conseil exécutif national; DÉF — défense; SACI — Section des anciens combattants impériaux; L, D & J — leadership, développement et jeunesse; ADH — adhé­sions; C & S — coquelicot et souvenir; R & I — ri­tuel et insignes; S-É — sous-exécutif; ACAS — anciens combattants, aînés, service.

Abréviations gouvernementales : FC — Forces canadiennes; SCHL Société canadienne d’hypothèques et de logement; MDN — ministère de la Défense nationale; ACC — Anciens combattants Canada.

Législation : LRIMFCAC — Loi sur la rééducation et l’indemnité des membres des Forces canadiennes et des anciens combattants; NCAC — nouvelle Charte des anciens combattants; RARM — Régime d’assurance-revenu mili­taire; PAAC — Programme d’autonomie des anciens combattants.

* Dénote une résolution non ratifiée rapportée à l’auditoire et approuvée par le congrès.

CONSEIL EXÉCUTIF NATIONAL

1. (CEN) — Réduit le nombre de représentants au CEN à un par division.

2. (CEN) — Réduit le nombre de vice-présidents au CEN de quatre à trois.

3. (CEN) — Supprime le comité sous-exécutif et incorpore les huit dirigeants élus de la Direction nationale au CEN, qu’on appellera dorénavant des dirigeants supérieurs élus (traduction non officielle, n.d.t.); et prescrit que le CEN se réunisse au complet deux fois par année (trois fois durant les années de congrès) en plus des réunions spéciales requises par le président national.

68. (CONGRÈS) — Adopte la majorité simple pour l’élection aux postes à un seul officier, et un vote « premier arrivé » pour l’élection des officiers aux postes multiples comme ceux de vice-président national.

[PHOTO : ADAM DAY]

SOUS-EXÉCUTIF

4. (S-É) — Exhorte le gouvernement fédéral de déclarer le Jour de la crête de Vimy fête nationale fédérale.

5. (SASK.) — Demande à la Direction nationale de plaider pour des punitions pour pédophilie plus sévères.

*303. (MAN/N-OO) — Demande à ACC de faire abroger la législation qui permet à la Société canadienne des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique de lever des droits pour la musique jouée aux manifestations des filiales de la Légion.

GÉNÉRAL

6. (ACAS) — Recommande aux FC de rembourser le montage de médaille aux anciens combattants comme aux militaires.

7. (ACAS) — Fait pression pour regrouper tous les ombudsmans fédéraux dans un bureau central à larges pouvoirs légiférés.

8. (ACAS) — Demande que les lois et règlements du gouvernement soient modifiés pour un accès prioritaire, aux soins de santé, des anciens combattants et des personnes à leur charge.

9. (ACAS) — Demande à ACC de combler assez de postes de gérant pour besoins de santé élevés pour cadrer avec l’introduction des Services intégrés aux anciens combattants.

10. ACAS — Demande à ACC de rembourser en entier la course en taxi des anciens combattants allant à un rendez-vous de soins de santé.

11. (Qc) — Demande à ACC d’engager plus de personnel pour répondre adéquatement à l’augmentation des demandes de services et d’avantages par les militaires réformés.

12. (ACAS) — Demande de cesser la défalcation du RARM sur les pensions d’invalidité d’ACC.

13. (ACAS) — Demande que la réduction annuelle des versements d’avantages de décès aux membres des FC soit retardée jusqu’à l’âge de 66 ans comme chez les fonctionnaires.

14. (ACAS) — Demande à ACC et aux FC d’informer les anciens combattants efficacement des maladies risquant de donner lieu à l’invalidité et de leurs droits conséquents.

15. (ACAS) — Demande qu’ACC reconnaisse l’exposition secondaire au produit Orange comme déterminant d’invalidité important.

16. (ACAS) — Demande qu’ACC reconnaisse les qualifications professionnelles des professionnels de la santé certifiés ou autorisés non traditionnels; que leurs diagnostics établissent le droit aux avantages d’invalidité.

17. (ACAS) — Exhorte ACC d’ajuster sa méthode de calcul des avantages de perte de revenu d’après la NCAC, pour tenir compte des augmentations probables de salaire et de promotion des membres des FC; et que le salaire de base minimal des calculs soit celui de caporal.

18. (ACAS) — Demande au Tribunal des anciens combattants (révision et appel) d’annuler la décision d’interprétation sur l’ouïe d’après un critère de « diligence raisonnable » qui est en désaccord avec les dispositions du « bénéfice du doute ».

19. (ACAS) — Demande que la LRIMFCAC soit modifiée pour permettre le transfert d’une partie des avantages de perte de revenu (considérés revenu) à un régime de pension, pour les besoins après 65 ans.

20. (ACAS) — Demande d’améliorer le programme de compensation d’invali­dité, qu’il soit indexé annuellement au cout de la vie, pour les membres et les vétérans des FC.

21. N.-É./Nun.) — Demande à ACC de réviser le dossier médical des demandeurs désirant l’indemnité pour surdité ou acouphène reliés au service, car l’équipement primitif d’antan ne pouvait déceler la perte causée par le bruit.

22. (N.-É./Nun.) — Demande que les survivants d’un ancien combattant ayant une pension d’invalidité ou de prisonnier de guerre obtiennent une pension à vie. Demande aussi que la pension soit fixée à 75 p. 100 du montant que recevait l’ancien combattant, quel que soit le pourcentage d’invalidité déterminé par ACC.

PROGRAMME D’AUTONOMIE DES ANCIENS COMBATTANTS

23. (ACAS-SASK.) — Exhorte ACC d’augmenter immédiatement les avantages de santé pour offrir de meilleurs services, selon les besoins, vu la montée des prix des remèdes et appareils curatifs.

24. (ACAS) — Demande à ACC de simplifier les avantages de soins de santé et de rationaliser les processus et politiques car le processus de demande compliqué est répulsif et il empêche de comprendre les exigences.

25. (ACAS) — Exhorte ACC d’étendre les avantages du PAAC aux anciens combattants alliés comme aux cana­diens dans le besoin.

26. (ACAS) — Demande à ACC d’accorder le PAAC aux membres et aux vétérans de la GRC, financé par le Solliciteur général avec l’appui du commissaire de la GRC.

27. (ACAS-N.-É./Nun.-SASK.-N.-B.) — Demande à ACC d’accorder les avantages du PAAC aux anciens combattants frêles; et au cas où ils meurent avant de les obtenir, qu’ils soient attribués à leur conjointe dans le besoin.

28. (ACAS-N.-É./Nun.-QC-SASK.-N.-B.) — Demande que les avantages de santé intégrés, y compris le PAAC, soient accordés à l’épouse de l’ancien combattant dans le besoin, nonobstant les dates.

29. (ACAS) — Exhorte ACC d’accorder le maintien du terrain aux anciens combattants qui vivent dans un condomi­nium ou une coopérative de retraite, alors qu’ils doivent payer ce genre de service; et que ces avantages soient accordés aux survivants si nécessaire.

30. (ACAS) — La Division de la N.-É./ Nun. demande à la Direction nationale de demander à ACC de payer les mêmes honoraires d’escorte à tous les membres de la maisonnée du client qu’aux autres fournisseurs de ce service.

31. (ACAS) — Exhorte la Commission canadienne des codes du bâtiment et de prévention des incendies d’inclure des normes de barre d’appui dans les salles de bain, aux révisions des codes du bâtiment. Demande aussi à ACC de financer les stratégies de prévention des chutes et l’équipement chez les anciens combattants.

32. (ACAS) — Demande à ACC et à la SCHL de faciliter le financement du développement de projets de logement abordable en instituant un financement complémentaire du capital renouvelable qui fournisse des prêts à intérêt, afin de compenser en partie les exigences de valeur résiduelle.

SOINS DE LONGUE DURÉE

33. (ACAS) — Exhorte ACC de s’assurer que le nouveau contrat avec le Conseil canadien d’agrément des services de santé délivre un rapport sur chaque ins­titution évaluée afin de pouvoir identifier les problèmes affectant les places à accès prioritaire.

34. (ACAS) — Demande à ACC d’exhorter les autorités provinciales à créer un système de vérification immédiate du statut d’ancien combattant afin de ne pas risquer le cas du client dans les programmes où il faut le faire ainsi.

35. (ACAS) — Exhorte de créer des directives nationales concernant les contraintes chimiques dans les institutions de soins de longue durée, et leur utilisation seulement en dernier ressort.

36. (ACAS) — Demande à ACC de travailler avec les organisations d’anciens combattants et les autorités provinciales et municipales pour déterminer l’affectation des lits de soins de longue durée aux anciens combattants et, si approprié, à leur conjointe.

37. (ACAS) — Demande à ACC d’ins­tituer un programme de soins transitoires aux anciens combattants allant aux soins de courte durée ou en en revenant, dans la sécurité et la dignité.

38. (ACAS) — Exhorte ACC d’offrir des soins palliatifs appropriés aux anciens combattants dans leur collectivité et de les conscientiser sur ces services.

39. (ACAS) — Demande à ACC de confirmer sa responsabilité à propos des soins de longue durée pour ancien combattant et de créer des normes nationales. Demande aussi une mise à jour sur les 25 recommandations faites par le Comité permanent de la défense nationale et des anciens combattants en 2003 à propos des soins de longue durée.

40. (ACAS) — Recommande qu’on engage un personnel permanent seulement dans les institutions de soins de longue durée pour anciens combattants, et qu’ACC offre des incitations pour cela.

41. (ACAS) — Demande que la Légion plaide auprès des gouvernements provinciaux, par l’entremise d’ACC, pour qu’ils modifient leurs politiques afin que les anciens combattants puissent rester chez eux, sans pénalité, jusqu’à ce qu’ils aient une place dans l’établissement de soins de longue durée de leur choix. Et qu’ACC et les gouvernements provinciaux s’assurent que les anciens combattants obtiennent les soins nécessaires chez eux.

FORCES CANADIENNES/GRC

42. (ACAS) — Recommande que le gouvernement fédéral établisse une approche cohérente aux versements erronés du Régime de pensions (RPC) du Canada et du programme de Sécurité de la vieillesse à cause d’une mésestimation de l’Indice des prix à la consommation.

43. (ACAS) — Exhorte le gouvernement fédéral d’éliminer les contributions à l’assurance-emploi des membres des FC qui ne vont probablement jamais en obtenir des prestations.

44. (ACAS) — Demande au Conseil du Trésor de financer en entier le Régime d’assurance d’invalidité prolongée (RARM) pour les membres des FC, lesquels paient actuellement 15 p. 100 du financement.

45. (ACAS) — Recommande qu’ACC et les FC ajustent les paramètres de la surdité.

46. (ACAS) — Demande au MDN de nommer un représentant de la Légion royale canadienne au Comité consultatif des pensions des FC.

47. (ACAS) — Recommande que les allocations de survivant versées d’après la Loi sur la pension de retraite des FC (LPRFC) soient augmentées, du niveau actuel de 50 p. 100, à 66 p. 100 de la pension du membre.

48. (ACAS) — Demande l’élimination de la récupération du RPC qui arrive à 65 ans, lorsque les membres des FC ont droit aux prestations du RPC, et que la LPRFC serve à payer des « avantages accumulés » semblables à ceux des députés.

FUNÉRAILLES ET ENTERREMENTS

49. (ACAS) — Demande à ACC d’augmenter le maximum permis d’après le Programme de funérailles et d’inhumation des anciens combattants; qu’il équivaille à ceux de la GRC et des FC.

50. (ACAS) — Recommande que les avantages de funérailles et d’inhumation du Fonds Last Post soient offerts à tous les membres et vétérans des FC dans le besoin, sans exigences d’admissibilité compliquées.

51. (ACAS) — Demande d’enlever la TPS des dépenses funéraires des familles d’anciens combattants.

52. (ACAS) — Recommande qu’ACC réinstitue les avantages funéraires du Fonds Last Post pour les anciens combattants alliés.

53. (ACAS) — Demande à ACC que tous les anciens combattants aient automatiquement droit à une stèle funéraire lors de leur décès, et qu’on annule le test sur les moyens que doivent passer les survivants.

[PHOTO : ADAM DAY]

SANTÉ PHYSIQUE/MENTALE

54. (ACAS) — Exhorte les FC et ACC de financer adéquatement le Soutien social aux victimes de stress opérationnel (SSVSO); qu’il fonctionne comme un des services de soutien par les pairs.

55. (ACAS) — Recommande que les épouses et les enfants aient droit aux services de soutien par les pairs du SSVSO, que leur parent membre ou vétéran des FC ait essayé ou pas d’obtenir un diagnostic ou des soins.

56. (ACAS) — Demande qu’on fournisse davantage de places de stabilisation et soutien, sur une base décentralisée régionale, aux gens souffrant de traumatisme lié au stress opérationnel.

57. (ACAS) — Demande un plan d’action dans toutes les provinces afin de faciliter la certification des praticiens, grâce à l’encouragement et au soutien de Santé Canada, d’Immigration Canada et des autorités réglementaires médicales et infirmières provinciales, financé par ACC.

58. (ACAS) — Exhorte ACC et les FC d’ajuster les soins de santé mentale pour les membres et les vétérans des FC souffrant de traumatisme lié au stress opérationnel et de modifier les règlements afin d’offrir les mêmes soins à leur famille également.

59. (C.-B./YUKON) — Décrète que la Légion plaide auprès des organismes d’État pour qu’ils contribuent aux cliniques des programmes d’aide à la transition pour anciens combattants souffrant de traumatisme lié au stress opérationnel.

60. (N.-B.) — Décrète que la Légion adjure ACC de continuer de payer les soins podologiques aux anciens combattants à l’hôpital.

61. (ONT.) — Demande que les pensionnés militaires du temps de paix et les récipiendaires de décorations aussi aient droit aux avantages de santé et services du groupe B, comme les autres classes d’anciens combattants, s’ils en ont besoin.

AINÉS

62. (ACAS) — Recommande que le gouvernement fédéral donne suite à la recommandation de la Légion adoptée par le groupe de travail sur les ainés du premier ministre, en établissant un programme d’autonomie des ainés semblable au PAAC.

63. (ACAS) — Exhorte la promulgation des droits des ainés.

64. (ONT.) — Recommande la modification de la réglementation fiscale pour élever fortement le seuil d’imposition des ainés veufs.

COQUELICOT ET SOUVENIR

65. (ONT.) — Décrète que la Légion demande la modification du Code cri­minel canadien pour protéger les mémoriaux de guerre, les tombes militaires et les grandes pièces et les artefacts militaires d’importance historique, qu’on ne puisse diminuer leur apparat de quelle façon que ce soit.

SPORTS

69. (ONT.) — Décrète qu’à la discrétion des entraineurs, les athlètes de moins de 16 ans puissent faire partie de l’équipe de relais des moins de 18 ans de leur division sans risquer leur statut chez les moins de 16 ans, tant qu’ils ne font pas partie de plus d’une équipe de relais par jour.

70. (ONT.) — Demande que les athlètes qui participent aux épreuves multiples (heptathlon et octathlon) puissent faire partie de l’équipe de relais de leur division s’ils sont choisis par leur entraineur.

71. (SASK) — Modifie le règlement touchant l’admissibilité des joueurs d’une petite filiale afin d’empêcher celles qui ont plus de 100 membres, plutôt que 75, de sélectionner un joueur d’une petite filiale.

DÉFENSE

72. (ONT.) — Demande que le Canada délivre une carte pour portefeuille qui servirait de preuve de service et date de libération pour les anciens des FC qui n’ont pas droit à une carte ND175.

73. (QC) — Décrète que la Légion adresse une pétition au gouvernement fédéral, qu’il donne accès gratuit à Via Rail et autres moyens de transport fédéraux aux membres des FC, et à Air Canada à un taux de 50 p. 100.

*324. (MAN./N-OO) — Demande au gouvernement fédéral de créer une médaille canadienne commémorative de la guerre froide pour les Canadiens qui y ont servi au moins trois ans.

RITUEL ET INSIGNES

74. (R & I) — Demande qu’on modifie les règlements vestimentaires pour que les membres de la Légion qui sont membres ou vétérans des FC ou des forces alliées puissent porter l’insigne de leur unité ou régiment à la poche inférieure droite du blazer de la Légion.

75. (R & I) — Modifie les règlements vestimentaires de la Légion pour permettre aux membres de la Légion qui sont membres ou vétérans des FC ou des forces alliées de défiler avec la coiffe qu’ils ont méritée, y compris l’insigne de coiffure à la place de l’insigne de béret de la Légion. Décrète aussi que la garde du drapeau de la Légion porte toujours l’uniforme de la Légion au complet.

76. (C.-B./YUKON) — Demande qu’on frappe de nouvelles épingles de la Légion pour les commanders de zone ou de district sortants.

77. (C.-B./YUKON) — Demande qu’on modifie la formulation de la procédure d’installation ainsi : « la Légion représente une camaraderie serrée et unie parmi tous ses membres et les gens qui ont servi ou qui servent, de sorte que ni leurs droits ni leurs intérêts ne seront oubliés, et que leur bien-être et celui des personnes à leur charge, surtout les personnes à charge des invalides, des malades, des ainés et des nécessiteux, sera toujours sauvegardé » (traduction non officielle, n.d.t.).

78. (C.-B./YUKON) — Décrète que la Direction nationale demande à la Commission de toponymie du Canada de nommer un mont du chainon Victoria Cross en l’honneur de Robert Hampton Gray, VC, DSC, RVMRC.

79. (C.-B./YUKON) — Exhorte que le drapeau du Canada reste vertical, avec fierté, quand on joue l’hymne national et l’hymne royal, et qu’il ne soit pas exposé de manière inférieure aux autres drapeaux ou pavillons.

82. (SASK.) — Décrète que la Légion rende public son désir de respect et de dignité lors de l’interprétation de l’hymne national.

CONSTITUTION ET LOIS

83. (Î.-P.-É.) — Change la formulation des Arrêtés généraux de la Légion pour permettre au président de filiale ou de division de destituer des membres qui sont en infraction et de révoquer leurs privilèges au club, sur-le-champ.

SECTION DES ANCIENS COMBATTANTS TUBERCULEUX

84. (SACT) — Révise la formulation des Arrêtés généraux de la Légion afin d’extirper les imprécisions dans les catégories de membre de la SACT et dans les dispositions d’adhérence.

Rapport De La Capitale Nationale: Les Officiers Senior

. [PHOTO : PATRICK RILEY]

Les nouveaux officiers senior de la Direction nationale (de g. à d.) : la première vice-présidente Pat Varga, le président national Wilf Edmond, le président sortant Jack Frost; (derrière, de g. à d.) : le trésorier Mike Cook, la vice-présidente Paulette Cook, le vice-président Gordon Moore, le vice-président Erl Kish, le président des débats Tom Irvine.

PRÉSIDENT NATIONAL Wilf Edmond, 75 ans, fils d’un vétéran de la Grande Guerre, a œuvré à tous les échelons de la Légion depuis 50 ans. Il est membre à vie de la filiale Donkin (N.-É.) du Cap-Breton et a servi en tant que président de la Nouvelle-Écosse de 1993 à 1995. Avant de siéger à la direction divisionnaire, il a servi plusieurs fois comme président de filiale et commander de zone. Ces derniers temps, il a siégé à la plupart des principaux comités nationaux. Il est président du Comité des anciens combattants, des services et des ainés, du Comité de la Ligue royale des anciens combattants du Commonwealth et du Comité de la solde. Il est vice-président des comités du budget, de l’investissement et de la pension du personnel.

Il a travaillé 36 ans à la Cape Breton Development Corporation, d’où il s’est retiré en 1991. M. Edmond a aussi servi 33 ans comme pompier volontaire à Donkin. Il adore chanter et a été membre de la chorale de la St. Luke United Church, et c’est un ancien membre de la chorale de mineurs de charbon The Men of the Deeps. Quand il était jeune, il était entraineur de base-ball mineur et il a été président de la Eastern Suburban Little League du comté du Cap-Breton. Une médaille du service méritoire avec palme lui a été décernée. Son épouse Annie et lui ont une fille, Phyllis et deux fils, Wilfred et Brian, ainsi que six petits-enfants.


PREMIÈRE VICE-PRÉSIDENTE Pat Varga, membre à vie de la fi­liale Coleville (Sask.), est entrée à la Légion en 1979, à la filiale Marshall (Sask.). Elle siège au Conseil exécutif natio­nal depuis 1997 et elle a servi à nombre de comités. Elle est présidente du Comité national des sports, vice-présidente du Comité de la solde et membre du Comité des anciens combattants, des ser­vices et des ainés, ainsi que de celui de la Ligue royale des anciens combattants du Commonwealth. Elle a aussi siégé aux comités des coquelicot et souvenir et des relations publiques. Elle est également une sondeuse du programme de sondage de soins de longue durée.Elle a été dans la Marine royale du Canada pendant presque 12 ans et, l’an dernier, a quitté son poste de directrice de l’administration du Carlton Trail Regional College. Elle conti­nue de travailler comme conseillère et siège au conseil de la banque d’alimentation de Kindersley, et elle est aussi conseillère muni­ci­pale du village de Coleville. Elle affectionne le camping, la lecture, le golf et la fabrication de nounours.Mme Varga est récipiendaire d’une médaille du service méritoire avec palme. Lorne et elle ont trois filles, Lee, Melody et Kacie et trois petites-filles.


VICE-PRÉSIDENT Erl Kish, 73 ans, a servi plus de 40 ans à la Légion. Il a été président de la Division de l’Ontario en 2003, ayant monté les échelons, et il a siégé à nombre de comités nationaux, dont ceux des sports, des adhésions et de la liaison. Il est actuellement président du Comité des relations publiques. Il a passé 30 ans dans le Corps royal de l’intendance de l’Armée canadienne et dans le Corps royal canadien des ingénieurs électriciens et mécaniciens. Avant de se retirer du service militaire, en 1983, il a servi en Tanzanie, en Égypte, à Chypre, en Allemagne et en Norvège.M. Kish est membre du Comité de la Villa de la Légion, un projet zonal de logis pour ainés à Kingston (Ont.). Il a aussi siégé au comité consultatif des anciens combattants à l’Hôpital Sunnybrook de Toronto. Il est membre à vie de la filiale Limestone City de Kingston.Membre à vie de la Légion, il est récipiendaire d’une médaille du service méritoire avec palme. Sa partenaire Sheila et lui ont élevé 10 enfants. Il affectionne le golf et la pêche.


VICE-PRÉSIDENTE Paulette Cook, 55 ans, est une membre laborieuse de la Légion. Elle a gravi les échelons depuis qu’elle est entrée à la filiale Philipsburg (Qc), comme associée, en 1972. En 2005, elle était la première femme à obtenir la présidence de la Division du Québec. Elle est actuellement présidente du Comité national des adhésions. Auparavant, elle siégeait aux comités des adhésions et de la liaison.Mme Cook s’est impliquée, dans sa collectivité, dans les Scouts du Canada et elle travaille aux Verint Video Solutions. Elle affectionne la lecture, les voyages, la plongée et le jardinage. Elle a quatre enfants, Jennifer, Wanda, Tom et Tim, et elle partage sa vie avec son époux Tom, président des dirigeants élus supérieurs.


VICE-PRÉSIDENT Gordon Moore, 55 ans, est un membre ordinaire qui sert à la Légion depuis 23 ans. Il a passé la plus grande partie de son service militaire dans la Princess Patricia’s Canadian Light Infantry. Il a été élu à l’exécutif de la filiale Elmira (Ont.) en 1986 et a été président de la Division de l’Ontario en 2005. Il a commencé comme membre du Conseil exécutif national en 1999, et a siégé à nombre de comités nationaux, dont celui des relations publiques, celui des coquelicot et souvenir, et celui des adhésions, ainsi qu’à la Commission de la Légion royale canadienne sur la gestion. Cette année, il a été nommé président du Comité du coquelicot et du souvenir. Il habite à sa ville natale d’Elmira, où il est bénévole à la Fondation Rêve d’Enfants et où il a offert ses services aux ligues mineures de soccer et de softball.M. Moore a passé les derniers 30 ans dans la vente et le marketing et il travaille actuellement chez TriCity Equipment. Il affectionne le jardinage et le golf. Son épouse Kathy et lui ont une fille, Dawn Melinda.


TRÉSORIER Mike Cook, 66 ans, est un membre à vie de la filiale Cloverdale de Surrey (C.-B.) et le deuxième fils d’un vétéran de la Seconde Guerre mondiale. Il a gravi les échelons de la Légion, ayant été président de filiale, commander de zone et président de la Division de la Colombie-Britannique/Yukon. À l’échelon national, il a servi 13 années d’affilée au Conseil exécutif national et il en est à son cinquième mandat comme trésorier national. Il est président des comités du budget, de l’investissement et de la pension du personnel. Il est aussi membre du Comité de la solde. Il a siégé aux finance, investissement, pension du personnel, leadership et développement, constitution et lois et voies et moyens.Il est président du conseil d’administration de Canvet Publications depuis 2000. Il est dans la Légion depuis environ 45 ans et il est récipiendaire de la médaille du service méritoire avec palme. Il est président de la chambre de commerce de Cloverdale et des parcs et récréation de Surrey. Il a pris sa retraite en 2002, ayant passé 30 ans à sa propre entreprise, où il distribuait des produits de Shell Canada. Son épouse Judy et lui ont deux enfants, Michael et Paralee et il aime passer du temps avec ses deux petits-enfants et à jouer au golf.


PRÉSIDENT DES DÉBATS Thomas Irvine, 53 ans, commence son troisième mandat comme président des débats national et sa 20e année comme membre de la Légion. Il a servi 23 ans dans le Black Watch (Royal Highland Regiment) of Canada et a été au Moyen-Orient en service actif. Il a eu beaucoup de postes de filiale, dont sergent d’armes et deuxième vice-président, ainsi qu’officier des cérémonies, vice-président des débats, vice-président et président des débats à l’échelon divisionnaire. Il siège à des comités nationaux depuis 2002, dont ceux des coquelicot et souvenir, du congrès national, des adhésions et leadership, des développement et jeunesse, et il est actuellement à ceux des sports et du congrès national, où il a été nommé.M. Irvine affectionne la bicyclette, les fléchettes et l’art oratoire, et il fait partie des francs-maçons. Il est aussi membre de la Black Watch Veterans Association à Montréal. Son épouse Paulette et lui ont quatre enfants et trois petits-enfants.


PRÉSIDENT SORTANT Jack Frost, 60 ans, est membre à vie avec 34 ans de service à la Légion. Après être entré à la filiale Port Elgin (Ont.), il a monté les échelons, ayant été président de filiale, commander de zone adjoint, et commander de district, et il est passé à la direction divisionnaire où il a été président de 1999 à 2000. À l’échelon national, il a siégé aux comités des anciens combattants, des services et des ainés, de la finance, de la Ligue royale des anciens combattants du Commonwealth, de l’investissement, de la pension du personnel, du congrès national, de la gouvernance de la LRC, des coquelicot et souvenir et des sports. Ses responsabilités de comité actuelles comprennent la vice-présidence aux anciens combattants, services et ainés, un poste à la Ligue royale des anciens combattants du Commonwealth, et un à la solde.M. Frost a quitté Hydro Ontario, où il a passé 29 ans, en 2002. Ses passe-temps comprennent les randonnées, la photographie, le jardinage, le golf, la chasse et la pêche. Une médaille du ser­vice méritoire lui a été décernée. Son épouse Lynn et lui ont élevé deux filles, Sarah Lynn et Estelle Yvonne.


GRAND PRÉSIDENT HONORAIRE Charles Belzile, 75 ans, est un lieutenant-général très décoré à la retraite. Il a quitté sa ville natale, Trois-Pistoles (Qc) pour aller à l’Université de Montréal et il est devenu militaire en 1951. Il a pris sa retraite en 1986, ayant passé cinq ans comme commandant de l’armée. En tout, durant ses nombreuses années de service militaire il a été en poste en Corée, en Allemagne, à Chypre et au Canada. Il en est à sa huitième année comme grand président honoraire et il se dévoue à des activités qui encouragent le souvenir et améliorent la sécurité nationale. Il a été président des débats de la Conférence des associations de la défense et président de la Fondation canadienne des champs de bataille. Il est gouverneur honoraire de la division d’Ottawa des commissionnaires, membre du comité consultatif de l’ombudsman d’Anciens combattants Canada, et membre de l’Institut de la Conférence des associations de la défense.Parmi ses nombreuses décorations, il y a : membre de l’Ordre du Canada, Commandeur de l’Ordre du mérite militaire, frère officier de l’Ordre très vénérable de l’hôpital de Saint-Jean-de-Jérusalem, Décoration des Forces canadiennes (trois barres) et Commandeur de la Légion d’honneur, que lui a décernée le gouvernement français. Son épouse Janet et lui ont deux filles, Denise et Suzanne.

Rapport De La Capitale Nationale: Détente Royale

Le commander de zone Roger Purnell de la Nouvelle-Écosse/Nunavut (à g.) sourit avec le prince Floris et la princesse Aimée. [PHOTO : SHARON ADAMS]

Les délégués ayant fait sérieusement leur travail au Congrès national, ils ont hâte d’aller aux soupers et aux réceptions organisés par les filiales et les directions divisionnaires de la Légion pour rencontrer des gens et s’amuser.

Cette année, les divertissements et les rencontres sont vraiment royaux, grâce au filleul de la Légion royale cana­dienne, le prince Floris de Hollande et à son épouse, la princesse Aimée. « Je veux rencontrer autant de mes parrains et marraines que possible », dit le prince durant les cérémonies d’ouverture du 42e Congrès national de la Légion qui a lieu du 21 au 25 juin à Ottawa. Et il le fait bel et bien au cours des jours qui suivent.

La filiale Orléans, dans l’Est d’Ottawa, a organisé, de façon typique, une soirée de la Nouvelle-Écosse/Nunavut. Le prince, qui a été investi citoyen honoraire du Cap-Breton au Congrès de 2000, arrivé en tartan glengarry du Cap-Breton et on les a ovationnés. La princesse Aimée est investie également avant la fin de la soirée. Le couple est aussi intronisé dans le Official Order of The Sou’wester lors d’une cérémonie durant laquelle ont doit avaler une once de rhum noir et se faire oindre d’eau de l’Atlantique.

« Ils étaient habillés simplement et ils se sont mêlés au groupe », dit Vicki Jones, commander de la zone Cowichan and Mid-Island de Nanaïmo (C.-B.). « Les gens les approchaient constamment pour leur parler et prendre des photos, et ça n’a pas été découragé. Comme s’ils étaient n’importe qui. Je pense qu’ils se sont sentis acceptés. »

Le couple s’est fait beaucoup de nouveaux amis à cette manifestation où sont allées quelque 600 personnes.

On se fait souvent des amis aux congrès, comme c’est le cas des sosies Pat Doyle de Charlottetown (Î.-P.-É.) et Tom Aldridge d’Ormstown (Qc). Ils se sont rencontrés pour la première fois au Congrès national de 2002 à Edmonton après qu’ils aient été pris l’un pour l’autre, y compris par des membres de leur famille. « Tout à coup, on a eu une réputation de bêcheur », dit Aldridge.

« J’étais sorti fumer et je me suis mis à parler à Tom; alors je me suis demandé pourquoi il ne me répondait pas », dit le vice-président Norm Shelton de la Division du Québec. En même temps : « j’ai promené mon regard vers la délégation du Québec et je me suis demandé pourquoi Pat était assis avec eux », dit Cathy Kerr, l’épouse de Doyle. « Et puis comment avait-il fait pour traverser la salle sans que je m’en aperçoive? »

Quand ils se sont trouvés face à face, « c’était comme si on se regardait dans un miroir », dit Doyle. Ils ne font pas que se ressembler. Ils se sont mariés à peu près en même temps et ont trois enfants chacun. Ils gagnent leur vie tous deux en conduisant, portent des lunettes et ont une barbe.

Ils commandent la même sorte de bière et chacun termine les farces de l’autre. Ils vont aux mêmes congrès et réceptions, souvent habillés de la même façon. Cette année, ils portent une chemise vert pâle à un souper, à l’improviste, à la terrasse d’un restaurant où le contingent du Québec chante Alouette à pleine voix, les convives des autres provinces se joignant à eux, en l’honneur de la St-Jean-Baptiste.

Cathy Kerr de Charlottetown confond Tom Aldridge (à d.) et son mari Pat Doyle (à g.). [PHOTO : SHARON ADAMS]

 Joe Kelly de Fenelon Falls (Ont.) expose ses épingles. [PHOTO : SHARON ADAMS]

Quand le petit-fils de Kerr, Matthew Doyle, a vu une photo du duo, il en a conclu qu’il avait deux pépés.

Aldridge dit que c’est de plus en plus facile de les distinguer l’un de l’autre. « J’ai un an de plus et je suis plus beau », dit-il pour rire. Mais comment serait-ce possible, vu qu’ils se ressemblent tant? « Ses cheveux sont plus gris que les miens. »

Joe Kelly, comman­­dant de la zone Fenelon Falls (Ont.), à environ 1 h 1⁄2 au nord de Toronto, collectionne les épingles et les amis aux congrès depuis 35 ans.

Cette année, il était tout joyeux d’obtenir sa première épingle de Terre-Neuve-et-Labrador, laquelle a été ajoutée aux 300 ou 350 autres qui recouvrent son gilet.

La collection de Tony Steenbergen de Brockville (Ont.) se dénombre aussi dans les centaines, qui lui ont été offertes par des amis et des connaissances de la Légion. « J’ai été à plus de 80 congrès », zones, districts, divisionnaires, nationaux et internationaux, dit-il.

Il dit que s’il est citoyen canadien, c’est grâce à la Légion. « J’y suis entré il y a 21 ans »; il était encore citoyen hollandais. Ce n’est qu’au bout de cinq ans que quelqu’un s’est aperçu qu’il n’était pas membre en bonne et due forme à cause de sa citoyenneté. « Alors je suis devenu Canadien; en 1993. » Il a des amis légionnaires d’un océan à l’autre et il espère s’en faire encore d’autres au prochain congrès.

Rapport De La Capitale Nationale: Vote Pour Le Changement

[PHOTO : JENNIFER MORSE]

C’était un moment historique pour la Légion royale canadienne et, bien que le terrain du 42e Congrès national avait été préparé avant, c’est le président national Jack Frost qui a donné le ton du débat sur la gouvernance. « L’avenir de la Légion est entre nos mains, pas seulement celles de la Direction nationale », dit-il aux plus de 1 350 délégués assemblés au Centre des congrès d’Ottawa entre le 21 et le 25 juin. « Écoutez vos camarades et puis décidez. »

La structure même du Conseil exécutif national, l’organe qui gouverne la Légion entre ses congrès bisannuels, était en jeu. Le CEN était composé de 40 personnes au début du congrès, soit neuf membres du sous-exécutif, 26 représentants de division, un membre de la Section des anciens combattants tuberculeux et quatre membres non votants. Les membres du sous-exécutif étaient des élus : le président, le premier vice-président, quatre vice-présidents, le trésorier, le président des débats, et le président sortant. Les représentants de division étaient choisis d’après un système qui donnait deux représentants à une division ayant jusqu’à 35 000 membres, plus un représentant de plus pour chaque tranche supplémentaire de 35 000 membres. Les membres non votants étaient le grand président honoraire et les présidents des comités de constitution et loi, de la défense et des honneurs et récompenses.

La Commission de la Légion royale cana­dienne sur la gestion, la représentation et la structure des directions, établie par le CEN en février 2007, avait préparé le terrain de la discussion. La commission avait étudié l’histoire et la structure de la Légion et fait son rapport au CEN en février dernier. Le CEN accepta de renvoyer les recommandations du rapport au congrès pour la décision finale.

C’est le président de la commission, Steve Wessel de la Division de la Nouvelle-Écosse/Nunavut, qui devait l’apporter au congrès. « On avait demandé à la commission, au début, d’oublier toute préconception à propos de la structure de la Légion et tout sentiment de pouvoir que certains associent aux postes élus ou découlant du nombre des effectifs. »

Wessel dit que le sociétariat avait perdu 36 p. 100 de sa grandeur maximale (602 489, en 1984), à 388 584, en 2006 et pourtant la taille du CEN n’avait pratiquement pas changé. Il dit que des mesures ont été prises pour réduire le cout des réunions du CEN mais qu’on n’avait encore rien fait par rapport à sa grandeur. « Vu la hausse de ce que réunir les 40 membres du CEN coute, on avait réduit le nombre de ces réunions de deux à une par année, plutôt que de conserver le programme de deux réunions par année tout en réduisant le nombre de gens qui y prennent part », dit-il.

Les propositions de la commission étaient contenues dans trois motions présentées aux délégués. La première était de réduire le nombre de représentants à 10 : un par division. D’après la deuxième motion, le nombre de vice-présidents, de quatre, serait réduit à deux. La troisième éliminerait des réunions des dirigeants supérieurs tout seuls pour qu’on ait trois réunions du CEN au complet par année. Les dirigeants supérieurs ne se réuniraient tout seuls qu’une seule fois, pour s’occuper du budget et du personnel.

« En acceptant les motions recommandées par le CEN, vous faites de la Légion royale canadienne une organisation plus efficace à son entrée dans la deuxième décennie du 21e siècle, pour qu’elle réussisse mieux dans son mandat qui est de plaider pour les anciens combattants et de perpétuer le souvenir », dit Wessel pour conclure. « Comme on dit dans l’éditorial de mai/juin de la revue Légion, il faut le courage de s’analyser soi-même. »

C’est sûr que ces mesures ne vont pas faire des heureux à la plus grande division de la Légion, celle de l’Ontario. C’est elle qui, ayant six représentants au CEN, avait le plus à perdre suite à la recette d’un représentant par division.

Il y avait 1 356 délégués enregistrés le premier jour du congrès. L’Ontario, vu son avantage de division hôtesse, avait 629 délégués, 50 de moins qu’il fallait pour la majorité, même si tous ses délégués votaient en bloc.

La disposition des sièges aussi rendait les camps évidents, la Division de l’Ontario prenait les sièges depuis le milieu jusqu’à l’arrière de la salle et les divisions plus petites étaient plus près de l’estrade.

À propos de la première résolution, le président George O’Dair de la Division de l’Ontario dit : « nous félicitons la commission de son travail. Nous acceptons qu’il faille changer. Toutefois, ces motions sont excessives et trop rapides ».

Plutôt que contester, O’Dair avait préparé une modification à la première motion. La modification ferait qu’il y eut un représentant par division plus un autre tous les 35 000 membres. Cette recette aurait donné un CEN de 26 ou 27 membres à peu près.

« Je regrette mais cette modification est contraire à l’intention de la motion, alors elle est inacceptable », dit Irvine et un grondement s’éleva, de l’arrière de la salle, en désaccord.

« Est-ce que vous contestez ma décision? » demanda Irvine. Quand un « oui » puissant se fit entendre, il demanda aux délégués de montrer leur carton vert pour indiquer leur vote. Presque tous les cartons en avant de la salle furent levés quand Irvine demanda aux délégués qui acceptait sa décision. Quand ce fut le moment d’indiquer le désaccord, la plupart de ceux de l’arrière de la salle levèrent leur carton. Il ne restait plus qu’à faire un scrutin par debout.

Les whips comptèrent leur section et il était manifeste que les désirs des caucus ne chancelaient pas du tout. En fin de compte, il y avait 684 pour et 649 contre la décision de la présidence.

Irvine annonça ensuite que le CEN lui avait donné la consigne de demander un vote secret pour la première motion. On appela les scrutateurs, dirigés par l’ancien président Allan Parks, pour qu’ils ramassent les bulletins marqués d’un « oui » ou d’un « non ».

Quand les scrutateurs revinrent, quelque deux heures après, on annonça que la résolution avait été adoptée. Irvine passa ensuite aux deux autres motions sur la gouvernance. Cependant, il y eut une autre contestation comme quoi il avait fallu trop longtemps pour faire le décompte des bulletins et que le vote sur les deux motions suivantes se fasse par carton vert. On demanda aux délégués s’ils étaient d’accord; oui! s’écrièrent-ils.

O’Dair fut le premier à se rendre au micro à propos de la seconde motion, qui avait pour but de réduire le nombre de vice-présidents de quatre à deux, pour demander une modification qui réduirait le nombre des vice-présidents à trois plutôt qu’à deux. Une bonne majorité était en faveur de la modification.

Étant donné que personne d’autre ne prenait la parole, Irvine demanda un vote sur la motion telle que modifiée. Cette fois-là, les divisions de la Colombie-Britannique/Yukon et de l’Alberta-Territoires du Nord-Ouest votèrent comme l’Ontario, et la résolution fut adoptée facilement.

Il ne restait donc plus que la troisième motion sur la gouvernance, qui servait à faire cesser les réunions des officiers élus et du président sortant en tant qu’organe séparé appelé sous-exécutif et que le CEN, plus petit mais au complet, se réunisse trois fois par année, les dirigeants supérieurs ne se réunissant en plus que pour s’occuper du budget et du personnel.

O’Dair fut à nouveau le premier au micro. Vu le nouveau nombre de vice-présidents, il allait falloir modifier cette motion pour corriger les chiffres. Cependant, la modification de O’Dair remplaça la portion « À ces causes il est résolu » d’une façon qui ne touchait pas la grandeur du CEN mais il se réunirait au complet deux fois par année. Irvine demanda un vote sur la motion telle que modifiée, mais le congrès n’était plus au diapason. Le vote fut pratiquement unanime. En fin de compte, le congrès avait voté pour un CEN de 21 personnes (huit dirigeants supérieurs, dont le président sortant, 10 représentants de direction, un de la SACT et deux membres non élus) qui se réuniront deux fois l’an. Les dirigeants supérieurs ne se réuniront séparément chaque année que pour décider du budget.

Et tout cela passa à l’histoire. Le Conseil exécutif national a une structure gouvernante grandement dégraissée.

Le secrétaire national Duane Daly rappela aux délégués, lors des cérémonies de fermeture, qu’il y aurait une réunion du nouveau CEN le lendemain, avec ses nouveaux dirigeants élus et un représentant de chaque division.