Un jeune gagne pour la deuxième fois aux concours littéraires et d’affiches

Un gagnant des concours littéraires et d’affiches de 2013 a transmis son message pour la deuxième fois. Owen Brown de Guelph (Ont.), âgé de 17 ans, voudrait que les jeunes gens comprennent bien que les soldats et les anciens combattants sont de vraies personnes qui ont accepté une charge que les jeunes d’aujourd’hui ne peuvent qu’imaginer.

« Ces gens ont porté un si lourd fardeau », dit Brown, qui a obtenu la première place deux fois d’affilée au concours d’affiches noir et blanc chez les séniors. Son affiche, inscrite par la filiale Waterloo, montre un jeune soldat et un ancien combattant côte à côte sous les mots The Weight of our Freedom (Le poids de notre liberté, NDT). Des scènes dessinées où leurs épaules se touchent, de bataille au sol, en mer et dans les airs, représentent « la contrainte et la douleur qu’ils ont subies », dit Brown. Elles représentent le poids de la liberté pour leur génération.

« Ce sont de vraies personnes qui ont fait des sacrifices pour nous, et nous nous devons de les honorer et de nous souvenir d’elles. » Le Souvenir : le poids de la liberté pour cette génération.

Dans Remembering the Brave (En souvenir des courageux, NDT), le poème en première place dans la catégorie intermédiaire, Emma Giesbrect de Comox (C.-B.) indique qu’elle comprend le danger pour le Souvenir que représente le temps qui passe.

 

Souvenez-vous de ceux qui ont donné leur vie,
De ceux qui ont été blessés,
Et de ceux qui ont survécu.
Souvenez-vous des sacrifices que les héros ont faits
Maintenant que le temps fait son œuvre et que les souvenirs s’estompent.

Et Colton Smith de Parrsboro (N.-É.), qui a obtenu la deuxième place grâce au poème Proud (Fier, NDT), aspire à un Souvenir plus durable.
Ils vivaient dans des trous, subissant tout
Ce que Dame Nature leur imposait,
Attendant dans un mélange de terre,
Et de mort…

Ils sont près de nous aujourd’hui,
Honorés rien qu’un jour
Après s’être battus pour notre liberté.
Avoir risqué leur vie…

Plus de 100 000 écoliers prennent part aux concours littéraires et d’affiches annuels de la Légion, préservant cette tradition concernant le Souvenir qui dure depuis 50 ans. Les jeunes gens ont de moins en moins d’occasions de faire connaissance avec des personnes qui ont fait l’expérience de la guerre, car les générations qui ont vécu pendant la Seconde Guerre mondiale et pendant celle de Corée s’éteignent. Cette année, une seule inscription gagnante concernait les expériences d’un parent.

Frances Milner de Peterborough (Ont.), âgée de 11 ans, a interviewé son grand-père, Peter Milner, qui a servi pendant la Seconde Guerre mondiale en tant que navigateur de bombardier Lancaster, et elle a obtenu la première place en composition dans la catégorie junior. Son grand-père lui avait raconté ses expériences, lesquelles ne ressemblent pas du tout à la vie de tous les jours.

« Son travail était difficile parce que ce n’était vraiment pas facile de se concentrer malgré tout le bruit et l’agitation dans l’avion pour arriver à la cible au bon moment », écrivait-elle. Il a été blessé à une jambe lors d’une attaque par un avion de chasse allemand. Toutefois, « il n’y avait pas que des temps difficiles […] il a noué des amitiés avec ses coéquipiers qui ont duré toute la vie et a eu du plaisir avec eux bien des fois. »

« Il dit qu’il n’a fait que ce qu’ont fait des millions d’autres […]. Il ne s’estime pas héros, mais moi, si. »

[Premières places chez les affiches de Owen Brown de Guelph (Ont.)] [Premières places chez les affiches de Emily (Xiao) Yu de Calgary] [Premières places chez les affiches de Justine Jasmine Morin de Prince Albert (Sask.)] [Premières places chez les affiches de Ginny Hsiang de Surrey (C.-B.)]

Frances nous dit qu’il est difficile pour les jeunes d’aujourd’hui d’apprécier les contrastes du service d’alors, les temps vraiment très durs et les temps vraiment bons, la peur et la fierté, appartenir à quelque chose de plus grand que soi. « Personne ne sait vraiment […] personne qui n’a pas servi », dit-elle.

Les œuvres gagnantes de 2013 montrent qu’il existe des jeunes qui saisissent les expériences vécues par les générations précédentes. Il y en a qui tirent parti de leur imagination pour se mettre dans la peau de ceux qui se sont battus pour leur patrie et en soutenir les valeurs. Il y en a d’autres qui comparent leurs expériences avec celles des générations passées. Beaucoup se concentrent sur le devoir de se souvenir et sur son importance.

Daniela Gallardo de Dieppe (N.-B.), qui n’a pas d’exemple dans sa famille, s’est servie de son imagination pour atteindre la première place en composition dans la catégorie séniore envoyée par la filiale Moncton. Elle s’est mise dans la peau d’une infirmière militaire en Sicile pendant la Seconde Guerre mondiale. « Les gens ne savent toujours pas aujourd’hui comment c’était vraiment; ils ne comprennent pas vraiment ce que nous avons fait. Nous étions des soldats tout comme les hommes, et nous apportions des bandages pour guérir plutôt que des fusils pour tuer. » Elle écrit, à propos des jours éreintants, sur le fardeau émotif : « des innombrables nuits blanches, des quarts de travail qui n’en finissent pas ». Pourquoi se sont-elles portées volontaires? « Si ce n’avait pas été moi, qui aurait-ce été? Il fallait bien que quelqu’un ramasse les pots cassés. » Et ensuite, faire en sorte que l’expérience ne soit pas oubliée. « Mon expérience à la guerre et celle de tous les autres soldats doivent subsister. Elles doivent subsister pour prouver que même en des temps les plus sombres, il y a de l’espoir. »

[Affiche couleurs en première place de Vince Ropitini de Medicine Hat (Alb.)] [Affiche noir et blanc d’Angel Qiu de Vancouver]

En tant que Canadienne de première génération dont les parents ont émigré du Salvador il y a à peu près 20 ans, Daniela, âgée de 15 ans, voulait écrire sur la guerre en prenant un point de vue autre que celui d’un soldat. Les activités liées au souvenir resserrent ses liens avec le Canada, lui font apprécier encore plus tout ce qu’elle a, nous dit-elle.

Quant à Melissa Liu, gagnante de la deuxième place séniore, et Robert Deacon, qui a remporté la première place intermédiaire, ils décrivent de vieux anciens combattants au service du jour du Souvenir.

Liu de Surrey (C.-B.) décrit la manière dont les services font ressurgir d’affreux souvenirs chez un survivant de la bataille d’Ortona : les nuits quand on est seul avec sa peur, les visages des camarades tués, le bruit de pas dans les gravats. « La cérémonie est tout à coup terminée, mais les souvenirs de 1943 retentissent toujours dans sa tête. »

[Première place dans la catégorie primaire des affiches noir et blanc de Joseph Brink de Brampton (Ont.)] [Première place dans la catégorie primaire des affiches couleurs de Joseph Brink de Brampton (Ont.)]

Deacon de Victoria écrit sur un ancien prisonnier de guerre dans A Field of Red (Un champ rouge, NDT). « Les gens qui m’entourent portent tous un coquelicot… Pour certains d’entre eux, comme pour moi, c’est un symbole d’expériences personnelles. Pour d’autres, c’est un moyen de ne jamais oublier un être aimé. Et pour tous, porter un coquelicot est une manière spéciale de rendre hommage à ceux qui se sont battus et qui sont morts pour faire de notre pays ce qu’il est aujourd’hui. »

Dans Through the Eyes of a Soldier (Dans les yeux d’un soldat, NDT), qui lui a fait obtenir la deuxième place dans la catégorie de poésie intermédiaire, Jack Thomas Moulton de Manotick, en Ontario, écrit sur le soldat canadien proverbial.
Dans les yeux d’un soldat, je vois une vieille âme
Je vois les plages de la Normandie, l’agonie de la Bosnie,
La victoire à la crête de Vimy, le désespoir en Afghanistan.
Dans les yeux d’un soldat, je vois un jeune soldat
Qui a décidé avec courage de se battre pour notre liberté
La famille est abandonnée pendant des mois ou toute une vie…
Dans les yeux d’un soldat, je vois un cœur immense
Qui indique de quoi est fait le Canada, à tout prix…
Katelyn Hogan de Northern Bay, de Terre-Neuve, a gagné le premier prix sénior grâce à un poème inscrit à la filiale Carbonear. Ce dernier, intitulé I’ve Been Lucky, I Know (J’ai eu de la chance, je sais, NDT) compare la vie des jeunes durant la guerre à celle de sa propre génération qui n’a à s’inquiéter que de l’heure à laquelle il faut rentrer, de la date où l’on doit remettre ses devoirs ou de celle des examens.
J’imagine qu’à vos yeux
Mes problèmes sont insignifiants,
Alors quant à la guerre,
Il est difficile de comprendre.
J’ai eu de la chance, je sais,
Qu’on m’ait épargné la douleur
D’une nouvelle indiquant
Que ma sœur serait perdue.
Ou d’être le petit garçon,
Dont les larmes ont coulé,
Quand il voulait son papa,
Et à qui l’on a plutôt donné un drapeau.
Phillip Sevigny de Cowansville (Qc), dont le poème War Is Not A Video Game (La guerre n’est pas un jeu vidéo, NDT) montre qu’on peut discerner la réalité de la fantaisie même si l’on fait partie de la génération des jeux électroniques, a obtenu la deuxième place dans la catégorie juniore.
La guerre n’est pas un jeu vidéo,
On n’a pas trois vies.
On est chanceux si l’on
Rentre chez soi vivant.
Il n’y a pas de drapeau qui donne la vie,
On ne réapparait pas simplement,
On ne peut pas faire la paix en courant,
Ce sont des hommes sur qui l’on tire, pas des cerfs.
On ne peut pas faire faire une pause à la guerre,
On ne peut pas sauvegarder et exécuter.
Les chars d’assaut ne sortent pas des jeux,
L’arme à feu dont on se sert n’est pas un jouet.
Il y a deux divisions dans les concours : la poésie et la composition dans celle des concours littéraires, et les noir et blanc et les couleurs dans celle des concours d’affiches. Les prix sont remis selon les niveaux primaire (de la maternelle à la 3e année), junior (de la 4e à 6e année), intermédiaire (de la 7e à 9e année) et sénior (de la 10e à 12e année).

Les inscriptions méritant une première place, quel que soit le niveau, sont exposées au Musée canadien de la guerre pendant une année. Celles qui méritent une deuxième place ou une mention honorable sont exposées au foyer des édifices du Parlement pendant la semaine du Souvenir, au mois de novembre.

En outre, la Légion parraine les gagnants des quatre catégories séniores à la cérémonie nationale du Jour du Souvenir, à Ottawa, où ils déposent une couronne de la part des jeunes Canadiens et où ils font la connaissance du gouverneur général.

C’est la troisième fois que Brown assistera à la cérémonie nationale. En 2010, il a accompagné son frère Jonathan qui, lui aussi, avait eu la première place au concours d’affiches noir et blanc. Ce voyage a inspiré Owen à créer son affiche gagnante en 2012. Être invité lui-même à assister au service national l’a transformé. « Je suis passé d’une sorte de comportement passif, vers le Souvenir, à une contenance plus déterminée. Je me sens à même de décider de faire davantage d’efforts pour le souvenir et je me sens reconnaissant. »

Résultats nationaux de 2013

SÉNIORS

AFFICHES EN COULEURS — première : Ginny Hsiang de Surrey (C.-B.); deuxième : Mackenzie Wintyr Chorney d’Unity (Sask.); mention honorable : Erica Peterson-King de Kingsville (Ont.).

AFFICHES EN NOIR ET BLANC — premier : Owen Brown de Guelph (Ont.); deuxième : Catharina Venter de Virden (Man.); mention honorable : Jon (Hwec Dong) Yoo de West Vancouver (C.-B.).

POÉSIE — première : Katelyn Hogan de Northern Bay (T.-N.); deuxième : Colton Smith de Parrsboro (N.-É.); mention honorable : Evan Whitfield de Marwayne (Alb.).

COMPOSITION — première : Daniela Gallardo de Dieppe (N.-B.); deuxième : Melissa Liu de Surrey (C.-B.); mention honorable : Jean-Christophe Slattery de Longlac (Ont.).

INTERMÉDIAIRES

AFFICHES EN COULEURS — première : Justice Jasmine Morin de Prince Albert (Sask.); deuxième : Hayley Bouwman de Chatsworth (Ont.); mention honorable : Chen, Ching-Ting (Melody) de Richmond (C.-B.).

AFFICHES EN NOIR ET BLANC — première : Emily (Xiao) Yu de Calgary; deuxième : Vera Liu de Vancouver;  mention honorable : Casey Xue Li O’Neill de Belleisle Creek (N.-B.).
POÉSIE — première : Emma Giesbrect de Comox (C.-B.); deuxième : Jack Thomas Moulton de Manotick (Ont.); mention honorable : Autumn Della Grace Bennett de Monastery (N.-É.).

COMPOSITION — premier : Robert Deacon de Victoria (C.-B.); deuxième :  Natalie Arsenault de Moncton (N.-B.); mention honorable : Robyn Ann Boytinck de Fairview (Alb.).

JUNIORS

AFFICHES EN COULEURS — premier : Vince Ropitini de Medicine Hat (Alb.); deuxième : Kaela Whittingham d’Aurora (Ont.); mention honorable : Vicky Chen de Surrey (C.-B.).

AFFICHES EN NOIR ET BLANC — première : Angel Qiu de Vancouver; deuxième : Marion Hofer de Holden (Alb.); mention honorable : Desirée Boulter de Bruce Mines (Ont.).

POÉSIE — première : Navin Dosanjh de Surrey (C.-B.); deuxième : Phillip Sevigny de Cowansville (Qc); mention honorable : Amber Thiessen de Maryfield (Sask.).

COMPOSITION — première : Frances Milner de Peterborough (Ont.); deuxième : Jasmine Poirier d’Hemmingford (Qc); mention honorable : Tyler Smith d’Ellerslie (Î.-P.-É.).

PRIMAIRES

AFFICHES EN COULEURS — premier : Joseph Brink de Brampton (Ont.); deuxième : Ida Yang de Surrey (C.-B.); mention honorable : Samantha Schurman de Kensington (Î.-P.-É.).

BLANC ET NOIR EN AFFICHES — premier : Joseph Brink de Brampton (Ont.); deuxième : Jessica Hofer de Holden (Alb.); mention honorable : Dahlia Maendel de Pilot Mound (Man.).

Le Nouveau-Brunswick remporte le championnat du jeu de la huit

Comme la dernière fois, c’est l’équipe recevante qui remporte les honneurs, l’équipe du Nouveau-Brunswick s’étant classée au premier rang lors du deuxième Championnat national du jeu de la huit.

Lors du weekend diluvien des 25 et 26 mai à Fredericton, l’équipe de la capitale a gagné le tournoi comme l’avait remporté celle de la Division de la Colombie-Britannique–Yukon quand cette dernière avait organisé le premier tournoi à Victoria. La victoire de cette année n’a cependant pas été décisive. L’équipe rivale atlantique, celle de la Nouvelle-Écosse–Nunavut, comptait à peine trois victoires en moins. Les équipes du Manitoba–Nord-Ouest de l’Ontario et de l’Ontario les talonnaient à quatre victoires seulement de la première place et sont arrivées ex aequo en troisième.

C’est la filiale de Fredericton, laquelle borde le fleuve St. John, qui avait organisé cette épreuve du tout dernier des sports de la Direction nationale. Les particularités de cette épreuve sportive, qui s’ajoute aux jeux de prédilection établis que sont le cribbage, le curling et les fléchettes, étaient encore en train d’être codifiées.

« Ça marche vraiment bien pour l’instant; je touche du bois, dit en riant le représentant du Comité national des sports, Norman Shelton. Mais c’est génial jusqu’à présent. »

À ce tout nouveau sport national, on se sert d’une version légèrement remaniée du règlement de la World Pool-Billiard Association. « On l’a utilisé comme modèle, mais il n’est pas gravé dans le marbre », nous explique l’arbitre en chef, Roger Miller, lorsqu’il est question de préciser les préceptes du sport. « Si un problème se pose, on organise une réunion avec un membre de chaque groupe et on le règle. Pourvu que les capitaines soient d’accord, tout va bien. Ça s’est très bien passé. Très en douceur. »

 Les champions sont (de g. à d.) Maurice Hicks, Jeff McAllister, Stephen Wells et Norm Saunders. [PHOTO :  SHANE ROCKLAND FOWLER]

Neuf équipes provenant de partout au pays sont entrées en lice au cours de la fin de semaine conformément à ce règlement. Les divisions étaient toutes représentées à part celle des tenants du titre. La Division du Québec n’y avait pas eu part l’année dernière, mais elle a envoyé une équipe cette fois-ci. Vu l’absence d’une équipe de la C.-B.–Yn, la première place reviendrait forcément à un nouveau concurrent.

Les parties ont commencé officiellement après la cérémonie d’ouverture qui a eu lieu le samedi matin.

Les trois tables ont été sans cesse occupées pendant deux journées. Le son des billes s’entrechoquant et celui des bris sporadiques ponctuaient le brouhaha des conversations tenues par des Canadiens de partout.

Il y avait des encombrements autour des tables quand les nouvelles équipes s’apprêtaient à remplacer celles qui venaient de terminer. On entendait des « bonne chance » et des « bonne partie » lorsque les nouveaux joueurs croisaient ceux qui avaient terminé leur tour.

Chaque division avait envoyé quatre joueurs à Fredericton. Chacune des équipes avait dû se classer au plus haut niveau de sa division pour avoir le droit de la représenter à la compétition de la Direction nationale.

Brian Bartkow (3e de g. à d.) Tom Doherty, Norman Shelton et Richmond Nixon. [PHOTO : SHANE ROCKLAND FOWLER]

Les deux personnes s’étant le mieux illustrées au sein de leur propre équipe auraient l’occasion de prendre part au tournoi des doubles qui se déroulerait après celui des équipes. Puis les meilleurs joueurs de ces duos se mesureraient à la compétition individuelle, et l’on couronnerait un gagnant parmi eux.

« Tout le monde ici aime le billard, dit le président du comité des préparatifs locaux, Tom Doherty. Et tout le monde ici est venu s’amuser. » Doherty est un des hommes qui avaient assumé la responsabilité de conceptualiser le tournoi et de faire accepter le jeu de la huit en tant que sport de niveau national.

« Je me trouvais là-bas il y a trois ans, dit-il en montrant l’autre côté de la salle. Il fallait qu’on en fasse un sport national, qu’on écrive la motion. Beaucoup de travail. »

Et la persistance a porté ses fruits. « Si on l’a obtenu, c’est parce qu’on n’a pas lâché, dit Doherty. Et ça en a vraiment valu la peine. » On ne risquerait pas de se tromper en disant que les gens présents dans la salle ce samedi étaient tous d’accord là-dessus.

Étant donné que chaque joueur devait faire neuf parties en tout, la compétition n’a pas arrêté pendant l’heure du dîner. Les meilleurs se sont démarqués alors qu’on entendait le bruit des bris et le tintement des verres, et que l’odeur des crosses de fougères en cuisson flottait dans la salle.

L’équipe gagnante reçoit ses prix. [PHOTO : SHANE ROCKLAND FOWLER]

Les premiers de chaque association ont commencé à se révéler au bout de six tours. Quatre divisions partagées entre deux associations s’inscrivaient en tête de lice.

À la première association, Rick Hutcheon de la filiale Norwood-St. Boniface de St. Boniface (Man.) et Brian Bartkow de la filiale A.H. Foster MM Memorial de Kingston (N.-É.) étaient ex aequo en première place à 13 points.

Stephen Wells de l’équipe néo-brunswickoise de Sackville était à la tête de la troisième association à 12 points. Il n’avait qu’un point d’avance sur Steve West de la filiale Memorial d’Owen Sound (Ont.) de la 4e association.

Bien que les pointages fussent serrés, on ne ressentait guère de tension. C’est plutôt la camaraderie qui régnait durant le tournoi. Quelques joueurs avaient pris part à l’épreuve l’an dernier, et il y avait aussi plusieurs nouveaux visages au-dessus des tapis verts. Beaucoup d’entre eux n’étaient jamais venus à la province pittoresque du Canada.

« Il y en a qui sont venus une semaine d’avance et qui ont loué un petit chalet dans la région, dit Doherty. Et il y en a qui se sont trompés de chemin et ont vu plus de choses que prévu. »

Le représentant du Comité national des sports, Norman Shelton, s’adresse aux joueurs. [PHOTO : SHANE ROCKLAND FOWLER]

Selon Doherty, une équipe qui avait grand hâte de voir la Nouvelle-Écosse s’est trompée de chemin et est allée faire un tour en Île-du-Prince-Édouard. On ne peut expliquer comment ils se sont mépris sur le pont de la Confédération. « Ils sont passés par trois provinces en quelques heures à peine », dit-il en riant.

La forte pluie n’avait de cesse. Jouer au billard à l’intérieur était donc le meilleur moyen de s’en abriter.

L’équipe du Nouveau-Brunswick formée du capitaine Wells, de Maurice Hicks, de Norm Saunders et de Jeff McAllister a réussi à maintenir sa place à la tête du peloton. La prestesse dont elle avait fait preuve au départ a été suffisante pour lui faire toucher la ligne d’arrivée en premier, ce qu’elle a fait en inscrivant 41 points en tout.

L’équipe de la Nouvelle-Écosse–Nunavut formée de Bartkow, Chris Marsh, Bob Moore et Brian Thomas, à 38 points, est arrivée en deuxième place. L’Ontario et le Manitoba–Nord-Ouest de l’Ontario ont partagé le bronze grâce à leurs 37 points. L’équipe de l’Alberta–Territoires du Nord-Ouest, de la filiale Drayton Valley, a marqué 33 points, ce qui n’est certes pas à dédaigner. Celle de l’Î.-P.-É., qui se distinguait grâce à ses chemises rouges, a obtenu 30 points en tout. Celle de la filiale Dr. William Collingwood Memorial de Placentia (Terre-Neuve-et-Labrador) a réussi à inscrire 29 points. L’équipe de la Saskatchewan, de la filiale Estevan, n’était qu’à un point derrière elle. Et l’équipe du Québec, de la filiale Ste-Thérèse, a terminé le weekend à 15 points au tableau.

D’autres provinces ont gagné aux tournois des simples et des doubles. L’Ontario et la Saskatchewan ont battu respectivement le Manitoba et l’Alberta avant de se mesurer à la finale des doubles. La province des Prairies a fini par passer devant l’Ontario.

Dans le jeu des simples, les quatre meilleurs joueurs se sont battus pour le titre de meilleur joueur de l’année. Il s’agissait de Brian Bartkow de la Nouvelle-Écosse, de Steve West de l’Ontario, de Stephen Wells du Nouveau-Brunswick et de Rick Hutcheon du Manitoba. La demi-finale s’est passée entre Hutcheon et Bartkow, et c’est ce dernier qui est sorti victorieux sous les applaudissements de ses coéquipiers et de ses nouveaux amis.

Le weekend s’est terminé par un repas préparé sur les lieux et par les cérémonies de clôture. Le député provincial de Fredericton, Brian MacDonald, est venu avant la remise des trophées préciser aux joueurs qu’il ne pleut pas toujours ainsi au Nouveau-Brunswick.

Des promesses de récidiver l’an prochain, quand les championnats auront lieu à North Bay (Ont.), ont été faites pendant les discours de remerciements.

Reconnaissance du rôle des Autochtones à la guerre de 1812

Le rôle important qu’ont joué les guerriers autochtones, les Mohawks en particulier, pendant la guerre de 1812, est commémoré par un monument qui a été dévoilé le 21 juin à Kahnawake, au sud de Montréal.

Organisé par la filiale Mohawk de la Légion, le dévoilement s’est déroulé lors de la Journée des Autochtones.

L’événement a commencé par un défilé depuis la filiale jusqu’au cénotaphe de la ville qui se trouve juste en face de l’église Saint-François-Xavier, le sanctuaire de Kateri Tekakwitha qui a été canonisée en 2012 par le pape Benoît XVI.

« En juin 2012, au 200e anniversaire de la guerre de 1812, Kahnawake est l’une des communautés des Premières Nations ayant reçu une médaille et un drapeau commémoratifs présentés par le Canada de la part de Sa Majesté la Reine en reconnaissance de la participation des Mohawks de Caughnawaga à la guerre de 1812, dit le président de la filiale Mohawk, Louis Stacey. Le Canada n’existerait pas aujourd’hui si l’invasion des Américains de 1812-1815 avait réussi […] les Mohawks de Caughnawaga, en tant qu’alliés de l’Empire britannique, se sont battus […] aux côtés des Voltigeurs canadiens français. Leurs efforts conjoints et leur vaillant héroïsme ont servi à instituer ce qui allait devenir l’indépendance du Canada. »

Le président national, Tom Irvine, représentait la Direction nationale, et la Division du Québec était représentée par son président, Norman Shelton, son vice-président, Eugene Montour, et sa secrétaire, Paulette Cook. Russell McComber représentait l’association canadienne des anciens combattants autochtones.

À la cérémonie assistaient aussi des membres des Voltigeurs de Québec, un régiment qui s’est battu à côté des Mohawks à la bataille décisive de Châteauguay.

La cérémonie a commencé par des prières et une danse exécutée par Ray Deer et son fils, Bright Cloud.

Le consul général des États-Unis, Andrew Parker, a louangé les gens de Kahnawake qui ont joué un rôle important pour l’armée américaine et en tant que métallurgistes pour la construction des gratte-ciels de New York.

Le monument comprend l’image d’un guerrier mohawk modelé sur le sergent d’armes Eric Bush. Sur une plaque y est écrit en anglais, en français et en langue autochtone : « Les guerriers mohawks se sont battus aux côtés des soldats britanniques et des miliciens canadiens dans tous les théâtres de guerre et ils ont été le facteur décisif à bien des batailles. »

Les noms de 73 guerriers ayant servi avec distinction ont été inscrits sur les côtés du monument. Les noms figuraient dans les ordres de bataille, résumés d’action militaires où ont été mentionnés ceux qui se sont distingués, explique Christin Zachary, enseignant et avocat qui a fait des recherches sur l’histoire de la bande.

Zachary dit que les Mohawks se sont distingués à trois batailles importantes de la guerre : LaColle en 1812 et Châteauguay et Beaver Dams en 1813.

Les noms des guerriers ont été lus solennellement à voix haute lors du dévoilement du monument. « Il est important que les noms soient lus pendant la cérémonie, dit Zachary. Nous croyons que lorsqu’on dit son nom, la personne dont il s’agit reprend vie. »

D’autres cérémonies ont eu lieu partout au Canada en l’honneur de la Journée des Autochtones, dont un dépôt de couronnes à Ottawa, au Monument aux anciens combattants autochtones.

Saviez-vous que les officiers d’entraide sont à votre service?

Quels avantages les survivants recevront-ils?

Question : Je suis un ancien combattant qui reçoit une pension en vertu de la Loi sur la pension de retraite des Forces canadiennes (LPRFC), et je touche aussi une indemnité pour invalidité d’Anciens Combattants Canada. À quoi mon épouse aura-t-elle droit après ma mort?

Réponse : Pour ce qui est de l’indemnité pour invalidité d’Anciens Combattants Canada (ACC), lorsque le pensionné meurt, il se peut que le survivant reçoive le même montant que la pension d’invalidité ou de prisonnier de guerre (PdG) pendant une année. Le survivant recevra aussi, pendant une année seulement, l’allocation pour soins et l’allocation d’incapacité exceptionnelle si ces allocations étaient versées au pensionné au moment de son décès.

Une pension d’invalidité pour survivant sera versée après une année. Les autres allocations cesseront.

  • Si le pensionné recevait une pension d’invalidité payée à un taux de 48 p. 100 ou plus, le survivant a droit à une pension d’invalidité pour survivant entière (qui représente les trois quarts de la pension de base versée au pensionné célibataire calculée au taux de 100 p. 100, soit 1 944,99 $ par mois).
  • Si le pensionné recevait une pension d’invalidité calculée à un taux d’entre 5 et 47 p. 100, le survivant a droit à une pension de survivant égale à la moitié de la pension d’invalidité versée au moment du décès du pensionné.

Les conjoints ou conjoints de fait survivants qui se remarient continuent de recevoir les avantages du survivant.

Si vous bénéficiez d’une pension d’invalidité d’ACC, il se peut que vous bénéficiiez aussi du Programme d’autonomie des anciens combattants (PAAC). Des octrois semestriels sont versés, depuis le 1er janvier 2013, pour les services d’entretien du terrain (ET) ou d’entretien du foyer (EF) dans le cadre du PAAC. Tout nouveau client (ancien combattant, aidant naturel principal, ou conjoint survivant) qui fait une demande d’ET ou d’EF est automatiquement inscrit au programme de subvention. Une fois l’admissibilité vérifiée, l’Outil de détermination des subventions est utilisé pour calculer l’octroi que recevra le client. Si un récipiendaire rend l’âme après avoir reçu l’octroi, la succession n’est pas obligée d’en rembourser une partie. Cependant, le conjoint de l’ancien combattant récipiendaire, dans ces cas-là, doit refaire une demande; il est alors considéré comme étant un nouveau demandeur et le traitement de sa demande se fera en utilisant l’Outil de détermination des subventions. Les avantages seront versés s’il existe un besoin relativement à la santé.

Pour ce qui est de la pension des FC, la Partie 1 de la Loi sur la pension de retraite des Forces canadiennes (LPRFC) prévoit qu’à la mort du pensionné, le conjoint survivant a généralement droit à une indemnité annuelle égale à la moitié de la pension que recevait l’ancien militaire immédiatement avant son décès à condition que le mariage ait eu lieu avant que le pensionné ait atteint l’âge de 60 ans. Cette retraite annuelle est payable mensuellement à vie et est sujette aux augmentations annuelles du coût de la vie.

Les pensionnés devraient communiquer avec les Forces canadiennes par courriel à prestationauxsurvivants@forces.gc.ca pour les questions générales sur les avantages aux survivants.

Le bureau d’entraide veut vous entendre

Désirez-vous poser une question sur les réclamations pour invalidité ou les services d’Anciens Combattants Canada? Envoyez-les à À votre service à servicebureau@legion.ca.