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Les journées sont longues et parfois démentes, mais sans elles, les Forces canadiennes (FC) ne pourraient pas fonctionner outre-mer ni au pays. En règle générale, les hommes et les femmes qui font ce travail en coulisse pendant des jours — et des nuits — ne sont que rarement reconnus pour avoir accompli des tâches presque impossibles. Ils sont tous placés sous le Commandement du soutien opérationnel du Canada (COMSOCAN) et ils ont été extrêmement occupés à l’achèvement de la mission de combat canadienne de cinq ans en Afghanistan.

Les curleurs du Québec sont victorieux à leur deuxième chez-eux

En dépit de ne pas s’être exercée le matin afin de dormir quelques minutes de plus, l’équipe du Québec a joué dur et elle est restée invaincue tout au long des 55e Championnats nationaux de curling, lesquels ont eu lieu du 19 au 25 mars à Hudson, au Québec.

La victoire n’a pas été facile pour cette équipe de la filiale Col. John Bourque de Sherbrooke formée par le premier Danny Comeau, le second Matt McCrea, le troisième Evan Mooney et le capitaine Jeff Cheal, car les huit équipes ont joué avec cœur pendant toute la semaine.

« Nous avions beaucoup d’aspirations en arrivant. Comme à n’importe quel tournoi, on veut réussir tout en s’amusant, dit Cheal. C’est une halle extra, avec beaucoup de compétition intéressante, et chaque partie était serrée. On a eu la main heureuse. »

La communauté d’Hudson a montré le meilleur des petites villes canadiennes au cours de la semaine. Il s’agit d’une agglomération s’étirant sur 15 km le long de la rivière Outaouais à 56 km à l’ouest de Montréal, qui a été fondée par des fer­miers canadiens français et des voyageurs au début du XVIIIe siècle. Au début du XIXe, la région en est devenue une de fermiers anglais à l’arrivée d’un grand nombre d’immigrants provenant de l’Angleterre, de l’Écosse, de l’Irlande et des États-Unis.

La filiale s’appelait Lake of Two Mountains quand elle fut fondée, en 1945, mais elle a opté pour le nom Hudson, en 1978, quand elle a emménagé dans les locaux qu’elle occupe actuellement. Elle a quelque chose de particulier, soit deux pistes de glace à curling dans son édifice.

Vu que sept divisions seulement avaient envoyé une équipe, la filiale hô­tesse a aussi inscrit sa propre équipe pour en avoir un nombre pair. Douze des 13 parties ont été jouées à la filiale, quatre équipes jouant dans chacune. L’exception était la 9e partie, qui a eu lieu au Club de golf Whitlock et à laquelle les huit équipes ont joué en même temps.

Le président du comité du transport, John Coutts, et ses bénévoles ont reçu les équipes à l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau avoisinant, à Dorval. Les équipes ont toutes exprimé leur reconnaissance aux chauffeurs qui ont beaucoup agrémenté leur séjour. L’équipe de Terre-Neuve-et-Labrador formée par Cyril Alexander, Barry Lamond, Ray Lackey et le capi­taine Dennis Byrne a offert une veste de l’équipe au chauffeur Norm St-Aubin et l’ont surnommé « entraineur » pendant la semaine en guise de remerciement.

Le dimanche matin, les premiers évènements officiels étaient le déjeuner, la couture des armoiries par les bénévoles, les exercices des équipes et la réunion des capitaines. Les cérémonies d’ouverture se sont passées sur la glace. Les équipes ont défilé derrière un cornemuseur et elles ont été reçues par le président Peter Mansell et le maire Mike Elliot. Le vice-président du Comité national des sports, Les Nash, a transmis les salutations de la Direction nationale.

« Bienvenue, je vous souhaite une bonne semaine, la glace a vraiment l’air vive, dit Elliot. Profitez d’Hudson. » La pierre de cérémonie a été lancée par le légendaire Bob Putnam et ses deux enfants, Jim et Lynda Putnam, ont balayé devant elle. Bob est un membre fondateur de la filiale locale et les membres de la famille jouent tous trois au curling au niveau national. Lynda était membre de l’équipe du Québec, entièrement féminine, en 1996.

Bob s’est senti honoré de pouvoir lan­cer la première pierre. « Nous sommes très fiers d’en faire partie. » Il dit que cet évènement est un bon exemple de ce que sont la Légion, les petites villes canadiennes et la camaraderie.

Lynda a ajouté : « Nous avons grandi en jouant au curling. C’est traditionnel dans notre famille, et nous sommes très excités que la compétition soit dans notre ville cette année. » C’était encore plus marquant pour la famille Putnam, car le petit-neveu de Bob, Mooney, jouait pour l’équipe du Québec.

Le seul pépin de la semaine a été le fait que l’équipe de la Saskatchewan formée par Randy Graham, Garry Wagner, Mel Mylrea et le capitaine Al Coutts, qui s’est placée deuxième, est arrivée sans ses ba­lais. La filiale lui en a prêté jusqu’à ce que les leurs arrivent, juste à temps pour leur première partie.

Les compétitions ont commencé le dimanche après-midi. Le Québec et la Colombie-Britannique–Yukon ont démarré par une partie serrée qui a duré longtemps, et pendant laquelle l’arbitre a demandé aux deux équipes d’activer le jeu; elle s’est terminée par une victoire de 7-5 pour le Québec. L’Île-du-Prince-Édouard a commencé puissamment contre l’équipe hôtesse d’Hudson, dérobant cinq points à la cinquième manche et remportant la partie à 8-2 au bout de sept manches.

Rien n’était encore certain à la fin de la 6e partie. Le Québec, le Manitoba–Nord-Ouest de l’Ontario et l’Î.-P.-É. étaient ex æquo en première place à trois victoires et aucune défaite. Un des matchs décisifs s’est joué à la 9e partie, au club Whitlock. Le Manitoba et la Saskatchewan y ont joué une partie serrée. Les Saskatchewanais ont réussi à obtenir un point aux quatrième, cinquième et sixième manches, et deux à la huitième, mais les Manitobains les ont rattrapés en inscrivant deux points à la neuvième, ce qui amenait le score à 7-6 pour la Saskatchewan. Il s’agissait de la première défaite du tournoi pour l’équipe formée par Bob Curry, Doug Fisher, Rob Fisher et le capitaine Jim Todoruk de la fi­liale manitobaine Dauphin.

L’Î.-P.-É. et le Québec semblaient en difficulté en ce qui concernait l’ajustement à la nouvelle glace, et ils n’ont pu inscrire de point aux deux premiers bouts. Le Québec a joué puissamment aux troisième et cinquième manches. L’équipe de l’Î.-P.-É. formée par Earle Prount, Doug Simmons, Ted Malfadyen et le capitaine Mel Bernard de la filiale George Pearkes VC de Summerside a remporté les sixième et septième manches. Ce qui est arrivé à la huitième est le meilleur souvenir qu’a McCrea, quand un joli coup de Cheal a donné une avance de deux points au Québec. « Ils nous avaient rattrapés et en avaient deux de placées. Jeff a rasé la garde et frappé leurs pierres fortement, alors on a marqué deux points », dit McCrea, membre de l’équipe depuis quatre ans. L’Î.-P.-É. est revenue en force et égalisé la partie, ce qui a mené à un 11e bout. Le tout s’est joué au dernier lancer de Cheal, lequel a été réussi et terminé le match à 7-6 pour le Québec.

Le mercredi après-midi, le Québec a bouclé sa première place en battant la Saskatchewan 8-3 en neuf jeux.

La bataille pour la deuxième place se préparait à la fin de la journée. Comme concurrents, il y avait la Saskatchewan, le Manitoba et l’Î.-P.-É., tous à quatre victoires et deux défaites. À la fin du 11e match, la Colombie-Britannique se trouvait aussi à quatre victoires et deux défaites. Toutefois, sa défaite de 5-6 contre la Nouvelle-Écosse–Nunavut ce soir-là l’a exclue du tournoi. Si le Manitoba réussissait à battre le Québec le lendemain matin, il y aurait une belle entre lui et le gagnant de la partie Î.-P.-É. Saskatchewan.

En fin de compte, le Manitoba et le Québec ont eu un match au score élevé où le Manitoba a subtilisé trois points à la deuxième manche, mais le Québec l’a rattrapé en en subtilisant quatre à la troisième et trois autres à la cinquième, et signé ainsi sa victoire. C’était un résultat de 8-5 après sept bouts. Il ne restait plus que la bataille entre l’Î.-P.-É. et la Saskatchewan pour la deuxième place. Le score était ex æquo à deux après le cinquième bout. La Saskatchewan a pris de l’avance aux sixième et septième bouts. L’Î.-P.-É. l’a rattrapée au huitième, mais n’a pas pu vaincre. La Saskatchewan a gagné 7-4.

« Je pense qu’on était un peu mécontents après le premier bout, mais on s’est repris », dit Graham à propos du match.

L’équipe de la Saskatchewan, qui comptait le plus grand nombre de partisans à Hudson, était assez contente de la semaine. « Nous avons eu de bons lan­cers, la nourriture était excellente et tout s’est bien passé », dit Coutts. L’équipe, qui consiste en deux joueurs chevronnés et deux débutants, s’est mesurée au cours des années à nombre des mêmes personnes et c’est toujours plaisant de les revoir. Mylrea ajoute : « On s’est fait beaucoup de bons amis ».

Quant à l’équipe du Québec, Hudson semble être son porte-bonheur. « J’adore venir à Hudson, j’ai de la parenté ici, Jeff a de la parenté ici, et ils sont tous venus regarder plusieurs de nos parties, dit Mooney. Le père de Matt aussi est venu, ce qui lui a vraiment fait plaisir. Nous avons remporté trois championnats provinciaux ici. C’est notre deuxième national ici, et on l’a gagné les deux fois. Alors on aime vraiment la place. »

L’équipe ne se souvenait pas exactement quelle fut leur partie la plus difficile. « L’équipe hôtesse nous a donné du fil à retordre, dit Cheal. Ce n’est pas facile de choisir la plus difficile parce qu’elles sont toutes assez serrées. Quand on a joué contre la Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve, on a perdu. » McCrea ajoute que leurs cinq premières parties se sont jouées sur la dernière pierre.

En plus du curling, la filiale a occupé les joueurs grâce à un tour à la Sucrerie de la Montagne où ils ont joui de gâte­ries en sucre d’érable, de nourriture et d’amusements. C’était la première visite à une cabane à sucre pour bon nombre de curleurs. Les équipes de l’Î.-P.-É. et de la Saskatchewan surtout étaient excitées.

Après que l’ultime pierre ait glissé sur la glace, le jeudi matin, la filiale s’est transformée en salle de banquets pour les évènements de la soirée. Chaque équipe a alors parlé de sa ville.

Nash a remercié la présidente du Comité des préparatifs locaux, Barb Robinson, et ses bénévoles. On a aussi remercié la Banque nationale de son sponsorat du tournoi qui s’élevait à 5 000 $. Il dit, pour résumer la semaine : « La camaraderie, l’amitié et l’hospitalité à cet évènement sont le dessus du panier. » Il a encouragé chaque membre rentrant chez lui à renforcer sa filiale et les partisans du curling : « Il n’y a pas de meilleure façon de rencontrer des gens. »

Dix ans après, la Conférence discute du 11 septembre

Les 24 et 25 février, plus de 500 personnes ont rempli le Château Laurier, au centre-ville d’Ottawa, à l’occasion du symposium de la Conférence des associations de la défense (CAD). Comme d’habitude, les conférenciers à l’évènement de deux jours étaient éminents, tels que le ministre de la Défense nationale, Peter MacKay, et le Dr John Hamre du Center for Strategic and International Studies des États-Unis.

La CAD est un groupe qui englobe nombre d’associations de militaires, dont la Légion royale canadienne est la plus grande. Cette année, il y avait deux thèmes à la réunion : les questions liées à la sécurité Canada–États-Unis 10 ans après le 11 septembre et les Forces canadiennes après la mission de combat en Afghanistan.

À l’ouverture de la conférence, Hamre a prononcé un discours sur la gestion de notre défense commune à une époque d’austérité budgétaire, en insistant particulièrement sur le fait que le Canada et les États-Unis devraient unir leurs efforts davantage, mais que, pour ce faire, les États-Unis devraient penser leurs politiques différemment.

« Les États-Unis changent énormément actuellement à cause de la récession, et ce fut un avertissement sans frais pour presque tout le monde », dit-il.

D’après lui, la méprise principale des deux pays concerne la sécurité inté­rieure. Il aimerait beaucoup que, lors de la prochaine attaque, on ne se fasse pas plus de mal à nous-mêmes que nous en feront les terroristes. Ces temps-ci, dit-il, plutôt que d’unir nos efforts pour régler un problème, chacun s’efforce de trouver des faiblesses chez l’autre. Les États-Unis devraient aussi modifier leur façon de penser, car ils sont dans un cadre stratégique des années 1950 et 1960; ils doivent coopérer avec les autres pays plutôt que de faire cavaliers seuls.

Trois groupes de discussion ont suivi le discours-programme. Le premier, comprenant l’ancien ambassadeur du Canada aux États-Unis, Michael Wilson, l’ancien ambassadeur des États-Unis au Canada, James Blanchard, et le lieute­nant-général Frank Grass, sous-commandant de l’U.S. Northern Command (NorthCom), s’est penché sur les relations Canada–États-Unis depuis le 11 septembre 2001. Tous s’entendaient pour dire que le Canada et les États-Unis devraient poursuivre leur étroite colla­boration. Le citoyen canadien moyen ne sait pas à quel point les deux pays unissent leurs efforts, mais il faut encore plus de communication, surtout relativement à NORAD (Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord) et à NorthCom dont le personnel provient des deux pays. Nous de­vrions aussi nous entraider en ce qui concerne la patrouille de la frontière, mais sans voir la frontière comme un mur entre les deux pays. Les autres groupes ont discuté de problèmes de sécurité actuels, surtout ceux de la région de l’Asie-Pacifique et de celle de l’Arctique, ainsi que ceux de l’après-Afghanistan.

Vendredi matin, le premier orateur, le ministre MacKay, mentionna brièvement la crise en Libye. « Dans le cadre de leur combat pour la démocratie, ils (les Libyens) ont enduré un chaos inoubliable, de la violence et un régime qui attaque outrageusement ses propres citoyens, affirma-t-il. L’abus du pouvoir gouvernemental épouvantable et persistant doit s’arrêter et, au Canada, nous sommes prêts à combattre en compagnie d’autres pays pacifiques pour appuyer les aspirations légitimes du peuple libyen. »

Il déclara que les FC ont été occupées en 2010, ayant entrepris des opérations internationales en Afghanistan et en Haïti, ainsi que des opérations intérieures telles que les Olympiques de Vancouver, le Sommet du G-8 et celui du G-20, et les secours humanitaires après l’ouragan Igor. En juin seulement, 12 000 membres des Forces ont été déployés.

« On peut dire que nous assistons à des changements pour le moins historiques au Moyen-Orient : les dictateurs tombent comme des dominos, bien que l’on ne puisse prédire les rebondissements à venir », dit MacKay. Ces rebon­dissements pourraient servir à définir les problèmes éventuels relatifs à la sécurité et les FC doivent s’assurer d’être toujours efficaces et fiables. Elles font cela grâce à l’engagement du gouvernement, à l’ouverture de centres de soutien et à l’acquisition de nouveau matériel.

« Laissez-moi vous dire franchement, dit-il. Le monde a besoin de ce que peut offrir notre pays. Les Forces ont besoin d’une combinaison de capacités mo­dernes pour demeurer un partenaire prêt, crédible et efficace. » Le Canada doit aussi maintenir ses alliances internationales fondamentales, y compris ses relations étroites avec les États-Unis.

« Au cours des 200 dernières années, nos deux pays ont développé les relations les plus serrées, les plus chaleureuses et les plus réussies du monde. Nous avons bien changé depuis que nous avons marché sur Washington en 1812, déclara MacKay. Ces relations ont indubitablement sécurisé notre pays. »

Il a prévenu l’auditoire que c’est par la voie maritime que le Canada est le plus vulnérable. « Nous avons la côte inoccupée la plus longue du monde; méfions-nous de l’eau. »

Après MacKay, le vice-amiral Bruce Donaldson, vice-chef d’état-major de la défense, qui remplaçait le chef d’état-major de la défense Walter Natynczyk dont l’absence avait été occasionnée par un problème de famille urgent, prit la parole. Il parla de l’après-Afghanistan : le personnel des Forces se concentrerait sur la ville de Kaboul.

« Il n’y aura plus d’unités des Forces canadiennes au Kandahar après 2011, dit-il. Cependant, un petit nombre de militaires canadiens pourraient être affectés dans d’autres régions de l’Afghanistan, où les risques auront été évalués comme n’étant pas supérieurs à ceux à Kaboul. »

Le général Mieczyslaw Bieniek, commandant adjoint du Commandement suprême des Forces alliées – Transformation de l’OTAN, a discouru sur l’importance de réorganiser l’OTAN et de préserver sa puissance.

Le général Keith Alexander, commandant de l’U.S. Cyber Command et directeur de la National Security Agency, l’un des conférenciers les plus intéressants, a expliqué que le Canada et les États-Unis sont en danger relativement à la cybermenace et qu’ils sont relativement découverts.

« Le montant de renseignements transmis dans le réseau cette année va dépasser tous les renseignements qui ont existé au cours des 5 000 dernières années, affirma Alexander. Imaginez la Bibliothèque du Congrès. Quand on pense à la quantité d’informations qu’il y a dans la Bibliothèque du Congrès, ça fait 15 ou 20 téraoctets (milliers de gigaoctets) d’informations, et la quantité de ces deux siècles d’informations est transmise dans le réseau d’aujourd’hui en cinq minutes. »

La quantité d’informations imprimées dans le New York Times en une semaine dépasse ce qu’on voyait pendant toute une vie dans les années 1800; 107 billions de courriels ont été envoyés à tra­vers le réseau l’année dernière, dont 89 p. 100 étaient des pourriels. Facebook a plus de 600 millions d’utilisateurs, ce qui en fait le 3e pays du monde en ordre d’importance démographique.

« Cela donne des occasions monumentales. Toutefois, les risques sont importants aussi, dit-il. Pour ce qui est des risques, réfléchissez à ce qui est déjà arrivé. Par exemple, il y a 250 000 pourriels toutes les heures dans les réseaux militaires des États-Unis. »

Il y a actuellement 4 000 sites Web de terroristes qui contrôlent d’autres sites. Aux États-Unis, 75 p. 100 des habitants ont déjà eu un cyberproblème comme un virus ou un vol de propriété intellectuelle. L’année dernière, d’après McAfee, le fournisseur de progiciels antivirus, le cout des cybercrimes a dépassé le billion de dollars. Il se dit soucieux en ce qui concerne la capacité de notre pays de récupérer, de se régénérer et de retourner au réseau après une atteinte à la sécurité. « Dans un avenir pas très lointain – selon certaines estimations, dans les trois ans – il y aura des attaques destructives contre notre réseau et (ni vous ni nous) ne sommes prêts à nous défendre contre ces attaques », dit Alexander. En 2008, un cyberpro­blème s’est transformé en une atteinte à la sécurité nationale quand un logiciel espion pernicieux a été transmis accidentellement, dans une clé USB, d’un réseau non classifié à un réseau classifié. Le problème a été réglé rapidement, dit-il, mais cela montre que les défen­ses sont nécessaires.

Il faut éduquer les dirigeants gouvernementaux et les militaires, et il faut trouver des solutions et les mettre en œuvre. Il insiste sur l’importance de cela en donnant des exemples de simples erreurs opérationnelles qui ont entrainé des effets désastreux, y compris la panne de courant du 14 aout 2003, où 45 millions de logements aux États-Unis et 10 millions au Canada ont manqué d’électricité à cause d’un pépin informatique.

« Voyez ce qui arrive rien qu’à cause des erreurs que nous faisons. Imaginez donc ce qui pourrait arriver lors d’une attaque », dit Alexander. Les conséquences pourraient être désastreuses et les deux pays doivent unir leurs efforts. Ce sera difficile parce que ce qu’il y a à défendre ne peut pas se voir, mais c’est nécessaire. « On ne peut pas attendre qu’une crise arrive; il faut régler ce problème. »

Les délégués ont entendu d’autres nouvelles sur les Forces canadiennes, y compris les commentaires du lieute­nant-général Peter Devlin, chef d’état-major de l’Armée de terre, qui a rapporté que l’armée est dans un stade de « rechargement » après l’Afghanistan et qu’elle sera prête pour les conflits à venir. Le lieutenant-général André Deschamps, chef d’état-major de la Force aérienne et le vice-amiral Dean McFadden, chef d’état-major de la Force maritime, ont aussi fait le point.

La journée s’est terminée par une discussion de groupe sur les défis que devront relever les Forces et le ministère de la Défense nationale. L’information principale a été donnée par le lieutenant-général Andrew Leslie, chef de la Transformation, qui dit qu’il existe neuf plans sur la structure à venir des Forces et que, d’après lui, s’il le fallait, avant de réduire le matériel, les forces et la réserve, on devrait se pencher sur le personnel de l’administration centrale.

Une nouvelle médaille pour les opérations à l’étranger

La gouverneure générale Michaëlle Jean a annoncé le 8 septembre que la reine a approuvé une nouvelle médaille servant à combler une lacune dans la reconnaissance du service à l’étranger.

La Médaille de service opérationnel (MSO), créée le 5 juillet 2010, sera décernée avec divers rubans, selon le théâtre d’opération ou le type de service, dont ceux d’Asie du Sud-Ouest, de la Sierra Leone, d’Haïti et du Soudan, ainsi qu’avec les rubans Humanitas et Expédition.

« Toutes sortes de gens auront droit à cette nouvelle médaille », a déclaré André Lévesque, directeur des distinctions honorifiques et de la reconnaissance au ministère de la Défense nationale (MDN). « Ce sont surtout des membres des Forces canadiennes qui les obtiendront, mais des policiers et des civils y auront aussi droit. »

Le MDN estime qu’il y aura 3 200 récipiendaires en tout, dont environ 50 poli-ciers, a dit Lévesque.

Étant donné qu’il y a six sortes de ruban, il y a six dates de commencement d’admissibilité. L’admissibilité au théâtre d’Asie du Sud-Ouest débute le 7 octobre 2001, à celui de la Sierra Leone, le 31 juillet 2002, à celui d’Haïti, le 6 mars 2004, et à celui du Soudan, le 15 septembre 2004.

Le ruban Humanitas, c’est-à-dire humanitaire, est un nouveau concept.

« La Médaille du service spécial avait une barre, mais elle ne pouvait servir qu’aux militaires alors que le Canada déploie des efforts humanitaires à l’aide des forces policières et d’autres organismes », a affirmé Lévesque.

L’Humanitas commence le 1er aout 2009. Les militaires et les policiers qui ont pris part à l’opération Hestia en Haïti ont donc droit à ce ruban.

L’admissibilité au ruban Expédition commence le 7 octobre 2001. Pour l’instant, il n’y a qu’une seule mission qui y donne droit, l’opération Proteus, à laquelle 18 militaires canadiens ont travaillé avec les Américains pour coordonner les questions de sécurité entre Israël et l’Autorité palestinienne, à partir du 3 mai 2005.

« Nos soldats et nos policières et po­liciers méritent notre reconnaissance et notre gratitude », a déclaré la gouverneure générale.

La MSO, ronde, de couleur argent et d’un diamètre de 36 millimètres, est suspendue à une barrette droite. Une effigie de la reine Elizabeth II portant un diadème canadien de feuilles d’érable et de flocons de neige, entourée des inscriptions « Elizabeth II Dei Gratia Regina » et « CANADA », se trouve sur l’avers.

Sur le revers se trouve la couronne royale, encadrée de trois feuilles d’érable reliées par une tige de chaque côté et au centre de laquelle il y a un globe terrestre au-dessus de branches de laurier et de feuilles de chêne qui se croisent.

Les rubans ont 32 millimètres de largeur, la bande centrale représentant le théâtre ou la mission. Celle de l’Asie du Sud-Ouest est de la couleur du sable, celle de la Sierra Leone, vert clair, celle d’Haïti, bleu roi, celle du Soudan, vert foncé, celle d’Humanitas, blanche, et celle d’Expédition, gris clair. La couleur du milieu est bordée des deux côtés par des rayures rouges et blanches.
La médaille sera portée après la Médaille du service général et avant la Médaille du service spécial, selon l’ordre de préséance du Régime canadien de distinctions honorifiques.

« La carte du monde indique la mondialité; il pourrait donc s’agir de n’importe quel endroit au monde », a dit Lévesque. « Ce qui est intéressant à propos du ruban Expédition, c’est qu’il nous permet de reconnaitre les hommes et les femmes qui servent dans ces opérations sans qu’il soit nécessaire de créer une toute nouvelle médaille à chaque fois. »

Cette médaille peut aussi être accompagnée d’une barrette de rotation pour un service totalisant 210 jours.

La porte-parole de Rideau Hall, Marie-Pierre Bélanger, a expliqué qu’une fois la médaille achevée, le gouverneur général procèdera à une cérémonie de présentation inaugurale. « La date n’a pas encore été fixée, mais elle aura lieu pendant le mandat du prochain gouverneur général, et après la cérémonie inaugurale, elle sera remise selon la chaine de commandement habituelle », a-t-elle dit.

Les membres des Forces canadiennes et des forces de police ont déjà commencé à faire des demandes.