Changement d’avis

À travers toute la nation, vers 11 h le 11 novembre de chaque année, les Canadiens se rassemblent aux cérémonies du jour du Souvenir en l’honneur des citoyens congénères qui ont dévoué leur vie, et certains en sont morts, pour le bien de ce beau pays. Une couronne est déposée, ornée de coquelicots pourpres, qui signifie le service militaire et les sacrifices d’autrefois et d’aujourd’hui. Les élèves récitent des poèmes et des dissertations qui sont leur interprétation de ce que le jour du Souvenir signifie pour eux et les raisons pour lesquelles nous nous assemblons afin de rendre hommage chaque année. Nous sommes continuellement honorés par la présence des derniers anciens combattants qui nous rappellent constamment de ne jamais oublier la fière histoire de notre pays et ce que la communauté internationale a dû endurer au cours du siècle passé.

Cette représentation de patriotisme et de reconnaissance est une tradition extrêmement importante de la société d’aujourd’hui. Cela nous rappelle à tous que cette nation démocratique exceptionnelle, qui embrasse notre droit d’exprimer nos opinions et de vivre selon nos valeurs personnelles, a été achetée à prix très fort. Malheureusement, ce bienfait est souvent tenu pour acquis. C’est facile d’oublier à quel point nous sommes privilégiés d’être citoyens du Canada, une nation construite sur une histoire de maintien de la paix et de défense des droits des autres, même les droits que nous ne sommes pas obligés de défendre. La récompense que sont notre constitution et notre terre de liberté constantes nous est donnée, à nous qui n’avons jamais eu besoin de prendre les armes pour défendre nos idéologies. Des Canadiens se sont rendus outre-mer se battre parce qu’ils croyaient que c’était ce qu’il fallait faire. Des hommes sont morts pour la vie que nous avons actuellement, pour les lois auxquelles nous obéissons, et pour les idéaux qui soutiennent et définissent le Canada.

L’importance d’une vérité si réservée diminue inévitablement, malgré nos services et nos rappels annuels. Le fait que très peu de gens aient connu les vraies horreurs de la guerre nous porte à amoindrir l’importance réelle du service militaire dans nos pensées. Dans les environnements sans danger pour la sauvegarde desquels nos aïeuls se sont battus, nous sommes, quelle ironie, malheureusement naïfs. La majorité des Canadiens ne se sont jamais risqués pour une cause qu’ils croyaient valoir la peine. La reconnaissance envers nos forces armées respectées et même nos policiers bienveillants, ne peut simplement pas être soutenue par une compréhension authentique, car nous n’en avons pas. Nous essayons de leur rendre justice, mais la justice ne pourra jamais leur être rendue.

Une des causes principales pour lesquelles nous en sommes inconscients, c’est le peu d’attention qu’on fait à nos soldats après le 11 novembre et durant tout le reste de l’année. Par exemple, les missions de maintien de la paix en Afghanistan durent depuis des années. Demandez à des Canadiens quelles sont les raisons pour lesquelles nos soldats se trouvent en une terre si lointaine et vous pouvez être sûr que la plupart ne le savent pas. Les médias libérés se concentrent souvent sur des questions insignifiantes ou réprouvent la violence internationale sans indiquer les causes ou les conséquences de tels événements. L’attention que les médias portent aux forces armées est d’habitude négative, qui se concentrent sur la mort regrettable de ceux qui se battent encore. Le progrès en Afghanistan reste littéralement inédit, alors le soutien de nos soldats augmente et diminue selon les jugements rapides faits d’après les courts inserts parlés des leaders politiques et les gros titres des journaux populaires. Nous sommes une nation inculte et indifférente, qui tend au résumé erroné des situations internationales pour la résolution de laquelle les soldats que nous disons respecter versent leur sang et leur sueur.

Les Canadiens devraient réaliser que la reconnaissance devrait durer toute l’année et que ce n’est pas quelque chose qu’on doit exprimer seulement le jour du Souvenir. Nous devrions faire attention aux entreprises de nos forces armées, offrir notre opinion lors de débats, voter aux élections et nous tenir au courant des événements qui ont lieu au-delà des frontières canadiennes. Ils ont besoin de notre soutien, et nous devons respecter leur décision de risquer leur vie constamment pour défendre les valeurs canadiennes afin que nous ne soyons pas obligés de le faire nous-mêmes. Veuillez vous souvenir que nos aïeuls sont morts pour le Canada, ses gens et sa démocratie, non pas pour le 11 novembre.

Des gagnants de concours expriment leur patriotisme et leur reconnaissance

Bien que les gagnants des concours littéraires et d’affiches de 2007 de la Légion royale canadienne, choisis parmi des centaines et des centaines d’excellentes soumissions, viennent de tous les coins du pays, ils sont unis par le sentiment qu’ils ont comme quoi le souvenir, principalement chez les jeunes, est quelque chose qui vaut vraiment la peine.

Les concours littéraires et d’affiches annuels, un événement que la Légion parraine depuis longtemps, sont ouverts à tous les écoliers canadiens qui créent des compositions, des poèmes et des affiches à propos de l’idée qu’est le souvenir. Le programme sert à relier deux activités fondamentales de la Légion : le soutien de la jeunesse du Canada et la promotion du souvenir.

James Welke, de l’école secondaire Mathew Halton de Pincher Creek (Alb.), a écrit à propos de cet effort incessant dans la composition pour laquelle on lui a décerné le premier prix dans la catégorie senior : A Change of Mind (un changement d’avis).

“À travers toute la nation, vers 11 h le 11 novembre de chaque année, les Canadiens se rassemblent aux cérémonies du jour du Souvenir en l’honneur des citoyens congénères qui ont dévoué leur vie, et certains en sont morts, pour le bien de ce beau pays.”

Le jugement de chaque présentation passe par plusieurs stades, d’abord au niveau de la filiale, ensuite à celui de la division et puis à celui de la nation. Pour finir, un jury de concours organisé par la Direction nationale choisit les gagnants de chaque catégorie et âge. Les quatre gagnants seniors, en plus de tous les autres prix et honneurs, gagnent un voyage à Ottawa où ils représentent la jeunesse du Canada à la cérémonie nationale du jour du Souvenir.

Les oeuvres gagnantes des différentes catégories sont aussi exposées au Musée canadien de la guerre du 1er juillet jusqu’au 1er mai de l’année suivante. Quant à ceux qui obtiennent la deuxième place et ceux à qui l’on décerne une mention honorable, leurs oeuvres sont exposées au foyer de la Chambre des communes durant la semaine de l’ancien combattant, au mois de novembre.

La gagnante du concours senior d’affiches en couleurs, Hee Ra Kim, est une élève de l’école secondaire Sullivan Heights de Surrey (C.-B.) qui est située non loin de la filiale Cloverdale où son oeuvre a commencé son long voyage jusqu’au niveau national. Kim, qui va venir à Ottawa cet automne avec ses parents, a gagné grâce à une représentation brillante et richement illustrée de trois militaires qui se tiennent fièrement aux côtés d’un jeune garçon. Kim, âgée de 16 ans, a l’intention de poursuivre ses travaux artistiques après l’école secondaire. “J’aimerais partager mon engouement du design et de l’art avec mes collègues à l’université”, dit-elle.

Dans la catégorie senior des affiches en noir et blanc, c’est Natalie Lloyd de Guelph (Ont.) qui a été honorée par les juges. Son affiche, un collage de scènes sur la guerre et le souvenir, se distingue par sa beauté détaillée et sa perspective réaliste.

Il y a aussi eu plusieurs belles oeuvres qui méritent d’être remarquées dans les autres catégories des concours d’affiches. La représentation d’une jeune femme qui découpe un coquelicot, créée par la gagnante chez les intermédiaires, Jessica Wu, est dessinée de manière touchante, et l’image en noir et blanc d’un soldat en uniforme qui ramasse des coquelicots créée par Joelle Lieuwen est impressionnante.

Les participants à venir des concours d’affiches devraient remarquer que les affiches en noir et blanc peuvent être faites au crayon, au fusain ou à l’encre de chine. Les affiches sont jugées selon un certain nombre de critères, y compris leur originalité, l’habileté de dessinateur et l’expression du sujet désigné, soit le souvenir avec un thème canadien. On peut trouver davantage de renseignements au site de la toile de la Légion à www.legion.ca.

Le gagnant de poésie senior Corley Farough de Taber (Alb.) va aussi se rendre à Ottawa cet automne. Le poème de Farough, intitulé Crosses (croix), concerne principalement les tribulations affectives de la guerre. Il débute ainsi :

Les croix sont placées rangée après rangée
Un rappel silencieux d’hommes que nous ne connaissons pas
Des hommes qui ont donné toute leur vie
Des hommes qui ont quitté leurs enfants et leur épouse aimante et chaleureuse
La longue attente effrayante et puis les adieux tendres
Le fardeau et la tristesse, leur regard
La main qui caresse la joue de l’amie
Ensuite la montée à bord d’un avion soudainement dans un tourbillon

Le poème est ensuite une description des expériences d’un soldat à la guerre et puis il se termine ainsi :

Il met son casque et prend son fusil
Cette bataille pour la paix vient à peine de commencer
S’il sera encore là demain il ne le sait pas
Mais les croix sont placées rangée après rangée.

Jenna Tyler de Moncton (N.-B.), qui a obtenu la première place dans la catégorie intermédiaire, a abordé la poésie du souvenir d’une manière quelque peu différente. Dans son poème, Even Though I Have Never Seen (même si je n’ai jamais vu), elle contemple les difficultés concernant le dévouement envers le souvenir de gens et d’événements qu’on n’a jamais vus.

Le son des coups de fusil résonnent dans ma tête
Même si je n’en ai jamais entendu
Les cris des soldats tombant par terre me font tressaillir
Même si je n’ai jamais vu quelqu’un mourir

Après avoir conduit le lecteur à une cérémonie du souvenir, Tyler écrit les vers suivants à la fin de son poème :

Pour tous ces gens qui se sont battus pour moi et pour mes proches
À ces gens nous devons notre liberté
Soudainement la trompette recommence pour dire que les minutes de silence son terminées
Je suis sûre que je ne penserai plus à ces choses-là avant l’année prochaine
Toutefois dans ma tête je pense que les gens autour de moi
Ne peuvent jamais oublier ces choses-là.

Welke, le gagnant en composition senior, suit les brisées de Tyler quand il remarque les difficultés qu’on rencontre quand on essaie de se souvenir de quelque chose dont on n’a jamais fait l’expérience. À la fin de sa rédaction, Welke écrit qu’une des choses essentielles à faire pour maintenir le souvenir en vie est de combler le fossé qu’est le manque de compréhension et d’expérience entre la vie paisible au Canada et la dure réalité de vie ou de mort aux champs de bataille à l’étranger.

Clinique de la gestion de la douleur aménagée à l’Hôpital Ste-Anne

Les anciens combattants doivent souvent lutter avec des douleurs mentales ainsi que physiques, mais jusqu’à ces derniers temps, les deux sortes de blessures étaient traitées séparément. La nouvelle clinique de la gestion de la douleur, dirigée par Anciens combattants Canada à l’Hôpital Ste-Anne de Ste-Anne-de-Bellevue (Qc), aide les anciens combattants à s’occuper des deux.

La clinique, inaugurée officiellement par le ministre d’Anciens combattants Canada Greg Thompson a connu au mois de mars, un bon départ en novembre 2005 grâce à un important don d’André Chagnon, le fondateur de la société de multimédia Vidéotron.

“Pour autant que nous sachions, c’est la première clinique (au Canada) qui soigne les blessures de stress opérationnel (BSO) et la douleur en tant que morbidités conjointes”, dit le Dr Serge Gingras qui est directeur des services professionnels à l’Hôpital Ste-Anne. Ce centre de soins de longue durée, où quelque 430 anciens combattants sont logés, est le dernier hôpital fédéral qu’ACC administre. “Aux autres cliniques de la gestion de la douleur, on vous dit que vous souffrez d’une maladie psychologique et on vous envoie chez un psychologue”, dit Gingras, qui ajoute que peu de cliniques offrent un plan de soins intégrés comme le fait la sienne. “Quand vous souffrez (d’une BSO et d’une douleur chronique), il faut soigner les deux en même temps, parce qu’elles sont liées étroitement. La douleur peut aggraver la BSO et inversement.”

Les BSO sont des blessures psychologiques tenaces qui résultent du service lors d’opérations militaires et comprennent des maladies comme la dépression, l’anxiété et le stress post-traumatique. Il arrive que ces maladies se manifestent au bout de plusieurs années. La douleur chronique, quant à elle, est une douleur qui dure plus de six mois et qui est reliée à des maladies difficiles à soigner.

Un grand pourcentage de la clientèle souffre d’une combinaison de BSO et de douleur chronique. Pour l’instant, la clinique a aidé plus de 150 vétérans de celui de conflits remontant jusqu’à la Seconde Guerre mondiale et aussi récents que l’Afghanistan. “La plupart des anciens combattants que nous avons sont des vétérans d’Haïti, de Bosnie (ou) de Croatie”, dit Monique Allard, la coordonnatrice des infirmières de la clinique de gestion de la douleur.

Le programme s’est beaucoup étendu. “Elle était vraiment petite quand nous l’avons inaugurée”, dit Allard, et elle remarque que la clinique servait surtout aux résidents de Ste-Anne. Toutefois, il n’a pas fallu beaucoup de temps avant que les patients des quatre lits réservés aux anciens combattants plus jeunes qui souffrent de BSO fassent des demandes à son équipe. “La vitesse a augmenté et (maintenant) nous avons des clients de la région de Québec… présentement il y a une liste d’attente d’un mois. Nous avons 80 dossiers actifs.”

L’attente est extraordinairement courte quand on la compare à celle des autres cliniques de gestion de la douleur à travers le Canada. Gingras remarque que les autres cliniques n’acceptent qu’un petit nombre de patients et qu’on peut passer jusqu’à deux ans et demi sur leur liste d’attente. Le modèle à Ste-Anne a été conçu pour aider le plus d’anciens combattants possible. Pour les non-résidents, dit Gingras, “la rééducation se fait toujours mieux dans la collectivité”. Plutôt que de faire venir les anciens combattants à la clinique toutes les semaines ou toutes les deux semaines, “nous essayons de produire une très bonne évaluation ou un très bon plan de soins qui peuvent être suivis dans la collectivité. Nous demeurons en réserve, alors le médecin traitant ou le physiothérapeute peuvent nous appeler s’ils veulent.”

Faire en sorte que les résidents de Ste-Anne soient confortables est également prioritaire. “(Les gens) se font une idée fausse comme quoi, en vieillissant, la douleur est normale… Il faut infirmer cette idée fausse”, dit-il. “Il y a beaucoup de travail à faire dans le cadre des soins de longue durée pour s’assurer que la gestion de la douleur atteigne son état optimal.” Il dit que nombre de résidents ont profité du fait que la clinique se trouve si près de chez eux.

La clinique comprend un petit nombre de bureaux gais nouvellement rénovés dans l’aile de physiothérapie de Ste-Anne. Allard, une infirmière autorisée, et sa petite équipe de physiatres, physiothérapeutes et psychologues sont toujours occupés à voir des clients ou à suivre leurs soins en se servant du téléphone et de questionnaires.

L’équipe préfère une variété de techniques et thérapies, y compris des médicaments, la physiothérapie, les exercices de réduction du stress, la thérapie par chaleur et froid, et la psychoéducation. “On pourrait dire que c’est un abord holistique”, dit Gingras. L’objectif principal, dit-il, est de rendre les patients fonctionnels, “pas nécessairement de leur donner assez de médicaments pour les rendre complètement engourdis”.

Il fait remarquer que la clinique prend aussi une autre voie où, plutôt que d’avoir un anesthésiste en tant que spécialiste principal, comme c’est le cas d’habitude, Ste-Anne emploie aussi des physiatres. Ces médecins se spécialisent en médecine physique et en rééducation. “Les clients les plus jeunes, et les clients que nous avons aux soins de longue durée aussi, souffrent de maladies squeletto-musculaires. Il semble que ce sont des physiatres qu’il faut avoir.”

Quand un ancien combattant arrive, il passe par un processus complet d’interview et d’évaluation. “Nous avons remarqué […] que la plupart d’entre eux n’ont pas fait l’objet de suivi médical”, dit Allard. L’équipe sanitaire s’occupe de tous les aspects de la vie journalière de la personne; tout se discute, des difficultés à dormir jusqu’aux questions de relations. “Nous ne nous concentrons pas seulement sur la douleur ou l’état médical”, dit-elle. Après les interviews, Allard et son équipe s’entretiennent des recommandations avec le client.

L’éducation est aussi une composante importante. Nombre d’anciens combattants qui ont une douleur chronique “arrêtent (souvent) tout, ce qui n’est pas bien”, dit Allard. “Il y en a d’autres qui continuent de faire ce qu’ils faisaient quand ils étaient des militaires actifs, et pensent qu’ils peuvent faire des randonnées de 50 milles à pied et ne pas en souffrir.” En plus de leur donner des outils de relaxation, dit-elle, la clinique montre aux patients “comment régler leur allure et fixer des objectifs réalistes”.

Jusqu’à ces derniers temps, la clinique passait toute une journée avec chaque client. Toutefois, dit Gingras, si l’objectif est de montrer aux clients comment utiliser les outils pour qu’ils puissent gérer la douleur, “une journée ne suffit pas”. Alors la clinique a lancé un projet pilote dans le cadre duquel les anciens combattants suivent un atelier de gestion de la douleur de quatre jours.

De dire Allard : “même durant ces quatre jours, il y a beaucoup de renseignements parce que (certains clients) ont de la difficulté à se concentrer. Alors on fait beaucoup de poses et on incorpore beaucoup de conditionnement physique.”

L’équipe fait toujours attention aux besoins spécifiques des anciens hommes et femmes des services. “Normalement (nos clients) se sont engagés dans les services quand ils étaient très jeunes, alors c’est leur seul environnement de socialisation”, dit Allard. “Quand ils retournent à la vie civile, (ils se sentent) un petit peu embarrassés d’être retournés à la vie civile pour des raisons médicales. Et en plus de ça, si c’est relié à une sorte de BSO, ils trouvent ça très difficile.” L’invalidation de toutes ces marques est une partie intégrante du travail de la clinique.

Les anciens combattants apprécient cet abord. André Léonelli, qui a assisté au lancement au mois de mars, souffrait de dépression et de douleur au dos chronique quand il a quitté les Forces canadiennes il y a un an. Sa santé mentale s’est détériorée après une série de missions de maintien de la paix à Chypre et en Afrique, où il se sentait impuissant à propos de participer. Maintenant, ce vétéran de 18 ans des FC est un des clients à Ste-Anne. “Ici, tout le monde travaille ensemble pour aider”, dit-il.

Gingras aimerait que des services semblables soient aménagés à travers le Canada. “On est en train de prendre de l’expérience lentement, et on verra où ça va nous amener.”

Opération Méduse : la bataille du panjwai — Partie 1: la charge de la Compagnie Charles


Visible de l’école blanche tristement célèbre qui est à l’épicentre de la sédition dans la province de Kandahar, la force canadienne rassemblée hâtivement entre dans la zone létale. Une fusée de signalisation ennemie passe en travers des éléments antérieurs de la Compagnie Charles et il n’y a pas beaucoup de mots polis pour décrire ce qui arrive ensuite.

Rick Nolan meurt le premier. Cet adjudant du 7e peloton, ses coeur et âme, se trouve sur le siège passager du G-Wagen au blindage léger quand une grenade propulsée par fusée passe à travers le pare-brise. Un infirmier et un interprète afghan, assis sur la banquette arrière, sont blessés gravement tous les deux. Le caporal Sean Teal, hébété mais pas vraiment blessé, s’élance dans une pluie de balles pour chercher des secours. Le G-Wagen ne bougera plus jamais.

Le suivant qui meurt est Shane Stachnik. Ce sergent du génie se tient dans la trappe du guetteur aérien de son véhicule quand un obus de canon sans recul de 82 mm les fait sauter. La plupart à l’intérieur sont blessés ou rendus inconscients et la radio du véhicule sombre dans le silence. L’indicatif d’appel Écho 3-2 est hors de combat.

Le tir des ennemis cachés dans leurs tranchées et leurs édifices fortifiés vient de trois côtés. Les Canadiens sont enveloppés. Les balles soulèvent la poussière comme au cinéma. Des fusées arrivent en hurlant. Chaque arme canadienne qui peut encore servir tire vers les lueurs de départ au loin.

Un véhicule blindé canadien, plein de blessés et de morts, quitte la zone d’abattage en reculant à toute vitesse mais il s’écrase dans un fossé où il est atteint par plusieurs RPG. L’indicatif d’appel 3-1 Bravo est immobilisé et mourant. Il ne quittera jamais le fossé.

Les radios sont pleines de cris, certains demandent un infirmier, d’autres demandent de l’aide. Pendant que les coups de feu et les explosions continuent, nombre de soldats se portent au secours de leurs amis blessés, se concentrant sur leur propre mission de sauvetage, leur propre guerre. Le temps est déréglé. Il passe trop vite ou il passe trop lentement; les heures semblent être des minutes et il y a des secondes qui n’en finissent pas. Des hommes blessés se traînent au sol à la recherche d’un abri. Il y a des actes de courage inimaginable de tous côtés.

Il y en a quand même d’autres qui vont mourir. Le simple soldat William Cushley, farceur légendaire et ami de tout le monde semble-t-il, est tué aux côtés de l’adjudant Frank Mellish du 8e peloton, qui, ayant appris que son ami Nolan était en difficultés s’était avancé pour l’aider.

Les heures passent. Un officier traverse le terrain à découvert en sprintant, armé de son pistolet seulement, à la recherche de son camarade. L’ennemi continue de tirer. Le sergent-major de compagnie tombe.

Ils continuent le combat malgré les calamités qui arrivent l’une après l’autre. Et les blessés s’empilent. Certains sont touchés plusieurs fois. Certains autres ont des blessures qu’on ne peut voir.

Pendant tout ce temps est diffusée dans le réseau la voix calme du major Mathew Sprague, le commandant de la compagnie qui, bien que sous le feu de l’ennemi lui-même, dirige ses hommes à travers le chaos et demande des frappes aériennes et un bombardement de l’artillerie. Mais l’ennemi est trop bien enfoui et trop bien caché. Il lance un feu très nourri, bien que mal dirigé heureusement, sur la force canadienne prise au piège.

Quand une bombe de 1 000 livres égarée, larguée hors de la cible par un aéronef de la coalition, rebondit à travers les lignes canadiennes et s’arrête devant eux, il ne leur reste plus qu’à reculer.

Le capitaine Derek Wessan appelle Sprague à l’indicatif d’appel 3-9. “On doit quitter cet h—–e d’endroit”, dit-il. “Et puis ensuite il faut faire exploser la place.”

Sur les 50 soldats canadiens qui sont entrés dans la zone létale ce jour-là, pas moins de 10 ont été blessés, quatre ont été tués et au moins six sont devenus des victimes du stress.

Même avec un an de recul, il est difficile pour qui que ce soit de bien comprendre ce qui s’est passé ce jour-là.

Ce qu’on sait avec certitude, c’est que cinq soldats qui ont participé à cette bataille ont obtenu la plus haute décoration canadienne pour bravoure, la Médaille de la vaillance militaire, et un autre, le caporal Sean Teal, a obtenu l’Étoile de la vaillance militaire, la deuxième plus grande récompense du Canada, à peine en dessous de la Croixde Victoria. Il y a aussi un soldat qui a été cité à l’ordre du jour.

L’embuscade à l’école blanche a eu lieu le 3 septembre 2006, le deuxième jour de l’opération Méduse, laquelle était la première opération de combat de l’OTAN et la plus grande opération de combat du Canada depuis la guerre de Corée.

Il est clair que c’était une bataille immense où l’héroïsme était présent malgré les grandes difficultés. Mais ce qu’on ne connaît pas aussi bien, ce sont les circonstances qu’on a préfigurées pour cette bataille. C’était un combat où l’instinct stratégique d’un général, son intuition par rapport à la forme de la bataille, l’a mené à abandonner un plan minutieux et contredire ses commandants tactiques sur le terrain en lançant la Compagnie Charles dans une attaque épouvantable contre un ennemi supérieur en nombre dans une position défensive bien établie.

Nous allons raconter cette histoire en détail et d’autres encore, dans un rapport en trois parties sur la bataille du Panjwai qui commence par le contexte de l’opération Méduse et la controverse en arrière-plan qui a donné lieu à la pénible attaque du 3 septembre.

L’opération Méduse était la plus grande opération en Afghanistan depuis 2002 et elle avait pour raison d’être de disperser ou détruire des centaines, sinon des milliers d’insurgés qui s’étaient assemblés à environ 20 kilomètres au sud-ouest de la ville de Kandahar, dans le district du nom de Panjwai.

En 2006, le Panjwai était le centre du territoire de la sédition. Pendant toute une génération de membres des services canadiens, mentionner Panjwai va presque certainement rappeler les souvenirs difficiles concernant des petits villages et un terrain défensif complexe, les hostilités intraitables et les interminables bombes des bas-côtés routiers. Sur les 66 Canadiens tués en Afghanistan depuis 2002 (avant le 10 juillet 2007), presque la moitié sont morts au Panjwai.

Le Panjwai est le foyer spirituel et littéral du mouvement des taliban. C’est le berceau de leur leader qui n’a pas encore été trouvé, le mollah Mohammed Omar, et l’endroit où le mouvement a commencé, au milieu des années 1990.

La rivière Arghandab et la ville de Bazaar-e-Panjwai sont au centre du district. Le Panjwai, bordé au sud par un désert, est dominé par quelques montagnes singulières, dont Masum Ghar et Mar Ghar.

Depuis l’invasion de l’Afghanistan en 2001, la province de Kandahar avait été principalement une responsabilité américaine. Quand le groupement tactique canadien s’est dirigé au sud de Kaboul vers Kandahar au début de l’année 2006, il a vite découvert que les activités des taliban étaient très nombreuses et qu’elles avaient pour centre le Panjwai.

Durant les premiers six mois de la nouvelle mission, la première faction (comprenant surtout des soldats de la Princess Patricia’s Canadian Light Infantry) s’est battue avec des insurgés de façon routinière dans le Panjwai et ses alentours.

L’opération Méduse devait changer tout cela. Ce devait être la victoire décisive de la bataille du Panjwai.

Le brigadier-général David Fraser contrôlait Méduse à partir de son quartier général situé au terrain d’aviation de Kandahar, la base de la coalition étalée aux abords de la ville de Kandahar. Fraser n’était pas seulement le Canadien le plus haut gradé sur les lieux, il était aussi le commandant de l’OTAN en Afghanistan du Sud.

Sur le terrain, le groupement tactique était commandé par le lieutenant-colonel Omer Lavoie, le commandant du 1er Bataillon du Royal Canadian Regiment à l’expression coriace, un homme qui d’après certains de ses subalternes est le comble du soldat. La composante canadienne de sa force comprenait le 1RCR, et un effectif du 2e Régiment du génie, de la 2e Royal Canadian Horse Artillery, des infirmiers de la 2e Ambulance de campagne et plusieurs membres du personnel de soutien, ce qui faisait en tout quelque 1 050 Canadiens.

Alors que les difficultés se brassaient depuis un certain temps au Panjwai, quand Lavoie et le groupement tactique du RCR sont arrivés à Kandahar au début du mois d’août 2006, au moment où l’OTAN remplaçait les États-Uniens dans le sud, la situation en était à un point crucial. S’attendant à mener une campagne contre les insurgés en Afghanistan, Lavoie fut surpris quand il découvrit que des centaines, peut-être même des milliers, de combattants ennemis s’étaient rassemblés juste à l’extérieur de la ville de Kandahar.

“Nous avons pris les choses en main tout juste au moment du transfert à l’OTAN”, dit Lavoie. “Alors je pense que les taliban ont décidé de soit tester l’OTAN, soit démontrer qu’elle n’était pas résolue à mener des opérations de combat dans la même mesure que l’avaient fait les forces des États-Unis.”

Quelques heures après la cérémonie du 19 août où il prenait le commandement du groupement tactique canadien, Lavoie voyait la vraie situation au Panjwai de ses propres yeux.

Quelques jours auparavant, Lavoie avait ordonné à une force de la grandeur d’une petite compagnie d’aller camper au point élevé de Masum Ghar et d’observer la région pour voir si l’ennemi s’y manifestait.

Trois heures après avoir pris le commandement, vers les 7 h, Lavoie recevait un message comme quoi entre 300 et 500 insurgés étaient en train d’attaquer sa force au Masum Ghar. “Ce qui est arrivé, bien sûr, c’est que les taliban, voyant nos véhicules sur notre colline et n’aimant pas cela, décidèrent de lancer une attaque importante”, dit Lavoie. “Je suis finalement arrivé à la position vers 4 h. Au bout du compte, nous avons tué quelque 100 taliban sans qu’il y ait de victime de notre côté, alors c’était un bon commencement.

“Mais ce que cela avait d’important, c’est qu’il s’agissait d’un puissant message pour nous, donc pour l’OTAN aussi, que s’ils pouvaient assembler une telle force pour cette attaque, la proportion d’ennemis dans la région était bien supérieure à ce que nos prédécesseurs avaient indiqué, alors la bataille du 19 août au Panjwai devint le précurseur de Méduse.

“Presque immédiatement, j’ai été rappelé par le commandant de la brigade (Fraser) qui m’avertit qu’une importante opération de combat dans le Panjwai allait avoir lieu pour battre et repousser cet élément ennemi; ainsi, en ce qui me concerne, c’est à ce moment-là que Méduse a commencé.”

À Kandahar, Fraser aussi remarquait le revirement des tactiques des taliban.

“Nous avons aussi découvert que les taliban avaient changé leurs tactiques. Ils ont changé, du petit groupe éclair, au groupe conventionnel plus imposant à déloger. Leur intention était de prouver au monde et au gouvernement Karzai qu’ils pouvaient s’occuper de nous. C’était le point culminant de l’idée qu’ils avaient en 2006, je n’appellerai même pas ça un plan de campagne. C’est comme ça qu’ils voulaient terminer les combats cette année-là, même terminer les combats complètement. Ils pensaient pouvoir gagner à ce moment-là.

“Ce qu’ils ne savaient pas c’est que j’avais deviné leur plan, je connaissais leurs intentions”, dit Fraser. “J’avais déterminé qu’ils voulaient que je les attaque directement, façon Première Guerre mondiale, en payant un prix énorme en soldats afghans et de la coalition. Mais ce n’était pas une façon acceptable d’opérer à mes yeux.

“Alors nous nous sommes adaptés et avons écrit un plan qui s’opposait à leurs intentions, conçu dans le but de pallier aux dommages collatéraux aux Afghans ainsi qu’à leurs champs et à leurs huttes, et aussi de pallier aux risques pour mes soldats, les afghans tout comme ceux de la coalition.

“Nous avons mis les wagons en cercle, pourrait-on dire, autour des taliban, et nous les avons obligés à lever la tête pour pouvoir la couper.”

Le plan de Méduse était sérieux et semblait assez solide. En tout, il y aurait presque 1 400 soldats de la coalition sur le terrain dans le groupement tactique et des milliers d’autres allaient les appuyer. D’après Fraser, il a passé une grande partie du mois d’août à planifier.

“Il s’agissait d’un effort important, du point de vue de la brigade; j’ai fais venir au Panjwai des troupiers de toute ma brigade, laquelle comprenait des soldats de neuf pays à travers quatre provinces, parce que je n’allais pas permettre aux taliban de gagner. J’en avais la ferme intention. Je me suis dis ‘Vous êtes tombés sur un os en voulant vous mesurer à Dave Fraser, parce que je vais vous battre ici’.”

Sur le terrain, il y avait plusieurs forces distinctes prêtes à se ruer sur l’ennemi. La force canadienne de Lavoie était composée par la Compagnie Charles au sud, qui passerait par Bazaar-e-Panjwai, et par la Compagnie Bravo au nord, qui attaquerait vers le sud. La Force opérationnelle 31, qui comprenait des soldats de la coalition (surtout des Special Forces des États-Unis) et la Force opérationnelle Grizzly, une compagnie américaine, se trouvaient à un flanc. Avec une section danoise en position à l’ouest et une compagnie hollandaise patrouillant le périmètre au nord, l’ennemi était bien encerclé.

L’opération Méduse commença aux premières lueurs du 2 septembre par une attaque sur deux axes, l’effort principal fait au sud. Là-bas, principalement, Sprague et la Compagnie Charles devaient saisir les hauteurs autour de Panjwai (Masum Ghar et Mar Ghar) et isoler la ville de Panjwai elle-même. Ils allaient avancer jusqu’à la rive sud de la rivière Arghandab mais ne la traverseraient pas.

“Nous avons pris le départ à 5 h 30. Toute l’opération était basée sur mon heure H; je l’avais choisie à 6 h : l’heure que j’avais l’intention de lancer mes forces pour prendre Masum Ghar”, dit Sprague. “En effet, à 6 h exactement, Masum Ghar était à nous. À 6 h 15, j’ai déclaré qu’il n’y avait aucune structure de vie de l’autre côté de la rivière, à Pashmul, sauf des groupes d’insurgés avec lesquels nous nous mimes à échanger des coups de feu.”

D’après le plan d’origine, ayant pris les positions élevées autour de Panjwai et au nord, il allait falloir plusieurs jours au groupement tactique pour frapper les taliban, qui étaient alors encerclés dans une petite zone, quelque cinq kilomètres carrés à peu près, jusqu’à ce qu’ils se rendent.

Toutefois, ce plan préparé si minutieusement commença à se transformer presque immédiatement.

“Dans les instructions d’origine de la brigade, une fois que j’eus confirmé qu’il n’y avait pas de civil, une frappe aérienne utilisant des munitions guidées de précision devait être lancée simultanément contre 10 ou 20 noeuds de commandement et contrôle des insurgés”, dit Sprague. “Quelle qu’en soit la raison, cela n’eut pas eu lieu et la frappe a été annulée par la brigade.”

Malgré tout, aux deux points élevés, les Canadiens préparèrent des lignes de feu avec leurs véhicules blindés et se mirent à tirer sur les cibles d’occasion de l’autre côté de la rivière tout au long de la matinée et de l’après-midi du 2 septembre.

“L’objectif à ce moment-là”, dit Lavoie, “une fois que la région eut été prise et l’ennemi bloqué au nord et au sud, était de continuer d’engager le combat pendant les prochains trois jours, surtout grâce à l’appui aérien offensif et aussi grâce à l’artillerie au feu direct, ce qui, de mon point de vue, aurait déterminé où se trouvait vraiment l’ennemi, et cela aurait aussi diminué sa capacité de se battre avant que notre force principale se lance au combat.”

Et ce n’était pas n’importe quoi qu’on attaquait. Si Kandahar est le centre stratégique en Afghanistan et le district de Panjwai, la clé de Kandahar, la région autour de la ville de Bazaar-e-Panjwai qui comprend le petit village de Pashmu, est en plein coeur de la situation.

C’était, en gros, l’objectif Rugby, la région de l’autre côté de la rivière Arghandab au centre de laquelle se trouvait l’école blanche où quelques heures plus tard la Compagnie Charles, ayant traversé la rivière, allait tomber dans une embuscade.

L’objectif Rugby est un endroit que les Canadiens connaissaient bien. Le 3 août 2006, la PPCLI avait été impliquée dans une bataille infernale à cette école blanche où quatre soldats ont trouvé la mort (le sergent Vaughn Ingram, le caporal Christopher Jonathan Reid, le caporal Bryce Jeffrey Keller et le simple soldat Kevin Dallaire) et six autres ont été blessés. Durant ce même combat-là, la première Étoile de la vaillance militaire canadienne a été décernée au sergent Patrick Tower.

“C’est ce terrain que l’ennemi avait décidé de défendre”, dit Fraser qui, ayant été le commandant le 3 août, tout juste un mois avant, était tout à fait conscient de ce qui était arrivé ce jour-là. “C’est à Rugby que, d’après notre évaluation, les taliban voulaient que nous nous battions. C’était leur terrain de combat principal. La structure de leur défense avait été conçue pour que nous arrivions en traversant la rivière Arghandab par le sud et que nous combattions à Rugby. Et l’école était au centre de la zone qui avait de grands champs d’abattage à l’est et au nord.

Vu l’histoire récente de l’objectif Rugby et l’accumulation évidente des forces de l’ennemi dans la région, le groupement tactique désirait prendre son temps avant d’aller au territoire des taliban. D’après le plan, il avait beaucoup de temps.

“On avait prévu une série de déceptions et de feintes durant ces trois jours pour faire réagir l’ennemi”, dit Lavoie, “pour voir où il se trouvait et ainsi planifier l’attaque finale.”

Mais cela ne devait pas arriver. Le plan allait se transformer.

Vers 14 h, le 2 septembre, Fraser fit un tour au Masum Ghar pour étudier la situation. À ce moment-là, les activités des insurgés avaient diminué.

Voyant cela, Fraser donna l’ordre de traverser l’Arghandab. Bien que beaucoup parmi les gars qui se trouvaient sur place s’inquiétassent d’une entrée dans le territoire ennemi avec si peu de préparation, conformément aux ordres, peu de temps Sprague menait le 7e peloton et un détachement d’ingénieurs après au lit de la rivière pour planifier la traversée.

Ensuite, la consigne fut donnée au 7e peloton de camper dans le lit de rivière pendant la nuit. Cela fut dûment arrangé et les membres du peloton commencèrent à s’allonger. Toutefois, peu de temps après, les leaders supérieurs réunis au Masum Ghar décidèrent que laisser le peloton tout seul au bord du territoire ennemi n’avait aucun avantage tactique et il fut retiré à la nuit tombante.

Vers minuit, Fraser ordonnait à nouveau à Lavoie de se lancer à l’attaque de l’autre côté de la rivière.

D’après les gars sur le terrain, cet ordre était encore moins judicieux. Mais pour Lavoie, réussir à faire retarder cet ordre était tout un exploit. D’après plusieurs sources, la conversation concernant le mérite de lancer une attaque à minuit sur l’impulsion du moment, contre ce qui était probablement les positions ennemies les plus fortement défendues en Afghanistan, s’échauffa fortement.

À la radio Lavoie dit à Fraser que de traverser maintenant n’était pas une bonne idée. C’était trop risqué. Ils ne connaissaient ni le courant d’eau ni la profondeur et aucun passage à gué n’était marqué et ils n’avaient aucune information de la position de l’ennemi.

Bien que la position de Lavoie lui a valu le respect de ses soldats, ce ne fut pas chose facile.

“(Lavoie) et moi avons eu des entretiens plutôt sérieux parce que nous parlions du combat le plus dur auquel nous ayons participé de toute notre carrière militaire”, dit Fraser. “Alors le fait que nous puissions avoir une discussion aussi franche est une indication du degré de confiance et de coopération qu’il y avait entre nous, que nous n’avions pas peur de dire ce que nous avions en tête. Et c’est nécessaire, parce qu’étant commandants, la vie de soldats et d’Afghans est entre nos mains. Nous discutions du grand pas qu’était la traversée de la rivière, métaphoriquement et littéralement, pour aller achever les taliban.”

Néanmoins, cet argument ne servit qu’à faire retarder l’attaque de minuit. Les ordres furent modifiés pour que l’attaque ait lieu à l’aube le 3 septembre, 48 heures avant ce qui avait été prévu au plan et sans le bombardement promis.

Les hommes qui ont dû obéir à ces ordres se posent encore des questions, lesquelles peuvent être résumées ainsi : pourquoi abandonner le plan et lancer l’attaque plus vite que prévu?

En effet, il est difficile de comprendre pourquoi il fallait se dépêcher : les taliban étaient piégés et encerclés, et il ne restait qu’à les décapiter. Comme le remarque Fraser lui-même, le point central de la stratégie des taliban était de les attirer dans un conflit coûteux au sol.

De dire un des officiers du RCR, il ne s’agissait pas d’une force menaçant d’envahir Ottawa qu’il fallait neutraliser coûte que coûte. “Pourquoi se précipiter?” demande un autre officier du RCR. “Nous savons où ils se trouvent, c’est une zone de feu libre.”

En effet, il n’avait pas besoin de se précipiter. Bien que Fraser soit d’accord qu’il y avait une certaine pression pour faire avancer les choses, il dit que ce n’était pas vraiment un facteur.

“La pression venait de partout. J’ai dit à mes supérieurs que nous allions faire les choses comme nous avions l’intention de faire les choses. Ça allait prendre du temps, et ça prit beaucoup de temps.”

À la place, la décision d’avancer le moment de l’attaque fut basée, en grande partie, sur le sentiment de Fraser comme quoi l’ennemi avait été affaibli et qu’on pouvait en profiter.

“Alors les renseignements que je recevais, et aussi les informations que les autres commandants de la force opérationnelle qui faisaient partie de cette bataille, pas seulement Omer Lavoie, et en parlant à des Afghans : on était prêts. On en était à un point où on pouvait en terminer avec ça. Ouais, on aurait pu suivre le plan, mais, je le répète, on commence à ignorer l’ennemi, ce qu’il fait, quels renseignements sont sur place.

“On se guide sur un certain plan pour se battre avec l’ennemi. On ne bat pas un plan. Si on se bat avec un plan, on néglige l’ennemi et on échoue. On a beaucoup de victimes et on échoue. Les plans ne servent qu’à faire réfléchir et à contacter l’ennemi. Et l’ennemi a un vote. Alors, le (1er septembre) ou le (2 septembre), j’ai décidé que la situation se modifiait de sorte que nous pouvions attaquer. Le 2 septembre, j’ai donné l’ordre (à Lavoie) d’attaquer. C’était plus tôt que ce qui était prévu d’après le plan. Eh bien, ça m’est égal le plan.”

Malgré le fait, rendu évident le lendemain matin, que l’évaluation de la situation par Fraser s’est avérée optimiste, l’essentiel pour le général volatil c’est qu’il croit qu’il n’y avait rien à gagner en bombardant pendant 48 heures de plus.

“Eh bien, j’ai écouté ce qu’ils avaient à dire”, dit-il à propos de ses commandants tactiques prudents. “Je savais qu’il y avait beaucoup d’ennemis là-bas. Mais, voyez-vous, combien peut-on en tuer en deux jours de bombardement supplémentaire. Comment le savoir? On devine.

“Qu’importe si on attaque le 2, le 3, le 4, le 5, ou le 6, devinez quoi mesdames et messieurs. C’est difficile de traverser une rivière et aller dans une région défensive principale où les taliban qui veulent se battre attendent. Quel que soit le jour choisi pour traverser la rivière, ça aurait été dévastateur.”

Il se peut que ça aurait été dévastateur, mais d’après les soldats qui l’ont fait, l’événement aurait été bien différent s’ils avaient suivi le plan originaire. Comme le remarque Sprague, le temps supplémentaire aurait donné aux Canadiens plusieurs avantages en plus de réduire, ou même de détruire, les édifices qui allaient donner de si bons abris et d’endroits où se cacher aux taliban.

“Nous aurions pu profiter de ce temps pour faire des feintes, pour forcer les insurgés à réagir à notre manoeuvre. Nous aurions pu manoeuvrer pour les attirer dans des positions où notre puissance de feu aurait pu les décimer ou tout au moins nous aurions pu voir leurs réactions à notre mouvement.”

“Comme le dit le vieux proverbe, ‘le temps passé en reconnaissance est rarement perdu’. Nous n’avons fait aucune reconnaissance. Ainsi donc, nous n’avons pas eu de plan tactique parce que nous n’avons pas eu l’occasion d’en tirer un.”

Malgré les arguments de ses commandants tactiques, Fraser ne s’est pas laissé dissuader.

“La décision a été ‘on va y aller’ et 26 ans d’expérience dans sept opérations différentes me disaient que c’était le moment d’y aller et d’en terminer avec ça.”

Au bout du compte, bien sûr, la seule chose qui ait presque été terminée a été la Compagnie Charles.

Quant à Lavoie, il avait pris position, et vaillamment, mais les ordres sont les ordres et, d’une façon ou une autre, l’attaque devait avoir lieu.

“C’est mon commandant”, dit Lavoie. “Et j’imagine que dans son esprit c’est ça qu’il fallait faire.”

Alors à l’aube, le lendemain, c’est-à-dire le 3 septembre, Sprague a réuni les leaders de son peloton et les officiers de soutien pour passer la consigne rapidement. Avec moins de 15 minutes pour tirer un plan, on ne pouvait pas vraiment dire plus que ‘nous allons traverser. Suivez-moi.’ Ce serait un assaut façon Première Guerre mondiale, face aux armes à feu, bien que sur une plus petite échelle. C’était la charge de la Compagnie Charles.

Alors, avec bien peu de procédure de combat, pas de reconnaissance, et des renseignements qui étaient insuffisants ou même complètement faux, Sprague fit descendre sa force de la rive et dans la rivière. Il s’agissait de la première attaque d’armes mixtes mécanisée de la grandeur d’une compagnie contre une position fixe depuis la guerre de Corée, au milieu de la toute première bataille de l’OTAN, et elle n’avait rien à voir avec la manière dont on les avait entraînés. Elle était précipitée et il y avait beaucoup de risques; la doctrine était tombée à l’eau.

Les sapeurs firent leurs brèches à travers la rivière et sur la rive d’en face, et Charles avança au ralenti jusqu’aux champs de l’autre côté.

Il s’avança dans le territoire ennemi, ne sachant pas ce qui allait arriver.

Tout était calme. Il ne se passait rien encore.

Dans le prochain numéro : les histoires intimes main du combat désespéré de la Compagnie Charles et la malchance interminable de l’unité qui a subi presque 50 victimes en tout juste un peu plus de 24 heures.

Histoires d’auxiliaires

Quand j’avais 17 ans, je regardais ma mère revêtir la robe blanche, le chapeau blanc et le veston bleu marine magnifiques pour aller aux réunions mensuelles des dames auxiliaires. Elle était toujours d’excellente humeur quand elle rentrait, débordant d’idées pour collecter des fonds pour les dames. J’avais hâte d’être assez vieille pour pouvoir adhérer à son groupe.

J’ai adhéré le mois de mon 21e anniversaire. J’étais si fière d’avoir été acceptée, de travailler aux côtés des dames plus âgées, d’apprendre ce qu’elles savaient de la Légion et ce qui importait pour elles et pour la Légion. Aider les anciens combattants et leur mettre un sourire aux lèvres, surtout le jour du Souvenir; c’était ça notre objectif principal.

On passait des heures dans une cuisine où il faisait chaud, on vendait des billets, on s’employait à un bingo ou à un bazar, quel que soit le projet. Le rire et l’amitié que nous avons eus vont durer toute la vie.

La première fois que je suis allée à un congrès divisionnaire des dames, nous étions tellement belles au défilé, et combien nous étions fières de faire partie de cette organisation épatante. C’était il y a plus de 30 ans, et j’ai toujours hâte d’aller à chaque réunion.

Nous avons toujours travaillé dur dans notre chapitre; mais nous avons malheureusement vu nos membres les plus âgés trépasser. Pourtant, et bien que nos nombres diminuent, notre chapitre est plus vigoureux que jamais. Vu qu’il y a tant de jeunes gens dans les forces qui vont à des endroits comme l’Afghanistan, la Légion a recommencé à fournir de l’aide à ceux qui servent et à leur famille. Nous nous tenons fièrement aux côtés de nos anciens combattants le 11 novembre et nous débordons de fierté pour eux.

Norma Doucet, Belledune (N.-B.)

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Le mot auxiliaire veut dire plusieurs choses. La définition qui décrit le mieux ses fonctions à la Légion, c’est “(celui) qui aide, qui apporte son concours direct ou indirect”. Les dames auxiliaires ont été organisées pour assister les filiales dans leur travail, et bien plus encore.

Je me suis prise d’enthousiasme pour les auxiliaires en voyant les DA défiler pour la Légion : toutes habillées proprement du bon uniforme, toutes au pas, qui défilaient et portaient les drapeaux avec fierté! C’était une révélation, et je me souviens d’avoir pensé que c’était l’occasion d’entrer dans une organisation estimable. Au cours des années, je me suis liée d’amitié avec plusieurs personnes, j’ai partagé divers talents, travaillé à des fonctions d’anciens combattants, et soutenu la filiale, les cadets et les jeunes de notre collectivité. J’ai participé à la collecte d’habits, de chaussettes, de chapeaux et d’écharpes d’hiver, ainsi que de nourriture, pour les sans-abris; j’ai travaillé à des goûters, des tombolas et des bingos, à des ventes de pâtisseries et à des défilés de mode; j’ai fait des pirojkis et des roulades de chou farcies pour les vendre; j’ai vendu des billets de la coupe Grey; j’ai participé à l’organisation de dîners dansants et à des ventes-débarras; j’ai servi à propos de dons de bourses et j’ai assisté à des épreuves sportives de la Légion ainsi qu’à des expositions en l’honneur de nos anciens combattants.

C’est génial de maintenir une tradition de service à l’endroit de la collectivité, de nos anciens combattants et du souvenir. C’est une expérience enrichissante et je suis sûre que nos auxiliaires vont s’épanouir et briller à jamais.

Jane Deller, Winnipeg

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J’étais adolescente durant la Seconde Guerre mondiale et je me souviens de la perte déconcertante de jeunes hommes et femmes. Ma soeur a épousé un marin britannique et déménagé à Hull (Angleterre) en 1939. Ma famille s’inquiétait énormément parce que Hull se faisait beaucoup bombarder. Mon frère aîné s’est engagé dans l’armée et mon frère cadet s’est engagé dans la milice. C’était un temps terrible durant lequel on avait beaucoup à faire. Par la suite, quand mon mari et moi avons déménagé à Lacombe (Alb.), nous nous sommes inscrits à la Légion. Être membre des dames auxiliaires a une grande importance pour moi et je crois que j’en suis meilleure.

Elsie Suter, Lacombe (Alb.)

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J’étais écolière au secondaire durant la Seconde Guerre mondiale et, les samedis, je vendais des titres d’emprunt de guerre à travers la ville pour la cause. Les élèves étaient très patriotes et ils saluaient le drapeau pour le démontrer. Certains des plus vieux se sont engagés dans les forces et l’un d’eux est devenu un très bon pilote qui a été abattu en 1940. Tous les élèves ont pleuré la perte de leur héroïque et brave ami.

J’étais contente de m’inscrire aux dames auxiliaires pour aider les anciens combattants blessés de retour au pays et leur famille. Mon mari est allé à la guerre, il faisait partie de la première vague du débarquement au jour J, et il y a souffert de quelques blessures.

Nous, les DA, participons à beaucoup de causes communautaires, nous sommes fières de nos accomplissements et nous jouissons de la camaraderie. Participer, ça me donne un sentiment de fierté. Je suis très contente et honorée d’en être membre.

Dorothy Van Steinburg, Penticton (C.-B.)

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Je suis membre auxiliaire de la filiale Breton de Sydney Mines (N.-É.) depuis 35 ans. Je me souviens que j’avais hâte d’être assez vieille pour pouvoir aller aux DA avec ma mère.

J’ai grandi dans une famille de 16 enfants, dont 14 faisaient partie de la Légion en tant que membre ou membre auxiliaire au Cap-Breton. Mon meilleur souvenir est celui où 13 membres de ma famille ont défilé fièrement le jour du Souvenir en un groupe séparé. Les souvenirs comme celui-là ne s’effacent jamais et ils sont encore meilleurs quand on fait partie d’une organisation comme la Légion ou quand on l’aide.

Les auxiliaires m’ont donné l’occasion de combattre ma timidité et parler en public. J’ai aussi eu l’honneur de rencontrer des gens très importants des juridictions municipale, provinciale et fédérale, ainsi que de Hollande et d’autres parties du monde. On ne risque pas de se tromper en disant que je ne suis plus timide.

En tant qu’auxiliaire, je suis fière de pouvoir rendre à notre collectivité par l’entremise de collectes de fonds et de bénévolat. J’ai un faible pour les vétérans de la guerre et j’aime beaucoup leur parler et apprendre ce qu’ils ont à dire. J’ai appris des choses que je n’aurais jamais sues autrement, et ils m’ont fait apprécier davantage leurs sacrifices. Maintenant, c’est pour les anciens combattants d’aujourd’hui qui sont allés outre-mer que mon coeur bat, pour leur soutien.

C’est aussi grâce aux DA que je me fais respecter par mes pairs, mes enfants et ma famille. La collectivité connaît notre position quand on dit qu’on fait partie des auxiliaires de la Légion. Ça me fait forcément planer. Je n’aurais aucune hésitation à suggérer à qui que ce soit de s’y inscrire afin d’en retirer autant que j’en ai retiré depuis que j’en suis membre.

Wendy Fraser, Sydney Mines (N.-É.)

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Je suis une dame auxiliaire de deuxième génération. Ma mère en a été une pendant 40 ans. Je me rappelle qu’elle parlait de la camaraderie entre toutes les femmes, à l’occasion des compétitions sportives ou de la préparation de repas pour la Légion. Elles faisaient aussi des collectes de fonds avec les goûters de la Saint-Valentin et des ventes de pâtisseries.

Il était évident que ma mère était fière de son uniforme quand on la voyait aux congrès ou au jour du Souvenir. Elle parlait souvent des visites à nos anciens combattants dans les hôpitaux, où elle leur apportait des biscuits à la Noël. Elle a participé à nombre de gardes du drapeau, mais je pense que les moments qui l’ont le plus émue ont eu lieu quand elle se tenait au monument de la guerre le jour du Souvenir, aux côtés de nos anciens combattants qui se tenaient avec fierté, la larme à l’oeil.

Alors, voyez-vous, mes sentiments pour les auxiliaires et pour la Légion tirent leur origine de son bon exemple. Je suis membre depuis trois ans et je suis fière de l’être.

Irene Kischook, Ottawa

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Nous nous rappelons de voir nos mères tricoter des vêtements, au cours des années, qu’elles envoyaient outre-mer aux militaires qui en avaient besoin pour se tenir bien au chaud. Il s’agissait des jeunes hommes qui étaient allés à la Seconde Guerre mondiale, et quand ils sont revenus au pays, après la guerre, les femmes, à la Légion, se sont activées à ramasser des fonds en pourvoyant des choses diverses. Elles donnaient un coup de main aux hommes de la Légion et, en fin de compte, elles ont travaillé longtemps pour une cause importante. Malheureusement, peu nombreux sont ceux qui sont encore parmi nous ces jours-ci, mais ils ont laissé leur empreinte, et nous sommes très fières d’eux.

Maintenant, comme autrefois, les besoins sont énormes pour que la Légion survive. Les enfants et les petits-enfants de ces familles ont poursuivi le même chemin, se réunissant tous les mois en tant que membre auxiliaire pour bien gérer leur travail et faire des plans pour quoi que ce soit qu’on nous demande de faire, y compris l’organisation de banquets pour lesquels il faut faire beaucoup de préparation à la maison.

Le temps viendra où les enfants et les petits-enfants vont nous remplacer et faire comme nous : servir au maintien actif la Légion; un endroit où tous les anciens combattants peuvent venir passer le temps avec leur famille. Ils ont tant de mérite, et nous devons nous tenir à leur disposition.

Les dames auxiliaires de la filiale Montague (Î.-P.-É.)

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Les dames auxiliaires de la filiale Earl Grey (Sask.) ont toujours beaucoup travaillé. Ses membres se sont tenus côte à côte avec les anciens combattants. En 1967, elles ont fait une courtepointe du centenaire et s’en sont servi pour une tombola; c’est là une collecte de fonds qu’on a répétée pendant nombre d’années. La fabrication de la courtepointe a aussi occasionné beaucoup de rire et de camaraderie. Les dames ont aussi fait des colis à la Noël pour les anciens combattants vivant seuls dans la collectivité. Ils contenaient des choses comme des vêtements et des plats cuisinés maison, et puis on s’amusait beaucoup quand on emballait les colis. Ces derniers étaient livrés en personne, et on en profitait pour passer du temps avec chaque ancien combattant.

Les dames ont assisté la filiale lors de cabarets et d’encans, et elles ont servi d’hôtesses lors du goûter du coquelicot annuel. Toutefois, ce que les dames ont le plus aimé c’est de passer du bon temps ensemble, avec le rire et la camaraderie; et on peut accomplir tant de choses grâce à ça.

Linda Fyfe, Earl Grey (Sask.)

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Les DA sont d’un grand soutien, en arrière-scène, pour la direction et pour la collectivité. C’est nous qu’on vient voir quand il faut servir des rafraîchissements à nombre de manifestations : à la cérémonie du jour J, au service du jour du Souvenir, à la cérémonie de la victoire en Europe et aux manifestations que nous aimons le moins, les funérailles. Bien rares sont les mois durant lesquels nous ne participons pas à quelque manifestation. Nous sommes un petit groupe ici, seulement sept actuellement, alors ça veut dire que nous devons toutes mettre la main à la pâte pour faire le nécessaire.

Nous collectons des fonds en organisant des manifestations communautaires comme des dîners-partages, des soupers à la dinde et ainsi de suite. Il faut bien planifier tout cela. Un membre des DA doit être dévoué et prêt à donner son temps. Et puis il faut aussi pouvoir cuisiner, servir, nettoyer, faire la vaisselle et préparer des sandwiches, des salades et des desserts (surtout des tartes).

Il nous arrive d’avoir des mésententes, mais nous les surmontons toujours et travaillons en équipe. Une des choses que j’ai apprises, c’est que les dames aiment bien raconter des farces.

Un des événements que j’aime le plus, c’est le souper des anciens combattants que nous servons une fois par année, dans le temps du jour du Souvenir. C’est intéressant parce qu’on y a l’occasion d’entendre leurs histoires de guerre personnelles. L’autre événement qui me fait bien plaisir, c’est de faire des emplettes pour les cadeaux aux anciens combattants de l’Hôpital Ste-Anne, à la Noël. En fin de compte, pour moi, c’est ça la Légion et les DA : appuyer nos anciens combattants, leur famille et notre collectivité de toutes les façons possibles.

Sheryl Orr, Hemmingford (Qc.)

* * *

Toutes les dames auxiliaires ont la même raison d’être : soutenir la filiale de la Légion et les idéaux de la Légion royale canadienne. C’est là qu’on voit vraiment la disposition des auxiliaires de filiale. Il y a beaucoup de travail pour préparer chaque manifestation, ainsi que les réunions de planification où chacune peut proposer ses idées. Il faut beaucoup de temps et c’est souvent fatigant. Alors pourquoi le fait-on? Parce que c’est nécessaire pour remplir notre mandat en tant qu’auxiliaire de filiale, mais aussi parce que nous sommes engagées envers le souvenir, envers ceux qui ont fait le sacrifice ultime et envers ceux qui aujourd’hui continuent de se battre pour la paix.

Aujourd’hui, on a la chance d’avoir des installations modernes dans nos filiales, mais quand on parle avec nos membres les plus âgés, on apprend qu’autrefois il fallait faire énormément de choses chez soi pour préparer chaque repas avant de le servir, et les plats devaient être apportés à la Légion.

Le sens du service est une des caractéristiques les plus importantes des membres des DA et celle qui suit tout de suite après, c’est le grand sens de l’humour. On entend souvent des éclats de rire dans les cuisines où la chaleur règne.

Nous avons la chance d’être soutenues de façon excellente par la direction divisionnaire, et en retour nous lui offrons sans cesse notre soutien.

Margaret Breen, membre du comité exécutif, dames auxiliaires, Division de Terre-Neuve-et-Labrador

Hommage en couleurs

Il y a énormément de bienveillance dans les cuisines et les recoins des filiales de la Légion à travers le pays. J’ai trouvé des femmes de tous les milieux qui s’occupaient en donnant un coup de main à leur filiale, pour aider nos anciens combattants. Ce sont des membres des dames auxiliaires (DA) de la Légion royale canadienne et je suis très heureuse de cette occasion de rendre hommage à leur association par l’entremise de ces tableaux en aquarelle.

Les pigments de l’aquarelle ont une certaine douceur et une certaine luminosité, ainsi que ces femmes, et ce n’est pas seulement ça qu’elles ont de semblable. Certains artistes pensent qu’il est difficile de peindre à l’aquarelle, et ce n’est certainement pas la première technique qui vient à l’esprit quand on pense à la peinture. Ces femmes ne sont pas non plus les premières qui viennent à l’esprit quand on pense aux activités de collecte de fonds dans nos filiales, mais la Légion aurait bien moins de fonds pour ses bonnes oeuvres et certainement moins de bénévoles pour les nombreuses tâches aux filiales si elles n’étaient pas là.

Traiteur est peut-être le plus payant des moyens de collecter des fonds. Le vendredi 16 juin, à la filiale Lancaster de Saint John (N.-B.), les DA sont au labeur pour préparer des noces qui vont avoir lieu le lendemain. Penny Irving me donne rapidement une description du travail : “En ce qui concerne la nourriture pour des noces il y a la préparation des mets, il faut mettre les tables, servir et nettoyer après. Les rôtis et les dindes sont cuits la veille et ensuite nous commençons à 9 h le jour de l’événement; des fois nous allons jusqu’à 14 h, et puis nous revenons pour servir et nettoyer. Nous terminons d’habitude entre 20 h 30 et 22 h, dépendant de l’heure du repas. Les noces ne sont pas si mal.”

Les membres des auxiliaires représentent toutes les positions sociales, et bien que la plupart soient à la retraite, ils sont aussi représentés par des femmes qui travaillent, qui sont encore occupées avec leur famille et leur carrière. Il n’y a pas de doute qu’elles sont confortables en arrière-scène, mais je suis curieuse à propos de ce qui les motive. Les dames ont un grand sens de la collectivité et elles sont poussées par un désir de rendre, mais il y a des raisons d’aider plus spécifiques. Encore et encore, des femmes me disent que les anciens combattants sont la raison principale de leur service.

“L’important, ce n’est pas nous, c’est les anciens combattants”, dit Karen Locke, la présidente des DA de Lancaster. “Je pense que tous les membres des DA ont ce même sentiment […] alors que (les anciens combattants) vieillissent, les gens ont tendance à les oublier et nous aimons aider […]. Nous faisons en sorte qu’ils sachent qu’on ne les a pas oubliés, et nous leur apportons peut-être un peu de bonheur. C’est pour ça que nous sommes là, pour les aider, mais il ne faut pas oublier les anciens combattants de ces temps-ci. Ce sont nos anciens combattants, aussi.”

Cet après-midi-là, cinq des dames de Lancaster et moi nous rendons à l’aile des anciens combattants de Ridgewood y visiter les résidents. Les dames sont dans leur élément; elles plaisantent durant la visite, et les anciens combattants sont heureux qu’on s’occupe d’eux.

Je passe par Winnipeg, dimanche le 18 juin, où les DA de la Division du Manitoba-Nord-Ouest de l’Ontario se sont réunies à l’occasion de leur congrès. Je me joins aux déléguées, en soirée, quand elles se rendent à la filiale Fort Garry, où les DA et les membres de la filiale unissent leurs ressources pour servir le souper. Les DA, qui ont déjà servi le dîner, se remettent au travail, en riant et dégoisant des choses tout en servant la salade de choux et les pommes de terre au four, les hamburgers et les hot dogs. À l’extérieur, les hommes grillent des steaks et les efforts mixtes ont beaucoup de succès. Dans le bruit et le rire de la cuisine bondée, je demande pourquoi elles sont devenues membres des DA. Brenda MacLennan, la 2e vice-présidente des DA de Fort Garry, dit que sa mère l’a inscrite “et ma fille, qui a maintenant 24 ans, est membre depuis cinq ans.”

Darlene Beddington, une ancienne présidente des DA d’Elmwood de Winnipeg, se rappelle d’avoir adhéré en 1990 “parce que ma mère était dans les auxiliaires et elle était décédée un an auparavant […]. Maintenant, j’ai des amies dans tous les coins de la ville que j’ai rencontrées dans les DA.”

Bien que beaucoup s’inscrivent pour des raisons altruistes, il est indubitable que ces femmes ont beaucoup de plaisir quand elles se réunissent avec des femmes qui ont les mêmes dispositions.

Deux jours après, je passe un après-midi avec des membres des DA de la filiale North Calgary. Là, il y a une peinture en cours de fabrication. Les femmes se rassemblent dans un cercle de tricoteuses avec des pelotes de laine disposées sur la table devant elles. Tout en travaillant des aiguilles, elles m’expliquent ce qu’elles font et pourquoi. “Tricoter n’est pas la seule chose que nous faisons”, dit la présidente Doris Leavitt, “nous faisons des maniques, des décorations pour les arbres de Noël, des bijoux, des pâtisseries […] et tous les samedis après-midi nous tirons de la viande au sort.”

La secrétaire Anne Seddon prend la parole “nous tirons quatre gros steaks au sort, ou bien un rôti ou un jambon. Les DA ramassent 1 000 $ par mois rien qu’avec cela. Deux dames s’en occupent chaque semaine.”

“Le tirage au sort de la viande, c’est ce que je préfère, on rencontre beaucoup de gens merveilleux”, dit la première vice-présidente Joyce Knecht.

“Mais il ne faut pas oublier que si une filiale est en difficulté, notre responsabilité première concerne la filiale.” De dire la trésorière Ida Dunford : “les dames sont très liées, elles s’occupent les unes des autres et elles se tiennent au courants les unes des autres.”

Le membre de l’exécutif Doris McCullough est d’accord : “le bon sentiment qu’on ressent quand on aide les autres a une grande importance. On sent qu’on a besoin de soi et qu’on fait partie de quelque chose. J’ai hâte à l’hiver, quand nous sommes occupées.”

Quand j’applique de l’eau avec mon pinceau sur ma feuille de papier à aquarelle, elle se répand vite, emportant les pigments, dans des directions inattendues. Une autre comparaison me vient à l’esprit en peignant le portrait de ces femmes dévouées. Les DA ont découvert des manières inattendues d’offrir leur aide; leurs bonnes oeuvres se sont répandues au-delà de la filiale, qui mettent de la couleur dans la vie de tant de gens. Ce sont les donneuses de soins de la Légion royale canadienne, qui portent le coeur de cette grande organisation partout où elles vont.

Contributions des DA

Quand Jean Boychuk de Castlegar (C.-B.) a décidé de ne plus aider les autres dames auxiliaires à la cuisine de la filiale Castlegar-Robson parce qu’elle était un peu trop vieille, elle s’est mise à chercher une autre façon de participer. Boychuk voulait surtout faire quelque chose pour les soldats canadiens en Afghanistan. Vu qu’elle crochète bien, elle se mit à faire des couvertures pour les soldats blessés, mais il ne s’agissait pas de couvertures ordinaires. Son nom et son numéro d’auxiliaire étaient cousus dedans, de sorte que le soldat qui allait la recevoir saurait qu’elle avait été faite en pensant à lui.

L’idée a trouvé un écho chez d’autres dames et elles se mirent à faire la même chose, ce qui a donné lieu à un programme, appelé Blankets of Hope (couvertures de l’espoir), auquel ont souscrit d’autres DA à travers la Colombie-Britannique. “Chaque couverture est personnalisée. La dame y met son nom et le nom de sa filiale et à l’occasion, selon la personnalisation désirée, une adresse de courriel. Le soldat qui reçoit la couverture peut répondre s’il le veut”, dit Lesley Maudsley, la première vice-présidente de la Division des DA de la Colombie-Britannique/Yukon.

“La couverture est envoyée en Allemagne et puis elle est remise au soldat qui a été blessé ou qui y est pour des raisons de santé”, dit-elle. “Je pense qu’en Colombie-Britannique, environ 300 couvertures ont été envoyées pour l’instant. Nous venons d’apprendre que la Division de l’Alberta-Territoires du Nord-Ouest vient d’épouser le programme.”

Bien que Blankets of Hope soit un programme nouveau, et qu’il soit à la une ces jours-ci, il est semblable de bien des façons à ce que les femmes de la Légion font depuis toujours. Elles se servent de leurs habiletés afin de soutenir les hommes et les femmes qui endossent un uniforme pour aller combattre l’ennemi sur son propre terrain.

“Nous nous sommes toujours concentrées sur l’ancien combattant”, dit la présidente Judy Stinson des dames auxiliaires de la Division de l’Ontario. “Ça a toujours été comme ça. Seuls les objets ont changé. Nous nous occupons des anciens combattants de la Seconde Guerre mondiale depuis des années. Nous nous occupons encore d’eux, mais nous voulons aussi aider les soldats qui se battent de nos jours.”

Malgré un sociétariat qui diminue, et des modes de vie qui changent beaucoup, les dames auxiliaires de la Légion continuent de faire le travail avec lequel elles ont toujours été associées. Dans la plupart des filiales, la cuisine est le domaine des dames, mais on les trouve aussi lors de l’organisation de tombolas, du tirage au sort de viandes et de ventes-débarras, et aussi en train de trouver de nouvelles façons de ramasser des fonds pour les bonnes oeuvres.

C’est ce qu’elles font depuis 1926, quand la Légion a été créée.

Les DA de la C.-B./Yukon ont célébré leur 80e anniversaire en déclarant que 2007 serait l’année des dames auxiliaires. Dans le livre Service, une histoire de la Légion royale canadienne qui a été publiée en 1960, il est écrit qu’il y avait 60 000 dames auxiliaires. Mais, en ce temps-là, c’était tout aussi difficile de savoir exactement combien il y avait de DA au Canada que ce l’est aujourd’hui. Il n’y a pas d’organisation au plan national qui soutienne les dames auxiliaires reliées aux filiales de toutes les grandeurs. Il est simplement énoncé dans les Arrêtés de la Légion que “les Directions provinciales et les filiales peuvent constituer et maintenir des groupes d’auxiliaires féminins et la Direction nationale peut accorder des chartes aux dits groupes”.

Les dames auxiliaires sont organisées en structure divisionnaire en Colombie-Britannique/Yukon, Alberta-Territoires du Nord-Ouest, Manitoba-Nord-Ouest de l’Ontario, Ontario, Nouveau-Brunswick, Île-du-Prince-Édouard et Terre-Neuve-et-Labrador. Leur importance diffère, des 304 groupes auxiliaires aux 16 000 membres en Ontario jusqu’aux 103 organisations comptant 3 270 membres en Colombie-Britannique/Yukon, en passant par les 115 groupes de l’Alberta-Territoires du Nord-Ouest (dont trois se trouvent aux Territoires du Nord-Ouest) comptant 6 700 membres, par les 22 groupes de Terre-Neuve-et-Labrador et par les 14 groupes de l’Île-du-Prince-Édouard.

Les membres des groupes de dames auxiliaires paient des frais d’adhésion nominaux qui sont partagés entre la filiale et la division. Ce n’est pas une adhésion à la Légion.

Les uniformes varient d’une province à l’autre. Bien qu’ils soient tous basé sur l’uniforme bleu et gris des membres de la Légion, l’uniforme de la plupart des DA comporte une cravate ou un noeud papillon bordeaux pour se distinguer. Celles de l’Ontario et de la Nouvelle-Écosse s’en tiennent à la cravate bleue et or comme celle des hommes. Au Nouveau-Brunswick, elles se distinguent par le blazer bleu clair plutôt que bleu marine. En Alberta et certaines autres divisions, elles ont choisi une jupe blanche.

Aux divisions du Québec et de la Nouvelle-Écosse/Nunavut, les dames auxiliaires existent mais elles n’ont pas de structure divisionnaire. La Saskatchewan avait une structure divisionnaire, laquelle avait été établie en 1930, mais elle a été abolie en 2000 parce que l’âge et les décès avaient causé une importante diminution du nombre de ses membres. Elle était tombée sous administration fiduciaire, ce qui causait un fardeau financier à la division. Pourtant, on s’est aperçu de sa capacité à lever des fonds quand il fut décidé de l’abolir. Elle avait plus de 100 000 $ en fonds de bienfaisance, lesquels furent divisés entre le Wascana Rehabilitation Centre de Regina, le Sherbrooke Community Centre de Saskatoon et le Fonds du Souvenir. “Nous sommes parties avec grâce”, nous disait alors la dernière présidente Sybil Clayton des DA de la Division de la Saskatchewan.

Bien que des nouvelles concernant les dons des DA aux filiales paraissent dans notre revue, c’est difficile de vraiment bien comprendre l’étendue de leurs dons à travers le pays. Les DA de la Division de l’Ontario rapportent qu’entre juin 2005 et le 31 mai 2006, elles ont fait des dons aux filiales et à d’autres oeuvres s’élevant à 6 980 719,59 $.

“Nous organisons des bingos, des casinos, des tombolas, des ventes de pâtisseries, les choses que font les dames”, dit Muriel Heselwood, la présidente des DA de la Division de l’Alberta- Territoires du Nord-Ouest qui a été élue dernièrement. Elle évalue à 35 000 $ par année ce que les DA donnent aux hôpitaux et à 40 000 $ le montant des bourses, et elles dépensent aussi 3 500 $ pour l’équipe de leur division aux Championnats nationaux d’athlétisme de la Légion. “Et les groupes auxiliaires individuels donnent en moyenne 15 000 $ par année à leur filiale”, dit-elle.

La Division du Manitoba-Nord-Ouest de l’Ontario donne aussi beaucoup d’argent en bourses pour les étudiants en ergothérapie et en physiothérapie. “On se base sur les notes pour les choisir. C’est vraiment très difficile de choisir parmi tant d’étudiants qui ont de si bonnes notes ces jours-ci”, dit Valerie Johnson, une ancienne présidente des DA de la Division du Manitoba-Nord-Ouest de l’Ontario.

Les DA de Terre-Neuve-et-Labrador ont un programme nommé Save-a-Family dans le cadre duquel des familles à revenu faible peuvent obtenir jusqu’à 180 $ par mois. “C’est simplement pour les aider à joindre les deux bouts”, dit Sally Snow, la présidente sortante des DA de la Division.

C’est le soutien des anciens combattants qui est toujours le plus important dans toutes les divisions. “Nous conservons une liste de désirs pour les hôpitaux. Nous essayons de trouver des choses que les anciens combattants des (foyers pour anciens combattants) désirent”, dit Judy Stinson de l’Ontario. “Nous avons plusieurs programmes populaires, dont le parrainage de cartes de crème glacée. L’ancien combattant achète une carte à un prix nominal et elle sert pendant quatre mois durant lesquels il peut aller prendre un cornet de crème glacée à la cantine.”

Les dames de l’Ontario ont acheté des tee-shirts rouges où était écrit Support Our Troops pour tous les anciens combattants du Tony Stacey Centre for Veterans Care à Toronto. “Les petits détails importent. Les anciens combattants risquent de nous quitter bientôt”, dit Stinson. “À l’Hôpital Parkwood (à London, en Ontario), nous passons des vidéos de la Noël d’antan. Ce sont de vieux films que les gens aiment regarder à la Noël parce que ça leur rappelle les Noëls d’autrefois.”

Tout cela, ce sont des divertissements de groupes, mais les dames s’occupent aussi de particuliers. “Nous essayons de combler les désirs individuels également. Des fois, il peut s’agir d’une chose aussi simple que d’emmener l’ancien combattant souper avec des proches”, dit Stinson.

Heselwood fait la liste des objectifs des DA par ordre d’importance. “D’abord, nous nous occupons des anciens combattants et de leur confort. Ensuite, nous aidons nos filiales sur les plans monétaire ou autre, et puis nous donnons à notre collectivité.

“Nous allons au Colonel Belcher Health Care Centre de Calgary et au Kipnes Health Care Centre for Veterans d’Edmonton presque tous les jours. Nous organisons les divertissements. Il peut s’agir de dîners, de bingos ou de danses”, dit-elle. À sa filiale, à St. Albert, les DA organisent des sacs de cadeaux pour la Noël et l’Action de grâce. Il y a des biscuits, des puddings, des peignes et du dentifrice dans tous les sacs.

Les DA du Nouveau-Brunswick ont un programme adopt-a-vet (adopter un ancien combattant). “Ma filiale, Oromocto, a six anciens combattants. Nous nous occupons d’eux à la Noël”, dit la présidente Helen Ladouceur des DA de la Division du Nouveau-Brunswick.

Les raisons pour lesquelles ces femmes ont décidé de s’engager sont aussi individuelles que chacune d’entre elles. Pour Linda Richard, présidente des dames auxiliaires de la Division de l’Île-du-Prince-Édouard, c’était un engagement pris envers feu son père. “Mon père était ancien combattant. Il était toujours engagé à l’égard de la Légion. Je voulais y adhérer depuis longtemps, mais je retardais toujours. Et puis un jour une compagne de travail me dit qu’elle allait entrer dans les dames auxiliaires alors j’ai décidé de l’accompagner. Mon père est mort depuis mais, maintenant, quand je participe à une cérémonie du souvenir, je pense que je continue sa mémoire. Je me sens fière de lui.”

Quant à Judy Stinson de St. Thomas (Ont.), c’est sa grand-mère qui l’a inspirée pour qu’elle adhère. “Ma grand-mère m’a élevée depuis l’âge de sept ans. Je voulais faire quelque chose pour les anciens combattants mais j’étais timide”, dit-elle. “Elles étaient à la recherche d’une secrétaire et il y avait une dame qui pensait que je pouvais faire l’affaire. Ça m’a fait sortir de ma coquille.”

Stinson dit que son travail actuel pour la Légion a une autre signification spéciale parce qu’elle a un fils qui est capitaine dans l’aviation.

Rose Green, la secrétaire-trésorière des DA de la Division de l’Ontario dit que c’est sa mère qui l’a persuadée d’y adhérer. “Mon père était allé à la Seconde Guerre mondiale. On m’a souvent dit que ma soeur aînée est née parce qu’il est allé à la guerre et que je suis née parce qu’il en est revenu. Ma mère disait que je devrais adhérer à la Légion parce que mon père avait servi.”

Sandra Thomas, la présidente sortante des DA du Nouveau-Brunswick se souvient que “à St. Stephen, il n’y avait pas grand-chose à faire. Il y avait des danses à la Légion, mais on ne pouvait y aller que si on en était membre. Alors nous avons adhéré aux DA. Peu de temps après je me trouvais dans la cuisine où je me suis amusée énormément. On s’amuse toujours beaucoup à la cuisine.”

Thomas est membre des DA depuis 35 ans et elle est devenue membre associée à la filiale quand elle y a eu droit. “Mon grand-père et mon père étaient dans la Légion, et maintenant j’en suis membre aussi. Mon mari est membre et mon fils est membre ordinaire.”

Valerie Johnson du Manitoba-Nord-Ouest de l’Ontario a adhéré aux dames auxiliaires à la filiale Ukrainian Canadian Veterans de Winnipeg. “Mon oncle, Henry Leben, est allé à la guerre et il y a été fait prisonnier. Je pense que ses expériences l’ont affecté mais il refusait toujours d’en parler. Toutefois, il était engagé à l’endroit de la Légion. C’était un bon joueur de base-ball dans l’équipe de la Légion.

“On cherchait des femmes pour donner un coup de main à la filiale, alors il m’a demandé d’y adhérer. C’est ce que j’ai fait et j’en fais partie depuis”, dit-elle.

Non seulement Johnson vient-elle de terminer un mandat en tant que présidente des DA de la Division, elle vient aussi d’être élue présidente de la filiale. “J’ai du travail à faire à la filiale maintenant, mais j’aime toujours travailler avec les dames. Et les dames m’aident à la filiale, c’est sûr.”

L’association de Lesley Maudsley avec la Légion dure depuis son enfance, en Angleterre. “Mon père était un vétéran des alliés de la Seconde Guerre mondiale. Ma mère était une épouse de guerre. Nous étions toujours obligés d’aller au service du jour du Souvenir. Ça a continué quand nous avons déménagé à Regina. J’ai adhéré aux dames auxiliaires là-bas, en 1973.

J’ai continué quand nous avons déménagé à Bramalea (Ont.), et aussi quand nous avons déménagé en Colombie-Britannique.

Comme c’est le cas pour la Légion, garder les membres et en recruter de nouveaux est un défi depuis quelques années. En juin, on a pu voir à quel point le nombre de dames auxiliaires a diminué à Grande Prairie, quand les membres des DA de la Division de l’Alberta-Territoires du Nord-Ouest ont réglé leur rite bisannuel à leur congrès. Les lumières de la salle ont été tamisées quand les dames se sont mises à chanter un hymne. Des accords plaintifs étaient joués au piano en arrière-plan pendant que la présidente d’alors, Diane Bedford, lisait à voix haute le nom des groupes auxiliaires de chacun des neuf districts.

Les commanders de district se sont avancés avec une poignée de coquelicots. Quand chaque nom a été prononcé, les dames de ce district se sont levées et ont allumé des lampes de poche pendant que le commander du district épinglait un coquelicot sur la croix en Styrofoam en avant de la salle.

Tous les noms ayant été lus, les lampes de poche ont été éteintes et les dames se sont assises pendant que le groupe du district suivant se levait et ses membres allumaient les lampes en l’honneur des noms de leur district. À la toute fin, pour terminer le service, les dames ont chanté un autre hymne.

Une cérémonie semblable est réglée aux congrès des DA du Nouveau-Brunswick. Ladouceur dit qu’un oeillet est déposé à une croix quand on lit le nom de chaque membre qui est mort depuis le congrès précédent. “On perd des membres chaque année. Cette année, 68 noms ont été lus. Il arrive qu’on n’apprenne le décès de quelqu’un qu’en entendant son nom au congrès. La cérémonie peut être vraiment émouvante.”

Dans la Division de l’Ontario, 23 groupes auxiliaires ont abandonné leur charte depuis 2004. “C’est principalement l’âge qui fait qu’elles l’abandonnent. Les dames sont fatiguées et il y en a bien peu de nouvelles qui s’inscrivent”, dit Stinson.

Chaque division essaie de recruter des membres chez les dames auxiliaires, mais c’est difficile maintenant que la Légion elle-même souffre d’un important déclin du sociétariat.

Linda Richard dit que l’Île-du-Prince-Édouard a été chanceuse car quatre nouveaux membres viennent d’être recrutés. “C’est difficile d’acquérir des jeunes. Nous avons beaucoup de membres, mais ils vieillissent et sont de moins en moins actifs. Ils assistent à toutes les réunions, mais ils ne peuvent pas faire tout le travail.”

Johnson observe la même tendance au Manitoba. “Beaucoup de nos dames ont dans les 80 ou 90 ans. Elles ne peuvent simplement pas faire autant qu’avant”, dit-elle. “Nous ne réussissons pas à acquérir les plus jeunes. C’est difficile pour un jeune couple quand les deux travaillent. Leurs enfants font du sport. Elles ne sont tout simplement pas aussi engagées que nous l’étions à leur âge.”

D’après Rose Green, le changement à la Légion a un impact direct sur l’adhésion. “Lorsque la Légion a accepté les membres associés, en 1974, elle en a accaparé qui seraient allés chez les dames”, dit-elle.

“Il faut que nous transmettions le message et que nous fassions de la publicité”, dit Heselwood de l’Alberta. “Certaines des dames ont installé une table de l’adhésion à la garnison d’Edmonton. Il y a eu quelques nouveaux membres.”

C’est quand même difficile d’en attirer de nouveaux. “On a besoin de nouveaux membres. Il n’y a pas de formule magique. J’aimerais bien qu’il y en ait une”, dit Heselwood. “Il faut que nous maintenions le flambeau allumé.”

Comme aux filiales de la Légion en général, les sports ont un rôle important lors du recrutement et de la conservation de membres des DA. La Division de l’Ontario a un programme sportif complet pour les dames auxiliaires exclusivement. “Nous avons les fléchettes et le cribbage à la filiale, à la zone, au district et à la division. Il y a des divisions qui ont intégré les dames auxiliaires dans leurs programmes des sports réguliers.

Mis à part les sports, à la filiale Wells du Nord de la Colombie-Britannique il y a deux hommes, qui pourraient être membres réguliers de la Légion, chez leurs dames auxiliaires. “Un des deux est président des dames auxiliaires”, dit la secrétaire Linda Sawyer de la Division de la Colombie-Britannique/Yukon. “Il y a beaucoup d’hommes qui donnent un coup de main aux DA. Les femmes les taquinent souvent et elles leur donnent un tablier honoraire. Mais ça, c’est du sérieux. Personne d’autre ne voulait être président, alors il s’est porté volontaire.”

Maudsley dit qu’il y a eu toute une réaction quand les autres DA en ont entendu parler. “Beaucoup de femmes ont été choquées au début. Mais ensuite nous avons pensé que la loi ne nous permettrait pas de l’interdire. Nous avons donné notre accord. Je pense qu’il y a beaucoup de femmes qui seraient très contentes qu’il y ait quelques hommes autour pour soulever les lourdes marmites dans la cuisine.”

Linda Richard, âgée de 55 ans, dit qu’elle comprend ce que beaucoup de jeunes femmes ressentent. “Je suis un des membres les plus jeunes. Je travaille 40 heures par semaine. Je pense que c’est une partie du problème, le fait que tout le monde travaille. Il y a beaucoup de jeunes femmes qui ont peur de s’engager.”

Comme chez les dames de Castlegar, les DA de St. Stephen, où Thomas est membre, dirigent leur regard vers les gens qui servent dans les zones de guerre aujourd’hui. Ça a donné lieu à ce qu’elles appellent une campagne de boîte à chaussures. “Nous avons décidé de garder toutes les boîtes à chaussures que nous pouvions trouver pour les remplir avec des choses dont les soldats qui servent en Afghanistan pourraient avoir besoin”, dit Thomas. “Les boîtes sont remplies avec de l’Advil, des myorelaxants, du dentifrice et des friandises. Toutes sortes de choses qu’on ne peut pas aller chercher chez le dépanneur en Afghanistan.”

La campagne de boîtes à chaussures est coordonnée avec l’aide de l’Agence de soutien du personnel des Forces canadiennes. “Nous avons envoyé 17 caisses pour l’instant. Une caisse contient 25 boîtes”, dit Thomas. “Il y a des femmes qui y mettent une petite note disant ‘J’espère que vous passez une bonne journée’ ou bien ‘Je prie pour vous’. Le genre de chose qu’on écrit à quelqu’un avec qui on ne fait que commencer à se lier d’amitié.”

Comme c’est le cas par rapport à toutes les guerres, les dames ont des histoires personnelles qui font vraiment comprendre la tragédie. Snow, qui habite à Wabush (Labrador), se souvient du simple soldat Kevin Vincent Kennedy qui, à 20 ans, était un des six soldats tués durant la fin de semaine de Pâques cette année. “C’était un gentil jeune homme. Il demandait toujours de mes nouvelles à sa mère.

J’ai vraiment compris ma douleur”, dit-elle.

Comme le dit Stinson, “Il y a toute une nouvelle génération qui a été affectée par cette guerre (en Afghanistan).” Au début du congrès de la Division de l’Ontario qui a eu lieu à London au mois de mai, elle s’est trouvée à côté de Carolyn Wilson qui déposait une couronne de la part des mères de la Croix d’argent. Le fils de Wilson, le soldat Mark Andrew Wilson des Royal Canadian Dragoons, a été tué en Afghanistan le 7 octobre 2006, à l’âge de 39 ans, par un appareil explosif improvisé. “C’était un honneur de me tenir à côté de Carolyn Wilson”, dit Stinson. “Je l’estime énormément.”

Stinson dit que ça lui a rappelé combien les temps, mais pas le rôle des dames auxiliaires, ont changé. “Notre position nous permet de voir beaucoup d’autres jeunes anciens combattants qui reviennent au foyer. Il va falloir s’occuper d’eux tout comme nous nous sommes occupés des anciens combattants plus vieux.”

Ainsi, bien que les temps aient changé et que leurs nombres aient diminué, les dames auxiliaires de la Légion restent des piliers quand il s’agit de leur soutien.

À votre service Avis important aux vétérans de la MRC

Avez-vous servi à bord d’un navire de la Marine royale du Canada entre la Seconde Guerre mondiale et 1970?

Si c’est le cas, vous faites partie des quelque 18 000 personnes des services qui risquent d’avoir été exposées à des doses d’amiante exceptionnellement élevées. L’amiante, en n’importe quelle quantité, peut être une cause de cancer pulmonaire ou contribuer à son développement des années plus tard.

Saviez-vous qu’Anciens combattants Canada peut offrir des avantages aux anciens des services qui actuellement souffrent de cancer pulmonaire à cause d’une exposition à l’amiante si on peut établir un lien avec le service militaire?

Il se peut que vous ayez droit à une allocation d’invalidité d’un montant pouvant s’élever jusqu’à 250 000 $. Vous pourriez aussi avoir droit à des soins de santé et d’autres avantages prolongés.

Vous devriez prendre les précautions suivantes :

· Prenez contact avec votre médecin immédiatement et dites-lui qu’il se peut que vous ayez été exposé à de l’amiante.

· Racontez soigneusement votre passé à votre médecin, y compris l’essoufflement.

· S’il y a lieu demandez un examen complet; assurez-vous que votre médecin évalue vos poumons et cherche des signes d’hernie.

· Prenez des dispositions pour évaluer la fonction de vos poumons.

· Exigez un rayon X pour déterminer s’il existe quelque indication de maladie reliée à l’amiante.

Si le rayon X indique des anomalies, il y a plusieurs procédés qui peuvent suivre pour établir un diagnostic. Si le rayon X des poumons est net, il devrait être répété tous les ans, pour dépister tout changement qu’il pourrait y avoir.

Prenez contact avec un agent des services d’une direction de la Légion royale canadienne (voir les inscriptions sous Bureau des services / Agents des services, ou appelez sans frais au 1-877-534-4666 ou appelez sans frais Anciens combattants Canada au 1-866-522-2122.

* * *

Ce qui suit est l’extrait d’une lettre de remerciement écrite par Carol Werner d’Ottawa.

J’aimerais profiter de l’occasion pour remercier la Légion de son soutien formidable à propos de ma demande pour invalidité. Mon cas en est un qui a causé nombre de difficultés. Pourtant, l’agent des services de la Légion s’est occupé facilement de chacune d’entre elles, à façon experte, comme un professionnel expérimenté. Il a réussi à analyser précisément les questions principales, de les mettre dans leur contexte et d’y répondre. De plus, il a fourni d’excellentes synthèses de cas et de preuves au Tribunal des anciens combattants (révision et appel). Le soutien que m’a donné l’agent des services de la Légion a été exceptionnel.

À votre service est écrit par des agents des services du Bureau national des services.

Le chemin à venir

La Légion royale canadienne s’est embarquée dans une mission de débat intérieur dont l’objet ultime est de recommander de meilleures façons de se structurer et de se gouverner. Le travail a commencé en février quand le Conseil exécutif national a approuvé fortement la création de la Commission de la LRC sur la gestion, la représentation et la structure directionnelle (Période de transition prévue à la Légion, mai/juin).

La tâche à laquelle la commission s’est attelée est intimidante, mais son mandat d’un an est une occasion excitante pour que la Légion puisse trouver des idées nouvelles en ce moment crucial. “La question de la gestion et de la structure […] va continuer à croître en tant que problème important”, dit le président national Jack Frost pour expliquer les raisons de la création de la commission. “Notre sociétariat continue de diminuer à une vitesse alarmante, mais notre grandeur et notre degré de gestion ne changent pas, alors ils demeurent une grande dépense à travers la Légion”, remarquait-il.

Le président national dit que la sorte de gestion et de structure qu’a la Légion n’a pas été révisée sérieusement depuis que l’organisation a été fondée, il y a 81 ans. Les membres du CEN et lui croient qu’il est temps de bien réfléchir, de repartir à zéro, et de ne pas seulement réviser la structure régionale, divisionnaire et nationale actuelle, mais de recommander des modifications avec responsabilités définies, amélioration de la gestion en général et représentation plus équilibrée à coût moins élevé.

La commission comprend cinq représentants, et le président Jim Rycroft du Comité des constitution et loi de la Légion y sert de conseiller. Le comité doit travailler indépendamment du personnel de la Direction nationale et des directions divisionnaires.

Les cinq sont le président Steve Wessel de la Nouvelle-Écosse, Andy Phillips de la Colombie-Britannique/Yukon, Frank Simpson de la Saskatchewan, Gordon Moore de l’Ontario et Tom Eagles du Nouveau-Brunswick. Tous ces gens sont des légionnaires bien connus et très respectés.

Durant des visites antérieures aux directions divisionnaires, le président national avait soulevé la question de la restructuration, surtout le besoin de fusionner les directions. D’après la structure actuelle, la Légion a quelques directions qui sont très petites et qui n’ont pas les ressources nécessaires à une bonne administration et au soutien des membres et des filiales comme en ont les directions plus grandes. “La possibilité que nous soyons sur-administrés, car nous aurions trop de directions, de districts, de zones et d’agents à différents échelons, a aussi été suggérée lors de discussions avec les exécutifs divisionnaires”, dit-il. En plus, la structure actuelle de 10 directions divisionnaires est bien mal équilibrée car certaines directions ont des dizaines de milliers de membres alors que d’autres, comme par exemple celle de l’Île-du-Prince-Édouard, sont très petites. “Cela donne un processus de prise de décisions au Congrès national qui est injuste car la direction la plus grande peut influencer indûment les décisions du congrès.

Une des tâches de la commission est de recommander la grandeur minimale d’une direction par rapport à un nombre minimal de membres. Il va aussi prendre en considération le nombre minimal de directions qui seraient nécessaires au soutien des filiales tout en offrant un degré d’administration adéquat et équilibré. Il a aussi comme tâche de suggérer s’il devrait y avoir des frais d’adhésion minimaux, ou pas, pour chaque direction qu’il propose.

De plus, il va considérer les besoins minimaux en personnel au quartier général d’une direction, et le nombre d’élus nécessaire au niveau de la direction pour soutenir la division, et puis suggérer une façon d’organiser et administrer les filiales dans le cadre d’une division, c’est-à-dire par l’entremise des districts, des zones ou des deux, et la grosseur minimale de chacun. Il va aussi considérer le nombre de représentants qui siégeraient au CEN.

Le groupe doit faire son rapport au CEN en février 2008.

Comme on l’a déjà remarqué, c’est un gros travail, mais le temps et les efforts que cela va prendre valent vraiment la peine. Les organisations doivent, de temps en temps, se regarder de près dans un miroir. Elles ne doivent pas avoir peur de questionner le statu quo ou de critiquer les usages établis. Elles doivent chercher les meilleurs usages tout en maintenant les intérêts des gens qu’ils représentent. Ainsi, cet exercice ne concerne pas seulement le maintien de la santé, il concerne aussi l’augmentation de la puissance et de la sagesse, et il mérite le soutien des légionnaires de partout.

Munir en conforts domestiques

Quand la Légion royale canadienne a été instituée, ce fut dans le but de s’occuper du personnel des forces armées revenant du service outre-mer. Cette obligation sacrée envers nos anciens combattants continue aujourd’hui, mais la Légion a aussi une longue et fière histoire de s’occuper des gens en uniforme qui sont encore en service dans les zones de guerre et autres régions dangereuses.

Les vétérans de la Première Guerre mondiale savaient à quel point les évocations de chez soi importent quand on est en service, mais en ce temps-là il n’existait aucune grande organisation qui s’occupa spécifiquement de leur confort. Alors, quand la Seconde Guerre est arrivée, la Légion était là pour parrainer les spectacles sur scène et les services éducationnels, et pour fournir des articles dont les combattants avaient grandement besoin, comme la papeterie et les cigarettes.

Le Fonds de moral des troupes de la LRC est un exemple moderne de ces soins de chez nous. Cet effort de financement, fait de concert avec Tim Hortons et l’Agence de soutien du personnel des Forces canadiennes (ASPFC) sert à s’assurer que chaque soldat canadien puisse avoir un café et un beigne, au stand de Tim Hortons situé à la piste d’atterrissage de Kandahar, durant son temps libre. En fait, chaque fois que le fond atteint 6 000 $ US, la Légion achète une grande quantité de bons-cadeaux qui sont distribués aux troupiers par l’ASPFC.

Les filiales et les directions de la Légion, ainsi que des organisations communautaires, soutiennent fortement le fond. Le grand nombre de donations qui viennent de partout au pays en est la preuve. Dans son premier mois d’opération, le fond a ramassé plus de 20 000 $.

Le président national Jack Frost espère que la distribution des bons-cadeaux aux troupiers va devenir une activité hebdomadaire.

Le soutien de la Légion pour les gens qui servent en Afghanistan va plus loin encore. Au mois de mai, le président national remettait 20 000 $, prélevés au Fonds du coquelicot de la Direction nationale, aux maisons Fisher de Landstuhl (Allemagne). Ces maisons sont situées en face du Landstuhl Regional Medical Centre, l’Hôpital militaire états-unien où l’on soigne les soldats américains déployés outre-mer. Le Canada aussi se sert de l’hôpital et l’on y transfère des soldats blessés en Afghanistan pendant qu’ils récupèrent ou qu’ils sont évalués avant de retourner au Canada pour leur réhabilitation.

Les maisons offrent un gîte à la famille des soldats qui récupèrent pendant qu’elle les visite et lui offrent du soutien, et la famille est sûrement la plus importante évocation de chez soi qui existe.

Ce soutien venant d’ici est grandement apprécié par les troupes, et cela encouragera peut-être les soldats qui reviennent à adhérer à la Légion, grâce à quoi on pourra continuer l’usage de la Légion qui est de soutenir le moral de nos troupes où qu’elles soient.