À Ortona dans le temps et maintenant

Plus de 1 200 élèves quittent le cimetière de guerre canadien de la Moro, à Ortona, en défilant avec leur drapeau « reliant les générations » [PHOTO : DAN BLACK]

Tôt le matin du 25 novembre 2008 :

Les grands autocars s’arrêtent un par un dans l’allée étroite qui longe la côte ouest de l’Adriatique. Il fait froid, il y a du vent, et la pluie menace de tomber sur la voute en pierres qui relie l’église de San Donato au cimetière de guerre canadien de la Moro.

Pendant quelques secondes entre les arrivées, tout est silence, sauf le bruissement du vent du nord dans les oliveraies et les pergolas couvertes de plantes grimpantes. À cinq kilomètres au nord, sur un plateau qui donne sur la mer et une vallée tranquille, se trouve l’ancienne ville d’Ortona, reconstruite, aux maisons à deux ou trois étages blotties sous la cathédrale San Tommaso.

À deux milles environ au sud-ouest, invisible, au bord d’un long ravin, il y a la Casa Berardi où, le 14 décembre 1943, un petit groupe de soldats cana­diens résolus a tenu, contre toute attente, à une bataille brutale qui s’est terminée par la capture d’une position clé et la remise d’une Croix de Victoria à un Canadien français de Cabano (Qc). Plus au sud, du côté nord de la Moro, se trouvent les villages de fermiers Villa Rogatti, La Torre et San Leonardo.

Des dizaines d’adolescents cana­diens, en manteau écarlate, pantalons noirs et chemise kaki, descendent sur la chaussée mouillée, par les portes avant et arrière du premier car. Ceux qui se trouvaient dans le premier car viennent de regarder une courte vidéo montrant l’endroit 65 ans auparavant.

Une compagnie  des Seaforth Highlanders s’avance vers Ortona en 1943. [ PHOTO : FREDERICK G. WHITCOMBE, LIBRAIRIE ET ARCHIVES CANADA–PA152749]

Pendant la prochaine heure, plus de 1 200 écoliers vont passer en-dessous de la voute et se disperser dans le cimetière à la pelouse immaculée. La plupart, sinon tous, ont carnet et crayon, ou un appareil photo numérique. Et ils ont tous quelque chose d’autre : une promesse à tenir, une quête à réaliser; c’est un petit pèlerinage privé qui a non seulement couvert des milliers de kilomètres, du Canada à l’Italie, mais qui leur a fait examiner l’histoire militaire canadienne comme jamais auparavant. Il s’agira de chercher en leur for intérieur ainsi que d’examiner l’histoire d’une bataille qui en son temps on surnommait la petite Stalingrad.

On espère, ou en tout cas leurs enseignants espèrent certainement, que ce voyage en Italie va les aider à mieux comprendre ce qu’ont ressenti les milliers de jeunes hommes qui avaient quitté leurs proches et étaient venus servir en Italie pendant la campagne des alliés qui a duré de 1943 à 1945. Ils ont lu, par exemple, que plus du quart des 92 757 Canadiens de tous les grades qui ont fait la campagne en ont été victimes. Plus de 400 officiers et presque 5 000 hommes ont trouvé la mort. Presque 19 500 autres ont été blessés et 365 sont morts de causes autres que l’action ennemie.

Pour beaucoup des écoliers, des parents, des enseignants et des chape­rons, c’est un voyage qui entrelace les influences que sont la curiosité, la tristesse et la colère pour en faire un cadre global du souvenir en l’honneur de ceux qui gisent sous leurs pieds. Ici, il y a 1 615 tombes, dont 1 375 sont celles de Canadiens.

Mais bien que le voyage serve à regarder 65 ans en arrière, il sert aussi à jeter un coup d’œil sur le monde d’aujourd’hui, notamment sur la guerre en Afghanistan. Car en plus d’offrir ses respects à un Canadien tué en Italie, chaque écolier s’est renseigné sur un soldat de la mission actuelle du Canada, et ils l’ont tous démontré en ajoutant des carrés de tissus, avec leur nom et le nom de leurs « deux soldats », à une bannière immense intitulée Hands Across The Generations Flag (drapeau des mains reliant les générations).

Les élèves assistent à une cérémonie de commémoration au cimetière de guerre canadien de la Moro. [PHOTO : DAN BLACK]

Mais rien que de se trouver parmi ces pierres tombales d’un blanc velouté au cimetière de la Moro, de voir ce qu’a couté la guerre, non pas en termes de statistiques mais de vies de particuliers perdues, est immensurable. Les éducateurs, dont Rosie Kruhlak de Morinville (Alb.), Gene Michaud d’Ottawa et David Chisholm de Summerside (Î.-P.-É.) voient ces moments comme « enseignables », quand les yeux s’écarquillent et que la  bouche bée en une expression de compréhension : ‘Ouah! Je comprends! Je comprends vraiment!

David Robinson, enseignant qui a mené plus de 1 700 écoliers en France, en avril 2007, à l’occasion du 90e anniversaire de la bataille de la crête de Vimy, est à la tête du voyage en souvenir du 65e anniversaire d’Ortona. En descendant du car, lors de ce qui va être le point culminant d’un travail de plusieurs mois comprenant d’innombrables courriels et réunions avec des officiels du Canada, de l’Italie et du Vatican, il lève les yeux au ciel : « Pourvu qu’il ne pleuve pas. »

4 décembre 1943 :

La 1re Division canadienne est au bord de la Moro. Deux jours après, la 1re Brigade blindée canadienne la rejoint. Leur mission, grosso modo, est de traverser une vallée de six kilomètres de largeur, faire une brèche dans les lignes allemandes et capturer Ortona. Dans la vallée, il y a des fermes, des champs parsemés de mines et des positions de mitrailleuse ennemies. Il y a aussi des oliveraies, des vignes, des ponts détruits et des ravins profonds.

La vallée de la Moro, le 8 décembre 1943. [PHOTO : TERRY ROWE, LIBRAIRIE ET ARCHIVES CANADA–PA166307]

La noirceur aidant, 5-6 décembre 1943 : 

Le Hastings and Prince Edward Regiment, les Seaforth Highlanders of Canada et la Princess Patricia’s Canadian Light Infantry commencent à traverser la Moro. L’attaque du Hastings, près de l’embouchure, a pour but de distraire l’ennemi des Seaforth et de la PPCLI dont les objectifs sont, respectivement, San Leonardo et Villa Rogatti. Pendant la nuit, la PPCLI capture son objectif et puis le défend. Le Hastings établit aussi une petite tête de pont.

8-9 décembre 1943 :

Les 48th Highlanders of Canada attaquent à l’ouest de San Leonardo et le Royal Canadian Regt. attaque ailleurs, espérant prendre le village par le côté. Malgré la pluie drue et le ciel nuageux, les frappes aériennes des alliés ont affaibli les positions de l’ennemi. Pendant ce temps, le Corps royal du génie canadien, faisant fi du feu nourri de l’ennemi, prépare la traversée de la rivière par les blindés. Des chars d’assaut du Calgary Regt., accompagnés par les Seaforth Highlanders, s’avancent dans la ville. Les Allemands n’abandonnent pas facilement, mais les Canadiens prennent San Leonardo.

25 novembre 2008 :

Au cimetière canadien de la guerre de la Moro, l’écolière Heather Shearer de Port Perry (Ont.) se tient devant le lot 9 de la rangée F11, toute seule. Elle a trouvé la tombe d’un soldat qui n’a survécu qu’environ cinq mois au débarquement en Sicile du 10 juillet 1943. Shearer a inscrit les renseignements sur le simple soldat Steve Andronick dans un carnet. « Il est né à Vancouver et a servi dans les Seaforth Highlanders of Canada, dit-elle. Il a participé à la capture de mitrailleurs, à San Leonardo, le 8 décembre 1943. Il est mort le 17 décembre. L’ennemi tirait sur eux du haut d’une colline… Il y en a beaucoup qui ne s’en sont pas sortis. »

Il y a aussi des renseignements sur un Canadien qui a servi en Afghanistan, dans son carnet. Le sergent Darcy Scott Tedford est un des deux soldats tués, dans une embuscade près de Pashmul, en Afghanistan, le 14 octobre 2006. Deux autres soldats y ont été blessés. Les militants avaient tiré des grenades propulsées par fusée sur l’unité de Tedford, qui gardait la construction d’une route. Né à Calgary, Tedford avait grandi à Earltown (N.-É.) et servait dans le 1er Bataillon du Royal Canadian Regt. basé à Petawawa (Ont.). « Il était marié et avait deux petites filles… » nous explique Shearer.

10-11 décembre 1943 : 

À moins d’un mille au sud d’Ortona, parallèle à la Moro, il y a un long ravin. Même s’il a été fortement bombardé par les avions alliés, c’est une position de défense allemande formidable. Le Loyal Edmonton Regt. lance son attaque, avec l’appui de chars d’assaut, vers un carrefour au nord du ravin, mais, bien que des renforts lui permettent de garder une partie du terrain gagné, il finit par être repoussé. La PPCLI prend la crête de Vino, du côté sud, avec l’aide de chars d’assaut. Une autre attaque ayant pour but de traverser le ravin et capturer un endroit surnommé Cider Crossroads (carrefour du cidre) échoue au sud-est d’Ortona. Une attaque du West Nova Scotia Regt. aussi, au bout ouest du ravin, est repoussée.

13 décembre 1943 :

Le feu des mitrailleuses et des mortiers tape dru sur le Carleton and York Regt. Cependant, un petit groupe des Seaforth traverse la ligne allemande et fait presque 80 prisonniers. Sans renforts, les Highlanders se replient, mais un endroit faible des défenses ennemies est découvert près de Casa Berardi.

25 novembre 2008 : 

L’air froid et humide venant du nord fait tousser Franca Fiset. L’enseignante de l’école secondaire catholique Notre-Dame d’Ottawa décide de s’écarter des centaines d’élèves qui se mettent en ligne au cimetière de la Moro où une cérémonie commémorative va avoir lieu. Elle se retrouve bientôt derrière la foule, non loin d’une Italienne âgée. « Elle s’appelle Adaluisa Budano. Elle vient de déposer une collection de bio­graphies militaires au bureau de l’enre­gistrement du cimetière. Elle avait 17 ans en décembre 1943. » Les Canadiens se sont saisis de sa maison pour en faire un quartier général de l’armée. Sa mère et elle cuisinaient et faisaient la lessive et elle dit à Fiset que les Canadiens étaient très gentils et leur fournissaient deux choses qui se faisaient très rares : de la nourriture et un peu de sécurité. « Je suis très heureuse de l’avoir rencontrée », dit l’enseignante.

14 décembre 1943 :

Le Royal 22e Régiment, avec l’aide de sept chars de l’Ontario Regt., se lance à l’attaque du secteur qui n’est plus aussi faible qu’avant. Un char allemand caché tient les Canadiens en respect jusqu’à ce que le sergent J.P. Rousseau le fasse sauter avec un lance-bombes anti-chars d’infanterie PIAT. Pendant que les fantassins, pris sous le feu des soldats ennemis éliminent ces derniers, les chars Sherman détruisent trois Panzer Mark IV. L’artillerie et les mortiers tirant sur leur position découverte, les Canadiens se mettent à couvert dans la Casa Berardi. Le capitaine Paul Triquet orga­nise ses forces, environ 15 hommes, quelques chars, un petit nombre de fusils et peu de munitions, et tient sa position jusqu’à l’arrivée des renforts. On lui décerne la Croix de Victoria et à Rousseau, la Médaille militaire. La Croix militaire est également décernée au major H.A. Smith, commandant d’un certain nombre de chars.

25 novembre 2008 :

L’élève Victoria Lisi et son père Nick, sergent-chef de la police régionale de Durham (Ont.), arrivent devant la tombe du simple soldat Émile Comeau. Victoria dit qu’il est mort le 15 décembre 1943, à 22 ans, de blessures subies au ravin. « Il n’était père de personne, mais il était très lié avec sa famille en Nouvelle-Écosse. Je suis sûre que les gens qui le connaissaient seraient heureux de savoir que nous prononçons quelques mots ici. Ses parents ont écrit beaucoup de lettres à son sujet après sa mort. Son dossier, aux archives d’Ottawa, comprend plus de 68 pages… J’espère qu’il nous regarde du ciel et qu’il est heureux que nous soyons ici pour le remercier de son sacrifice suprême. »

18 décembre 1943 :

Les 48th Highlanders participent à l’établissement d’une saillie dans les défenses allemandes près de Casa Berardi. La position permet aux Canadiens de séparer en deux une route importante entre le Cider Crossroads et la Villa Grande, située à plus d’un mille à vol d’oiseau, au nord-ouest.

25 novembre 2008 :

Amie Nault, âgée de 15 ans, de l’école secondaire Port Perry (Ont.), arrive devant la tombe du simple soldat Albert Barber, qui a servi dans le Carleton & York Regt. « Le voici », dit-elle et elle s’agenouille pour déposer une petite croix en bois, sur laquelle un coquelicot a été fixé, devant la pierre tombale. « Sa mère s’appelait Alice et son père, William. Il habitait à Fredericton et il était passionné de santé; il aimait faire de l’exercice et se nourrissait bien. Il aimait beaucoup l’armée. »

Amie Nault dépose une croix  devant la tombe du simple soldat Albert Barber. [PHOTO : DAN BLACK]

L’élève de 10e année a vite trouvé la tombe. Elle a visité un site Web de la Commission des sépultures de guerre du Commonwealth avant de partir du Canada et déterminé l’endroit de la tombe de 43 soldats assignés à son école. « Il y a beaucoup de gens qui disent nous nous souvenons… nous nous souvenons. C’est assez étrange de venir ici, mais quand on est ici pour de vrai, devant la tombe de quelqu’un sur qui on a fait des recherches, ça devient personnel et très vrai. Les gens sont morts par centaines près d’ici. On ne peut pas l’oublier. »

19 décembre 1943 :

Après un gros bombardement de l’artillerie, le 18 décembre, l’attaque du Cider Crossroads se poursuit. En fin de journée, le terrain est entre les mains des Canadiens. Ortona est à moins de deux milles de là.

25 novembre 2008 :

Kelly Charko, élève de 12e année de Winnipeg, pense au simple soldat Dean Lewis, tué le 13 décembre 1943. « Il a réussi la traversée de la Sicile; il servait dans la PPCLI, dit-elle. C’est surréel de se trouver ici, dans ce cimetière. Je n’ai jamais été aussi fière d’être Canadienne que maintenant. Me trouver vraiment ici et honorer ces soldats qui sont tombés en ce temps-là. La fierté que je ressens pour ces hommes et pour tous les anciens combattants qui vivent encore, est vraiment sans mesure… »

20 décembre 1943 :

Le major Jim Stone du Loyal Edmonton Regt. et un officier du Corps royal du génie canadien, rasent les murs du Corso Vittorio Emanuele d’Ortona à la recherche de l’ennemi, mais en vain.

25 novembre 2008 :

Les yeux de la jeune Chelsy Vachon se posent pour la première fois sur le nom gravé de son arrière-grand-père Ralph Joseph Collins, sapeur du 10e Escadron de campagne du Corps royal du génie canadien. Collins, fils de Simon et Emma Collins, était âgé de 28 ans et son épouse Helen Collins de Peace River (Alb.) et lui avaient deux enfants. Il est mort deux jours avant la Noël de 1943.

Personne de la famille de Chelsy, élève de l’école secondaire Community de Morinville (Alb.), a vu la tombe avant elle. La nouvelle qu’il est enterré ici lui a été donnée par son arrière-grand-mère nonagénaire. « Sa mort a été dure pour la famille », nous explique Rosie Kruhlak, qui enseigne les études sociales à Chelsy. « Son arrière-grand-mère a armé son cœur et n’a plus mentionné son nom pendant des années. »

Chelsy est une des personnes qui déposent une couronne de la part d’une filiale de la Légion de chez nous. « Je n’oublierai jamais le moment où j’ai vu la tombe de mon arrière-grand-père, dit-elle. Ça m’a rendue si triste, mais si fière aussi. Pour autant que je sache, il essayait de déterminer où étaient les mines quand il a mis le pied sur une d’elles. J’espère que se souvenir des guerres et des gens qui y ont servi va mener à un meilleur monde… »

21 décembre 1943 :

Le Loyal Edmonton Regt. se lance à l’attaque d’Ortona. Les hommes ont été divisés en deux compagnies et celle du flanc droit progresse bien. Celle du flanc gauche est prise sous le feu de tireurs d’élite et de mitrailleuses. Il est très difficile de savoir où se trouve l’ennemi à cause des édifices et de la poussière. Le sang coule à maintes reprises. Les hommes suivent un fossé en file in­dienne, à couvert d’un écran de fumée, jusqu’à une maison.

25 novembre 2008 :

Tommaso Caraceni, âgé de 85 ans, est heureux de voir des jeunes Canadiens à Ortona. Il se rappelle le temps où il avait 20 ans. « On avait été évacués par les Allemands au début septembre 1943. On est rentrés en ville au début du mois de décembre, mais on pouvait pas rentrer chez nous. On a trouvé refuge dans le tunnel de la voie ferrée et puis après, plus loin, dans les entrepôts du port. Il n’y avait pas de nourriture, ou très peu. Il y avait de la nourriture dans les entrepôts, mais on ne pouvait pas s’y rendre à cause des tireurs d’élite allemands sur les toits. »

Tommaso Caraceni remercie les élèves d’être venus à Ortona. [PHOTO : DAN BLACK]

Tombée de la nuit, 21-22 décembre 1943 :

Les rues étroites sont bloquées par les décombres. Il y a des mines, y compris des Teller, cachées sous les débris. Les maisons — corridors, embrasures de porte, jusqu’aux toilettes — sont arrangées pour exploser. Les chars du Three Rivers Regt. tirent dans les édifices abandonnés en passant.

25 novembre 2008 :

Chaque élève se tient derrière la tombe d’un soldat canadien. On voit bien qu’il y a presque assez d’élèves pour toutes les tombes. « On est fiers d’être Canadiens, et si fiers de notre jeunesse », dit Robinson quelques moments avant le début de la cérémonie. « C’est vraiment remarquable de voir que leur famille les envoie ici au beau milieu de l’année scolaire pour rendre hommage à ces hommes. Ce qui est incroyable, c’est qu’un jour, ces élèves vont raconter tout ça à leurs enfants. »

23 décembre 1943 :

L’avance des Seaforth est lente et sanglante. Les Edmonton, quant à eux, avancent lentement vers une des piazzas pavées de la ville. Des hommes sont victimes des tireurs et des bombes; d’autres sont enterrés vivants. Une erreur de jugement est un arrêt de mort. Les rues sont des zones d’abattage, alors il faut trouver une nouvelle approche et on en trouve : modeler une charge de destruction avec de l’explosif plastique. La charge, qui ressemble à une ruche, est placée contre le mur intérieur d’une maison et puis on la fait exploser. Cela s’appelle ‘mouse-holing’ (faire des trous de souris) et les Canadiens s’en servent pour attaquer les maisons une à la fois, pour se débarrasser des ennemis qui s’y trouvent.

Des membres du Loyal Edmonton Regt., appuyés par des chars du Three Rivers Regt., entrent dans la ville en 1943. [PHOTO : TERRY ROWE, LIBRAIRIE ET ARCHIVES CANADA–PA114030]

25 novembre 2008 :

Une procession dirigée par l’aumônier des Forces canadiennes Gabriel Legault s’avance dans le cimetière vers la Croix du sacrifice. La lancinante Dante’s Prayer, chantée par la Canadienne Loreena McKennitt, est portée par le vent à sa sortie des haut-parleurs.

When the dark wood fell before me

And all the paths were overgrown

When the priests of pride say there is no other way

I tilled the sorrows of stone….

…Cast your eyes on the ocean

Cast your soul to the sea

When the dark night seems endless

Please remember me….

L’enseignant Stephen Hills, du conseil scolaire du district de Thames Valley (Ont.), met le moment historique en perspective. « Encore une fois, une génération de jeunes Canadiens se trouve sur le terrain près de la rivière Moro, face à la colline d’Ortona. Encore une fois, le Canada est représenté par ses jeunes de tous les coins… Ils sont venus ici pour prouver que la jeunesse du Canada se souvient des sacrifices des hommes qui gisent ici. Ils se souviennent des soldats qui ont donné leur vie… »

25 décembre 1943 :

À 9 h, les longues rangées de tables de Santa Maria di Costantinopoli sont prêtes pour le souper spécial des Seaforth Highlanders of Canada. Au menu des membres des compagnies de carabiniers : soupe, porc et purée de pommes de terre, pouding et tarte. Il y a aussi du vin et une bouteille de bière pour chaque homme. Le bruit des fusils et des explosions se mêle aux chants de Noël et à la musique. Joyeux Noël.

Des membres des Seaforth Highlanders prennent place au repas de la Noël. [PHOTO : TERRY ROWE, LIBRAIRIE ET ARCHIVES CANADA–PA152839]

25 novembre 2008 :

L’aumônier dit aux élèves et pèlerins que, d’après lui, leur voyage est extérieur et intérieur; la partie extérieure étant le voyage en tant que tel et la partie intérieure étant l’impact de la commémoration dans leur esprit et dans leur cœur. « Tous les kilomètres que vous avez faits ne veulent rien dire si vous ne faites pas la partie la plus courte et la plus essentielle de votre pèlerinage. Il s’agit des derniers 18 pouces qui séparent votre tête de votre cœur. »

Certains des élèves offrent leurs impressions du voyage, y compris l’élève de 11e Sarah Campbell, de l’école secon­daire John McCrae de Nepean (Ont.). Elle sait à quel point la guerre affecte le front intérieur car son frère Danny vient de finir une affectation en Afghanistan. « Peu de temps avant d’entendre parler de cette occasion de venir en Italie, j’ai appris que mon frère se préparait à partir pour l’Afghanistan… Pas un seul jour ne s’est passé sans que je m’inquiète de Danny et que je me demande ce qu’il faisait. Je me sentais si impuissante de ne pas pouvoir lui parler… J’étais inquiète de la possibilité de le perdre; de ne plus jamais lui parler. Cette guerre en Afghanistan est différente, de bien des façons, de la Seconde Guerre mondiale, mais les ressemblances, ne pas savoir ce qui puisse arriver à quelqu’un qu’on aime, être terrifié quand on frappe à la porte… établissent un lien entre les deux guerres… »

Les élèves, deux par deux, déposent presque 70 couronnes autour de la Croix du sacrifice et puis, quand la cérémonie tire à sa fin, chacun d’eux se penche et dépose à l’unisson une croix en bois ou un coquelicot devant une pierre tombale.

Taylor Wilson, âgé de 14 ans, de l’école secondaire Notre-Dame d’Ottawa, se souvient d’un soldat tué peu de temps après la prise d’Ortona. Le lieutenant Laurent Rochon est mort à la mi-janvier, quand il redescendait une colline dans une vallée avec d’autres hommes. « Ils ont été pris sous le feu d’une (mitrailleuse lourde) MG-42, nous explique Wilson. Il avait 22 ans. »

Wilson parle aussi du caporal Éric Labbé, qui est mort en Afghanistan le 6 janvier 2008. Né à Rimouski (Qc), il était membre du 2e Bataillon du Royal 22e Régiment. Il était âgé de 31 ans. « C’est en voyant toutes les tombes qu’on comprend vraiment ce que ça veut dire que, 65 ans après, des Canadiens servent encore leur pays, et qu’ils meurent encore pour leur pays. »

À la cérémonie se trouvait le chanteur James Blondeau de Dunrobin (Ont.), dont la chanson Ortona, qu’il a écrite il y a environ 10 ans, pour un groupe d’anciens combattants qui planifiaient un souper de Noël à Ortona, a servi à transmettre un message de commémoration. « C’est émouvant », disait le chanteur par la suite. « Nous capturions le passé par égard pour l’avenir. »

27 décembre 1943 :

Les combats féroces se poursuivent, causant de plus en plus de morts et de blessés. Il y a aussi un grand nombre de victimes civiles, la plupart d’elles étant des gens qui, ayant refusé de s’enfuir, sont pris entre deux feux. Mais, soudainement, les Allemands commencent à se replier vers le nord, le long de la route côtière. La bataille est finie, mais Ortona est en ruines. Peu à peu, les résidents, las, affamés, sortent des celliers et des tunnels froids et rega­gnent les rues.

Soir du 25 novembre 2008 :

Les bancs polis de la cathédrale San Tommaso sont pleins, ainsi que les allées étroites. Les élèves, les enseignants, les chaperons et les résidents sont, qui assis, qui debout, coude à coude, et se rappellent des 1 314 victimes civiles de la bataille. C’est un chiffre dont on n’est pas tout à fait sûrs car beaucoup sont morts bien plus tard à cause des privations, ou quand ils mettaient le pied sur une mine. Mais les gens de la ville, les survivants compris, sont éternellement reconnaissants envers le Canada et les jeunes qui sont ici actuellement.

La nonagénaire Francesca LaSorda se souvient d’un garçon appelé Robert. « C’est un des garçons qui sont revenus me voir en 1944, dit-elle. Il est venu me voir en pleurs parce que son frère venait d’être tué et il ne savait pas comment le dire à sa mère. Il pleurait sur mon épaule. Je l’ai réconforté et je lui ai dit de laisser son commandant s’en occuper. Et après, quand sa mère l’aurait appris, il pourrait la réconforter. »

27 novembre 2008 :

Les 1 200 élèves ne prennent qu’une petite partie de la basilique Saint-Pierre. Ils sont au Vatican pour célébrer la messe en l’honneur des morts d’Ortona, de ceux de toute la campagne d’Italie. Ils ont été à Monte Cassino où ils ont visité des tombes au cimetière militaire du Commonwealth. Certains d’entre eux sont allés au cimetière militaire polonais, sur la montagne. Il y a un couple âgé parmi les élèves assis en avant : Barry et Betty Bland de Wellington (Ont.). À côté de Betty se trouve sa petite-fille adulte, Melissa. Le frère de Betty, Tom Pemberton, était dans les Hastings quand il a été tué à Ortona. « Je n’avais que six ans quand il est parti en guerre, alors je ne l’ai pas vraiment connu. Il avait 22 ans quand il est mort. Je n’avais jamais visité sa tombe avant, alors je suis très émue, ici… Nous sommes si chanceux que rien de tel ne se soit passé sur notre sol. C’est merveilleux que les enfants soient ici. Ils ont appris quelque chose; on peut le voir dans leurs yeux. »

Un entretien avec Andrew Leslie

. [PHOTOS : METROPOLIS STUDIO]

Les soldats rentrent chez eux avec d’étranges souvenirs de guerre.

Les gens qui voyagent ont tous éprouvé l’envie de revenir avec quelque chose pour montrer qu’ils ont été quelque part.

Les soldats font la même chose, mais ils affectionnent des affaires plus curieuses que les tapis ou les T-shirts (bien qu’ils les aiment aussi). « Ceux-là étaient encore chauds quand on les a ramassés », dit le lieutenant-général Andrew Leslie à propos d’une couple d’éclats d’obus atrocement déchiquetés, un peu soustraits aux regards sur la table de réunion de son bureau, au quartier général de la Défense nationale, à Ottawa.

Leslie est chef d’état-major de l’Armée de terre, directement sous les ordres du chef d’état-major de la défense, le général Walter Natynczyk et il a passé un bon bout de temps aux prises avec les roquettes talibanes en Afghanistan. « On a ramassé le plus gros tout près du Camp Julien (à Kaboul) », dit Leslie en regardant les éclats et puis il poursuit cordialement, avec calme. « Et le plus petit a été ramassé à côté de la BOA (Base d’observation avancée) Masum Ghar. »

Le général, qui a maintenant 51 ans, a été nommé commandant de l’armée en juin 2006. Et s’il y a un soldat qui était prédestiné à monter jusqu’au faite du pouvoir, c’est bien lui.

Le légendaire général Andrew McNaughton, commandant d’armée à la Seconde Guerre mondiale et vétéran de la crête de Vimy à la Première Guerre mondiale, était un de ses grands-pères. Son autre grand-père était Brooke Claxton, vétéran de la crête de Vimy aussi, qui a été ministre de la Défense nationale. Son père était le brigadier-général ‘Teddy’ McNaughton, vétéran de la Seconde Guerre mondiale et de la guerre de Corée et ancien commandant du 1er Régiment Royal Canadian Horse Artillery. C’est en Corée que le père de Leslie a changé leur nom de famille — à Leslie — afin de se conformer aux conditions d’un héritage.

Généalogie à part, il ne manque certainement pas de mérite lui-même; loin de là. Compte tenu de son attitude entièrement familière — il semble que, pour lui, se trouver à la tête d’une armée de près de 30 000 personnes, c’est tout à fait naturel, la chose la moins stressante du monde — on comprend bien pourquoi il est monté si haut et si vite.

Il a commencé dans l’artillerie, en 1977, dans une unité de réservistes, le 30e Régiment d’artillerie de campagne. En 1981, il a été affecté au 1 RCHA. Il a fait l’école en Angleterre, pris des cours de commandant dans l’armée britannique et des cours de commando dans l’armée française, et il a étudié à Harvard.

Il a servi en Allemagne et à Chypre, a commandé un secteur de maintien de la paix en Croatie, en 1995 (où il a été décoré de la Médaille pour service méritoire pour sa conduite au combat) et puis, finalement, en 2003, il a servi en tant que commandant de la Force opérationnelle Kaboul.

Leslie est dans une position intéressante au point de vue de la mission en Afghanistan. À cause de la manière dont les FC ont été restructurées, les décisions opérationnelles concernant l’Afghanistan sont prises par le Commandement de la force expéditionnaire du Canada (COMFEC) et ses commandants de théâtre subalternes, alors, jusqu’à un certain point, Leslie est sur la touche par rapport à la guerre au Kandahar. « Quel contrôle est-ce que j’ai sur ce qui se passe en Afghanistan? Aucun parce que la mission […] est dirigée par le COMFEC. »

Cependant, ses yeux pétillent quand il dit cela, car il y a certaines choses qu’il dirige. « En ce qui concerne les tactiques de ce que les soldats utilisent quand ils sont à l’étranger, c’est leur formation qui entre en jeu. Et mon équipe de commandement et moi sommes respon­sables de leur entrainement, de leur équipement, de leur déploiement et de récupérer tous ces gens de l’armée qui sont allés outre-mer. Alors pour ce qui est des tactiques de base, nous fixons les conditions ici au Canada par rapport à ce qu’ils vont faire là-bas. »

Et ce n’est pas une partie insignifiante du casse-tête. Bien que le COMFEC et les commandants de théâtre disent aux soldats ce qu’ils doivent faire, les capacités qu’ils ont d’agir proviennent de Leslie. « (L’Afghanistan) a concentré l’armée davantage. Beaucoup plus. Il a revigoré et redynamisé les rudiments de nos compétences de combat. […] Il a servi d’instrument pour transformer l’armature de l’armée canadienne qui restait de la guerre froide en quelque chose de plus concentré, pas forcément sur le maintien de la paix […] . »

La mission afghane a sans nul doute eu un impact puissant sur les FC. À un moment donné, l’entrainement au tir réel a été une étape importante pour la force de Casques bleus en garnison car les combats au sol à la grandeur de la compagnie, ou même du bataillon, ne sont pas si rares en Afghanistan. Mais le temps a été long aussi, et cela n’a pas été facile si l’on en croit la complexité insondable de l’endroit.

Le lieutenant-général Leslie parle aux soldats au Kandahar [PHOTO : CAMÉRA DE COMBAT/MDN]

« Pour tout dire, on est allés là-bas en 2002; on s’en va en 2011. Quand mon père est allé à la Seconde Guerre mondiale, il est revenu après six ans…

« Je connais très bien l’Afghanistan. J’y ai été affecté. Je suis commandant de l’armée depuis presque trois ans et j’y retourne assez souvent. Chaque fois, […] j’apprends quelque chose de nouveau; quelque chose qui modifie mon point de vue sur ce qu’on fait et comment on devrait le faire.

« Il n’y a pas plus complexe que l’Afghanistan. C’est une contre-insurrection où on trouve des groupes de terroristes prédateurs qui ne désirent que de semer la terreur; il y a les barons de la drogue; il y a les seigneurs de la guerre; il a six voisins fascinants; il y a 50 amis et alliés qui ont tous un point de vue un tout petit peu différent sur la mission; il y a des relations interpersonnelles fascinantes à Kaboul entre le président (afghan Hamid) Karzai, que j’admire et avec qui j’ai travaillé d’assez près il y a une couple d’années, et certains de ses ministres, qui sont aussi d’anciens seigneurs de la guerre, dont certains se sont battus du côté des Russes et certains de l’autre, dont certains se sont battus du côté des Talibans et certains de l’autre. Saperlipopette. Eh bien…

« Chaque fois que je pense avoir compris quelque chose […] un officiel afghan qui me dit ‘non; c’est pas du tout comme ça’. »

La complexité ne fait pas que rendre la guerre difficile à mener, elle fait aussi qu’il est difficile d’expliquer exactement ce qui se passe aux Canadiens.

« Comment expliquer à un citoyen canadien qui ne vit pas, ne respire pas, ne mange pas cela ? » demande-t-il en souriant.

Toutefois, il est clair qu’il n’essaie pas d’aller au-delà de l’explication ou, quelle qu’en soit la difficulté, de vendre la guerre, pas même de la justifier. « Nous expliquons ce que nous faisons. C’est pas ma job de justifier la mission afghane, et c’est pas celle de mes généraux non plus. […] On fait ce qu’on nous dit de faire et on revient quand le Parlement nous dit de revenir. »

Bien entendu, cela mène à une certaine controverse. Quand le premier ministre Stephen Harper a annoncé, pendant la campagne électorale de 2008, que la mission du Canada en Afghanistan se terminerait en 2011, beaucoup de militaires en sont restés cois. « En tant que soldats, on décide pas où on va, pas plus que combien de temps on va y rester. Les ordres que j’ai reçus de mon chef sont que la mission militaire en Afghanistan se termine en 2011. Et bien qu’on ait fait un travail génial et que le pays me passionne, le Canada me passionne davantage et l’armée aussi : Alors je réponds ‘d’accord’. La mission militaire se termine en 2011 et ma réponse est ‘d’accord’. »

Pour le moment, il ne semble pas y avoir d’opinion chez le personnel subalterne à savoir si la fin en 2011 est une bonne chose ou une mauvaise. Il y en a certainement qui désirent rester plus longtemps, et il y en a d’autres qui acceptent le désengagement mais trouvent le point final arbitraire et insatisfaisant : fin inconvenante d’un combat acharné.

« Il y en a qui, ce n’est que juste et honorable, se sentent obligés envers le terrain, ou envers les circonstances, où ils ont perdu des copains. D’autre part, les contre-insurrections n’ont jamais de fin nette; jamais. […] D’aucuns diraient que Tamerlane a presque réussi à le faire quand il a tout balayé sur son passage une couple de décennies après Gengis Khan. Mais il l’a fait en amoncelant les crânes très haut et l’armée canadienne ne fait pas ça. »

Au-delà de l’argument sur la terminaison de la mission, il y a une réalité statistique quelque peu brutale : l’armée ne peut pas continuer cette mission, dans ses nombres actuels, sans stresser les soldats au point de craquer.

Leslie a pris une décision, une directive plutôt qu’un ordre, comme quoi les soldats n’auront pas plus de trois affectations en Afghanistan. S’ils veulent y retourner quand même, il leur faut une très bonne raison. « Première affectation : on est soldat, on y va… Deuxième affectation : l’intérêt doit être mutuel. On le lui demande, il nous le demande. Troisième affectation : il doit nous persuader qu’il doit y aller […] on demandera à personne de le faire…

« On est on ne peut plus occupés. On n’a pas été plus occupés que ça depuis les 30 ans que je suis soldat… Que je vous donne quelques chiffres : dans l’armée, on a environ 3 000 soldats qui sont déployés à l’étranger. La plupart sont en Afghanistan. Alors, il y en a 3 000 de partis. Trois mille qui reviennent au pays. Trois mille qui forment les équipes dont on va avoir besoin outre-mer ou qui sont en formation indivi­duelle de base…Trois mille qui sont en formation individuelle à un niveau supérieur…Trois mille qui sont en formation collective. Tout ça, ça fait 15 000 personnes.

Et en plus, il y a les jeunes gens qui instruisent ceux qui se préparent à partir. On arrive très vite à presque 30 000. On est 20 000 réguliers, et 8 000 réservistes à temps plein. Alors pour faire ce qu’on fait, il faut une armée plus grande…

Toutefois, il y a une bonne nou­-velle : on m’a promis qu’on va augmenter les réguliers de 3 075 au cours des deux ou trois prochaines années. Ça rendrait la job de l’armée plus facile en maudit si on les avait déjà, et formés, dans les bataillons et les régiments. De plus, j’aimerais que le taux de croissance soit plus vite. »

Malgré la croissance promise, il y a d’autres problèmes qui affectent l’importance de l’effectif. Depuis le 11 septembre 2001, les militaires occidentaux se concentrent beaucoup sur les forces d’opérations spéciales. Les petites unités de soldats, bien formées et indépendantes, se sont révélées très utiles au combat avec les militants islamiques. Cependant, nous fait remarquer Leslie, dans une armée aussi petite que celle du Canada, cela coute très cher aux forces régulières de trouver les hommes formés pour accomplir ce genre de rôles.

En effet, dans certains milieux, Leslie est reconnu comme un opposant aux opérations spéciales. Mais c’était une opposition bien précise, insiste-t-il. « Lorsque le Commandement des Forces d’opérations spéciales du Canada (COMFOSCAN) a été institué, il y a eu un débat professionnel énergique dans une bande de généraux par rapport à comment ça devait se faire. Je pense que la FOI 2 comprend ceux qui sont bénis génétiquement, les meilleurs qu’on puisse trouver dans l’armée : la plupart viennent de l’armée. Je leur souhaite bonne chance et le succès dans tout ce qu’ils entreprennent.

« L’affaire, c’était par rapport au (Régiment d’opérations spéciales du Canada ) ROSC. D’après certains, le ROSC devrait travailler avec le COMFOSCAN en tant que facilitateur. Et je comprends ce point de vue. Le mien, c’est que je voulais que le ROSC soit dans l’armée pour qu’il serve de lien par rapport aux activités de type spécial.

Ma fonction principale est de préser­ver l’armée pour que le gouvernement du Canada puisse l’utiliser comme il veut. L’armée manque de soldats présentement. On a perdu — perdu n’est pas le bon mot — près de 2 000 officiers et sous-officiers, des gens extraordinairement compétents, ont été mutés au COMFOSCAN ou aux divers commandements opérationnels. Et ils n’ont pas été remplacés. À vrai dire, ça me cause des soucis…

Ce que je voulais pas, c’est que ma ligne — bataillon, régiment, brigade — soit débitée pour envoyer des effectifs à d’autres organisations sans vrai débat sur ce que ça ferait à l’armée…

On a eu ce débat professionnel. Le chef (d’état-major de la défense) d’alors a pris la décision. Bon. Il m’a écouté, mais il était pas d’accord avec moi. Mais c’est pas important que je pensais qu’on devait faire autre chose. »

Quant aux rumeurs selon lesquelles Leslie a essayé d’accaparer le financement du ROSC, il répond sans détour. « Permettez-moi de vous raconter une histoire pathétique. L’an dernier, j’ai remis 50 millions de dollars qu’on pouvait pas dépenser, dit-il. Alors si je redonne des fonds, c’est pas logique de croire que j’essaie d’avoir les fonds de quelqu’un d’autre. »

Il y a d’autres problèmes qui l’inquiètent, autres que le manque de personnel et les besoins en soldats du COMFOSCAN, particulièrement celui d’armer les troupes en Afghanistan avec les outils dont ils ont besoin pour survivre et accomplir leurs tâches.

« Les soldats au front ont besoin de tout sans tarder et ils devraient l’avoir sans tarder. Le tragique c’est que ça prend du temps. Par exemple, les lunettes de vision nocturne. Il y en a une couple de milliers là-bas. Elles sont utilisées rudement. Le bris des lunettes de vision nocturne n’est vraiment pas rare. On les remplace grâce au stock au Canada et puis il faut en acheter d’autres. Combien de temps est-ce que ça prend pour qu’un contrat et la paperasserie en ville nous donne de nouvelles lunettes? Ça peut prendre du temps en maudit. »

À part les lunettes de vision nocturne et tout le reste du fourniment, les hélicoptères sont ce qui a manqué le plus tragiquement au Kandahar ces quelques dernières années. Vu que tout cela est en train de changer, lentement, Leslie est heureux d’étaler les succès d’approvisionnement qu’il y a eu, tels que les pièces d’artillerie M-777 et les chars d’assaut Leopard.

« Il y a eu des histoires de succès, dit-il, mais est-ce que ça va aussi vite que je voudrais? Certainement pas. »

Il fait aussi quelques observations intéressantes à propos du rôle des chars d’assaut en Afghanistan. Pour les gens qui ont été là-bas et l’ont vu, il y a quelque chose d’étrange en ce qui a trait à ces engins immenses et puissants essayant de se déployer contre un ennemi presque toujours invisible. Leslie le sait bien.

« C’est pas les tanks qui vont gagner une contre-insurrection… On verra jamais un tank à la tête d’un défilé de la victoire pour une contre-insurrection. Ils sont là pour protéger l’infanterie…

Ces gros monstres de 70 tonnes sont les véhicules qui survivent le mieux parmi tout ce qu’on a dans l’inventaire canadien […] alors on n’a pas acheté des chars de combat principal comme ceux de la guerre froide. »

Il nous fait part d’une statistique fort intéressante, un renseignement qui a  coupé le souffle à l’attaché de presse. Ce dernier nous a demandé que les nombres restent secrets, mais cela mérite d’être pris en considération.

« Environ [nombre XX] de Leopard 1 et [nombre X] Leopard 2 […] ont été éliminés du combat, soit [XX] en tout sur 40 chars d’assaut. Imaginez com­­bien de vies ils ont sauvées, car que serait-il arrivé à ces équipages s’ils avaient été à bord d’un VAL (véhicule d’assaut léger)? C’est peut-être 100 vies. »

Quant à Leslie, on ne se tromperait pas en croyant qu’il va déménager au bureau du chef d’état-major de la défense un de ces jours, bien que nombre de candidats de l’aviation et de la marine risquent d’avoir leur mot à dire à ce propos; quoi qu’il en soit, le premier soldat canadien va certainement s’efforcer de gagner ses batailles une à la fois.

Admissibilité à la Croix du Souvenir élargie

La Croix du Souvenir bien connue, qu’on appelle communément la Croix d’argent et que portent les mère ou veuve de marins, soldats et aviateurs tués durant leur service, peut dorénavant être remise à un plus grand nombre de personnes suite aux modifications au règlement annoncées le 15 janvier.

Depuis les modifications, trois Croix du Souvenir au maximum peuvent être conférées à la famille de tout militaire mort pendant le service après le 6 octobre 2001, que ce soit au combat, lors d’un accident ou pour quelque autre raison.

Le ministre de la Défense Peter MacKay et le ministre des Anciens combattants Greg Thompson ont annoncé les modifications qui, disent-ils, émanent des sacrifices faits au cours de la campagne contre le terrorisme.

« Cette modification nous permet d’exprimer aux familles des militaires des FC tombés au combat depuis le début de la campagne notre grand chagrin et de leur transmettre toutes nos sympathies quant à l’immense perte qu’elles ont subi, » a déclaré le mi­nistre MacKay.

Chaque année depuis 1950, la Légion royale canadienne a choisi une mère ou une veuve de la Croix d’argent pour déposer une couronne de la part des mères au Monument commémoratif de guerre du Canada, à la cérémonie nationale du jour du Souvenir.

La mère de la Croix d’argent de 2008 était Avril Stachnik de Waskatenau (Alb.). Son fils, le sergent Shane Stachnik du 2e Régiment du génie, a été tué le 3 septembre 2006 pendant l’opération Medusa.

Le président national Wilf Edmond dit qu’il était heureux de voir que la remise de la Croix d’argent croît avec le temps.

Quand la mort est clairement imputable au service comme à cause du feu de l’ennemi ou lors d’un accident à l’entrainement, la croix doit être décernée immédiatement. Quand la mort n’est pas clairement imputable au service, comme lors d’une mort naturelle au travail, de maladie ou de suicide, les croix ne sont pas décernées tant qu’on n’aura pas tranché officiellement par rapport à la cause de la mort. Le délai de cette prise de décision peut être de plusieurs mois.

La Croix du Souvenir a été créée en 1919 pour commémorer les morts de la Première Guerre mondiale. La croix d’origine portait le monogramme du roi George V et on la pendait au cou grâce à un ruban mauve d’une longueur de 750 millimètres et d’une largeur de 11 millimètres. Le mauve, qui signifie souffrance, était utilisé autrefois par les fabricants de vitraux pour représenter la négation, le deuil, la mort.

La croix elle-même, faite d’argent sterling, est un modèle à l’échelle de 75 p. 100 de la Croix militaire et mesure 32 millimètres par 32 millimètres. La couronne impériale se trouve sur la branche du haut et une feuille d’érable sur les autres. Une croix de Saint-Georges, plus petite, y est superposée et le chiffre royal se trouve au centre, en lettres surhaussées.

La Croix du Souvenir a été réinstituée en aout 1940, pour la Seconde Guerre mondiale, avec le chiffre du roi George VI au centre. Le règlement a été modifié en 1945 afin que la croix puisse être portée comme une broche plutôt qu’autour du cou.

La croix a été ravivée à nouveau lors de la guerre de Corée et, par la suite, l’insigne de la reine Élisabeth II a remplacé le précédent; c’est cette version qu’on décerne de nos jours. Plus de 60 000 Croix du Souvenir ont été décernées à cause de chacune des deux guerres mondiales.

En janvier 2007, l’admissibilité a été accrue pour que toutes les morts associées au service soient comprises, pas seulement celles qui ont lieu en mission à l’étranger. En outre, on permet aux membres de choisir jusqu’à trois réci­piendaires en cas de décès.

Au Canada, la Croix du Souvenir a été décernée à un veuf pour la première fois en mai 2006. Jason Beam l’a reçue suite à la mort de son épouse, la capitaine Nichola Goddard, au combat en Afghanistan.

Les modifications annoncées en janvier dernier sont rétroactives au 7 octobre 2001.

La croix est remise dans une boite en cuirette noire sur le couvercle de laquel­­le se trouve une couronne royale dorée. Une carte couleur crème se trouve à l’intérieur où est inscrit : « Cette Croix du Souvenir vous est présentée au nom du gouvernement canadien de Sa Majesté en mémoire d’une personne décédée au service du Canada. Nous nous souviendrons d’eux. »

Les croix, qui étaient fabriquées autrefois par des bijoutiers, le sont de nos jours par la Monnaie royale canadienne.

Une réplique de la Croix du Souvenir se trouve au-dessus de la porte de la Chapelle du Souvenir, à l’édifice du Centre. On la trouve aussi, en bronze, avec trois chiffres différents, à trois des quatre coins de la Tombe du Soldat inconnu.

L’an dernier, au mois d’aout, la Gouverneure générale Michaëlle Jean a annoncé la création de la Médaille du sacrifice pour les gens blessés ou tués dans des circonstances hono­rables au cours d’échanges hostiles (Governor General Announces Medal For The Wounded [non traduit], novembre/ décembre).

Cependant, on ne décernerait pas cette médaille aux membres des Forces canadiennes qui ont été tués accidentellement ou à cause de la négligence de quelqu’un d’autre. Étant donné la controverse qui a été soulevée, MacKay a exhorté le comité sur la politique des décorations, un conseil de plusieurs ministères qui supervise les règles des ordres fédéraux, de reconsidérer ses critères. Une cérémonie qui devait avoir lieu en novembre à Ottawa a été remise à une date ultérieure.

Anciens combattants Canada admi­nistre les Croix du Souvenir attribuées en honneur des membres qui sont morts ou qui ont pris leur retraite avant le 7 octobre 2001. On trouvera des renseignements supplémentaires en composant le 613-995-5003 ou le 1-877-995-5003.

La Direction des distinctions honorifiques et de la reconnaissance du mi­nis­tère de la Défense nationale administre la Croix du Souvenir en l’honneur des membres en service qui sont morts après le 6 octobre 2001. On trouvera des renseignements supplémentaires en composant le 613-949-0429 ou le 1-877-741-8332.

L’ombudsman critique le progrès sur le stress opérationnel

Bien qu’il remarque qu’il y a eu du progrès au cours des six dernières années en ce qui a trait aux traumatismes liés au stress opérationnel (TSO) dans les Forces canadiennes, le rapport de décembre de l’ombudsman intérimaire, fait pour le ministère de la Défense nationale et les Forces canadien­nes, dit qu’il y a encore des militaires et familles qui n’obtiennent pas les services qu’il leur faut.

« Il est évident qu’il faut faire davantage », est-il écrit dans le rapport Un long chemin vers la guérison : le combat contre les traumatismes liés au stress opérationnel, de la protectrice du citoyen Mary McFadyen. Il s’agit du deuxième examen depuis que le rapport de l’ombudsman de 2002, où 31 recommandations ont été faites en vue d’améliorer l’évaluation et le traitement des TSO au militaire. Il n’y a que 13 de ces recommandations qui ont été mises en application et sept autres l’ont été en partie. La plupart des neuf recommandations du rapport de 2008 sont des répétitions des recommandations du rapport de 2002 qui n’ont pas été appliquées.

« Les Forces canadiennes et leur personnel sont au bord de l’épuisement », dit le rapport, à cause des pressions comme l’augmentation de l’engagement au combat en Afghanistan. Il insiste sur le besoin croissant d’un système durable pour identifier, prévenir et traiter les TSO et aussi pour identifier plusieurs questions « nouvelles et en évolution », comme les services de soins de santé mentale aux familles militaires et l’épuisement des professionnels en santé mentale et des soignants.

Bien que le rapport de 2008 remarque qu’il y a eu un « progrès important » en identification et traitement des TSO, y compris le passage au crible des soldats déployés, l’engagement envers le soutien social et l’augmentation du nombre de professionnels en santé mentale, certaines questions systémiques n’ont pas été réglées, surtout le leadership et la collecte de données, nous dit McFadyen.

La nomination d’un coordonnateur national des TSO, se rapportant au chef d’état-major de la défense, était une recommandation clé du rapport de 2002. À la place, un comité de direction a été nommé et deux conseillers spéciaux doivent s’occuper des TSO comme tâche secondaire. Mais au fil du temps, le comité s’est réuni de moins en moins souvent, le nombre de personnes qui y siégeaient a diminué et les conseillers spéciaux ne « pouvaient tout simplement pas s’occuper d’une tâche si grande et si importante tout en assumant leurs res­ponsabilités premières », dit le rapport.

En 2007, les FC ont nommé un conseiller spécial à temps plein pour diriger les programmes non cliniques et, en 2008, le comité directeur des TSO a été rétabli et augmenté. Mais aucun coordonnateur national n’a été nommé et le MDN répond que ces gestes « suffiront pour assurer la coordination générale des questions ayant trait aux TSO ».

« Je ne suis pas du tout d’accord avec ça », dit McFadyen. Non seulement un coordonnateur national assurerait la cohérence des politiques et des programmes des FC, mais sans lui le changement culturel nécessaire à l’élimination de la flétrissure des TSO sera plus dure et plus longue à obtenir, avertit le rapport. En conséquence, il y a encore des gens qui passent entre les mailles du filet, dit McFadyen, bien qu’on n’en sache pas le nombre. Le rapport fait remarquer qu’un seul c’est déjà trop, car les conséquences sont « souvent dévastatrices et durables ».

La plupart des établissements militaires au Canada ont été visités pendant les recherches pour le rapport et 19 unités aériennes, terrestres et navales ont été choisies. Les politiques, procédures et programmes pertinents ont été révisés et 360 interviews, menées. Une visite d’enquête à la Base des Forces canadiennes Petawawa, en Ontario (à 160 kilomètres au nord-ouest d’Ottawa), a permis de découvrir des divergences entre les niveaux de service offerts aux militaires et à leur famille et le stress et l’épuisement parmi les soignants en santé mentale.

Le rapport critique les Forces canadiennes du « leadership mitigé » qui permet à la flétrissure de subsister. « Certains leaders à l’échelon local n’admettent toujours pas que les problèmes de santé mentale sont des troubles réels », dit-il. En conséquence, il y a des membres des FC ayant subi des TSO qui n’osent pas demander de l’aide.

Mais il y a eu un « progrès énorme » depuis 2002, dit le lieutenant-colonel Stéphane Grenier, qui, en 2007, a été nommé conseiller spécial des TSO pour s’occuper de la création d’une campagne éducative et d’autres programmes servant à réduire la flétrissure par rapport aux questions de santé mentale. Il dit qu’il n’a pas été interviewé pour le rapport de 2008. Grenier, qui a souffert d’un TSO lui-même lors de son service au Rwanda, en 1994, fait remarquer la croissance des réseaux de soutien par les pairs et le développement des modules d’éducation et de formation pour tous les grades. Environ 8 000 mi­li­taires ont été formés en ce qui a trait aux questions de TSO; un bureau de conférenciers a été institué, qui sert à former tous les grades; les questions de TSO sont prises en considération lorsqu’on réécrit les politiques.

En outre, une équipe de santé mentale « puissante » est disponible lors des déploiements et les TSO font dorénavant partie du procédé de passage au crible qui a lieu après le déploiement, dit le lieutenant-colonel Rakesh Jetly, psychiatre et conseiller en santé mentale au MDN et aux FC.

Dans le but d’identifier les TSO rapidement, les soldats passent des tests de dépistage de TSO dans les six mois après leur retour et ils ont une réunion particulière avec un professionnel de la santé mentale. Les FC ont également augmenté le nombre de psychiatres de plus de 300 et on s’attend à ce qu’il y en ait 218 de plus au printemps. Le nombre de cliniques où l’on soigne les 65 000 réguliers et 25 000 réservistes a été augmenté à 11 et il y a six cliniques de TSO de plus à Anciens combattants Canada, où le personnel des FC peut aussi aller.

« On n’a pas encore d’approche nationale coordonnée, dit McFadyen, pour s’assurer qu’il y ait une surveillance efficace de toutes les questions concernant les TSO », dont les soins, le diagnostic, le traitement, la formation et l’entrainement réguliers. Son bureau va continuer de surveiller les progrès de cette question et de faire des rapports en conséquence.

La collection de données est une autre question systémique. Un logiciel de tenue de documents, qui devait être entièrement opérationnel en 2008, ne le sera pas avant 2011. « C’est malheureux, dit McFadyen, parce qu’il faut savoir quelle est l’étendue du problème. » Pour « assurer le ciblage des fonds et des ressources vers les bons endroits » il faut de bonnes données.

À la place, les enquêteurs ont trouvé « qu’il n’y a pas de mesure de perfor­mance efficace pour évaluer les approches régionales et locales des programmes ». À cause du manque de coordination nationale et des statistiques, « la qualité des soins de santé mentale offerts aux militaires manque de cohérence d’un endroit du pays à l’autre », dit le rapport. Par exemple, il n’y a qu’un psychologue et 80 p. 100 du temps d’un psychiatre, à la BFC Petawawa, où il y 5 100 militaires dont un grand nombre ont été déployés en Afghanistan, alors qu’il y a cinq psychologues et trois psychiatres à la BFC Edmonton au service de 6 600 militaires.

Mais que le système d’enregistrement des dossiers ne soit pas encore entièrement prêt, cela ne veut pas dire qu’on ne fait pas de recherches, dit Jetly. Par exemple, les FC ont découvert qu’il faut moins de temps qu’avant aux militaires pour demander de l’aide pour TSO. En 2002, « c’était cinq ou six ans, en moyenne ». La moitié de ceux qui ont été identifiés comme souffrant d’un TSO se font déjà soigner à leur retour au Canada, dit-il.

Mais les dossiers papier et les mé­thodes de recherche manuelle sont encore une entrave. « Quand on a fait la deuxième enquête, personne ne pouvait nous dire exactement combien de personnes souffrent d’un TSO, dit McFadyen. Les statistiques précises vont finir pas aider tout le monde à s’occuper de la question, y compris à Anciens combattants Canada, quand les gens ont pris leur retraite. »

Les statistiques précises sont nécessaires pour savoir si les militaires blessés ont suffisamment d’assistance, dit Sean Bruyea, officier du renseignement pendant 14 ans, qui a servi à la guerre du Golfe en 1990-1991. Un TSO s’est développé par la suite et il a souffert en silence pendant des années. « La flétrissure était si grave (en ce temps-là)… j’avais tellement peur de demander de l’aide, je préférais abandonner la carrière que j’aimais tellement. » Avec bien peu d’assistance et sans emploi, « j’étais un de ceux qui sont passés à travers les mailles du filet » durant les années 1990.

Pour savoir tout ce qu’un déploiement veut dire, il faut savoir combien vont couter les blessures physiques et psychologiques, dit-il. « On ne devrait pas envoyer les militaires en mission sans penser à l’argent, dit-il. C’est tout à fait injuste de dire à un soldat qui a rempli son contrat en sacrifiant sa vie ou sa santé : ‘Eh bien, on n’a pas assez de fonds’. »

Il dit que la planification nécessite de bonnes statistiques. Pour décider de la grandeur d’un engagement, il faut savoir combien de gens déployés vont souffrir physiquement ou psychologiquement, combien vont être affectés à vie, et de combien d’argent on va avoir besoin pour ces gens et pour s’occuper des familles, dit-il.

À quel point les familles sont affectées par les TSO est une des questions dont discute le rapport de 2008. En plus du stress concernant les soins d’un parent souffrant de TSO, les membres de la famille risquent de souffrir de problèmes mentaux eux aussi et la dynamique familiale risque d’en être bouleversée. Pourtant, il y a beaucoup de gens dans des établissements militaires isolés qui ont de la difficulté à obtenir des soins. Le rapport remarque que, bien que la responsabilité des services de santé pour les familles militaires appartienne aux provinces, les FC ont une « responsabilité morale » de s’assurer qu’elles aient accès aux bons services et soutien de santé mentale qu’il faut pour s’occuper des militaires souffrant de TSO.

« Le prix en dignité humaine (quand on ne donne pas de service aux familles) est immensurable, dit Bruyea. Le prix sur les enfants, l’alcool et les drogues, la colère. Cela divise les familles, ou bien elles restent ensemble de manières nuisibles. »

Bien que le MDN soit d’accord avec la recommandation d’instituer une organisation qui travaille avec les organismes d’État et le gouvernement à tous les paliers pour s’assurer que les familles aient accès à tous les services et à tous les soins dont elles ont besoin, il fait remarquer que la prestation des soins aux familles militaires ne fait pas partie de son mandat (sauf à Goose Bay, au Labrador). Il faudrait modifier la politique gouvernementale et un apport important de ressources pour ce faire.

Recommandations et réponses

Les suivantes sont des recommandations d’Un long chemin vers la guérison : Le combat contre les traumatismes liés au stress opérationnel par Mary McFadyen, protectrice du citoyen par intérim pour le ministère de la Défense nationale. La réponse du chef d’état-major de la défense concernant le deuxième rapport de suivi du Bureau sur les traumatismes liés au stress opérationnel suit chaque recommandation, en italiques.

• Que l’on crée un poste à temps plein de coordonnateur national en matière de TSO, relevant directement du chef d’état-major de la défense.
La nomination d’un lieutenant-colonel à temps plein pour surveiller les programmes de TSO ainsi qu’un comité consultatif des services de santé mentale suffiront pour assurer la coordination générale des questions ayant trait aux TSO.

• Que l’on crée une base de données qui contienne exactement le nombre de membres des FC affectés par des TSO.
Acceptée

• Qu’une enquête confidentielle et indépendante sur la santé mentale des membres anciens et actifs, réguliers et réservistes, soit menée.
Acceptée en partie. Les FC peuvent enquêter sur les forces régulières et de réservistes; Anciens combattants Canada est responsable des membres à la retraite.

• Modifier la politique de reclassement afin de satisfaire ceux qui, malgré des TSO, peuvent continuer leur service militaire à d’autres postes militaires.
Pas de réponse.

• Faire le nécessaire pour que la politique de satisfaction soit appliquée équitablement aux membres des FC, qu’ils aient des difficultés mentales ou physiques.
Pas de réponse.

• Établir une organisation nationale pour s’assurer que les familles militaires aient accès aux soins.
Acceptée.

• S’assurer du financement de l’identification, de la prévention et du traitement des TSO.
Acceptée, et élargie pour inclure toutes les maladies mentales, pas seulement les TSO.

• Surveiller les besoins en soins de santé supplémentaires au cas où les TSO continuent de croitre.
Acceptée.

2008 : l’année en résumé

Un transfert de flambeau cérémonial marque l’année

Le 90e anniversaire de la fin de la Première Guerre mondiale a eu lieu pendant l’année et, vu qu’il ne reste plus qu’un Canadien vétéran de cette guerre, un hommage spécial lui a été rendu, à la cérémonie du jour du Souvenir, à Ottawa.

Plus de 25 000 personnes sur place et quatre millions de téléspectateurs ont vu John Babcock, vétéran de la Grande Guerre âgé de 108 ans, passer le flambeau du souvenir à celui de la Seconde Guerre mondiale George Dunlop. Dunlop a remis le flambeau au vétéran de la guerre de Corée Al Tobio, qui l’a fait passer au vétéran du maintien de la paix de l’ONU James Robert O’Brien. Le sergent Randy Kierstead des Royal Canadian Dragoons, représentant des anciens combattants récents, ayant reçu le flambeau, il l’a placé dans un support et a monté la garde jusqu’à la fin de la cérémonie.

Ce simple geste de commémoration a ponctué l’année durant laquelle une nouvelle sorte de gouvernement a été adoptée à la Légion et un nouveau président national, élu.

Au Congrès national d’Ottawa, en juin, les membres ont élu Wilfred Edmond de Donkin (N.–É.) président national par acclamation et puis ils ont élu Patricia Varga de Coleville (Sask.) comme première vice-présidente. Les vice-présidents sont Erl Kish de la Division de l’Ontario, déjà en exercice, et les nouveaux Paulette Cook de la Division du Québec et Gord Moore de celle de l’Ontario. Michael Cook de la Division de la Colombie-Britannique/ Yukon et Tom Irvine de celle du Québec ont été réélus aux postes de trésorier et de président des débats respectivement. Il y a eu 159 motions, mais comme la réduction du nombre de vice-présidents allait l’indiquer, c’est un nouveau lea-dership de la Légion qui a apparu.

Steve Wessel de la Division de la Nouvelle-Écosse/Nunavut avait présidé une commission du gouvernement, de la représentation et de la structure administrative, qui avait déposé trois motions au congrès. Le CEN a été réduit à un représentant par division et le nombre de vice-présidents à trois, et le comité sous-exécutif a disparu.

Le prince Floris van Vollenhoven d’Orange-Nassau a été institué vice-président national honoraire à vie. En outre, le chef d’état-major de la défense et général à la retraite Rick Hillier a remis le Médaillon des Forces canadien­nes pour service distingué à la Légion. L’uniforme de la Légion a également été modifié.

Le Comité du coquelicot et du souvenir, sous la vice-présidente nationale Varga — et sous le vice-président natio­nal Moore après le congrès — a conti­nué de promouvoir le souvenir auprès de la jeunesse avec l’appui d’écrivains de textes pour enfants et donné son aval à trois de leurs livres.

Les comités ayant inséré des brochures sur les concours littéraires et d’affiches dans les enveloppes didactiques envoyées par Anciens combattants Canada (ACC) aux écoles du pays et aux filiales de la Légion, plus de 100 000 élèves y ont participé.

Les gagnants séniors nationaux sont allés à Ottawa où ils ont participé à la cérémonie nationale du jour du Souvenir et déposé une couronne de la part de la jeunesse canadienne.

La Légion a accueilli les cadets par excellence de l’année, qui ont servi de porteurs de couronne au cortège vice-royal à la cérémonie.

La mère de la Croix d’argent nationale de 2008-2009, Avril Stachnik de Waskatenau (Alb.), avait été présentée, le 7 novembre, à l’occasion d’une cérémonie commémorative, au Centre commémoratif national du cimetière Beechwood. Son fils, le sergent de l’armée Shane Hank Stachnik, a été tué en Afghanistan. Elle a déposé une couronne à la cérémonie nationale de la part de toutes les Canadiennes qui ont perdu un enfant à un autre conflit.

Le comité a supervisé le libellé d’un nouveau contrat de cinq ans concernant les coquelicots et les couronnes, non seulement « sans augmentation de prix », mais même avec une diminution du prix du matériel promotionnel du coquelicot.

Des sociétés nationales, dont Tim Hortons, Shoppers Drug Mart, Home Hardware et Bulk Barn, ont appuyé la campagne en faisant distribuer des coquelicots dans leurs débits. Air Canada a affiché une grande décalcomanie du coquelicot sur 30 avions et la compagnie Telus a fait porter un coquelicot durant la période à chacun de ses employés.

Le comité a aussi jugé opportun d’offrir le premier coquelicot à la gouverneure générale du Canada et l’article 1101 des arrêtés généraux a été amendé pour ce faire. Il a étudié 93 demandes d’utilisation de l’image du coquelicot et 18 dépenses du Fonds de fiducie du coquelicot. Le sous-exécutif d’avant le congrès avait accepté l’assistanat d’urgence du Fonds de fiducie du coquelicot aux personnes à charge de militaires en service et le CEN a donné son accord. D’autre part, on peut dorénavant autoriser jusqu’à 18 $ par repas, prélevés au Fonds de fiducie du coquelicot, pour un ancien combattant en visite annuelle à une filiale.

Le comité a institué un programme où des bénévoles de filiale visitent anciens combattants et ainés dans les institutions de soins communautaires, durant la campagne du coquelicot annuelle, pour offrir un coquelicot autocollant à chacun d’eux. Les filiales sont encouragées à mener une distribution d’un jour, le premier dimanche de la campagne.

Il a travaillé avec la Monnaie royale canadienne à la création d’une pièce de 25 cents à coquelicot (en l’honneur du 90e anniversaire de l’armistice), un signet commémoratif à coquelicot, une collection de pièces de  monnaie et un dollar en argent comportant un coquelicot en haut-relief.

Le comité a donné 16 000 $ en bour­ses de la Légion et continué à participer au programme d’Anciens combattants Canada pour la restauration des cénotaphes et des monuments. Certaines collectivités ont honoré leurs anciens combattants morts en donnant leur nom à des rues. On a accordé à Toronto, à Orangeville (Ont.), à Mayerthorpe (Alb.) et à Vancouver le droit d’utiliser l’image du coquelicot sur les plaques de rue.

La Quilt of Remembrance (courtepointe) du Canada a été remise à la Légion. JN Harper Inc. de Montréal, fournisseur d’étoffes et de patrons, va donner une partie du prix de l’étoffe qu’il vend au Fonds de fiducie du coquelicot de la Direction nationale.

Les deux demi-finales de la ligue canadienne de football, à Winnipeg et à Regina, télévisées partout au pays par TSN le 8 novembre, ont incorporé un hommage aux anciens combattants.

Rencontres du Canada ont organisé leur semaine Le Canada se souvient du 10 au 14 novembre, à laquelle 140 jeunes de tous les coins du pays ont participé.

Le secrétaire du comité a discouru sur l’importance du coquelicot et remis un chiot à coquelicots en peluche à chaque élève.

Pour renforcer la communication du comité, chacun de ses membres a établi une liaison avec le président du coquelicot de deux divisions, ce qui a encou­ragé un échange de renseignements continuel. La garde du drapeau de la Direction nationale n’a pas laissé de représenter la Légion aux manifestations nationales et a souscrit à des projets comme les ateliers de formation avec des filiales et dames auxiliaires de la région d’Ottawa et un programme d’action sociale concernant une garde du drapeau des cadets des trois armes.

Le bureau d’entraide de la Légion a représenté des clients qui demandaient des avantages d’après la nouvelle Charte des anciens combattants (NCAC) et la Loi sur les pensions. Il s’est occupé de demandes d’assistance de bienfaisance et, pendant deux blitz d’une semaine, ses officiers d’entraide ont présenté des appels et des nouveaux examens auprès du Tribunal des anciens combattants (révision et appel) à la Maison de la Légion et assisté à des réunions du TAC(RA) ailleurs.

La Légion a proposé des modifications aux programmes de la NCAC, par l’entremise du groupe consultatif de la NCAC (GCNCAC), pour qu’ils continuent de satisfaire les récipiendaires. Le président national Edmond a assisté aux réunions du GCNCAC à Ottawa et à Toronto.

L’ancien président national et président du comité des anciens combattants, des services et des ainés (ACSA) Jack Frost, accompagné par le président national nouvellement élu, s’est entretenu avec le ministre et des administrateurs d’ACC. Ils ont discuté, à deux réunions, des inquiétudes de la Légion par rapport au refus d’ACC de donner suite aux recommandations faites dans un rapport du Conseil consultatif de gérontologie (CCG).

La Légion s’est retirée du CCG à cause de cette inaction. En décembre, le nouveau président national et président des ACSA s’est entretenu à nouveau avec le ministre pour plaider en faveur des avantages du programme d’autonomie des anciens combattants pour les anciens combattants alliés frêles et de l’amélioration des avantages d’invalidité de la NCAC.

Le vice-président national Kish est allé au Comité permanent de la citoyenneté et de l’immigration pour préconiser une législation urgente en vue de régler le problème des « Canadiens perdus ».

Auparavant, Frost était allé au Sous-comité des anciens combattants du Sénat pour expliquer que la Légion aurait préféré un ombudsman qui eut des pouvoirs législatifs, donner des détails sur la nouvelle politique de la perte partielle de l’ouïe d’ACC, éclaircir la relation entre divers éléments de la NCAC et plaider en faveur de l’amélioration des services de santé mentale. Il est aussi allé au Comité permanent des anciens combattants pour confirmer que la Légion donne son aval à un Jour national du maintien de la paix.

Les agents d’entraide des directions ont assisté à une session de trois jours, en novembre, à Charlottetown, où ils ont appris les nouvelles politiques d’ACC et échangé leurs meilleures pratiques.

Dans le cadre du programme de sondage des soins de longue durée, un partenariat entre ACC et la Légion, les légionnaires bénévoles vont aux ins­titutions du pays pour s’assurer que les 10 000 anciens combattants qui y résident soient traités dignement et bien soignés.

David MacDonald, conseiller en développement résidentiel, a continué d’offrir son assistance et des conseils précieux. La Dr. F.M. Walker Veterans and Seniors Villa de 4,4 millions de dollars, à Alliston (Ont.), projet d’une filiale de la Légion et du Centre d’excellence en habitation de la Légion, a obtenu un Prix d’excellence en habitation de la SCHL pour logement à prix abordable.

Le Comité des adhésions, sous la direction du vice-président national Kish et, par la suite, du vice-président national Cook, a aussi été occupé. Il a conçu, comme projet pilote, un paquet-cadeau servant à attirer de nouveaux membres. Comprenant un chèque-cadeau en blanc et d’autres articles promotionnels, il a été offert gratuitement aux filiales.

La brochure La Légion royale cana­dienne et les Forces canadiennes a été repiquée et offerte aux approvisionnements pour essayer d’attirer les militaires en service tout en se concentrant sur le rôle de la Légion : servir les anciens combattants. Une nouvelle affiche de recrutement intitulée Adhérez à la Légion, changez le cours des choses a aussi été produite.

Le vétéran de la Première Guerre mondiale Babcock est un des membres les plus récents. Le CEN a voté à l’unani­mité de l’honorer et Edmond est allé chez lui, à Spokane (Wash.), lui remettre une carte à vie honoraire.

Suite à des négociations avec le ministre de la Défense nationale, on offre aux membres des FC prenant leur retraite une adhésion gratuite d’un an dans le cadre du programme La retraite dans la dignité.

Le comité a aussi fait des économies en réduisant les couts postaux car les rapports statistiques mensuels peuvent être obtenus en ligne à www.legion.ca.

Pendant que le Comité des adhésions cherchait de nouvelles manières d’atti­rer de nouveaux membres, celui des relations publiques cherchait des manières d’appuyer tous les comités. Le plan de relations publiques de 2008 à 2010, adopté sous la présidence de l’ancien vice-président national Cliff Tessier, a été révisé par le nouveau comité, lequel est présidé par le vice-président national Kish. Le comité a formulé un plan à la demande du CEN, la « Campagne nous appuyons nos troupes ».

Le soutien des championnats de sports des FC a été augmenté de 11 compétitions à 16, mais le plan d’en­voyer un cadeau, le jour de la fête du Canada, à chaque militaire déployé, a été jugé trop onéreux.

Les résultats d’un sondage sur la reconnaissance de la Légion au Canada ont été bons. Cependant, il y a encore beaucoup de gens qui pensent que la Légion est financée par le gouvernement. Le programme d’annonces de service public a été concentré sur la radio en 2008, pendant qu’on produisait des annonces pour la télévision, et la composition de discours pour les occasions spéciales s’est poursuivie.

Le département des communications a créé des plans de relations publiques et des catalogues pour l’approvisionnement, traité le courriel d’info@legion.ca, conçu des affiches, des brochures, des pamphlets et un nouveau site de la toile comportant toutes les fonctions de la direction, et installé un nouveau réseau local (RL).

Le Fonds de moral des troupes de la LRC, qui sert à offrir un café et un beigne aux soldats en Afghanistan toutes les deux semaines et dépend entièrement des dons, a livré à nos troupes 84 000 certificats (d’une valeur de 168 000 $US) en 2008.

Le Congrès national a aussi établi un record en promesses de dons pour le fonds de la Ligue royale des anciens combattants du Commonwealth (LRACC) : 312 940 $. Ces fonds aident les anciens combattants nécessiteux des Antilles. Le nouveau président national préside actuellement ce comité qui a aidé plus de 345 anciens combattants et veuves de la région.

Le Comité de la défense, présidé par Lou Cuppens, a surveillé les développements concernant la NCAC ainsi que d’autres développements, dont la vision du militaire par rapport à l’avenir, son rôle en Afghanistan et la reconnaissance convenable du service. Le traitement des réservistes après leur déploiement et des blessés est devenu le point de convergence des comités, qui se sont occupés de recherches surtout dans les secteurs à problèmes et de plaidoyers.

Les sports de la Légion ont aussi beaucoup intéressé les gens. Le comité était présidé avant le congrès par l’ancien vice-président national John Alger et, après, par Mme Varga.

Au cribbage, organisé par la filiale Grand Bend (Ont.), James Kay de la filiale Port Coquitlam (C.-B.) a gagné chez les simples, Barry et Margaret Heaver de la filiale Pilot Mound (Man.) ont gagné chez les doubles et, chez les équipes, c’est celle de la filiale George Pearkes VC de Summerside (Î.-P.-É.) qui a gagné.

Aux fléchettes, organisées par la fi­lia­le West Kildonan à Winnipeg, Gerald Hull de la filiale LaSalle de Québec a obtenu le titre des simples, celui des doubles a été remporté par Paul Osmond et Glen Carter de la filiale Channel de Port-aux-Basques (T.-N.) et c’est la filiale Beachville (Ont.) qui a envoyé l’équipe gagnante.

Les championnats nationaux de curling ont eu lieu à la filiale Dauphin (Man.), où la filiale Nutana de Saskatoon a gagné.

Les championnats nationaux d’athlé­tisme ont eu lieu, au mois d’aout, à l’Université de Sherbrooke (Qc). L’addition de la catégorie ouverte des jeunes Canadiens, à l’essai, a attiré 244 athlètes de plus aux compétitions. Le programme pour les athlètes de la Légion, en plus de la rencontre elle-même, a encore compris un atelier pour athlètes dirigé par Athlétisme Canada, des sessions d’entrainement et des activités sociales.

Le lieutenant-gouverneur du Québec Pierre Duchesne était orateur invité à la cérémonie d’ouverture. Au banquet de fermeture, le président national, conférencier invité, a remis une Médaille pour service méritoire de la Légion au camarade LeRoy Washburn pour son long service et sa dévotion à l’athlé­tisme. Les chaperons en chef sortants, Carol et Henderson Paris, ont été hono­rés de leur service bénévole qui a duré plus de 20 ans.

La rencontre a eu lieu dans des conditions climatiques parfaites, à un établissement ultramoderne, sous la direction M. Daniel Quirion. Lors des compétitions, quatre records de la jeunesse canadienne et 10 de la Légion ont été battus et un de la Légion a été égalisé, tous sauf un par des athlètes de la Légion.

Le Comité du rituel et des récompen­ses, présidé par George O’Dair a déposé deux motions au congrès : une sur la coiffe militaire, avec insigne de calot militaire et l’autre sur le port de l’insigne de l’unité militaire pour blazer à la poche en bas à droite du blazer de la Légion. Les deux ont été adoptées.

Une décision sur « la baisse du drapeau » aux cérémonies a particulièrement intéressé les membres. Suite à la décision du congrès sur le drapeau national du Canada et pour éclaircir les choses, le comité a proposé au CEN que tous les drapeaux, enseignes et oriflammes soient arborés de la même manière que le drapeau national du Canada et qu’on ne baisse que la bannière de la Légion aux cérémonies du souvenir. Cela a été sanctionné et, dorénavant, la bannière ne sera baissée que lors de la sonnerie aux morts.

Le comité s’est réuni une fois par mois pour traiter les demandes de récompenses et, après avoir revu les propositions de l’an dernier, il ne lui restait plus d’arriéré. En 2008, il a approuvé 29 Palmes pour la Médaille de service méritoire, six Palmes pour le Certificat pour service méritoire, 76 MSM, neuf CSM, sept Prix des médias et 16 Prix de l’amitié.

Le service de l’approvisionnement s’est occupé de 25 000 livraisons, dont une grande. Il a obtenu et livré 3 000 chaises de jardin pliantes aux militaires en Afghanistan dans le cadre du programme Nous appuyons nos troupes. Des soldats canadiens avaient suggéré cela au président des débats national Irvine lorsqu’il se trouvait en Afghanistan.

La réponse aux nouveaux articles du service des approvisionnements a été excellente, surtout aux épingles de l’Armistice, qui ont toutes été écoulées une semaine avant le jour du Souvenir. Le service a produit des articles commémoratifs pour la plage Juno et pour le jour du Souvenir, qui seront présentés en 2009 et placés dans un catalogue complémentaire.

Les commandes de coquelicots et de couronnes ont aussi été bien exécutées mais l’élection fédérale en automne n’a pas donné beaucoup de temps pour les commandes d’urgence des députés.

Les articles administratifs comme les formulaires de traitement d’adhésion, les brochures informatives et les renseignements sur les partenaires du programme de bénéfices pour membres ont été ajoutés au catalogue annuel et bien reçus.

L’année a été essentiellement fort productive à la Direction nationale par ses comités et ses départements.