Une visite au Musée national de l’aviation


par Laura Byrne Paquet

Un Nieuport 17 près de l’entrée du musée.

L’annonce dans les journaux cible les mamans et les papas qui ont pris congé pour pouvoir faire quelque chose avec les petits durant le congé de mars. On y promet des sensations fortes à un endroit qu’on appelle le paradis de l’hélicoptère, là où l’on peut explorer le monde tournoyant des aéronefs qui font du surplace grâce à des démonstrations et à des ateliers. L’annonce montre deux enfants qui regardent un hélicoptère avec une grande admiration, et si cela ne suffit pas pour vous convaincre, vous ou votre troupe, d’aller faire un tour au Musée national de l’aviation, il y a toujours le passage concernant le “populaire 10e concours annuel Lego”.

Situé à la rive sud de la rivière des Outaouais, à quelques kilomètres à l’est des édifices du Parlement, le MNA est reconnu pour ses expositions interactives remarquables et pour avoir la collection d’aviation la plus importante au Canada : une collection qui se range parmi les meilleures au monde, dit Francine Poirier, la directrice par intérim du musée. “Le Musée national de l’aviation traite de toute la gamme du patrimoine de l’aviation du Canada, de l’ère des pionniers à l’âge moderne, et du temps de la guerre tout comme du temps de la paix, dit-elle. Notre collection raconte l’histoire du vieux rêve qu’a l’espèce humaine de s’envoler, et de l’important rôle joué dans cette histoire par plusieurs centaines de milliers de Canadiens.”

Le nombre grandissant de visiteurs donne raison à Poirier qui dit que le Musée diffuse un message important. Du 1er avril 2000 au 31 mars cette année, le musée a attiré environ 170 000 personnes; il s’agit de 4 500 de plus que durant l’année fiscale précédente. Parmi les musées les plus importants de la capitale, le MNA s’est rangé 5e pour ce qui est du nombre de gens qui y sont allés durant l’an 2000. Le prix du plus grand nombre revenait au Musée des civilisations, à Hull (Qc), qui a attiré quelque 1,4 million de visiteurs. Le Musée canadien de la guerre, qui au mois de mars attendait encore des nouvelles concernant l’endroit où son nouveau chez-soi allait être, a attiré plus de 155 000 visiteurs en 2000.

À la fin du mois de mars, Poirier et d’autres gens du MNA attendaient encore des nouvelles à propos de si le gouvernement fédéral allait s’engager à y mettre des fonds pour la construction de la seconde phase du musée, un projet de 20 millions $ qui devrait permettre au MNA de mettre un toit au-dessus de sept avions qui subissent les hivers froids et humides et les étés oppressants, humides, d’Ottawa depuis des décennies. Parmi les sept avions il y avait un Bristol Beaufighter de la Seconde Guerre mondiale, un North Star de Canadair (un avion de voyageurs d’après-guerre), et un Viscount de Vickers (un avion de ligne à turbopropulseur). Il y a aussi le prototype du Dash-7 de De Havilland créé au milieu des années ’70. Le North Star de Canadair, dit Poirier, est le seul avion en son genre qui reste au monde.

Si l’extension a lieu, ce serait un important pas en avant pour le musée dont l’origine remonte à la fin des années 1920 et à un passionné du nom de John H. Parkin qui était alors directeur adjoint de la division de physique du Conseil national de recherche à Ottawa. C’est à Parkin qu’on attribue le mérite d’avoir agit rapidement après qu’il ait remarqué qu’il fallait préserver les objets du début de l’histoire de l’aviation canadienne.

Il savait que la vitesse s’imposait car quelque deux décennies avaient passé depuis que le Silver Dart eut volé pour la première fois au Canada, à Baddeck (N.-É.) le 23 février 1909. Cela faisait aussi 10 ans que la Première Guerre mondiale s’était terminée, et Parkin était conscient que certains des premiers avions du pays étaient sur le point de tomber en morceaux. En 1930 il a convaincu le CNR de mettre une partie de l’espace de ses couloirs à sa disposition pour la collection, laquelle comprenait alors surtout des moteurs d’avions de la période de la Grande Guerre. Quelques années plus tard, en réponse à une demande écrite de Parkin, le CNR acceptait le don d’un Camel 2F.1 de Sopwith appartenant à l’Aviation royale du Canada, le même genre d’avion qui avait joué un rôle immense dans l’aviation militaire canadienne durant la Première Guerre mondiale. “On sait que l’appareil dont il s’agit est pratiquement le dernier de son genre en existence, écrivait-il à son patron, le président du CNR H.M. Tory. Si le Conseil ne l’accepte pas, il va être détruit.”

Après que la Seconde Guerre mondiale eut commencé, le Camel était entreposé, ce qui était aussi le cas du reste de la jeune collection. Ce n’est que plusieurs années après la guerre que des passionnés de l’aviation se sont mis à penser qu’il fallait ramener la collection à la lumière du jour. Ils étudièrent plusieurs options et finirent pas choisir un espace d’exposition que leur offrait le ministère fédéral du Transport dans le nouvel immeuble terminus de l’aéroport Uplands à Ottawa. D’après les plans du jour, la nouvelle installation devait ouvrir en 1959, mais un accident bizarre mit un bâton dans les roues.

Un pilote de la United States Air Force, qui faisait la démonstration d’un Lockheed F-104A, dépassa le mur du son, faisant un bang sonique qui fracassa les fenêtres et déstabilisa les plafonds de l’immeuble terminus presque terminé. À cause de cela, le musée n’ouvrit ses portes au public que le 25 octobre 1960.

Bien que le musée manqua continuellement d’espace, le personnel posa les fondations de la bibliothèque et de la collection de photos du musée. On avait grandement besoin des deux car en ce temps-là il n’y avait pas de bibliothèque nationale pour les documents de l’aviation, et “une vérification en 1961 révéla qu’il n’y avait que deux photos de l’aviation aux Archives publiques”, écrivait K.M. Molson dans son livre de 1988 intitulé Canada’s National Aviation Museum : Its History and Collections.

Au début des années 1960, l’Institute of Aeronautical Sciences de New York faisait un don de plus de 600 livres au musée, et ce dernier achetait une collection considérable de matériel historique à une société de l’aviation de Vienne, en Autriche. Ces deux collections devinrent une bibliothèque qui aujourd’hui a plus de 10 000 livres, 7 000 périodiques reliés et 7 500 manuels techniques.

Quant aux photos, le musée a compté sur la générosité des fervents de l’aviation. Nombre de ces photos ne sont pas particulièrement intéressantes du point de vue de la photographie, mais pour les experts qui restaurent d’anciens avions, elles peuvent être inestimables car elles montrent les configurations exactes et les marques des avions. Aujourd’hui, le musée a 35 000 photos dans sa collection et beaucoup d’entre elles peuvent être vues au site Web du musée, www.aviation.nmstc.ca.

Durant les décennies qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale, le musée a continué à collectionner des avions et des objets provenant d’aussi loin que de l’Afghanistan et de l’Inde. Il est intéressant de savoir que deux autres groupes de Canadiens en ont fait de même. Le Musée canadien de la guerre recueillait du matériel relié à l’aviation militaire, et l’ARC amassait des objets et des avions reliés à sa propre histoire, y compris un certain nombre d’avions allemands. En ce temps-là, la plupart des avions historiques de l’ARC étaient entreposés et exposés à Mountain View (Ont.), à une piste appartenant au dépôt de réparation no 6 de Trenton. L’ARC avait aussi des avions historiques au Canada de l’Ouest.

Au milieu des années 1960, les quartiers du musée à Uplands étaient trop petits, et le gouvernement décida de mettre les trois collections ensemble afin d’éviter les efforts répétés. En 1964, l’ARC quittait sa piste de Rockcliffe, le long de la rivière des Outaouais, et le ministère de la Défense nationale offrait trois hangars de la piste pour y abriter la collection fusionnée. Le 21 mai 1965, la Collection nationale de l’aéronautique ouvrait ses portes au public.

Rockcliffe avait une grande valeur pour une collection nationale de l’aviation. “C’était une des premières et des plus importantes bases au Canada. C’était aussi une des plus belles bases”, dit Stephen Payne, le conservateur de technologie aéronautique du musée.

Les pilotes faisant le premier vol de traversée du Canada y faisaient escale en 1920, la même année que l’aérodrome était établi. “Avec la formation de l’ARC en 1924, écrit Molson, Rockcliffe devint les seuls aérodrome et poste d’hydravion combinés jusqu’à ce que le poste aérien de Trenton ouvre, en 1931.” Les pilotes d’épreuves de vitesse américains F.M. Hawks et J.R. Wedell ont tous deux décollé de Rockcliffe lorsqu’ils ont fixé de nouveaux records de vitesse. La base servait aussi aux levés aériens et, malheureusement, c’est aussi le lieu d’une tragédie nationale qui a eu lieu l’après-midi du 12 mars 1931, quand l’as de la Première Guerre mondiale William Barker, un récipiendaire de la Croix de Victoria, s’est tué lorsque son avion s’écrasa sur la glace de la rivière des Outaouais.

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, le militaire a testé divers avions à Rockcliffe, et des avions remplis de courrier y décollaient vers l’Europe pour les soldats solitaires.

Le site de Rockcliffe était aussi un endroit pratique pour y loger le musée de l’aviation. Même de nos jours, la plupart des avions que l’on ajoute à la collection arrivent en volant de leurs propres ailes, et se posent sur la piste ou sur la rivière. Et la piste permet au musée d’offrir des vols aux gens qui viennent visiter le musée.

Avec le temps, les hangars de Rockcliffe n’étaient plus les meilleurs endroits où abriter une collection d’avions classiques fragiles. Vieux, en bois et secs comme la poussière, les édifices étaient une source d’inquiétudes constantes pour les passionnés de l’aviation qui avaient peur que les meilleures collections d’objets de l’aviation au Canada soient détruits par un incendie. Leurs craintes se sont avérées dénuées de fondement. Au cours des années 1970, ce sort a été celui de collections comparables à Calgary et à San Diego, en Californie.

En 1967, la collection devenait une partie du Musée national des sciences et de la technologie, appelé maintenant Société du Musée des sciences et de la technologie du Canada, mais elle est restée à son propre site à Rockcliffe. Les fervents de l’aviation continuèrent à demander un foyer permanent sécuritaire pour la collection et, en 1982, ils reprenaient grandement espoir quand le gouvernement annonçait le financement de nouveaux édifices pour le Musée des beaux-arts du Canada et pour ce qui allait devenir le Musée canadien des civilisations. C’est le ministre fédéral des communications, Francis Fox, qui a obtenu 20 millions $ pour la construction de la première des trois phases du musée de l’aviation à Rockcliffe.

Les travailleurs de la construction ont commencé à creuser le 25 mai 1983, et à cause de la grandeur des avions de la collection, l’édifice devait avoir au moins 12 mètres de hauteur et des portées ininterrompues de 45 mètres. Et vu que l’édifice triangulaire se faisait construire à côté d’une piste active, les directeurs du musée exigèrent que l’architecte situe les tuyaux et autres installations disgracieuses sous le toit afin qu’il ait bonne mine des airs.

En 1988, le musée de 13 138 pieds carrés était ouvert au public. Depuis lors, plus de deux millions de visiteurs y sont passés. La collection du musée comprend plus de 120 avions et d’innombrables objets comme les moteurs, les hélices, les instruments, les armes, les tenues d’aviateurs et les maquettes de soufflerie. Ses technologues ramènent les vieux avions à leurs normes d’origine en état de navigation et le musée à une réputation d’excellence quant au travail de préservation et de restauration.

“Le patrimoine de l’aviation canadien, militaire et civil, est riche et infiniment varié, dit Poirier. Il est peuplé de personnages merveilleux qui ont accompli de grandes choses dans leurs engins légendaires (et d’autres moins légendaires). Bien sûr, les avions du musée ne peuvent pas parler eux-mêmes. C’est pour cela que nous cherchons des moyens créatifs de raconter les histoires sensationnelles de ce patrimoine.”

Apprendre à propos du vol et de son histoire est facile et amusant grâce à plusieurs programmes. Plein vol, par exemple, est un programme interactif destiné aux ados et aux adultes qui se passionnent pour l’aviation. Il permet aux participants d’explorer les principes de l’aérodynamique, les contrôles et les instruments des avions, la navigation, la communication et la météorologie. Le coût en est de 115 $ et comprend l’instruction au sol, du matériel de référence à emporter chez soi et un vol d’une heure. Il y a aussi des tarifs pour groupes.

Vol de nuit est un programme pour les jeunes de cinq à 18 ans. Il coûte 22 $ par enfant et 11 $ par adulte qui les accompagne. Dans le cadre du Vol de nuit, les participants passent une nuit au musée à explorer la collection à la lumière de lampes de poche, à regarder des films et à assister à des démonstrations. “Nous sommes fiers du fait que nous avons réussi à exciter l’imagination de toutes sortes de gens, jeunes et vieux, experts et écoliers, hommes et femmes, et à nous assurer ainsi que ce legs magnifique ne disparaisse pas”, dit Poirier.

En entrant au musée triangulaire, le visiteur passe d’abord à côté d’une réplique en bronze de la sculpture, grandeur nature, que créait Tait McKenzie en 1932 : The Falcon. Il s’agit de la sculpture saisissante d’un homme ailé qui représente le désir éternel de la race humaine qui est de voler. Il y a aussi une réplique du Silver Dart près de l’entrée.

À partir de là, la collection est disposée en “îles”, chacune se concentrant sur une période différente des autres, ou sur un genre d’avions différent. Chaque île comprend des écriteaux où se trouvent des explications détaillées, carnets de vol inclus. La plupart, mais non pas tous, les avions exposés étaient fabriqués au Canada ou ont été pilotés par des Canadiens. Il y a des avions à réaction et des avions de brousse, des avions de chasse de la Première Guerre mondiale et des hélicoptères d’après la Deuxième Guerre mondiale. Le musée est aussi l’endroit où se trouvent les dernières pièces du malheureux Avro Arrow, le premier et dernier avion supersonique du Canada, dont l’annulation par le gouvernement de Diefenbaker en 1959 est, aujourd’hui encore, une source de controverse.

L’Arrow est très populaire chez les visiteurs. “Il est très en vue”, dit Payne. Il nous explique qu’une avalanche de livres et un docudrame récent à la SRC concernant l’avion ont “présenté le sujet à toute une nouvelle génération de gens”.

Payne fait aussi remarquer que le mandat du musée est de collecter surtout, mais pas exclusivement, du matériel canadien. Certains aéronefs ont eu un impact si intense sur l’aviation mondiale qu’ils méritent qu’on les acquière, dit-il. Payne dit aussi que l’aviation canadienne ne s’est pas développée dans le vide, alors il est bon pour les visiteurs de voir des avions canadiens entourés par d’autres avions de leur temps. Par exemple, deux Messerschmitt allemands sont exposés près d’un Spitfire, d’un Hurricane de Hawker et d’un Mustang que les alliés utilisaient durant la guerre, afin que les visiteurs puissent voir des avions des deux côtés du conflit.

Le conservateur dit qu’il est très important d’avoir un endroit où des technologies de l’aviation si importantes peuvent être entretenues et exposées. “La technologie de l’aviation est située à l’écart, ajoute-t-il. Elle a joué un si grand rôle dans notre histoire militaire et dans notre histoire civile qu’au fond elle mérite son propre musée. De manière conceptuelle, l’avion a changé le Canada plus qu’à peu près n’importe quel autre pays au monde […]. Je pense toujours au développement du Nord, à l’histoire du Nord, comme étant divisée en deux stades : avant et après l’avion.”

Comme on s’y attend, le musée plaît aux fervents de l’aviation dévoués. Il parraine un escadron de cadets de l’air, offre un endroit de rencontres pour les groupes comme les artistes de l’aviation et les opérateurs d’avions téléguidés, et loue ses installations aux organismes comme l’Association de la Force aérienne du Canada.

Bob Tracy, directeur exécutif de l’Association de la Force aérienne, dit que son organisation utilise le musée continuellement pour faire des recherches et en tant que lieu de manifestations comme la cérémonie commémorative de la bataille d’Angleterre. Il dit aussi que le personnel du musée et celui de l’association se partagent souvent des ressources pour répondre à des questions sur l’histoire de l’aviation. “Nous travaillons de près avec eux. Nous leur servons, ils nous servent.”

Timothy Dubé, président de la section d’Ottawa de la Canadian Aviation Historical Society, dit aussi que le musée est précieux à la collectivité de l’aviation. Son organisme y organise des conférences mensuelles pour ses membres. Et à son ouvrage, durant la journée, en tant qu’archiviste militaire aux Archives nationales du Canada, Dubé travaille de près avec les conservateurs du musée.

Cette année, des membres du Conseil exécutif national de la Légion royale canadienne ont fait une visite guidée du musée. Le vice-président national Clarence King de Grand Falls-Windsor (T.-N.), était heureux de la visite. Il a servi à l’ARC, et il a été en garnison à Rockcliffe de 1957 à 1960. C’est à Rockcliffe qu’il a rencontré son épouse et c’est là aussi que son fils aîné a vu le jour. “J’étais heureux d’y retourner, et j’ai beaucoup aimé la visite. Les expositions sont extra et j’aimerais que le musée obtienne davantage d’espace.”

Le président national des débats Wally Smith de Peterborough (Ont.) a servi à la Princess Patricia’s Canadian Light Infantry durant la Seconde Guerre mondiale. Il a été très impressionné par ce qu’il a vu au musée. “Je me suis particulièrement intéressé aux avions de la Deuxième Guerre mondiale, surtout le Lancaster. Ça impressionne vraiment de se tenir en dessous de l’avion et de regarder la petite place du canonnier arrière. En tant qu’ancien fantassin, ça m’a vraiment fait réaliser à quel point les gars y étaient exposés, à quel point c’était dangereux.”

Une nouvelle tête à anciens combattants canada


par Tom MacGregor

 

Il y a une tombe au cimetière militaire canadien de Groesbeek (terrain 21, rangée F, tombe 1), où gît le simple soldat Jean Baptiste Duhamel des Queen’s Own Cameron Highlanders of Canada. Il avait 21 ans quand il a été tué, près de Nijmegen, aux Pays-Bas, le 3 mars 1945. Il s’agit d’une date que garde bien à l’esprit son jeune frère Ron Duhamel, un homme qui, durant le brassage de l’élection de l’été dernier, est devenu ministre d’Anciens combattants.

“Je suis né dans une famille francophone et, en ce temps-là, durant la guerre, les gens avaient des familles nombreuses”, nous dit Duhamel. Bien qu’il n’était pas assez vieux pour se souvenir de son frère aîné, il dit que la mort a traumatisé sa famille. “Je me souviens que mon père, un homme grand, de forte carrure, avait des larmes aux yeux quand il en parlait.”

Jean Baptiste Duhamel était l’un de deux frères de cette famille qui ont servi à la Seconde Guerre mondiale. Un autre a servi à la guerre de Corée. L’expérience militaire de Ron a eu lieu en tant que cadet à Thunder Bay, en Ontario, et il a aussi servi brièvement comme policier à travers le Canada. “Mais j’ai toujours eu du respect envers ceux qui ont servi. Mes frères et moi parlions des affaires mondiales tout le temps. Il semblait y avoir une réelle possibilité que je sois appelé à servir.”

La commémoration et s’occuper de ceux qui ont été appelés à servir pendant la Deuxième Guerre mondiale va être une grande partie de ses fonctions maintenant qu’il a obtenu le rôle de ministre du cabinet. Duhamel arrive à ce poste à un moment affairé, sur les traces du populaire George Baker (Un ministre capable à ACC, janvier/février 2000). Le président national Bill Barclay a envoyé un message à toutes les filiales, geste inhabituel, pour protester le départ de Baker du cabinet, faisant remarquer que “(Baker) a beaucoup fait avancer la législation en faveur des anciens combattants. On ne s’étonnera pas que beaucoup sont les gens qui pensent que M. Baker est le meilleur ministre qu’il y ait eu à Anciens combattants depuis George Hees”.

Baker, un vétéran de la Chambre des communes depuis 26 ans, a été retiré brusquement du cabinet pour faire place au premier ministre de Terre-Neuve Brian Tobin qui retournait à Ottawa, et au cabinet, en tant que ministre de l’industrie. Terre-Neuve et Labrador sont considérés comme une province trop petite pour avoir deux ministres au cabinet. En même temps, le Premier ministre Jean Chrétien devait trouver un nouveau ministre qui aurait la responsabilité du Manitoba, après que Lloyd Axworthy ait quitté la vie politique.

L’arrivée de Duhamel a lieu à un moment où Anciens combattants Canada a entrepris une importante révision de son programme de commémoration. Le ministère est aussi en train de faire du progrès en ce qui concerne l’amélioration de la livraison des services à ses clients. La Légion et d’autres associations d’anciens combattants ont quand même attiré l’attention du public sur les questions comme la création de normes nationales pour les soins à long terme aux anciens combattants, l’amélioration du Programme d’autonomie des anciens combattants et l’amélioration de l’indemnité aux anciens prisonniers de guerre.

Dans le portefeuille d’Anciens combattants se trouvent Anciens combattants Canada lui-même, le Tribunal des anciens combattants (révision et appel) quasi judiciaire et l’agence canadienne de la Commission des sépultures de guerre du Commonwealth. Cette dernière s’occupe des cimetières militaires autour du monde, y compris celui de Groesbeek.

Mais Anciens combattants n’est qu’une des casquettes que porte Duhamel. Il a gardé les deux postes de secrétaire d’État qu’il avait avant le remaniement ministériel. Il a un portefeuille économique en tant que secrétaire d’État de la Diversification de l’économie de l’Ouest et un rôle international en tant que secrétaire d’État de La Francophonie, l’association formée après la Deuxième Guerre mondiale par 52 États et gouvernements où on parle français. Toutefois, c’est son poste de ministre politique du Manitoba qui a le plus d’importance au cabinet.

Duhamel refuse de donner sa date de naissance mais, d’après des notes biographiques, il est né à St-Boniface, au Manitoba, et a passé le début de sa vie au Nord-Ouest de l’Ontario, habitant à Thunder Bay et à Dryden avant de s’installer dans la région de Winnipeg où il a été enseignant, directeur et fonctionnaire. “Vous savez, j’étais plein d’énergie au début, en parfaite santé. On dit que Dieu a pris sept jours pour créer le monde et je me demande pourquoi ça lui a pris si longtemps.”

Duhamel décrit sa carrière comme ayant entièrement été politique. “Tout est politique, que ce soit la Légion, l’armée, l’école, l’église, le club de curling, le Parti libéral ou le gouvernement du Canada. La politique ça sert à faire en sorte que les choses se fassent.”

Sa propre carrière en a été une où les choses ont été faites. Il a commencé comme éducateur et puis il s’est tourné vers le secteur privé, la construction. “Mais j’ai réalisé que ce que j’aimais vraiment c’était enseigner. Ensuite j’ai été directeur, surintendant et puis sous-ministre adjoint chargé de la formation française au Manitoba et, par la suite, sous-ministre de l’éducation.”

Le député Pat Martin du Nouveau Parti Démocratique, qui tient la circonscription Winnipeg-Centre, voisine de la circonscription St-Boniface de Duhamel, dit que Duhamel était connu au Manitoba bien avant son arrivée au cabinet. “Il était sous-ministre de l’éducation sous le premier ministre Howard Pawley. Il était très connu. Son visage était souvent montré aux nouvelles.”

Duhamel s’est fait connaître grâce à sa campagne dans le cadre de laquelle il ramassait et distribuait des fournitures scolaires aux enfants nécessiteux de la ville. “J’ai assisté à la distribution des fournitures qu’il avait ramassées”, nous dit le sénateur Gildas Molgat peu de temps avant son décès en février. “Il y a les cahiers, les stylos et les fournitures. Il ramasse tout ça avec des bénévoles et puis il les livre au centre-ville aux enfants nécessiteux juste avant le début de l’année scolaire.”

Quand il a commencé à penser à se faire élire, Duhamel a demandé conseil à Molgat. “Je le connais depuis qu’il était sous-ministre de l’éducation au Manitoba. Nous sommes tous deux Franco-Manitobains. Il est venu me voir quand il pensait se porter candidat à la Chambre des communes et je l’ai encouragé à le faire”, dit Molgat. Martin et Molgat disaient tous deux du bien des capacités de direction de Duhamel.

“Il est équilibré dans sa façon de penser, remarque Martin. Il suit la tradition de Lloyd Axworthy selon laquelle, quand la campagne est terminée, tous les députés manitobains travaillent ensemble afin d’obtenir le meilleur pour le Manitoba. Je pense que tout le temps qu’il a passé en tant que sous-ministre l’a aidé. Il est très conscient des embûches que peut rencontrer sur son chemin un ministre débutant. Il semble aimer son travail et c’est très important.”

Duhamel a été élu à la Chambre des communes pour la première fois en 1988, quand les Libéraux, sous John Turner, essayaient de remonter. Son foyer est à St-Boniface, où vit et travaille son épouse Carolyn Graham. Leurs trois filles, maintenant adultes, vivent aussi dans la région.

Il est resté à l’opposition officielle jusqu’en 1993, quand les Libéraux ont pris le pouvoir. En 1997, le Premier ministre Jean Chrétien le nommait secrétaire d’État aux Science, recherche et développement, et à la Diversification de l’économie de l’Ouest. Deux ans après, il devenait responsable de La Francophonie tout en gardant le portefeuille de la Diversification de l’économie de l’Ouest.

À la Chambre des communes, Duhamel est pris pour un politicien perspicace. “Ses réponses peuvent certainement avoir du mordant”, ajoute Martin.

Il dit que c’est grâce à son travail dans d’autres domaines qu’il a appris son style de fermeté dans la direction. “Quand j’étais sous-ministre, il m’arrivait de dire à mon ministre ‘Il nous faut un plan. Si vous ne voulez pas me dire quoi faire, je vais faire ce qui d’après moi devrait être fait.’ Maintenant, je me suis discipliné. Quand j’ai obtenu la responsabilité de la Diversification de l’économie de l’Ouest, je me suis dit, ‘Bon, quelles sont les deux ou trois choses les plus importantes que nous voulons accomplir ici?’ J’ai fait la même chose à trois ministères. Je l’ai fait à La Francophonie et je viens de le faire à Anciens combattants. Je veux savoir quelles sont les deux ou trois choses que nous voulons faire ici.”

Il dit qu’il est encore en train d’apprendre quels sont les problèmes. “Je suis allé à Charlottetown la semaine dernière et j’y ai posé les mêmes questions. Il y a beaucoup de choses à faire. Alors je demande, ‘si l’on n’avait qu’une chose, que serait-elle? Si l’on avait une deuxième chose, que serait-elle?’ Je m’attends à avoir une meilleure idée de la voie à prendre au cours des semaines à venir. Bien sûr, on ne le fera pas sans consulter […]. D’après moi, c’est ainsi que ça fonctionne en démocratie.”

Homme méthodique, Duhamel a demandé au personnel d’ACC d’établir un calendrier afin qu’il puisse voir tout ce qu’Anciens combattants est en train de faire. Cependant, rares sont les organisations d’anciens combattants qui ont eu l’occasion de le rencontrer, mais les priorités dont elles vont lui faire part leur sont communes.

Le premier vice-président national Allan Parks, qui préside le Comité national des anciens combattants, des services et des aînés, dit qu’il a rencontré Duhamel lors d’une réception, mais que deux réunions qu’il devait avoir avec lui ont été annulées. “Nous avons terminé le Congrès national d’Halifax avec 12 résolutions concernant le Programme d’autonomie des anciens combattants. Alors elles sont notre priorité absolue”, dit Parks (Éditorial, mars/avril).

Le PAAC a pour objet de faire en sorte que les anciens combattants restent chez eux aussi longtemps que possible. C’est un programme qu’embrassent les anciens combattants qui sont plus confortables chez eux et qu’embrasse ACC qui économise les coûts bien plus élevés de sous-traiter les lits pour anciens combattants.

La question qui inquiète le plus la Légion est celle d’étendre les avantages aux veuves ou aux conjoints des anciens combattants qui meurent après leur arrivée à une institution. Présentement, ces avantages sont interrompus aussitôt que le conjoint arrive à une institution ou un an après le décès de l’ancien combattant. Cela, dit la Légion, peut être une perte d’importance pour le conjoint de l’ancien combattant. Une résolution au Congrès national de l’an dernier se lisait comme suit : “Attendu que de nombreux conjoints ont un besoin désespéré des avantages du PAAC pour rester autonomes dans leurs propres foyers, il est résolu que le Programme d’autonomie des anciens combattants soit étendu afin de comprendre les avantages aux conjoints qui survivent à l’ancien combattant, jusqu’à la mort du conjoint, quand le besoin s’en fait sentir.”

Le fait qu’un ancien combattant marié obtenant les avantages du PAAC perde ces avantages lors du décès de son conjoint, et que son revenu soit baissé, est une autre cause de friction.

La deuxième question de la liste de Park traite de l’indemnisation aux prisonniers de guerre. Présentement, les anciens prisonniers de guerre reçoivent une pension, d’après la Loi sur les pensions, calculée selon une formule progressive basée sur le nombre de jours d’incarcération. Pour y avoir droit, un prisonnier de guerre doit avoir été incarcéré pendant au moins 89 jours, et le taux maximal est celui que l’on donne à ceux qui l’ont été pendant 911 jours ou plus. La Légion désire que le minimum soit laissé de côté et que le maximum soit allongé. De nombreux vétérans de la marine marchande, ainsi que des anciens combattants de Dieppe et des aviateurs, ont été prisonniers plus longtemps. “Celle-ci se trouve dans nos livres depuis le Congrès de 1998”, dit Parks.

La demande de normes nationales pour les institutions de soins de santé à long terme (La question cruciale quant aux soins pour anciens combattants, janvier/février 2000) que fait la Légion est aussi en haut de la liste. Depuis les années 1960, ACC transfère ses hôpitaux aux autorités provinciales ou locales, laissant à chacun ses propres normes de soins. L’Hôpital Ste-Anne de Ste-Anne-de-Bellevue (Qc) est le seul hôpital qui soit entièrement dirigé par ACC. Et c’est le Ste-Anne que la Légion et d’autres, dont le Sous-comité sénatorial sur les affaires des anciens combattants, donnent en exemple relativement à la qualité des soins qui devrait être la norme dans de telles installations.

Baker s’inquiète de la question et il a dit à ses fonctionnaires d’augmenter les efforts en ce qui concerne un questionnaire qui doit servir à découvrir quelles sont les normes pour soins à long terme, ou qu’elles devraient-elles être, dans les 10 domaines dont on se préoccupe. Ces derniers comprennent la sécurité, la qualité de la nourriture, les soins personnels, la récréation et l’accès aux services cliniques.

Duhamel dit qu’on est en train d’analyser les résultats du questionnaire. Le ministère consulte aussi le Conseil canadien d’agrément des services de santé, une agence autorégulatrice qui examine attentivement les hôpitaux publics.

“Je pense qu’il devrait aller faire un tour à l’Hôpital Ste-Anne, observer ce qui s’y passe, et fixer des normes en se basant sur cet hôpital”, dit Parks.

Les modifications à la Loi sur les pensions qui ont servi à empêcher unilatéralement les anciens combattants alliés qui sont maintenant Canadiens d’obtenir l’allocation d’ancien combattant sont une source d’irritation constante pour les ministres d’Anciens combattants depuis 1995. Cela s’applique à tous les alliés, dont le plus grand nombre est celui des anciens combattants impériaux, qui vivent au Canada, exception faite de ceux qui étaient Terre-Neuviens durant leur service.

Alors que les plus grands organismes d’anciens combattants tendent à travailler de concert pour faire avancer des fronts communs, chacun a sa propre liste de priorités. Peter Ambroziak, le secrétaire national des Anciens combattants de l’armée, de la marine et des forces aériennes au Canada, dit que s’occuper de tout l’argent que l’on doit aux vétérans de la marine marchande devrait être la priorité absolue aux yeux de Duhamel. Les vétérans de la marine marchande n’ont pas eu droit aux avantages avant 1992.

En février 2000, le gouvernement reconnaissait avoir une dette envers les vétérans des marines marchandes du Canada et de Terre-Neuve car ils n’avaient pas droit aux avantages de rééducation qui étaient disponibles aux anciens combattants après la guerre. Alors que le gouvernement a mis de côté 50 millions $ pour les demandes de la marine marchande, le nombre de ces demandes a été gravement sous-évalué.

Duhamel a déjà obtenu beaucoup de mérite en ce qui concerne cette question. Peu de temps après sa nomination, il est allé au cabinet pour argumenter que, vu que le nombre de personnes admissibles avait été grandement sous-évalué, il allait lui falloir 20 millions $ de plus. Maintenant, à Anciens combattants Canada, on dit qu’il va falloir encore 10 millions $ pour finir le programme. Il dit qu’il va devoir étudier la question pour voir ce qui est possible et puis retourner à la table avec une nouvelle requête. “Cela dépendra entièrement des autres priorités qui sont apportées au cabinet…”

Ambroziak dit que Anciens combattants de l’armée, de la marine et des forces aériennes au Canada espère aussi que Duhamel se penche sur les soins à long terme. Il espère également que l’indemnisation aux prisonniers de guerre et le PAAC restent en haut de la liste des priorités du ministre. “D’un point de vue politique, il est encore trop tôt pour savoir. Présentement, il est impossible à prédire. George Baker était dynamique. Il a été très, très bon pour nous.”

Le critique de l’opposition officielle sur les affaires des anciens combattants, le député Roy Bailey, a passé la plus grande partie de son temps à la période de questions à soutenir la décision prise par la Cour supérieure de l’Ontario selon laquelle le gouvernement fédéral devrait payer des intérêts rétroactivement à tous les anciens combattants invalides dont les pensions étaient gardées en fiducie. ACC a commencé à payer des intérêts en 1990 mais a voté une législation qui sert à empêcher les anciens combattants de demander des paiements rétroactifs. ACC a par la suite fait appel de la décision de la Cour supérieure. “Le ministre d’Anciens combattants a une responsabilité juridique et morale de régler cette dispute aussi vite que possible hors des tribunaux”, dit Bailey.

Duhamel dit qu’on est en train de le mettre au courant des problèmes. “Nous savons que les avantages aux conjoints sont très importants aux yeux de la Légion et nous savons qu’il y a d’autres questions qui sont très importantes. Si l’on réussissait à parler aux organisations d’anciens combattants et à trouver un consensus, on pourrait faire en sorte que les choses se fassent.”

La révision approfondie de la commémoration qui a commencé en mai et qui n’était toujours pas finie en février est aussi une des choses dont il s’occupe. Le projet a pour objet de se pencher sur la fonction de la commémoration dans son entier, dont les pèlerinages, l’entretien des sites Web d’ACC, assurer des obsèques dignes aux anciens combattants et entretenir les monuments et les tombes militaires outre-mer. La commémoration des sacrifices du temps de guerre a atteint son apogée au milieu des années 1990, avec le programme le Canada se souvient dans le cadre duquel se trouvaient des trousses éducationnelles pour les écoles et un certain nombre de pèlerinages très en vue en l’honneur des divers 50es anniversaires associés à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Toutefois, le programme scolaire n’est plus en cours et on ne planifie aucun pèlerinage en 2001.

Les paramètres du projet se veulent servir à travailler de près avec le ministère de la Défense nationale, avec le ministère du Patrimoine canadien, avec le Bureau du Conseil privé et avec le Conseil du Trésor, mais la plupart de ces projets étaient autrefois vus comme n’étant que du domaine du ministère.

Bien qu’il y ait vraiment eu des progrès relativement à plusieurs réformes administratives et à des avantages, il semble qu’à cette partie du mandat d’ACC on soit incertain des prochains pas à faire. “Les deux choses que fait ACC sont de s’occuper des anciens combattants et de soutenir la commémoration. La commémoration a toujours été très importante à mes yeux, dit Duhamel. Bien avant d’être nommé ministre d’Anciens combattants, je me suis toujours arrangé pour assister à chaque cérémonie du jour du Souvenir. J’ai toujours dit, ‘Le Canada est tel qu’il est en grande partie grâce à ce que nos soldats ont fait.'”

Alors que le nouveau ministre vaque à ses devoirs, il aura toujours un rappel très personnel, au cimetière de Groesbeek, des sacrifices qu’on fait sa famille et le Canada à la guerre.

Le ministère des anciens combattants d’hier à demain

Nous présentons ici la deuxième partie de la série de deux où nous nous penchons sur Anciens combattants Canada d’aujourd’hui et sur les changements qui ont lieu à l’intérieur du ministère.

par Victoria Fulford

 

Plusieurs semaines après l’invasion de la Normandie, en 1944, eut lieu un événement qui allait former la vie des hommes et des femmes civils qui avaient servi à l’effort de guerre du Canada. Il continue à influencer la vie des anciens combattants aujourd’hui, pas seulement ceux qui ont servi à la Deuxième Guerre mondiale, mais ceux qui sont allés aux divers conflits, durant les décennies qui ont suivi, jusqu’à nos jours. Le 30 juin 1944, Anciens combattants Canada recevait la sanction royale, créant ainsi un ministère du gouvernement fédéral consacré à la livraison d’avantages et de services aux anciens combattants en reconnaissance de leurs accomplissements et de leurs sacrifices à la défense de la liberté.

Avec la création du nouveau ministère, succédant à l’ancien ministère des Pensions et de la santé nationale, la nouvelle législation reliée aux anciens combattants était adoptée. Du nom collectif de charte des anciens combattants, elle comprend plus de 15 lois différentes qui ont pour objet spécifique d’assister les anciens combattants lors de leur passage à la vie civile, l’indemnisation pour service militaire, la réadaptation physique et, dans les cas où la réadaptation n’est pas possible, les régimes de soutien du revenu pour assister ceux qui ne sont plus capables de travailler.

Plus d’un million de personnes ont été affectées par la charte des anciens combattants à son début. On s’attend à ce qu’environ 99 000 vétérans du service militaire obtiennent les services d’ACC durant l’année fiscale 2001-2002. Ce chiffre n’inclut pas les membres des Forces canadiennes et les survivants des anciens combattants qui vont aussi bénéficier des services d’ACC durant l’année.

De 1946 à 1950, plus de dollars des contribuables canadiens ont été dépensés à la réadaptation des anciens combattants que tout autre service. En 1953, le coût de la réadaptation des vétérans de la Seconde Guerre mondiale atteignait 1,5 milliard $. Ce chiffre comprenait les choses comme les coûts administratifs du ministère, les traitements et les services de prothèses, les avantages et les octrois comme les peines de démobilisation versées à ceux qui avaient servi, les pensions d’invalidité, les crédits de rétablissement, les octrois et les contrats pour l’achat de biens immobiliers, et la formation professionnelle, technique et universitaire pour les anciens combattants.

Par l’entremise de la charte, un certain nombre de programmes ont été établis afin d’aider les anciens combattants à s’établir dans le civil. C’était une entreprise immense, dans un pays dont la population n’était que d’environ 11,5 millions d’habitants en ce temps-là, en vue d’aider un million de personnes qui avaient des besoins différents. Lors de sa période de main-d’œuvre la plus nombreuse, en 1946, Anciens combattants Canada avait 22 000 employés, dont beaucoup étaient des anciens combattants eux-mêmes. En ce temps-là le ministère dirigeait 36 hôpitaux et centres de traitements à travers le pays.

Le ministère a présentement plus de 3 000 employés et il n’est plus responsable de la direction que d’un seul hôpital, le Ste-Anne. La responsabilité de tous les autres hôpitaux du ministère a été déléguée aux autorités locales, ayant chacune ses propres directives provinciales sur la santé. Dans bien des cas, les institutions pour anciens combattants ont été combinées aux institutions civiles pour créer de nouvelles installations mieux conçues pour les soins à long terme. Mais cela a donné lieu à l’homogénéisation des services. La distinction entre le lit pour anciens combattants payé par Anciens combattants et un lit payé par la province est difficile à voir. La Légion royale canadienne a pris la position comme quoi un système de normes nationales devrait être appliqué en ce qui concerne les soins aux anciens combattants.

La remise du Ste-Anne aux autorités provinciales de la santé devrait avoir lieu on ne sait quand. “Présentement, la situation est telle que le Québec a indiqué ne pas pouvoir entamer, pour l’instant, les négociations sur le transfert,” dit le chef de la section des services aux anciens combattants d’Anciens combattants Canada, le sous-ministre adjoint Brian Ferguson. “Quand il sera prêt nous nous mettrons au travail là-dessus.”

L’administration de la Loi sur les terres destinées aux anciens combattants (LTDAC) arrive à terme. Jusqu’en 1992, l’Office de l’établissement agricole des anciens combattants existait en tant que bureau séparé du ministère mais il a depuis été absorbé par ACC. Les accords de la LTDAC n’étaient pas des hypothèques mais des contrats entre le directeur du bureau de la LTDAC et l’ancien combattant. Le bureau de la LTDAC était propriétaire et l’ancien combattant locataire. La terre serait remise à l’ancien combattant lorsque les termes du contrat étaient accomplis. Sur les quelque 144 000 contrats signés jusqu’en 1975, quand le programme a été interrompu, près de 430 comptes actifs restent en souffrance. Le dernier contrat se terminera en novembre 2006. La baisse progressive du nombre d’employés du ministère, le déplacement d’ACC pour s’éloigner de la livraison directe de soins de santé et le fait que la LTDAC touche à sa fin sont des exemples concrets qu’ACC a changé depuis sa création. Toutefois, la section du ministère où a eu lieu le plus de changements au cours des années est celle des pensions.

La Commission canadienne des pensions et la Commission des allocations aux anciens combattants existaient avant la création d’Anciens combattants Canada lui-même. Les racines de la Commission canadienne des pensions, créée afin d’administrer les demandes de pension en 1933, se trouvent dans le Board of Pension Commissions de 1919 qui avait été institué pour administrer les demandes de pensions suivant la Grande Guerre. La Commission des allocations aux anciens combattants, établie en 1936, était un organisme quasi-judiciaire qui servait de cour d’appel pour les demandeurs et les récipiendaires d’allocations de guerre insatisfaits.

En 1978, dans le cadre du Programme de symbolisation fédérale du gouvernement, le ministère changeait aussi de nom. Perdant le nom d’Affaires des anciens combattants Canada, ou simplement AAC, il arrivait aux années ’80 avec le nom d’Anciens combattants Canada.

Mais d’autres changements avaient eu lieu durant les années ’70, le ministère grandissant avec les gens qu’il avait pour mission de servir. Deux autres sections se mettaient de la partie : le Conseil de révisions des pensions et le Bureau de services juridiques des pensions. Le Conseil de révisions des pensions était mis sur pied pour s’occuper spécifiquement des questions d’ayant droit, des montants accordés et de l’interprétation de la législation sur les pensions. Les services juridiques comprenaient les conseils aux anciens combattants et leur représentation par-devant le tribunal d’appel.

Au fil du temps, tant de mains furent mises à la pâte que le temps d’attente pour les évaluations, les décisions et les révisions concernant les pensions s’allongeait. À l’occasion des congrès nationaux de la Légion de 1976, 1978, 1980 et 1982, des résolutions étaient votées qui exhortaient la Commission canadienne des pensions d’activer le maniement des demandes de pension. Durant l’année fiscale 1984-1985, le temps pris par le traitement d’une demande de pension, de la soumission à la décision, était de 22 mois. Le ministre George Hees le réduisait à 11 mois en 1985-1986, et à 10,1 mois en 1986-1987.

Dans l’espoir de rationaliser davantage le processus et de réduire le temps du maniement des pensions et des allocations, le Conseil de révisions des pensions était fusionné à la Commission des allocations aux anciens combattants en 1987 pour former le Tribunal d’appel des anciens combattants. Malgré la réorganisation, le temps qu’il fallait aux traitements restait long. Les arriérés débordaient du système et les demandeurs attendaient les décisions entre huit mois et un an.

À nouveau, des résolutions aux congrès nationaux de 1990, 1992 et 1994 exhortaient le gouvernement à agir pour accélérer le processus. En 1994, les délégués recommandaient au ministre d’ordonner une révision complète des procédures de maniement. “Le temps moyen pris par le maniement des demandes de pension est présentement excessif, et ce délai est nuisible à nos anciens combattants invalides, malades, âgés et nécessiteux qui souvent meurent avant de recevoir la notification initiale,” était-il déclaré dans une résolution. Le secrétaire d’État des anciens combattants d’alors, Lawrence MacAulay, assistait à ce congrès et il dit aux délégués que la législation qu’il avait l’intention de proposer ferait diminuer de moitié le temps qu’il fallait au système de pension. En septembre 1995, le Tribunal des anciens combattants (révision et appel) était mis sur pied, changeant la structure du ministère de façon fondamentale.

“Avant la réforme des pensions, le ministère s’occupait de l’affaire, une section séparée appelée le Bureau de services juridiques des pensions s’occupait de l’affaire, une instance d’appel appelée le Tribunal des anciens combattants s’occupait de l’affaire, et une autre entité qui avait existé depuis 1919, du nom de Commission canadienne des pensions,” dit Doris Boulet, la directrice générale des avantages durant la restructuration du processus. “Après la réforme des pensions, il n’y en avait plus que deux à s’occuper de l’affaire, le ministère et une instance appelée le Tribunal des anciens combattants (révision et appel).”

D’après la loi, le Bureau de services juridiques des pensions est devenu partie du ministère et la Commission canadienne des pensions et le Tribunal des anciens combattants ont été fusionnés pour former le Tribunal des anciens combattants (révision et appel). L’an dernier, 123 personnes siégeaient au Tribunal et on s’attend à ce qu’il y en ait 135 cette année. Le Tribunal a coûté 9,7 millions de dollars durant l’année fiscale 2000-2001. Les fonctions d’arbitrage concernant les décisions initiales dans le domaine des pensions et des évaluations d’invalidité sont maintenant la responsabilité directe du ministère. Les changements ont été conçus afin de permettre à ACC de manier les demandes des clients plus rapidement tout en sauvegardant leur droit d’aller en appel.

“En rendant le processus plus simple, et en faisant en sorte qu’il y ait moins d’entités qui s’en occupent, je pense que nous avons accompli des choses remarquables,” dit Boulet. Elle évalue à 1 200 le nombre de nouveaux cas dont la section des avantages du ministère s’occupe chaque mois dans le domaine de l’invalidité seulement, et environ 40 pour cent des demandes sont faites par des membres des Forces canadiennes encore en service. Et maintenant, combien de temps faut-il au processus de demande de pension d’invalidité?

“Du moment où l’on décroche le téléphone jusqu’à ce qu’on ait un chèque en main, si la décision a été favorable, il devrait s’être passé cinq mois,” dit Boulet. “Autrefois, c’était environ 18 mois.”

Si un client n’est pas content de la décision en ce qui le concerne, il peut toujours aller voir un agent des services de la Légion ou se rendre au Bureau de services juridiques des pensions. Le Bureau est présentement dirigé par l’avocat en chef des pensions Simon Coakley, qui est également sous-ministre adjoint de la commémoration et des relations publiques au ministère. ACC évalue à entre 90 et 95 le pourcentage de demandeurs qui passent par-devant le TAC(RA). Toutefois, ce n’est pas toujours nécessaire qu’un cas aille aussi loin que le tribunal d’appel. Si, lors de l’examen plus poussé d’une demande, on trouve qu’ACC a fait une erreur, d’après la loi ou d’après les faits, ou si le demandeur offre des preuves nouvelles et considérables peu de temps après la décision défavorable, il existe une option selon laquelle le Bureau peut faire réexaminer la demande à ACC dans le cadre de ce qu’on appelle la révision ministérielle.

Le Bureau et le ministère coexistent dans ce qui est une relation naturellement antagoniste. Les locaux du Bureau à travers le pays sont même loués dans 17 des édifices où ACC a des bureaux de district. On voit cela, au ministère, comme étant plus commode pour les clients, en ce qui concerne faire ses courses en un seul endroit quand on a des affaires à régler avec le ministère et avec le Bureau. Le partage de bureaux maintient aussi le montant des dépenses moins élevé. Les dossiers sont gardés en des endroits différents pour assurer la confidentialité, et comme il est déclaré dans la Loi sur le ministère des Affaires des anciens combattants, “la relation entre le Bureau et la personne qui demande assistance est la même que celle qui existe entre l’avocat et son client.” Le Bureau ne sera pas obligé non plus, lors de toute procédure par-devant le TAC(RA), de divulguer renseignements ou matériel reliés à la personne dont il s’agit et qu’il a en sa possession.

“Depuis 1995, nous sommes très sensibles, lorsque nous entendons des plaintes que les clients peuvent avoir depuis le changement, au fait que nous faisons techniquement partie du ministère,” dit l’adjoint de l’avocat en chef des pensions Rick MacLeod. “Je ne me rappelle d’aucune situation où les clients auraient porté plainte et où ils auraient ressenti que la relation entre nous aurait été ébranlée à cause du fait que nous faisons maintenant partie du ministère lui-même.”

Tous les conseillers du Bureau, au nombre de 35, sont des employés à temps plein, membres des associations juridiques de leurs provinces respectives, et spécialistes des demandes de pension d’invalidité. En moyenne, le Bureau représente 600 clients par mois aux tribunaux d’appel à travers le Canada.

“Notre engagement envers nos clients est tel que du jour où ils arrivent à notre porte, notre objectif est de faire en sorte que leurs cas soient entendus en trois mois tout au plus,” dit Coakley, bien que la norme au Bureau en soit une où l’on fait le nécessaire pour que le client ait audience par-devant un tribunal d’appel en 120 jours au maximum.

En prenant une semaine au hasard, on trouve de quatre à six endroits à travers le Canada où des audiences ont lieu et auxquelles les clients ont l’occasion de se présenter en personne par-devant deux membres du TAC(RA). Durant l’audience, le conseiller juridique des pensions passe à travers les documents du client avec les membres du Tribunal, obtient des témoignages du client et de témoins, présente de nouveaux documents comme les rapports de spécialistes médicaux pour appuyer la demande du client, et offre un argument oral de la part du client. Le système de pistage informatique central, dans les salles principales du Bureau qui se trouve au siège social d’ACC, à Charlottetown, sert à déterminer le nombre de demandes en attente d’audiences à travers le Canada. Avec ces renseignements, on prépare un calendrier des audiences jusqu’à deux mois d’avance.

Si un client est insatisfait de la décision du tribunal de révision, il peut s’en remettre à un tribunal d’appel du TAC(RA). En moyenne, 200 cas d’appel par mois passent entre les mains du Tribunal. Vu que le client ne témoigne pas oralement à ces audiences, il n’est pas obligé d’y être. Les audiences ont lieu d’habitude à Charlottetown, où la Légion entretient un bureau pour les audiences, et certains cas sont présentés au bureau de district, par le conseiller juridique des pensions, par l’entremise de conférence vidéo.

Si le client est toujours insatisfait de la décision prise lors de l’appel, le bureau peut faire une demande pour qu’on fasse une nouvelle étude. Le bureau fait entre 200 et 250 de ces demandes par année en affirmant qu’il y a eu une erreur dans les faits ou la loi ou qu’une preuve nouvelle a été apportée. Quand on croit que le Tribunal a fait une erreur juridique, le cas peut être présenté à la Cour fédérale du Canada pour une révision. La Cour ne peut pas casser la décision du Tribunal mais le cas peut être renvoyé au Tribunal pour une nouvelle audience.

Pour que le cas obtienne du succès, il est important que le client ait des dossiers médicaux qui soutiennent sa demande. Mieux le cas est documenté, plus il est facile au conseiller d’établir le bien-fondé de son argument. “Si quelque chose arrive (en devoir), faites-la documenter,” est l’avis que donne Coakley aux membres des Forces canadiennes en service. “C’est là une chose qui faciliterait la vie de tout le monde, si davantage d’événements étaient documentés.”

Quant aux clients plus âgés dont les blessures ont eu lieu il y a bien des années, décider à propos d’une blessure en se basant sur un ensemble de critères médicaux prédéterminés est une tâche difficile, pour ne pas dire impossible. Les anciens combattants sont admissibles à bien des programmes mais ont doit pouvoir retracer leurs problèmes médicaux à ce que l’on appelle une condition donnant droit à une pension : une blessure reliée au service en temps de guerre. “Si l’on prend un homme de 84 ans qui est vraiment malade, c’est vraiment difficile de conjecturer quelle partie de la maladie est reliée à une blessure obtenue au combat et quelle partie est due au vieillissement normal,” dit la sous-ministre adjointe Verna Bruce. “Dans un certain sens, c’est une décision arbitraire que l’on prend. Ces gens ont besoin de l’assistance de leur pays à ce moment-ci de leur vie, alors nous avons comme point de vue qu’il faut essayer de simplifier ça, de le rendre aussi facile que possible.”

ACC est en train de mettre à jour le tableau des invalidités et des directives médicales dont se servent les gens pour prendre les décisions concernant l’évaluation des cas, et les changements devraient être effectués cette année. Les blessures reliées au stress, comme le syndrome de stress post-traumatique, ont finalement été reconnues par le ministère et ajoutées au tableau en 2000.

Le ministère a fait beaucoup de chemin depuis les jours sombres des années 1980 et du début des années 1990, quand les arriérés entravaient un système où l’on prenait presque deux ans pour manier une demande. Toutefois, d’aucuns pensent qu’on pourrait faire encore mieux.

“Ils font raisonnablement bien, mais ce n’est jamais aussi vite que ce qu’aimerait la Légion,” dit le directeur du Bureau national des services Jim Rycroft. “Autrement, on n’aurait pas eu les résolutions dans nos livres pendant toutes ces années.”

Le Centre de soutien aux membres des Forces canadiennes et à leurs familles, établi à Ottawa en 1999, est un pas vers un service meilleur et plus rapide. Pourvu en personnel conjointement par le ministère de la Défense nationale, les Forces canadiennes et Anciens combattants Canada, sa raison d’être est l’assistance aux membres des Forces canadiennes qui ont souffert de blessures, et s’occuper des demandes d’avantages et de pensions et du transfert à la vie civile. Rycroft dit que le ministère pourrait faire un bien meilleur travail à propos de faire savoir aux clients du centre que le bureau de services leur est aussi disponible pour les aider en ce qui concerne les demandes de pensions.

Rycroft réprouve le ministère de la façon compliquée qu’il a de travailler et dit que le processus de pension tout entier devrait être remanié. Il voit le vote de la législation récente qui permet aux membres des Forces canadiennes de recevoir une pension d’invalidité d’ACC pendant qu’ils sont en service, quel que soit l’endroit où ils ont servi, comme n’étant rien qu’une autre solution temporaire à ce qui est essentiellement un système dépassé.

“Pour obtenir quelque sorte de performance, la dernière chose dont on ait besoin c’est de colmater un très vieux système qui craque de partout,” dit Rycroft. “Peut-être est-il temps de se pencher sur les besoins et puis de simplement y subvenir par un processus très simple.”

La base de clients des programmes d’invalidité d’ACC est en train de changer. On s’attend à ce que le nombre de clients provenant des Forces canadiennes augmente de manière spectaculaire par rapport aux 30 000 que d’après les évaluations du ministère ce dernier est en train de servir. Les membres du personnel des FC, qui souvent ont des familles à leur charge, ont des besoins bien différents de ceux de leurs homologues des guerres. La nature des opérations militaires modernes aussi fait augmenter le nombre des membres du personnel blessés en devoir. Les changements à la façon dont ACC travaille seront-ils suffisants pour s’assurer que les arriérés dans les pensions d’autrefois n’aient pas lieu à nouveau? Seul le temps pourra le dire.

Le ministère des anciens combattants aujourd’hui

La revue Légion présente la première des deux parties d’une série où l’on se penche sur Anciens combattants Canada d’aujourd’hui et sur les changements qui ont lieu à l’intérieur du ministère.

par Victoria Fulford

 

Dans son bureau, à un coin du quartier général d’Anciens combattants Canada à Charlottetown, la sous-ministre déléguée Verna Bruce discute de certains défis que le ministère doit relever à l’aube d’un nouveau millénaire. Bruce, de petite stature mais très énergétique, parle d’un problème qui va bientôt arriver à beaucoup de ministères du gouvernement : attirer de nouveaux talents pour remplacer leurs employés du baby boom au fur et à mesure qu’ils prennent leur retraite. La moitié de la bataille à ACC en sera une d’image; il s’agira de réfuter les mythes que les gens qui se joignent à la main-d’œuvre peuvent avoir entendu en ce qui concerne l’emploi à ce mi-nistère créé, en 1944, surtout pour assister les anciens combattants à s’ajuster à la vie d’après-guerre. “Il existe une perception qu’Anciens combattants va disparaître dans deux ou trois ans. ‘Pourquoi irais-je travailler pour Anciens combattants? Ça n’existera plus, c’est un petit ministère plongé dans la torpeur,’” dit Bruce. “Ce n’est pas vrai du tout,” dit-elle avec ferveur.

Alors que le nombre d’anciens combattants des deux premières guerres, les clients que le ministère a été créé pour servir, continue de baisser, on est en droit de se demander si le moment de fermer les portes ne va pas arriver bientôt. Mais ce n’est pas le cas. À un moment quand nombreux sont ceux qui prédiraient que les opérations sont menées doucement vers leur fin, les gens à ACC sont plus occupés que jamais.

Pour relever ces défis et se préparer à une transition en douceur vers le prochain siècle et au-delà, Anciens combattants Canada utilise une stratégie qui se décrit au mieux comme un mélange d’humanité et de technologie. L’humanité au sens des employés qui travaillent tous les jours directement avec le mélange unique de clients dans leurs collectivités, et la technologie en tant qu’outil, souvent en arrière-plan mais des fois au premier plan, comme moyen d’assister le ministère à s’acquitter de ses fonctions.

Une partie de cette activité a pour cause le genre de clients dont ils s’occupent le plus. La moyenne d’âge des 104 423 vétérans des services que le ministère, d’après certaine évaluation, va servir durant l’année fiscale 2000-2001 est d’environ 80 ans. À ce stade avancé de la vie, les individus ont souvent besoin de soins spécialisés et comptent de plus en plus sur les services de la collectivité pour maintenir leur autonomie et leur qualité de vie. Afin de relever ces défis il faut une certaine sorte de traitement aux clients, et s’assurer que les anciens combattants et leurs familles soient conscients des services qui leur sont disponibles.

De récentes modifications à la Loi sur les avantages reliés à la guerre pour les anciens combattants de la marine marchande et les civils, qui ont été adoptées quelques jours avant l’élection fédérale de 2000, vont offrir aux groupes de civils qui ont été en service outre-mer en temps de guerre un meilleur accès aux avantages pour anciens combattants. Dans un rapport de 1997, le ministère calculait que le nombre de gens du nouveau groupe qui vont avoir droit aux avantages comprendrait 1 000 Newfoundland Overseas Foresters, 150 pompiers recrutés pour combattre les incendies durant les bombardements, 100 membres du Royal Air Force Ferry Command qui ont piloté des avions de l’Amérique du Nord jusqu’à la Grande-Bretagne ou à l’Afrique du Nord, et 250 travailleurs de bien-être, un groupe qui comprenait des membres de la Croix-Rouge canadienne et d’autres de l’Ambulance St-Jean. Ce groupe va accroître davantage le nombre de clients du ministère.

Le projet de loi a aussi servi à modifier la Loi sur les pensions afin de permettre aux membres des Forces canadiennes d’obtenir une pension d’invalidité pendant qu’ils sont encore en service. Cela va non seulement augmenter le nombre de clients des Forces canadiennes qu’a ACC et qui est présentement de 30 000, mais ces clients et leurs familles relativement plus jeunes vont avoir des besoins bien différents de ceux des autres vétérans des services et chercher à obtenir des services d’une façon différente. Alors qu’un ancien combattant plus âgé n’est peut-être confortable qu’en voyant un conseiller en personne au bureau régional ou par téléphone, les plus jeunes pourraient utiliser l’Internet ou un système de messages téléphoniques pour obtenir les renseignements dont ils ont besoin. La fonction d’ACC est de s’accommoder aux besoins de tous ses groupes de clients tout en maintenant un degré de service acceptable.

Toutes ces activités relèvent du mandat ministériel qui est de “fournir des avantages et des services aux Canadiens admissibles qui ont servi leur pays durant des périodes de conflit armé et de maintien de la paix.” Mais le ministère a aussi la responsabilité de “honorer leurs sacrifices et leurs accomplissements en défense de la liberté,” une mission à laquelle sont engagés des Canadiens d’un océan à l’autre. Alors qu’il reste moins d’anciens combattants qui puissent confier leur héritage aux générations suivantes, ACC a pris l’engagement de raconter leurs histoires et leurs sacrifices à tous les Canadiens, comme aux milliers qui longeaient les rues d’Ottawa en mai dernier pour voir l’enterrement du soldat inconnu.

Le pivot des responsabilités à Anciens combattants Canada est une division du ministère que l’on appelle Services aux anciens combattants. Il s’agit du domaine où l’on s’occupe de délivrer les pensions, les soins de santé, et les soutiens social et économique aux anciens combattants admissibles à travers le pays : la partie du travail au ministère que l’on peut identi-fier le plus facilement. Du budget de 2 milliards $ d’ACC pour l’année fiscale 2000-2001, 1,9 milliard sont réservés à la fourniture des avantages et des services, 37,5 millions aux frais administratifs et 9,7 millions au fonctionnement du Tribunal des anciens combattants (révisions et appels), l’organisme quasi judiciaire qui entend les cas reliés aux demandeurs de pensions qui sont en désaccord avec les décisions du ministère.

La délivrance des avantages et des services a lieu par l’entremise d’un réseau de bureaux régionaux à Dartmouth (N.-É.), St. John’s (T.-N.), Montréal, Kirkland Lake (Ont.), Winnipeg et Vancouver, et des bureaux de district et de centres de service situés à nombre de villes à travers le Canada. Ces bureaux régionaux et de districts servent de base à environ 800 des 3 000 employés du ministère.

Livrer les avantages et les services aux clients de leurs communautés n’a rien de facile quand on pense à l’étendue des divers besoins et au nombre de programmes qui leur sont disponibles. Pour s’assurer que les employés aient une connaissance la plus complète possible de la situation du client, la division des services aux anciens combattants a mis en marche comme modèle de travail ce que l’on appelle l’approche du service axé sur le client (ASAC). Une approche plus holistique du service, ce modèle tient compte de l’ensemble des circonstances du client plutôt que de s’en occuper un aspect à la fois. “Il s’agit du modèle dont nous sommes le plus fiers,” dit le chef de la division, le sous-ministre délégué Brian Ferguson.

C’est une façon de travailler que la Légion et d’autres associations d’anciens combattants tiennent absolument à voir utiliser. Cette façon de penser était au cœur d’une résolution votée au Congrès national de 2000 à Halifax d’après laquelle on allait “demander à Anciens combattants Canada de changer, après avoir consulté des organismes d’anciens combattants, d’un système basé sur les programmes à un autre qui soit basé sur les besoins des anciens combattants et de leurs conjoints.”

L’approche du service axé sur le client a commencé en 1997. L’ASAC est une approche à trois dents qui consiste en une philosophie de service au client de la part des employés, une méthodologie concrète pour servir les clients, et les outils informatiques que sont ceux du Réseau de services à la clientèle. “Ce pourrait être aussi simple que lorsque quelqu’un répond au téléphone et le client qui dit ‘Salut, ici Jane Smith. Je voudrais faire un changement d’adresse,’” dit Doris Boulet, la directrice générale des avantages. Plutôt que de traiter simplement le changement d’adresse, les employés qui répondent aux téléphones vont aussi poser des questions spécifiques pour passer les appels au crible et découvrir, par exemple, si le client déménage à une nouvelle maison, quittant une maison ou un appartement dans un grand complexe pour aînés, ou si un conjoint est mort. “Nous voulons savoir tout ce genre de choses afin de mieux servir le client,” dit Boulet. Dépendant ce qu’on découvre, on entre en contact avec le bureau le plus proche et d’autres réponses sont déclenchées, comme d’envoyer un conseiller chez le client pour lui parler en personne. Avec la dernière version du progiciel pour le Réseau de services à la clientèle, qui devrait être lancé en mars 2001, n’importe quel fournisseur de services peut devenir un point de repère particulier.

Quant à l’évaluation des besoins en soins de santé du client, le modèle de gestion de cas a été conçu pour fournir une vue plus précise du genre de services dont l’ancien combattant pourrait avoir besoin et préparer le chemin pour un programme spécialisé qui est adapté spécifiquement aux besoins du client en se servant d’un assortiment de services qui proviennent d’ACC et d’associations de la collectivité locale.

“Le modèle de gestion de cas inclut de passer les individus au crible au début des opérations et établir s’ils vont bien tous seuls ou s’ils ont besoin d’assistance […] fournir divers degrés d’évaluation détaillée dans le cas de certains d’entre eux qui sont dans le besoin et travailler avec les familles et les organisations d’anciens combattants comme la Légion,” nous dit Darragh Mogan, le directeur général des soins de santé. La nature de leur travail conduit souvent les employés d’Anciens combattants Canada à un domaine confus où les bordures ne sont pas toujours définies clairement parce que le service nécessaire pourrait en être un qui n’est pas fourni directement par le ministère. Par exemple, un client qui vit chez lui grâce au Programme d’autonomie des anciens combattants a peut-être besoin d’un service comme la popote roulante qui est offert par une association de la collectivité. “Il faut du temps pour que, de l’administration du programme, on puisse faire un renvoi positif et poursuivre jusqu’au bout avec l’agence dont il s’agit quand il n’y a pas de ‘truc provenant d’Anciens combattants.’ Alors c’est contradictoire, c’est paradoxal, mais c’est comme ça que ça marche dans notre monde,” dit Mogan.

Jim Rycroft, directeur du Bureau national des services de la Légion, dit que pour ce qui a trait aux renvois, le ministère “avance à grands pas, surtout en ce qui concerne ce qu’on perçoit (à Anciens combattants Canada) comme étant une nouvelle clientèle, c’est-à-dire les Forces canadiennes.” Leur partenariat avec le Centre de soutien aux membres des Forces canadiennes et à leurs familles qui a été établi à Ottawa en 1999 pour assister les membres des Forces canadiennes blessés pour ce qui est du traitement de leurs demandes d’avantages et de pensions, et s’occuper de leur transition à la vie civile (voir page 13), en est un exemple. Pourvu en personnel conjointement par le ministère de la Défense nationale, les Forces canadiennes et ACC, il a été créé à la suite d’un rapport fait en 1997 par le lieutenant-colonel Rick McLellan après avoir examiné les besoins des membres des Forces canadiennes blessés en service.

En 1996, ACC commençait sa propre révision, le Projet d’étude des besoins de soins des anciens combattants, pour donner de la direction au développement des programmes de santé et de soutien pour anciens combattants au cours des prochains 10 ans. Les deux premiers stades de la révision servaient à examiner les besoins des anciens combattants qui vivent dans la collectivité et dans les institutions de soins à long terme, et le troisième stade concernait les besoins des clients du ministère qui font partie des Forces canadiennes. Des groupes de consultation formés d’anciens combattants, de soigneurs et de fournisseurs de services ont confirmé, dans le cadre du projet, que la plus grande partie des anciens combattants aimeraient conserver leur autonomie chez eux aussi longtemps que possible. On a trouvé que le Programme d’autonomie des anciens combattants qui sert à payer une partie des services, comme la maintenance de l’extérieur de la maison, l’entretien du ménage, la popote roulante et les services de santé et de soutien, est important pour subvenir à ces besoins.

Toutefois, dans le rapport, le manque de connaissances concernant les services est identifié comme étant un obstacle important à leur utilisation. Le stade suivant de l’étude, lequel est présentement en cours, sur la structure du continuum des services, a pour objectif de s’occuper des lacunes qu’il y a dans les programmes et les services disponibles aux anciens combattants et aux membres des Forces canadiennes. En attendant, le ministère a l’intention de créer un bulletin pour ses clients qui servirait à les tenir au courant des renseignements nécessaires. Les conseillers, grâce au Réseau de prestation des services aux clients (RPSC), seront dorénavant en meilleure posture pour faire leur part en ce qui concerne faire passer le message.

Une des différences entre ce que nous avons maintenant et le Réseau de prestation des services aux clients, c’est que présentement bon nombre de nos systèmes du genre héritage sont décousus,” nous dit Keith Hillier, sous-ministre adjoint aux Services ministériels, le domaine responsable des besoins en technologie de l’information. “Si je désire des renseignements sur le profil médical d’un ancien combattant en ce qui a trait, disons, au genre de médicaments et d’appareils médicaux qu’il utilise, ou d’autres questions qui touchent son admissibilité, ça se trouve dans un des systèmes d’ordinateurs. Les informations sur la pension d’invalidité se trouve dans un autre système. S’il reçoit une allocation d’ancien combattant ou d’amputé de guerre, c’est dans un autre système encore.”

Le RPSC, qui sera opérationnel en mars cette année, sert à intégrer les systèmes majeurs d’Anciens combattants Canada en un système de dossiers combiné de sorte que lorsque un client parle avec un conseiller, ce dernier a une vue entière du profil et des circonstances du client au bout des doigts plutôt que d’être obligé de fouiller dans plusieurs bases de données afin d’avoir accès aux informations. En ayant accès aux antécédents du client plus rapidement, les employés du ministère qui ont un contact direct avec le client peuvent passer moins de temps à la recherche des informations et plus de temps à trouver des solutions. Les dossiers profitent aussi d’un élément qui permet d’ajouter des informations au dossier, comme le suivi qu’il faut faire ou les questions dont on a discuté à une réunion auparavant. Si le conseiller qui s’occupe habituellement d’un client n’est pas disponible, les données sur la situation courante du client qui se trouvent dans le dossier peuvent être obtenues par un autre conseiller et le client n’est donc pas obligé de donner des explications sur sa situation à nouveau.

Hillier ne perd pas de temps à expliquer que ces informations sont protégées par des mots de passe et ne sont disponibles qu’aux employés du ministère “sur une base de nécessité d’accès.” Un employé qui ne travaille pas en contact direct avec les clients n’aurait pas accès à ces dossiers de clients combinés. Les agents des services du Bureau national des services de la Légion auront aussi accès au système quand il sera entièrement opérationnel. Là, le client devra remplir un formulaire pour donner la permission à l’agent des services d’y avoir accès.

Il existe une base de données appartenant au ministère qui est accessible à tous; c’est celle de son site Internet. Lancé en 1995 dans le cadre du programme Le Canada se souvient, il a remporté de nombreux prix depuis lors, ainsi que des mentions honorables, grâce à son contenu. En 1999, La Presse appelait le site un des meilleurs dans le réseau servant à honorer nos anciens combattants. Il contient des renseignements de base sur les programmes du ministère et il est en train de devenir un outil important dans le domaine de la commémoration.

ACC, suivant l’exemple de la Commission des sépultures de guerre du Commonwealth, a développé le Mémorial virtuel de guerre du Canada où l’on trouve des renseignements sur les plus de 116 000 Canadiens et Terre-Neuviens morts au service de la patrie. Il y a plusieurs années, la Commission a balayé ses dossiers sur les morts de guerre pour tous les pays du Commonwealth et mis la portion canadienne en disponibilité au Canada en 1996. ACC a développé l’information en un Mémorial virtuel de guerre qui a été installé en 1998.

Les visiteurs peuvent se servir d’un moteur de recherche pour trouver un nom en particulier et même voir la page du Livre du souvenir où il est inscrit. Le site comprend aussi des interviews d’anciens combattants audio et vidéo, des photos et des listes de médailles et de décorations militaires canadiennes, ainsi que des renseignements et des photos de monuments commémoratifs militaires à travers le pays et autour du monde. Il y a aussi, ajout récent au site, quelques pages consacrées à la Tombe du soldat inconnu. Elles comprennent un livre d’or électronique où les visiteurs peuvent partager leurs pensées sur la tombe et ce qu’elle signifie pour eux.

“C’est ahurissant, le nombre de (entrées faites par des) nouveaux Canadiens, de jeu-nes Canadiens, dont certains ne savaient rien de la Seconde Guerre mondiale ou de la Corée, encore moins de la Première Guerre mondiale, mais soudain ils étaient attirés par ceci,” dit André Smith, le directeur général de la division de la commémoration, en décrivant les entrées du livre d’or. “Ils veulent apprendre.”

Alison Faulknor, directrice de la programmation au Dominion Institute, fait les éloges du site Web, et elle dit “J’ai utilisé le site Web d’Anciens combattants bien souvent […] à propos de trouver des liens sur l’histoire du Canada et d’autres sites.”

À la division de la commémoration, en plus de reconnaître l’importance du rôle de la technologie pour commémorer les sacrifices militaires du Canada, on est conscient de l’importance de l’élément humain lors de la diffusion du message. L’éducation est une des pierres angulaires du programme de commémoration d’Anciens combattants Canada. La division, bien qu’elle ne soit pas aussi active que durant le programme Le Canada se souvient, crée du matériel qui est envoyé aux écoles pour encourager les instituteurs à enseigner les efforts de guerre du Canada, un sujet qui n’est pas une partie obligatoire du programme dans bien des provinces. elle envoie aussi du matériel promotionnel pour la semaine des anciens combattants, la semaine qui mène au jour du Souvenir, mais leur objectif est d’avoir un programme à l’année longue.

L’an dernier, conformément à sa tradition d’organiser des pèlerinages aux monuments étrangers, la division de la commémoration a parrainé des voyages aux Pays-Bas, à Hong Kong et au Japon, et aussi en France pour rapatrier les restes du soldat inconnu du Canada. Ces pèlerinages sont des occasions pour les anciens combattants et pour les représentants de la jeunesse de visiter les anciens champs de batailles et les cimetières en commémoration des sacrifices et des accomplissements des anciens combattants. Toutefois, aucun pèlerinage n’a été planifié pour l’année en cours car, comme aux autres sections du ministère, on est en train d’en réévaluer les priorités.

Pendant qu’à la section des soins de santé du ministère on met de nouvelles approches en vigueur, à la division de la commémoration on examine les programmes courants en consultant des associations d’anciens combattants, des anciens participants aux pèlerinages, des organisations éducatives et d’autres ministères du gouvernement qui ont des rôles de commémoration. Le projet d’étude à la commémoration, tel qu’il a été nommé, a comme but d’identifier et définir un mélange de programmes qui n’empiètent pas sur le travail d’organisations extérieures et qui servent à maximiser les efforts d’ACC et d’autres ministères gouvernementaux, comme la Défense nationale et le Patrimoine du Canada. L’équipe du projet a fixé le 15 décembre comme date de son rapport.

“La commémoration, pour qu’elle ait du succès, doit être une responsabilité partagée,” dit Smith, avec les autres ministères du gouvernement, avec les associations d’anciens combattants et avec le public.”

Vu que le temps passe, un des plus grands défis du ministère, autre que la provision de soins bien mérités aux anciens combattants, est de s’assurer que les Canadiens n’oublient pas.