Bob Smellie 1923-2005

Il a servi son régiment, la Légion, sa province et son pays. Le vétéran du jour J Robert Gordon Smellie, qui a été lieutenant-colonel honoraire des Royal Winnipeg Rifles, président national de la Légion, ministre provincial des affaires municipales et bénévole toute sa vie, a succombé, le 29 septembre, à une bronchopneumopathie obstructive chronique, à l’Hôpital Victoria de Winnipeg. Il était âgé de 82 ans.

“Bob était principalement un homme très intègre, et très direct”, dit Jean Smellie, son épouse depuis 25 ans. “Il n’a jamais reculé devant quoi que ce soit qu’il croyait de son devoir de redresser. Il venait d’une petite ville et n’a jamais perdu ces valeurs.”

Un des quatre enfants de George et Jessie Smellie, il est né en 1923 et a grandi à Russell (Man.). Il a interrompu son éducation au collège Brandon pour servir dans les Royal Winnipeg Rifles durant la Seconde Guerre mondiale. Quelques semaines à peine après avoir survécu aux débarquements du jour J, ce jeune soldat a été blessé et a été ramené en Angleterre pour s’y faire soigner. Après son rétablissement, Smellie a obtenu son brevet en tant que lieutenant.

Quand la guerre est finie, il a repris son éducation et épousé Lois Cochrane de Silverton. Pendant qu’ils élevaient trois filles Susan, Carol et Linda, l’ancien combattant a installé son cabinet d’avocat à Russell. Il s’est aussi lancé en politique, est devenu député de l’Assemblée législative du Manitoba de 1958 à 1966 et a été ministre des affaires municipales dans le gouvernement conservateur de Duff Roblin de 1963 à 1966. Quelques années plus tard, Smellie entrait à la société d’avocats Aikins MacAulay de Winnipeg.

Durant ce temps-là, il s’engageait de plus en plus à la Légion. Smellie est entré à la filiale Crescentwood-River Heights de Winnipeg en 1948, et il est ensuite devenu membre de la filiale Russell. Il a grimpé les échelons plus vite que d’habitude, devenant président de la filiale en 1954 et, après un certain temps, a été élu vice-président de la Division du Manitoba-Nord-Ouest de l’Ontario, en 1963.

Smellie faisait partie d’un groupe de jeunes membres qui, durant les années 1960, a réorganisé de fond en comble le leadership de la Légion et fini par remplacer la ‘vieille garde’ composée de membres de la Première Guerre mondiale. En 1968, Smellie était élu troisième vice-président national, et il obtenait le poste de président en 1972. À cause de son jeune âge et de son expérience du leadership relativement courte, le jeune avocat a dû travailler très fort pour mériter le respect de ses collègues, mais il l’a fait. Il faisait partie des dirigeants disposés à la réforme qui ont réussi à faire accepter les fils et les filles des anciens combattants en tant que membres associés durant les années 1970.

Sa grande estime envers la Légion est une chose qu’il a transmise à sa famille, dit Jean Smellie. “Il voulait que ses petits-enfants sachent combien l’expérience l’avait affiné quand il était jeune, et à quel point la camaraderie de la Légion lui était importante.” Travailler pour l’organisation lui donnait aussi l’occasion de voyager et c’est lors d’un voyage à Londres (Angleterre), à l’occasion d’un congrès de la Ligue des anciens combattants du Commonwealth qu’il a rencontré Jean, sa deuxième épouse.

Jean Smellie dit que son mari parlait à l’occasion de son service, et qu’il était fier de représenter son régiment en tant que lieutenant-colonel honoraire lors d’un voyage marquant le 45e anniversaire du jour J. En Normandie, “nous avons rencontré les gens qui possédaient la ferme dans le verger de laquelle certains de ses copains et lui avaient creusé des tranchées. Nous avons conduit à travers la campagne et sommes allés à Carpiquet, là où il a été blessé.” Le couple a aussi fait une visite émouvante au Château d’Audrieu, où 22 membres de son régiment et plusieurs autres Canadiens prisonniers de guerre ont été assassinés par les Allemands le 8 juin 1944. Jean dit que son époux a été chanceux d’avoir évité ce sort. “C’était en quelque sorte comme ‘Grâce à Dieu…’.”

Bob Smellie a continué de se dévouer à sa famille et de servir sa collectivité au cours de ses dernières années. En plus de se porter volontaire au Centre Deer Lodge pour anciens combattants à Winnipeg, et à des organismes comme la Fondation du coeur et les barreaux du Manitoba et du Canada, il est entré au Corps canadien des commissionnaires en 1978, en devenant le président national en 1995. On lui a décerné la Médaille du Jubilé de la reine en 2003.

Les Royal Winnipeg Rifles ont organisé un service commémoratif pour Smellie, en octobre, au manège militaire Minto. Portent le deuil de cet ancien combattant Jean et sa fille Penelope, sa première épouse Lois et ses filles Susan, Carol et Linda, six petits-enfants et une arrière-petite-fille.

Clare Laking 1899-2005

Un des derniers liens du Canada avec la Grande Guerre est décédé. On croit que Clare Laking, un jeune de 18 ans plein de cran qui a pris du service en 1917, était le dernier ancien combattant vivant ayant combattu à la Première Guerre mondiale. Il n’y aurait plus que quatre vétérans de la Première Guerre mondiale encore vivants. Laking, qui était en bonne santé jusqu’à ses derniers jours, est mort le 26 novembre au Sunnybrook and Women’s College Health Sciences Centre, à Toronto. Il était âgé de 106 ans.

S’engager lors de la Grande Guerre était un geste de défi pour le jeune Charles Clarence Laking, dont le père, un pacifiste ministre du culte laïque de l’Old Methodist Church, assistait aux réunions de recrutement pour “réfuter tout ce qu’on y disait”. “Ça m’embarrassait”, se rappelait le centenaire en 2003 lors d’une interview qu’il nous avait accordée. Alors le jeune a quitté la ferme de sa famille près de Campbellville (Ont.) et son emploi à la Banque de la Nouvelle-Écosse pour aller outre-mer en tant que simple soldat de la 4e Brigade de la 27e Batterie de l’Artillerie canadienne.

Pendant son service d’un an et demi, Laking a eu le genre d’éducation qu’on ne peut obtenir qu’à la guerre. Il a appris le code Morse en Angleterre, et puis il est allé au front en tant que signaleur, en France, où il installait des lignes téléphoniques le long des tranchées boueuses pour assurer les communications. Bien qu’il avait à peine failli participer à la bataille majeure de la crête de Vimy, l’adolescent a eu sa part d’excitation; et d’expériences à proximité de la mort.

En maintes occasions, Laking a vu des obus exploser un peu trop près à son goût. Il a fini par être touché lui-même. Alors qu’il transportait un camarade blessé à un poste de secours, il demanda à un autre soldat, “Y a-t-il un trou dans ma tunique?”. L’arrière de son épaule droite avait été déchirée par un éclat d’obus, le forçant à passer quelques jours à l’hôpital.

Le garçon était devenu un homme quand il revenait au Canada, fortifié par l’expérience et déterminé à prouver quelque chose à son père qui avait peur qu’il succomberait aux influences des spiritueux et du beau sexe. “J’étais décidé à lui faire honte. Je n’ai pas touché une seule fois à ma portion de rhum, tout le temps que j’étais là-bas. J’ai mené une vie irrépréhensible et je suis revenu; il n’en a jamais parlé, je n’en ai jamais parlé. Tout a recommencé comme ça allait avant la guerre.”

Pendant un certain temps, le jeune ancien combattant a repris la vie de fermier, mais son oncle qui était marchand de bois à Toronto lui a offert un emploi de comptable peu de temps après. “Ça m’a fait découvrir le détail de l’industrie du bois d’oeuvre.” Quand, en 1929, Laking voulait se marier, il a demandé une augmentation à son oncle. Ayant essuyé un refus, l’homme de 30 ans démontra à nouveau la ténacité dont il était capable. “Je me suis mis en rogne et j’ai donné ma démission. Mon oncle m’a appelé pour me dire, ‘Je peux payer autant que n’importe qui’. Mais, à ce moment-là, Laking avait déjà trouvé un emploi chez un autre marchand de bois. Il a fini par être propriétaire de sa propre entreprise, Danforth Wallboard.

L’ancien combattant a eu encore plus de succès en amour qu’il en a eu en affaires, et ces dernières marchaient très bien. Son union avec Helen Paterson a duré 64 ans, jusqu’à la mort de cette dernière en 1993. “C’était une fille de Toronto, une secrétaire juridique, et je n’aurais pas pu trouver mieux.” Ensemble, ils ont élevé deux enfants, Keith et Sheila, et leur vie était pleine de rires; voici les trois secrets de Laking pour vivre longtemps : “Essayer de trouver le côté drôle de la vie à la place d’être toujours sombre. Rester actif : j’ai joué au curling jusqu’à l’âge de 96 ans. La troisième chose c’est, continuer de respirer.”

Laking a fait une impression durable aux gens qu’il a rencontrés aux cérémonies du Souvenir, auxquelles il assistait plus souvent durant les dernières années de sa vie. Le signaleur de la Seconde Guerre mondiale Bob Martin, de Scarborough (Ont.), se souvient que lorsqu’il a rencontré Laking pour la première fois en 1999, à un souper que la Légion donnait en l’honneur d’anciens combattants, le centenaire a surpris tout le monde en conduisant lui-même pour s’y rendre. Ce soir-là, les deux signaleurs se sont mis à bavarder et ils ont gardé le contact par la suite. “Il y avait toujours une note joyeuse dans sa voix”, dit Martin.

Portent le deuil de Laking ses deux enfants, quatre petits-enfants et neuf arrière-petits-enfants

En l’honneur du 80e anniversaire

La Légion royale canadienne a créé un logo spécial, une épingle à porter au revers et d’autres articles en l’honneur d’une année spéciale : celle de son 80e anniversaire.

“Le Conseil exécutif national nous a demandé de créer quelque chose pour commémorer le 80e anniversaire, et nous avons d’abord choisi une épingle à porter au revers”, dit Stephen Heiter, le directeur adjoint de l’approvisionnement de la Direction nationale. Il s’agissait d’une mesure logique, dit-il, car les épingles des 60e et 75e anniversaires ont été très populaires et les ventes d’épingles de l’année de l’ancien combattant, 2005, ont dépassé les 50 000. Heiter s’attend à ce qu’il y ait une réponse semblable au dernier ajout. “C’est surtout basé sur le fait que les membres de la Légion peuvent la porter sur l’uniforme.”

L’épingle comporte une feuille d’érable sur laquelle les armoiries de la Légion ont été superposées. Un ruban, en bronze blanc aussi, passe à travers des armoiries, et on y a inscrit les années 1926 et 2006 à chaque bout, et le chiffre 80 au milieu. La conception était un effort conjugué de Heiter et de Patrick Riley, le gestionnaire de la Direction nationale des relations internes et des projets spéciaux. “Mon sketch (du design) était grossier”, dit Heiter, “et bien sûr Patrick est le gars qui s’occupe des dessins, alors il l’a fourbi et développé avec plusieurs autres choses.”

Riley dit que l’épingle va être une addition de classe au revers droit du blazer des membres de la Légion. “Nous voulions accentuer le ‘Canadien’ et nous ne voulions pas crier ‘sociétariat de la Légion’, alors les armoiries (sur l’épingle) sont plus petites.” Les légionnaires portent l’épingle de membre au revers gauche.

Le logo du 80e anniversaire est une version de l’épingle légèrement différente : Les armoiries de la Légion, portant le nombre 80, sont superposées sur une feuille d’érable rouge et en dessous se trouve un ruban bleu avec un flambeau qui sépare les années 1926 et 1980. “Nous allons l’offrir aux directions divisionnaires et aux filiales. Les filiales pourront s’en servir comme en-tête”, dit Heiter. “Le logo va être mis sur toutes sortes de choses. Nous sommes en train de créer une ligne de produits afin que les filiales ne soient pas obligées (par exemple) de faire faire une bannière par quelqu’un.”

Il va y avoir des rubans, des affichettes, des aimants et des bannières qu’on pourra pendre aux murs, ou s’en servir de nappe. En plus du logo, les mots “Nous célébrons notre liberté grâce aux anciens combattants”, soit en anglais, soit en français, vont être inscrits sur nombre de ces articles.

La construction du nouvel édifice a commencé

Quand la présidente nationale Mary Ann Burdett a plongé une pelle dorée dans le sol, à un site de construction à Kanata (Ont.), en septembre, la Légion royale canadienne faisait un petit pas vers son nouvel avenir. Le bond aura lieu plus tard cette année, quand le personnel de la Direction nationale va emménager au nouveau siège social, dans le faubourg d’Ottawa.

En ce beau jour tonifiant, un petit groupe de dignitaires et des membres du comité de construction de la Légion ainsi que du personnel de la Direction nationale se joignaient à Burdett à l’occasion de la cérémonie d’inauguration des travaux. Le président sortant de la Légion Allan Parks, qui a présidé le comité depuis sa création en juin 2004, avait un large sourire aux lèvres. “Maintenant que les anciens combattants ont passé le flambeau, c’est à nous de maintenir la Légion convenablement et avec vitalité. Ce déménagement à une structure toute nouvelle la maintient sur la bonne voie.”

Le siège social actuel, établi en 1956 au coin des rues Kent et Gilmour au centre-ville d’Ottawa, a été vendu pour nettoyer le terrain du nouvel édifice. Burdett reconnaît qu’il va falloir du temps pour s’y habituer. “C’est un changement pour nous tous. N’importe à quel point on a besoin de changement, il faut faire un certain ajustement. Il y a des choses qui vont nous manquer quand nous ne serons plus au centre-ville, mais nous avons hâte de déménager ici.”

Au cours des deux dernières décennies, Kanata a grandi considérablement grâce à l’arrivée d’importantes entreprises de haute technologie ainsi que grâce à la construction du centre Corel, un endroit prééminent où ont lieu des parties de la Ligue nationale de hockey et des concerts de toutes sortes. Le stade et le foyer de la Légion à venir sont presque voisins l’un de l’autre.

La conseillère de la ville d’Ottawa, Peggy Feltmate qui représente Kanata, dit que le déménagement de la Légion va être extra pour le faubourg et pour la Légion. “Cela va mettre la Légion au grand jour, d’être au bord du Queensway (la section d’Ottawa de l’autoroute transcanadienne), où des milliers de gens passent chaque jour.”

Le député fédéral Gordon O’Connor (Carleton-Mississippi Mills) reprenait l’opinion enthousiaste de Feltmate. “Nous sommes vraiment heureux que la Légion vienne ici. C’est un siège social, alors nous pouvons nous attendre à ce que dorénavant nous ayons davantage de visiteurs dans la circonscription.” L’édifice va être situé au coin de la place Aird et de la rue Castlefrank.

Le secrétaire national Duane Daly, dont le personnel va occuper l’édifice, fait remarquer que cet édifice de 4,5 millions de dollars va faire économiser de l’argent à la Légion au bout du compte. “Cela va revigorer le siège social et nous permettre de fonctionner d’une manière plus économique que dans nos vieilles installations.” La propriété et la construction ont été financées principalement grâce à la vente du vieux siège social.

Le gérant du projet Gerry McDermott de Jackson-Browne Associates dit que le calendrier de la construction allait être rigoureux. “Nous espérons pouvoir remettre les clés le 1er septembre 2006. C’est ce qui est prévu.”

L’architecte Anthony Leaning de CSV Architects, qui a dessiné l’édifice avec son collègue Robert Froom, fait remarquer que le nouveau siège social va être un immeuble bas, un édifice à bureaux de grandeur moyenne ayant une capacité d’environ 60 personnes. “Une des choses qu’il y a de différent c’est qu’il a une fonction d’entrepôt, mais nous avons fait ce qui était possible pour que l’entrepôt ne domine pas l’extérieur de l’édifice. Bien que ce ne soit pas un immeuble public, nous avons essayé de le dessiner de sorte qu’il ait une façade aimable.”

Une des caractéristiques principales du nouvel édifice sera la marque de commerce de la Légion : le coquelicot.

Les légionnaires retournent à Calgary

“Le Conseil exécutif national a donné la consigne de lancer un appel au congrès à toutes les directions, filiales et sections de la Légion royale canadienne pour que leurs délégués s’assemblent à Calgary (Alb.), le 24 juin 2006 à l’occasion du 41e Congrès national. Cet appel au congrès est lancé conformément à l’article 901 des Arrêtés généraux.”–le secrétaire national Duane Daly

Le 41e Congrès national est en train de seller sa monture pour partir vers l’Ouest cette année, à Calgary où les légionnaires vont s’assembler du 24 au 29 juin.

Le congrès, qui vient à un moment important pour la Légion royale canadienne, et quelques mois seulement après la fin de 2005, l’année de l’ancien combattant, devrait attirer plus de 2 000 délégués impatients de discuter des affaires et faire l’expérience d’une bonne camaraderie. Le thème de la manifestation de cette année est la Liberté grâce aux anciens combattants.

Calgary est un endroit bien mis à l’épreuve où un congrès national peut avoir lieu. Cette ville du Sud de l’Alberta a reçu le congrès de 1994 et les délégués avaient de bien bonnes choses à dire à propos des services et des agréments. Cette année, le comité des préparatifs locaux s’est donné à fond pour rendre les renseignements sur la manifestation accessibles à tous. La publication d’un site dans la toile dévoué au congrès est une importante partie de cet effort. Le site est à www.2006dominionconvention.com et on y trouve beaucoup de renseignements utiles.

Le congrès va avoir lieu au Telus Convention Centre, qui se trouve au numéro 120 9th Avenue, au coeur de Calgary. Il s’agit d’une installation très moderne avec beaucoup de fenêtres et d’espace ouvert et clair. Le Centre Telus, la première installation au Canada dévouée aux congrès, est entouré d’édifices historiques et de plusieurs hôtels à congrès.

Les délégués devraient arriver le samedi pour s’inscrire et prendre leur chambre d’hôtel. Les manifestations commenceront le dimanche matin car la présidente des préparatifs locaux Vicki Horrocks, membre de la filiale Centennial, a organisé un “déjeuner style ruée” spécial à la filiale Calgary, laquelle est située au 116 7th Avenue, près du centre des congrès. Le défilé du dimanche doit passer d’abord par 8th Avenue au centre-ville de Calgary à 13 h 30. Ce sera une belle promenade sur un terrain plat, et pas trop longue non plus.

Les filiales ont droit à un délégué accrédité tous les 100 membres ordinaires, à vie, associés ou affiliés votants, ou fraction de 100. Les délégués, dont les frais d’adhésion doivent avoir été réglés jusqu’au 31 décembre 2006, devront payer 50 $ en frais d’inscription. Le coût pour les observateurs sera de 15 $.

Tel qu’on l’a écrit dans les Arrêtés généraux, toutes les résolutions doivent se trouver à la Direction nationale au plus tard le 5 mars, soit 112 jours avant l’ouverture du congrès. Les filiales devraient s’assurer que toutes les résolutions soient soumises avant la date limite fixée par leur direction divisionnaire. Les résolutions en retard seront remises au Conseil exécutif national après le congrès.

Prière de s’adresser aux agents responsables des directions divisionnaires pour les formulaires de demande de logement. Quant aux filiales des États-Unis et de l’Europe, demandez les formulaires au bureau de la zone. Pour les renseignements sur les réservations de chambre d’hôtel, rejoindre Tourism Calgary au 1 800 661-1678 ou, par télécopieur, au 403 262-3809. On peut également visiter le site de la toile à www.tourismcalgary.com pour obtenir beaucoup de renseignements sur la ville.

À Air Canada, on fait à nouveau tout ce qu’on peut pour que les délégués puissent se rendre au congrès de la manière la moins dispendieuse possible. La meilleure manière de réserver les billets est d’appeler le Centre des congrès d’Air Canada au 1 800 361-7585. Les délégués devraient citer le numéro d’événement CV 060098. L’aéroport international de Calgary est à 20 minutes du centre-ville. La course en taxi monte à environ 30 $. Il y a aussi un service de navettes.

Bien que le Calgary Stampede ne commence que le 7 juillet, il y a quand même beaucoup de choses à voir et à faire dans cette grande ville de l’Ouest. La partie la plus intéressante de la vie nocturne et des expositions d’arts se trouve dans le quartier des hôtels de congrès. Le zoo de Calgary et le musée Royal Tyrrell, où sont exposés 35 squelettes de dinosaures complets, ne sont pas loin en voiture et ils méritent le déplacement.

Calgary a aussi beaucoup à offrir au mordu d’histoire militaire. Le musée des régiments, au 4520 Crowchild Trail, a une des expositions de souvenirs des Forces canadiennes les plus fascinantes. Une visite à ce musée fera passer le particulier à travers une histoire visuelle des régiments les plus fameux. Fortement recommandé.

Pour les gens qui s’intéressent à l’histoire navale, il y a le Naval Museum of Alberta, situé au 1820 24th Street. D’aucuns seront intéressés davantage par le Glenbow Museum, situé tout près du centre des congrès, au 130 9th Avenue. Il s’agit d’un musée d’intérêt général avec des expositions sur les Premières Nations et la colonisation de l’Ouest, l’histoire mondiale et la géologie.

Peut-être que durant le congrès serait le bon moment de prendre des petites vacances pour se rendre à certains des paysages les plus dramatiques du Canada. À peine à un peu plus d’une heure à l’ouest de Calgary se trouve Banff la magnifique. Banff, située au milieu des montagnes Rocheuses, est une des destinations touristiques les plus impressionnantes au Canada. Visitez www.banfflakelouise.com pour plus de renseignements sur Banff et la région.

Il y aura aussi des manifestations d’hospitalité durant les soirées. Dix filiales de la région de Calgary vont participer d’une façon ou d’une autre, soit en se faisant l’hôtesse lors d’une soirée spéciale de camaraderie, soit en soutenant ces manifestations.

Pour de plus amples renseignements, visiter le site de la Direction nationale à www.legion.ca, et pour se renseigner sur Calgary, visiter le site du centre de congrès à www.calgary-convention.com.

Il faut corriger une injustice

Anciens combattants Canada a fixé le 1er avril comme date de la mise en application de la Loi sur la rééducation et l’indemnité des membres des Forces canadiennes et des anciens combattants, laquelle est souvent appelée la nouvelle Charte des anciens combattants. La loi a reçu la sanction royale le 13 mai, mais les détails concernant la mise en application n’ont pas encore été annoncés.

Bien que l’ensemble arrive vraiment à point nommé, il y a encore des domaines dont on se soucie. La manière dont le Régime d’assurance-revenu militaire s’occupe de l’invalidité de longue durée en est un. L’ILD du RARM garantie aux membres des Forces canadiennes 75 pour cent de leur ancien salaire pendant une période pouvant aller jusqu’à deux ans s’ils sont remis à la vie civile à cause d’une invalidité résultant du service. Les paiements peuvent continuer jusqu’à l’âge de 65 ans si le membre reste invalide. Toutefois, l’ILD du RARM ne paie pas nécessairement les 75 pour cent au complet. En fait, on tient compte de toute autre source de revenu que l’ancien membre obtienne et cela neutralise le montant que le RARM paie directement.

Malheureusement, la pension d’invalidité que paie ACC, bien qu’on ne la considère pas comme un revenu car elle est en réalité un avantage d’invalidité servant d’indemnité suite à quelque blessure soufferte en service, est considérée comme une source de revenu par le RARM. C’est intrinsèquement injuste.

Il n’y a aucune logique à ce que le RARM considère les avantages de pension d’invalidité payés par ACC comme étant un revenu, surtout quand les membres encore en service peuvent recevoir une pension d’invalidité d’ACC alors qu’ils ont encore leur salaire au complet. Un membre ayant une pension d’invalidité de 20 pour cent pourrait continuer à servir dans les Forces canadiennes. Pour autant que cela ne s’aggrave pas, il devrait continuer à recevoir au moins ce montant, libre d’impôt, le reste de ses jours. S’il sert encore pendant 20 ou 25 ans, il pourrait finir par atteindre une pleine pension de retraite. Sa pension d’ACC ne serait jamais en danger, ni ne la considérerait-on comme un revenu, même après qu’il ait pris sa retraite.

Un autre membre pourrait être blessé bien plus gravement, au point où il serait rendu à la vie civile comme étant inapte pour raison de santé. On lui octroierait une pension d’invalidité d’ACC de 70 pour cent. Son affaiblissement serait si grave qu’il n’aurait guère de chances d’obtenir d’emploi au civil. S’il n’a que quelques années de service, il n’aura pas droit à une pension de retraite. D’après les avantages d’ILD du RARM, il n’aura droit qu’à 75 pour cent du salaire qu’il touchait dans les FC. Malheureusement, la valeur de la pension que lui remet ACC sera soustraite de ce que lui paie l’ILD du RARM.

Les nouvelles mesures vont probablement servir à corriger cette injustice. Toutefois, ces dispositions ne seront pas rétroactives. Les paiements d’ILD du RARM vont continuer à être réduits du montant que l’ancien combattant reçoit d’ACC selon la Loi sur les pensions. Il est temps, maintenant, que la Défense nationale et le RARM corrigent cette injustice.

Éditorial – Ç’a été une très bonne année

Nous avons dit adieu à 2005, l’année de l’ancien combattant. L’année de célébrations, que la Légion royale canadienne a proposée, a été réussie de bien des manières. Suscitée par le 60e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’année a commencé par une annonce officielle faite au Sénat durant la semaine de l’ancien combattant de 2004.

La Légion et le ministère d’Anciens combattants Canada ont tous deux produit des épingles à revers et d’autres souvenirs. La Monnaie royale canadienne a émis des pièces de circulation et de commémoration. ACC a organisé un pèlerinage aux Pays-Bas en l’honneur du jour J, un autre en France et en Belgique avec des dirigeants aborigènes et encore un autre à Hong Kong. À Ottawa, au mois d’août, ont aussi eu lieu plusieurs manifestations pour célébrer le jour de la victoire au Japon. La Légion royale canadienne a été l’hôtesse d’un congrès triennal de la Ligue royale des anciens combattants du Commonwealth à Ottawa. L’ouverture du nouveau Musée canadien de la guerre a été un moment de fierté. Il y a eu un autre moment spécial : le dévoilement du septième Livre du Souvenir.

Mais l’accomplissement suprême a été l’annonce par la ministre des anciens combattants Albina Guarnieri d’une nouvelle Charte des anciens combattants. On s’est occupé des besoins des membres actuels des Forces canadiennes et de ceux qui ont été remis à la vie civile dernièrement, ainsi que de leur famille, d’une manière vigoureuse rappelant la Charte des anciens combattants originaire aux avantages qui avaient été préparés pour les vétérans de la Seconde Guerre mondiale revenant au pays.

La nouvelle charte reconnaît que l’âge moyen des membres quittant les Forces canadiennes est de 36 ans. L’ensemble comprend des services de rééducation, des avantages de santé, une assistance de placement, un soutien économique et des octrois d’invalidité. Les détails sur la manière dont ces avantages vont être administrés n’ont pas encore été annoncés et les organisations d’anciens combattants vont être vigilants à propos de tout domaine qui laissera à désirer.

Tout compte fait, beaucoup a été accompli à partir d’une idée simple. Des petites et grandes manifestations ont eu lieu à travers le pays et nos anciens combattants et leur famille se sont réjouis de l’appréciation publique.

Un court bilan de l’année 2001: L’année de l’anniversaire qu’on n’oubliera jamais

par Bob Butt

Le président national Bill Barclay

Les hauts émotionnels ressentis par les légionnaires lors des célébrations du 75e anniversaire ont été modérés par les émotions écrasantes du 11 septembre 2001 survenues dans un climat de terreur. La réalité épouvantable de la faillibilité de notre continent nous a été révélée, en direct aux yeux de tous, grâce à la technologie créée pour faire de notre monde un lieu plus efficace et mieux renseigné.

La télévision, Internet et les autres médias nous ont apporté des images de mort et de destruction à New York, à Washington (DC) et à un champ en Pennsylvanie qui semblaient sans fin. Même pas un an après le début du millénaire, dont l’arrivée avait été acclamée de manière si magnifique, on allait à nouveau en guerre pour défendre un mode de vie et les libertés pour lesquelles on avait tant lutté.

Les attaques des terroristes semblent avoir donné aux Canadiens un sens renouvelé du besoin de se souvenir. Plus de coquelicots que jamais ont été produits, distribués et portés par les Canadiens.

Plus de 16 millions d’emblèmes, un pour tous les deux Canadiens, ont été frappés par leur producteur, Dominion Regalia de Toronto, et envoyés aux filiales pour la campagne annuelle du coquelicot et du souvenir. À la fin, il n’en restait plus à distribuer malgré la demande qui a continué jusqu’à la fin de la campagne.

Les foules records aux cérémonies du jour du Souvenir à travers le Canada évoquaient le sentiment de souvenir de plus en plus fort qui s’est manifesté au Canada depuis le milieu des années 1990.

Les réalités des horreurs du passé, des fois ignorées, des fois oubliées, sont devenues plus évidentes aux générations qui n’ont jamais souffert de la guerre ou même jamais vue. Et elles l’ont démontré en se rendant aux cérémonies du jour du Souvenir. Les légionnaires, où qu’ils puissent le faire, ont aussi démontré leur solidarité envers nos voisins américains.

Le président national Bill Barclay a envoyé une lettre le 11 septembre à son homologue Richard J. Santos, commander national de l’American Legion, qui n’avait obtenu son poste que 11 jours avant l’attaque. Il y exprimait l’horreur et la douleur qu’il ressentait à propos de l’attaque où 25 Canadiens ont aussi péri.

Les filiales ont participé à de nombreuses cérémonies transfrontalières avec les postes de l’American Legion pour partager la douleur des vies perdues durant le branle-bas de combat. Une période de deuil a été déclarée à la Légion et les drapeaux ont été mis en berne aux filiales à travers la nation. Le jour du Souvenir lui-même, le dernier jour de célébrations officielles du 75e anniversaire de la Légion, le drapeau états-unien était porté par les gardes du drapeau de la Légion ou déployé aux cénotaphes et cairns de la Légion, alors que les Canadiens se souvenaient et pleuraient.

Au début de cette année inoubliable la Légion était en plein dans les affaires décidées au Congrès national de 2000. Dix directions divisionnaires se préparaient à leurs propres congrès et les comités de la Direction nationale se préparaient à réviser le progrès et planifier les stratégies à venir. À la fin de l’année, il y avait eu du progrès dans tous les domaines.

Le Comité des anciens combattants, des services et des aînés a fait un progrès appréciable à propos des problèmes qui affectent les vétérans des Forces canadiennes et la population d’anciens combattants qui vieillissent. Suite à l’adoption d’une définition d’ancien combattant qui a eu lieu au Congrès national de 2000, Anciens combattants Canada a élargi sa propre définition pour y inclure les membres militaires actuels et anciens qui ont satisfait aux exigences de profession ou de classification et qui ont été rendus à la vie civile honorablement.

Comme suite aux résolutions prises au congrès, le ministère a aussi modifié ses règlements afin de s’assurer que les récipiendaires des avantages du Programme d’autonomie des anciens combattants ne les perdent pas à cause de changements dans leurs circonstances financières. Les pensionnés militaires d’après la guerre de la Corée ont obtenu les avantages du PAAC, sans se soucier de l’endroit où ils ont subi l’invalidité donnant droit à la pension.

Les modifications ont été mises en vigueur à la fin du mois d’août et les détails de ces résolutions, et des autres, ont été distribués aux filiales en septembre dans le livret Comments on Resolutions of the 38th Dominion Convention 2000 (commentaires sur les résolutions du 38e Congrès national 2000).

Malgré cet important progrès, il y avait encore trois secteurs majeurs que la Légion portait à la connaissance d’ACC. Il n’y avait eu aucune amélioration dans les domaines des normes nationales pour les soins de longue durée des anciens combattants, l’octroi des avantages du PAAC aux conjoints des anciens combattants décédés tant que le besoin s’en fasse sentir (ménage et entretien du terrain), et la bonification des avantages des prisonniers de guerre.

Au mois de novembre, le comité en avait plus qu’assez. Le président national Barclay, dans une lettre bien sentie envoyée au ministre Ron Duhamel, se retirait de toute réunion improductive à venir avec les cadres du ministère et interrompait sa participation au conseil consultatif de gérontologie et au conseil consultatif des anciens combattants et de la Défense nationale jusqu’à ce qu’aient lieu des actes plutôt que des discussions. Une lettre expliquant les problèmes fut aussi envoyée aux filiales.

Pour passer à des choses plus constructives, il y a eu beaucoup de progrès au projet de logements de la Légion pour aînés grâce à la direction de Dave MacDonald dont c’était la deuxième année de détachement d’ACC à la Légion. Un certain nombre de directions et de filiales ont travaillé avec lui pour lancer de nouveaux projets et le comité a recommandé au sous-exécutif et au CEN de faire du projet le centre du programme des aînés. Ils ont donné leur accord.

Vu que 45 pour cent des membres de la Légion ont plus de 65 ans et que la majorité des activités de la Légion ont lieu au niveau de la filiale, le programme continue à subvenir aux besoins des aînés qui ne sont pas identifiés par ailleurs dans les collectivités. En tant qu’une des plus importantes organisations d’aînés au Canada, la Légion est toujours consultée par le gouvernement et les organismes non gouvernementaux qui cherchent à faire avancer les causes des aînés.

Le comité a continué à surveiller l’initiative mixte d’ACC et Santé Canada sur la prévention des chutes servant à conscientiser les gens et réduire le nombre de blessures dont souffrent les aînés à la suite de chutes. Le vice-président du comité Bob Gray, de l’Alberta, a travaillé de près avec le Conseil canadien de la sécurité pour développer les renseignements distribués largement qui ont été envoyés par la poste à toutes les filiales.

La Légion a aussi travaillé de près avec Santé Canada et 12 autres organisations d’aînés pour identifier cinq thèmes principaux qui affectent les aînés afin d’arriver à un consensus sur les priorités en se basant sur le développement d’un modèle sans confrontation servant à conseiller le gouvernement et influencer la législation.

Comme résultat, il y a eu l’approbation en principe et le financement d’une conférence des organisations nationales d’aînés pour promouvoir la proposition. La participation de la Légion a donné lieu à son implication à la table ronde concernant les questions de soins de santé des aînés, du financement et du logement où les aspects du programme de la Légion pour les aînés ont servi de vitrine, comme les bourses de gérontologie, lorsqu’elle exprimait ses préoccupations qu’on y a sur la santé et le logement.

La réintroduction des bourses en gérontologie mandatée au Congrès national de 2000 a donné lieu à des octrois de 110 000 $ durant l’année. Alors que les récipiendaires étaient reconnaissants, on a découvert qu’il y a eu une importante croissance des professionnels dans le domaine de la gérontologie à cause d’une augmentation de la population des aînés. À la fin de l’année, l’objectif de 1978 d’encourager les professionnels à obtenir des compétences et entrer dans le domaine semblait avoir été atteint. Cependant, il y a d’autres buts qui n’avaient pas encore été atteints.

Le Comité du leadership, du développement et de la jeunesse était aux prises avec le défi de donner un entraînement précieux et efficace aux leaders à venir de la Légion. Les membres estimaient qu’il était impératif que les leaders à venir aient les outils qu’il faut pour pouvoir diriger la Légion au siècle prochain. Une décision de comment y arriver fut prise et elle a été passée au niveau de l’exécutif à la fin de l’année pour qu’on l’y étudie.

Pendant que le comité étudiait la question, 60 000 jeunes citoyens canadiens s’inscrivaient aux concours littéraires et d’affiches. Comme d’habitude, les juges ont eu beaucoup de difficultés à faire des choix pour les faire parvenir au niveau suivant alors que les concours continuaient à impressionner les gens qui voyaient les interprétations écrites et artistiques.

Les gagnants au niveau senior des concours ont été récompensés d’un voyage à Ottawa pour déposer une couronne de la part de la jeunesse du Canada à la cérémonie nationale du jour du Souvenir. Plus de 15 000 personnes ont assisté à la cérémonie en 2001 et environ 500 anciens combattants ont fait partie du défilé. La SRC a rapporté que deux millions de Canadiens ont regardé sa diffusion en direct à la télévision.

La mère de la Croix d’argent Ina Galvin du Québec a déposé une couronne de la part des femmes canadiennes qui ont perdu des enfants aux services militaires et de la marine marchande de la nation. Le vétéran de la Deuxième Guerre mondiale et seul récipiendaire canadien survivant de la Croix de Victoria Smokey Smith de la Colombie-Britannique était aussi dans l’assistance. Il y avait eu d’autres activités commémoratives au cours de l’année où la jeunesse était distinguée.

Le Pèlerinage du souvenir des leaders de la jeunesse, auquel 25 pèlerins ont participé, a eu lieu en juillet 2001 et deux d’entre eux étaient des vétérans de la Seconde Guerre mondiale. Les visites ont été faites à des sites des deux guerres mondiales en Angleterre, en France, en Belgique et en Hollande. Ce sont la crête de Vimy, en France, et la porte de Menin à Ypres, en Belgique qui ont été les plus intéressantes. Les leaders de la jeunesse, qui ont participé à des cérémonies aux lieux où ils sont allés, vont profiter des renseignements qu’ils ont obtenus pour mieux informer et former les gens de leurs collectivités.

Les couronnes utilisées à toutes les cérémonies étaient les produits normaux de la Légion que l’on a examinés de près durant l’année quand on faisait des plans pour les remplacer par une édition biodégradable. Une version du modèle de grandeur 20, construite en fibre de noix de coco, sera disponible pour la mettre à l’essai en 2002.

Bien que les ventes et la distribution des coquelicots aient augmenté durant l’année, le département des fournitures de la Direction nationale a remarqué une diminution des ventes de ses autres articles, allant de 717 000 $ en 2000 à 624 000 $ en 2001. La baisse était reliée à la réduction du sociétariat.

Le maintien du sociétariat a été un défi que la Légion n’a pas été la seule à relever. Et comme les autres organismes qui ont les mêmes problèmes, le Comité national des adhésions de la Légion a continué à trouver des façons de travailler avec ses filiales pour relever le défi. En 2001 la Légion a atteint un taux de renouvellement de 90 pour cent des adhérents; impressionnant quand on pense que les anciens combattants prennent de l’âge et aux autres raisons pour lesquelles les membres ne renouvellent pas.

Le Comité des adhésions ne s’est pas réjoui outre mesure, toutefois, car les filiales semblent avoir été incapables d’attirer de nouveaux membres en faisant du recrutement. Le résultat final en a été une réduction du sociétariat de tout juste au-dessus de trois pour cent. Néanmoins, elle a continué à atteindre l’objectif qu’elle a de stabiliser la base d’adhérents en encourageant les filiales à organiser des campagnes de renouvellement et de recrutement actives. Le défi, à ce propos, était de travailler avec des membres qui ont des ensembles d’aptitudes et des niveaux d’engagement variés.

Afin d’assister les présidents des adhésions des filiales lorsqu’ils mettent en application leurs programmes de renouvellement et de recrutement actifs, le comité a produit un nouveau manuel durant l’année : The Membership Chairman’s Guide (le guide du président des adhésions). On y trouve des suggestions et des idées sur les manières de promouvoir les adhésions à la filiale et à la collectivité.

Les membres ont aussi travaillé assidûment pour aider les filiales qui avaient des problèmes d’administration du sociétariat, et ils ont offert un niveau élevé de service qui a été bien reconnu. Pour passer à quelque chose de plus agréable, la campagne du participant hâtif de 2002 a donné des indications d’un taux de renouvellement supérieur à ceux des années passées.

Le comité a fait davantage d’efforts pour attirer les membres militaires en service et à la retraite durant l’année vu qu’il considérait que les liens de “famille élargie” avec le militaire était non seulement important, mais que les gens du militaire sont les racines mêmes de l’organisation. Des équipes de recruteurs sont allés aux établissements militaires, et un encart promotionnel a été inséré dans les envois de chèque de retraite militaire, les journaux des bases au printemps et en automne. Les avantages de l’adhésion ont aussi été vantés.

Un Ensemble d’avantages aux membres amélioré a été présenté en 2001, de nouveaux fournisseurs de services y ayant été ajoutés en septembre et en décembre. Message Network Rogers AT&T a offert aux membres un ensemble de cellulaire; Sun Life Financial Trust a offert un ensemble de services et produits financiers; Long Term Care Insurance a été mise à leur disposition; Vision Care Services ont été lancés; AVIS Rent-a-Car a fait une offre aux membres qui a été acceptée; Lombard Canada a offert un ensemble d’assurances foyer et automobile que les membres peuvent prendre en considération; une assurance santé de voyage et un régime de santé et dentaire ont aussi été offerts par Ingle Insurance Brokers et Liberty Health.

Du point de vue de MBNA Canada Bank, la fourniture d’un ensemble d’avantages à la Légion a eu du succès. Il y avait 39 823 détenteurs de cartes dans le cadre du programme de MasterCard de la Légion en 2001, ce qui a donné des recettes de 115 000 $ pour les programmes nationaux de la Légion. Speedy Auto Service et Dominion Automobile Association ont continué en tant que fournisseurs, comme l’ont fait les Infirmières de l’Ordre de Victoria.

Tous les fournisseurs de services des ensembles d’avantages de la Légion étaient accessibles en anglais et en français à partir du site Web de la Légion à www.legion.ca.

Les membres qui ont jeté un coup d’œil à ce site à la fin de l’année ont été saisis par les nouveaux look et logo. Le “look” qui comprend une barre verticale, un nouveau logo et l’insigne de la Légion avec un style filigrane ou à demi-teintes ont été adoptés en novembre en tant qu’éléments principaux dont la Légion va se servir pour créer une image de marque ou marque.

Le concept avait pris naissance à la suite d’une étude d’imprimerie faite par la Direction nationale pour réduire les coûts. Bien qu’on arriverait à une réduction des coûts en faisant affaire avec un seul imprimeur, le groupe d’étude s’est trouvé face à une dure réalité. Les articles de toute œuvre imprimée ou électronique visibles que la Légion produit étaient tous différents. À la fin de l’année on avait mis au point une norme commune pour la promulgation des politiques et des matériaux dans le but d’essayer de convaincre les directions de la Légion d’utiliser un même aspect à travers la nation.

Dans la même veine que cette approche, le Comité national des relations publiques a décidé de la stratégie qu’il va utiliser au cours de l’année à venir et élaboré ses plans de 2002 à 2004. La conception d’un système de courriel fondé sur Internet est quelque chose de majeur que le sous-exécutif et le CEN ont accepté, lequel devrait commencer par la collection des adresses de courriel des filiales et des directions qui existent déjà. En fin de compte, d’après le plan, on aurait un système du genre de hotmail partant du site Web de la Légion où toutes les autorités et directions des filiales pourraient avoir les cases postales à usage individuel.

Parmi les autres accomplissements majeurs du Comité des relations publiques, il y a eu l’élaboration de campagnes d’annonces de service public pour les publications, la radio et la télévision de la part des deux minutes de silence, de la campagne du coquelicot et du souvenir et des adhésions. Le temps qui a été obtenu à travers le Canada avait une valeur de plus de 1,5 million $ grâce à un investissement de 17 000 $ seulement.

Le support des Forces canadiennes par le Comité des relations publiques a été maintenu durant l’année en fournissant des fonds qui ont servi aux spectacles à l’étranger, aux championnats sportifs et à l’opération Père Noël dans le cadre de laquelle chaque personne des services déployée a reçu un colis de la Noël venant de chez nous. Vu les déploiements additionnels à la suite du mois de septembre, d’autres fonds que l’on avait identifiés comme étant en surplus dans le budget des relations publiques ont été mis à leur disposition pour le programme de cadeaux de 2001 afin de s’assurer que chaque militaire déployé sache que la Légion se préoccupe de lui.

Alors que le soutien des relations publiques continuait pour le militaire, le Comité de la défense nationale continuait aussi à atteindre ses buts. En tant que plus grande organisation du Conseil des associations de la défense, le comité de la Légion a participé à son assemblée générale annuelle et à la présentation du prix Vimy. En maintenant des liens serrés avec le leadership supérieur du militaire, la Légion a pu préconiser un équipement et un entraînement adéquats pour un militaire bien indemnisé.

Le comité s’est régulièrement dit soucieux en ce qui concerne l’état des Forces et il l’a fait de vive voix après le 11 septembre et la livraison du rapport du vérificateur général sur les défauts militaires qui a suivi. Des lettres ont été envoyées aux députés et aux sénateurs, les exhortant à soutenir un financement supplémentaire, avant l’annonce du budget. Le manque de réponses positives dans le budget lui-même a donné lieu à une lettre bien sentie du président national envoyée au Premier ministre.

Les équipes de la Légion de recrutement de militaires sont aussi allées aux bases à Esquimalt et Comox (C.-B.), ainsi qu’à celles d’Edmonton et Cold Lake (Alb.), où elles ont mis 300 membres des Forces au courant des activités de la Légion. Trois autres visites à des bases ont été reportées après les attaques. Le comité était représenté au comité du suivi du ministre de la Défense nationale sur les changements et les réserves à Gagetown (N.-B.). Le militaire est aussi venu à l’aide de la Légion en 2001.

Des lits d’hôpital de surplus ont été envoyés au Curphey Home pour anciens combattant, en Jamaïque, sur une base de disponibilité, dans deux vols durant l’année. Les 40 lits et matelas, en surplus au Centre Perley et Rideau pour anciens combattants d’Ottawa, ont été transportés à la BFC Trenton où ils ont été chargés dans des avions Hercules de la 8e Escadre pour être transportés à la Jamaica Legion. Cela a été fait dans le cadre de l’engagement continuel de la Légion aux anciens combattants des Antilles comme partie de son adhésion à la Ligue des anciens combattants du Commonwealth britannique.

À la fin de l’année, 60 autres lits et matelas étaient entreposés à Trenton où on les gardait jusqu’à ce que leur transport soit disponible jusqu’à Belize et
Ste-Lucie. Quand le projet aura terminé, 140 lits en tout auront été livrés depuis 1995, lesquels ont une valeur d’approximativement 280 000 $.

Les congrès divisionnaires se sont surpassés à nouveau en donnant assez d’argent pour maintenir la circulation d’octrois aux anciens combattants nécessiteux de 15 pays antillais couverts par les accords de la LACCB. Plus de 325 000 $ ont été déboursés en 2001 et plus de 500 anciens combattants ont obtenu des octrois. Mais il n’y avait pas que du travail à travers la Légion.

Le programme de sports des membres a eu à nouveau du succès, dans le cadre duquel les championnats nationaux de fléchettes ont eu lieu à la filiale Moncton (N.-B.), celui du curling régulier à la filiale George Pearkes VC de Summerside (Î.-P.-É.), celui du curling senior à la filiale Stephenville (T.-N.), et celui de cribbage à la filiale A.H. Foster Memorial de Kingston (N.-É.). Tous ont été reconnus comme des manifestations de première classe.

Sept nouveaux records ont été fixés et un égalé aux Championnats d’athlétisme nationaux de la Légion qui ont eu lieu à Sherbrooke (Qc), en août, par des athlètes de 12 à 17 ans qui faisaient partie du contingent de 321 participants, lesquels ont été observés par 36 chaperons et 25 entraîneurs aux installations de l’Université de Sherbrooke.

Un nouveau guide des sports a été imprimé et distribué en février et la modification à un arrêté général concernant l’admissibilité d’après le paiement des frais d’adhésion a été soutenu par le Comité des sports qui va le présenter au congrès. On a aussi éclairci les règlements sur le transfert qui ne s’appliquent pas aux membres militaires extraordinaires quand ils deviennent membres d’une filiale régulière.

Tous les bureaux de la Maison de la Légion, à Ottawa, ont été loués en 2001. Mais, le temps ayant passé, il a fallu faire beaucoup de maçonnerie à l’édifice vieillissant. Après trois mois de réparation et de restauration des insignes se trouvant en façade, il est évident qui est propriétaire de l’édifice.

Ce dernier n’était pas la seule chose qui a fait l’objet de rénovations au coin des rues Kent et Gilmour d’Ottawa. Les membres du Comité des constitution et lois se sont occupés à réviser l’article III des arrêtés généraux. Il s’agit d’un article qui concerne la procédure des plaintes et le processus des résolutions pour l’organisation. L’article révisé sera présenté aux délégués du 39e Congrès national qui doit avoir lieu à Edmonton (Alb.) du 9 au 13 juin 2002 auquel 2000 délégués, conjoints et invités devraient assister. Le thème de l’assemblée qui va durer une semaine : “une porte sur de nouveaux horizons”.

Les résultats des congrès divisionnaires de 2001 sont arrivés à terme lors de la fermeture des réunions en Saskatchewan en octobre et les nouveaux membres du CEN ont siégé pour la première fois à la réunion qui a eu lieu à Ottawa les 24 et 25 novembre. Les membres élus du conseil avaient beaucoup de choses à prendre en considération, dont un Plan d’avenir de la Légion qui va finir par cheminer jusqu’aux membres de la Légion qui pourront y réfléchir avant le Congrès.

Les membres ont aussi cherché des manières de parer à la perte de revenus, améliorer la communication interne et mieux renseigner le public à propos du rôle de l’organisation au pays.

Deux directions ont changé de nom en 2001. L’ancienne Division du Pacifique s’appelle maintenant Division de la Colombie-Britannique et du Yukon, et les filiales du Nunavut se sont jointes à celles de la Nouvelle-Écosse, ce qui a entraîné le nom de Division de la Nouvelle-Écosse et du Nunavut.

C’est aussi lors de la réunion du CEN que le vétéran de la Seconde Guerre mondiale et grand président de la Légion bien connu, le sénateur Jack Marshall, a remis le symbole du poste au lieutenant-général à la retraite Charles H. Belzile, un vétéran de la guerre de Corée qui a été commandant de l’armée du Canada. La nomination a eu l’accueil chaleureux que les légionnaires font à tous les anciens combattants et la cérémonie a été réglée par le président national Bill Barclay.

Le dernier geste que Marshall a posé en tant que grand président a été la présentation du premier coquelicot de la campagne de 2001 à la gouverneure générale Adrienne Clarkson à l’occasion d’une cérémonie à laquelle assistaient de nombreux anciens combattants à Rideau Hall, à Ottawa.

Pendant la cérémonie, le directeur général de Postes Canada André Ouellet a aussi dévoilé le timbre du 75e anniversaire de la Légion qui est sorti le 11 novembre 2001. Deux mois à peine après les événements démentiels de septembre, les images de guerre, telles que prises aux visages du Monument aux Morts, ont été présentées sur le timbre, aux yeux de tous. Le timbre, avec les mots latins “Memoriam Eorum Retinebimus” (nous nous souviendrons d’eux) imprimés en surcharge, était un hommage digne à ceux qui ont combattu, et à ceux qui se sont associés il y a 75 ans pour s’assurer qu’on les soigne et qu’on se souvienne de leurs sacrifices.

Alors que l’année arrivait à sa fin et que Hannoukka, ramadan et Noël passaient, les familles canadiennes repartaient à la recherche de nouvelles des êtres chers servant à l’étranger et priaient pour leur sécurité. Les troupes étaient prêtes à intervenir à tout moment. L’humanité était à nouveau au bord d’un autre désastre dont elle aurait été seule fautive. Et aux salles de la Légion à travers la nation, en Allemagne et aux États-Unis, un anniversaire se terminait d’une façon bien semblable à celle dont l’histoire de la Légion a commencé, faisant penser au vieil adage “plus ça change, plus c’est pareil”.

Taux de pension d’Anciens combattants Canada


Anciens combattants Canada augmente les taux de pension et les allocations connexes de 2,5 pour cent en 2002. Il s’agit d’une augmentation comme celle de 2001. Les pensions d’invalidité, les compensations et les allocations sont ajustées par le ministère chaque année d’après l’indice du prix à la consommation, la mesure de Statistique Canada du coût de la vie.

Pensions d’invalidité

L’importance de l’invalidité s’exprime en pourcentage, l’invalidité totale étant évaluée à 100 %. Lorsqu’une invalidité donnant droit à une pension est évaluée à moins de 100 pour cent, le montant de la pension est proportionnellement moindre. Ce qui suit sont des exemples des taux de pensions mensuels de 2002.

Évaluation 100%

Évaluation 50%

Évaluation 10%

Le pensionné dont l’invalidité est évaluée à moins de cinq pour cent ne reçoit de paiement qu’une seule fois.

Un pour cent 605,64 $
Deux pour cent 1 211,28 $
Trois pour cent 1 816,93 $
Quatre pour cent 2 422,57 $

Pension de survivant

Taux maximum Évaluation 50-100%

Évaluation 10 %

Allocations mensuelles payées d’après la Loi sur les pensions

 

Minimum

Maximum

Allocations d’incapacité, exceptionnelle

331,02 $

993,01 $

Allocations pour soins

198,65 $

1 241,24 $

Allocations de déplacement

ACC peut rembourser les dépenses de déplacement et de logement à un pensionné ou à une personne qualifiée qui se rapportent à une audience, ou qui obtiennent des traitements ou des soins d’après le Règlement sur les soins de santé pour anciens combattants. Les taux varient d’une partie du pays à l’autre mais les suivants sont les plus courants.

Déplacement

Cents au kilomètre

Alberta, Manitoba, Nouveau-Brunswick, Île-du-Prince-Édouard

13,5

Saskatchewan, Ontario, Québec, Nouvelle-Écosse

14,0

On exige des reçus pour les déplacements en autobus, métro ou tramway dont le prix aura dépassé les 8 $. Les déplacements en taxis seront remboursés moins 5 $ par course.

 

Logement

Les dépenses allouées par nuitée lorsqu’on attend un examen ou des traitements médicaux ne devraient pas dépasser le tarif maximal de l’hôtel le plus dispendieux de la région se trouvant dans le Répertoire des hôtels pour les employés du gouvernement.

Programme d’autonomie des anciens combattants

Voici certains taux d’avantages et conforts personnels dans le cadre du Programme d’autonomie des anciens combattants, lesquels ont pour objet de garder chez lui plus longtemps l’ancien combattant qui se fait soigner.

 

Taux maximum

Entretien du foyer

7 356,80 $ par année

Entretien du terrain

1 026,54 $ par année

Autres taux de traitements

Conforts personnels

166,24 $

Soins prolongés

172,93 $ par jour au plus

Allocations aux anciens combattants et allocation de guerre pour les civils

Les allocations de guerre aux anciens combattants et aux civils, réglées aux clients à revenu faible, sont ajustées trimestriellement les 1er janvier, 1er avril, 1er juillet, 1er octobre. Les taux mensuels les plus élevés sont les suivants :

Paiement mensuel

Célibataire ou survivant

1 058,15 $

Le lecteur qui pense avoir droit à un avantage relié au service militaire devrait prendre contact avec l’agent des services
de la Légion local ou se rendre au bureau de district d’ACC le plus près.

Un nouveau chef à la GRC


par Dan Black

 

Un matin ensoleillé et venteux en Italie centrale : dans la fourgonnette de l’ambassade qui gravit l’étroite route de montagne vers le village de Prezza, le directeur de la GRC Giuliano Zaccardelli regarde par la fenêtre. Nous sommes à 120 kilomètres à l’est de Rome, dans une région agricole vallonnée que le temps, dirait-on, n’a pas touchée mais renommée pour son vin Montepulciano, son ail rouge et ses artichauts. Tournant son regard vers le haut, entre les cimes des arbres qui passent, le directeur de police de 54 ans remarque que la montagne porte encore le village médiéval comme une couronne, une image qu’il se rappelle depuis l’enfance.

Dérobée au regard du policier, et blottie au centre de Prezza, il y a une célébration planifiée attentivement qui l’attend. Ce n’est pas tout à fait un jour férié, mais ça en a tout l’air. Les 1 231 résidents du village, les paesani, ont pris congé pour la journée : les magasins et l’école sont fermés, un orchestre est prêt à jouer les hymnes nationaux canadien et italien et les lanceurs pyrotechniques ont été plantés.

L’hôtel de ville est plein de monde, et beaucoup d’autres ont pris position le long des rues ou à l’ombre des porches. Tous, y compris le maire et le clergé, sont prêts à embrasser le gars de la localité qui est parti il y a 47 ans et qui revient, en ce jour-ci, en tant que “directeur des tuniques rouges”.

Les gens qui ne sont pas d’ici sont stupéfiés par tout cet enthousiasme en l’honneur d’un policier canadien. En fait, peu de gens de chez nous comprendraient pourquoi tout ce tapage, et encore moins reconnaîtraient-ils Zaccardelli : le 20e directeur de la GRC.

Mais après tout, nous sommes en Italie et la loyauté compte pour beaucoup ici.

La célébration dans les rues atteint son apogée quand Zaccardelli met pied à terre et s’enfonce dans la foule, à un point tel qu’on dirait qu’il s’agit d’un rock-star, ou d’un héros sportif national. Il en a fait du chemin depuis le jour où il est parti de Prezza avec sa mère, deux frères et une valise en carton fermée avec un bout de corde élimée. Les plus vieux résidents se rappellent de lui comme d’un garçon de cinq ans qui se baladait dans les rues du village en pantalons courts, qui grimpait aux arbres ou qui se cramponnait aux jupes de sa grand-mère. Ils se rappellent de ses jambes minces, de ses yeux ronds et de son service en tant qu’enfant de cœur. Les plus jeunes l’imaginent à cheval, habillé d’écarlate, de noir et d’or, s’élançant à travers la vaste contrée dont ils n’ont entendu parler qu’à l’école.

Quoi qu’il en soit, Zaccardelli est reçu en héros.

Il va assister à la messe et visiter la maison où il est né, la maison même que sa mère a été obligée de quitter durant la Seconde Guerre mondiale durant les neuf mois environ que les soldats allemands ont occupé le village. En ce temps-là, presque tout le monde souffrait de la faim. Beaucoup de gens, dont la mère de Zaccardelli, vivaient dans les champs jusqu’à ce que Prezza soit libérée par les troupes britanniques.

À la réception officielle, il y a un moment de révérence en l’honneur des deux hymnes nationaux. Il y a ensuite des discours et un échange de cadeaux. Zack, comme il est surnommé, est surpris, on pourrait même dire embarrassé, de toutes ces considérations. Il demande au dignitaire à côté de lui de bien vouloir lui expliquer pourquoi le village a tant fait, et il lui répond que Prezza, au contraire des villes des alentours, attire rarement des personnages de marque comme lui venant de l’étranger. On remet à Zaccardelli une copie de son certificat de naissance, et le maire prend grand plaisir à attribuer à Prezza d’avoir fait en sorte qu’un jeune garçon ait tant de succès. “C’est cet endroit qui a fait de vous la personne que vous êtes aujourd’hui et qui vous a enseigné à lire, à écrire et, ce qui est encore plus important, les valeurs familiales et le respect des autres”, dit le maire. “Et grâce à ce caractère de grande force et de richesse qui vous a formé et élevé lorsque vous étiez enfant, vous avez réalisé vos rêves.”

Ces rêves ne se sont cristallisés qu’après que Zaccardelli ait déménagé au Canada, en 1954. Son père est arrivé d’abord, débarquant à Montréal en 1952 comme partie de la migration d’après-guerre d’Italiens à la recherche d’une vie meilleure. Pour lui, le Canada c’était un choix entre deux : l’autre c’était l’Argentine. Durant toute sa vie, Zaccardelli père est resté un homme tranquille et fier possédant une éthique de robustesse au labeur. L’argent était rare, mais comme pour beaucoup d’Italiens, la force de la famille et le sens commun avaient beaucoup d’importance pour son épouse et pour lui. “Mon père nous disait toujours de vivre selon nos moyens. Si l’on a 10 cents dans les poches, on n’en dépense pas 11, et il vaut mieux ne pas dépenser les 10 au complet car il faut économiser quelque chose.”

À partir d’un très jeune âge, Zaccardelli rêvait de devenir policier. “Cela m’attirait tout simplement, et je ne saurais l’expliquer mais depuis que je commençais l’école secondaire, je savais que je voulais m’engager à la Gendarmerie royale canadienne parce que j’aimais voir les photos des agents de la GRC en rouge et entendre les histoires, les légendes.”

Déjà, à l’âge de huit ans, Zaccardelli livrait des journaux, les Montreal Star et Montreal Gazette. Pendant ses années d’école secondaire, il travaillait le soir comme plongeur à un restaurant. Il ne faisait pas de sport organisé car les fins de semaines, et les soirées durant la semaine, servaient au travail pour soutenir la famille. “On travaillait presque tout le temps parce que c’était ça la vie d’un jeune immigrant. C’est ce qu’on attendait de soi. Quand on avait du temps, on s’amusait comme on pouvait. On jouait au hockey de rues ou au foot-ball au Mont Royal… Je suivais aussi de très près les Canadiens de Montréal.”

Quand les derniers jours d’école secondaire approchaient, Zaccardelli était de plus en plus fasciné par les histoires des agents de la GRC qui voyageaient de par les régions isolées pour faire respecter la loi. Il obtint une licence commerciale en gestion d’entreprise, au collège Loyola de Montréal. “Je ne peux pas dire que j’avais un plan bien pensé, côté stratégie, mais je savais que c’était une bonne idée d’avoir un diplôme.”

En effet, c’était une bonne décision car peu de membres de la GRC avaient un diplôme. La plupart arrivaient directement après l’école secondaire. “La situation est bien différente de nos jours”, dit l’ancien directeur adjoint de la GRC Roy Berlinquette qui connaît Zaccardelli depuis 30 ans. “Aujourd’hui, un très gros pourcentage des gens qui s’engagent sont diplômés. C’est un groupe très éduqué, plutôt intelligent, et le directeur est très à l’aise dans cette nouvelle ère.”

Zaccardelli se souvient du jour où il est revenu de l’université et dit à son père qu’il avait posé sa candidature à la GRC. “Papa m’a regardé et m’a demandé ‘Pourquoi as-tu fait ça?’ Je lui répondit que je voulais entrer dans la force de police nationale. Il dit que la GRC ne m’accepterait jamais. Je lui ai demandé pourquoi il pensait ainsi et il dit que je n’étais pas né au pays et qu’il y avait des limites à ce que je pouvais faire. Je lui demandais, Qu’est-ce que tu veux dire? Je suis Canadien. J’ai été élevé ici. Il dit que je ne comprenais pas. Il exprimait ce que beaucoup d’immigrants ressentent, surtout ceux qui sont adultes quand ils viennent ici. Ils se sentent bienvenus, ils ont les occasions, mais il y a une peur, une certaine idée qu’ils se font, qu’ils ne sont pas entièrement acceptés par la société canadienne. Alors dans son esprit il y avait cette notion que je ne serais pas accepté par la GRC. Il était très content quand j’y suis entré.”

Le directeur dit qu’il n’est pas surpris que quelqu’un né en Italie, ou n’importe quel autre pays, puisse atteindre le plus haut échelon de la gendarmerie, et il fait part de cette façon de penser aux gens de Prezza quand on lui demande le secret de son succès. “Le secret c’était de choisir le Canada, un pays où l’on permet aux rêves de se réaliser”, dit-il.

La réalité, toutefois, c’est qu’il fallait travailler dur et longtemps, et il ne faut pas oublier qu’on est souvent obligé de déménager. Après l’instruction des recrues à Regina, Zaccardelli, qui parle couramment l’anglais, le français et l’italien, a été affecté à St. Paul (Alb.). Le début de sa carrière en était un d’officier en devoir général et puis ensuite il a été enquêteur de criminalité en col blanc. Il a travaillé en Alberta et en Ontario, et puis ensuite au Québec et au Nouveau-Brunswick en tant qu’officier haut gradé des opérations criminelles.

L’été 1995 il devint commandant de l’immense Division “O” de l’Ontario. À partir de là, il obtint le poste de directeur adjoint au quartier général de la GRC, et puis celui de directeur adjoint de la politique opérationnelle et du crime organisé en août 1999. En automne dernier il remplaçait Philip Murray en tant que directeur, et durant ces dernières semaines il a souvent parlé de faire de la GRC une organisation “concentrée stratégiquement”.

“Concentrée stratégiquement cela veut dire que nous comprenions entièrement l’environnement dans lequel nous travaillons et que nous soyons de plus en plus proactifs à propos de ce que nous pouvons accomplir. C’est-à-dire que nous puissions anticiper et répondre aux changements et aux pressions importants avant qu’ils n’aient lieu.”

Il est reconnu comme un grand communicateur, plein d’entrain et énergétique et comme un expert recherché en crime organisé et globalisation. “Il est très intelligent et compétent”, dit Margaret Beare, la directrice du Centre Nathanson d’études en crime organisé et en corruption de l’Université York. “Il va beaucoup nous aider à comprendre le crime organisé et on pourra s’éloigner de la vieille époque mystique et dramatique et voir le crime organisé comme une criminalité continuelle très sérieuse qu’il faut attaquer avec des ressources policières bien financées.”

Beare dit que ce qu’il faut c’est un travail de police fait d’après les renseignements, et moins de rhétorique à propos du besoin de davantage de pouvoirs policiers. “Le directeur a déclaré publiquement que la GRC est dorénavant une organisation ‘dirigée par les renseignements’. Cela implique non seulement une excellente capacité analytique, mais aussi un important degré de collaboration et de partage de renseignements avec les autres forces de police au pays et à l’étranger. Je pense que nous avons encore du chemin à faire avant que la collaboration soit un fait établi, et pas tout simplement un objectif.”

Le directeur dit que la globalisation a grandement changé la manière dont les forces policières agissent à tous les niveaux. “Les organisations criminelles peuvent se fixer à un coin du monde et avoir un impact sur vous sans être obligées d’être dans votre région […]. Ce qui me fait plaisir, c’est que la GRC relève ces défis depuis longtemps et qu’elle a une histoire de réussite meilleure que la plupart des organisations autour du monde.”

Il dit que la GRC doit être capable de s’adapter rapidement aux risques qui émergent dans un monde sans frontières. “Pour faire cela il faut avoir une organisation mieux préparée. Pour faire cela il faut développer des alliances et jeter des ponts entre nous et les autres forces policières au Canada et ailleurs autour du monde, en permettant aux autres secteurs de la société d’effectuer leurs contributions à ce que l’on fait et rehausser la valeur de son travail. C’est absolument essentiel. Il existe un besoin d’utiliser nos ressources et les ressources des autres.”

Berlinquette pense que Zaccardelli est “le directeur qu’il faut pour ces temps-ci”. Il dit qu’il est en train de construire en prenant pour base ce que l’ancien directeur a accompli. “Il a beaucoup d’énergie et il parle des problèmes avec beaucoup de passion […]. Il comprend aussi le processus d’apprentissage et l’importance de la technologie. Ce n’est pas un théoricien, mais il comprend la théorie. Et ce qui est encore plus important, il veut savoir comment les décisions vont affecter les gens qui se trouvent aux premières lignes du maintien de l’ordre.”

Berlinquette croit que la meilleure façon de s’attaquer au crime organisé c’est de détruire son infrastructure et de ne pas s’occuper tant que ça de mettre la main sur les produits illégaux. “Si l’on s’attaque aux Hell’s Angels lors d’un effort servant à leur enlever leurs marchandises, on arrête deux ou trois personnes avec 200 livres de marijuana ou 20 livres de cocaïne, et les médias impriment une histoire à propos d’une grosse descente et d’une immense saisie de drogues”, dit-il. “Alors tout ce qu’on a déplacé c’est 200 livres de marijuana ou 20 livres de cocaïne et deux dealers ou contrebandiers. L’organisation, cependant, travaille encore, et les contrebandiers sont remplacés le lendemain parce que l’infrastructure est restée intacte.”

Berlinquette dit que Zaccardelli comprend cela.

Beare dit que le crime organisé est aussi le domaine du maintien de l’ordre où l’on ressent la pression provenant de la communauté internationale, surtout des États-Unis, de faire des changements qui seraient peut-être inappropriés au Canada. “Il faut pour cela un directeur qui fasse deux choses lorsque des questions sur le crime organisé obtiennent de la publicité : d’abord, résister à la tentation de suivre automatiquement la voie où l’on exige davantage de pouvoirs policiers pour contrecarrer le danger et, deuxièmement, résister aux accusations non fondées provenant de l’étranger que le Canada est fautif en n’imitant pas les stratégies de mise en vigueur des lois, ou les lois elles-mêmes, qui n’ont pas fait leurs preuves ailleurs.”

Elle dit que le crime organisé est dirigé par les exigences de segments de la société dits légitimes et facilité par des cols blancs professionnels qui se font complices des activités criminelles. “Ainsi, la GRC est sur la bonne piste quand on insiste sur l’analyse des renseignements et sur les enquêtes menées d’après les renseignements. De même, la GRC a reconnu qu’il existe un besoin d’insister sur des capacités différentes de celles sur lesquelles on insistait peut-être autrefois.”

Les experts disent que lorsqu’il s’agit de combattre le crime frontalier entre le Canada et les États-Unis, il faut adopter le juste milieu entre ce qui marche pour faciliter la libre circulation du commerce et ce qui marche pour assurer la frontière contre les risques divers. C’est une tâche immense. En 1999, il y a eu plus de 225 millions de traversées entre le Canada et les États-Unis. La circulation des biens et des services cette année-là s’élevait à environ 1 million $ la minute. Le directeur croit que les partenariats clés à l’intérieur et à l’extérieur des frontières canadiennes vont servir à faciliter la circulation commerciale et aider les deux pays à s’occuper du crime frontalier.

Le directeur dit aussi que la GRC doit améliorer la manière dont elle combat le crime cybernétique. “C’est un domaine qui croît de manière fulgurante et nous n’en avons pas un contrôle total […]. Alors, il est important de faire pression avec nos ressources au Canada et avec nos partenaires autour du monde. Il faut se pencher sur les meilleures pratiques, apprendre les uns des autres […].”

Le commerce illicite des humains est un autre souci qui prend de plus en plus d’importance aux yeux de la GRC. Les technologies avancées et les systèmes de communication font qu’il est plus facile et plus profitable pour les trafiquants de trouver des gens à transporter illégalement autour du globe. Aux États-Unis, on évalue à 700 000 les femmes et les enfants qui sont transportés illégalement à travers les frontières internationales chaque année. “Ce qu’il faut surtout faire à ce propos, c’est identifier les groupes qui sont derrière. Alors une fois encore, on a besoin de bons renseignements afin de cibler les organisations les plus importantes”, dit le directeur. “On en revient encore au besoin d’alliances internationales qui servent à l’échange de renseignements.”

La GRC combat aussi le crime organisé par l’entremise de ses efforts de maintien de l’ordre internationaux, y compris le maintien de la paix. Zaccardelli dit que la force va continuer à travailler avec les agences de police civiles pour améliorer les opérations de police internationales. Cela comprend aider à construire des infrastructures civiles démocratiques à l’étranger et à empêcher l’importation d’activités criminelles au Canada.

Peu de temps après son assermentation en tant que directeur, Zaccardelli a été nommé vice-président national honoraire de la Légion royale canadienne. Il se dit supporteur fervent de la Légion, et il remarque que la GRC et le militaire canadien ont une histoire d’association de longue durée. “La GRC et la Légion ont beaucoup en commun, nous sommes présents dans la plupart des collectivités, même dans les plus petites collectivités, à travers le pays. Les filiales de la Légion sont depuis toujours des endroits où les membres de la GRC peuvent fréquenter des gens […]. Je crois que les deux organisations font partie de la structure du pays.”

Le président national Bill Barclay dit que la Légion est fière que le directeur se soit engagé en ce qui concerne le poste de vice-président honoraire. “Nous sommes tout aussi honorés de reconnaître les agents de sûreté sortants à Regina dans le cadre de notre programme de prix de la camaraderie.”

Avant de quitter Prezza pour la deuxième fois, Zaccardelli dit à son audience qu’en plus des bagages en carton et des souvenirs qu’il emportait du village en 1954, il emportait des valeurs très importantes, des croyances qui lui ont évidemment bien servi.

Pas mal du tout pour un gars de Prezza.

La force derrière la force

Le directeur de la GRC Giuliano Zaccardelli est responsable d’une très grande force qui a extrêmement changé ces dernières années. Il y a cinq ans elle a commencé à se déplacer vers un système de gestion au niveau de la base conçu pour offrir davantage de ressources aux services policiers du front. Quatre régions furent créées, soit celles du Pacifique, du Nord-Ouest, du Centre et de l’Atlantique. La GRC se divise aussi en 15 divisions, plus le quartier général à Ottawa. Chaque division a un commandant et elle est désignée par une lettre. En mai, la force avait 20 866 membres, dont 106 surintendants, 284 inspecteurs, 2 770 caporaux, 9 689 agents et 2 140 membres civils.