La ménagère

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Le bombardier: G.M. Hart, de l’Artillerie royale canadienne, répare son uniforme à Ossendrecht, aux Pays-Bas, 1944. [BAC PA-143931]

À l’école navale, on nous disait : “si nous voulions que vous ayez une ménagère, nous vous en donnerions une”, se souvient le vétéran de la Marine Jim Ross. Et c’est ce qu’ils ont fait. » Pendant les six mois de 1958 qu’il a passés à la Base des Forces canadiennes Cornwallis, en Nouvelle-Écosse, Ross s’est familiarisé intimement avec sa ménagère : la trousse de couture contenant tout ce qu’il lui fallait pour entretenir impeccablement son uniforme.

« Nous devions coudre nos noms sur tout ce qu’on nous distribuait, dit Ross, qui habite près de Charlottetown. Ce n’était pas rien. Ça prenait beaucoup de temps, parce que nous avions tant de vêtements : des uniformes d’été, des uniformes d’hiver, des shorts, des sous-vêtements et tout. Des chapeaux. »

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Un sergent coud ses propres galons sur son uniforme dans ce dessin du sergent Ralph Stein illustrant un article explicatif paru dans YANK, The Army Weekly, en 1943. [Army Weekly]

Cette ménagère bleu marine, ses nom et matricule brodés en rouge sur le rabat, se trouve maintenant au Veterans Memorial Military Museum, à Kensington, à 50 kilomètres à l’ouest de Charlottetown. En quelques minutes, le président du musée, Dean Cole, trouve aussi des ménagères qui ont été distribuées à des soldats de la Grande Guerre ou de la Deuxième Guerre mondiale.

Comme les recrues tout au long de l’histoire, Ross a vite appris qu’il était chargé de maintenir son uniforme en bon état. Les anciens soldats avaient un sac de cuir contenant les outils et fournitures nécessaires. La trousse de couture de poche surnommée « la ménagère » (« Housewife » en anglais) a fait son apparition au milieu des années 1700. À une époque où les femmes se pâmaient d’admiration devant les uniformes rutilants, les mères, les conjointes et les petites amies offraient souvent à leurs héros des trousses de couture où elles mettaient en valeur leurs propres compétences en travaux d’aiguille. Elles avaient des poches pratiques où les soldats rangeaient des souvenirs personnels. Aux États-Unis, pendant la guerre civile, qui précédait l’invention des plaques d’identité militaires, ces souvenirs étaient souvent le seul moyen d’identifier les victimes.

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Un soldat de l’Union répare un uniforme dans ce stéréogramme de la vie quotidienne dans un campement pendant la Guerre civile américaine. [Library of Congress 1s02987]

« La chaussette à l’endroit, mettre un “œuf”
(une grenade ferait tout aussi bien l’affaire)
en dessous du trou. »
Instructions pour repriser
une chaussette dans l’article
« Needle Pointers »
(« Brodeurs », NDT),
Yank, The Army Weekly, février 1943.

Les trousses distribuées aux Canadiens au cours des guerres mondiales contenaient divers boutons et insignes, un dé, du fil pour raccommoder les vêtements déchirés et pour coudre les boutons et les insignes, du fil plus gros pour repriser les chaussettes et les gants, et de la cire d’abeille pour imperméabiliser les fils et les pièces de tissu. Des groupes de femmes et les proches des soldats continuaient de confectionner des trousses de couture pour le front ou pour les colis de la Croix-Rouge.

Une de ces trousses a procuré un réconfort familier au lieutenant de l’Aviation royale canadienne George Sweanor de Port Hope, en Ontario. Jeune marié lorsqu’il s’enrôla, son avion fut abattu en 1943 alors qu’il servait dans le Bomber Command. Il fut ensuite envoyé dans un camp de prisonniers de guerre. « Mon anniversaire, en novembre, ne fut que plus mémorable lorsqu’arriva le colis de Joan […]. Je chérissais la trousse de couture parce qu’elle l’avait faite du même tissu que celui qu’elle avait utilisé pour faire sa robe de chambre », a-t-il écrit dans ses mémoires, It’s all Pensionable Time : 25 Years in the Royal Canadian Air Force. (« Tout ce temps ouvre droit à pension : 25 ans dans l’Aviation royale du Canada », NDT).

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La ménagère utilisée par un lieutenant d’infanterie pendant la Première Guerre mondiale est exposée au Musée canadien de la guerre. [Adam Day]

Le soldat australien Henry John Harris raconte avoir utilisé sa trousse de façon plutôt créative, dans ses mémoires sur la Première Guerre mondiale publiées sur le site Web www.ww1.canada.com : « Comme il faisait tellement froid et qu’il y avait des sacs de sable dans la casemate, j’ai décidé d’en coudre plusieurs ensemble pour m’en faire une couverture, et croyez-moi, ces sacs nous ont tenus au chaud, à mon camarade et à moi pendant les quatre nuits qu’on a passées dans la casemate. »

Dans les années 1990, une de ces trousses a été très utile au sergent Ryan Davidson de la Direction d’histoire et patrimoine du ministère de la Défense nationale : « J’ai dû coudre mes propres insignes quand j’ai été promu sur le terrain. »

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Une tache de rouille rappelle l’aiguille autrefois contenue dans cette trousse de couture, utilisée en mer pendant la Guerre froide par Jim Ross, vétéran de la Marine. [Sharon Adams]

Comme beaucoup d’autres anciens combattants, sans doute, Ross admet qu’il n’est plus très habile avec du fil et une aiguille.
Il a un petit rire lorsqu’il dit « J’ai une vraie ménagère maintenant » : Marion, son épouse depuis 52 ans.

Les bandes molletières bleues

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MANIFESTE: Des soldats du Newfoundland Regiment et une estafette portant des bandes molletières bleues sur une carte postale de 1914. [The Rooms/A 49-7]

Les bandes molletières servaient à soutenir les chevilles et empêchaient la gadoue, les débris et les insectes de s’introduire dans les bottes.

Le gouverneur de Terre-Neuve répondit à l’appel aux armes lancé par la Grande-Bretagne en 1914 par une promesse : le dominion lèverait un régiment et enrôlerait les 500 premiers soldats dans le mois. Toutefois, vu la situation de Terre-Neuve – 241 000 habitants seulement, économie déprimée et dernière unité militaire basée sur l’ile dissoute en 1870 – comment le comité de citoyens qui en était chargé pouvait-il recruter, former et équiper le Newfoundland Regiment?

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Les bandes étaient roulées quand on ne les portait pas. [The Rooms A 8-90]

« Votre roi et votre pays ont besoin de vous! Répondrez-vous à l’appel de votre pays? » demandait-on dans une annonce publiée le 22 aout pour encourager les hommes de 19 à 35 ans à s’enrôler « pour la durée de la guerre, mais pour un an au maximum ». La solde était d’un dollar par jour, rations en sus. Le 2 septembre, 743 hommes avaient répondu à l’appel, les First Five Hundred (cinq-cents premiers, NDT) – qui étaient 537 en réalité – avaient été acceptés, et leur formation commençait.

La quête effrénée de moyens pour les équiper s’ensuivit. Vu l’insuffisance de tissu kaki pour les bandes molletières, des bandes bleues, utilisées par la Church Lads Brigade, furent utilisées. La raison de cette décision est encore débattue aujourd’hui, dit Kerri Button, conservatrice des First World War Projects de The Rooms, à St. John’s. Était-ce strictement l’insuffisance de tissu kaki, ou était-ce en l’honneur d’une brigade d’élite qui les avait portées à la guerre des Boers?

Et pourquoi des bandes molletières? On les doit à l’Empire britannique. Les tribus hima-layennes portaient des jambières appelées « patti », mot hindi qui veut dire « bandages ». Les bandes molletières furent adoptées progressivement au cours du XIXe siècle, parce que les soldats britanniques à cheval se trouvant dans des situations tendues en Inde s’étaient aperçus que le kaki (mot hindi voulant dire « terre ou poussière ») offrait un meilleur camouflage que leurs uniformes colorés et leurs bottes qui brillaient.

Come Along, Boys! Enlist Today. 1914-1918 poster

Les bandes molletières contribuent à l’élégance de l’uniforme sur les affiches de recrutement. [BAC/e010697370]

Les bandes molletières servaient aussi de soutien pour les chevilles et empêchaient la gadoue, les débris et les insectes d’entrer dans les bottes. Elles tenaient les jambes au chaud même quand elles étaient mouillées, ce qui était utile dans les champs de bataille emboués, les tranchées détrempées et les cratères transformés en mares de la Première Guerre mondiale. Et elles avaient l’air mieux soignées que les bas de pantalon lâches.

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Les uniformes des sculptures du Monument commémoratif de guerre du Canada comprennent des bandes molletières. [LM]

Les bandes molletières faisaient partie de l’uniforme britannique à la guerre des Boers, et la mode se propagea aux autres armées. Elles étaient meilleur marché que les bottes à tige haute ou que les guêtres, et leur faible cout était une bénédiction quand il s’agissait de chausser des millions de soldats. Même les Allemands qui portaient des bottes hautes se sont tournés vers les bandes molletières lorsque le cuir vintà manquer.

Pour les mettre, les soldats pliaient le bas des pantalons et enroulaient des bandes de neuf pieds de longueur à partir des chevilles, dans le sens des aiguilles d’une montre sur une jambe et dans le sens inverse sur l’autre, jusqu’à deux doigts en dessous des genoux. Elles étaient attachées au moyen de rubans d’un demi-mètre.

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Une bande dessinée d’Abian Walgren montre à quel point les bandes molletières agaçaient les soldats américains, qui n’avaient pas encore la technique, à la Première Guerre mondiale. [The Stars and Stripes, 1918]

Bien que le régiment ait gardé son surnom de Blue Puttees, ou de Blues, durant toute la guerre, dit Button, les Britanniques distribuèrent des bandes molletières kaki aux Terre-Neuviens peu après leur arrivée en Angleterre, en octobre.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les 48th Highlanders of Canada portaient des bandes molletières bleues lorsqu’il n’y avait pas de chevillières, ce qui leur a valu le sobriquet de « Glamour Boys ». Le roi George VI admira les bandes molletières bleues lors d’une inspection et dit au régiment qu’il devrait les garder.

À partir de la Seconde Guerre mondiale, l’armée canadienne remplaça progressivement les bandes molletières par des chevillières en toile, puis par des bottes de combat hautes.

De nouvelles amitiés se nouent aux championnats de cribbage

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Le représentant du comité des sports, John Ladouceur, et la présidente des DA, Cathy Kerr (centre, g. et d.), félicitent l’équipe championne du Nouveau-Brunswick (de g. à d.) : Dean MacLaughlin, Sandra LeBlanc, Paul Calhoun et Roger LeBlanc. [Sharon Adams]

Aux championnats de cribbage de la Direction nationale, les joueurs ont vu ce à quoi les gens de l’Île-du-Prince-Édouard sont prêts pour bien accueillir leurs visiteurs.

Tony Safronetz, de la filiale manitobaine Grandview, a mentionné qu’il aimerait emporter une petite quantité de la riche terre rouge de l’ile comme souvenir. Le lendemain matin, Jason Barlow et Cory Milligan, de la filiale Souris, sont allés dans un champ, sous la pluie, et en ont mis dans un petit sac de plastique.

« Ça fait plaisir de faire de nouvelles connaissances, » dit Milligan, qui a rencontré Safronetz au tournoi.

Et Safronetz d’ajouter : « Vous rencontrez beaucoup de gens formidables. Vous vous faites des amis, et même si vous ne les voyez pas pendant quatre ans, vous êtes encore amis. »

Jim Ross, président de la filiale Charlottetown, a reçu les 56 joueurs venus de tous les coins du pays aux cérémonies d’ouverture. « Je vous félicite d’être arrivés jusqu’ici. Vous le méritez tous. »

« Je vous souhaite bonne chance à tous, » a dit John Ladouceur, représentant du Comité national des sports, qui a déclaré officiellement l’ouverture du championnat.   

Les épreuves des doubles et des simples ont commencé simultanément après une petite réunion des capitaines. Le jeu s’est fait en poule, chaque équipe jouant neuf tours de deux parties. Un point était décerné pour chaque victoire, deux quand le perdant était laissé en plan (quand il ne dépassait pas les trois quarts du circuit) et trois points quand il était laissé deux fois en plan (quand il ne dépassait pas le centre du circuit).

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Les gagnants chez les doubles, Richard Falle (au c., à g.) et Barry Dillon reçoivent leur trophée des mains de Ladouceur et de Kerr. [Sharon Adams]

Bob Brenton de la filiale néoécossaise Colchester de Truro a rapidement pris la tête du peloton en laissant deux de ses adversaires en plan au tournoi des simples. Il n’a réussi à obtenir que quatre points aux quatre parties sui-vantes et a été battu deux fois au dernier match par Elaine Dubeau de la filiale Montcalm Memorial de Rawdon (Qc).

Entretemps, Jake McDougall de la filiale Vedder Golden de Vedder Crossing (C.-B.–Yn), qui avait trois points de retard après cinq tours, a réussi à marquer sept points de plus, ce qui l’a mis à égalité avec Brenton à 13 points « J’ai eu des cartes incroyables à la dernière partie. J’ai eu une main de 24 points, et c’était la troisième fois aujourd’hui. Ce n’est pas facile, dans ces cas-là, pour votre adversaire de remonter le peloton. »   

Brenton, qui participait au cham-pionnat pour la première fois, a gagné la belle. Il joue au cribbage depuis ses sept ans, quand son père a reçu un paquet de cartes et une planchette de cribbage en forme de 29, ce qui était alors une nouveauté, pour Noël.

Un combat serré et excitant a eu lieu au championnat des doubles pour les première et deuxième places. Barry Dillon et Richard Falle de la filiale Prince Edward de Victoria (C.-B.–Yn) étaient en tête avec 19 points, alors que les Néobrunswickois Paul Calhoun et Sandra LeBlanc de la filiale Marysville de Fredericton étaient ex æquo à 17 points avec les Ontariens George Lobert et Safronetz de la filiale Grandview.

Safronetz et Lobert, qui jouent ensemble depuis presque 10 ans, s’étaient placés là parce qu’ils avaient eu beaucoup de chance. « On a laissé nos adversaires en plan, et puis ensuite deux fois en plan » au huitième tour, dit Safronetz. « Quand vous avez des mains de 20 points, la planchette de pointage semble bien longue à vos adversaires. » 

Au dernier tour, le duo du Nouveau-Brunswick s’est mesuré à celui de Terre-Neuve-et-Labrador, John Crisby et Darlene Hunter de la filiale Eastport qui, n’ayant que six points, n’avaient aucune chance d’obtenir le titre. Mais l’équipe du Nouveau-Brunswick pouvait prendre la première place en laissant ses adversaires en plan.

Le hasard a voulu que Safronetz et George Lobert, de la filiale ontarienne Red Rock, se mesurent au duo de la C.-B.–Yn au dernier tour, et il leur fallait laisser leurs adversaires en plan pour finir en première place. Seulement, la chance ne leur a pas souri, et Dillon et Falle de la C.-B.–Yn, gagnants du titre des doubles en 2013 et en 2014, l’ont remporté une fois de plus.

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Le champion des simples, Bob Brenton (à g.) de la filiale Colchester de Truro (N.-É.), serre la main du deuxième, Jake McDougall de la Colombie-Britannique. [Sharon Adams]

Les deux joueurs du Nouveau-Brunswick ont eu la deuxième place aux doubles, mais ils avaient toujours une possibilité d’obtenir une victoire, car ils allaient aussi participer au tournoi des équipes le dimanche. La moitié des divisions avaient envoyé une équipe aux championnats, dans laquelle étaient choisis les joueurs des simples et des doubles. Le Manitoba-Nord-Ouest de l’Ontario, la Colombie-Britannique–Yukon, la Saskatchewan, Terre-Neuve-et-Labrador et l’Île-du-Prince-Édouard avaient envoyé leurs gagnants de chaque catégorie.

Chaque équipe était divisée en deux paires qui jouaient simultanément dans la poule. Le nombre de personnes, spectateurs et joueurs, s’assemblant autour du tableau entre les parties pour faire des calculs mentaux et comparer les scores, a grandi tout au long de la journée.

Il y avait toutefois des joueurs qui ne s’occupaient pas du score : certains par peur de s’attirer le mauvais sort, d’autres parce que c’était trop difficile de suivre le classement qui changeait sans cesse.

« Vous êtes certains qu’on a eu la première place? » a demandé Dean MacLauglin quand l’équipe du Nouveau-Brunswick a décroché le championnat. Le point culminant de la journée a eu lieu à la dernière partie. « On les a laissés en plan, et c’est exactement ce qu’il nous fallait. »

La victoire a été particulièrement agréable pour le duo père-fille Paul Calhoun et Sandra LeBlanc. « C’est la première fois que je viens aux nationaux. Papa m’enseigne le jeu depuis que j’étais toute petite, mais c’est la première fois que je joue avec lui dans une compétition. »

Et c’était encore plus agréable pour son père : « C’est la cinquième fois que je viens aux championnats nationaux, a-t-il dit. J’ai gagné une fois et j’ai été deuxième toutes les autres fois. »

Après avoir été laissée en plan à la dernière manche, l’équipe de la filiale néoécossaise Colchester formée de Stu Hardy, Jim Lynk, Bob Brenton et Connie Whitlock a obtenu la troisième place, derrière celle du Manitoba–Nord-Ouest de l’Ontario, composée de Harvey Dunville, Carl Sodergren, Dave Fall et Robert Richie, de Red Rock, en Ontario. David Fall a eu une main de 28 points, un point de moins que la main parfaite. « C’est formidable, a-t-il dit avec un large sourire. Je joue depuis l’âge de 12 ans, et je n’ai eu une main de 29 points qu’une seule fois. » 

Le tout s’est terminé par un banquet, le dimanche soir. La présidente du comité local des préparatifs, Cathy Kerr, a remercié la vingtaine de bénévoles, en particulier les conducteurs, la présidente des DA, Anne Barratt, et son équipe, ainsi que les traiteurs Gene Young et Melvin Ford, qui était aussi animateur.    

Les éloges pleuvaient au microphone ouvert pour les conducteurs bénévoles organisés par Pat Doyle.

Darrell Webster de la filiale Robert Combe VC de Melville, de la Saskatchewan, a remis un drapeau provincial signé par tous les joueurs à Ross, président de la filiale Charlottetown.


RÉSULTATS  de cribbage

ÉQUIPES : N.-B. (fil. Marysville, Fredericton) 30; Man.–N.-O. O. (fil. Red Rock, Ont.) et N.-É.–Nt (fil. Colchester, Truro, N.-É.) 25; Sask. (fil. Elrose) et Î.-P.-É. (fil. O’Leary, fil. Charlottetown et Souris) 24; Ont. (fil. Thorold) 23; Qc (fil. Montcalm Memorial, Rawdon) 20; C.-B.–Yn (fil. Mount Arrowsmith, Parksville) 18; Alb.–T. N.-O. (fil. Eastern Irrigation District, Brooks) 15; T.-N.-L. (fil. Eastport) 11.

DOUBLES : C.-B.–Yn (fil. Prince Edward, Victoria) 21; N.-B. (fil. Marysville, Fredericton) 19; Man.–N.-O. O. (fil. Grandview) 17; Sask. (fil. Robert Combe VC, Melville) 9; Î.-P.-É. (fil. O’Leary et fil. Charlottetown), N.-É.–Nt (fil. Colchester), Qc (fil. Montcalm Memorial) et Alb.–T. N.-O. (fil. Eastern Irrigation District) 8; Ont. (fil. Thorold) et T.-N.-L. (fil. Eastport) 7.

SIMPLES : N.-É.–Nt (Bob Brenton, fil. Colchester) 13; C.-B.–Yn (Jake McDougall, fil. Vedder Golden) 13; Man.–N.-O. O. (Bob Halayda, fil. Henderson Hwy., Winnipeg) 12; Alb.–T. N.-O. (Lillian Nester, fil. Eastern Irrigation District) 11; Ont. (Michael Theal, fil. Thorold) et Qc (Elaine Dubeau, fil. Montcalm Memorial) 10; Sask. (Georgina Best, fil. Robert Combe VC) et Î.-P.-É. (David Perry, fil. Souris) 9; N.-B. (Roger LeBlanc, fil. Marysville, Fredericton) 8; T.-N.-L. (Cindy Matchim, fil. Eastport) 6.

La botte d’aviateur

On y cachait des outils d’évasion et elle avait été conçue pour
se transformer en chaussure ordinaire.

Lorsqu’on demande à Erin Napier, conservatrice du Canadian Warplane Heritage Museum situé à Hamilton, en Ontario, quel est l’article de sa collection qu’elle préfère, elle nous montre une paire de bottes en cuir qui ont bien servi, et qui appartenaient à James Allward, mécanicien navigant de Lancaster pendant la Seconde Guerre mondiale.

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[Sharon Adams]

Ces bottes à tige haute sont idéales pour leur utilisation principale : tenir l’aviateur au chaud pendant qu’il menait à bien sa mission dans une Europe déchirée par la guerre. Mais elles ont une double personnalité.

« C’est un objet de tous les jours qui peut servir d’article d’évasion, nous explique-t-elle. Si un aviateur sautait en parachute ou survivait à un écrasement, il pouvait se servir d’un couteau caché dans la doublure en laine épaisse et couper la tige de cuir.

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Operation mincemeat: Dans un film fondé sur de faux plans placés sur un cadavre, qui ont réussi à faire croire aux nazis qu’une invasion des Alliés aurait lieu en Grèce plutôt qu’en Sicile.BKBM9K MAN WHO NEVER WAS, THE MWNW 001 POSTER

Il ne lui restait qu’une paire de souliers ordinaires » et non pas des chaussures qui le feraient remarquer. Il pouvait aussi se servir des parties supérieures pour faire un gilet. Les modèles ultérieurs avaient des talons creux où l’on cachait des objets, leurs lacets servaient de scie de Gigli, et leur bout magnétique, de boussole.

La botte est une invention du major Christopher Clayton Hutton (surnommé Clutty). Le ministère de la Guerre britannique l’employait en tant que « théoricien des subterfuges » dans la section 9 de la direction du renseignement militaire (MI9). MI9 créait des articles pouvant servir aux aviateurs abattus et aux prisonniers de guerre à s’évader et à éviter d’être capturés en territoire ennemi. À la fin de la guerre, les aviateurs britanniques avaient une trousse d’évasion de la taille d’un paquet de cigarettes, qu’avait conçue Hutton, et qui contenait de la nourriture, de l’argent, des lames de rasoir, des tablettes de purification d’eau et une gourde.

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Les cartes en soie ne se froissaient pas, on pouvait les compresser dans de petits espaces et s’en servir sans faire de bruit.

Dans les colis de bonnes œuvres fictives livrés aux prisonniers de guerre, il y avait des cadeaux à la Hutton : carte imprimée sur de la soie et déguisée en mouchoir ou cachée dans une pièce de jeu d’échecs, un plateau de jeu ou un disque de phonographe, porte-cigarette télescope, boussole miniature cachée dans un stylo, un crayon ou un bouton, uniforme de rechange aisément transforma-ble en habit civil et où des cartes étaient imprimées à l’encre invisi-ble. Toutes les duperies, exceptée une, ont fini par être découvertes, l’exception étant un plateau de jeu de Monopoly marqué spécialement et où était cachée une trousse d’évasion comprenant des outils, des cartes locales et de l’argent.

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Le cahier de Charles Fraser-Smith contient le nom de plus de 300 sociétés qui fabriquaient des objets de tous les jours où l’on pouvait dissimuler des cartes et des outils d’évasion.

On estime qu’environ la moitié des 30 000 soldats britanniques ou alliés qui ont réussi à s’enfuir des territoires ennemis avaient profité d’un matériel d’évasion de MI9.

« En 1943, les responsables des armées de l’air alliées croyaient que si un aviateur sautait en parachute en territoire occupé, il avait une chance sur deux de rentrer chez lui », écrit l’historien militaire et major-général américain David Zabecki. Il y a eu 200 000 tentatives d’évasion, et bien que la plupart aient échoué, d’importantes ressources ennemies étaient utilisées pour donner la chasse aux évadés, le moral des gens en Europe occupée remontait quand ils aidaient les évadés et les aviateurs reprenaient confiance lors du retour fort célébré de leurs camarades.

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Boussole dans un bouton: Des boussoles miniatures étaient cachées dans des boutons d’uniforme. Pour éviter d’être découverts, ces boutons se dévissaient à l’envers.

Éviter d’être découvert était aussi important pour les espions qui avaient leurs propres concepteurs, dont Charles Fraser Smith, qui inventait des « gadgets Q » pour le Special Operations Executive et qui est considéré par beaucoup comme étant à l’origine de Q, intendant dans les films de James Bond. Les trucs malins de Smith comprennent le briquet cachant un appareil photo miniature, le blaireau de rasage contenant du film et la pipe doublée d’amiante servant au transport de documents secrets.
Il est renommé aussi pour avoir pris part à une opération où un cadavre portant de faux papiers a été largué au large de l’Espagne pour fourvoyer les nazis sur l’inva-sion de l’Italie. Le stratagème a été immortalisé dans le livre et le film The Man Who Never Was et la série récente de la BBC « Fleming : The Man Who Would Be Bond ».

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Les plateaux du jeu de Monopoly envoyés aux prisonniers de guerre étaient plus épais que les autres. Des points sur la surface de jeu indiquaient aux prisonniers où se trouvaient les cartes, les outils d’évasion et l’argent local dissimulés dans le plateau.

Réparer les dégâts

M. Kent Hehr,
nouveau ministre des Anciens combattants,
a promis d’améliorer la qualité
de vie des vétérans en 2016.

Le ministre des Anciens combattants, l’honorable Kent Hehr, le 30e depuis la création du ministère à la fin de la Seconde Guerre mondiale, est fréquemment photographié en manches de chemise, comme s’il venait d’abandonner momentanément une tâche importante et qu’il avait hâte d’y retourner.

Et quelle tâche! Les 15 points dans la lettre de mandat que lui a envoyée le premier ministre Justin Trudeau comprennent l’amélioration de la qualité des services, des soins et du soutien financier, la réouverture de neuf bureaux régionaux et la création de deux centres d’excellence en soins pour anciens combattants.

« J’ai un mandat ambitieux, qui s’inscrit dans ce que je considère comme une bonne politique publique », nous disait-il à la fin de l’année dernière, « un mandat large qui servira les anciens combattants de bien des manières. » Il espère qu’il aura déjà atteint quelques-uns de ces objectifs avant la parution du présent article, et qu’il aura fait d’importantes avancées d’ici la fin de 2016. Il lui faudra beaucoup travailler.

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Le ministre des Anciens combattants, Kent Hehr, à l’occasion de l’hommage annuel de la Ligue canadienne de football aux anciens combattants. [Anciens combattants Canada]

M. Hehr a l’habitude de se remonter les manches et de s’atteler à la tâche. Il lui a fallu travailler dur pour reprendre sa vie en main quand il est devenu quadriplégique à cause d’une balle tirée d’une voiture en 1991, quand il était étudiant et brillant joueur de hockey. Certes, il dépend d’un fauteuil roulant pour aller d’une pièce à l’autre, mais l’énergie pour aller de l’avant et agir lui est propre. « Infatigable » est le mot que les médias de sa ville natale utilisent le plus en parlant de lui. Il a obtenu un baccalauréat en droit en 2001, son deuxième diplôme, et on lui a décerné le titre de diplômé de la décennie à l’Université de Calgary. En plus de s’occuper de son cabinet d’avocat, il s’est tellement engagé à servir la communauté que son nom a été inscrit sur la liste du Calgary Herald des 20 Calgariens à suivre. En 2008, il a été élu à l’Assemblée législative de l’Alberta, où il a été réélu en 2011.

Mais il a vite visé plus haut. « Le travail à l’opposition est un travail honorable, disait-il à l’Edmonton Sun en 2012, mais il faut le reconnaitre, les décisions se prennent à la table des grands », table où il a pris place en 2015, quand Darshan Kang et lui ont été les premiers libéraux élus à Calgary depuis 1968, pendant la première vague de la Trudeaumanie.

Son dévouement envers le travail collaboratif pour le bien commun, sans tenir compte de l’affiliation politique, a souvent été remarqué, et reste sa façon de faire dans ses nouvelles fonctions. L’opinion des groupes qui représentent les anciens combattants le guidera quand il aura des décisions à prendre.

« J’adore leur enthousiasme, ce qu’ils font […] et je les en remercie », dit-il. Mais il est aussi conscient de la charge de plus en plus lourde qu’ils portent. « Nous devons veiller à ne pas nous décharger de nos responsabilités sur le secteur sans but lucratif […]. Au bout du compte, la responsabilité incombe à Anciens combattants. »

Il rebâtit aussi des ponts avec les employés d’ACC qui selon lui ont été « traumatisés » par une dizaine d’années de réductions budgétaires et de pertes d’emplois.

M. Hehr donne l’impression de préférer une discussion avec des électeurs et des activistes dans une brasserie plutôt qu’un grand restaurant en compagnie de personnalités politiques. L’ancien premier ministre conservateur Joe Clark, qui a représenté la même circonscription que lui (Calgary-Centre) de 2000 à 2004, est un de ses héros.

« Il m’a toujours semblé être une personne de principe, » écrivait-il dans une lettre pu-bliée dans le Calgary Herald. « C’est ce genre d’intégrité que je m’engage à apporter à la Chambre des communes. »

« J’ai un mandat ambitieux,
qui s’inscrit dans ce que je
considère comme une bonne
politique publique. »

Mais c’est aussi un réaliste :
« La politique, c’est l’art du possible, dit-il. On ne peut pas prendre de décision sans justification factuelle. Prouvez-moi que cela a du sens du point de vue politique et financier. […] Que puis-je obtenir du Conseil du Trésor, qu’est-ce qui est raisonnable? Qu’est-ce qui fait avancer le dossier […]? »

Alors M. Hehr fait attention à ce qu’il promet. Certaines choses, comme l’embauche et autres efforts pour rouvrir les bureaux régionaux, arriveront rapidement. Il faudra peut-être plus longtemps pour marier la Nouvelle Charte des anciens combattants et la Loi sur les pensions pour offrir le choix de pensions d’invalidité à vie. La rétroactivité sera étudiée pendant le processus, a-t-il déclaré.

« Est-ce que ce sera parfait? Non, mais je vous assure que ce sera mieux. » Il a déclaré qu’il ne sera pas parfait lui non plus. « Je vous avertis tout de suite que je vais faire des erreurs, écrivait-il dans sa lettre au Herald. Probable-ment beaucoup. Ce sera comme la courbe d’apprentissage abrupte que vous m’avez vu gravir en tant que nouveau député provincial. Mais je vais aussi faire de bonnes choses. »

Parmi ces choses, il y a le changement de culture de travail à ACC qu’on y demandait : la culture « d’attention, de compassion, et de respect » promise par le sous-ministre d’ACC Walter Natynczyk au Forum de recherche sur la santé des militaires et des vétérans canadiens de 2015.

Si M. Hehr atteint la plupart de ses objectifs, les anciens combattants seront en droit d’espérer que son mandat soit plus long que ce qui est devenu la norme, ces derniers temps. Depuis 1993, le mandat des ministres d’ACC a été réduit au point où la moyenne n’est même pas d’un an et demi – six mi-nistres ayant siégé pendant moins d’un an –, le plus long ayant été de presque quatre ans. En revanche, les 15 premiers avaient occupé leur poste de ministre d’ACC en moyenne pendant un peu plus de trois ans, les deux plus longs ayant duré sept ans.

« C’est la chose la plus fantastique que je vais avoir l’occasion de faire de toute ma vie, dit M. Hehr. Je serais vraiment heureux d’être ministre des Anciens combattants pendant les quatre années de ce gouvernement. Mais ce n’est pas à moi que la décision revient. J’exerce mes fonctions à la discrétion du premier ministre. »

Le fusil Ross

Ross

UN BEAU SPÉCIMEN, un fusil Ross de troisième série. [MCG/19750021-015]

Les fantassins avaient horreur de cette arme
de la Première Guerre mondiale fabriquée
au Canada, tandis que les tireurs
d’élite l’adoraient.

À la fin de la guerre d’Afrique du Sud, le Canada n’a pas réussi à persuader la Grande-Bretagne qui était alors à court d’armes de lui fournir des fusils Lee-Enfield, ni même une licence pour en fabriquer. Comment ce pays tout neuf allait-il pouvoir armer ses soldats, ses policiers et ses mili-ciens? L’industriel et passionné d’armes sir Charles Ross s’est alors présenté, et il a proposé de bâtir une fabrique à Québec pour produire un fusil de sa conception. Le gouvernement a commandé 12 000 fusils qui devaient être livrés en 1903.

La conception à tir droit et verrou du fusil promettait un tir plus rapide que celui du Lee-Enfield, puisqu’il n’était pas nécessaire de faire un quart de tour à la main. Sa précision lui a valu l’appui indéfectible de Sam Hughes, tireur de précision pas-sionné et ministre de la Milice et de la Défense entre 1911 et 1916. Les essais ont révélé des problèmes, comme le coincement des verrous au bout d’un certain nombre de tirs, mais Ross a promis que tout serait corrigé à la fabrication. C’était la première d’une longue série de modifications apportées au concept de départ.

Les premiers soldats canadiens et terre-neuviens étaient armés des fusils Ross quand ils sont partis en guerre. Les tireurs d’élite adoraient leur précision. Toutefois, ils étaient usinés trop précisément pour la variation des munitions produites en masse par les Britanniques, et les fantassins n’arrivaient pas à en assurer la propreté dans la crasse des tranchées.

Ross 7

Le tireur d’élite Francis Pegahmagabow [John Boyd/BAC/PA-061466;]

Plusieurs fusils se sont enrayés à la bataille de Neuve Chapelle, en mars 1915. Le laiton mou des cartouches britanniques se dilatait et elles se coinçaient dans la chambre; en outre, la boue enrayait le mécanisme. À Ypres, au mois d’avril, certains soldats se servaient d’une botte ou d’une pelle pour faire jouer le mécanisme. Un officier a écrit : « Ce n’est ni plus ni moins qu’un meurtre que d’envoyer un soldat au combat avec une telle arme. »

Ross 6

Des soldats échangeant leur fusil Ross au camp Barriefield de Kingston, en Ontario, en 1915. [Archives de la ville de Vaughan]

Certains des soldats jetaient leur fusil Ross, surnommé « Canadian club » (gourdin canadien, NDT) pour ramasser un Lee-Enfields tombé des mains d’un allié, malgré la consigne de ne pas le faire.

Quand un problème était surmonté, d’autres se posaient. Les premiers modèles ont été munis d’une chambre plus grande où l’on pouvait mettre des munitions de plus gros calibre, puis un problème de fabrication a surgi : les pièces des nouveaux modèles étaient trop serrées à l’usine, ce qui déformait la chambre. Parmi les modifications qui ont suivi, il y a eu le durcissement du métal de la tête du verrou et l’installation d’un boulon d’arrêt plus gros.

Malgré le fait que le fusil qui se coinçait ébranlait la confiance des fantassins, les tireurs d’élite l’adoraient. Il était de très grande précision entre les mains des tireurs d’élite Henry Louis Norwest, Métis de Fort Saskatchewan, en Alberta, et Francis Pegahmagabow, Otchipwe de l’Ontario. La Médaille militaire a été décernée à Pegahmagabow pour ses exploits aux batailles d’Ypres, de Festubert et de Givenchy. Il a mérité une barre à sa médaille à Passendale et une autre à la bataille de la Scarpe. C’était un éclaireur superbe et un tireur de grande précision, et on lui attribue la mort de 378 ennemis et la capture de 300 autres; il est censé détenir le record de tireur de la guerre, des deux côtés de la ligne de démarcation. La Médaille militaire a été décernée à Norwest à la crête de Vimy, où ses tirs de précision ont sauvé un grand nombre de vies, et il a obtenu une barre en 1918. Il aurait tué quelque 115 soldats ennemis.

En juin 1916, le maréchal britannique Douglas Haig a ordonné aux troupes canadiennes de remplacer leurs fusils Ross par des Lee-Enfield. Hughes l’impolitique
a été remplacé à son poste de mi-
nistre en 1916, et le gouvernement fédéral a exproprié l’usine de Ross l’année suivante. Diverses versions du fusil Ross ont continué de servir à l’entrainement et pendant la Seconde Guerre mondiale.

Ross 3

L’usine à fusils Ross à Québec. [MCG/20030011-133]

420 000
Nombre de fusils Ross produits

20 Nombre de tirs par minute

3,9 kg Poids

5 Nombre de versions conçues entre 1903 et 1914


Ross 5

Sir Sam Hughes s’est fait le champion du fusil Ross fabriqué au Canada, et il s’est fait critiquer vertement quand il l’a défendu malgré le nombre croissant de preuves de ses lacunes en situation de combat.

 

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Des soldats du 127e Bataillon (12th York Rangers) en 1916. [Archives de la ville de Vaughan; BAC/74187; ]

25,4 cm
Longueur de la baïonnette

28 $
Prix payé pour chaque fusil par les pourvoyeurs du Newfoundland Regiment


Ross 2

Un soldat et son fusil au repos. [BAC/PA-107378]

25,4 cm
Longueur de la baïonnette

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