Les jeunes athlètes ramassent le gant

En un matin frisquet, les ados regorgeant de santé, de résolution et, pour l’occasion, de nervosité, forment un tableau merveilleux en s’entrainant en vue des compétitions au Canada Games Stadium de l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard, à Charlottetown, lieu des Championnats d’athlétisme de la Légion pour la jeunesse canadienne. On dirait qu’ils se réchauffent sur le velours.

LE PREMIER PRIX DES FONDATEURS POUR L’ESPRIT ET LA VISION

Le comédien de théâtre, de télévision et de cinéma Paul Gross est le premier récipiendaire du Prix des fondateurs de la Légion royale canadienne. L’annonce a été faite en juin par la présidente nationale Pat Varga, à l’occasion du 44e Congrès national qui avait lieu à Halifax.

Les joueurs de fléchettes mécontents du règlement

Les Ontariens étaient bien placés pour faire table rase aux Championnats nationaux de fléchettes de 2012, à la filiale North Vancouver, prenant part, du 4 au 6 mai, aux dernières parties dans les catégories des simples, des doubles et des équipes, mais en fin de compte ils ont partagé la gloire avec les joueurs de l’Alberta–Territoires du Nord-Ouest et du Nouveau-Brunswick.Les matchs étaient serrés : il y avait des égalités pour la deuxième place chez les simples et pour la première chez les doubles. « Le degré de compétition est fantastique, ici », dit Kerry Howe de la filiale ontarienne Everett.

VIMY : À TRAVERS LES GÉNÉRATIONS

Le silence règne dans les champs qui entourent le Mémorial national canadien de Vimy, à quelque 175 kilomètres au nord de Paris. Les champs de bataille criblés de trous où 100 000 Canadiens se sont battus il y a 95 ans ont été adoucis par le temps, les murs effondrés des tranchées sont habillés d’herbes, et ils sont entourés par une forêt aux verts printaniers. C’est un contraste avec le terrain neutre boueux, les cratères d’obus pleins d’eau et les souches d’arbre éclatées qu’il restait après la pluie métallique de plus d’un million d’obus tombée pendant la bataille de la crête de Vimy, en avril 1917.

Les députés en faveur de l’augmentation des avantages de funérailles et d’inhumation

Un comité de la Chambre des communes s’est uni aux gens qui demandent une augmentation des versements et l’élargissement de l’admissibilité concernant les avantages de funérailles et d’inhumation.

Dans son rapport Commémoration au 21e siècle, le Comité permanent des anciens combattants a recommandé des modifications au programme de funérailles et d’inhumation qui procure un soutien financier aux familles des anciens combattants en couvrant certaines dépenses. Le programme de 9,3 millions de dollars est financé par Anciens Combattants Canada (ACC) et administré par le Fonds du Souvenir.

Tous les anciens combattants qui meurent des suites d’une blessure ou d’une maladie liée au service ont droit à une assistance d’ACC relative aux funérailles et à l’inhumation.

Tout vétéran de la Seconde Guerre mondiale ou de la guerre de Corée dont la succession ne suffit pas pour obtenir des services appropriés a aussi droit à une assistance telle que déterminée par une évaluation des moyens. Les anciens combattants plus récents recevant un soutien du revenu lié au service y ont droit aussi si l’évaluation des moyens confirme leur admissibilité. D’après ACC, 152 vétérans de la guerre de Corée ont reçu une assistance en 2010-2011, une diminution par rapport aux 155 qu’il y avait en 2009-2010 et aux 164, en 2008-2009.

Le Comité a recommandé d’élargir les critères d’admissibilité, d’augmenter la déduction utilisée pour le calcul de la valeur nette des avoirs et d’ajouter un ajustement du cout de la vie, en plus de remplacer la liste des dépenses admissibles par un versement forfaitaire « augmenté raisonnablement » et ajusté en fonction de l’inflation.

« Nous sommes en train d’examiner les recommandations et nous rendrons compte au comité », dit le ministère dans un courriel qu’il nous a envoyé. Les recommandations ont été présentées au Parlement le 12 décembre et le gouvernement doit y répondre dans les 120 jours qui suivent.

« Il s’agit d’une question urgente pour les vétérans de la Seconde Guerre mondiale et pour ceux de la guerre de Corée, dit la directrice du Bureau d’entraide de la Direction nationale, Andrea Siew. Il faut augmenter le plus rapidement possible le montant accordé pour les funérailles. » Le nombre de ces anciens combattants diminue d’environ 2 000 par mois.

« Pour les anciens combattants et les familles qui sont les plus vulnérables, il s’agit d’un gros montant d’argent, mais pour le gouvernement du Canada, il s’agit d’un petit montant, déclare Siew. Il y a assez d’argent dans le budget pour faire ces modifications. »

Le budget d’ACC de 2011-2012 prévoyait une diminution de ses octrois au Fonds du Souvenir, passant de 14,98 à 10,98 millions de dollars en raison de la baisse du nombre d’anciens combattants qui y ont droit. Le budget total du ministère s’élève à 3,5 milliards de dollars.

Au Congrès national de 2010, la Légion royale canadienne a demandé qu’on augmente les avantages maximaux admissibles des services funéraires de 3 600 $, fixés en 2001, pour que leur montant soit équivalent aux 12 700 $ des Forces canadiennes (FC) et de la Gendarmerie royale du Canada. La Légion a aussi demandé que les vétérans des FC dont les moyens sont insuffisants obtiennent des avantages de funérailles et d’inhumation égaux à ceux des membres des FC tués en service.

Le maximum de 3 600 $ « n’équivaut pas au cout moyen des funérailles au Canada », dit l’ombudsman des vétérans, Guy Parent, dans son rapport annuel. Après un examen qu’il a mené en 2009, il recommandait que les dépenses de funérailles et d’inhumation reflètent les normes de l’industrie et soient indexées afin qu’elles suivent l’augmentation des prix.

La Légion a aussi demandé que l’exemption de succession des survivants ou personnes à charge soit fixée au moins au seuil de la pauvreté déterminé par Statistique Canada, et qu’elle tienne compte des augmentations du cout de la vie. En 1995, l’exemption de succession a été réduite de 24 030 $ à 12 015 $, excluant la maison et l’automobile. Dans le rapport de l’ombudsman, il est recommandé que l’exemption reflète « les niveaux des revenus et des couts d’aujourd’hui ».

La Légion demande qu’on abandonne les exigences d’admissibilité complexes, faisant remarquer que celles dont on se sert actuellement sont contraires au « principe des besoins » d’après la nouvelle Charte des anciens combattants. L’ombudsman recommande aussi de remettre un montant forfaitaire aux familles plutôt que de rembourser des dépenses précises.

Un rapport sur les jalons militaires

Le Comité permanent des anciens combattants de la Chambre des communes a formulé certaines recommandations, dont la commémoration publique de la guerre des Bœrs, l’érection d’un monument national en l’honneur d’un héros militaire afro-canadien et la création d’un comité consultatif fédéral pour « assurer la commémoration adéquate » des centenaires de la Première Guerre mondiale.

Le rapport Commémoration au 21e siècle a été publié pour « amorcer une réflexion sur l’avenir de notre devoir collectif de mémoire », a affirmé le député conservateur Greg Kerr, président du Comité.

Les contributions militaires négligées jusqu’à présent sont nombreuses, est-il indiqué dans le rapport, dont celles-ci :

•  La guerre des Bœrs (appelée aussi la guerre d’Afrique du Sud), le premier conflit outre-mer auquel le Canada a envoyé des troupes.

•  Les contributions militaires d’Afro-Canadiens, comme celles du matelot de 2e classe William Hall à qui la Croix de Victoria a été décernée pour sa bravoure lors de la Rébellion indienne de 1857. Le comité suggère qu’un buste à son effigie soit ajouté au Monument des Valeureux, le groupe de bustes et de statues en pied honorant les héros militaires à Ottawa.

•  Le maintien de la paix canadien pendant le guerre froide. Des milliers de Canadiens ont pris part à plus de 50 missions des Nations Unies et de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord dont le danger a souvent été minimisé ou n’a pas été rapporté.

Anciens Combattants Canada (ACC) favorise la commémoration du service et du sacrifice des Canadiens en temps de guerre ou de paix au moyen du programme Le Canada se souvient, qui sert à appuyer la construction et l’entretien des monuments et des cimetières, ainsi que les cérémonies et autres évènements de commémoration publics.

Les programmes de commémoration du 110e anniversaire de la fin de la guerre d’Afrique du Sud « seront annoncés prochainement », était-il mentionné dans un courriel qu’ACC nous a envoyé.  Le ministère prépare aussi un programme de commémoration au Canada et outre-mer sur le centenaire d’évènements de la Première Guerre mondiale.

« Ces initiatives serviront à mieux faire comprendre aux Canadiens l’importance des sacrifices et des accomplissements canadiens lors de la Première Guerre mondiale, ainsi que leurs répercussions sur le développement du Canada », dit ACC.

Dans son rapport, le Comité dénonce le manque d’histoire militaire canadienne dans les programmes scolaires. Il recommande que le fédéral continue d’appuyer les musées et les programmes éducatifs pour informer les Canadiens sur leur histoire militaire.

Bien recevoir la collectivité à la filiale Chomedey

La filiale Chomedey de Laval, au Québec, a une formule élémentaire pour maintenir la stabilité du sociétariat : recevoir la collectivité entre ses murs pour s’amuser.

Une collectivité au nord de Montréal, « c’est un endroit où les gens peuvent se faire de nouveaux amis », dit le président, Christopher Wheatley. Les gens viennent lancer quelques fléchettes, jouer un peu au billard ou à quelques parties de cribbage, gouter au souper régulier du dimanche soir et danser; et certains deviennent membres.

« Je ne sais combien de membres nous avons recrutés grâce au souper dansant au cours des années, dit-il. La première fois que nous avons organisé la ligue de fléchettes de l’après-midi, 20 personnes sont venues et je pense que quatre sont devenues membres. »

Don Paradis, officier d’entraide, est d’accord avec lui. « Nous avons ouvert nos portes à tous, et nous avons réussi à empêcher le déclin du sociétariat. »

La filiale Chomedey, à l’instar de beaucoup d’autres, avait été instituée dans l’enthousiasme, mais, par la suite, elle fut menacée par la diminution du nombre de ses adhérents. Quand une charte lui a été accordée, en 1963, il n’y avait que 17 membres et pas d’endroit qui lui appartienne en propre, mais elle réussit à louer un local au bout de deux ans. Elle prit de l’ampleur au point où, peu après, les locaux qu’elle louait rue Principale ne lui suffisaient plus et, en 1972, elle avait amassé assez de fonds pour l’achat d’un édifice à deux étages au 2000 du boulevard Curé-Labelle.

Cependant, une décennie plus tard, les finances n’étant pas aussi roses, elle vendit son édifice en 1986, loua des locaux du nouveau propriétaire, et investit la recette de la vente. Mais « nous n’avons jamais déménagé », dit le président sortant, Howard Tyers.

Quand le nouveau propriétaire déclara faillite, en 1992, la fi­liale racheta l’édifice presque au même prix qu’elle l’avait vendu, et elle put profiter de l’intérêt touché pendant que ses fonds se trouvaient dans un compte à intérêt élevé.

La filiale loue maintenant le rez-de-chaussée, ce qui lui donne suffisamment de capital pour payer l’impôt foncier. Les membres ont fini de payer l’hypothèque en 1999. Au deuxième étage, la filiale a assez d’espace pour une grande cuisine, des bureaux, un entrepôt, une bibliothèque, une salle de réception de 2 500 pieds carrés et un vaste lieu de détente.

Helga Vézina a été témoin de bien des modifications à la fi­liale depuis qu’elle s’est inscrite aux dames auxiliaires (DA), en 1975, un an après que son mari eut adhéré à la filiale. « J’ai vu beaucoup de projets, dit-elle. À un moment donné, les choses n’allaient pas très bien, mais ça va bien maintenant. »

L’adhésion est aussi une affaire de famille pour les sœurs Claudette et Janet Adams, qui sont devenues dames auxiliaires au milieu des années 1990. Claudette était présidente en 2000. Comme Vézina, elles sont devenues membres de la filiale dix ans après, quand le sociétariat des DA est devenu trop petit.

Claudette règne encore dans la cuisine, où, avec l’aide d’une poignée de bénévoles enthousiastes, elle s’occupe des soupers du dimanche pour 60 à 80 personnes. Le menu est différent chaque semaine, et on invite un artiste musicien.

La cuisine bouillonne d’activités joyeuses quand les bénévoles se rassemblent. « On aime ça, affirme Claudette Adams. On s’amuse beaucoup, et c’est très important. On est tous des bénévoles, alors tout l’argent qu’on ramasse revient à la filiale. » Même au bar, le travail est fait par des bénévoles.

La filiale a beaucoup de projets en cours : elle appuie les bonnes œuvres locales, les groupes de jeunes, les scouts et les cadets, et elle contribue aux hôpitaux de l’endroit. Elle a organisé des collectes de fonds pour les œuvres de la communauté, y compris Le Réseau Enfants Retour Canada, la Starlight Foundation et la Société Alzheimer.

Les activités des membres ont changé au cours des années. Dans les années 1980, il y avait les quilles, les équipes de baseball et les « danses associées » populaires, appelées ainsi parce qu’elles attiraient les membres associés, plus jeunes, qui aimaient la musique rock forte. Le programme de sports des membres d’aujourd’hui comprend le jeu du huit, le bridge, le golf, les fléchettes et le cribbage.

La filiale a organisé les championnats de fléchettes provinciaux une fois et les Championnats nationaux de cribbage deux fois. Brigitte Bourbonnière, une des organisatrices de l’épreuve de cette année, qui s’occupe de la ligue de cribbage de la filiale depuis 2008 a recruté des joueurs jusqu’à ce que la ligue compte environ 70 joueurs. « Bien entendu, ils ne viennent pas tous à chaque réunion », dit-elle, mais il y en a suffisamment pour qu’on ait une bonne compétition chaque semaine.

Toutefois, c’est le service aux anciens combattants et le respect de la tradition commémorative qui motivent la filiale. Plus d’une demi-douzaine de membres vont voir, chaque mois, quelque 400 anciens combattants à l’Hôpital Ste-Anne de Ste-Anne-de-Bellevue. « Nous visitons toutes les pièces de tous les étages », et nous distribuons des gâteries, dit Paradis. L’invitation de deux dizaines d’anciens combattants de Ste-Anne à un repas accompagné de divertissements est un des moments les plus excitants de chaque année. On demande souvent à la filiale de fournir des gardes du drapeau à des funérailles.

La filiale est très fière de son nouveau cénotaphe qui a été dévoilé à la mairie de Laval en 2010. « Nous avons modernisé le cénotaphe original, ajouté des détails », nous explique l’ancien président, Les Stockwell.

C’était une idée de Kevin Gillan, un résident de Laval qui a déménagé à St. Marys (Ont.). Il avait été impressionné par la maçonnerie en pierre de sa nouvelle filiale et avait imaginé quelque chose de semblable à Laval. C’est ainsi qu’a commencé la collaboration interprovinciale des deux filiales séparées par 700 kilomètres. Le nouveau cénotaphe, conçu et construit en Ontario, est en granite donné par la ville, tandis que la filiale Chomedey s’est occupée des négociations avec la mairie et a coordonné le déménagement du vieux cénotaphe du 4e Bataillon au manège du Royal 22e Régiment situé à Laval.

Les élus de la localité et les représentants séniors de la Légion royale canadienne et du Royal 22e Régiment ont assisté à la cérémonie du dévoilement, qui comprenait un dépôt de couronnes, ainsi qu’au buffet qui suivit à la filiale.

Cette dernière organise aussi la cérémonie locale tous les 11 novembre. « Le Royal 22e Régiment défile avec nous », dit Paradis. Et ensuite, la filiale les reçoit à bras ouverts. « Il y en a 150 ou 200 qui acceptent de se joindre à nous » pour le buffet. Il y en a quelques-uns qui, chaque année, les gratifient en faisant augmenter le nombre de membres.

De jeunes écrivains et artistes s’inspirent d’histoires familiales

L’affiche en noir et blanc qui a décroché le premier prix aux concours littéraires et d’affiches de la Légion royale canadienne de 2011 comporte en gros plan l’œil larmoyant d’une personne âgée. Dans cet œil est profilé un soldat en tenue de combat sur un fond d’explosion. À cette image s’ajoute un poème : « Au champ de bataille autrefois piétiné coulent ces larmes commémoratives que nous devrions tous verser. »

Son créateur, Tim MacDonald de Malagash (N.-É.), élève de 12e année âgé de 18 ans dont l’œuvre est passée par la filiale Pugwash, dit qu’il a « délibérément omis d’indiquer une guerre ou un conflit en particulier ». Le sacrifice et le service, tout comme le chagrin, n’appartiennent pas qu’à une seule guerre ni à une seule génération. Mais, ajoute-t-il, « on pourrait dire que, d’une génération à l’autre, les souvenirs s’estompent; soit les histoires ne sont pas racontées, soit personne n’écoute ».

Plusieurs des gagnants des concours de 2011, dans le cadre desquels plus de 100 000 œuvres ont été présentées, ont raconté des histoires personnelles sur le service et le sacrifice d’un membre de leur propre famille, et d’autres ont rendu hommage à ceux qui ont payé, et ceux qui paient encore, le prix de notre liberté à tous.

MacDonald dit que « les jeunes d’aujourd’hui [captivés par la télévision, les ordinateurs et les messages textes] n’écoutent plus autant qu’avant les ainés qui ont été les témoins de tout cela, qui l’ont vécu. J’essaie d’encourager les gens à y réfléchir, et au moins à verser une larme avec ceux qui l’ont enduré ou en l’honneur de ces derniers. »

Deux grands-oncles de MacDonald ont fait l’ultime sacrifice à un jeune âge : les frères Beldon et Burton Treen. Beldon, sergent suppléant des First Canadian Mounted Rifles du Saskatchewan Regiment, tué à la bataille de la crête de Vimy, le 9 avril 1917, à l’âge de 28 ans, git au cimetière canadien no 2 de Neuville-Saint-Vasst, en France. Quatre mois plus tard, lors des féroces combats qui eurent lieu à la colline 70, près de Lens, Burton fut aveuglé et blessé par une bombe à gaz moutarde. Rapatrié en Nouvelle-Écosse, il mourut des séquelles du gaz deux ans plus tard, à l’âge de 21 ans et fut enseveli au cimetière de Malagash.

Laura Howells, élève âgée de 16 ans, en 11e année au St. Bonaventure’s College de St. John’s (T.-N.), qui a obtenu la première place de la catégorie poésie séniore, a aussi tiré parti des expériences d’un membre de sa famille : son grand-père, David Stinson, vétéran du Vietnam. La filiale Pleasantville de St. John’s avait soumis son œuvre.

Le meilleur ami de Stinson est mort le jour où naissait la mère de Laura. « Il ne parle jamais de ses expériences militaires, dit Howells. Il ne révèle que ceci : […] son meilleur ami, atteint d’une balle au visage, lui saignait dessus. Il refuse d’en dire plus. » Quoi qu’il en soit, Howells interprète les sentiments profonds dans son poème sur « l’hommage singulier à son passé sombre et tabou », dans une salle où « entouré de médailles et de fierté, le précieux drapeau est en berne ».

Les cartes de la victoire aux Championnats de cribbage

Le chiffre deux était à l’honneur aux Championnats nationaux de cribbage de 2011, qui ont eu lieu à la filiale Chomedey de Laval (Qc) du 29 avril au 1er mai. Deux équipes du Canada atlantique ont remporté un trophée national pour la deu­xième fois et c’est la deuxième fois que la filiale Chomedey organisait les compétitions, l’ayant fait pour la première fois en 2002.

L’équipe envoyée par la filiale Marysville de Fredericton, qui avait gagné dans la catégorie des équipes en 2010, a obtenu le titre des doubles en 2011.

« Si vous avez la chance [d’assister aux championnats nationaux] une fois dans votre vie, c’est déjà génial », dit Roger LeBlanc de la filiale Marysville. « Nous sommes chanceux d’avoir pu venir, et encore plus deux années de suite », ajoute Dean McLaughlin, son partenaire dans la catégorie des doubles. C’est la troisième fois d’affilée que la filiale envoie une équipe à la compétition nationale.

La filiale Dermot Lee Memorial a envoyé une équipe aux championnats nationaux cinq fois depuis 2003, qui toutes comprenaient des membres du clan Corcoran de St. Mary’s Bay (T.-N.). L’équipe de 2011 était composée de Brian Hayward ainsi que de William, Wayne et Paul Corcoran. William et son neveu Paul étaient également deux des champions de l’équipe en 2005. Quand on lui a demandé à quoi il attribuait la victoire, Wayne a ri et répondu du tac au tac : « Le rhum Lamb’s », mais il s’est tout de suite repris et dit que c’est grâce à tout le temps que ses membres ont passé à jouer ensemble.

Plusieurs joueurs et des membres de leur famille, venant de tous les coins du pays, ont atterri le vendredi à Montréal où les attendaient les chauffeurs bénévoles pour les conduire à 20 kilomètres de là, à leur hôtel et à la filiale hôtesse Chomedey. Les visiteurs ont eu la chance de revoir leurs amis et de s’en faire de nouveaux le vendredi soir autour de la table de billard de la filiale, et au déjeuner, le lendemain, avant le début du programme officiel. Après le défilé, aux cérémonies d’ouverture, des couronnes ont été déposées par le président,

Christopher Wheatley, et le représentant du Comité national des sports, Paul Poirier, qui a aussi lu l’Acte du souvenir.

Les jeux ont commencé peu après. Chaque équipe a joué neuf matchs de deux parties. Une victoire donnait un point, avec un autre point pour un sconse et encore un pour le sconse double; « ça mène tout droit aux égalités », dit Poirier. En effet, à la fin de la huitième partie de chaque compétition, il semblait qu’une série éliminatoire aurait lieu, car il y avait trois équipes à égalité chez les simples et chez les équipes, ainsi que des égalités pour les première et deuxième places chez les doubles. Mais l’équipe gagnante, dans chaque cas, est parvenue à remporter le match final en inscrivant deux points.

Les jeux avaient commencé le samedi matin par la compétition des doubles. L’équipe de l’Alberta–Territoires du Nord-Ouest, provenant de la filiale Bashaw, et celle de la Saskatchewan, de la filiale Carrot River, menaient à neuf points chacune au moment médian, et elles étaient suivies par celles du Québec et de Terre-Neuve-et-Labrador qui en avaient huit chacune. Mais les choses ont changé peu après le diner, quand les Néo-Brunswickois LeBlanc et McLaughlin ont remporté les quatre matchs restants, et fini en première place à 15 points.

« On a perdu les deux premières parties (avec le Québec) et on a dû se rattraper après ça », dit LeBlanc. Au moment médian, « l’Alberta et la Saskatchewan avaient neuf points chacune et on n’en avait que six, mais l’important, c’est qu’on les a battues quand on a joué avec les deux ».

Jim Sisson de la Saskatchewan n’a pas boudé à la besogne le samedi : il a joué trois douzaines de parties d’affilée, finissant en deuxième place chez les doubles avec son partenaire Ken Campbell avant de remporter le championnat chez les simples grâce à un total de 15 points. Il a dépassé Robert Michaud de la filiale Hon. John Diefenbaker de Laval, même si Michaud l’avait battu 2-1 quand ils s’étaient mesurés l’un à l’autre.

« J’ai joué avec constance toute la journée », dit Sisson, qui travaille dans une mine d’or de Dawson (Yukon). C’est la première fois qu’il participait aux championnats provinciaux et nationaux, et il s’est tellement amusé qu’il va réunir une équipe pour l’an prochain afin de pouvoir entrer en lice à nouveau.

La compétition par équipe, le dimanche, « a été très serrée », dit Larry Belyea de la filiale Marysville, qui avait espéré remporter le trophée des équipes deux fois d’affilée avec ses coéquipiers, mais qui a dû se contenter de la deuxième place. C’est la deuxième fois qu’il prenait part aux nationaux. « La première fois que j’ai joué, c’était à Moncton, et 21 ans ont passé avant que je revienne. »

Les équipes de quatre personnes étaient partagées en divisions A et B pour la compétition par équipe, puis leurs scores étaient additionnés. Les Terre-Neuviens ont inscrit leur seul zéro au premier match de la journée et, au milieu de la journée, ils étaient loin derrière l’équipe britanno-colombienne de la fi­liale Lumby, qui se trouvait en première place grâce à ses 16 points, deux de plus que celle du Nouveau-Brunswick dont la performance avait été constante.

Par contre, le tableau n’avait plus le même ordre en après-midi. Une série de victoires doubles et plusieurs sconses dans les quatre dernières parties ont donné 27 points aux Terre-Neuviens, et la victoire. Bien que ses résultats se soient améliorés constamment après la pause, la C.-B. s’est mise à inscrire des zéros et elle a terminé en troisième place avec un score de 24 points, derrière le Nouveau-Brunswick qui en avait 25.

Comme à toutes les épreuves nationales de la Légion, les championnats de cribbage de 2011 ont compté des moments excitants, drôles et conviviaux.

L’excitation a eu lieu lorsque le Terre-Neuvien Wayne Corcoran et la Québécoise Madonna Boch ont eu des mains de 28 points, un seul point de moins que la main parfaite, ce qui n’arrive que très rarement dans la vie d’un joueur de cribbage.

Carl McNea de la filiale néoécossaise Stewiacke avait apporté la médaille qu’il avait obtenue pour une main parfaite pour qu’elle lui en donne une autre, mais cela ne s’est pas produit. Il s’est plutôt réjoui d’une réunion inattendue avec sa cousine par alliance Dorothy MacNutt, qui faisait partie de l’équipe de la filiale ontarienne Mackenzie de Woodbridge. Ils ne s’étaient pas vus depuis au moins cinq ans. « Je ne savais même pas qu’elle était membre de la Légion », dit McNea, bien que MacNutt soit légionnaire depuis 34 ans alors que lui l’est depuis 20 ans. Le clan Corcoran aussi s’est réuni : le fils de William, Keith, était venu de Fort McMurray (Alb.) en avion et l’homonyme de Wayne, de Guelph en voiture.

Nombre d’équipes ont profité des pauses entre les parties pour visiter Laval ou Montréal, souvent conduits par les chauffeurs bénévoles de la filiale. Albert Rose de la filiale ontarienne Kenora a remercié le chauffeur bénévole de Chomedey, Dean McKay, qui a fait beaucoup pour que l’équipe du Manitoba–Nord-Ouest de l’Ontario ait du bon temps. « Dean nous a très gentiment transportés partout en ville. » Les femmes, particulièrement, ont pro­fité de la promenade en calèche dans le vieux Montréal et tous ont bien mangé « au meilleur kiosque à hotdogs de la ville, le Montreal Pool Room » qui existe depuis 1912.

Les évènements se sont terminés par un banquet dansant où les visiteurs ont été encouragés à danser le continental, une danse de groupe évocatrice de la danse en ligne western. Poirier a remercié le Comité des préparatifs locaux présidé par Bob Graves et composé de Les Stockwell, Wheatley, McKay, Maurice Fortin, Pat Vezina, Janet Adams et Brigitte Bourbonnière. Cette dernière, qui a servi dans les Forces canadiennes de 1989 à 2005, dirigeait les compétitions les samedi et dimanche avec le concours de Poirier et de Norman Shelton de la Division du Québec. Poirier a aussi remercié le commanditaire Bicycle Cards qui a fourni les cartes et les tableaux pour les compétitions et donné 1 500 $ à la filiale pour l’aider à défrayer les couts.

Plusieurs orateurs ont félicité le personnel cuisinier, dirigé par les sœurs Claudette et Janet Adams, pour les bons déjeuners et diners ainsi que le banquet final. L’équipe de Terre-Neuve surtout a apprécié la mortadelle servie au déjeuner.

Poirier a remis à cette équipe une affiche servant à l’annonce du championnat qu’avaient signée tous les participants. Darrell Webster de l’équipe saskatchewannaise a offert un drapeau de la ville de Melville pour accompagner le drapeau provincial à l’honneur à la filiale depuis 2002. Son coéquipier Harry Parachoniak, qui avait joué à la filiale en 2002, a aussi offert à cette dernière une plaque d’immatriculation de Melville.

Le Terre-Neuvien Wayne Corcoran a résumé la fin de semaine ainsi : « La camaraderie était parfaite. »

Résultats

ÉQUIPES : T.-N.-et-Lab. (fil. Dermot Lee Memorial de Riverhead), 27; N.-B. (fil. Marysville de Fredericton), 25; C.-B.–Yn (fil. Lumby), 24; Î.-P.-É. (fil. Kingston de New Haven), 23; N.-É.–Nt (fil. Stewiacke), 23; Man.–N.-O. O. (fil. Kenora de l’Ont.), 23; Sask. (fil. Robert Combe VC de Melville), 21; Ont. (fil. Mackenzie de Woodbridge), 19; Qc (fil. Hon. John Diefenbaker de Laval), 17; Alb.–T. N.-O. (fil. Bashaw), 17.

DOUBLES : N.-B. (Dean McLaughlin et Roger LeBlanc, fil. Marysville), 15; Sask. (Ken Campbell et Jim Sisson, fil. Carrot River), 14; Qc (Madonna Boch et Mike Norton, fil. Hon. John Diefenbaker), 13; Alb.–T. N.-O. (Tyler Schicke Rowsky et Eldon Schicke Rowsky, fil. Bashaw), 13; T.-N.-et-Lab. (Paul Corcoran et Brian Hayward, fil. Dermot Lee Memorial),12; Man.–N.-O. O. (Lorne Morrison et Raymond McConnell, fil. Flin Flon du Man.), 7; C.-B.–Yn (William Miron et Eric Nielsen, fil. Cloverdale de Surrey), 6; Î.-P.-É. (Linus Alchorn et Ray Tremere, fil. Kingston), 8; N.-É.–Nt (Larry Collier et Alma Paul, fil. Stewiacke), 7; Ont. (Leone Zerafa et Dorothy MacNutt, fil. Mackenzie), 7.

SIMPLES : Sask. (Jim Sisson, fil. Carrot River), 15; Qc (Robert Michaud, fil. Hon. John Diefenbaker), 13; T.-N.-et-Lab. (Wayne Corcoran, fil. Dermot Lee Memorial), 12; N.-B. (Larry Belyea, fil. Marysville), 12; C.-B.–Yn (Frederick Maniak, fil. Comox), 11; N.-É.–Nt (Carl McNea, fil. Stewiacke), 11; Man.–N.-O. O. (Pete Peters, fil. Morden du Man.), 10; Ont. (Bob Delahunt, fil. Mackenzie), 10; Î.-P.-É. (Charles MacKinnon, fil. Kingston), 5; Alb.-T. N.-O. (Tyler Sc

Le Gardien

Les premiers mots qui nous viennent à l’esprit pour décrire l’ombudsman des vétérans, Guy Parent, sont « énergie contrôlée ». Bien qu’il s’exprime avec la diplomatie et la sérénité auxquelles on s’attend de quelqu’un qui a conseillé des chefs militaires du plus haut grade, ses yeux brillent souvent d’excitation. Grâce aux années passées en recherche et sauvetage militaires, il a une présence et un aspect terre-à-terre qui vous mettraient en confiance si vous étiez blessé, car il prendrait les choses en main instantanément et vous donnerait les premiers sECOURS avec les fournitures de bureau qu’il a sous la main. On sent, au-delà des atours de sa fonction, qu’il s’agit d’un homme capable d’agir rapidement et efficacement.