Mouvement d’adieu

À un moment donné, Patty Braun a semblé perdre son calme à la Chapelle du Souvenir. Là, sur la Colline du Parlement, dans la Chapelle consacrée aux militaires décédés du Canada, elle regardait le Septième Livre du Souvenir où est inscrit le nom de son fils : Caporal Braun, David Robert William, 22 aout 2006, Princess Patricia’s Canadian Light Infantry.

Tant à apprendre

Les 26 membres du Pèlerinage du souvenir de la jeunesse de la Légion royale canadienne entendaient des coups de feu tonnant au loin quand ils sont descendus de l’autocar parmi les innombrables rangées de pommes de terre et de légumes, en Belgique. Il ne s’agissait pas des armes des batailles anciennes, mais simplement des armes à gaz propane qui tirent au hasard pour effrayer les oiseaux autour des cultures croissant dans les champs de bataille de la Première Guerre mondiale.

Les vétérans d’Afghanistan commémorés à l’aide du chêne et de l’inukshuk

Le service et le sacrifice des Canadiens et des Canadiennes qui ont servi en Afghanistan seront commémorés à jamais par un chêne et un inukshuk devant la maison de la Légion à Kanata, en Ontario.

L’arbre a été planté cérémonieusement devant l’édifice, le 10 septembre, par la présidente nationale Pat Varga et par le général Walter Natynczyk, chef d’état-major de la défense, dans le parterre appelé dorénavant le jardin du souvenir. La Musique centrale des Forces canadiennes avait joué pendant que les membres du Conseil exécutif national (CEN), des politiciens locaux et des invités prenaient place sur les sièges placés sur le gazon. Près de là se trouve l’arbre planté l’an dernier par la princesse Margriet des Pays-Bas en l’honneur du 65e anniversaire de la libération.

« Le chêne est un arbre qui se tient fièrement droit comme se tenaient nos femmes et nos hommes durant leur service en Afghanistan », dit Natynczyk.

« Les mots ne suffisent pas à montrer combien nous leur sommes reconnaissants. Nous espérons que ces symboles démontreront aux vétérans d’Afghanistan que nous les remercions du travail qu’ils ont fait », dit Varga.

Ils étaient assistés à la cérémonie par les commandants des trois services des Forces canadiennes : le vice-amiral Paul Maddison de la Marine royale du Canada, le lieutenant-général Peter Devlin de l’Armée canadienne et le lieutenant-général André Deschamps de l’Aviation royale du Canada. La surintendante de police en chef Barbara Fleury de la Gendarmerie royale du Canada et le premier vice-président national Gordon Moore assistaient aussi à la cérémonie.

Sur une plaque à la base de l’arbre est inscrit dans les deux langues officielles : « En l’honneur des Canadiens morts au champ d’honneur en Afghanistan ».

Après la plantation de l’arbre, Varga et Natynczyk ont dévoilé un inukshuk avec Claire et Richard Léger. Le fils des Léger, le sergent Marc Léger de la Princess Patricia’s Canadian Light Infantry, était l’un des quatre Canadiens tués en Afghanistan lors d’un incident de tir ami, le 18 avril 2002, au champ de tir de la ferme Tarnack. Claire Léger était mère de la Croix d’argent nationale en 2005.

L’inukshuk, cairn de pierres à forme vaguement humaine de tradition inuite, souvent utilisé pour diriger les voyageurs, a été construit par Richard Léger. Il s’agit d’une copie de celui qui se trouve actuellement au terrain d’aviation de Kandahar, érigé en 2002 en l’honneur de ceux qui avaient trouvé la mort au champ de tir de Tarnack. Il avait été devant la maison des Léger, près de Stittsville, pendant des années, et ces derniers l’ont donné à la Maison de la Légion où il sera exposé en permanence.

L’inscription sur la plaque placée devant l’inukshuk est simple : « En l’honneur des Canadiens morts au champ d’honneur en Afghanistan ».

Un simple service commémoratif a suivi où Varga et Natynczyk ont déposé une couronne au pied de l’inukshuk.

La cérémonie a eu lieu pendant une pause du CEN dont la réunion a duré toute la journée. Avant l’évènement à l’extérieur, le grand président Larry Murray a installé Natynczyk en tant que vice-président national honoraire, un honneur réservé au chef d’état-major de la défense, au surintendant de la GRC et au filleul de la Légion, le prince Flo des Pays-Bas.

« C’est avec beaucoup de fierté que j’accepte cette nomination au nom de tous les hommes et de toutes les femmes en uniforme que vous appuyez, dit Natynczyk aux membres du CEN. Je me souviens de ma première expérience liée à la Légion, quand j’avais 16 ans. On était à la Rocky Mountain House, en Alberta, et la neige avait bloqué l’autoroute. Ma première expérience liée à la Légion, c’est donc d’avoir dormi là-bas, sur un lit de camp. »

Le général a parlé au CEN à propos du Navire canadien de Sa Majesté Charlottetown qu’il a reçu à son retour à Halifax après une mission de soutien des civils en Libye. « Une fusée lui avait été tirée dessus, qui avait amerri à quelque 300 mètres derrière le navire. C’est la première fois qu’on tirait sur un navire canadien depuis la guerre de Corée », dit-il.

Il dit aussi qu’il était allé voir le 425e Escadron d’appui tactique qui avait volé en mission au-dessus de la Libye. « C’est le même escadron d’Alouette qui volait autrefois à partir d’Afrique du Nord, mettant le cap sur le mont Etna pour larguer ses bombes sur l’Italie, et qui a volé ensuite à partir de la Sicile, larguant ses bombes en Afrique du Nord et mettant le cap sur le mont Etna pour rentrer au bercail. »

Après le service réglé à l’extérieur, les invités ont été conviés à l’intérieur de la Maison de la Légion où on leur a montré des œuvres créées dans le cadre du Programme d’arts des Forces canadiennes. La Direction de l’histoire et du patrimoine a fait don de trois peintures qui seront exposées à jamais à la Maison de la Légion, où à l’avenant, d’autres œuvres se trouvent exposées à titre temporaire.

Financement disponible pour de nouveaux cénotaphes

Anciens Combattants Canada (ACC) allouera un million de dollars pour que les collectivités et les organisations de bénévoles puissent ériger de nouveaux cénotaphes ou faire d’importants ajouts aux cénotaphes actuels.

« On demande aux Canadiens et aux Canadiennes de ne pas simplement se laisser toucher par les activités du Souvenir, mais d’en faire partie, a déclaré le ministre des Anciens Combattants, Jean-Pierre Blackburn. Avec ce nouveau programme, les collectivités pourront montrer qu’elles se souviennent en édifiant de nouveaux monuments commémoratifs en l’honneur des héros de notre pays, nos anciens combattants et nos vétérans. »

Le Programme d’aide à l’édification de monuments commémoratifs de guerre fournira jusqu’à 50 p. 100 du cout total du projet, jusqu’à un montant maximum de 50 000 $, à des organisations sans but lucratif, telles que les filiales de la Légion. Les provinces, les territoires et les municipalités pourront présenter une demande dans le cadre du programme. Les particuliers, les entreprises à but lucratif et les ministères, agences et sociétés d’État fédéraux n’y auront pas droit.

Pour les besoins du programme, on entend par cénotaphe ou monument une statue ou une structure érigée à la mémoire de soldats canadiens morts à la guerre ou d’anciens combattants, ou commémorant un évènement lié à une opération militaire à laquelle le Canada a participé depuis 1867.

On entend par ajout important un élément ajouté directement à un cénotaphe ou à un monument actuel ou en complémentarité avec ce dernier et dont le coût en capital est supérieur à 25 000 $. Les ajouts à un cénotaphe ou à monument actuel dont le coût en capital est inférieur à 25 000 $ ne sont pas admissibles, bien que des fonds pourraient être octroyés dans le cadre du Programme de restauration de cénotaphes et de monuments.

C’est le programme de restauration, lancé en 2006, qui a servi de modèle au nouveau programme, dit John Desrosiers, gestionnaire de l’engagement communautaire au sein de la Direction générale du programme d’ACC le Canada se souvient.

« Le programme de restauration de cénotaphes existe depuis cinq ans. Nous avons subventionné quelque 300 projets totalisant environ 2,8 millions de dollars, a affirmé Desrosiers. « Il y avait toujours des gens faisant des demandes liées à la construction de nouveaux cénotaphes, que nous refusions en raison des critères du programme. »

Certains des projets de restauration concernaient la modernisation de monuments pour y inclure le service ayant eu lieu après la guerre de Corée. « Je pense que notre participation en Afghanistan a servi à vraiment faire progresser ça. Beaucoup de gens veulent reconnaitre l’Afghanistan et les efforts de maintien de la paix que le Canada a déployés partout dans le monde », a déclaré Desrosiers.

Les formulaires de demande se trouvent dans la partie Le Canada se sou­vient du site Web d’ACC <www.vac-acc.gc.ca/renseignements>. Les demandeurs doivent déposer un document expliquant de quelle façon le monument sera entretenu, un autre indiquant qui sera propriétaire ou responsable du nouveau monument, ainsi que des photo­graphies du site proposé pour la construction. En aucun cas le gouvernement du Canada n’assumera-t-il la responsabilité liée à la propriété des monuments construits dans le cadre du programme.

Ce dernier ne servira à financer ni la construction de monuments honorant un particulier, ni ceux qui seront situés à l’étranger, ni ceux d’importance nationale. Le financement d’édifices, de parcs, ou de la création ou de la restauration d’artefacts ou de répliques comme ceux d’avions, de navires ou de chars d’assaut ne sera pas offert non plus.

ACC insiste aussi que les inscriptions soient toutes dans les deux langues officielles, quel que soit l’endroit où le cénotaphe sera construit.

Chaque demande sera évaluée par un comité de révision externe d’après tous les renseignements et documents justificatifs qui leur auront été soumis. « Le comité s’apparentera à celui qui a été créé pour le programme de restauration. Il y aura des représentants d’organisations d’anciens combattants et un employé de Travaux publics et Services gouvernementaux Canada qui servira de conseiller relativement à la conservation », a ajouté Desrosiers.

Ce comité, qui siègera tous les trois mois, comprendra un représentant de la Direction nationale de la Légion royale canadienne. « On sait que la Légion est habituellement partie prenante importante dans des projets communautaires comme ceux-là », a renchéri Desrosiers.

La contribution d’ACC sera l’entière contribution fédérale permise. Les octrois des autres ministères ou orga­nismes fédéraux ne pourront pas y être ajoutés. Cependant, les gouvernements provinciaux ou municipaux pourront contribuer au projet.

Après l’approbation d’un projet, un accord officiel sera signé dans lequel seront stipulées les contributions et res­ponsabilités de chaque partie. Toutes les organisations qui recevront des fonds devront remettre un rapport final à la fin du projet.

Desrosiers affirme que le ministère a reçu six demandes entre le jour de l’annonce du programme, en novembre, et le début du mois de janvier. La plupart d’entre elles serviraient à reconnaitre le service après la guerre de Corée.

La célébration du 65e anniversaire de la victoire au Japon

Le mauvais temps n’avait rien de nouveau pour les 100 anciens combattants et invités qui, le 15 aout à Ottawa, célébraient le 65e anniversaire du jour de la victoire au Japon.

Arthur Adams, vétéran du 436e Escadron, se rappelle avoir transporté des approvisionnements à la Seconde Guerre mondiale pour les troupes britanniques et indiennes qui retenaient les envahisseurs japonais. « Je me souviens qu’on nous avait dit que, quand la mousson arriverait, on ne devrait plus voler, mais notre commandant d’escadre, Ralph Gordon, nous dit qu’on volerait quand même. »

Adams est l’un des vétérans de l’Aviation royale du Canada qui sont venus à Ottawa lors d’une fin de semaine de commémoration. Des anciens du navire canadien de Sa Majesté Uganda et des survivants de la cruelle bataille de Hong Kong, où 290 Canadiens furent tués et les autres faits prisonniers, se sont joints à eux.

La cérémonie devait avoir lieu au Monument commémoratif de guerre du Canada, mais Anciens Combattants Canada a décidé d’avoir les activités au Centre de conférences du gouvernement (l’ancienne gare d’Ottawa) à cause des averses incessantes et, ce qui était bien plus dangereux, des éclairs. Là, les tables ont été déplacées pour faire la place à une petite cérémonie en l’honneur du 65e anniversaire du jour où l’empereur Hirohito a annoncé à la radio que le Japon se rendait, mettant ainsi fin à la Seconde Guerre mondiale.

Adams, âgé de 86 ans, de Greensville, en Ontario, est un des aviateurs qui furent envoyés à Gujrat, en Inde, pour renforcer l’armée britannique engagée dans de féroces combats avec les Japonais le long de la frontière monta­gneuse entre l’Inde et la Birmanie. Il n’y avait pratiquement pas de routes, alors il fallait approvisionner les soldats par la voie des airs.

Adams fut surnommé « le bombardier briques » à la suite d’un incident où il convainquit son pilote de voler à basse altitude au-dessus d’un avion japonais posé sur une plage. Adams ouvrit la trappe et largua la cargaison de briques que l’avion transportait sur l’avion ennemi, réduisant ce dernier en morceaux.

Le ministre d’Anciens Combattants Canada, Jean-Pierre Blackburn, était assis à la table d’honneur avec le chef d’état-major de la défense, le général Walter Natynczyk. La présidente nationale de la Légion, Pat Varga, et le secrétaire national, Brad White, avaient été invités en tant que représentants de la Légion royale canadienne.

L’acoustique dans la vieille gare a rendu la dernière sonnerie et la complainte encore plus lugubres que d’habitude.

L’Acte du Souvenir fut lu en français et en anglais. Francis Agnes, président de la filiale Eastern Ontario de la Burma Star Association, lut l’épitaphe de Kohima.

« Quand vous rentrerez chez vous,
Parlez-leur de nous et dites-leur
Pour vos lendemains
Nous avons donné notre aujourd’hui. »

L’épitaphe est inscrite, en Inde, sur le mémorial du cimetière militaire de Kohima qu’entretient la Commission des sépultures de guerre du Commonwealth. Ces vers sont attribués au professeur d’anglais classique J.M. Edmonds, qui a traduit plusieurs épitaphes écrites en vers classiques, après la Première Guerre mondiale.

Ensuite, Blackburn et Natynczyk ont déposé une couronne, comme l’ont fait les représentants des escadrons de Birmanie et de Hong Kong et du NCSM Uganda.

L’interprète et compositrice Loreena McKennitt, colonel honoraire de l’incarnation moderne du 435e Escadron, le 435e Escadron de transport et de sauvetage, basé à Winnipeg, déposa une couronne de la part de ce dernier. McKennitt a fondé le Cook-Rees Memorial Fund for Water Search and Safety en 1998, à la suite de l’accident, à la baie Georgienne, où sont morts noyés son fiancé, le frère de ce dernier et leur ami. McKennitt, accompagnée par la Musique centrale des Forces canadiennes, chanta Amazing Grace en l’honneur des vétérans.

Il continua de pleuvoir pendant tout l’après-midi, ce qui obligea les organisateurs à annuler la deuxième cérémonie qui avait été planifiée au Mur commémoratif des vétérans de Hong Kong.

Certains s’y rendirent quand même, y compris la présidente nationale Varga, qui devait y déposer une couronne. « Il fallait que je vois le mur », dit-elle.

Le Mur commémoratif des vétérans de Hong Kong n’était pas encore fini lors de son dévoilement en aout 2009 (« Granite Memorial Recalls Hong Kong Sacrifices » [non traduit], novembre/décembre 2009). Carol Hadley de Winnipeg, présidente du comité du mur commémoratif, était ravie de voir que le monument et l’aménagement paysagé avaient été parachevés.

Hadley est l’un des premiers membres de la Hong Kong Veterans Commemorative Association, un groupe formé principalement d’enfants de vétérans de Hong Kong. « Il nous fallait faire quelque chose pour sauvegarder le souvenir de ce que ces hommes ont subi. »

Le monument, achevé, servira à cette fin.

La reine dévoile le huard naval

Un des premiers devoirs qu’a eus la reine lors de sa visite à Halifax en l’honneur du centenaire de la Marine canadienne était de dévoiler la nouvelle pièce de 1 $ frappée d’une image de frégate de classe Halifax.

L’image du nouveau huard a été dévoilée le 29 juin par la reine et le premier ministre Stephen Harper, au carré des officiers de la Base des Forces canadiennes Halifax, lors d’un diner auquel quelque 300 personnes avaient été invitées. À la suite du diner, la reine, le prince Philip et Harper ont fait le tour de la revue navale internationale composée de 28 navires canadiens et alliés stationnés dans le bassin de Bedford dans le cadre des célébrations.

Le carré des officiers est situé dans la tour Juno qui sert de mess et de logement pour les officiers ainsi que pour les chefs et les officiers mariniers. Le ministre du Revenu, Keith Ashfield, servait d’hôte, en remplacement du ministre de la Défense, Peter MacKay, qui se trouvait à Trenton (Ont.). MacKay assistait au rapatriement des dépouilles de la caporale-chef Kristal Giesebrecht et du soldat Andrew Miller, deux infirmiers tués par un dispositif explosif de circonstance, au sud-ouest de Kandahar, le 26 juin.

Au revers de la pièce se trouve la frégate en arrière-plan et deux personnages de la marine qui saluent au premier plan. Le premier porte un uniforme de 1910 et la deuxième est une officière navale de ces jours-ci. Une ancre en haut du dessin symbolise le service naval du Canada.

Le dessin a été créé par l’artiste néo-écossaise Bonnie Ross, qui a conçu plusieurs pièces de collection pour la Monnaie royale du Canada, y compris celles d’un trois-mâts et d’un brigantin de la collection des Grands voiliers (2005-2007). Elle a aussi conçu plusieurs timbres-postes pour la Société canadienne des postes.

Sur l’avers se trouve l’effigie de la reine créée par la portraitiste canadienne Susanna Blunt qui apparait sur les pièces canadiennes depuis 2003.

« La Monnaie est très heureuse d’émettre une pièce de circulation commémorative soulignant les 100 années de loyaux services de la Marine canadienne et rendant hommage aux hommes et aux femmes qui ont servi et qui continuent de servir avec bravoure au sein du service naval canadien », déclare Ian E. Bennett, président de la Monnaie. « Des millions de Canadiens collectionneront cette pièce pour commémorer un siècle de réalisations. »

Le vice-amiral Dean McFadden, chef d’état-major de la Force maritime, a indiqué que « la pièce de circulation commémorative du Centenaire sensibilisera le grand public au rôle joué par la Marine canadienne au cours des 100 dernières années. La pièce témoigne d’une manière visible et utile que les hommes et les femmes de la Marine sont au service de notre pays, en temps de guerre comme en temps de paix, et qu’ils protègent le Canada et ses valeurs. »

Deux jours après le dévoilement, le public était invité à échanger ses huards contre les nouvelles pièces à un évènement de la fête du Canada, à la place du Canada, à Vancouver.

La Monnaie royale du Canada avait fait paraitre plus tôt cette année une collection de pièces en argent sterling à tirage limité frappé à l’image du navire canadien de Sa Majesté Sackville, la seule corvette de la Seconde Guerre mondiale encore en exis­tence, qui sert aujourd’hui de mémorial naval du Canada. Les pièces de collection comprenaient un dollar épreuve numismatique 2010 en argent de 52,95 $, un dollar brillant en argent hors circulation de 46,95 $ et un dollar en argent avec plaquage d’or sélectif, offert exclusivement avec l’ensemble épreuve numismatique 2010, de 109,95 $.

Les pièces de collection sont à vendre à la Monnaie au 1-800-267-1871, en ligne à www.mint.ca/navy ou en personne aux magasins de la Monnaie à Ottawa et à Winnipeg.

Où gisent les héros – 65 Ans de Libération

Le maire Fred de Graaf, dans le nouveau Omnisportcentrum (un stade de 5 000 sièges à Apeldoorn, aux Pays-Bas) bondé, s’adresse aux anciens combattants canadiens et aux gens qui s’y sont assemblés pour les honorer. « Nous savions que nous ne pourrions plus continuer d’honorer vos camarades disparus. Il fallait qu’on transmette l’information. Il fallait qu’on fasse savoir à la prochaine génération la souffrance que nous avons subie. Et c’est ce que nous avons fait. »

Les champions du cribbage sont encore des joueurs des Maritimes

Lors des Championnats nationaux de cribbage, les auspices étaient favorables aux équipes des Maritimes qui ont tout remporté aux dépens des joueurs de cribbage de partout au pays réunis à la filiale Sussex du Nouveau-Brunswick.

L’Île-du-Prince-Édouard a remporté la compétition des simples alors que la Nouvelle-Écosse a triomphé aux doubles et la province hôtesse, le Nouveau-Brunswick, s’est emparée du titre le plus important, celui des équipes, lors d’un combat exténuant avec la Nouvelle-Écosse et la Colombie-Britannique.

Pour l’équipe néo-brunswickoise formée de Paul Calhoun, Carl Nash, Roger LeBlanc et Dean McLaughlin, de la filiale Marysville de Fredericton, la victoire a été douce. Calhoun et Nash avaient fait partie de l’équipe du Nouveau-Brunswick l’an dernier, au tournoi d’Aldergrove, en Colombie-Britannique. Ils y avaient talonné l’équipe gagnante de l’Î.-P.-É.

« J’ai dit aux gars qu’on venait ici pour terminer en première position, dit Calhoun. Mais je ne peux m’empêcher de penser qu’on a eu un petit coup de main. » Calhoun croit qu’une partie de sa chance lui venait de feu Lena MacDonald, sa compagne pendant six ans. « Elle m’a dit qu’elle s’occuperait de nous si elle pouvait. »

La camaraderie a été magnifique toute la fin de semaine. Les chauffeurs attendaient les équipes et les invités à l’aéroport de Moncton. Fredericton, surnommée la porte de Fundy, est une attraction touristique située près de la baie de Fundy.

Faire office d’hôtesse était toute une réalisation pour la filiale Sussex. L’édifice a failli être entièrement détruit il y a quelques années : un incendie s’est déclaré dans la cuisine, le 17 décembre 2007 (« Fire Destroys New Brunswick Legion Branch Building ») [non traduit], mars/avril 2008.

« Plusieurs facteurs ont contribué à l’incendie », dit le premier vice-président Anthony de Hoog. L’accident a eu lieu après une tempête de verglas, quand un camion a heurté un câble électrique. Le câble est tombé sur trois bonbonnes de propane derrière l’édifice, près de la cuisine. L’une d’elles a explosé et une boule de feu est entrée dans l’édifice. Trois personnes étaient à l’intérieur à ce moment-là. « Nous sommes chanceux que personne ne soit mort. Les gens à l’intérieur préparaient un repas pour les ainés. »

Il a fallu détruire le toit pour s’attaquer au feu, mais, à la fin, trois des quatre murs étaient encore d’aplomb. Les pompiers ont sauvé presque tous les souvenirs et la filiale a pu reconstruire.

Le président Ervin Ellis a fait allusion à l’incendie lors de la réception des joueurs de cribbage aux cérémonies d’ouverture, le samedi matin, à la filiale. Les joueurs, qui portaient leur drapeau provincial en entrant, s’étaient alignés dans la salle. Un simple service commémoratif a été réglé et puis le vice-président du Comité national des sports, Ed Pigeau, qui est aussi président de la Division de l’Ontario, et le président du Nouveau-Brunswick, Clayton Saunders, leur ont offert leurs vœux.

Quand les cérémonies se sont terminées, le membre de la filiale Lancaster de Saint John et coordonnateur du tournoi, Barry McManus, a invité les joueurs des doubles à commencer les parties. Le tournoi des simples a commencé une demi-heure après, de sorte que les deux tournois avaient lieu en même temps.

La compétition se faisait en poule. Dans chaque catégorie, les joueurs jouaient neuf tours de deux parties chacun. Une simple victoire méritait un point, une partie se terminant par un skunk en valait deux et le skunk double, trois. Les divisions avaient le droit d’envoyer des joueurs différents pour les simples, les doubles et les équipes et c’est ce qu’ont fait celles de la Colombie-Britannique–Yukon et du Manitoba–Nord-Ouest de l’Ontario. La plupart d’entre elles n’ont envoyé qu’une équipe de quatre personnes parmi lesquelles ont été choisis les joueurs des simples et des doubles.

Cathy Kerr de la filiale Charlottetown était la seule femme dans la catégorie des simples. « J’ai joué avec des hommes et je les ai battus », dit-elle, ravie.

Constamment en première position, Kerr se faisait talonner par ses camarades des Maritimes, Roger LeBlanc, du Nouveau-Brunswick, et Chris Lutley, de la filiale Fairview d’Halifax.

À la fin du septième tour, Kerr avait 11 points alors que LeBlanc et Lutley en avaient 10 chacun. L’Albertain Jack Eby, de la filiale Cremona et le Saskatchewanais Peter Piper, de la filiale Tecumseh Stoughton, en avaient neuf chacun. Piper étant président de la Division de la Saskatchewan, il y avait, chose rare lors d’une épreuve sportive des membres, trois présidents divisionnaires sur place.

Kerr a ensuite obtenu un skunk et une victoire au huitième tour, le Nouveau-Brunswick y inscrivant deux points. Kerr n’a obtenu qu’un seul point à la dernière partie. La Nouvelle-Écosse en a inscrit deux, mais ce n’était pas assez. L’Î.-P.-É. est donc arrivée en première place, à 15 points, le Nouveau-Brunswick en deuxiè­me, à 13 points, et la Nouvelle-Écosse, à 12 points, était troisième. L’Alberta, la Saskatchewan et Terry Hancock de la filiale Botwood de Terre-Neuve-et-Labrador ont tous obtenu 11 points.

« Je ne regardais pas le tableau du tout. Ce n’est que vers le huitième tour, quand je me suis aperçue que tout le monde m’observait, que je me suis dit que j’étais bien placée pour gagner », dit Kerr, qui est aussi commander de la zone Queen’s Country.

Chez les doubles, Rick Walkden et Cyril Slade de la Nouvelle-Écosse–Nunavut ont inscrit trois points aux deux premières parties. Ils ont maintenu leur avance, mais Calhoun et Nash du Nouveau-Brunswick les ont défiés à nouveau. Les deux duos se sont mesurés à la huitième partie, où la Nouvelle-Écosse a marqué trois points, ce qui a pratiquement mis fin à la compétition. La Nouvelle-Écosse a donc terminé en première place, à 17 points, et le Nouveau-Brunswick, en deuxième, à 14 points.

C’est le lendemain qu’a eu lieu la compétition des équipes. Chaque équipe de quatre membres était divisée en deux sections, A et B.

L’équipe albertaine formée d’Eby, Anthony Cusson, Jim Barbaro et Lois Barbaro a pris une avance au début grâce à deux skunks devant la section B de la Saskatchewan et deux points devant la section A. Toutefois, pendant la journée, le match s’est transformé en un affrontement à trois durant lequel Pigeau et McManus se demandaient comment ils allaient jouer la belle s’il devait y en avoir une.

À la huitième partie, le Nouveau-Brunswick, à 21 points, s’est mesuré à la Nouvelle-Écosse car Lutley, Walkden et Slade, à qui s’était jointe Audrey McNeil, le talonnaient à 20 points. La section A a terminé par un point de chaque côté, mais, à la section B, la Nouvelle-Écosse a inscrit deux points.

L’équipe de la Colombie-Britannique, formée de Dave Daskoch, Rick Ward, Walter Millar et John Williston de la fi­liale Arrowsmith de Parksville, en arrière à 18 points, a fait un retour en force. Le terrain était ainsi préparé pour la dernière partie où la Nouvelle-Écosse avait 23 points, le Nouveau-Brunswick, 22, et la Colombie-Britannique, 21.

La section A du Nouveau-Brunswick n’a obtenu qu’un seul point, mais LeBlanc et McLaughlin ont inscrit deux skunks d’affilée chez les B, ce qui leur donnait quatre points. C’est ainsi que le Nouveau-Brunswick a terminé premier à 27 points, la Nouvelle-Écosse, deuxième à 26 points et la Colombie-Britannique, troisième à 25 points.

Il ne restait plus qu’à se rendre au banquet de clôture. Pigeau a remercié la filiale, surtout les gens du Comité des préparatifs locaux présidé par Cindy Coates. Plusieurs orateurs ont fait des remarques sur l’efficacité des bénévoles et sur la qualité de la nourriture offerte au banquet et tout le long du tournoi. Harley Geldart, âgé de 92 ans, a aussi été félicité d’avoir suggéré que sa filiale offre d’accueillir le tournoi.

En fin de compte, les joueurs ont tous eu le sentiment de s’être fait des amis avant de s’en aller, et d’avoir passé une bonne fin de semaine. « C’est simplement pour s’amuser, mais ça nous donne le droit de nous vanter pendant un an », dit Calhoun.

Résultats

Équipes : N.-B. (fil. Marysville de Fredericton), 27; N.-É./Nt (fil. Fairview d’Halifax), 26; C.-B./Yn (fil. Mount Arrowsmith de Parksville), 25; Alb./T. N.-O. (fil. Cremona), Man./N.-O. O. (fil. Elmwood de Winnipeg), 22; T.-N.-Lab. (fil. Botwood), 21; Î.-P.-É. (fil. Charlottetown) et Sask. (fil. Tecumseh Stoughton de Stoughton), 18; Ont. (fil. Temagami), 17; Qc (fil. Montcalm Memorial de Rawdon), 13.

Doubles : N.-É. (Rick Walkden et Cyril Slade, fil. Fairview), 17; N.-B. (Paul Calhoun et Carl Nash, fil. Marysville), 14; Alb.-T. N.-O. (Jim Barbaro et Lois Barbaro, fil. Cremona), 11; T.-N.-Lab. (Bill Flynn et Bill Chayter) et Ont. (Claude Landry et Aldege Montreuil, fil. Temagami), 10; Î.-P.-É. (Jitter Coyle et Cy Burke), C.-B./Yn (Bob Porter et Phil Easdown, fil. Delta), 9; Qc (Ann Cormack et Doreen Rourke, fil. Montcalm Memorial) et Sask. (Eleanor Adams et Linda Beckman, fil. Tecumseh Stoughton), 8; Man.-N.-O. O. (Barry O’Donnell, et Ronald Davies, fil. Monte Cassino de Winnipeg), 7.

Simples : Î.-P.-É. (Cathy Kerr, fil. Charlottetown), 15; N.-B. (Roger LeBlanc, fil. Marysville), 13; N.-É./Nt (Chris Lutley, fil. Fairview), 12; T.-N.-Lab. (Terry Hancock, fil. Botwood), Sask. (Peter Piper, fil. Tecumseh Stoughton) et Alb./T. N.-O. (Jack Eby, fil. Cremona), 11; Man./N.-O. O. (Ronald Pottinger, fil. Henderson Highway de Winnipeg), 10; Qc (John Garner, fil. Montcalm Memorial) et Ont. (Carmen Sargent, fil. Temagami), 9; C.-B./Yn (Andy Osteom, fil. Diamond Head de Squamish), 4.

Une ère touche à sa fin quand s’éteint le dernier vétéran de la Première Guerre mondiale

Les Canadiens de partout ont pris le temps d’envoyer des messages par Internet et de signer des Recueils de pensées en l’honneur de la dernière connexion vivante à la Grande Guerre, qui a rendu l’âme. John Babcock, âgé de 109 ans, le dernier vétéran canadien de cette guerre, est mort paisiblement le 18 février.

« La Première Guerre mondiale représente une partie importante du Canada d’aujourd’hui et il faut en préserver l’héritage pour les générations futures, dit le ministre des Anciens Combattants, Jean-Pierre Blackburn. […] nous n’arrêterons pas pour autant d’encourager les jeunes du pays à se souvenir ».

Blackburn a annoncé les évènements qui auraient lieu, le 9 avril, en l’honneur de tous ceux qui ont servi à la Grande Guerre. Les cérémonies se sont déroulées au Monument commémoratif de guerre du Canada à Ottawa, au Monument commémoratif du Canada à Vimy, en France et au Mémorial du Canada à Londres. Des Recueils de pensées ont aussi été placés au Musée de la guerre, à Rideau Hall et dans les capitales des provinces. Anciens Combattants Canada a établi une connexion Internet à www.vac-acc.gc.ca/souvenir pour qu’on présente ses condoléances.

Né le 23 juillet 1900, Babcock était le huitième de 10 enfants dans une ferme près de Sydenham (Ont.). Un de ses frères ainés et lui se sont fait recruter en 1915. Bien qu’il ait indiqué sa vraie date de naissance quand il a signé les documents d’enrôlement, le 4 février 1916, son « âge apparent » y est indiqué comme étant celui de 18 ans. Il avait les cheveux blonds et mesurait cinq pieds, quatre pouces et demi. Il fut affecté au 146e Bataillon d’outre-mer et envoyé à Halifax en train.

À Halifax, il devint débardeur jusqu’à ce qu’on demande 50 hommes pour le Royal Canadian Regiment. Il se porta volontaire, disant qu’il avait 18 ans, et fut stationné à Sussex, où son âge réel fut découvert à nouveau. Il s’entraina au combat aux côtés des autres soldats canadiens trop jeunes jusqu’à ce qu’arrive la nouvelle de l’armistice.

De retour au Canada, il eut de la difficulté à trouver un emploi régulier et, peu après, s’en alla aux États-Unis. C’est là qu’il a rencontré Elsie, qui fut sa première épouse. Le couple déménagea à Spokane en 1932 et y eut un garçon et une fille.

Il avait obtenu la citoyenneté américaine en 1946. Cependant, son pays d’origine lui a manqué vers la fin de sa vie. On lui a porté de plus en plus d’attention au fur et à mesure que le nombre de vétérans de la Première Guerre mondiale diminuait. Le ministre des Anciens Combattants d’alors, Greg Thompson, est allé à Spokane lui remettre la Mention élogieuse du ministre des Anciens Combattants le 19 avril 2008.

C’est durant cette visite que Babcock a dit vouloir recouvrer sa citoyenneté canadienne. Thompson lui suggéra d’écrire au premier ministre. Babcock prit une feuille de papier et écrivit sur le coup : « Cher PM, pourrais-je ravoir ma citoyenneté canadienne? Je vous serais reconnaissant de votre aide. Merci, John Babcock. »

Thompson a remis le message au premier ministre Harper à l’occasion d’une réunion du Cabinet et Harper s’y est employé tout de suite. « Je pense que tout le monde s’est concentré sur le fait qu’il y avait une certaine urgence, étant donné son âge, et voulait le faire le plus vite possible », dit Thompson au Canwest News Service.

La Légion royale canadienne l’a honoré d’une carte à vie. En octobre 2008, le président national, Wilf Edmond, et l’agent d’administration de la Direction nationale, Danny Martin, sont allés à Spokane la lui remettre. Profitant de l’occasion, ils ont filmé Babcock passant un flambeau.

La vidéo a été montrée à la cérémonie du jour du Souvenir tenue au Monument commémoratif de guerre du Canada le 11 novembre de la même année. Babcock y disait : « Il ne faut jamais oublier nos camarades disparus au champ d’honneur. Je passe ce flambeau du souvenir à mes camarades. Tenez-le bien haut. »

À la base du monument se trouvaient quatre hommes : un représentant des vétérans de la Seconde Guerre mondiale, un de la guerre de Corée, un des déploiements au plateau du Golan et au désert du Sinaï et un des opérations actuelles du Canada en Afghanistan.

« Je n’ai participé à aucun maudit combat. Je me suis enrôlé et je serais allé en France si j’avais pu, mais on m’a mis dans un bataillon de jeunes soldats où on nous a entrainés sans arrêt. On s’est fait entrainer huit heures par jour; du vrai entrainement », a-t-il dit à Edmond.

Il s’exprimait clairement et a conservé la santé jusqu’à l’automne dernier, quand il a contracté une pneumonie et que son canal cholédoque s’est bloqué. Il a passé quelques semaines dans un hôpital pour anciens combattants et il est ensuite rentré chez lui où Dorothy, sa seconde épouse, a pris soin de lui.

Babcock a refusé une offre du gouvernement canadien pour des funérailles d’État, disant qu’il ne pensait pas les mériter car il n’avait pas combattu. Les funérailles privées ont eu lieu à Spokane le 27 février.

Blackburn a remis à Dorothy le drapeau unifolié qui flottait au-dessus de la Tour de la Paix le jour de sa mort.

Elle dit que ses cendres seraient dispersées dans les montagnes du Pacific Northwest.