Le devoir en Afghanistan

Tir nocturne de l’artillerie canadienne au nord de Kandahar. [Adam Day]

Le temps est venu pour les responsables politiques et militaires du Canada de prendre une décision. Et la question à laquelle ils doivent répondre n’a rien de facile. En fait, il s’agit d’une décision qui pourrait couter la vie à beaucoup de gens. La question est la suivante : quel rôle le Canada va-t-il prendre dans l’effort de l’OTAN servant à stabilizer l’Afghanistan?

La fin de l’engagement de trois ans pris par le Canada—en tant que leader dans la province de Kandahar—arrivant au début de l’année 2009, Ottawa bourdonne de débats à propos de ce qu’on devrait faire.

Bien que les options soient nombreuses—allant de continuer le rôle de combattant jusqu’à se retirer entièrement—le nouveau rôle qui est mentionné le plus souvent en est un où l’on se concentrerait sur le côté plus tranquille de la mission, surtout l’apport d’aide et de reconstruction, et sur la formation des forces afghanes.

Or, vu que la situation de la sécurité dans le pays empire, on doute de la viabilité de ce rôle plus tranquille car le développement et la reconstruction ne peuvent pas avoir lieu sans un certain degré de paix.

Quoi qu’il en soit, la simple continuation du rôle actuel du Canada est peu probable, non seulement pour des raisons politiques mais aussi parce que les Forces canadiennes trouveraient fort difficile de continuer l’intensité opérationnelle actuelle, dans le cadre de laquelle environ 2 500 soldats sont déployés, 2 500 de plus se préparent à être déployés et 2 500 autres récupèrent après leur déploiement récent.

Pour faire un choix avisé dans le but de régler le problème qu’est l’Afghanistan, il faut comprendre ce qui s’y passe actuellement.

Ainsi, partie du débat sur la mission, le Comité sénatorial permanent de la sécurité nationale et de la défense, présidé par le sénateur Colin Kenny, a entendu, ces derniers temps, un grand nombre de spécialistes et de témoins sur la situation en Afghanistan. Pour obtenir les renseignements dont il a besoin pour faire ses rapports périodiques sur les problèmes concernant la sécurité nationale, le comité entend des spécialistes de façon routinière.

Le 3 décembre 2007, il a entendu deux représentants du Senlis Council, un cercle de réflexion international fondé en 2002 qui a des bureaux, entre autres, à Kaboul et à Kandahar. Le Senlis Council est reconnu principalement pour ses comptes rendus réguliers sur l’Afghanistan concernant ce qui se passe sur le terrain, problèmes de politique et de stratégie inclus.

La présidente du Senlis Council et chercheuse régionale en chef Norine MacDonald, une Canadienne, habite et travaille en Afghanistan du Sud depuis trois ans. Son témoignage devant le comité concernait surtout un rapport qui a été publié par Senlis en novembre et dont le titre était Stumbling into Chaos : Afghanistan on the Brink (trébucher vers le chaos : l’Afghanistan au bord de l’abime).

Comme le remarquait Mme MacDonald, le rapport de Senlis était principalement basé sur des entretiens avec des Afghans qui vivaient dans les villages et les camps de réfugiés aux alentours de Kandahar.

« Les conclusions que nous avons induites dans notre rapport sont que les insurgés talibans occupent actuellement de grandes étendues incontestées en Afghanistan du Sud : des régions rurales, des régions frontalières, quelques centres de district et d’importantes voies de communication », dit Mme MacDonald. « Nous avons calculé quel était le pourcentage de cette masse terrestre afghane et nous avons conclu qu’il y a une présence permanente des talibans sur 54 pour 100 de l’Afghanistan et la présence est substantielle sur 38 pour 100.

« Ce sont les gouvernants de fait dans d’importants territoires du Sud et ils commencent à régner sur des parties de l’économie et de l’infrastructure clé, comme les routes et l’approvisionnement en énergie.

« La pénible conclusion c’est que malgré de grandes mises de fonds par la communauté internationale et beaucoup d’efforts militaires, dont ceux de nos troupes, ainsi que malgré notre désir universel de réussir, l’État est à nouveau en danger de se scinder, le Sud tombant entre les mains des talibans. »

Mme MacDonald, évidemment quelqu’un qui ne mâche pas ses mots, a donné aux sénateurs les preuves de l’influence croissante des talibans dans le Sud que Senlis a ramassées. « Il y a des stations de radio talibanes et, triste à dire, il y a des passeports talibans en circulation », dit-elle tout en distribuant ce qui semblait être un passeport taliban, imprimé au Pakistan, donnant droit au titulaire de voyager en Afghanistan du Sud.

« C’est parce que nous sommes sur le terrain », dit Mme MacDonald, « que nous comprenons très bien la situation. » Les militaires canadiens font du bon travail dans des circonstances de plus en plus difficiles. Cependant, le nombre de troupes de l’OTAN sur place étant trop petit, (elles) ne peuvent pas s’emparer et garder de territoire en Afghanistan du Sud.

« La réponse, inadéquate, donnée à la croissance de la résistance des talibans par plusieurs états membres de l’OTAN équivaut, d’après nous, à l’abandon du gouvernement de Karzai de l’Afghanistan du Sud.

« Nous recommandons de doubler les effectifs des pays dont la contribution n’est pas conforme et d’enlever les limites et les mises en garde concernant le mouvement des troupes.

« Nous faisons face à un ennemi qui peut se regrouper au Pakistan quand ça lui chante et profiter d’un nombre presque infini de recrues. »

C’est pour ça, dit Mme MacDonald, que Senlis « a recommandé d’entrer au Pakistan aux côtés de l’armée pakistanaise pour s’y occuper des bases des talibans et d’Al-Qaïda. »

Bien que nombre d’analystes et de commentateurs seraient probablement d’accord avec Mme MacDonald qu’il n’y a pas suffisamment de soldats pour stabiliser l’Afghanistan du Sud et, en outre, que la clé du problème se trouve au Pakistan, rares sont ceux qui sont prêts à approuver officiellement la croissance de la mission de l’OTAN pour y inclure des incursions militaires dans ce pays-là.

Une semaine après, soit le 10 décembre, le comité entendait la réponse officielle des Forces canadiennes à la proposition de Mme MacDonald, quand le brigadier-général P.J. Atkinson offrait son témoignage. Il est directeur général des opérations de l’état-major stratégique du ministère de la Défense nationale. « Le Pakistan est un État souverain », dit-il. « C’est presque comme si nous menions des opérations militaires chez nos voisins du sud. Évidemment, le commandant de la Force opérationnelle interarmées d’Afghanistan a des réunions régulières avec les troupes pakistanaises de l’autre côté de la frontière. C’est quelque chose de crucial. Le chef d’état-major de la Défense et d’autres gens ont déjà déclaré que la solution en Afghanistan se trouve au Pakistan. Il n’y a là rien de nouveau, c’est sûr. Nous voulons refouler notre zone de développement afghan jusqu’à la frontière. C’est pourquoi certaines de nos unités travaillent aux frontières de la région de Spin Boldak. L’importance de cette région est cruciale.

« C’est en réussissant à administrer leur propre frontière que l’évolution et le rétablissement des Afghans auront lieu. Ça n’arrivera pas du jour au lendemain, mais c’est évidemment un état où ils veulent parvenir afin de démontrer qu’ils peuvent assurer leur souveraineté. »

La stratégie officielle, telle qu’Atkinson en a brossé un tableau, est de stopper l’infiltration à la frontière et travailler avec les Pakistanais dans le but d’éliminer le danger de l’autre côté.

Dans un rapport fait l’an dernier, ce même comité sénatorial attirait l’attention sur le problème du Pakistan et, comme suggestion, disait que la fermeture de la frontière serait une bonne mesure tactique.

Toutefois, arrêter l’infiltration sera presque impossible, du moins d’après M. Seth Jones, l’expert sur l’Afghanistan de l’équipe américaine d’analystes RAND Corporation. « Je ne crois pas que ce soit une solution pratique », dit M. Jones à propos de la fermeture de la frontière. « Pour vous dire l’expérience américaine à sa frontière mexicaine : les États-Unis ne peuvent pas empêcher les Mexicains de passer la frontière, pas même avec un mur.

« L’idée d’en construire un dans un des endroits les plus montagneux du monde n’est tout simplement pas pratique d’après moi, surtout quand il y a des gens qui désirent passer d’un côté à l’autre et qu’il y a des gouvernements désireux de les assister. En ce sens, c’est impossible de les empêcher. S’il y a un appui de l’autre côté, vous n’arriverez pas à empêcher les gens qui veulent traverser la frontière de passer. »

Au-delà, M. Jones était d’accord avec Mme MacDonald que la situation militaire-sécurité en Afghanistan est sombre et qu’elle s’assombrit de plus en plus. « C’est sûr que lasécurité a empiré au cours des dernières années : au moins à travers la moitié de l’Afghanistan. Je pense que la conjoncture est manifeste », dit-il.

« Le nombre d’attaques lancées par les insurgés a augmenté de 400 pour 100 entre 2002 et 2006. Le nombre de morts a augmenté de 800 pour 100 durant cette période-là. La violence a empiré particulièrement entre 2005 et 2006.

Le nombre d’attaques suicides a quadruplé, celui des bombes télécommandées a double et celui des attaques armées, triplé.

« Les données de 2007 ne sont pas encore complétées, mais la tendance semble indiquer que les chiffres vont être supérieurs dans presque toutes ces catégories. Par exemple, le nombre d’attaques suicides en Afghanistan en 2007 va probablement être le plus grand de l’histoire du pays. »

Mme MacDonald et M. Jones ont dit au comité, comme exemple de détérioration de la situation concernant la sécurité, qu’ils ne pouvaient plus conduire sur les routes qui étaient sans danger peu de temps auparavant.

M. Jones croit qu’il y a plusieurs facteurs occasionnant cet accroissement des activités et de l’instabilité, le premier étant relié à la gouvernance. Je pense qu’on peut dire, sans risques de contradiction, qu’il y a eu un certain affaissement de la gouvernance en Afghanistan », dit-il.

« Le problème principal est relié à ce que pensent les Afghans dans leurs villages. Il ne faut pas oublier qu’en Afghanistan, et c’est comme ça depuis au moins 30 années de violence, c’est-à-dire depuis l’invasion (russe) de 1979, la politique est entièrement locale. Peu importe ce qui se passe à Kaboul ou à Kandahar. Ce qui importe, c’est ce qui se passe dans les zones rurales du pays, parce que c’est là que les efforts anti-insurrectionnels se gagnent ou se perdent. Les villages dans ces régions ne sont pas assez protégés par les forces nationales de sécurité. »

M. Almas Bawar Zakhilwal, un Afghan qui occupe le poste d’administrateur canadien du pays au Senlis Council, est d’accord avec M. Jones à propos de ce qui se passe en Afghanistan : « En tant qu’Afghan, je peux vous dire que pour réussir en Afghanistan, surtout en Afghanistan du Sud, il va falloir aider les gens davantage.

« J’ai parlé à beaucoup d’entre eux; je leur ai demandé : “Qu’est-ce que la communauté internationale peut faire pour vous? Qu’est-ce que votre gouvernement peut faire pour vous?” Et la seule réponse qu’on me donne c’est : “Ce gouvernement et la communauté internationale sont au pouvoir depuis six ans. Ma vie n’a changé en rien. Ma vie est comme elle était il y a six ans. Il n’y a pas d’école dans mon village ni dans mon district;je n’ai pas de travail. Mes routes sont encore mauvaises; mon système d’irrigation est toujours le même. Les talibans sont encore là. Même s’ils ne sont pas au pouvoir, ils sont dans les villages. Qu’est-ce que la communauté internationale a fait pour nous? Rien. Comment pourrais-je l’appuyer?”

« Quand nous parlons d’une stratégie de cœurs et d’esprit », poursuivit M. Zakhilwal,« nous ne vous demandons pas de leur donner des grosses voitures ou des grosses maisons. Nous vous demandons les choses élémentaires de la vie. Quand je m’entretenais avec les gens, je leur demandais : “Dites-moi trois choses que vous aimeriez demander à la communauté internationale ou au gouvernement de Karzai.”

« Les trois premières choses sur la liste, parmi les milliers d’entretiens que nous avons eus, sont l’eau potable, la nourriture et l’abri. Est-ce vraiment si difficile de leur donner ça pour pouvoir réussir? Je ne pense pas que ce soit si difficile. Sommes-nous disposés à le faire? Faisons-nous de notre mieux pour le faire? Je pense que nous n’essayons pas. »

Effectivement, une grande partie du témoignage de M. Jones et de Mme MacDonald concernait la pénurie relative des efforts internationaux servant à la stabilisation et à la reconstruction de l’Afghanistan. « Il y a une histoire riche qui a trait à ce qu’on appelle souvent construction d’État », dit-il. « Je dirais que même l’histoire récente de la construction d’État—même au milieu de situations qui dans certains cas sont très violentes ou qui ont un potentiel de violence comme on l’a vu aux Balkans—peut servir de leçon sans équivoque : on ne peut pas faire ça pour pas cher.

« Le nombre d’effectifs et le montant d’assistance au développement étaient énormément plus élevés aux Balkans que ceux qu’on a en Afghanistan. Franchement, c’est embarrassant que le montant de ressources fournies ici ait été aussi bas. Il y a deux leçons importantes : ça peut se faire, mais ça ne peut pas être fait pour pas cher. Malheureusement, c’est ce que nous avons essayé de faire en Afghanistan. Je ne crois pas ce qu’on dit, que ce genre de stratégie est particulièrement optimiste. »

Quant à Mme MacDonald, elle croit aussi qu’il n’y a pas suffisamment de troupes, mais elle va plus loin et dit que celles qui sont là-bas devraient aussi se concentrer sur la distribution de nourriture, un rôle qui n’est normalement pas donné aux militaires dans des situations comme celle-là. « Une des raisons pour lesquelles nous avons recommandé que les militaires livrent l’assistance—la nourriture en particulier—c’est qu’à court terme c’est une stratégie anti-insurrectionnelle, mais c’est aussi comme ça qu’on peut s’assurer qu’elle parvienne au bon endroit », dit-elle. « La nourriture, en Afghanistan du Sud, c’est comme l’argent. Nous n’enverrions pas un camion transportant 1 million de dollars comptant à quelqu’un au Canada sans des mesures de sécurité adéquates; et nous ne devrions pas le faire en Afghanistan non plus. »

La proposition de Mme MacDonald n’est toutefois pas irréfutable. Beaucoup de gens, dont le brigadier-général, disent plutôt que la seule solution au problème est une solution afghane, et que cette façon de penser à court terme devrait être rejetée afin de développer des institutions afghanes qui pourront survivre au départ de l’OTAN. « C’est très bien tout ça, qu’on s’occupe de la gestion de projets et de toute l’organisation, et que l’argent coule à flots, mais pour que ce soit efficace, il faut que les Afghans se voient eux-mêmes dans cet avenir », dit-il. « Il faut que ce soient des Afghans qui construisent les routes et les ponts, qui réparent l’infrastructure électrique, les stations de radio et de télévision, toutes ces choses-là. »

Mme MacDonald, qui a été témoin de la souffrance elle-même, est résolue malgré les arguments contre son modèle militaire de distribution. « Je comprends la politique et la base théorique de ces objections, mais où sont les plans pour nourrir les gens? Ce sont nos frères et nos sœurs afghans qui se battent aux côtés de nos militaires contre les talibans et Al-Qaïda pour un Afghanistan paisible et prospère et pour un Canada en sûreté, et nous sommes en train de les abandonner. Il faut faire quelque chose. »

Les États-Unis ayant annoncé récemment qu’ils allaient renforcer leur force opérationnelle avec un contingent de près de 3 000 marines, il semble que certaines personnes au pouvoir ont compris que les efforts réalisés pour stabiliser l’Afghanistan risquent de ne pas être couronnés de succès. Et bien qu’il n’y ait pas de solution incontestable au problème du Pakistan ni à la façon d’équilibrer les intérêts à court et à long terme de l’Afghanistan, au Sénat canadien et ailleurs on reconnait que la situation en Afghanistan est principalement un problème de sécurité internationale.

« D’après moi, l’Afghanistan a une importance stratégique énorme » dit M. Jones. « Je suggère la prudence, car j’ai suivi le débat canadien, et cette question de réduire ou de retirer des forces d’Afghanistan doit être étudiée avec beaucoup de sérieux. Il faut comprendre ce qu’en seraient les couts et je soutiens que ce qui est arrivé le 11 septembre 2001 aux États-Unis est arrivé parce que Al-Qaïda avait un refuge et des relations avec les talibans en Afghanistan. De quoi l’Afghanistan aurait-il l’air dans les régions du pays où les talibans continueraient de gagner du terrain et de s’établir sur le territoire? Cela aurait des implications extrêmement dangereuses—pour la région, bien sûr, mais aussi internationalement. La question se pose sérieusement, à savoir si nous acceptons de vivre ainsi. »

Opération Méduse : la bataille du Panjwai — Partie 3: la chute de l’objectif Rugby

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Quand les soldats canadiens du nouveau roulement sont arrivés à Kandahar, en aout 2006, ils ne s’attendaient pas du tout à ce sur quoi ils sont tombés.

Ils s’étaient entrainés à la guerre contreinsurrectionnelle, mais ce sur quoi ils sont tombés ressemblait davantage à une guerre conventionnelle.

Ils sont tombés sur la bataille du Panjwai. Ils s’agissait d’une bataille de plein fouet contre un ennemi adoptant une tactique soviétique comme moyen de défense. Ce fut, durant 16 semaines, une hécatombe de batailles rangées et de bombardements aériens.

Ce ne sont pas les Canadiens qui ont choisi Méduse, pas exactement. Il serait plus juste de dire qu’ils n’avaient pas le choix. Les troupes ennemies s’assemblaient; et elles menaçaient tout. Il fallait les arrêter.

Alors la bataille a eu lieu.

Du 3 aout au 14 octobre 2006, à partir du premier affrontement important à l’école blanche de Pashmul et jusqu’à la grande attaque du stade de reconstruction de l’Opération Méduse, 19 soldats canadiens sont morts à la bataille du Panjwai et plusieurs douzaines d’autres ont été blessés.

Il y a des statistiques qui donnent une très bonne idée de l’histoire : sur les 19 soldats tués durant cette période, 11 l’ont été directement par le feu de l’ennemi. Depuis les six ans que des Canadiens sont en Afghanistan, deux autres soldats seulement ont été tués par le feu direct de l’ennemi. C’est dans le district du Panjwai, au sud-ouest de Kandahar, qu’est né le mouvement des talibans, à la petite mosquée d’un village appelé Sangisar. Le district lui-même est un peu plus étendu que le champ de bataille de Méduse, dans le cadre de laquelle on s’est concentré sur les positions défensives des talibans, dans la région du village de Pashmul, qu’on a surnommé objectif Rugby.

La poche était bordée au nord par l’autoroute 1, route très passante entre Kandahar et Kaboul. Au sud et à l’est, la rivière Arghandab est une frontière géographique tenace, et à l’ouest se trouve un dédale de villages et de terres irrégulières s’étalant jusqu’à la province voisine, Helmand.

Dans cette troisième et dernière partie de notre série sur l’Opération Méduse, le groupement tactique canadien, éclaté par la perte de la Compagnie Charles, se regroupe et met à exécution une attaque en plusieurs étapes, à partir du nord, avec en tête la Compagnie Bravo du 1er Bataillon du Royal Canadian Regiment commandée par le major Geoff Abthorpe.

Pendant ce temps, au sud, l’escadron ISTAR (renseignement, surveillance, acquisition d’objectifs et reconnaissance) du major Andrew Lussier, unité presque de la grandeur d’une compagnie qui comprenait surtout des Royal Canadian Dragoons, prit ce qu’il restait de la Compagnie Charles et forma la force opérationnelle Grizzly sous un colonel états-unien du nom de Steve Williams, indicatif d’appel Grizzly Six, qui avait alors la tâche de garder la ligne sud et semer le désordre parmi les forces ennemies de l’autre côté de la rivière Arghandab.

La Compagnie Alpha du 2e Bataillon de la Princess Patricia’s Canadian Light Infantry, commandée par le major Charles Wright, soutenait les forces du RCR au nord. En plus, la Force opérationnelle 31, comprenant surtout des membres des U.S. Special Forces, sillonnait la zone sud du champ de bataille, et la Force opérationnelle Mohawk, compagnie de soldats américains détachés en grande partie de la 10th Mountain Division de la U.S. Army, participait aussi au combat. Les gros canons de 155 mm de la 2nd Royal Canadian Horse Artillery, commandée par le major Greg Ivey, appuyaient toute la brigade.

Le lieutenant-colonel Omer Lavoie, commandant du bataillon du RCR, était aussi le commandant du groupement tactique canadien sur les lieux. Au terrain d’aviation de Kandahar, le brigadier-général David Fraser était le commandant de la brigade, qui donnait des ordres à Lavoie tout en commandant les opérations de l’OTAN dans le Sud de l’Afghanistan.

Au sens militaire classique, on ne pouvait pas envisager l’échec. Le lieutenant-général Michel Gauthier, commandant du Commandement de la Force expéditionnaire du Canada, était au bon endroit pour observer la pression stratégique du commandement supérieur qui a obligé les Canadiens à agir. « La Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) de l’OTAN s’est rendue responsable des opérations dans le Sud de l’Afghanistan au début du mois d’aout », dit Gauthier. « Ainsi, dans le Sud de l’Afghanistan (et il s’agit ici du contexte de la perception des Afghans concernant la coalition–qui serait là pour aider ou pas–et la perception des talibans et des insurgés concernant la coalition) il y a ce nouveau commandement qui est responsable du Sud de l’Afghanistan.

« Alors il y a cette dynamique où les talibans ont l’intention d’éprouver la FIAS. Et tout ceci concerne la crédibilité de la FIAS par rapport à l’Afghanistan et à son gouvernement, alors je dirais que toutes sortes de pressions ont été faites sur la FIAS dans le but de démontrer au peuple afghan que la FIAS et l’OTAN s’engageaient en Afghanistan et qu’ils s’engageaient à protéger le peuple afghan. Et ce n’est pas de la propagande, c’est la réalité. C’est-à-dire que c’était la réalité au niveau stratégique dans le Sud de l’Afghanistan.

« Il y avait une vraie pression, un vrai danger provenant de cette force talibane qui prenait une attitude conventionnelle au Panjwai, et qui avait clairement l’intention de séparer Kandahar du reste du pays et de tronquer l’autoroute 1. Évidemment, tout cela n’augurait rien de bon pour l’avenir du Sud de l’Afghanistan. Il fallait donc faire quelque chose pour gagner la confiance du peuple afghan : commencer à faire en sorte d’obtenir leurs confidences et se débarrasser des méchants pour qu’il n’y ait plus de danger. »

L’Opération Méduse devait mettre fin au danger et apporter la paix et la stabilité au Panjwai. Ce serait le premier combat terrestre mécanisé à tous crins, par une brigade commandée par un Canadien, depuis la Seconde Guerre mondiale, et ça allait commencer bien mal.

Samedi, 2 septembre, premier jour des opérations de combat, la Compagnie Charles du major Matthew Sprague venait de foncer jusqu’à ses premiers objectifs, Masum Ghar et Mar Ghar, sans opposition, et de commencer à marteler les talibans de l’autre côté de l’Arghandab.

Au nord, la compagnie d’Abthorpe, en position au sud de l’autoroute 1, commençait à échanger des coups de feu avec les forces ennemies qui se trouvaient là.

Cette opération n’avait rien de surprenant. L’ennemi savait que les Canadiens allaient arriver. Tout le monde avait été averti, conformément au plan, pour que les civils aient l’occasion de s’en aller.

Sprague et Abthorpe ayant saisi leurs premiers objectifs, comme prévu, il y aurait une période d’observation et de collecte de renseignements et on commencerait un bombardement de 72 heures contre les forces ennemies qui se trouvaient dans la poche avant de lancer l’attaque terrestre.

En renfort, les alliés de l’OTAN avaient préparé la région autour du Panjwai avec toutes sortes de moyens aériens : des chasseurs, des bombardiers, des hélicoptères d’attaque, des drones et même des avions espions.

Au sol, tout juste au sud de Masum Ghar, Lussier et son escadron ISTAR allaient voir quelque chose d’horrible. « Regardez, major! » cria un des hommes de Lussier alors que des soldats regardaient le ciel, n’en croyant pas leurs yeux.

Le major sortit de son VBL, dirigea son regard vers le ciel et vit un gros avion espion britannique Nimrod MR2, enveloppé par des flammes orange vif, qui dessinait un arc dans les airs en descendant rapidement.

Lussier, à côté de ses hommes, regarda l’avion s’écraser et exploser à quelques kilomètres de là.

Il y eut une course effrénée pour se rendre au lieu de l’écrasement. Lussier envoya son peloton de reconnaissance sans hésiter. Quelqu’un aurait pu avoir besoin de secours et il fallait absolument empêcher le lieu de l’écrasement de tomber entre les mains de l’ennemi.

Mais il n’y a rien de simple en Afghanistan et ce fut difficile de passer par les petites routes et les villages pour s’y rendre. Heureusement qu’un hélicoptère d’attaque américain Apache apparut au-dessus de la force de Lussier pour lui indiquer le chemin à prendre.

Il fallut se rendre à l’évidence : il n’y avait pas de survivant.

Il y avait 14 hommes à bord du Nimrod quand il s’est écrasé. C’était l’incident causant le plus grand nombre de morts militaires britanniques depuis la guerre des Malouines de 1982.

On a rapporté qu’un incendie électrique a été la cause de l’écrasement. Aussitôt que les Canadiens eurent assuré l’endroit, un escadron de secours américain atterrit et, ensemble, ils se mirent à la sinistre besogne. L’avion ayant explosé lors de l’impact, les débris étaient éparpillés sur une grande surface. « Nous avons examiné la place à la recherche de restes humains et de matériel à caractère confidentiel », dit Lussier. « C’était un carnage et c’était un travail effroyable. Je pense que le plus gros morceau parmi les restes humains était un peu plus gros qu’un ballon de soccer. Il y avait toutes sortes de cochonneries de tous les bords. C’était une jungle toxique.

« C’était là une affaire étrange, pleine d’ironie. Méduse n’avait pas vraiment commencé, on ne faisait que se mettre en posture, et on est les premiers à voir du sang et de la merde. Alors, voyez-vous, mes gars ont ressenti tout un choc. »

Lussier et son escadron sont restés sur les lieux de l’écrasement toute la nuit et ont recommencé le travail le lendemain matin, 3 septembre. « Le moral était bas, bien sûr, et les gars s’apitoyaient sur leur propre sort. Ensuite, la Compagnie Charles a traversé la rivière et elle s’est fait secouer, et on a appris que quatre de nos gars étaient morts et d’autres étaient blessés, et tout.

« C’était toute une expérience. J’écoutais la bataille à la radio tout en marchant dans le champ recouvert de débris. On était assez prêt pour entendre les coups de feu et les explosions, et tout. On voyait les aéronefs qui allaient ça et là, donnant un coup de main. C’était épouvantable d’entendre toute l’affaire à la radio. Tout ce qu’on voulait faire, c’était d’aller les aider.

« Mes gars ont arrêté de s’apitoyer sur leur propre sort à ce moment-là. C’était comme ” C’est quoi que diable qu’on fait pitié? ” »

Ce que Lussier entendait, c’était la Compagnie Charles qui tombait en plein sur une importante force ennemie très aguerrie à l’objectif Rugby.

Méduse n’allait pas se faire dérailler si facilement que ça, mais, au milieu de l’après-midi du 3 septembre, la situation n’était pas très bonne. La première attaque terrestre avait échoué et 18 soldats de la coalition étaient morts. Et on n’était pas encore au bout de la malchance.

À quelques kilomètres au nord de Rugby, la compagnie d’Abthorpe était déployée en une mince ligne au sud de l’autoroute.

Quand la Compagnie Charles traversait la rivière, la Compagnie Bravo avait déjà été à cette position pendant quelques jours. « Notre tâche était simple », dit Abthorpe. « On devait faire une feinte au sud de l’autoroute pour détourner l’attention de l’ennemi. Tout le monde savait que le groupement tactique allait se concentrer sur le sud, mais, en traversant l’autoroute à partir de la base de patrouille Wilson, on espérait pouvoir établir une garde, protéger l’autoroute et nos lignes de communication, ainsi que distraire l’attention des talibans vers le nord. »

La Compagnie Bravo s’était déployée le long de son premier objectif–surnommé Cracked Roof–lequel était un système de fossés très profonds et de routes qui passait par Pasab, petit village au nord de Pashmul.

Peu de temps après que Bravo avait pris position, elle fut attaquée par deux insurgés très ambitieux qui s’imaginaient pouvoir prendre tout un peloton de VBL sans rien de plus que leur fusil d’assaut AK-47. « C’était on ne peut plus surréel », dit Abthorpe. « Les deux talibans se sont levés à découvert sur un mur de boue et ont commencé à tirer sur les VBL avec leur AK, et rien d’autre. »

Le 5e Peloton, commandé par le lieutenant Jeff Bell, refusa de s’en laisser imposer et lança une attaque rapide contre l’enceinte d’où tiraient les hommes. Il réclama à l’artillerie un bombardement à éclatement aérien, et finie la résistance. Malgré des recherches approfondies, un seul corps fut retrouvé.

« Cette étape (de Méduse) », dit le capitaine Piers Pappin, commandant du 4e Peloton de la Compagnie Charles, « je la compare presque à la guerre bidon, comme dans le temps de la Seconde Guerre mondiale, simplement parce qu’on a mené notre feinte et on est restés à cette ligne pendant un bon nombre de jours sans que l’ennemi agisse. On savait qu’ils étaient là, mais, il n’y avait pas de mouvement ni rien. C’était la Méduse bidon. »

Le matin du 3 septembre, Bravo patrouillait encore le long du Cracked Roof car le major Abthorpe apprenait à accepter la nouvelle situation tactique dans le sillage de l’attaque surprise de la Compagnie Charles. « Ainsi, la consigne (d’attaquer) fut toute une surprise. Nos ordres, mes ordres, étaient de feinter vers le sud de l’autoroute 1. La Compagnie Charles allait grimper Masum Ghar et, nous deux, des deux bouts, on allait observer comment les choses se passaient pendant au moins 24 heures, et puis on devait commencer le bombardement de 72 heures. J’ai donné des instructions selon ce plan de feux. Alors, tout semblait aller bien.

« On a roulé les 1 et 2, et on a engagé le combat avec les talibans. On voit que les talibans sont vraiment là, alors on commence à se faire une idée. Et puis, la nuit du 2 septembre, on m’appelle pour me dire de me tenir prêt. Que la Compagnie Charles est en train de traverser. Et de passer la consigne.

« Alors je me suis dit “Okay. Ça m’intéresse.”

« Ils traversent. On sait ce qui se passe. Ils se redéploient au sud, de l’autre côté de la rivière.

« Alors on se met en mode de t——k, ça y est. »

Vu la résistance sur laquelle la Compagnie Charles est tombée à Rugby, les soldats de Bravo sont partis du principe qu’ils allaient tomber sur un gros combat de l’autre côté de Cracked Roof, contre leur objectif, surnommé Templar, directement au nord de Pashmul.

Pendant ce temps, le matin du 3 septembre, l’escadron de Lussier a dû se diriger vers le nord jusqu’à la base de patrouille Wilson, près de l’endroit où Bravo a été déployée, pour déposer un de ses soldats, la caporale Kelly Dove, dont l’époux, l’adjudant Rick Nolan, avait été tué ce jour-là.

Lussier a ensuite reçu l’ordre de rejoindre la Compagnie Bravo qui se préparait à passer à l’attaque en traversant Cracked Roof, le lendemain à l’aube.

« Le lendemain, on était prêts, à la ligne de départ, aux premières lueurs du jour; je pense qu’il était 5 h 30, dit Lussier, et on était tous alignés tout juste au sud de l’autoroute 1. »

D’après le plan, Bravo et ISTAR devaient charger à travers Cracked Roof pour attirer l’attention de l’ennemi vers le nord. Les ordres concernant l’attaque leur ayant été donnés rapidement, les soldats prenaient position et s’apprêtaient pour la bataille. « Et c’est à ce moment-là qu’on a appris la nouvelle : “Stop! stop! stop! La Compagnie Charles vient de se faire arroser” », dit Lussier.

Le matin du 4 septembre, la Compagnie Charles, qui avait reçu la consigne de s’apprêter et de retraverser l’Arghandab pour attaquer Rugby de nouveau, était mitraillée par un A-10 états-unien, et le simple soldat Mark Graham était tué et plus de 30 autres blessés, y compris le commandant Sprague.

Tout s’arrêta. Les opérations offensives furent presque entièrement stoppées en attendant que le commandement canadien décide ce qu’il fallait faire. L’escadron ISTAR de Lussier prit une position temporaire dans le désert pendant que Bravo gardait la ligne de bataille nordique.

C’était le moment de réévaluer sérieusement le plan de bataille. Tout le monde resta sur ses positions pendant que les supérieurs discutaient. « Eh bien (Lavoie) et moi avons beaucoup parlé après cet incident de tir ami », dit Fraser. « J’ai même appelé (Lavoie) à mon poste de commandement pour discuter de quand on allait traverser la rivière.

« On a modifié le plan parce qu’il y a eu un événement important ce jour-là et je m’en suis servi pour faire croire aux talibans qu’on allait continuer de traverser l’Arghandab comme ils pensaient qu’on le ferait. Et après, à la place, on s’est orientés au nord, on s’est braqués du nord, d’où les talibans ne pensaient pas qu’on viendrait, vers le sud.

« C’est alors que la Force opérationnelle Grizzly est entrée en jeu. On a donné des tireurs d’élite à ce qu’il restait de la Compagnie Charles, on leur a donné des gens qui commanderaient le feu direct et l’appui aérien rapproché, et j’ai dit au colonel Williams : “Faites en sorte qu’on vous prenne pour une organisation de mille hommes, faites croire aux talibans que vous êtes toujours Omer Lavoie.”

« Et c’est ce qu’on a fait pendant les trois, quatre jours suivants; on a continué de serrer les talibans de trois directions, en venant du nord, la Force opérationnelle Grizzly du sud et la Force opérationnelle 31 au sud-est. Et c’est ce qu’on a fait jusqu’à ce qu’on atteigne Rugby. »

Ainsi, l’opération étant alors concentrée carrément sur la Compagnie Bravo, des choses ont commencé à se passer au nord. Lors d’une occasion mémorable, des soldats ont attrapé quelques meneurs talibans qui essayaient de « prendre la tangente ».

« Une berline blanche s’arrête », se souvient Abthorpe, « avec des gens qui essaient de quitter notre bulle de sécurité. Alors on leur demande : “D’où venez-vous? Pourquoi partez-vous?” Et puis c’est quand on est en train de parler à ces trois gars âgés qu’un cellulaire sonne. L’interprète (qui travaillait pour les Canadiens) prit le téléphone et répondit. C’était un commandant supérieur taliban qui criait à ces trois gars, leur demandant “pourquoi ils n’attaquaient pas les Canadiens. Vu qu’ils avaient eu beaucoup de succès au sud, ils auraient dû attaquer au nord”. Eh bien, ces gars essayaient de s’enfuir à ce moment-là. »

Le 5 septembre, Bravo a subi ses premières victimes–quatre blessés–lorsqu’un groupe de combattants ennemis a essayé de prendre sa position par le flanc et pris un de ses VBL comme point de mire avec des grenades propulsées par fusée et des canons sans recul.

Malgré l’activité ennemie, les soldats de Bravo patrouillaient le long de la tranchée profonde Cracked Roof pour bien connaitre le terrain et obtenir des renseignements sur les positions de l’ennemi.

Bravo, toutes ses forces à leur place, finit par faire une brèche, traversa la tranchée, et se mit en marche vers le sud.

Pendant les quelques nuits qui suivirent, le peloton de reconnaissance allait se disperser dans la noirceur, éclairant le chemin que les troupes allaient emprunter le lendemain. C’était une avancée classique et Bravo passa à travers une faible résistance jusqu’à l’objectif Templar. « Les talibans, depuis qu’ils avaient décidé de se battre de manière conventionnelle, imitaient, presque exactement, les tactiques soviétiques du temps de la guerre froide auxquelles certains d’entre nous avaient été entrainés quand on était des jeunes officiers », dit Abthorpe.

« Ils avaient des postes d’observation de deux hommes, une ligne défensive extérieure très mince, et puis, quand on y entrait, des positions défensives très très solides à l’objectif Rugby et (les autres objectifs). Très très bien détaillées, très bien retranchées. Avec du recul, il est facile d’analyser et dire “des tactiques comme dans le manuel, des tactiques conventionnelles exactement comme dans le manuel”. »

Pendant ce temps, au sud, à Masum Ghar et à Mar Ghar, Lussier et la Force opérationnelle Grizzly infligeaient des dommages importants aux talibans piégés et entourés.

« Mes ordres étaient simples », dit Lussier. « Semer le désordre chez l’ennemi.

« Les talibans nous ont rendu un fier service; ils avaient fait partir pratiquement tous les civils, alors il s’agissait vraiment d’un champ de bataille linéaire à ce moment-là. Il y avait mes lignes, il y avait la rivière Arghandab qui était essentiellement la zone neutre, et puis, de l’autre côté, tout le monde était taliban. Ça nous facilitait les choses. On a tiré sur ces gars et on les a bombardés pendant quatre, cinq jours pendant que le groupement tactique avançait, au nord. »

Lussier et son équipe de surveillance ont passé beaucoup de temps à l’écoute des talibans qui se parlaient à la radio.

Ils avaient des méthodes à la radio, comme nous, et pendant ce temps on savait qu’on ne les laissait pas dormir du tout : ils ne pouvaient pas se reposer. On les bombardait constamment. Et on s’est aperçu, au deuxième ou troisième jour, qu’il y avait beaucoup de disputes à la radio; on entendait beaucoup de noms alors on a recueilli beaucoup de renseignements sur eux grâce à ce qu’ils disaient.

« Par exemple, Ahmed appelle Haji à la radio et dit : “Est-ce que tu rentres souper?” Et l’autre répond, “Non. Le commandant m’a dit de ne pas quitter le pont blanc.”

« Alors je regarde ma photo de surveillance aérienne et je dis : “Le voilà, le pont blanc.” Alors, quand j’ordonne à l’artillerie de le bombarder, il revient à la radio et dit : “On s’est tous réunis dans la grange derrière toi.” Alors je matraque le pont blanc et je matraque la grange. Et ensuite on entend : “On a beaucoup de victimes, envoie les camions.” Alors on attend et quand on voit les camions qui arrivent, on les matraque aussi.

« Quatre-vingts gars ont été tués ce jour-là. On l’a vu. On l’a regardé. Alors il ne s’agit pas de conjecture. C’est donc des choses comme ça : les gens font des erreurs quand ils sont épuisés et tendus. On a tué beaucoup de gens, voyez-vous; on a tué beaucoup de talibans. Et il ne s’agit pas d’une organisation qui peut se permettre deux cents victimes. Ils ne sont pas prêts à les évacuer. Ils ne peuvent pas s’occuper d’un tel nombre de blessés. Alors ils s’effondrent. Ça faisait partie du travail de déstabilisation. »

Toutefois, au sud, les choses ne se passaient pas exactement comme prévu. Le colonel Williams, commandant américain de la Force opérationnelle Grizzly, avait une manière agressive bien à lui d’aborder le combat. Williams, qu’on disait « gonflé ou débridé », était toujours en avant, menant l’avancée, mais il n’avait pas vraiment réussi à convaincre Lussier et les autres officiers canadiens que sa manière de courir et tirer était vraiment la meilleure.

La situation se fit pressante plusieurs fois, surtout durant la deuxième semaine du mois de septembre, après que Williams a ordonné à Lussier et au reste de la Compagnie Charles de traverser l’Arghandab et d’entrer dans le territoire ennemi presque sans préparation ou renseignements. « Ben, l’affaire c’est que j’étais le Canadien supérieur qui lui avait été détaché et il voulait juste foncer », dit Lussier. « Il a dit, tout simplement, “Okay, on y va. On traverse la rivière tout de suite.”

« Et je lui ai dit “non”. Mais ce n’est pas chose facile, pour un major, de dire ça à un colonel, mais je lui ai dit “non”, j’ai dit : “écoutez, il y a des choses qu’on doit apprendre par rapport à ça.”

« Je voulais envoyer des gens en reconnaissance la nuit d’avant pour vérifier la rive de l’autre côté, pour s’assurer que les véhicules pourraient monter de l’autre côté, parce que ça sert à quoi d’essayer de lancer un assaut en traversant une rivière si on peut pas mettre un pied sur l’autre rive?

« Et puis il a fini par être d’accord avec moi. J’ai dit “ben voyons, on va pas foncer à nu. On a déjà essayé, on s’est fait calisser une raclée”. Alors je lui ai dit qu’on allait envoyer la patrouille de reconnaissance de l’autre côté. C’est ce qu’on a fait, et puis on a traversé le lendemain.

« Je ne voulais pas mettre Charles dans cette position à nouveau. En aucune façon. C’était complètement illogique. L’affaire c’est que, au bout du compte, le temps n’a pas d’importance là-bas. Si ça ne marche pas aujourd’hui, on ira demain. Après tout, ils n’étaient pas en train de nous attaquer. Ils n’étaient pas en train d’attaquer Ottawa.

« Il m’a parlé en privé par la suite : “Écoutez, m’a-t-il dit, j’ai l’impression que vous hésitez un peu.” Et quand je lui ai expliqué exactement ce que je pensais, il a été d’accord avec moi. J’veux dire, il aurait pu me faire prendre la porte, juste là. »

En fin de compte, la Compagnie Charles est bien retournée de l’autre côté de l’Arghandab. Cette fois-là, la traversée s’est faite à un autre endroit, plus vers l’est, près de Mar Ghar, et il n’y a guère eu de résistance.

Le capitaine Derek Wessan, commandant du 7e Peloton de Charles détaché à la Force opérationnelle Grizzly, fut un des premiers soldats à Rugby au cours des jours suivants.

Wessan se rappelle une scène un tout petit peu moins désordonnée, où les unités avaient reçu la consigne d’avancer vers Rugby rapidement et de chercher l’ennemi. « Grizzly Six ne donnait que très peu de renseignements », dit Wessan. Il disait simplement “Euh, allez deux kilomètres par là.” À chaque fois qu’on arrivait au terme de notre manoeuvre, on avait une consigne : “Avancez d’un autre kilomètre.” En fait, on avançait jusqu’au contact, sans le dire exactement.

« On le faisait pas de façon aussi délibérée que j’aurais voulu.

« On continuait d’aller de l’avant. Et encore de l’avant. Et, tout à coup, on s’est retrouvé dans un champ. On s’était pas f–rés du point de vue de la géographie, on savait simplement pas exactement où on se trouvait; et où on était, c’est où Frank Mellish et Will Cushley s’étaient fait tuer le 3 septembre. »

Il faisait noir quand Wessan est arrivé à Rugby. Il est descendu de son VBL et a vu les débris des véhicules qui avaient été abandonnés près de deux semaines auparavant et qui avaient été détruits par des frappes aériennes de la coalition. « On était les premiers soldats depuis le 3 septembre », dit Wessan doucement.

Ensuite, le lendemain matin, ils reçurent l’ordre d’aller au nord jusqu’au labyrinthe d’enceintes et de terrain défensif difficultueux de Pashmul-même. Cette fois-là encore, ils ont avancé sans vrai plan, ne faisant que suivre la consigne du colonel William d’activer. « C’est à ce moment-là que j’ai perdu mon calme », dit Wessan. « J’ai dit “C’est pas comme ça qu’on fait. On va perdre quelqu’un.”

« Le peloton lui-même ne fonctionnait pas d’une manière imprudente, mais le procédé de la manoeuvre n’était pas aussi avisé que j’aurais aimé.

« L’affaire, c’est que si j’ai perdu mon calme, c’est parce que j’avais promis à mes gars que dorénavant on allait essayer de faire les choses aussi posément que possible, alors on n’allait pas faire rentrer qui que ce soit au pays plus tôt que prévu. »

Heureusement qu’à ce moment-là les forces talibanes avaient été décimées par presque 10 jours de frappes aériennes, d’artillerie et de feu direct des VBL, et puis, à part de quelques petites collisions, il n’y a pas eu de combat important quand Rugby est tombé. « On a établi une ligne juste au nord de l’école et, tout à coup, il y a des antennes de VBL qui apparaissaient au nord », dit Wessan. « C’était délirant. C’était le bout, Rugby était pris et tout allait comme sur des roulettes. »

En fin de compte, Grizzly Six est un homme que d’aucuns ont appelé un chef de combat brave qui avançait habituellement en faisant fi du feu de l’ennemi. Toutefois, le fait qu’il risquait la vie des hommes sous son commandement d’une telle façon n’a pas été accepté aussi facilement.

Ce genre d’effort, en vue de trouver un équilibre entre les opérations agressives et les opérations risquées, est un des thèmes incessants de l’Opération Méduse. Ce sont les renseignements sur le champ de bataille, ou leur manque, qui font osciller la balance. Si on n’a pas de bons renseignements, l’avancée comporte des risques importants, ou même catastrophiques. La Compagnie Charles a certainement appris cette leçon à la dure, le 3 septembre.

Toutefois, comme le remarque Fraser, les renseignements sur le champ de bataille ne sont jamais certains et même les meilleures évaluations de la situation ennemie risquent d’être erronées.

« L’autre affaire que les Canadiens devraient comprendre », dit Fraser. « C’est qu’on n’a jamais 100 pour cent de renseignements, d’accord? Pour parler métaphoriquement, si j’en ai 20 pour cent, je suis content. On peut suivre toutes les lignes théoriques, de A à Z, par rapport à tout ce qu’il faut faire, mais en fin de compte, on se bat avec un ennemi et il faut travailler dans un monde imparfait, ce qui n’est pas chose facile. »

Quant aux commandants sur place, c’est certainement ce doute à propos des renseignements qui les pousse à compter sur les tactiques méthodiques et l’avancée réfléchie.

Bien que le militaire ne soit certainement pas une démocratie, ce n’est pas non plus une dictature. Si l’armée a une doctrine et une planification, c’est justement dans le but d’arriver à un consensus sur la manière dont les opérations devraient être menées. Mais on peut quand même laisser la doctrine de côté et on peut quand même abandonner le plan : le commandant tactique doit décider lui-même si l’on doit obéir à l’ordre ou pas.

Comme le remarque Gauthier, « c’est une opération de combat, et c’est une opération tactique, alors il n’y a ni certitude ni solution parfaite aux problèmes qu’on rencontre lors du combat. Ainsi, on peut dire que ça revient à la jugeote à chaque étape, si telle décision, tel jour, était la bonne ou la mauvaise. »

Quant aux commandement et contrôle durant Méduse, Gauthier dit qu’il n’avait pas de raison de s’opposer aux décisions prises à l’échelon de la brigade durant l’opération, ou de les critiquer après coup. Malgré les cas où les commandants tactiques comme Lussier, Lavoie, Sprague et Wessan ont fait objection à certains ordres, pour Gauthier, l’important c’est la nécessité militaire de prêter attention à l’autorité dans la chaine de commandement.

« Si (Lavoie) s’était opposé à ce qu’on lui demandait de faire au point où il se serait convaincu que ce n’était pas la chose à faire, il ne l’aurait pas faite. Et on peut direla même chose dans le cas de Sprague. Ainsi, malgré le fait qu’ils ne pensaient probablement pas que c’était la meilleure façon de faire les choses, il y a beaucoup de façons de faire les choses. »

De toute façon, vu que le stade du combat de l’opération Méduse était théoriquement terminé, c’était le moment de commencer le stade de la reconstruction.

Les efforts concernant la reconstruction du Panjwai et l’amélioration de sa connexion à l’économie de Kandahar étaient concentrés sur la construction d’une nouvelle route, appelée Route Summit, qui irait directement vers le nord à partir de la ville de Bazaar-e-Panjwai et rencontrerait l’autoroute 1 près de la base de patrouille Wilson.

Durant le mois suivant et, en fait, durant plusieurs mois, le groupement tactique devrait surtout s’occuper de la défense de la Route Summit et de la garde du territoire qu’il venait de prendre.

Bien que les principales opérations de combat étaient terminées avant le 14 septembre, les talibans ne semblaient pas vouloir accepter leur défaite. Effectivement, cette période de reconstruction s’est avérée plus mortelle que l’opération elle-même, car une combinaison de bombes de circonstance, de bombes suicidaires, de combats et de mines a tué 10 autres soldats canadiens durant le mois qui a suivi la capture de l’objectif Rugby.

Pour les Canadiens, le problème concernant la garde de la construction de la Route Summit c’est que, bien qu’ils pouvaient défendre comme il faut leur nouvelle route, ils n’avaient pas assez de main-d’oeuvre pour aller tuer l’ennemi à l’ouest, ni même le faire reculer.

« On n’avait pas assez de puissance de combat pour ce genre de nettoyage », dit Lussier. « Il faudrait une brigade pour faire ça. Et l’autre chose dont les gens ne tiennent pas compte, c’est que nos congés ont commencé à ce moment-là. Alors un tiers de notre force est parti.

?« Vous savez, même si on avait eu l’équipe de combat au complet, ou le groupement tactique au complet, ici, honnêtement, je ne crois pas que notre puissance de combat aurait suffi. Je veux dire, même pour prendre Pashmul, il nous a fallu l’aide des Américains. Et on était la priorité pour tout ce qu’il y avait dans les airs au-dessus du théâtre; et qui est parti après coup. Je veux dire, on l’a toujours eu quand on en a eu besoin, mais on l’avait certainement pas en grand comme à Pashmul. »

Fraser sait très bien quels problèmes il faudrait surmonter pour mettre la main sur une puissance de combat qui pourrait suffire. Toutefois, en fin de compte, un certain nombre de soldats seulement étaient disponibles. « L’OTAN était paralysé au point de vue politique et ne pouvait pas me donner plus que ce que je pouvais obtenir (à l’intérieur de ma brigade) », dit Fraser. « Les autres pays de l’OTAN avaient des contraintes politiques par rapport à ce qu’ils pouvaient me fournir. Et ce n’est pas mon rôle de faire des commentaires là-dessus; les choses étaient ce qu’elles étaient, d’accord? C’est mon expression préférée : les choses sont ce qu’elles sont, et on fait ce qu’il faut. »

En réalité, il n’y avait pas assez de troupes, de l’OTAN ou de l’armée nationale afghane, pour nettoyer et garder le terrain afin d’empêcher les talibans d’attaquer.

D’après les chiffres, on ne peut pas dire que la mission afghane a eu énormément d’importance pour les alliés de l’OTAN.

Les forces militaires combinées de l’OTAN se chiffrent à un tout petit peu plus de neuf millions d’hommes; il n’y en a pourtant que 38 500 en Afghanistan–moins d’un demi pour cent de la force totale.

C’est vraiment différent en ce qui concerne le Canada dont la force afghane de 2 500 personnes constitue 2,6 pour cent de toutes ses forces militaires, régulières et de réserve. Si les pays de l’OTAN contribuaient proportionnellement autant que le Canada, il y aurait 238 225 soldats en Afghanistan.

Il est facile de comprendre que les efforts de l’OTAN sont une tentative concernant une guerre complexe et difficile en s’engageant au minimum. Le résultat semble en être que l’OTAN est trop fort pour perdre, mais trop faible pour gagner.

En fin de compte, Méduse a été considérée un succès tactique. L’opération a nettoyé la poche du Panjwai et mis fin à l’espoir qu’avaient les talibans de repousser l’OTAN à l’extérieur de l’Afghanistan en une saison de combats.

Toutefois, la bataille pour le Panjwai n’est pas encore finie. Il y a encore des soldats canadiens qui y meurent.

Bien qu’il soit peut-être trop tôt pour savoir si une paix de l’OTAN profitera jamais au Panjwai, ce qui est clair c’est qu’entre le 3 aout et le 14 octobre 2006, des Canadiens s’y sont battus pour le nettoyer. Ils ont tué beaucoup d’hommes, mais ils en ont perdu beaucoup aussi. C’était une bataille historique. Les suivants ont trouvé la mort : Le caporal Chris Reid, le sergent Vaughan Ingram, le caporal Bryce Keller, le simple soldat Kevin Dallaire, le sergent Shane Stachnik, l’adjudant Rick Nolan, l’adjudant Frank Mellish, le simple soldat Will Cushley, le simple soldat Mark Graham, le simple soldat Dave Byers, le caporal Shane Keating, le caporal Keith Morley, le caporal Glen Arnold, le simple soldat Josh Klukie, le sergent Craig Gillam, le caporal Robert Mitchell, le troupier Mark Wilson, le sergent Darcy Tedford, le simple soldat Blake Williamson.

Le Bureau d’entraide offre des secours

Les officiers d’entraide du Bureau d’entraide de la Direction nationale de la Légion sont au service des membres actuels des Forces canadiennes, des anciens combattants, des membres de la Gendarmerie royale du Canada et des personnes à leur charge tout en s’occupant de leurs intérêts lors de toute démarche qu’ils puissent avoir avec Anciens combattants Canada (ACC) et avec le TAC(RA), c’est-à-dire le Tribunal des anciens combattants (révision et appel), quand ils réclament des avantages d’invalidité d’après la Loi sur les pensions ou la nouvelle Charte des anciens combattants.

Services de représentation gratuits

Les officiers d’entraide professionnels de la Légion offrent leurs services d’orientation, d’assistance et de représentation gratuitement, que les gens soient membres de la Légion ou pas. Leur rôle de représentation est mandaté conformément à une législation.

Assistance bénévole

Étant donné que le visage de l’ancien combattant est en train de changer, et qu’on ne le voit plus comme « vieil homme », les officiers d’entraide du réseau du Bureau d’entraide de la Légion peuvent aussi offrir une assistance pécuniaire, prélevée sur le fonds du coquelicot, à tous les anciens membres des services dans le besoin.

De dire Scott Young, un des quatre officiers d’entraide de la Division de l’Ontario, « nous aidons les anciens combattants par rapport au processus de réclamation. Nous faisons des recherches, nous discutons avec Anciens combattants, nous remplissons les formulaires de demande et nous les postons de la part des anciens combattants. »

Joanne Henderson, un des deux officiers d’entraide de la Division de la Colombie-Britannique/Yukon, dit que « Il existe indubitablement un grand besoin, un besoin qui croît alors que les vétérans de la Seconde Guerre mondiale et de celle de Corée vieillissent et que les anciens combattants modernes se présentent.

« Les anciens combattants réclament-ils plus d’aide? et en ont-ils besoin? Oui, en effet », dit-elle. Elle dit aussi qu’ACC a fait plusieurs pas en avant en ce qui concerne les avantages « mais nous aimerions qu’ils en fassent d’autres, surtout par rapport aux veuves ».

Aux dires d’Henderson, « ACC a aussi fait quelques pas de géant en introduisant la nouvelle Charte des anciens combattants. Avant, seuls les gens qui avaient une invalidité reliée directement au service pouvaient obtenir les avantages. Maintenant, un ancien combattant revenant à la vie civile peut obtenir une nouvelle formation, une rééducation, de l’assistance pour trouver un emploi et une assurance santé de groupe en plus des avantages pour invalidité et financiers. » Henderson confirme que les agents d’entraide de la Légion sont là pour assister tous les anciens combattants qui cherchent à subvenir à leurs besoins.

Gerry Finlay, un des trois officiers d’entraide de la Direction de l’Alberta et des Territoires du Nord-Ouest, déclare que « en effet, il y a eu une augmentation du nombre d’anciens combattants modernes à la recherche d’avantages d’invalidité, pas seulement de ceux qui sont encore en service, mais de ceux qui ont déjà quitté les Forces canadiennes ». Des décisions judiciaires récentes, prises dans le cadre de la nouvelle Charte des anciens combattants, et souvent rapportées de bouche à oreille, attirent de nouveaux requérants. De dire Finlay : « Demandez simplement à Gord, qui vient d’obtenir 63 400 $ ou à Norm, à qui on a octroyé 127 800 $. »

Quant à Kelly Newstead, un des deux officiers d’entraide de la Division du Nouveau-Brunswick, elle déclare : « Non seulement nous remplissons et nous envoyons les formulaires de demande de pension d’invalidité ou d’octrois, nous donnons aussi des conseils aux clients à propos des autres avantages d’ACC auxquels ils ont droit. Nous pouvons tenir lieu de porte d’entrée aux programmes d’ACC, ce qui permet aux clients de ne discuter qu’avec une seule personne lorsqu’ils réclament des services. C’est important quand on travaille avec des clients qui souffrent du syndrome du stress post-traumatique ou avec ceux qui veulent qu’on les dirige ou qu’on leur donne des explications lorsqu’ils s’engagent dans un processus des fois compliqué. »

On peut trouver la liste de tous les officiers d’entraide des divisions de la Légion au site de la toile de la Légion à www.legion.ca, en cliquant sur Bureau d’entraide et puis sur Officiers d’entraide.

Si vous avez besoin d’aide pour obtenir des avantages d’ACC, ou d’assistance bénévole de la Légion, ou bien si l’un de vos proches a besoin d’aide, veuillez prendre contact avec le Bureau d’entraide de la Légion royale canadienne, au 86, place Aird, Ottawa (Ont.) K2L 0A1, ou bien composez le 613-591-3335 ou, sans frais, le 1-877-534-4666.

À votre service est écrit par des officiers d’entraide du Bureau national d’entraide.

Façonnés par le sacrifice

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Il fait beau, clair et frisquet quand les premières personnes arrivent au Monument commémoratif de guerre du Canada, plus de deux heures d’avance et souvent avec des couvertures et des coussins, pour s’assurer d’une place à la cérémonie du jour du Souvenir. En fin de compte, c’est une des foules les plus nombreuses qu’il y ait jamais eu, quelque 30 000 personnes, autour du monument et sur les flancs de la colline du Parlement.

Certains sont venus commémorer les gens qui sont morts ou qui ont servi aux guerres passées; d’autres, pour honorer les membres des Forces canadiennes en service; et d’autres encore, pour transmettre le flambeau aux générations suivantes. « Ma grand-mère avait sept ans quand la guerre a commencé », dit la fillette de six ans Gianna Cox. Ses parents, Matthew et Cathie, ont amené Gianna et son frère de quatre ans, Barton, aux cérémonies pour renforcer les leçons sur l’importance du souvenir qu’on leur a données à l’école et chez eux. « Leurs grands-parents ont survécu à la Seconde Guerre mondiale » dit Cathie. « Ils ont entendu parler du jour du Souvenir à l’école et nous nous sommes dit que ce serait une bonne idée qu’ils viennent voir de leurs propres yeux. »

Honorer ceux qui se battent aujourd’hui « est tout aussi important que de se souvenir des hommes et des femmes qui ont donné leur vie autrefois », dit Tootie Gripich de Cranbrook (C.-B.), qui pour venir voir sa fille a choisi une date lui donnant aussi l’occasion d’assister à la cérémonie nationale du jour du Souvenir. « Je suis allée à des mémoriaux partout dans le monde et j’ai visité la tombe de mon grand-père en Belgique. Je me suis dit que ce serait bien de venir ici aujourd’hui. »

Ben Wright a parcouru 1 900 kilomètres, depuis Atlanta (Géorgie), où il travaille pour les Thrashers d’Atlanta, une équipe de hockey de la LNH, afin de voir son frère, l’agent de la GRC Matthew Wright, qui était sentinelle durant les cérémonies. « Mon frère a servi dans les Forces canadiennes pendant 12 ans; c’était un des Casques bleus de l’OTAN en Bosnie. Je suis venu lui présenter mes respects pour son travail. »

L’agent de police Wright de Wolfville (N.-É.), âgé de 35 ans, a été affecté à Chilliwack (C.-B.). Ben voulait aussi honorer les gars qu’il a connus quand il était conseiller de camp en Ile-du-Prince-Édouard : des jeunes hommes qui ces jours-ci reviennent de l’Afghanistan où ils ont été en service. « Le Canada a une réputation mondiale de leader à propos de la diplomatie, du maintien de la paix et de la bienveillance », dit-il. « Et lorsque ces choses-là ne fonctionnent pas, il faut faire tout ce qu’on peut pour résoudre les problèmes afin que nos mainteneurs de la paix et nos diplomates puissent reprendre leur travail. Malheureusement, il y a des fois où il faut utiliser la force pour apporter la paix. »

Le maitre de cérémonie et directeur du Bureau d’entraide de la Légion royale canadienne Pierre Allard remarquait, à l’occasion de son discours d’accueil, que des Canadiens de tous les coins du pays se sont assemblés aux cénotaphes et mémoriaux pour présenter leurs respects aux braves hommes et femmes qui ont donné leur vie à la guerre et lors d’opérations militaires. « Nous nous souvenons solennellement de ceux qui, depuis les tout premiers jours de notre histoire jusqu’au service actuel de nos troupes en Afghanistan et ailleurs dans le monde, ont fait le sacrifice ultime pour notre pays. »

Et le prix a été élevé; plus de 118 000 soldats, aviateurs et marins militaires et marchands ont donné leur vie pour le Canada en temps de guerre et en temps de paix.

Ces thèmes, le service et le sacrifice, ont été repris par la suite lors d’une prière du brigadier-général et aumônier général des Forces canadiennes Stanley Johnstone. Il remarquait que le Canada a été formé par les sacrifices qui ont eu lieu aux batailles comme celles de la crête de Vimy, de Dieppe et de la Normandie. « Que le souvenir de ceux qui nous ont précédé ne s’estompe jamais », dit-il. Il dit aussi que des sacrifices sont encore nécessaires pour préserver la paix et protéger notre mode de vie. « Nous payons notre propre dette pour l’avenir de nos enfants grâce à la bravoure et à la détermination qui conviennent à ce devoir. Mais jamais avec exaltation. »

« Nous aimons et vénérons nos anciens combattants » et nous « languissons après nos troupes. Nous aimons nos troupes », dit le rabbin Reuven Bulka qui est aumônier honoraire de la Direction nationale de la Légion royale canadienne. « Disons le ensemble : nous aimons nos troupes. » L’invitation fut acceptée par les milliers de gens et les applaudissements parcouraient la foule pendant que le rabbin continuait de parler. « Nous aimons nos troupes pour leur désintéressement; nous aimons nos troupes pour leur bravoure; nous aimons nos troupes pour leur dignité au combat. » Il en va de notre responsabilité, en tant que membres d’un « partenariat sacré », de donner un sens à la liberté que nos anciens combattants ont remporté pour nous et que nos troupes maintiennent pour nous, en créant une société inclusive imbue de respect. « C’est comme ça qu’on fait au Canada », dit-il.

La cérémonie était sombre et digne, bien que le soleil apportât une atmosphère plus pétillante que celle qu’il y a eu ces dernières années, quand les gens devaient braver la pluie, la neige et les températures glaciales. Les cornemuses et tambours ont annoncé l’arrivée de vagues d’anciens combattants, de membres des Forces canadiennes, de cadets et d’agents de la GRC–des centaines d’hommes et de femmes, jeunes et vieux, de gens robustes et de gens en fauteuil roulant ou s’appuyant sur une canne : un hommage aux Canadiens qui sont morts au service de la patrie et à ceux qui, aujourd’hui, s’engagent à risquer leur vie pour protéger les idéaux canadiens.

La foule se fit muette à la vue des cinq sentinelles de cérémonie défilant devant le Monument commémoratif de guerre du Canada où elles commencèrent leur vigile, les mains sur l’arme renversée et la tête baissée, une position révérencieuse qu’elles ont maintenu durant toute la cérémonie. Le silence se poursuivit à l’arrivée de la gouverneure générale Michaëlle Jean, de son époux Jean-Daniel Lafond et de leur fille Marie-Éden, et il continua aussi pendant qu’on présentait le reste du groupe vice-royal. Le Premier ministre Stephen Harper, son épouse Laureen et leurs enfants Ben et Rachel, ainsi que la mère de la Croix d’argent de 2007, Wilhelmina Beerenfenger-Koehler d’Embrun (Ont.), dont le fils, le caporal Robbie Beerenfenger a été tué en Afghanistan en 2003, accompagnaient la Gouverneure générale. Le général et chef d’état-major de la défense Rick Hillier, le président de la Chambre Peter Milliken et le ministre d’Anciens combattants Greg Thompson étaient également présents.

Sur le tapis rouge se trouvaient aussi les représentants de la jeunesse canadienne, les gagnants séniors des concours littéraires et d’affiches de la Légion, Hee Ra Kim, 17 ans, de Surrey (C.-B.), Corley Farough, 17 ans, de Taber (Alb.), James Welke, 18 ans, de Pincher Creek (Alb.), Natalie Lloyd, 16 ans, de Guelph (Ont.), et les trois meilleurs cadets du pays, la première maitresse de 1re classe de la marine Courtney Davies, 18 ans de Regina, adjudant-chef de l’armée Katie McKenna, 18 ans, de Charlottetown et l’adjudante de 1re classe de l’aviation Lisa Davidson, 18 ans, d’Ancaster (Ont.), qui ont remis des couronnes au groupe vice-royal.

L’Ottawa Children’s Choir, en costume rouge vif qui ressortait clairement à côté des anciens combattants et des soldats, a chanté l’O Canada. L’hymne national fut suivi par la dernière sonnerie et, lorsque les dernières notes se dissipaient, les membres du 30e Régiment d’artillerie de campagne faisaient détonner leur premier canon, débutant ainsi les deux minutes de silence. L’horloge de la Tour de la Paix sonna 11 fois, en l’honneur des sacrifices faits par les Canadiens de toutes les agglomérations des 10 provinces et territoires.

Ensuite, la foule s’est fait rappeler les voies du souvenir par le deuxième coup de canon, lequel fit trembler les fenêtres autour de la place et le long des rues. Le président national Jack Frost lut l’Acte du Souvenir.

Le grand président honoraire de la Légion Charles Belzile lut ensuite l’acte en français : « Ils ne vieilliront pas comme nous, qui leur avons survécu. Ils ne connaitront jamais l’outrage ni le poids des années. Quand viendra l’heure du crépuscule et celle de l’aurore, nous nous souviendrons d’eux. »

Quand la gouverneure générale déposait une couronne de la part des gens du Canada à la Tombe du Soldat inconnu, la chorale se mit à chanter Au Champ d’honneur.

La mère de la Croix d’argent déposa une couronne de la part de toutes les femmes canadiennes qui ont perdu un fils ou une fille en service militaire ou à la marine marchande. Des douzaines de couronnes ont été déposées par des diplomates et par des représentants d’organisations d’anciens combattants, militaires et de bienveillance, après que le reste du groupe vice-royal eut déposé les siennes.

Ensuite, les rangs d’anciens combattants, de soldats, de cadets et d’autres gens ont défilé devant le groupe vice-royal vers les rues avoisinantes où ils ont été reçus à grands renforts de cris d’encouragement et d’applaudissements. Les dignitaires ont défilé après eux et puis ensuite, vers midi, le monument était laissé au grand public qui s’avança par milliers pour s’y faire photographier, ou pour déposer ses propres couronnes, coquelicots ou souvenirs sur la Tombe du Soldat inconnu.

Natalie Lloyd, gagnante sénior du concours d’affiches noir et blanc de la Légion, dit que ses deux grands-pères ont servi à la Seconde Guerre mondiale. « Ils ne voulaient jamais nous parler des horreurs de la guerre, mais pour ce qui est de l’importance de commémorer ce que les soldats ont fait, si. » À l’arrière-plan de son affiche, un soldat blessé est soutenu par un sergent; au premier plan, un ancien combattant a une main sur la pierre tombale du sergent quand il raconte son histoire à un petit-enfant. Il n’y a pas assez de Canadiens qui ont entendu le message, dit-elle. « Je ne pense pas que beaucoup de gens réalisent que c’est une vraie guerre où nous sommes actuellement et qu’il y a des gens en Afghanistan qui meurent pour que nous puissions rester libres. »

Aux yeux de certains jeunes, « le 11 novembre est une obligation », dit James Welke dans sa composition. « Ça semble lointain; bien peu d’entre nous sont affectés directement. » Dans sa composition, il écrivait que « le droit d’exprimer nos opinions et de promouvoir nos valeurs personnelles a été acheté à un prix très élevé. »

Personne ne le sait mieux que Beerenfenger-Koehler qui a appris la mort de son unique enfant, le caporal Robbie Beerenfenger, âgé de 29 ans, à la télévision.

Le caporal Beerenfenger et le sergent Robert Short, âgé de 42 ans, ont été tués près de Kaboul, en Afghanistan, le 2 octobre 2003, quand la jeep dans laquelle ils étaient a roulé sur une mine, à moins que ce fut un obus, enterré sous la voie. « On me l’a appris un peu après 9 h », dit la veuve de Beerenfenger, Tina. « Les enfants sont revenus de l’école à 9 h 30, et la nouvelle a été diffusée avant 10 h ».

Beerenfenger-Koehler n’était pas à son bureau ce jour-là; elle assistait à un cours. « J’ai entendu deux personnes parler, qui disaient que deux soldats avaient été tués. Je leur ai demandé s’ils savaient qui et ils m’ont répondu que non. Alors j’ai été inquiète toute la matinée. » Le groupe apprit qu’il y aurait une grande conférence de presse à propos des morts à 12 h 30, alors il a allumé un téléviseur. Sans avertissement, elle entendit que son fils était un des deux morts.

Elle pleure quand elle apprend la mort d’autres soldats. « Je croyais que ce serait fini pour moi, vu que je n’ai plus besoin de m’inquiéter, que je n’ai plus besoin de ressentir ça. Mais je pleure pour les autres mères parce que je sais ce qu’elles ressentent. »

Pendant longtemps, dit-elle, quand les Canadiens pensaient à la guerre, ils pensaient à « quelque chose qu’on étudie, pas à quelque chose qu’on vit ». Son fils l’a vécue, lui. « Il voyait ça comme une aventure et il voulait faire son devoir, dit-elle. Il était fier d’être soldat et fier d’être Canadien. » Quant à elle, elle dit qu’elle est « honorée et fière. Je suis fière pour les mères des autres fils. (Les soldats canadiens) font de bonnes choses là-bas. »

Ses deux petits-enfants les plus vieux, Matt, âgé de 14 ans et Kristopher, âgé de 10 ans, veulent suivre les traces de leur père. C’est important pour eux et pour leur petite soeur Madison, qui était bébé quand leur père est mort, de savoir que Robbie Beerenfenger était « un homme bon, un bon père, un bon ami ».

Beerenfenger-Koehler a fait preuve des mêmes grâce et dignité lors du dépôt de couronne le jour du Souvenir que la veille, lors des visites aux édifices du Parlement et au Musée de la guerre du Canada, d’une répétition de dépôt de couronnes et d’un diner en l’honneur de Beerenfenger-Koehler, des gagnants des concours littéraires et d’affiches et des cadets exceptionnels organisés par la Légion.

Dans la Chapelle du Souvenir des édifices du Parlement, Wilhelmina et Tina observaient quelqu’un tourner la page du septième Livre du Souvenir où le nom du caporal Beerenfenger a été inscrit. Les deux femmes qui portaient son deuil se sont embrassées en pleurant et puis, quand elles ont retrouvé leur calme, elles sont retournées à leur devoir officiel.

Quant aux jeunes cadets du groupe, ils se préparent à servir leur pays. Davidson désire aller au Collège militaire royal à Kingston (Ont.) pour y devenir pilote; Davies espère devenir agent de la GRC; McKenna aimerait aller au CMR et elle s’intéresse aussi à une carrière dans le Cadre des instructeurs de cadets dont les membres entrainent près de 56 000 cadets de la marine, de l’armée et de l’air aux plus de 1 000 pelotons et escadrons du pays. C’est à McKenna qu’a été décernée la bourse, d’un montant de 500 $, de l’Order of Saint Joachim. Il s’agit d’une bourse qui est remise à un des cadets exceptionnels de l’année et qui alterne, chaque année, entre les ligues de cadets de la marine, de l’armée et de l’air.

Les réalisations des sept jeunes gens ont été célébrées au diner qui avait lieu à l’hôtel Fairmont Château Laurier, où l’hôte, le président national Jack Frost, a félicité les cadets et les gagnants des concours littéraires et d’affiches de la Légion de leurs réalisations. « Quand je vous vois, ce sont les leaders de demain que je vois », dit-il.

Les parents aussi ont été félicités. Derrière chaque jeune postulant, il y a quelqu’un qui guide, et qui des fois pousse, dit Frost. « À ces parents […] je vous félicite parce que vous avez fait un travail exceptionnel. » Le secrétaire national Duane Daly aussi avait des remarques affables à faire. « Ces jeunes gens n’auraient pas pu accomplir ce qu’ils ont accompli sans l’inspiration de leurs parents », dit-il, qui encouragent les valeurs telles que l’honneur, le souvenir et la révérence concernant le patrimoine.

Lors de son discours du jour du Souvenir, le Premier ministre Stephen Harper dit que le 11 novembre est un jour de deuil. « C’est aussi l’occasion de célébrer les fières traditions militaires de notre grand pays. Le Canada a toujours répondu aux appels lancés pour défendre la liberté, la démocratie, les droits de la personne et la primauté du droit.

« Je parle certainement au nom de l’ensemble des Canadiennes et des Canadiens en exprimant notre appui sans réserve et notre profonde gratitude à tous nos soldats et à leur famille. Nous portons l’oriflamme. Les héros canadiens morts au champ d’honneur dans les Flandres peuvent reposer en paix sous les coquelicots. »

Ottawa se fait l’hôtesse du prochain Congrès national

« Le Conseil exécutif national a donné la consigne de lancer un appel au congrès à toutes les directions, filiales et sections de la Légion royale canadienne afin que leurs délégués s’assemblent à Ottawa (Ont.), le 21 juin 2008, à l’occasion du 42e Congrès national. Cet appel au congrès est lancé conformément à l’article 901 des Arrêtés généraux. »
— Le secrétaire national Duane Daly

S.A. le prince Floris et S.A. la princesse Aimée des Pays-Bas seront les invités d’honneur au 42e Congrès national de la Légion royale canadienne qui aura lieu, à Ottawa, du 21 au 25 juin.
La capitale nationale, siège de la démocratie au Canada, servira de toile de fond au congrès dont le thème, cette année, sera Liberté et démocratie : l’héritage des anciens combattants.

Environ 1 500 délégués, ainsi que des observateurs et des invités, vont s’assembler au Centre des congrès d’Ottawa, situé, au bord du canal Rideau, au 55 promenade Colonel By, tout juste une rue à l’est de la Colline parlementaire.

Le prince Floris est le quatrième fils de S.A. la princesse Margriet des Pays-Bas qui est née à Ottawa, durant la Seconde Guerre mondiale, car la famille royale hollandaise s’y était réfugiée lors de l’occupation des Pays-Bas par l’Allemagne nazie. Le prince, qui est le filleul de la Légion royale canadienne, était l’invité d’honneur au 38e Congrès de la Légion à Halifax, en 2000.

Les délégués doivent réserver leur chambre d’hôtel eux-mêmes. Quelque 1 000 chambres leur sont destinées dans les hôtels d’Ottawa, dont Les Suites Hotel, le Novotel d’Ottawa, les Capital Hill Hotel & Suites, le Lord Elgin, les Holiday Inn Hotel & Suites, le Crowne Plaza Hotel, le Minto Suite Hotel, le Albert at Bay Suite Hotel, le Best Western Victoria Park Suites, et le Days Inn Centre-ville et Quality Hotel. Les délégués peuvent aussi se renseigner auprès de Tourisme Ottawa pour obtenir une liste d’hôtels, motels et chambres d’hôte, ainsi que de leurs prix et agréments (au téléphone : 1-800-363-4465; téléc. : 613-237-7339 ou sur la toile à www.ottawatourism.ca). On peut demander une trousse de renseignements sur Ottawa, par courriel, à ottawainformation@ottawatourism.ca.

Cette adresse de courriel est protégée contre les robots de recherche à pourriels, et il faut que JavaScript soit actif pour qu’on puisse la voir.

L’inscription au congrès aura lieu le samedi de 13 h à 17 h, le dimanche de 9 h à 13 h, et puis le lundi de 8 h à 10 h. Le prix de l’enregistrement est de 50 $ — 15 $ pour les observateurs. Les manifestations commenceront le dimanche par une cérémonie de commémoration; ensuite il y aura le dépôt de couronnes et puis, après, un défilé. La cérémonie d’ouverture aura lieu à 15 h 30.

Les filiales locales sont en train d’organiser les divertissements de la semaine.

Les filiales ont droit à un délégué accrédité pour tous les 100 (ou fraction de 100) membres ordinaires, à vie, associés ou affiliés votants. Les délégués doivent avoir réglé leurs frais d’adhésion de l’année se terminant le 31 décembre 2008.

Toutes les résolutions doivent se trouver à la Direction nationale au plus tard le 2 mars, c’est-à-dire 112 jours avant l’ouverture du congrès. Les filiales devraient s’assurer que toutes les résolutions soient soumises avant la date limite fixée par leur direction divisionnaire. Les résolutions en retard seront remises au Conseil exécutif national après le congrès.

L’Aéroport international d’Ottawa est à environ dix kilomètres du centre-ville. La course en taxi coute environ 25 $, dépendant de la destination, et le bus-navette passe toutes les demi-heures entre 5 h et 0 h 30.

Les congressistes trouveront beaucoup de divertissements et beaucoup de choses à voir à Ottawa. Il y a plus d’une douzaine de galeries et musées nationaux, dont un bon nombre se trouvent à une petite promenade du Centre des congrès. Pour les amateurs de théâtre, il y a l’Ottawa’s Fringe Festival qui dure jusqu’au 29 juin; le festival international de jazz a lieu du 20 au 29 juin; et pour les gens qui voudront rester plus longtemps, il n’y a pas de meilleur endroit au pays où célébrer la fête du Canada.

Il y a aussi beaucoup de choses pour le mordu des choses militaires.

Le Musée canadien de la guerre, au 1 de la place Vimy, offre des artéfacts de l’expérience militaire au Canada de tous les temps (on peut se renseigner à www.museedelaguerre.ca.).

• Le Monument commémoratif de guerre du Canada, à la place de la Confédération, se distingue par une arche en granite sur laquelle se trouvent des statues en bronze représentant la paix et la liberté; sous l’arche se trouvent 22 statues en bronze qui symbolisent les centaines de milliers de Canadiens qui ont répondu à l’appel; les armes qui ont été impliquées à la guerre sont toutes représentées, avec les bons uniformes (www.stemnet.nf.ca/ monuments/on/nationalwar.htm).

• Le cimetière Beechwood, au 280 de l’avenue du même nom, site historique national établi en 1873, est le lieu du dernier repos de nombre de Canadiens célèbres, dont sir Robert Borden, Premier ministre du Canada durant la Première Guerre mondiale; Tommy Douglas, père du régime d’assurance-maladie; sir Sandford Fleming, inventeur des zones de l’heure normale; et le poète Archibald Lampman. C’est là aussi où se trouvent le Cimetière militaire national des Forces canadiennes et le Cimetière commémoratif de la Gendarmerie royale du Canada. Le cimetière de 160 acres, avec ses sentiers, ses jardins luxuriants et son marécage, est ouvert au public (www.beechwoodcemetery.com).

• Le Musée de l’aviation du Canada, au 11 de la promenade Aviation, renferme des aéronefs d’époque et on y offre des démonstrations et des visites guidées. La collection du musée concerne surtout le développement de la machine volante, en temps de guerre et en temps de paix, et elle suit la transformation de la technologie aéronautique au Canada (www.aviation.technomouses.ca).

• Le Diefenbunker, près de Carp, à 45 minutes en voiture du centre-ville, est un musée de la guerre froide du Canada qui a été construit à l’origine pour protéger le gouvernement en cas de guerre nucléaire. En plus des visites de tous les jours, il y aura, le 23 juin, une visite guidée des parties du bunker qu’on ne voit que rarement (www.diefenbunker.ca).

• Kingsmere, la maison d’été de William Lyon Mackenzie King, Premier ministre pendant 22 ans — y compris durant la Seconde Guerre mondiale — est située au cœur du parc de la Gatineau, de l’autre côté de la rivière des Outaouais. La propriété est agrémentée de sentiers, de jardins classiques et d’une collection de ruines (www. ottawakiosk.com/mackenzie_estate.html).

• La visite à Fort Henry, fortification construite au 19e siècle pour protéger un arsenal à l’entrée du canal Rideau et où logeait une garnison de l’Armée britannique jusqu’en 1870, vaut le déplacement de deux heures. Les expositions et les artefacts de la vie militaire d’alors, animés par des performances musicales et des démonstrations militaires de la Fort Henry Guard, ainsi que par des guides portant les costumes appropriés à leur poste, démontrent la vie dans un fort du 19e siècle (www.parks.on.ca/fort/).

Pour de plus amples renseignements, voir le site de la toile à www.legion593. ca/LAC. L’adresse de courriel est lasecretary@gmail.com. Pour obtenir une liste de restaurants, activités, manifestations et amusements, voir www.tourism.ottawa.ca.

La Légion parle d’avenir avec d’autres organismes d’anciens combattants

Des représentants de 14 organisations d’anciens combattants se sont réunis à la Maison de la Légion à Kanata (Ont.), le 16 novembre, pour discuter d’un rapprochement.

Le grand président honoraire Charles Belzile, président du Comité national de l’unité des anciens combattants, a présidé à cette réunion à laquelle assistaient aussi le président national Jack Frost, le secrétaire national Duane Daly et le président du Comité des adhésions Erl Kish. Le président Lou Cuppens et le membre Buster Brown du Comité de la défense, ainsi que Lewis MacKenzie, membre du Comité de l’unité des anciens combattants, représentaient aussi la Légion à la réunion.

La Légion a fait un exposé complet de l’organisation de la Légion, ainsi que de l’étendue et de l’importance de ses divers programmes. La Légion a été fondée en 1926, quand la Great War Veterans Association a assemblé plusieurs organisations d’anciens combattants nées après la Première Guerre mondiale. À présent, ses programmes comprennent des projets d’habitation pour aînés, les Championnats nationaux d’athlétisme pour les jeunes de 13 à 17 ans, le Pèlerinage national du souvenir de la Légion, le soutien du programme Rencontres du Canada, les concours nationaux littéraires et d’affiches, la cérémonie nationale du jour du Souvenir et le soutien de centaines de pelotons de cadets et de troupes de scouts et de guides. Les filiales de la Légion donnent environ 11,1 millions de dollars aux bonnes œuvres locales.

Les programmes de soutien militaire de la Légion comprennent l’appui des championnats et des tournées de spectacles des Forces canadiennes, de l’opération Père Noël pour les soldats déployés à l’étranger, des marches de Nijmegen, de la maison Fisher en Europe et de la maison de la Légion à l’Hôpital Ste-Anne pour anciens combattants, et le Fonds de moral des troupes de la LRC fournit des bons-cadeaux de Tim Hortons aux membres des Forces canadiennes en poste au terrain d’aviation de Kandahar.

Il y a eu une longue discussion sur l’avenir, après l’exposé, pour assurer la force et la viabilité de la collectivité des anciens combattants.

La Légion a mis au premier plan ce qu’elle considère ce que les buts et les objectifs de la collectivité des anciens combattants devraient être et elle a suggéré qu’une sorte de fédération avec la Légion pourrait servir à soutenir leur identité et à atteindre ces objectifs. Bien qu’il n’y ait pas eu d’accord sur un plan spécifique d’action pour l’avenir, les délégués ont voté une motion selon laquelle le dialogue va se poursuivre et une autre réunion aura lieu en octobre 2008.

« La réponse de tous les présents était positive », dit Daly. « Ils ont complimenté la Légion d’avoir pris l’initiative d’assembler les associations pour discuter d’avenir et ils se sont dits désireux de revoir les options avec leurs propres membres avant la réunion d’octobre. »

Des représentants des Anciens combattants de l’armée, de la marine et des forces aériennes au Canada, de l’Association des Forces aériennes du Canada, de l’Association canadienne des vétérans des Forces de la paix des Nations Unies, de l’Association canadienne des vétérans pour le maintien de la paix, de la Royal Canadian Naval Association, du Groupe canadien de l’aéronavale, de la Canadian Divers Association, de la NATO Veterans Association, de l’Association canadienne des vétérans de la Corée, de l’Association des vétérans de la marine marchande canadienne, de la Naval Officers Association, de l’Association des anciens de la Gendarmerie royale du Canada, de l’Association nationale des anciens combattants autochtones et de la Gulf War Veterans Association ont été à la réunion.

Service de consultation offert aux anciens combattants

Le service d’aide d’Anciens combattants Canada est un service de consultation volontaire et confidentiel offert par l’entremise d’une équipe de conseillers à travers la nation que l’on peut rejoindre initialement à un numéro de téléphone sans frais. Ce service, qui donne un accès ininterrompu à des consultations, est assuré de la part d’ACC par Santé Canada. Le service d’aide d’ACC est semblable au Programme d’aide aux membres des Forces canadiennes.

L’objet du service d’aide d’ACC est d’assister les particuliers à surmonter les problèmes qui peuvent affecter leur vie, comme ce qui suit :
· les problèmes maritaux et familiaux;
· les problèmes de transition;
· les problèmes affectifs et psychologiques;
· l’abus d’alcool ou d’autres drogues;
· les difficultés financières;
· et les autres types de problèmes personnels, comme les conflits interpersonnels, les difficultés d’ordre juridique et le jeu.

Les ayants droit sont les suivants :
· les anciens membres des Forces canadiennes qui ont servi à partir du début de la Première Guerre mondiale;
· les marins marchands d’une guerre mondiale ou de la guerre de Corée tel que défini dans la Loi sur les pensions;
· les anciens membres de la GRC;
· et les familles des personnes mentionnées ci-haut.

Les membres du personnel qui répondent au téléphone sont des conseillers formés et expérimentés qui identifient les besoins initiaux et font les recommandations aux conseillers professionnels agréés près de chez le client, pour une consultation à court terme pouvant aller jusqu’à huit sessions par problème.

Le numéro sans frais d’interurbain est le 1-800-268-7708.

On peut obtenir davantage de renseignements sur le service d’aide d’ACC au site de la toile http://www.vac-acc.gc.ca/clients_f/sub.cfm?source=forces/ assiserve.

À l’aide d’un ancien combattant allié

La United Kingdom Veterans Agency a appelé le Bureau national des services le 22 août pour demander si nous pouvions donner un coup de main à un vétéran de l’armée britannique en détresse qui était sans le sou, démuni, et qui vivait dans la chapelle de l’Aéroport international d’Halifax.

Peter, le vétéran de l’armée britannique, a servi de 1989 à 1995 dans les Royal Dragoon Guards en Angleterre et en Allemagne. Il venait de passer environ six mois au Canada grâce à un visa de séjour et il désirait retourner chez lui. Peter souffre du syndrome du stress post-traumatique et il est dépressif. Il avait fait une demande d’aide à la U.K. Veterans Agency pour être rapatrié afin d’obtenir une assistance médicale. La demande de Peter occasionna l’appel à notre bureau où le Royaume-Uni nous demandait de l’assister.

On nous donna le nom de l’ecclésiastique de l’aéroport d’Halifax qui avait recueilli l’ancien combattant dans sa chapelle pendant qu’il essayait d’obtenir de l’aide pour lui. Ce serait lui notre personne contact.

Un de nos agents des services prit le téléphone pour interviewer l’ecclésiastique et l’ancien combattant lors de la mise en marche du soutien bienveillant approprié. Il confirma l’ayant droit de l’ancien combattant et s’occupa de la demande d’octroi. La demande ayant été acceptée par les administrateurs, le personnel de la Légion acheta un aller simple vers le Royaume-Uni pour Peter et prit les dispositions auprès d’une ligne aérienne. En 24 heures, Peter prenait le chemin de retour chez lui en Angleterre où des représentants de la Veterans Agency l’attendaient pour l’assister davantage.

Il s’agit là d’un bon exemple d’intervention réussie.

À votre service est écrit par des agents des services du Bureau national des services.

L’odyssée du souvenir

Les membres du Pèlerinage des leaders de la jeunesse de la Légion royale canadienne ont été frappés par le son des applaudissements en arrivant à Buron, une petite ville voisine de Caen.

Le groupe de 26 personnes participaient au pèlerinage bisannuel de la Légion qui est allé visiter les cimetières militaires canadiens, les champs de bataille et les monuments érigés en l’honneur des sacrifices et triomphes des Canadiens aux deux guerres mondiales. Les leaders de la jeunesse avaient été invités à régler une cérémonie du souvenir dans la ville, et ils avaient accepté de défiler jusqu’à la place.

Jason Forster de la filiale Hampton (N.-B.), âgé de 28 ans, assembla une garde du drapeau, ce pour quoi il fallait organiser d’autres membres du groupe deux par deux derrière un assortiment de drapeaux. Ni Forster ni les autres membres du groupe n’avaient vu l’endroit où ils devaient se rendre avant d’avoir tourné le coin.

Au tournant, le défilé a vite été l’objet de l’attention d’environ 100 citoyens qui ont reçu les visiteurs en les applaudissant généreusement et fortement. Bien que les gens du groupe ne fussent pas de la génération qui était là-bas il y a 63 ans, ils représentaient l’effort canadien qui a libéré le village, en 1944, au début de la bataille de la Normandie.

Les Canadiens ont déposé une couronne devant le cénotaphe au cours de la brève cérémonie réglée dans la place. Les leaders de la jeunesse et les autres membres du groupe de la Légion se sont ensuite enlevé le coquelicot qu’ils portaient au revers et l’ont piqué dans la couronne. Les gens du pays les ont suivis avec leurs propres fleurs et couronnes, et puis ils ont accepté avec joie les coquelicots supplémentaires que leur a remis le coordonnateur du voyage Steven Clark de la Direction nationale.

Peu après, des tables ont été apportées sur lesquelles des bouteilles de cidre local ont été déposées. La langue a causé quelques petits inconvénients entre les Français et le groupe de la Légion qui était principalement anglophone, mais l’hospitalité et l’affection étaient quand même évidentes. “Ce sont les choses comme celles-là dont on se souvient après le voyage”, dit Forster. “C’était tout à fait inattendu. Je n’avais jamais pensé me trouver à la tête d’un défilé que des gens applaudiraient en guise d’appréciation.”

Il y a eu maintes surprises durant le pèlerinage qui s’est déroulé du 5 au 19 juillet, un voyage ayant commencé à l’aéroport international Pearson de Toronto où le groupe s’est assemblé pour le vol à destination de Paris. Après Paris, l’odyssée du souvenir est passée dans le Nord de la France, en Belgique et aux Pays-Bas, et pour finir elle a traversé la Manche jusqu’en Angleterre où l’avion du retour a décollé à l’aéroport de Heathrow.

À la tête du groupe se trouvaient le premier vice-président national Wilf Edmond et son épouse Annie de Donkin (N.-É.). Le guide accompagnateur était John Goheen, le directeur d’une école de Port Coquitlam (C.-B.). Goheen, qui a été pèlerin en 1995, fait partie des meubles depuis lors, aux pèlerinages, et il augmente constamment ses connaissances sur les contributions militaires canadiennes. La Direction nationale a parrainé un pèlerin de chacune des 10 divisions mais le représentant de l’Île-du-Prince-Édouard a dû se retirer avant le départ de la délégation.

En plus de Forster, il y avait David Timms de Squamish (C.-B.), Bill Taylor de Wetaskiwin (Alb.), Rod Holowaty de Kipling (Sask.), Cheryl McCallum de Dryden (Ont.), Lisa Weber de Mount Forest (Ont.), Hélène Bouchard de Jonquière (Qc), John Brewer de Marion Bridge (N.-É.) et George Brown de New Harbour (T.-N.) parmi les pèlerins. La plupart des délégués étaient soit leader de cadets, soit enseignant. L’obligation d’avoir moins de 40 ans afin d’être choisi pèlerin a dû être abrogée afin d’attirer les meilleurs candidats pour rapporter le message au pays. Et à partir du commencement, tous les leaders de la jeunesse étaient enthousiastes à propos de ce dont ils faisaient l’expérience.

Un certain nombre de personnes ont payé leurs propres frais, qui s’étaient jointes au groupe pour des raisons particulières. Parmi elles se trouvait Christina Farrell de St. Albans (T.-N.). Elle a participé au pèlerinage de 2005 et a décidé d’y retourner cette année avec Ed Fewer de Grand Falls/Windsor (T.-N.) pour lui montrer les lieux et revivre son expérience. Daniel Hiscock, de Grand Falls/ Windsor aussi, les accompagnait.

Bouchard était accompagnée par son mari Sylvain Simard, un instructeur de cadets. Robert et Viviane Lafraniere de Manitowaning, une ville située sur l’île ontarienne de Manitoulin, étaient du voyage pour aller voir la tombe de l’homonyme de Robert, un oncle enterré au cimetière militaire canadien de Beny-sur-Mer. Joan Ferguson de Calgary et sa nièce Margaret Bodnark de Coquitlam (C.-B.) désiraient voir des endroits dont elles avaient trouvé la description dans le journal de la Première Guerre mondiale du père de Ferguson. Et puis il y avait aussi Lynn et Phyllis Giberson d’Arthurette (N.-B.), Travis Minor de Bonnyville (Alb.) et Lisa Peterson de Fox Creek (Alb.).

En quittant l’aéroport, le groupe a pris la route de Caen, une ville qui a été libérée au début du mois de juillet 1944. La première escale a été faite au musée Le Mémorial, qui a été établi en 1988 pour enregistrer les expériences de la France occupée et de sa libération. Pendant leur visite, les leaders de la jeunesse sont allés voir le Jardin canadien du Souvenir et le parc international du musée. Ce beau jardin est parrainé et entretenu par la Fondation canadienne des champs de bataille grâce en partie au soutien de la Légion royale canadienne.

Ce soir-là, les membres du groupe ont fait connaissance durant ce qui s’est avéré n’être que le premier des nombreux repas réguliers en soirée. Tout au long du voyage, ces rassemblements aux repas ont donné l’occasion aux participants de bavarder et de réfléchir aux activités de la journée. Tout de suite après leur premier repas ensemble, ils sont allés s’exercer, en uniforme de la Légion, en vue des 14 cérémonies auxquelles ils allaient prendre part au cours du voyage.

À chaque endroit où a eu lieu une cérémonie, on a choisi un sergent d’armes et cinq membres de la garde du drapeau. Ces derniers devaient porter la Feuille d’érable, l’Union Jack et le Red Ensign, ainsi que le drapeau des Nations unies et celui de la Direction nationale. La plupart des cérémonies ont été réglées à un cimetière de la Commission des sépultures de guerre du Commonwealth où la garde du drapeau s’est assemblée près de la Croix du sacrifice en pierre: où ces installations sont fréquentes aux cimetières militaires. Le reste du groupe formait deux lignes face à face, et la personne, ou les personnes, choisies pour déposer la couronne complétaient un carré avec le délégué qui récitait l’Acte du Souvenir.

Le lendemain de leur répétition avait lieu un des nombreux départs très matinaux de l’hôtel. Il s’agissait d’aller aux plages du jour J à Bernières-sur-Mer et Courseulles-sur-Mer. Aujourd’hui, ces endroits de la côte normande sont des destinations paisibles pour nombre de vacanciers mais, il y a des années, ils étaient couverts de fils de fer barbelés de l’Europe forteresse.

Goheen ayant décrit les débarquements, il laissa le temps aux participants de se promener et permettre à leur imagination d’errer dans la région où tant de faits capitaux, souvent fatals, ont eu lieu.

Peterson, le président de la filiale Fox Creek (Alb.), avait apporté un sac pour y mettre un peu de sable. “Ma fille m’a demandé de rapporter quelque chose de chaque endroit où nous allons”, dit-elle.

À Courseulles-sur-Mer, le groupe est allé au Centre de la plage Juno, qui a ouvert ses portes en 2003 grâce à des dons, dont un de la Légion royale canadienne. Ce centre est l’endroit qui intéressait le plus Lynn et Phyllis Giberson quand elles se sont inscrites au voyage. “Pour mon 70e anniversaire, mes enfants m’ont acheté une brique du Centre de la plage Juno”, dit Lynn. Un nom est inscrit sur chaque brique achetée par, ou pour, des particuliers, qui est exposée à l’extérieur du centre. “La dame au comptoir nous a donné un petit coup de main pour trouver la nôtre. Quand les enfants me l’ont achetée, j’ai décidé que je viendrais la voir”, dit-il.

Une émotion encore plus forte a été ressentie l’après-midi, quand le groupe est allé à l’abbaye d’Ardenne, où 20 soldats canadiens ont été exécutés, en juin 1944, par des membres de la 12e division de Panzer SS. N’ayant donné que son nom, son grade et son numéro matricule, chaque prisonnier fut emmené dans la cour du jardin, l’un après l’autre, et tué par balle ou avec un instrument contondant. Le commandant Kurt Meyer a été traduit en justice et a purgé une peine de prison pour crimes de guerre.

Le groupe est aussi allé aux cimetières militaires canadiens de Beny-sur-Mer et de Bretteville-sur-Laize où il a réglé des rites. Les pèlerins ont été très impressionnés à Bretteville où les champs environnants étaient pleins de coquelicots. Plusieurs participants en ont ramassé et pressé dans des livres.

Edmond a fait une découverte surprenante en se promenant parmi les rangées de pierres tombales à Bretteville. Il a trouvé la tombe de Francis Quann des Fusiliers de Sherbrooke. Quann était un ami du frère aîné d’Edmond à Glace Bay (N.-É.). “Je me souviens d’une Noël où ma mère l’avait invité chez nous après la messe de minuit. À la Noël suivante, on savait qu’il était mort. Mais je ne savais pas du tout où il avait été enseveli.”

Quann est mort le 8 août 1944.

Après avoir passé trois nuits à Caen, le groupe est passé par Arras, mais c’est à Dieppe que le voyage a pris le plus d’importance. Cette ville côtière est une villégiature populaire, mais c’est aussi un endroit qui hante les souvenirs des Canadiens. C’est aux plages de Dieppe, Pourville et Puys que les Canadiens ont débarqué le 19 août 1942, où ils ont été reçus par le feu allemand venant des hauteurs très fortifiées. Sur les 4 963 Canadiens qui se sont embarqués pour l’opération il y a 65 ans, 907 ont été tués ou sont morts de leurs blessures. Plus de 1 900 ont été faits prisonniers. Les pierres de la grosseur d’un poing qui couvrent les plages étaient glissantes sous les pieds des délégués qui essayaient de s’imaginer à quel point elles formaient un obstacle difficile pour les jeunes hommes qui sautaient en bas des engins de débarquement, plein poids sur le dos et le fusil à la main.

Les participants s’étant installés dans la ville d’Arras, près de la crête de Vimy, leurs pensées ont abandonné la Seconde Guerre mondiale et sont passées à la Grande Guerre. La visite et la cérémonie à Beaumont Hamel avaient beaucoup d’importance pour les Terre-Neuviens. “J’ai découvert il n’y a pas longtemps combien de mes ancêtres se sont battus ici”, dit George Brown, un capitaine de corvette de la ligue des cadets. “Je n’ai commencé une lecture sur la bataille qu’en prévision de ce voyage et j’ai appris qu’une grande partie de ma famille y a participé.”

Les pèlerins ont trouvé le caribou rebelle perché sur son rocher, en une journée ensoleillée mais fraîche, qui regardait sévèrement à travers le no man’s land vers les positions qu’occupaient autrefois les forces allemandes. Le terrain, qui est un site historique national, est encore criblé des trous des obus de l’artillerie utilisée durant la bataille. Un sentier serpente à travers les tranchées dans le parc, bien qu’une grande partie de la zone soit interdite aux visiteurs pour prévenir l’érosion. Le gazon est entretenu par un troupeau de moutons qui le broute car le terrain est trop irrégulier et trop dangereux pour qu’on puisse utiliser un équipement conventionnel pour le tondre.

C’est le 1er juillet 1916, le premier jour de la coûteuse offensive de la Somme, que le Newfoundland Regiment a reçu l’ordre de passer à l’attaque. Le régiment malchanceux s’est avancé directement vers les positions fortifiées de l’ennemi. Ce fut un massacre. Sur les 801 soldats qui se sont lancés à l’attaque, il n’en restait que 68 sans blessure pour répondre à l’appel le lendemain.

Arlene King, la directrice du site de Beaumont Hamel, a reçu le groupe et participé à la cérémonie solennelle à la base du monument. L’humeur là-bas était bien différente de ce qu’elle allait être deux jours plus tard quand le groupe s’est trouvé, non loin, au Monument commémoratif du Canada à Vimy, l’endroit du plus fameux triomphe canadien de la Première Guerre mondiale.

Goheen, menant le groupe en haut du monument sanctifié, s’est arrêté à un endroit commode pour signaler le nom de son parent Walter William Goheen, un des 11 285 militaires canadiens dont le nom a été gravé sur le monument : des gens qui ont été portés “disparus, présumés morts” en France durant la Première Guerre mondiale.

Walter Goheen est mort le 1er octobre 1918, un mois seulement avant l’armistice. Le monument de Vimy est superbe, qui a été restauré et consacré à nouveau en avril dernier (Anniversaire sur la crête, juillet/août). Cet hommage au sacrifice de la nation créé par Walter S. Allward, d’une hauteur de 10 étages, comporte des pylônes et des statues caractéristiques, dont une femme qui pleure ses fils tombés au champ d’honneur.

Goheen a fait bien attention d’expliquer que, bien que la bataille de Vimy soit celle qui va rester gravée dans l’esprit des Canadiens à jamais, il y a aussi plusieurs autres batailles canadiennes coûteuses auxquelles le Corps d’armée canadien a participé avant la fin de la guerre. “Une fois que les commandants britanniques ont compris que les Canadiens étaient les meilleurs à leur disposition, ils s’en sont servi comme fer de lance à quelques-unes des pires batailles”, dit-il.

La plus fameuse de ces batailles est celle de Passchendaele, laquelle s’est passée en automne 1917, une tâche impossible qui, d’après le général canadien sir Arthur Currie, ne pouvait pas être accomplie sans 16 000 victimes. Sa prédiction s’est révélée terriblement juste.

Le groupe a visité des sites de la Première Guerre mondiale qui ne sont pas aussi bien connus, comme ceux de la colline 70 et du canal Albert. De dire Goheen, Currie lui-même aurait préféré que le magnifique monument d’Allward soit situé au canal.

En Belgique, le groupe a passé la nuit à la ville historique d’Ypres, dont on dit que c’est le trophée de la Première Guerre mondiale pour lequel on s’est le plus battu.

Bien que la ville ait été presque entièrement démolie durant les combats, Ypres, grâce à la détermination des alliés, n’est pas tombée aux mains des Allemands.

Le Musée de la guerre du Canada s’était joint au musée du monument de Passchendaele pour organiser une exposition spéciale sur Passchendaele, laquelle a lieu, à Ypres, durant le pèlerinage. L’exposition a commencé le 13 juillet à la ferme Waterfields où se trouvait le quartier général des alliés durant la bataille.

Le groupe a été invité à la réception d’ouverture par l’ambassadrice du Canada en Belgique, Laurette Glasgow. Le ministre d’Anciens combattants Canada Gregory Thompson et le ministre des Affaires indiennes et du Nord d’alors, Jim Prentice, dont des parents ont servi à cette bataille, étaient présents aussi.

Non loin d’Ypres, le groupe a fait une escale à la ferme Essex où se trouve un petit cimetière militaire. C’est aussi le lieu d’une infirmerie de campagne restaurée où, en 1915, le major John McCrae, épuisé et fatigué de la guerre, a écrit son fameux poème, Au champ d’honneur. Les membres du voyage pouvaient s’imaginer les conditions dans lesquelles le personnel médical travaillait durant les combats implacables.

McCrae reçut la nouvelle de la mort de son bon ami, le lieutenant Alexis Helmer, un officier d’artillerie qui a été atteint directement par l’ennemi. C’est McCrae qui a officié au service improvisé de son camarade. Ensuite, d’après des rapports annexes, il aurait pris un peu de temps pour retrouver son aplomb avant d’écrire le poème, ce qu’il aurait fait en quelques instants.

Chaque nuit passée à Ypres, le groupe a assisté à la cérémonie de la dernière sonnerie à la porte de Menin. Il s’agit d’une porte qui, détruite durant la guerre, a été reconstruite en tant que monument aux soldats du Commonwealth dont on ne connaît pas la dernière demeure. Au-dessus des deux escaliers, qui s’élèvent à partir de la route qui passe sous la porte, se trouve l’inscription suivante : “Ici sont inscrits les noms d’officiers et d’hommes qui sont tombés au saillant d’Ypres mais pour qui la fortune de la guerre a refusé l’enterrement honorable qu’ont eu leurs camarades mortuaires.”

Terminée en 1927, la porte de Menin est devenue fameuse grâce à la cérémonie toute simple qui y est réglée chaque soir par des pompiers d’Ypres. La circulation est stoppée à 20 h exactement dans l’artère qui entre dans la ville. Les pompiers arrivent, en bicyclette d’habitude, et ils jouent la dernière sonnerie et puis le réveil avec leurs clairons. La plupart des soirs, il y a bien peu de touristes au courant de la manifestation qui assistent à la cérémonie.

Les choses ne se sont pas passées ainsi le 12 juillet, quand un service commémoratif a été réglé à l’occasion du 80e anniversaire de la porte. La reine Elizabeth est allée à la porte en privé cet après-midi-là et le même soir l’anniversaire a été célébré par les gouverneurs généraux Michael Jeffery de l’Australie et Anand Satyanand de la Nouvelle-Zélande. Le ministre d’Anciens combattants Canada Gregory Thompson y représentait le Canada et il a récité Au champ d’honneur devant une foule de plus de 2 000 personnes.

Le troisième soir à Ypres, le groupe de la Légion a eu l’insigne honneur de défiler à la cérémonie nocturne et Edmond celui de lire l’Acte du Souvenir. Les pompiers ont aussi fait venir un cornemuseur dont les notes sinistres ont résonné à travers l’immense porte. “Je pense que la cérémonie de la porte de Menin a été la plus touchante de tout le voyage”, dit Timms. “On pouvait pratiquement sentir la présence des gens dont les noms sont inscrits sur les murs pendant qu’on jouait la dernière sonnerie.”

Le groupe est retourné à l’histoire de la Seconde Guerre mondiale en poursuivant son trajet aux Pays-Bas, où il a passé deux nuits à Oosterbeek, près d’Arnhem. En chemin, il a fait escale au canal Leopold et à d’autres sites, pour se souvenir des terribles combats qui ont eu lieu au Scheldt, au Nord de la Belgique et au Sud-Ouest des Pays-Bas, en automne 1944.

À son retour à Bruges, en Belgique, le voyage a vraiment touché à sa fin. Il ne restait au groupe que d’aller à Calais (France) et puis de traverser la Manche pour Londres, où il passerait une nuit, avant l’avion du retour au Canada. En cours, il a réglé une cérémonie en l’honneur des disparus marins. Durant cette dernière, une couronne a été lancée du transbordeur à la mer.

La dernière escale, convenablement, a été celle de Wimereux, près de Calais. Là, dans un petit cimetière, à portée de vue de la mer, se trouve la dernière demeure du lieutenant-colonel John McCrae.

Les tombes de ce cimetière ont des pierres tombales plates car le terrain est trop instable pour les verticales. Goheen, qui d’habitude voyageait avec un bloc-notes rempli, pour faire ses comptes rendus, avait étrangement laissé ses papiers dans l’autocar. Il a donné une vue d’ensemble du travail dans l’hôpital de campagne où McCrae travaillait et puis il a ajouté “aucune cérémonie officielle n’a été prévue ici. Mais on a pensé que vous aimeriez prendre une minute pour écouter les vers éternels de McCrae”. Il récita alors en entier le petit poème Au champ d’honneur.

Par la suite, le groupe s’est baladé pour la dernière fois dans un cimetière du Commonwealth. Plusieurs pèlerins ont dessiné la pierre tombale de McCrae.

À Londres, Edmond s’est fait l’hôte durant un souper d’adieu. “Des jeunes hommes sont arrivés ici qui venaient de tous les coins du Canada. Ils se sont battus et ont péri […]. Nous avons marché sur leurs pas.”

Son message aux participants était clair : “Tout ce que je vous demande c’est de ne pas garder ceci pour vous. Si vous avez l’occasion de parler à un groupe de jeunes, faites-leur part de ce que vous avez vécu durant cette période de deux semaines.”

Le premier vice-président national dit en conclusion : “C’est la dernière fois que nous nous réunissons avant de nous rendre à l’aéroport séparément, demain matin. J’ai pensé que ce serait approprié de chanter ensemble.”

Il a alors dirigé le groupe dans une interprétation, venant du fond du coeur, de We’ll Meet Again (nous nous reverrons), la complainte rendue célèbre par la chérie des militaires de la Seconde Guerre mondiale Vera Lynn et qui concerne des amoureux séparés par la guerre.

Nouvelles du Québec

· Les autorités municipales de Trois-Rivières ont organisé une réception à la mairie en l’honneur des vétérans de la Seconde Guerre mondiale appartenant à la filiale Gén. Jean Victor Allard DSO & Agrafes à l’occasion du 60e anniversaire de cette dernière.

· La filiale Rouge River a attribué une bourse de 800 $ à l’élève Jean-Philippe Bleau.

La filiale et les DA ont ramassé 467 $ pour les soldats en Afghanistan.

· La filiale Greenfield Park a donné 5 000 $, prélevés à son Fonds de fiducie du coquelicot, à la Fondation de l’Hôpital Ste-Anne, pour l’achat de deux tables pour traitements électriques qui vont servir à la physiothérapie. Ces tables, qui sont ajustables, facilitent le transfert des patients.

La filiale a utilisé de l’argent du Fonds de fiducie du coquelicot pour donner un défibrillateur au bourg de Greenfield Park.

· La filiale Hull a célébré son 75e anniversaire. Paulette Cook, qui était alors présidente de la Division du Québec, a coupé un gâteau traditionnel en présence du lieutenant-colonel et commandant du Régiment de Hull Michel Gagné, du maire de Gatineau Marc Bureau, du président de la filiale Hull Michel Massie, du député local Marcel Proulx et du commandant du district 14 Roland Lefèbvre.

· La filiale Hemmingford a honoré les dames auxiliaires Florence Wilson et Mildred Robert de leurs durs labeurs et de leurs contributions à la filiale et aux DA. Environ 50 membres, ainsi que certains de leurs proches, ont assisté aux festivités en après-midi.

· La filiale Gén. Vanier de Roxboro a remis une épingle de 50 ans de service à George Heaven.

· La filiale Wakefield a honoré William G. Merrifield en lui remettant une barre de 60 ans pour sa médaille de 50 ans de service.

Changement positif au Musée de la guerre

En travaillant ensemble, le Musée canadien de la guerre et des organisations d’anciens combattants ont réussi à trouver les mots justes pour le texte d’une affiche servant à décrire la campagne de bombardement de la Seconde Guerre mondiale.

La composition du texte de l’affiche, qui remplace celle dont le titre était Une controverse qui persiste, s’est terminée au début du mois d’octobre. Il a fallu beaucoup de temps pour en arriver à cela et nous applaudissons les gens dont les efforts ont donné lieu aux modifications importantes qui ont été faites. En gros, le résultat est une affiche qui décrit la campagne de bombardement de la Seconde Guerre mondiale avec davantage de contexte. Il s’agit d’un développement positif et très satisfaisant pour le musée, pour les anciens combattants, pour les organisations qui les représentent, et pour le grand public.

La nouvelle affiche se lit comme suit :

LA CAMPAGNE DE BOMBARDEMENT

La campagne de bombardement stratégique contre l’Allemagne, une partie importante de l’effort des alliés qui a abouti à la victoire, est une source de controverse qui reste aujourd’hui.

Le bombardement stratégique bénéficiait d’un grand soutien public et politique en tant que symbole de la résolution des alliés et en tant que réponse à l’agression allemande. Durant ses premières années, l’offensive aérienne n’a atteint que bien peu de ses objectifs et ses pertes étaient lourdes. Les progrès technologiques et tactiques, en plus des succès des alliés aux autres fronts, ont donné des résultats plus heureux. À la fin de la guerre, les bombardiers alliés avaient rasé des parties de villes allemandes importantes et endommagé d’autres cibles, y compris des installations pétrolifères et des réseaux de transport. Les attaques ont émoussé le potentiel économique et militaire des Allemands, et elles les ont obligés à détourner des ressources qui se faisaient rares vers la défense aérienne, la réparation des dommages et la protection d’industries cruciales.

Les équipages d’aéronefs alliés ont mené une offensive ardue, avec beaucoup de courage, malgré le fait que les chances étaient contre eux. Il a fallu beaucoup de matériel et d’efforts industriels, et cela a coûté plus de 80 000 vies alliées, dont celles de 10 000 Canadiens. Bien que la campagne ait grandement participé à fatiguer l’ennemi de la guerre et malgré ses 600 000 morts et plus de 5 millions de sans-abris, la société allemande ne s’est pas écroulée. La productivité industrielle baissa beaucoup, mais seulement vers la fin de la guerre.

L’efficacité et la moralité de bombarder des régions où la population était très dense sont encore débattues aujourd’hui.

Avantages très tardifs

Le président national Jack Frost a écrit au Premier ministre Stephen Harper, à propos de deux questions sur lesquelles Anciens combattants Canada tarde beaucoup à agir. Les deux questions concernent le Programme d’autonomie des anciens combattants, lequel a pour raison d’être d’assister les anciens combattants à rester dans le confort de leur foyer plutôt que d’emménager dans des établissements de soins de longue durée bien plus dispendieux et moins familiers.

La Légion et d’autres associations d’anciens combattants ont préconisé que le gouvernement étende certains avantages du PAAC, comme le soutien par rapport à l’entretien du foyer et du terrain, aux conjointes d’anciens combattants qui obtenaient des avantages du PAAC lors de leur décès. La Légion prône depuis longtemps d’étendre ces avantages afin qu’ils comprennent les avantages médicaux et l’accès aux établissements de soins de longue durée. De plus, les avantages qui ont été étendus aux conjointes dans le cadre du programme ne touchent que les gens dont le conjoint ancien combattant est mort après le 1er janvier 1981.

Malgré les promesses faites par le Parti conservateur lors des dernières élections, rien n’a été fait pour offrir les avantages du PAAC aux conjointes qui survivent aux anciens combattants morts avant 1981. La Légion s’inquiète aussi des anciens combattants âgés et frêles qui n’ont pas droit aux avantages du PAAC. “Nombre d’anciens combattants, plus de 70 par jour, meurent sans le soutien financier du PAAC qui leur aurait permis de passer leurs derniers jours chez eux. Ces anciens combattants, malades, frêles et flétris par l’âge, ont été forcés de quitter leur foyer car ils n’avaient plus la force de s’occuper des travaux d’entretien de base ni les ressources pour engager quelqu’un qui s’en occupe. Séparés de leur conjointe attentionnée, ils sont souvent relégués à des maisons de soins infirmiers sans soutien financier”, écrivait Frost. Une résolution du dernier Congrès national exhortait le gouvernement de faire les modifications qui s’imposent pour que les anciens combattants canadiens et alliés de 80 ans ou plus aient automatiquement droit au PAAC sans passer de test sur leurs moyens.

Malgré les résolutions votées au Congrès national de la Légion de 2006 et une lettre envoyée au ministre d’Anciens combattants Canada Gregory Thompson en décembre dernier, rien n’a été fait. À ACC, on dit que les avantages du PAAC se font étudier à l’interne par l’entremise de l’Examen des services de santé des anciens combattants. Mais cet examen dure depuis 2004 et, le 30 septembre dernier, la Légion n’avait toujours pas reçu de réponse officielle à propos de quand il sera terminé.

Il est temps que le gouvernement réponde à ces questions importantes qui concernent les anciens combattants frêles et leurs conjointes survivantes. On devrait tenir compte des besoins et non pas des moyens quand on prend ce genre de décisions. Étendre ces avantages ne se ferait pas gratuitement. Toutefois, il ne reste pas beaucoup de temps avant que le dernier ancien combattant frêle nous quitte. Ces anciens combattants, tout comme les épouses, n’ont pas hésité à faire preuve de courage et à se sacrifier. Le gouvernement ne devrait pas attendre les résultats d’examens quand les actes se font tardifs.