À la direction

PRÉSIDENT NATIONAL Jack Frost, 58 ans, est membre à vie de la filiale Port Elgin (Ont.). C’est le deuxième membre associé à servir en tant que président national. Il est entré à la Légion il y a 30 ans et, montant les échelons, a été président de la Division de l’Ontario en 1999. Son service au niveau national comprend la présidence du comité du coquelicot et du souvenir et de celui des sports, ainsi que la participation au comité de la Ligue royale des anciens combattants du Commonwealth et à celui des anciens combattants, des services et des aînés. Frost, qui est à la retraite, a travaillé presque 30 ans à Ontario Hydro. Son épouse Lynn et lui ont deux filles, Sarah et Estelle. Frost, qui a quatre petits-enfants, aime les activités de plein air, la photographie et le golf. On lui a décerné une médaille du service méritoire.

PREMIER VICE-PRÉSIDENT Wilf Edmond, 73 ans, a servi dans le Corps royal canadien des magasins militaires et s’est inscrit à la Légion en 1958. En plus d’être membre actif de la filiale Donkin du Cap-Breton (N.-É.), Edmond a servi en tant que président de la Division de la Nouvelle-Écosse de 1993 à 1995 et a siégé depuis à la plupart des principaux comités nationaux. Ce membre à vie a présidé les comités des relations publiques, des adhésions et des sports. Avant de prendre sa retraite (en 1991), Edmond était gestionnaire à la Cape Breton Development Corporation. Chanteur passionné, en plus d’être entraîneur de base-ball et de hockey mineurs, il est membre du Legion-Airs Male Choir (choeur masculin Legion-Airs) et a servi comme pompier bénévole pendant 33 ans. Son épouse Annie et lui ont trois enfants : Phyllis, Wilfred et Brian. Edmond a obtenu une médaille de service méritoire et une palme.

VICE-PRÉSIDENTE Pat Varga, membre à vie de la filiale Coleville (Sask.), a servi dans la Marine royale du Canada. Varga, qui a été élue à l’exécutif de sa filiale en 1980, a occupé plusieurs postes, dont ceux de présidente, agente des services et sergente d’armes. Elle a monté les échelons jusqu’à devenir, en 1999, présidente de la Division de la Saskatchewan. Membre du Conseil exécutif depuis 1997, elle a siégé à de nombreux comités, y compris ceux des leadership et développement, des relations publiques et des adhésions. Varga s’est retirée récemment du poste de directrice de l’administration au Carlton Trail Regional College. Elle est mariée à Lorne et a trois enfants : Lee, Melody et Kacie. On lui a décerné une médaille de service méritoire et une palme.

VICE-PRÉSIDENT John Alger, 68 ans, est membre à vie de la filiale Col. Fred Tilston VC d’Aurora (Ont.) et ancien militaire du 42e Régiment d’artillerie moyenne de l’Artillerie royale canadienne. Membre de la Légion depuis 37 ans, il a servi aux niveaux de la filiale, de la zone et du district et puis, en 2001, a été président de la Division de l’Ontario. Il fait partie du Conseil exécutif national depuis 1997 et a été élu vice-président national en 2004. Le service national d’Alger comprend la présidence du Comité des relations publiques. Il a aussi offert ses services bénévolement aux Timbres de Pâques, en tant qu’entraîneur de base-ball et en tant que sondeur des soins de longue durée des anciens combattants pour la Légion. Alger a pris sa retraite en 1999, après 41 ans à une entreprise alimentaire majeure. On lui a décerné une médaille de service méritoire.

VICE-PRÉSIDENT Erl Kish, 71 ans, a servi pendant 30 ans dans le Corps royal de l’intendance de l’Armée canadienne et dans le Corps royal canadien des ingénieurs électriciens et mécaniciens. Avant de prendre sa retraite, en 1983, en tant qu’adjudant-chef, Kish a servi en Allemagne, à Chypre, en Égypte, en Tanzanie et en Norvège. Il s’est inscrit à la Légion, à Ottawa, en 1963, et a déménagé à la filiale Limestone City de Kingston (Ont.) en 1969. En montant les échelons, il a été élu président de la Division de l’Ontario en 2003. Kish, qui a obtenu une médaille de service méritoire, en plus d’avoir siégé aux comités nationaux des adhésions et des sports, est membre du Comité consultatif des anciens combattants du Conseil du Sunnybrook Health Sciences Centre de Toronto. Il a cinq enfants, Cindy, Wanda, George, Robert, Cathy et Richard, et il partage sa vie avec sa compagne Sheila. Il aime aussi jouer au golf.

VICE-PRÉSIDENT Cliff Tessier, 69 ans, un membre à vie de la filiale Charleswood de Winnipeg, a servi dans la Gendarmerie royale du Canada pendant 35 ans. Il a occupé la plupart des postes à l’exécutif de sa filiale entre 1980 et 1996, et a servi deux mandats en tant que commander de district avant 1999, quand il a grimpé à l’exécutif divisionnaire. Il a été élu président de la Division Manitoba/Nord-Ouest de l’Ontario en 2003 et a siégé à des comités nationaux depuis 1996. Tessier et son épouse Gail ont trois enfants : Thomas, Charlene et Sharon. On lui a décerné une médaille de service méritoire et une palme.

TRÉSORIER Mike Cook, 64 ans, fils d’un vétéran de la Seconde Guerre mondiale, est membre à vie de la filiale Cloverdale de Surrey (C.-B.). Cook, récipiendaire d’une médaille de service méritoire et d’une palme, appartient à la Légion depuis 43 ans et il est devenu membre associé quand cette catégorie a été créée, en 1972. Cet ancien président de la Division de la Colombie-Britannique/Yukon est trésorier national depuis 2000. Au niveau national, il siège au Conseil exécutif national depuis 1995, participant au comité de la finance, à celui des constitution et lois et à celui des leadership et développement, et il est président du conseil d’administration de Canvet Publications. Homme d’affaires à la retraite, Cook, qui est marié à Judy, a deux enfants : Michael et Paralee. Il aime le golf, passer du temps avec ses petits-enfants et il est aux petits soins de sa chatte Chloe.

PRÉSIDENT DES DÉBATS Thomas Irvine, 51 ans, a servi 23 ans dans le Black Watch (Royal Highland Regiment) of Canada. Ce membre de la filiale Hemmingford (Qc), qui commence son deuxième mandat en tant que président des débats, est membre de la Légion depuis 18 ans. Quand il était dans les forces, Irvine a été en service actif au Moyen-Orient. Employé actuel de TD Canada Trust, il a servi comme président des débats à la Division du Québec et en tant que cadre dirigeant de la division entre 1997 et 1999. Irvine a eu de nombreux postes à la filiale Ormstown dont il est membre. L’épouse d’Irvine, Paulette Cook, est légionnaire active également et elle est actuellement présidente de la Division du Québec.

PRÉSIDENTE SORTANTE Mary Ann Burdett, est la première femme à avoir été présidente nationale. Membre à vie de la filiale Terrace (C.-B.), elle a servi dans l’Aviation royale du Canada, en tant qu’agente de police, à plusieurs bases. Ancienne présidente de la Division du Pacifique (appelée maintenant Colombie-Britannique/Yukon), elle appartient à la Légion depuis 37 ans et elle a servi à tous les niveaux, y compris trois mandats en tant que vice-présidente nationale et un en tant que première vice-présidente. Elle a siégé à la plupart des comités nationaux durant les 17 dernières années. Elle a travaillé au département de la sécurité des services d’ingénierie du gouvernement de la Colombie-Britannique pendant 28 ans. Elle est aussi récipiendaire de la médaille de service méritoire.

GRAND PRÉSIDENT HONORAIRE Charles Belzile, 73 ans, lieutenant-général à la retraite né à Trois-Pistoles (Qc), s’est engagé dans le militaire en 1951. Il a été nommé lieutenant des Queen’s Own Rifles lorsqu’il a obtenu un diplôme de l’Université de Montréal. Il a servi en Corée en 1953, en tant que commandant de peloton et a ensuite servi au Canada et outre-mer. Il a pris sa retraite en 1986, après avoir passé cinq ans comme commandant de l’armée. Belzile continue de travailler à des projets qui ont pour objectif d’améliorer la sécurité nationale et de favoriser le souvenir. Belzile, membre de l’Ordre du Canada, commandeur de l’Ordre du mérite militaire et récipiendaire de la Légion d’honneur française, a été nommé grand président national en novembre 2001.

Embrasser L’avenir

Cette année est celle du 80e anniversaire de la Légion royale canadienne et des légionnaires de partout au pays ont fait honneur à leur organisation en se ruant vers Calgary (Alb.) à l’occasion du 41e Congrès national, lequel a eu lieu du 25 au 28 juin.

Les 1 368 délégués accrédités ont eu un emploi du temps chargé, avec plein de nouvelles affaires, de bon temps et de quelques vieux débats. Ils ont entendu un nouveau ministre des anciens combattants faire de nouvelles promesses; ils ont approuvé une augmentation des frais d’adhésion dont on avait grandement besoin à la Direction nationale et ils ont fait d’importantes modifications à la manière dont fonctionne la Légion.

Jack Frost de la Division de l’Ontario a été élu président national par acclamation et Wilf Edmond de la Division de la Nouvelle-Écosse/Nunavut a été élu premier vice-président. Deux nouveaux vice-présidents, Erl Kish de la Division de l’Ontario et Cliff Tessier de la Division du Manitoba/Nord-Ouest de l’Ontario, se sont joints aux vice-présidents en exercice Pat Varga de la Division de la Saskatchewan et John Alger de la Division de l’Ontario.

La réunion a commencé un dimanche matin ensoleillé alors que des centaines de délégués et d’observateurs s’assemblaient autour du cénotaphe, au centre-ville de Calgary, pour voir la cérémonie traditionnelle de dépôt de couronnes. Des membres de la GRC et des cadets servant de sentinelles, la présidente nationale Mary Ann Burdett et le grand président honoraire Charles Belzile ont récité l’Acte du Souvenir. L’invocation a été lue par le brigadier-général Ron Bourque, aumônier général des Forces canadiennes et aumônier honoraire national de la Légion. Le nouveau président Jack Frost a porté la couronne qui a été déposée par le ministre d’Anciens combattants Canada Greg Thompson. Il s’agissait de la première de plusieurs couronnes qui ont été déposées en l’honneur de ceux qui sont morts à la guerre.

Le chemin du défilé cette année n’aurait guère pu être plus pittoresque. Composé de centaines de légionnaires marchant fièrement, accompagnés par sept orchestres, le défilé est passé par l’avenue piétonnière qui traverse le centre de Calgary. La foule a enflé surtout autour de la tribune où les marcheurs ont été acclamés par les gens qui avaient tenu à venir voir le défilé ainsi que par ceux qui ont été agréablement surpris.

Peu de temps après le défilé, les délégués ont commencé à entrer à flots dans la salle du Centre de congrès Telus où ils ont vu la cérémonie d’ouverture officielle. Pendant que les gens cherchaient leur siège, la chanteuse Deborah Lauren les divertissait avec ses plaisanteries et son interprétation exubérante de quelques chansons classiques. Le chanteur Ian Hope a alors pris le microphone pour présenter sa version musicale d’Au champs d’honneur de John McCrae.

Parmi les quelques orateurs éminents à la cérémonie se trouvait le président Harvey Shevalier de la Division de l’Alberta/Territoires du Nord-Ouest qui s’est dit heureux de recevoir tout un chacun à Calgary. Le ministre Thompson a ensuite dit quelques mots et ouvert le congrès officiellement.

Lundi matin de bonne heure, la présidente nationale faisait un rapport sur les deux ans qu’elle venait de passer à la direction de la plus grande organisation d’anciens combattants du Canada. Elle commença par rapporter l’importance et le succès des réductions à la Direction nationale, mais elle répétait que davantage de réductions mettraient fin à des services précieux et que, vu la diminution continue du nombre de cotisants, les délégués devraient penser sérieusement à une augmentation des frais d’adhésion. Burdett parla aussi de la décision prise par le Conseil exécutif national selon laquelle le quartier général de la Direction nationale devait déménager à un nouvel édifice à Kanata, dans l’ouest d’Ottawa. Elle expliqua les nombreuses manières dont le nouvel édifice va permettre à la Légion d’économiser de l’argent au fil du temps.

Burdett dit de son mandat que c’était “deux des années les plus fantastiques” de sa vie, grâce surtout à la présentation de la nouvelle Charte de l’ancien combattant si prometteuse. “Ce document n’est pas parfait, on le sait. Mais notre surveillance continue et notre engagement vont le perfectionner au fil du temps.”

Elle a aussi pris à la légère certaines difficultés de son mandat, disant qu’à propos d’un certain problème, un membre lui a dit qu’elle était une pâte molle et un autre qu’elle était une dictatrice arrogante. “Je ne suis pas tout à fait sûre comment on peut être une pâte molle dictatoriale et arrogante”, dit Burdett, un sourire ironique aux lèvres. Elle a ensuite raconté une longue blague à propos des difficultés qu’il y a à diriger des légionnaires souvent excentriques durant des temps difficiles, et dit pour conclure : “Si vous pensez que vous allez faire plaisir à tout le monde, il ne vous reste plus qu’à baisser les bras. C’est un conseil pour le nouveau président […].”

Les délégués ont ensuite entendu Belzile qui a fait un discours stimulant sur plusieurs thèmes. Les soldats, dit Belzile, font face à des responsabilités sans limite et risquent la mort et les blessures durant leurs fonctions, alors ce n’est que juste que les chefs politiques acceptent une responsabilité sans limite pour leur fournir les moyens de faire leur travail et s’occuper de leur famille s’il leur arrivait quelque chose. “À la Légion royale canadienne, nous avons la responsabilité de les défendre”, dit-il à sa manière digne distinctive. “Quittons tous Calgary en tant qu’équipe plus forte, afin de nous assurer que les anciens combattants canadiens de tout âge et notre souvenir de leurs actes restent le fondement de la raison d’être de la Légion.”

L’ancien président Allan Parks prit la parole pour commencer le processus de nomination et d’élection, lequel allait se poursuivre durant les deux premiers jours du congrès. Il n’y eut aucune surprise pour le poste de président. Frost et Burdett furent tous deux proposés et cette dernière suivit la tradition de la Légion en remerciant gracieusement la personne qui la proposa et puis en refusant.

Il y eut quatre propositions pour le poste de premier vice-président. Alors qu’Alger, Edmond et Varga se levèrent tous trois pour accepter leur proposition, le vice-président national Bob Gray de la Division de l’Alberta/Territoires du Nord-Ouest refusa pour des raisons personnelles.

L’élection d’Edmond au poste de premier vice-président fut accomplie rapidement et facilement, après un seul scrutin. Edmond, un gars affable de Donkin (N.-É.) qui a passé les derniers six ans au poste de vice-président, promit de faire de son mieux pour servir la Légion dans son nouveau rôle.

L’élection pour remplir les quatre postes de vice-président n’allait être ni si rapide, ni si facile. Au début, il y avait 10 personnes proposées : Bob Hannah de la Division de l’Alberta/Territoires du Nord-Ouest, Gerald Warford de la Division de Terre-Neuve-et-Labrador, Bud Alcorn de la Division de la Colombie-Britannique/Yukon, Ron Charlet de l’Alberta/Territoires du Nord-Ouest, Brian Wilson du Manitoba/Nord-Ouest de l’Ontario, Clarence Dawe de la Nouvelle-Écosse/Nunavut, Varga, Alger, Tessier et Kish.

Sur les 10 candidats proposés, seul Charlet refusa. Au premier scrutin, avec les neuf noms, une majorité de délégués vota pour Alger. Ensuite, durant la journée, chaque scrutin consécutif enleva au moins un candidat de la liste jusqu’à ce qu’il n’en reste que trois. Alcorn est le premier qui a été enlevé, Dawe a été le suivant, et ensuite ce fut le tour de Wilson et puis de Hannah. Juste avant 19 h, le sixième scrutin révélait que Warford était le dernier candidat supprimé. À ce moment-là, Varga, Tessier et Kish rejoignaient automatiquement Alger en tant que vice-présidents nationaux.

Le trésorier national Mike Cook étant réélu par acclamation à son poste, la seule élection qui restait à faire était celle qui concernait le poste de président des débats. Lors de cette compétition, Tom Irvine du Québec fut réélu devant David Horrocks de l’Alberta/Territoires du Nord-Ouest, le président des débats de la division hôtesse qui servait de vice-président du congrès.

Au milieu de la séance du lundi, le ministre des anciens combattants se présenta à la foule en tant qu’étudiant d’histoire et Canadien reconnaissant de tout ce que représente la Légion. “Chaque fois que je rencontre un ancien combattant dans ce pays, et y compris deux ou trois fois, ici, cette fin de semaine”, dit Thompson, “on me regarde d’un air qui semble me jauger, et on me demande si je suis ‘un ancien combattant’. Eh bien, par souci de précision, je vous dit que je n’en suis pas un; je ne suis pas un ancien combattant. Je n’ai jamais su ce que c’est que d’aller au combat et mettre ma vie en danger pour mon pays […]. Mais je sais ce que c’est que d’avoir des êtres chers en danger. En fait, je suis fier de pouvoir vous dire qu’un de mes deux fils, Gregory, est un ancien combattant. Il a servi dans l’armée des États-Unis, comme vous dites souvent, les bottes par terre à la guerre du Golfe. Ainsi, je suis comme la plupart des Canadiens qui ont un grand-père ou quelque autre membre de leur famille qui s’est battu pour les principes auxquels ils croient : la liberté, la démocratie et l’autorité de la loi.”

Thompson promettait ensuite que le gouvernement donnerait aux anciens combattants son plein soutien et qu’il s’efforcerait de travailler avec la Légion sur les questions importantes. “Ce que j’ai appris depuis que j’ai obtenu ce poste c’est que sans vous je n’existerais pas, ce n’est pas plus compliqué que ça. Vous parlez de façon autoritaire sur les questions touchant les anciens combattants et les Canadiens vous écoutent.”

Thompson a aussi fait quelques promesses précises, surtout en ce qui concerne compléter la révision des soins de santé qui a pour but de mieux déceler les maux les plus subtils auxquels les soldats sont enclins, comme le syndrome de stress post-traumatique. Il dit aussi que son ministère allait réduire l’arriéré des cas qui attendent d’être étudiés par le Tribunal des anciens combattants (révision et appel), un arriéré qui se chiffre actuellement à 8 000 environ. Finalement, il fit une promesse importante de créer une nouvelle déclaration des droits de l’ancien combattant, une déclaration qui “servirait à rappeler à tous que les anciens combattants du Canada ont mérité des droits spécifiques. Les anciens combattants ne doivent pas avoir peur que leurs droits ne soient pas respectés. Et quand ils pensent que ces droits ne sont pas observés, il faut qu’ils sachent qu’il y a quelqu’un vers qui ils peuvent se tourner, et c’est pour cela aussi que nous poursuivrons jusqu’au bout l’engagement d’établir un ombudsman des anciens combattants”.

Les délégués, ayant évidemment approuvé les remarques de Thompson, l’ont ovationné debout à la fin de son discours.

Burdett profita de l’occasion pour renforcer un point. Quand les applaudissements s’atténuèrent, elle remercia le ministre et ACC de leur présence, mais prévint aussi Thompson avec délicatesse d’écouter attentivement les suggestions de la Légion et puis, d’une voix douce, lui rappela que “nous allons continuer d’observer”. Les délégués applaudirent avec vigueur.

Une grande partie du temps du congrès, lundi, fut utilisée pour les rapports des divers comités de la Légion. Il y avait des conclusions remarquables dans plusieurs des rapports. Burdett commença en relatant le progrès du Comité des anciens combattants, des services et des aînés. Le comité, dit Burdett, continuait à défendre les anciens combattants, surtout dans le domaine du logement et des soins de longue durée des aînés.

Frost a ensuite remis le rapport du Comité du coquelicot et du souvenir, remarquant un bon progrès à tout point de vue.

Ensuite ce fut le tour d’Edmond avec le rapport du Comité des sports. Il expliqua les résultats d’une étude menée par le comité qui a trouvé que la participation aux fléchettes et au cribbage était élevée, alors que le curling, régulier et senior, n’intéresse pas autant de gens. “Les sports font partie du mode de vie aux filiales de la Légion”, dit-il.

Le rapport du Comité des adhésions, remis par Gray, comportait inévitablement des mauvaises nouvelles. “Nous avons beaucoup travaillé. Toutefois, la diminution du nombre de membres a continué, les rangs ayant été réduits de 13 085 en 2004 et de 10 603 en 2005. Au niveau de la nation, nos objectifs de renouvellement sont atteints, mais nous échouons en ce qui concerne le recrutement. La perte de cette année est un résultat direct de notre incapacité à recruter suffisamment de nouveaux membres pour remplacer les non-renouvellements prévus.

Le premier vrai débat du congrès a eu lieu quand Jim Rycroft a donné le rapport du Comité des constitution et lois. Rycroft, qui est président des débats du comité, a proposé plusieurs amendements aux arrêtés généraux de la Légion. Un seul fut contesté.

Il a proposé que le paragraphe 101.d.i, concernant la définition de “conjoint” soit amendé comme suit : effacer les termes actuels qui sont “un homme et une femme qui sont mariés l’un à l’autre” et insérer “l’une ou l’autre de deux personnes qui sont mariées l’une à l’autre”. En entendant ceci, les délégués ont grommelé et le premier vote concernant la motion est en fait arrivé à une impasse. Il était clair que reconnaître les couples du même sexe allait être une lutte serrée.

Là-dessus, le président de la Division de l’Ontario Gord Moore prit la parole pour informer l’assemblée qu’un vote contre ce changement irait à l’encontre de la loi du pays et que, quels que soient les sentiments personnels qu’ils puissent avoir, les délégués devraient voter pour l’amendement. Un deuxième vote a alors eu lieu et, bien que le soutien pour la motion augmenta, ce n’était toujours pas suffisant pour qu’on n’ait pas besoin de vote par assis ou debout. À la fin, l’amendement fut adopté à 500 pour et 462 contre.

Vers la fin de la séance de lundi, Mike Cook présenta les deux derniers rapports de l’après-midi. D’abord, il y a eu le rapport du trésorier dans lequel il a expliqué de façon détaillée que, malgré des profits de 500 000 $ provenant d’investissements et d’une immense augmentation des ventes dans le domaine des approvisionnements à plus de 1,5 million de dollars, la Direction nationale n’arriverait pas à compenser le manque au budget résultant de la diminution de cotisants et d’une inflation qui ne cesse d’augmenter. Cook fut questionné vigoureusement sur plusieurs aspects des finances de la Légion.

Il présenta ensuite le rapport de Canvet Publications, la maison d’édition de la revue Légion. Il donna des détails sur la manière dont la revue Légion se maintient dans les limites de son budget et sur les prévisions qui sont bonnes jusqu’en 2010, pourvu qu’on continue de recevoir la subvention postale fédérale.

Thomas Bock, le commander national de l’American Legion prit aussi la parole lundi, apportant les salutations des 2,7 millions de membres de la légion américaine. Bock raconta l’histoire de son fils Adam, un membre de l’American Legion qui venait tout juste de revenir de la guerre en Iraq mais à qui un poste de l’American Legion a refusé de le servir parce qu’il avait oublié sa carte de membre de la légion et que sa carte de service actif a été considérée comme insuffisante. “Il s’agit de quelque chose que nous devons reconnaître : les jeunes sont des anciens combattants aussi, et il faut que nous posions des gestes supplémentaires pour les recevoir. Ainsi, nous avons tous des problèmes. Je suis en train de composer une lettre pour le commander de ce poste de la Légion. Les délégués ont semblé vraiment apprécier ce commentaire.

Mardi matin, juste avant les élections vice-présidentielles vivement disputées, la Division de la Colombie-Britannique/ Yukon rapporta une résolution non acceptée de réduire le nombre de vice-présidents de quatre à trois.

Le président de la Division de la Colombie-Britannique/Yukon Gerry Vowles prit la parole dans l’arène. “Notre division parle en faveur de cette résolution. En Colombie-Britannique, nous avons déjà commencé la restructuration pour économiser de l’argent et nous pensons qu’il est probablement temps que la Direction nationale commence, et l’endroit où commencer c’est à la vice-présidence.

Jack Frost prit ensuite le microphone et demanda aux délégués de rejeter cette motion, disant qu’il garantissait qu’il y aurait une motion de restructurer la Direction nationale au prochain congrès. La motion fut rejetée et les élections se poursuivirent.

Burdett a fait son rapport sur les activités de la Légion dans le cadre de la Ligue royale des anciens combattants du Commonwealth. À ce propos, la grande nouvelle était qu’après une période de négociations, la LRACC a décidé que la Légion ne devrait plus payer 50 000 $ par année comme frais d’adhésion. La LRACC est même allée jusqu’à retourner le chèque de cette année. En plus de cette bonne nouvelle, la demande de donations pour la LRACC a rapporté un beau total de 155 135 $ pour l’assistance, par la Légion, aux anciens combattants des Antilles.

Burdett suivit par un rapport avec diapositives sur les anciens combattants à Antigua, à Montserrat, aux Bahamas, à Belize, en Jamaïque et aux Îles Cayman. Un des moments les plus émouvants a eu lieu quand elle a décrit un vieil ancien combattant qui vivait, à Belize, dans une maison inondée. La diapositive le montrait debout, de l’eau jusqu’à mi-tibia, devant la porte de sa hutte en bois de travers. Burdett raconta que 6 000 $ en fonds d’urgence ont servi à transporter la maison de l’ancien combattant à un endroit plus élevé. Cet homme, dit Burdett, va aimer les légionnaires à jamais, qui ont fait le nécessaire pour qu’il puisse habiter dignement dans une maison sèche.

Ensuite, Pat Varga s’est joint à l’Albertain Jim Warren pour faire une présentation sur le pèlerinage du souvenir des leaders de la jeunesse de la Direction nationale. Les commentaires émouvants, accompagnés de diapositives, racontaient l’histoire de jeunes membres de la Légion, y compris Warren, qui ont fait le tour des champs de bataille et des cimetières européens en juillet 2005.

Burdett a présenté le rapport sur les résolutions en commençant, sans tarder, par les motions du sous-exécutif. Les deux premières qui ont été offertes à l’assemblée, si elles étaient votées, auraient apporté des modifications à la relation qu’a la Légion avec les anciens combattants des temps modernes.

La première avait pour but de demander au gouvernement fédéral de reconnaître officiellement le 9 août comme jour du maintien de la paix. Le président Gerry Vowles de la Colombie-Britannique/Yukon prit la parole dans l’arène, disant que le gouvernement de la Colombie-Britannique avait déjà accepté le jour et il croyait qu’il était temps que la Légion et le gouvernement fédéral le reconnaissent également. La motion fut acceptée facilement.

Toutefois, la motion suivante, qui avait pour but de rendre la Légion plus obligeante envers les anciens combattants des temps modernes en permettant les coiffures de type militaire, ne fut pas aussi bien reçue.

George Hope, un délégué de la Division de l’Alberta/Territoires du Nord-Ouest, prit le microphone pour exprimer ce qui semblait être un point de vue assez commun. “Quand nous avons quitté le service et sommes venus à la Légion, nous avons accepté la tenue de la Légion. Je ne pense pas que nous devions remplacer le béret bleu foncé par notre coiffure particulière. Je ne pense pas que nous devions nous distinguer grâce à notre coiffure régimentaire.”

Malgré plusieurs partisans solides, la motion fut fermement refusée.

Burdett passa ensuite rapidement à travers 56 motions concernant les services aux anciens combattants et aux aînés sans objection importante de l’assemblée. Lors de la lecture de la motion servant à terminer la Section des anciens combattants impériaux, l’assemblée se leva en reconnaissance de ce que les anciens combattants impériaux ont fait au cours des années. La motion fut alors votée.

Vers la fin de la session de mardi, les délégués ont considéré 15 motions refusées qui avaient été rapportées à l’assemblée par les caucus divisionnaires. La plus contestée fut peut-être la motion de normaliser la manière dont les légionnaires plient le drapeau canadien. Toutefois, comme l’expliquait le président des débats, les Forces canadiennes essaient encore de décider d’une procédure officielle et on décida que la Légion devait attendre que ce soit fait. Le premier vote sur la motion fut serré et le président des débats annonça que la motion avait été refusée. L’assemblée grommela et défia le président. Un deuxième vote eut lieu et la motion fut déclarée refusée.

Sur les 15 motions refusées, la seule qui ait été adoptée est celle qui concernait la reconnaissance nationale de jeunes auxiliaires de la Légion. Bud Sadegur de la Colombie-Britannique/ Yukon parla dans l’arène en faveur, disant que la jeunesse est notre avenir et qu’elle devrait être reconnue d’une manière officielle. La motion fut acceptée. La Direction nationale va dessiner un logo officiel pour la jeunesse auxiliaire.

Mercredi, le dernier jour du congrès, le trésorier Cook présenta le rapport tant attendu du Comité national des finances.

Sans guère perdre de temps, il expliqua dans le détail que la Direction nationale opérait depuis 1998 grâce à des frais d’adhésion de 6,15 $ par personne, malgré une perte d’environ 90 000 membres et un taux d’inflation annuel moyen de presque trois pour cent durant cette période. La seule façon de le faire était d’effectuer des réductions importantes, comme celle du nombre de comités et du personnel de la Direction nationale, des 60 personnes qu’il y avait en 1998, à 48 en 2005. Maintenant, dit Cook, il ne nous reste plus de flexibilité et il ne nous reste plus comme solution que de demander une augmentation des frais d’adhésion.

La proposition avancée par Cook était d’augmenter les frais d’adhésion de 4,50 $, ce qui donnerait lieu à une bonne situation financière jusqu’en 2012 tout en maintenant une petite portion en réserve pour améliorer certains programmes, comme le recrutement.

Gord Moore de l’Ontario s’avança immédiatement au microphone pour proposer une modification afin que les frais d’adhésion soient augmentés de 2,75 $ en 2007 et que le trésorier présente à nouveau les besoins financiers de la Direction nationale au Congrès national de 2008. “Je pense que ce que nous devrions demander et soutenir à ce congrès, c’est 2,75 $”, dit Moore.

De répliquer Cook : “Camarade Gord, je ne proteste pas votre amendement, mais ce n’est pas très plaisant de demander de l’argent à chaque congrès. J’espérais qu’un seul coup suffirait et que je ne vous embêterais plus pendant six ans.” Les délégués applaudirent leur approbation.

Plusieurs personnes prirent la parole, certains pour soutenir l’amendement, d’autres pour s’y opposer. Le président Roger Oakley de la Division du Manitoba/Nord-Ouest de l’Ontario parla contre l’amendement. “Je suis tout à fait conscient des difficultés financières du CEN. Il est simplement victime des temps, camarades. Il y a des années, il y aurait eu une augmentation de 25 sous par année pour toujours et personne n’aurait été obligé de retourner à sa filiale soulever un tas de problèmes. Si on fait les calculs pour une simple augmentation de 4,50 $ pour qu’on nous laisse tranquille jusqu’en 2012, dans deux ans nous ne serons pas obligés de retourner à nos filiales pour une autre augmentation. Si vous le calculez, camarades, c’est à peu près une bière et demie par année et si nous ne pouvons pas nous le permettre pour nos anciens combattants, eh bien, nous ne devrions pas être ici.”

Les applaudissements énergiques suivant le discours d’Oakley durèrent longtemps et tout de suite après l’assemblée demandait qu’on pose la question. L’amendement ayant été mis au vote, les résultats ont été trop serrés pour pouvoir décider. Les chefs de file se mirent au travail et on commença un vote par debout ou assis. Les résultats : 413 en faveur de l’amendement, 700 contre.

Quelques instants plus tard, l’assemblée demandait à nouveau que la question soit posée, Irvine demanda aussitôt un vote et les délégués adoptèrent de manière écrasante la motion d’augmenter les frais de l’adhésion nationale de 4,50 $ à partir de l’année d’adhésion 2007.

Il fut vite apparent, toutefois, qu’on s’inquiétait dans l’assemblée à propos d’une perception de manque de débats sur la motion principale. Gary Peters, un commander de zone de la Division de la Colombie-Britannique/Yukon, défia le président des débats sur la question. Irvine répondit en demandant aux délégués s’ils soutenaient le défi et un grand cri s’éleva de l’assemblée “non!”. Peters reprit le microphone pour demander un vote officiel par “oui” ou “non” sur le défi et Gord Moore se leva pour soutenir sa demande. Un vote convenable fut fait et le défi fut battu facilement.

À propos d’une autre affaire, Richard Genin a discouru sur la Fondation de l’Hôpital Sainte-Anne. Il a été suivi par Michael Daoust de la fondation qui a parlé du nouveau petit hôtel des anciens combattants de la Légion royale canadienne qu’on est en train de bâtir à l’Hôpital des anciens combattants situé à Sainte-Anne-de-Bellevue (Qc). Il demanda de l’aide pour ramasser des fonds pour le projet, sur lequel on peut se renseigner à www.sahfoundation.ca.

Mercredi en début d’après-midi, comme dernière question de la séance, le grand président honoraire Belzile dirigea la cérémonie d’installation pour les nouveaux dirigeants élus. La cérémonie a commencé, en présence d’une grande foule, quand le cornemuseur a conduit à leurs places les anciens présidents Ed Coley, Doug McDonald et Hugh Greene suivis par leur épouse. Allan Parks a ensuite été conduit sur la scène et remercié, et on lui a demandé de prendre un siège à la troisième rangée avec les autres anciens présidents. Burdett fut alors nommée présidente sortante. Irvine a été installé et Belzile lui a offert le marteau comme symbole de son poste. Mike Cook a été installé ensuite. Les quatre vice-présidents sont montés sur la scène pour leur installation, suivis par le premier vice-président Wilf Edmond.

Belzile a demandé à l’assemblée d’accorder son attention et au sergent d’armes de présenter Jack Frost pour qu’il soit installé président. Mené par un cornemuseur et une garde du drapeau, Frost est monté sur la scène pour faire sa promesse et recevoir l’épingle à revers des mains de Burdett. “C’est avec humilité que j’accepte votre vote de confiance pour devenir le 37e président de cette grande organisation”, dit Frost, qui a poursuivi en donnant une ébauche de ses objectifs en tant que président de la Légion. “J’espère et je désire que les prochains deux ans vont soient harmonieux et que les relations qui existent entre la Direction nationale, les directions divisionnaires et les filiales soient transparentes.

“Nous devons tous chanter à partir du même hymnaire et, en partant d’ici, être vus comme étant un seul corps uni. On ne doit pas partir pour faire chacun ce qu’il entend, car nous ne ferions que nous détruire nous-mêmes.

“Les adhésions, nous le savons, sont notre élément vital […] durant les deux prochaines années je vais faire le nécessaire pour qu’elles soient toujours bien visibles, à l’avant-plan de nos préoccupations. Les relations avec des organisations ayant la même vision des choses ont été cordiales, mais j’espère pouvoir dire, au bout de deux ans à ce poste, que ces relations sont meilleures.

“Nous sommes la plus grande organisation d’anciens combattants du pays et celle qui peut le mieux représenter les anciens combattants traditionnels ainsi que ceux des temps modernes. Mais pour quelle raison que ce soit, ce message n’a pas été transmis adéquatement à l’ancien combattant des temps modernes car on voit toujours de petits groupes former leur propre organisation. Alors nous échouons à leurs yeux, ou bien notre message ne leur parvient pas du tout. Mais nous pouvons mieux les représenter que n’importe quelle autre organisation. Représenter l’ancien combattant est notre raison d’être et si nous l’oublions, nous laissons tomber le flambeau qui nous a été remis.”

Ensuite, toutes les affaires conclues, l’invocation de fermeture fut lue et les drapeaux ont défilé vers l’extérieur. Durant tout le congrès, il y a eu des acclamations pour le comité des préparatifs locaux présidé par Vicki Horrocks. La liste des dignitaires et des orateurs invités comprenait aussi le président Don Newell du Fonds du Souvenir, le président national John Campbell de la Royal New Zealand Returned and Services’ Association, le président national Eric Munro de la Royal British Legion Scotland, Dominique Boulais, le secrétaire général adjoint de l’Agence canadienne de la Commission des sépultures de guerre du Commonwealth, et le président national David Munro de la Canadian Peacekeeping Veterans Association.

Le prochain Congrès national aura lieu, à Ottawa, en juin 2008.

La Croix-Rouge et la captivité de guerre, 1939-1945

Aussi ancienne que la guerre elle-même, la captivité de guerre a connu de nombreuses variations, progrès ou reculs, selon les lieux et les époques. Au cours de l’Humanité, des prisonniers de guerre furent sacrifiés aux dieux, d’autres exécutés pour l’exemple. Certains furent asservis, soumis à un labeur perpétuel et exténuant, alors que d’autres furent recrutés et combattirent par la suite au sein de l’armée qui les avait capturés. Des captifs furent libérés sans condition, d’autres, échangés contre rançon. En fait, durant la plus grande partie de l’histoire humaine, le sort des soldats capturés a été confié à la bonne ou à la mauvaise volonté du geôlier, sans restriction aucune. À la fin du XIXe siècle et au début du XXe, à l’instigation du Comité international de la Croix-Rouge, des lois internationales sont néanmoins instaurées dans le but de réglementer la conduite de la guerre : la Convention de Genève de 1864 et celles de La Haye de 1899 et 1907. Celles-ci tentent timidement de protéger les victimes de la guerre, particulièrement les civils et les prisonniers de guerre. Mises à l’épreuve lors de la Grande Guerre, elles démontrent bientôt de nombreuses lacunes que l’on tente de compenser par la Conférence de Genève de 1929. Imparfaits, ignorés et bafoués par certaines nations, ces accords démontrent tout de même une volonté “d’humaniser” les conflits.

À l’éclatement de la Seconde Guerre mondiale, si la captivité de guerre continue d’être généralement mal vécue, particulièrement par les officiers, la plupart des nations ne considèrent plus le soldat capturé comme un paria. Bien sûr, des exceptions existent : les Soviétiques considèrent leurs soldats capturés comme des traîtres à la patrie, pendant que les Japonais voient les leurs–et ceux de l’ennemi–comme étant déshonorés, indignes. Par ailleurs, le front de l’Est, qui oppose deux “races” et deux idéologies ennemies, voit se dérouler les pires barbaries, au mépris de toute législation. D’autres entorses se produisent et des massacres continuent d’avoir lieu, la plupart du temps aussitôt après la capture, lorsque la fureur des soldats, consécutive à la bataille, ne s’est pas encore estompée.

Cela dit, dans la plupart des pays occidentaux engagés dans le conflit, des structures sont mises en place afin d’aider physiquement et psychologiquement les soldats capturés à l’étranger. Au Canada, le YMCA met sur pied la War Prisoners’ Aid (aide aux prisonniers de guerre) et des parents de prisonniers s’associent et forment la Canadian Prisoners of War Relatives Association (association canadienne des parents des prisonniers de guerre). Mais de toutes les organisations non gouvernementales (ONG) du pays s’étant impliquées dans l’aide aux captifs, c’est la Société canadienne de la Croix-Rouge (SCCR) qui s’est, de loin, la plus démarquée. Elle a consacré 47 des 121 millions de dollars de son budget de guerre aux prisonniers de guerre provenant du Canada et du reste du Commonwealth et, dans une moindre mesure, aux internés civils et aux autres prisonniers alliés. Ses interventions prendront deux dimensions : l’une matérielle, directement fournie aux captifs, et l’autre plutôt technique, généralement destinée à leurs parents.

L’aide matérielle s’est principalement traduite par trois sortes de “colis”, ainsi que par quelques autres envois. Chronologiquement, le premier colis reçu par le prisonnier canadien est le “colis de captif” : un paquet contenant de menus objets–brosse à dents, rasoir, savon–et des sous-vêtements, notamment. Il fournit au prisonnier le strict nécessaire en attendant les premiers colis personnels envoyés par sa famille, pour lesquels les délais d’expéditions sont beaucoup plus longs.

Le deuxième type de paquet, le plus connu, est le “colis de vivres”. Les États-Unis, la Grande-Bretagne, le Canada et quelques autres pays du Commonwealth en ont produit, avec de légères différences entre eux. Selon des sondages menés auprès d’anciens captifs de diverses origines, peu après leur libération, c’est le colis canadien qui aurait été le plus apprécié. Le Canada en a produit plus de 16 000 000 durant la guerre, à Toronto, Montréal, Hamilton, London, Winnipeg et Windsor. À son apogée, au cours de l’année 1944, la production a atteint près de 200 000 colis hebdomadairement, soit suffisamment pour que les prisonniers provenant du Commonwealth en reçoivent, en principe, un par semaine.

Coûtant en moyenne 2,50 $, le “colis de vivres”, qui pesait 5 kilos, contenait 15 articles de nourriture et 1 savon. Son contenu avait été étudié pour être le plus nutritif possible, tout en considérant les contraintes de poids et d’espace. Il contenait 2000 calories quotidiennes pour 7 jours. Des livres de recettes furent même rédigés spécialement et envoyés aux captifs pour leur permettre de tirer le meilleur parti possible de son contenu. Des colis spéciaux, contenant plus de vitamines, ont également été mis au point pour les malades et les convalescents. Un système d’accusés de réception et de listes de vérification servait à s’assurer que le colis était reçu en bon état et par la bonne personne. Comme ils étaient très bien conçus et solidement emballés, on pouvait en empiler des quantités incroyables et les conserver plus de 15 mois à des températures extrêmes, notamment sous le soleil du désert.

Ces colis ont dépassé leur objectif qui était la nutrition. Par exemple, les boîtes de conserve de lait, une fois vidées, martelées, découpées et assemblées, ont été utilisées par les prisonniers pour fabriquer des trousseaux de cuisine complets, avec assiettes, bols, chaudrons et poêles. Elles étaient également utilisées pour l’aération des tunnels creusés pour les évasions. On rapporte même qu’un système de chauffage fut construit par des captifs en trois mois, grâce à ces boîtes, et qu’il aurait suscité l’admiration des autorités du camp. Par ailleurs, les soldats capturés ont pu, à l’occasion, corrompre certains de leurs geôliers en leur offrant nourriture et cigarettes.

Finalement, en 1945, la SCCR s’est mise à la production du troisième type de colis : le “colis de la libération”. Probablement à cause de la longueur du voyage de retour, beaucoup plus importante, seuls les captifs d’Asie en ont reçu. Ce paquet aurait contenu des vêtements et des accessoires d’hygiène, de quoi tenir le temps du voyage.

Outre ces trois colis, la SCCR a acheminé aux prisonniers, en collaboration avec la Croix-Rouge britannique, des vitamines, des médicaments et du matériel médical. Elle leur a aussi fait parvenir des vêtements, et même de l’équipement sportif, des instruments de musique, des livres et des jeux de société. Parfois, de l’argent était fourni à la Croix-Rouge britannique afin que ce matériel soit acheté en Europe. L’apport loisir fut toutefois négligeable puisqu’il relevait plutôt du YMCA. De concert avec d’autres organismes, la SCCR a contribué à l’éducation des prisonniers en fournissant des manuels et du matériel scolaire. Grâce à la participation de la presse canadienne, un journal d’information a été créé spécialement pour eux.

Le raccompagnement des soldats canadiens libérés, depuis l’Europe ou l’Asie, a été assuré par des responsables qui les suivaient avec jeux et cantines, pour s’assurer qu’ils mangeaient bien et ne s’ennuyaient pas. Ce même service fut aussi fourni aux Britanniques rapatriés depuis l’Asie et transitant par le Canada.

De son côté, l’aide indirecte s’est souvent faite par l’intermédiaire des familles des captifs. Par exemple, le Bureau d’investigation de la Croix-Rouge fut créé à Ottawa en janvier 1942, avec la collaboration du ministère des Affaires extérieures et du Comité international de la Croix-Rouge. Son principal mandat était de répondre gratuitement aux demandes de renseignements, émanant de la population canadienne, sur le sort d’un prisonnier de guerre, d’un interné civil ou d’un disparu.

Aussi, par l’intermédiaire de nombreuses publications, la SCCR divulguait une grande quantité de renseignements pratiques. Des brochures, par exemple, ont traité des façons de communiquer avec les prisonniers ou de ce qu’il était possible de leur envoyer. On distribuait aussi aux parents le journal The Prisoner of War (le prisonnier de guerre), qui contenait des consignes, des caricatures, des nouvelles des camps, des extraits de lettre, et beaucoup d’autres choses. À l’origine, le journal était exclusivement produit par la Croix-Rouge britannique, mais à partir de novembre 1942, on retrouve une édition à moitié canadienne. Avant cette date, 15 000 exemplaires du journal étaient envoyés d’Angleterre lors de chaque parution, mais ce mois-là, le bateau assurant la livraison fut coulé par un sous-marin. Seul un exemplaire, envoyé en catastrophe par avion, est arrivé au Canada. Avant que des copies en soient tirées, le journal fut modifié. Par la suite, vu le succès et l’intérêt suscité, la SCCR a répété l’expérience.

La SCCR a également ?uvré auprès des parents des captifs pour la confection des “colis du plus proche parent”, un colis personnel envoyé tous les trois mois par la famille du soldat capturé. C’était un paquet contenant des vêtements, de menus objets et, à une certaine époque, de la nourriture. La SCCR a facilité ces envois en remplaçant les articles qui avaient été confisqués par la censure par des articles autorisés, en ajoutant des produits si le paquet n’atteignait pas la limite de poids permise et en donnant des formations et des conseils sur la confection de ce paquet. Si un prisonnier n’avait pas de parent ou si ce dernier était trop pauvre, la Croix-Rouge le prenait en charge en attendant qu’il soit “adopté” par quelqu’un d’autre.

Cela dit, aider les prisonniers n’a pas été une mince affaire, puisque plusieurs problèmes ont surgi, particulièrement dans la confection et l’envoi des colis de vivres. Matériellement, on a dû faire face à des pénuries qui ont obligé les responsables à trouver des substituts ou à acheter des denrées à l’étranger. On a même rationné le personnel militaire au Canada pour avoir davantage de nourriture à offrir aux captifs. Sur le plan technique, à part quelques exceptions, le Japon a refusé toute coopération jusqu’aux derniers mois de la guerre. De leur côté, l’Allemagne et l’Italie ont généralement bien répondu, mais on a tout de même éprouvé certaines difficultés. La censure allemande a, par exemple, refusé certains emballages qu’elle ne pouvait contrôler, et il est arrivé que, dans les camps, la distribution des vivres serve de monnaie d’échange à la bonne conduite des captifs. Pour éviter l’emmagasinage de vivres pouvant servir lors d’une éventuelle évasion, les autorités ont parfois poinçonné les conserves afin que leur contenu soit consommé rapidement. Et il ne s’agit là que d’une partie des nombreuses difficultés rencontrées. On pourrait également évoquer les relations parfois houleuses de la SCCR avec d’autres ONG, et même avec le gouvernement fédéral.

La productivité et l’efficacité de l’aide aux prisonniers de guerre peuvent être attribuées à plusieurs facteurs, dont le premier est certainement la participation populaire. La SCCR a su mobiliser un grand nombre de bénévoles, les transportant dans des autobus empruntés ou leur confiant quelque ouvrage à faire chez eux, à temps perdu. C’est ainsi que des femmes au foyer accomplissaient certains petits travaux entre une lessive et un repas, alors que des écoliers besognaient pendant les récréations. Tout ça a donc permis que la plus grande partie du travail soit faite gratuitement et que les fonds soient vraiment utilisés dans l’achat de denrées plutôt que dans leur transformation. De plus, les locaux ont été aménagés de manière à éviter les pertes de temps et d’espace, et à ce que les colis de vivres soient empaquetés à la chaîne. De grosses compagnies ont également pu se donner une bonne image publique en assurant le transport des denrées à peu de frais ou en les fournissant. Finalement, des campagnes de financement bien montées et convaincantes ont permis d’amasser les sommes nécessaires à l’entreprise. La SCCR a donc tiré le maximum de chaque dollar tout en amenant près du sixième de la population à s’engager dans ses activités : une logistique efficace a été mise au point, sans être bureaucratique et coûteuse.

Évidemment, les effets de cette aide ont été positifs; de nombreuses lettres, conférences et entrevues en témoignent. Ils furent d’abord bénéfiques à court terme en permettant la survie d’un grand nombre de prisonniers qui, autrement, auraient certainement succombé à la faim, au froid, à la maladie ou aux blessures. En leur offrant des loisirs, en leur montrant que leur pays ne les avait pas oubliés, la SCCR a également contribué au maintien du moral des prisonniers. Cela a pu amoindrir, chez certains, les effets du “syndrome des barbelés”, qui se traduisent par un état dépressif et un désintérêt de tout. L’aide prodiguée par la Croix-Rouge fut aussi bénéfique à moyen terme, c’est-à-dire après le retour des soldats libérés. D’abord, l’éducation des prisonniers dans les camps a permis de récupérer une jeunesse perdue en fournissant les outils nécessaires à l’obtention d’un bon emploi. En diminuant l’écart, autant que possible, entre la vie dans les camps et la vie civile, ces actions ont permis de maintenir le moral et la santé des soldats capturés et de faciliter leur retour à la vie civile.

On peut aussi croire aux effets à long et à très long terme, non seulement pour les prisonniers, mais également pour la société en général. Effectivement, cette aide a permis une diminution des coûts sociaux dans l’après-guerre parce que plusieurs anciens prisonniers, en relativement bonne forme physique et mentale, n’ont pas dus être pris en charge par l’État. Donc, plus d’argent a pu être investi dans la reconstruction, et on a pu compter sur la participation et sur l’expertise de ces anciens combattants rescapés.

Il faut tout de même prendre en compte que, là où l’aide était fournie, donc acceptée par les autorités des camps concernés, les captifs étaient généralement bien traités. Leur bon état n’est donc pas dû exclusivement à l’aide apportée mais aussi aux conditions de vie relativement acceptables déjà instaurées. Or, là où les prisonniers de guerre étaient assujettis aux pires conditions de vie, ni la SCCR, ni aucune des autres Croix-Rouge alliées, ne sont parvenues à s’imposer. Leur secours y auraient pourtant été d’autant plus salutaire. Ce fut par exemple le cas dans les camps japonais.

En conclusion, l’aide fournie par la Société canadienne de la Croix-Rouge aux prisonniers de guerre a pris diverses formes. Des millions de colis et des tonnes de denrées en vrac envoyés aux camps ont assuré aux prisonniers canadiens, à ceux provenant des autres pays du Commonwealth, et dans une moindre mesure, aux autres Alliés, une alimentation variée et équilibrée. Ils ont facilité leur convalescence et leur ont permis de garder le moral dans les moments les plus durs. Malgré des obstacles récurrents–dus principalement à des pénuries de matériel, à la destruction des infrastructures et à la mauvaise volonté des pays geôliers–cette aide a pu être menée à bien, du moins sur le théâtre européen.

Beaucoup reste encore à dire. L’aide apportée par la SCCR aux prisonniers alliés, et particulièrement à ceux provenant de la France Libre, n’a été le sujet d’aucune recherche, malgré la disponibilité des sources. Le rôle de la population et des médias dans l’?uvre de la Croix-Rouge a également été sous-évalué et il mériterait d’être reconnu à sa juste valeur. Les liens unissant la Croix-Rouge canadienne aux autres Croix-Rouge alliées demeurent nébuleux, de même que ses relations avec le gouvernement fédéral.

En fait, le rôle de la plupart des organismes humanitaires canadiens durant la Seconde Guerre mondiale a été particulièrement négligé par les historiographes, à quelques exceptions près. Jonathan Vance est l’un des seuls historiens sérieux à avoir apporté un éclairage sur cette dimension de l’histoire militaire. Pourtant, alors que le déroulement– parfois à la minute près–des grandes batailles n’a plus rien de secret, il paraît incongru que les activités de ceux et celles ayant permis la survie de millions d’individus, une fois que les canons se sont tus, demeurent inconnues. Leur travail et leur dévouement ont été, et demeurent cruciaux, durant les conflits, car à leur manière, à défaut de l’avoir enrayée, ils ont su humaniser la pire des calamités.

Retour de la tradition de la mise en berne du drapeau

La Légion a soutenu le retour à l’ancien protocole décrété par le gouvernement conservateur, et on n’abaissera plus les drapeaux à mi-mât sur la Tour de la Paix et les édifices fédéraux chaque fois qu’un membre des Forces canadiennes sera tué en service.

Le gouvernement de Stephen Harper n’a pas fléchi à propos de la décision prise suite à la mort de quatre soldats, survenue au mois d’avril, en Afghanistan du Sud, durant leur patrouille dans un G-Wagen.

La mise en berne du drapeau n’était pas pratique courante avant 2002, quand les drapeaux ont été abaissés en l’honneur de quatre soldats tués lors d’un incident de tir ami alors qu’ils s’entraînaient en Afghanistan. C’étaient les premiers Canadiens tués depuis que le Canada s’est joint à la guerre en Afghanistan.

Le drapeau a aussi été hissé à mi-drisse en l’honneur des trois soldats suivants qui ont été tués par l’ennemi. Toutefois, ce ne fut pas le cas pour le simple soldat Braun Woodfield qui a été tué en patrouille, en novembre, quand son véhicule blindé a fait un tonneau.

La Légion soutient la mise en berne du drapeau sur la Tour de la Paix et les édifices du gouvernement le 11 novembre seulement. Les filiales de la Légion sont libres de hisser leurs propres drapeaux à mi-drisse en l’honneur d’une personne de leur localité qui est morte en service.

Dans une déclaration de la Direction nationale, il était dit que : “La Légion royale canadienne reconnaît la décision du Canada selon laquelle le drapeau national du Canada ne sera pas mis en berne lors de la mort d’un membre des Forces canadiennes. La Légion regrette la politique sélective passée du gouvernement fédéral selon laquelle le drapeau canadien était mis en berne sur les édifices fédéraux à travers le pays lors de la mort de certains membres du personnel des Forces canadiennes mais pas lors de la mort de certains autres. Cette application du protocole du gouvernement concernant le drapeau est discriminatoire. Si le drapeau canadien est hissé à mi-drisse sur les édifices fédéraux en l’honneur de la mort d’un membre des Forces canadiennes, la politique fédérale devrait être de s’assurer que le drapeau soit en berne lors de la mort de tous les membres des Forces canadiennes dont la mort a lieu en service actif.”

Des fleurs embellissent les tombes militaires au Canada

Le terrain a été préparé et maintenant il y a des fleurs qui embellissent des centaines de tombes militaires à travers l’Amérique du Nord. L’Agence canadienne de la Commission des sépultures de guerre du Commonwealth s’efforce depuis les années 1990 d’établir un programme régulier d’horticulture pour ses sites les plus grands. Le projet a pris de la vitesse durant ces dernières années; il y a 49 lots à travers le continent qui se font embellir actuellement, et il y en a d’autres à venir.

L’objet en est de faire ressembler davantage les sites d’enterrement du Canada à ceux des cimetières de la commission en Europe, à Hong Kong et ailleurs, dit Brad Hall, le secrétaire général de l’Agence canadienne. “C’est une progression naturelle de l’entretien des tombes militaires en Amérique du Nord.”

La CSGC, dont le siège social est au Royaume-Uni, supervise la commémoration de 1,7 million de particuliers qui ont perdu la vie en servant dans les forces du Commonwealth aux deux guerres mondiales; 110 000 d’entre eux étaient Canadiens.

Les cimetières militaires de la commission, comme ceux de Tyne Cot en Belgique et Sai Wan à Hong Kong, sont renommés pour leur calme beauté. Beaucoup sont pleins de roses et leur arrangement d’arbres, d’arbustes à pousse basse et de plantes vivaces herbacées en font des emplacements qui ressemblent plus à des jardins qu’à des cimetières.

D’après la CSGC, le concept à la base des cimetières du Commonwealth est “la création d’une association sentimentale entre les jardins de chez nous et les champs étrangers où gisent les soldats”. C’est pour cela que le personnel horticole essaie d’utiliser des plantes qui sont indigènes dans les pays de ses membres. Sur les 710 acres que la CSGC contrôle à travers le monde, plus de 450 font l’objet d’un excellent entretien horticole.

Bien entendu, les cimetières militaires les plus grands sont en France et en Belgique, où une grande partie des combats ont eu lieu. La commission n’a pas de cimetière au Canada. Toutefois, fait remarquer Hall, il y a une chose qu’on oublie souvent. “Il y a plus de tombes canadiennes au Canada qu’en Italie, aux Pays-Bas, en Allemagne et à Hong Kong ensemble. Ici, nous nous occupons des coûts cachés de la guerre, les gars qui sont morts à l’entraînement, qui ont succombé aux maladies, ou qui ont servi outre-mer, y ont été blessés, sont revenus, et puis sont morts durant les années de guerre. Les gens, naturellement, ont tendance à se concentrer sur les cimetières impeccables qui représentent un sacrifice outre-mer visible. Mais il y a aussi de ces gens ici.”

Le nombre de morts caché était élevé. L’Agence canadienne s’occupe de 15 202 tombes militaires à presque 3 300 sites en Amérique du Nord, dans les 10 provinces, au Yukon, et à 47 des 50 états des États-Unis. La plupart des tombes sont soit toutes seules, soit en groupes de deux. “Nous nous occupons de lots qui se trouvent dans des cimetières civils, d’église, communautaires ou privés”, dit Bob Parsons, un inspecteur de l’Agence canadienne qui s’occupe du programme horticole de 195 233 $. Cet ancien officier de l’armée dit en riant, “autrefois, je les écrasais, les fleurs, je n’en faisais pas pousser”.

Jusqu’à ces dernières années, les gens qui visitaient les tombes militaires n’auraient remarqué que bien peu de fleurs, ou peut-être même aucune. “Les tombes militaires d’ici n’étaient pas oubliées”, dit Hall, “mais on n’y mettait pas le même accent.” Les pays d’origine, qui financent le travail de la commission (le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, l’Afrique du Sud et l’Inde) mettent l’accent sur les lieux d’enterrement étrangers. “Tout le monde regardait vers l’extérieur; personne ne regardait vers l’intérieur.”

En effet, le travail de l’Agence canadienne, pendant les quelques premières décennies, était simplement d’aller à la recherche de tombes militaires et d’y mettre une pierre tombale. Au cours des deux dernières décennies, l’agence a assemblé une base de données informatisée sur leur emplacement et d’autres renseignements fondamentaux, y compris leur état. La gestionnaire des documents Johanne Neville s’occupe de cette base de données et des demandes de renseignements du public. En même temps, les cinq ins-pecteurs de l’agence, c’est-à-dire Hall, le sous-secrétaire général Dominique Boulais, Jerry Mayer, Annick Bilodeau et Parsons, essaient de visiter chacune des tombes tous les six ans, que ce soit en Saskatchewan rural ou à St. John’s (T.-N.). Bon nombre des tombes ont été l’objet d’un travail de restauration considérable ou elles le sont actuellement.

Quand Hall était sous-secrétaire général, durant les années 1990 (quand il travaillait avec le secrétaire général d’alors, Dan Wheeldon), il a jeté les assises du programme horticole. Grâce au financement du siège social au Royaume-Uni et à l’addition de deux inspecteurs au petit bureau d’Ottawa, le programme a eu l’occasion de grandir.

“On ne peut pas aboutir à un gros engagement à partir de rien du tout”, dit Hall. “Nous avons un programme progressif qui sert à cibler un certain nombre de cimetières chaque année. Le siège social nous est d’un grand soutien. Je n’ai pas vraiment été obligé d’exercer une pression.” En 2006, l’agence s’occupe de plusieurs emplacements : le cimetière Ross Bay à Victoria, le cimetière Mountain View à Vancouver, le cimetière Brookside à Winnipeg, le cimetière Beechwood à Ottawa et deux lots à St. John’s qui ont 50 tombes militaires.

“Nous finançons trois niveaux de travail horticole”, dit Parsons. Le niveau le plus rudimentaire, pour les tombes individuelles, est celui où l’on donne 30-40 $ par année à quelqu’un pour couper l’herbe et garder la stèle présentable. Le niveau suivant, avec un soin accru, comprend les cimetières plus grands comme celui du Mount Pleasant Group à Toronto. Ces sites nécessitent un entretien plus complexe, mais pas de fleur.

Le troisième niveau, avec embellissement floral, comprend les grands groupements de tombes militaires, qui en contiennent au moins sept ou huit chacun. Il y a actuellement 1 402 tombes qui sont l’objet de ce niveau de soins à travers le Canada. “Nous dépensons à peu près 136 000 $ pour les fleurs, ce qui revient à environ 97 $ par tombe durant l’été. Une grande partie de cela comprend la coupe du gazon”, dit Parsons.

L’agence n’impose pas de fleurs spécifiques, en partie parce que le Canada a des climats si différents, mais c’est aussi une question de créativité. “On traite avec des groupes de gens et des organisations disparates qui ont leurs propres façons de penser”, dit-il. “Il n’y a pas de mal à ça. Nous essayons de faire en sorte qu’ils soient présentables; nous n’essayons pas d’imiter les cimetières de la commission, qui ont des jardiniers dévoués.” Ceci dit, l’utilisation de géraniums rouges dans les cimetières comme Mountain View à Vancouver rappellent en effet, par exemple, le cimetière militaire canadien de Beny-sur-Mer, en France.

On est en train de donner la priorité à d’autres lots dans 70 cimetières canadiens en ce qui concerne le développement dans le cadre du programme horticole, ce qui représente presque un cinquième du budget d’exploitation de l’agence.

Hall dit que l’agence essaie de prendre le chemin le plus facile lorsqu’il s’agit de choisir les sites où travailler, comme les cimetières qui sont déjà embellis du point de vue horticole, ou les collectivités qui sont fortement militarisées. “Finalement, nous nous occuperons de celles qui sont plus compliquées, où il y a davantage de parties intéressées.

Parmi les sites les plus complexes se trouvent ceux où sont enterrés des morts de guerre et des anciens combattants. La commission n’est responsable que des sépultures des morts de guerre. Quant à Anciens combattants Canada, il n’a pas de programme horticole semblable pour les tombes d’anciens combattants. Vu que la plupart des gens ne font pas la distinction entre les deux sortes de tombes, dit Parsons, “nous essayons de ne pas causer des difficultés (à ACC)”. Toutefois, les organisations se sont serré les coudes auparavant, et elles travaillent actuellement avec d’autres groupes pour élargir le Cimetière militaire national dans le cimetière Beechwood à Ottawa.

Le programme horticole a eu un autre avantage, en plus d’embellir et augmenter la dignité des lots d’inhumation des morts de guerre du Canada. Hall dit que l’affichage coloré inspire la curiosité. “Les gens ordinaires qui viennent au cimetière demandent ‘comment se fait-il que ces gars sont différents?’ Cela crée de l’intérêt, cela donne lieu à des questions, et cela suscite ainsi la commémoration.”

Pour obtenir gratuitement un DVD sur le travail de la commission, prendre contact avec l’Agence canadienne, Commission des sépultures de guerre du Commonwealth, au 66, rue Slater, pièce 1707, Ottawa (Ont.), K1A 0P4, ou par téléphone au 1-613-992-3224, ou encore par courriel à cwgc-canada@vac-acc.gc.ca

Des équipes de cribbage surmontent des défis personnels à Prince Albert

Au côté nord des plates étendues des Prairies, à peine à un peu plus d’une heure au nord de Saskatoon, se trouve la filiale Prince Albert, où ont eu lieu les Championnats nationaux de cribbage de la Légion de 2006.

Lors des compétitions du 28 au 30 avril, les joueurs de cartes d’à travers le Canada se sont assemblés pour jouer leurs mains, ramasser les points et découvrir qui sont les meilleurs chez les simples, les doubles et les équipes en 2006. Ce tournoi de fin de semaine qui a duré trois jours était plein de jeux de grande qualité et de batailles exceptionnellement serrées; à la fin, presque toutes les équipes avaient vraiment une possibilité de repartir avec un des titres. Lorsqu’on a arrêté de taper les cartes, et que les Terre-Neuviens Paul Keeping, Wayne Lucas, Lonnie White et David Foote ont arrêté de danser, les points ont été comptés pour révéler que des joueurs de trois divisions différentes avaient non seulement dépassé leurs adversaires, ils avaient surmonté leurs défis particuliers, que ce fut l’âge, la blessure ou la maladie, pour revendiquer leur championnat respectif.

Prince Albert est une ville du genre à toute épreuve, dont la population s’élève à 45 000 et où il n’y a pas moins de six maisons de correction. Mais c’est aussi un endroit intéressant, où la population d’Aborigènes est importante, avec un centre-ville charmant et la gentillesse sans pareille pour laquelle la Saskatchewan est reconnue.

Les épreuves ont commencé le samedi matin après un court défilé autour du terrain de la filiale. Un cornemuseur a dirigé un grand contingent de cadets de l’armée, de dignitaires de la Légion et de joueurs durant la cérémonie. Le président de la Division de la Saskatchewan Frank Simpson et le représentant de la Direction nationale Bob Hannah ont reçu les joueurs avec des discours et leur ont tous souhaité de bonnes cartes et bonne camaraderie.

La compétition des doubles a commencé tout de suite après les cérémonies d’ouverture. Les parties étaient formées de deux manches avec un point pour chaque victoire et un deuxième point si le côté perdant n’atteignait pas 90 points, ce qui s’appelle un ‘skunk’. Un autre point est donné si le côté perdant a un skunk aux deux manches.

La matinée s’est passée dans une confusion de cartes et de chevilles et au dîner, au milieu de la poule, quatre équipes s’étaient séparées de la meute. L’Alberta-Territoires du Nord-Ouest menait avec 8 points, et puis ensuite venaient l’Ontario, le Nouveau-Brunswick et la Colombie-Britannique/Yukon avec 7 points chacun. Durant la session d’après-midi, toutes les équipes se sont maintenues remarquablement près et, lors de la dernière main, il y avait huit équipes dans un écart de trois points qui pouvaient encore obtenir le titre. N’importe qui pouvait remporter la partie.

À la fin, toutefois, la victoire appartint aux forces de l’expérience et de la sagesse, quand le duo de Saint John (N.-B.), Josie et Donna McLellan, inscrivaient une victoire de deux points contre le Québec, ce qui leur donnait le titre avec un total de 13 points. L’équipe de la filiale Jervis Bay Memorial fut dirigée vers la victoire par Josie, une farceuse de 87 ans qui joue au cribbage depuis bien longtemps. Elle attribue son succès à l’habileté de sa partenaire et belle-fille Donna, mais aussi à la réserve de connaissances qu’elle a accumulées au fil du temps.

“Je sais qu’il faut avoir les cartes, bien sûr, mais il faut quand même savoir jouer”, dit l’octogénaire alerte qui était on ne peut plus heureuse de penser à l’impact que sa victoire aurait chez elle, à la filiale Jervis Bay Memorial. “Ils vont être surpris. Il y en a beaucoup qui pensaient que je suis trop vieille rien que pour venir ici. Mais je suis heureuse maintenant.”

L’équipe de l’Île-du-Prince-Édouard formée par Wayne et Juanita Millar, de la filiale Ellerslie, est arrivée en deuxième place avec 12 points alors que Gerard et Winnifred Wilson, de la filiale Peachland (C.-B./Yukon) a obtenu la troisième place, avec 12 points également.

La compétition des simples a commencé tard le samedi après-midi et elle était tout aussi serrée que celle des doubles. Au milieu de la poule, l’affable Ken Fulmek de l’Alberta/T. N.-O. était en première position, ce à quoi il est habitué car il était dans l’équipe des doubles qui menait aussi au milieu de la session du matin.

Mais cette fois-ci, grâce à de bonnes cartes et beaucoup de savoir faire, Fulmek a inscrit un total de 16 points, ce qui lui a permis de tenir à l’écart Samuel Faruci du Manitoba/Nord-Ouest de l’Ontario et Fred Maniak de la filiale Comox (C.-B.).

Durant la dernière partie, Maniak a remporté une des deux manches, arrivant presque à battre le champion, et Fulmek l’autre. Vu que Maniak n’avait que deux points de retard au début du match, une grosse victoire aurait donné une tout autre issue au tournoi.

Fulmek, qui joue pour la filiale North Calgary, était particulièrement fier de sa victoire, vu ce qu’il a dû surmonter. En 1981, suite à un accident de motocyclette, il a passé deux ans inconscient et huit ans à l’hôpital. Il a été prononcé mort pas moins de deux fois, a subi 85 opérations et a passé 10 ans dans un fauteuil roulant. Maintenant, bien qu’il marche en boitant, ce gars chanceux s’est concentré énormément sur les cartes.

“J’adore les cartes parce qu’elles me tiennent compagnie, elles sont ma deuxième vie”, dit Fulmek, qui prétend que sa relation spéciale avec les cartes est la raison d’être de la bonne chance dont il a l’habitude. “Je parle à mes cartes et elles me répondent. Je suis diablement fier d’avoir gagné.”

Faruci a fini par obtenir la deuxième place avec 14 points (la quatrième fois qu’il obtient la deuxième place chez les simples au cribbage national), alors que Maniak, avec 14 points aussi mais ayant perdu la partie contre Faruci, est arrivé en troisième place.

À la fin de la longue journée de jeux, le samedi, les compétiteurs, les membres de la filiale et les dignitaires de la Légion se sont rassemblés à un souper et une soirée dansante.

La compétition des équipes qu’on attendait impatiemment, où les équipes de quatre se mettaient en garde pour voir quelle division était la plus forte, commença dimanche matin. Chaque équipe était divisée en sections de deux joueurs : A et B.

L’équipe de la Nouvelle-Écosse/ Nunavut a pris les devants au début de la journée, et elle a maintenu sa position jusqu’au dîner. Pour une équipe formée par des joueurs qui ont réussi à obtenir la dernière place chez les simples et chez les doubles le samedi, c’était une très bonne performance.

Durant l’après-midi, il était clair que la N.-É./Nun. n’avait pas l’intention de se laisser dépasser facilement et, à la dernière partie c’était l’impasse entre les joueurs de la côte est et l’équipe de Grand Bend (Ont.). À cause d’un caprice du destin, toutefois, les deux côtés de la N.É./Nun. ont été blanchis à la dernière partie, ce qui a donné une victoire d’un point à l’équipe de l’Ontario formée par Dwight Jennison, Ron Crown, Carl Vincent et Edward Geisel. Après une belle entre la N.-É./Nun., le Manitoba-Nord-Ouest de l’Ontario et l’Alberta-Territoires du Nord-Ouest, qui étaient ex-aequo avec 24 points, l’escouade de Winnipeg obtenait la deuxième place et celle de la N.-É./Nun. obtenait la troisième.

L’équipe de la filiale Grand Bend a quelque peu surpris quand elle a gagné car, dimanche matin, Carl Vincent se sentait trop mal pour jouer. Heureusement que les règles tiennent compte de ce genre de circonstances et on a permit à un remplaçant de la filiale, Sam Hurford, de jouer pour l’équipe de l’Ontario. D’après Crown, l’ajout d’un joueur inconnu à la dernière minute n’a pas vraiment diminué leurs chances.

“On joue simplement les cartes qu’on a, il n’y a rien d’autre qui compte. Quand on obtient les bonnes cartes, on gagne”, dit Crown, qui pensait que la nouvelle de leur victoire remonterait le moral de leur coéquipier. “On va lui dire qu’on a gagné et peut-être qu’il va commencer à mieux se sentir.”

Quant à Hurford, un vétéran de la guerre de Corée qui joue au cribbage depuis 1952, il était simplement heureux que l’équipe l’ait accepté si vite; et il était encore plus heureux d’être champion national.

Une fois que les gagnants du tournoi ont été décidés, il ne restait qu’à profiter des généreuses cérémonies de fermeture. Beaucoup de camaraderie et la bonne humeur évidentes, surtout parmi les Terre-Neuviens, il était clair que tous les joueurs s’étaient immensément amusés durant la manifestation.

“Les sports à ce niveau-ci sont importants, parce que notre effectif respire la santé grâce aux sports, vraiment. Je sais que c’est en train de devenir plutôt difficile pour la Direction nationale de soutenir ce programme de sports, mais c’en vaut la peine”, dit Hannah, président sortant de la Division de l’Alberta et membre du Comité national des sports depuis 2004.

Simpson est d’accord que les manifestations sportives comme le cribbage et les fléchettes ont des récompenses distinctes. “Pour la filiale hôtesse elle-même, sans même penser au côté financier, c’est une occasion de s’engager un petit peu plus aux activités de la Légion; quand on fait quelque chose de cette ampleur, on peut faire appel à des bénévoles qui autrement n’auraient pas travaillé pour la filiale.”

Toutefois, Simpson croit aussi que les difficultés aux adhésions et aux finances dans toute la Légion vont exiger qu’on fasse quelques modifications à la manière dont les programmes des sports sont financés. La solution, dit Simpson, c’est de commencer à demander des frais d’inscription aux divers niveaux de compétition. De cette façon-là, les membres dans leur ensemble ne seraient pas obligés de payer une augmentation des frais d’adhésion pour soutenir un programme dont tout le monde ne profite pas.

“L’idée de camaraderie, ont ne peut pas y mettre un prix, mais il y a des gens qui disent que nous sommes en train d’offrir des vacances gratuites à ces joueurs”, dit Simpson. “J’ai participé aux programmes des sports et je crois que les participants devraient presque en faire un programme autosuffisant. Si les participants désirent continuer dans les sports nationaux, il faudra qu’ils puissent dire ‘nous allons y mettre de l’argent’.”

D’après le président du comité des préparatifs locaux Bill Demerais, l’obtention des fonds a certainement été un combat continu, mais pas insurmontable si l’on accepte de se démener un peu et de travailler dur. Demerais a toutefois quelques conseils à donner aux présidents des CPL à venir.

“Une des premières choses que j’ai faites a été de prendre contact avec des filiales qui ont déjà été hôtesses de sports nationaux, d’écouter leurs idées et ce qu’ils pensent à propos de leurs succès et leur échecs. Mais il faut aussi prendre contact avec (le secrétaire du comité des sports) à la Direction nationale; après ça, on sait qu’on est sur la bonne voie. Et faites en sorte d’avoir un bon réseau de membres du CPL. Et il faut que vous puissiez accepter les critiques et faire des critiques. Et puis soyez prêt à y passer de nombreuses heures.”

En fin de compte, tout ce travail a valu la peine car la fin de semaine s’est passée sans anicroche. Tous les gagnants des trois épreuves ont surmonté des difficultés, l’âge, la blessure et l’étrangeté, pour obtenir leur victoire alors que les autres participants jouaient dans la bonne humeur. On ne pouvait pas vraiment demander mieux.

Résultats

Équipes : Ont. (fil. Grand Bend), 25; Man./N.-O. O. (fil. James de Winnipeg), 24; N.-É./Nunavut (fil. Kings de Kentville), 24; Alberta-T. N.-O. (fil. North Calgary), 24; Sask. (fil. Robert Combe VC de Melville), 22; Qc (fil. LaSalle), 21; N.-B. (fil. Jervis Bay Memorial de Saint John), 20; Î.-P.-É. (fil. Ellerslie), 16; C.-B./Yukon (fil. Nanaimo), 16; T.-N.-Lab. (fil. Stephenville), 15;

Doubles: N.-B., Josie et Donna McLellan (fil. Jervis Bay Memorial), 13; Î.-P.-É., Wayne et Juanita Millar (fil. Ellerslie), 12; C.-B./Yukon, Gerard et Winnifred Wilson (fil. Peachland), 12; Ont., Ron Crown, Dwight Jennison (fil. Grand Bend); Alberta-T. N.-O., Ken Fulmek, Stan Litwack (fil. North Calgary), 11; Man./N.-O. O., Sam Faruci, Vicki Bilecki (fil. St. James); T.-N.-Lab., Wayne Lucas, Lonnie White (fil. Stephenville), 10; Qc, Maureen Lynch, Kevin Shepherd (fil. LaSalle), 9; Sask., Pat Daly, Ken Campbell (fil. Nipawin), 6; N.-É./Nunavut, Don et Shirley Taggart (fil. Kings), 5.

Simples : Ken Fulmek (fil. North Calgary), 16; Samuel Faruci (fil. St. James), 15; Fred Maniak (fil. Comox), 15; Robert McLellan (fil. Jervis Bay Memorial), 13; Ken Campbell (fil. Carrot River (Sask.)) et Brian Dennis (fil. Ellerslie), 12; Paul Keeping (fil. Stephenville), 11; Edward Geisel (fil. Grand Bend Br. (Ont.)), 6; Maureen Lynch (fil. LaSalle (Qc))., 5; et Henry Graves (fil. Kings (N.-É./ Nunavut)), 4.

L’équipe de Terre-Neuve gagne le championnat de fléchettes lors d’un barrage

Aux Championnats nationaux de fléchettes de 2006 qui ont eu lieu à Medicine Hat (Alb.) du 19 au 21 mai, la grande précision des tirs a empêché les spectateurs de deviner qui allait gagner et donné lieu à un barrage chez les équipes.

Dix équipes représentant les 10 divisions se sont assemblées dans cette ville douillette de 45 000 habitants, à 220 kilomètres à l’est de Calgary. La ville est surnommée la ville du gaz à cause de l’abondance de gaz naturel qu’il y a dans la région.

Les joueurs se sont assemblés pour la première fois à une réception qui avait lieu à la filiale Robertson Memorial, la filiale hôtesse. Le vice-président du Comité national des sports, Norm Shelton et le président du comité des préparatifs locaux, Mike Dunn, qui est aussi un ancien président de la filiale, ont souhaité au groupe la bienvenue à Medicine Hat et aux joueurs une bonne fin de semaine de compétition. Parmi les gens qui jouaient se trouvait le président de la Division de l’Île-du-Prince-Édouard Jack MacEachern, un membre de l’équipe de la filiale Charlottetown. L’aumônier Ron Macdonald a souhaité une bonne partie aux joueurs et “que tous vos lancers soient justes”.

L’esprit de compétition était en évidence même lors de la compétition de fléchettes aveugle et informelle qui a eu lieu vendredi soir, durant laquelle les équipes sont formées en pigeant les noms au hasard.

La vraie compétition a commencé par le championnat des doubles, samedi matin. Les fléchettes à la Légion sont jouées en format de poule, où chaque partie est divisée en trois manches qui donnent un point chacune. Le score est compté à rebours à partir de 701 chez les équipes, de 501 chez les doubles et de 301 chez les simples. Les compétiteurs doivent obtenir, à chacune des trois manches, un double pour commencer et un autre, exact, pour gagner.

Le coordinateur des épreuves Bill Hatter a rappelé aux joueurs que les scores rapportés étaient définitifs. Toute dispute devait être réglée avant de rapporter le score.

La première partie, à laquelle cinq équipes ont obtenu deux points chacune, promettait un jeu passionnant. Les joueurs du Québec qui ont gagné l’an dernier étaient de retour pour défendre leur titre de 2005 à cette compétition nationale que bon nombre de joueurs connaissaient déjà.

À la deuxième partie, Terre-Neuve-et-Labrador, l’Alberta/Territoires du Nord-Ouest et la Colombie-Britannique/Yukon ont obtenu trois autres points, ce qui leur en donnait cinq chacune.

Les yeux se sont alors tournés vers les Terre-Neuviens Rod Tobin et Wally Brennan de la filiale St. John’s et le duo du Québec, Carol Brossard et Claude Séguin, de la filiale Terrebonne Heights de Mascouche Heights. À la 9e et dernière partie, le point central était le match entre Terre-Neuve et Québec. Les gens de l’Est ont gagné 2-1, ce qui leur donnait l’égalité avec le Québec à 18 points, mais ils se sont tous faits dépasser par le duo de la Colombie-Britannique, Dale O’Brien et Gilbert Guindon de la filiale Cranbrook, qui avaient battu le Manitoba/Nord-Ouest de l’Ontario et obtenu 19 points et donc le championnat des doubles.

“Gagner à notre premier tournoi national, c’est époustouflant”, dit Guindon. “Je suis content d’être venu en Alberta. C’est ici où se trouvent les meilleurs joueurs”, dit-il.

Guindon, qui est dans l’industrie forestière, a beaucoup voyagé à cause du travail. Installé à Cranbrook actuellement, il a aussi vécu à Vancouver et à Calgary. Il a trouvé un poste stable à une scierie de Cranbrook. “On fait surtout des deux pouces par deux pouces, des deux par quatre et des deux par six”, dit-il. “Ce genre de travail est vraiment à valeur ajoutée.”

“On savait qu’on allait avoir du pain sur la planche. La compétition était excellente, surtout le Québec et Terre-Neuve”, dit Guindon, âgé de 34 ans. “La compétition ne peut qu’être dure. Au niveau national, le nombre de gens parmi qui choisir est plus élevé.”

Guindon s’est inscrit à la Légion pour la première fois à Revelstoke. “Les fléchettes ont toujours été importantes. Il y a toujours plein de tournois partout en Colombie-Britannique”, dit-il. Il a toujours aimé jouer aux fléchettes. Il a participé à son premier tournoi en 1997. Il a rencontré Dale O’Brien quand il a déménagé à la filiale Cranbrook. “Il m’a convaincu que nous pourrions faire un duo et prendre les fléchettes de la Légion au sérieux”, dit-il.

Quant à O’Brien, il adore simplement la compétition. “Les meilleurs joueurs de fléchettes de partout au Canada viennent à la Légion. Il n’y a pas de fainéant ici”, dit-il. “Ça fait 16 ou 18 ans que je joue au niveau des équipes. J’ai rencontré Gilbert en 1995, quand il est venu à Cranbrook, en Colombie-Britannique, pour la première fois. On s’est mis à jouer en double.”

L’ancien membre du Royal 22e Régiment dit que “on jouait aux tournois locaux. Ça fait vraiment plaisir de remporter le trophée ici à Medicine Hat”.

Les jeux des simples ont eu lieu par la suite. Une fois encore, il n’y avait pas de joueur qui se séparait du peloton. Dion LaViolette, de la filiale Lower Sackville de la Nouvelle-Écosse, a battu Martin Tremblay de la filiale québécoise Terrebonne Heights. LaViolette avait 20 points, alors que Frank Cudmore de la filiale Charlottetown de l’Île-du-Prince-Édouard, est arrivé en deuxième place avec 19 et le Québécois Tremblay, en troisième avec 17.

Il s’agissait du premier titre national pour LaViolette. “Je sais que tous les joueurs ici sont exceptionnels et que le tournoi aurait pu être gagné par n’importe lequel d’entre eux.”

LaViolette a commencé à jouer dans les compétitions, il y a environ trois ans, à la filiale Bedford de la Nouvelle-Écosse. Le grand tournoi de cette région porte le nom de Harvest Championships (championnats de la moisson). C’est là qu’il a rencontré les légionnaires qui allaient devenir ses coéquipiers et ils ont continué à jouer à la filiale.

“Je ne m’occupe pas vraiment des points inscrits au tableau d’affichage. Quand on joue à ce niveau, chaque lancer compte”, dit-il.

Les jeux des équipes ont prouvé que la concentration des joueurs ne s’était pas affaiblie malgré les festivités lors du banquet et de la danse du samedi soir. Les jeux ont repris dimanche après un autre déjeuner de bûcheron servi par les DA de Robertson Memorial.

L’équipe de la filiale St. John’s (T.-N.) formée par Wally Brennan, Rod Tobin, Kevin Pike et James Croke fils était en vedette avec 18 points au bout de huit parties, alors que celle de l’équipe québécoise archi-rivale formée par Carol Brossard, Jean Filiatrault, Claude Séguin et Martin Tremblay était ex-aequo à 17 avec Freddie MacKinnon, Thomas Vaughn, Richard Kirkpatrick et Jeffry Smith du Nouveau-Brunswick. L’équipe de l’Alberta/Territoires du Nord-Ouest comprenait la seule femme du tournoi, Crystal Reid de la filiale Grimshaw.

À la neuvième partie, la tension était palpable alors que les Québécois et les Terre-Neuviens se mettaient en garde. Le Québec gagna deux à un, ce qui amenait les deux équipes à égalité avec 19 points chacune. Entre-temps, le Nouveau-Brunswick a obtenu un point à la neuvième partie, terminant avec 18 points et à égalité pour la troisième place avec la Nouvelle-Écosse/Nunavut.

Les barrages ont eu lieu immédiatement, et Terre-Neuve-et-Labrador a emporté le titre alors que les Québécois, les champions de 2005, ont dû se contenter de la deuxième place.

“On a eu une très bonne journée”, dit Kevin Pike d’un air exubérant. Il était tout spécialement reconnaissant à la filiale St. John’s de tout ce qu’elle a fait pour permettre à l’équipe de se rendre au tournoi. “Cette victoire est en l’honneur de la filiale numéro un”, dit-il.

La filiale St. John’s est dans l’embarras en ce qui concerne l’adhésion depuis plusieurs années. Les membres de l’équipe se connaissaient tous grâce à d’autres compétitions à travers la ville. “On s’est inscrits à la filiale pour jouer aux fléchettes de la Légion”, dit-il.

Il y a eu une entorse à l’habitude des banquet et présentation des prix du dimanche soir. Le banquet a eu lieu samedi soir. Les prix ont été remis, dimanche après-midi, à l’occasion d’une cérémonie de fermeture après la fin des compétitions.

Résultats

Équipes : T.-N.-et-Lab. (fil. St. John’s), gagnant du barrage, et Qc (fil. Terrebonne Heights de Mascouche Heights), 19; N.-É./Nun. (fil. MacDonald Memorial de Lakeside) et N.-B. (fil. Carleton de Saint John), 18; C.-B./Yukon (fil. Chilliwack), 15; Ont. (fil. Everett), 14; Alb./T.N.-O. (fil. Grimshaw), 11; Man./ N.-O. O. (fil. St. James de Winnipeg) et Î.-P.-É. (fil. Charlottetown), 8; Sask.(fil. Moose Jaw), 5.

Doubles: C.-B./Yukon (Dale O’Brien, Gilbert Guindon, fil. Cranbrook), 19; T.-N.-et-Lab. (Wally Brennan et Rod Tobin, fil. St. John’s) et Qc (Carol Brossard, Claude Séguin, fil. Terrebonne Heights), 18; Man./N.-O. O. et (Ryan Tkak, Roy Loe, fil. St. James), 16; Alb./T.N.-O. (Daryl Osmond, Darcy Szmata, fil. Grimshaw), 15; N.-É./Nun. (Darren Baily, D.J. Smith, fil. MacDonald Memorial) et Ont. (Hugh Linton, Keith Warling, fil. Everett), 11; N.-B. (Keith Way, Kerry Way, fil. Oromocto), 10; Î.-P.-É. (Rodney MacKinnon, Jack MacEachern), 9; Sask. (Etien Marten, Guy Gilbert), 8.

Simples : N.-É./Nun. (Dion LaViolette, fil. Lower Sackville), 20; Î.-P.-É. (Frank Cudmore, fil. Charlottetown), 19; Qc (Martin Tremblay, fil. Terrebonne Heights), 17; Alb./T. N.-O. (Crystal Reid, fil. Grimshaw) et Ont. (Chris Ruby, fil. Metropolitan de Windsor) et C.-B./ Yukon (John Markham, fil. Surrey), 15; T.-N.-et-Lab. (James Croke fils, fil. St. John’s), 12; N.-B. (Frank Ford, fil. Oromocto), 9; Man./N.-O. O. (Perry Burton, fil. Flin Flon) et Sask. (Bill Cragg, fil. Meadow Lake), 8.

À votre service – Publication du manuel des questions sur logement des aînés le

La Légion royale canadienne a débuté une étude de 24 mois sur les questions du logement dans le contexte des besoins des anciens combattants et des aînés le 5 octobre 2001. Cette entreprise comprenait des séances d’information pour diverses parties intéressées. Mené de la part d’Anciens combattants Canada, les Examen et détermination de questions de logement pour les anciens combattants et les aînés offrent des aperçus sur les soucis concernant le logement qu’ont les personnes âgées du Canada et offrent des recommandations de politique ayant pour but de résoudre partiellement certains de ces problèmes. L’étude a été faite grâce à des fonds que le gouvernement du Canada a donnés par l’entremise d’un octroi de Patrimoine Canada dans le cadre de l’Initiative sur le secteur bénévole.

Une des recommandations à laquelle cette étude a donné lieu était de préparer un manuel de la Légion sur le logement qui servirait à formuler un processus de “diligence raisonnable” et qu’utili-seraient les directions divisionnaires et celles des filiales. En septembre 2004, le Centre d’excellence de la Légion pour le logement d’aînés lançait quelques recherches et consultait des parties intéressées pour préparer un plan d’action afin de créer un tel livret.

Avec la participation régulière des directions divisionnaires, un brouillon de manuel était préparé et remis à la Direction nationale qui allait le réviser, l’éditer et le faire imprimer. Grâce à l’assistance financière d’ACC, la Direction nationale a publié un Manuel du développement des biens immeubles qui est dorénavant disponible sur demande et qu’on peut voir au site de la toile de la Légion à www.legion.ca

Le manuel a été dévoilé le 15 mars dans la salle Vimy de l’édifice Daniel J. MacDonald à Charlottetown. La présidente nationale Mary Ann Burdett a présenté le manuel au sous-ministre adjoint des Services aux anciens combattants d’ACC Brian Ferguson, ainsi qu’une affiche souvenir intitulée Développement des biens réels, qui sert à souligner l’engagement de la Légion pour offrir un logement abordable aux aînés et aux anciens combattants. Le premier vice-président national Jack Frost et le conseiller du Centre d’excellence pour le logement David MacDonald étaient aussi présents.

À votre service est écrit par des agents des services du Bureau national des services.

Explication de certains détails de la charte

Après six ans de développement et une année de formation intense du personnel, la nouvelle Charte de l’ancien combattant a été mise en vigueur le 1er avril 2006. Lors d’une séance d’information technique en avril, le personnel senior d’Anciens combattants Canada a expliqué les détails de la Loi sur les mesures de réinsertion et d’indemnisation des militaires et vétérans des Forces canadiennes.

La présidente nationale Mary Ann Burdett et le directeur du Bureau des services Pierre Allard y assistaient. Burdett a remarqué que le personnel d’ACC semblait très bien s’occuper de la mise en vigueur mémorable. “On ne peut trop se préparer, mais ils étaient prêts.”

Il y a eu plus de 25 000 jours de formation du personnel jusqu’à maintenant. Avec les nouveaux services comme le programme de placement, la réinsertion et les avantages aux anciens combattants et à leur famille, Anciens combattants Canada s’éloigne de l’approche unidimensionnelle selon laquelle on donnait une pension mensuelle pour l’invalidité encourue durant le service.

Darragh Mogan, le directeur exécutif du Groupe de travail sur la modernisation des services et des programmes d’ACC remarquait que “Nous sommes plutôt sûrs qu’à long terme les programmes de mieux-être (de la charte) vont nous permettre de moins dépenser en pensions d’invalidité. Certains ont parlé de ceci en tant que mesure de réduction des coûts. Ça ne l’est pas du tout. C’est une mesure servant à mieux dépenser.” Au cours des premiers six ans, ACC s’attend à dépenser 1 milliard de dollars pour les programmes de la nouvelle charte.

Bryson Guptill, le directeur général de la division de la politique des programmes et services, insiste que la charte a une approche à double indemnité. L’ancienne pension d’invalidité a été remplacée par un versement immédiat non imposable qui peut s’élever jusqu’à 250 000 $, et “qui permet aux gens d’être payés pour la douleur et la souffrance résultant de leur invalidité. L’autre aspect […] est un versement pour le manque à gagner.”

Ce montant mensuel s’élève à 75 pour cent du revenu que le membre des Forces canadiennes obtenait, pendant que l’ancien combattant participe à un programme de réinsertion. Ceux qui terminent le programme avec succès mais qui sont incapables de trouver un emploi pourraient être admissibles au soutien du revenu. Pour ceux qui sont gravement invalides, le paiement mensuel continue jusqu’à ce qu’ils aient 65 ans, avec d’autres avantages par la suite pour ceux qui en auront besoin.

Certains anciens combattants modernes critiquent la charte, disant qu’elle offre moins d’avantages que l’ancien système. Guptill répond que “leur caractérisation donne à penser qu’il faudrait choisir (le versement unique ou le versement mensuel). D’après la nouvelle façon de faire, nous offrons les deux”. De plus, dit-il, “la caractéristique la plus importante de la nouvelle Charte des anciens combattants est un assortiment complet de programmes de réinsertion”. Ces derniers comprennent la gestion de cas personnalisée, l’assistance de placement, et les interventions médicales et psychosociales.

Ce qui est le plus important, c’est que l’assistance de placement basée sur le modèle du ministère de la défense britannique va être disponible à tous les vétérans des Forces canadiennes. “Il y a une composante de formation de recherche d’emploi, l’orientation professionnelle et, comme le modèle britannique, il va y avoir une société qui va travailler avec l’ancien combattant pour l’aider à trouver un emploi.”

La directrice des services et de la mise en oeuvre nationale Diane Huard donne un exemple pour qu’on puisse comparer l’ancien système avec le nouveau. Marc, un officier marinier qui a un diplôme d’école secondaire et un salaire de 4 370 $ par mois, est réformé pour cause de santé car il souffre du syndrome de stress post-traumatique relié au service. Il a été dans les Forces pendant neuf ans et son incapacité permanente est évaluée comme étant totale, avec un niveau d’invalidité de 80 pour cent. Il ne peut pas travailler.

Avant le 1er avril, Marc aurait reçu une pension d’invalidité de 2 240 $ par mois et 1 040 $ pour invalidité de longue durée du Régime d’assurance-revenu militaire (ILD du RARM), et puis il aurait été couvert pour la réadaptation professionnelle et la santé familiale jusqu’à l’âge de 65 ans.

D’après la charte, il reçoit immédiatement un octroi d’invalidité de 200 000 $ (80 pour cent de 250 000 $), 3 280 $ par mois en versements de manque à gagner (par l’entremise de l’ILD RARM) jusqu’à l’âge de 65 ans, une prestation de retraite supplémentaire de 26 750 $ à son 65e anniversaire, une allocation d’altération permanente à vie de 1 000 $ par mois, et il a accès aux programmes de mieux-être, y compris l’assistance professionnelle pour son épouse et des avantages de santé familiaux à vie.

Mogan fait remarquer que la charte offre une meilleure position financière pour les anciens combattants gravement invalides, ainsi que la réinsertion. Pour ceux dont l’invalidité est mineure, il dit que les programmes de mieux-être offrent une meilleure qualité de vie. “Je dirais qu’au bout du compte ils iront mieux même s’ils n’obtiennent pas autant d’argent.”

Si l’invalidité d’un ancien combattant devait empirer, Guptill dit qu’il peut profiter des programmes de mieux-être n’importe quand. “Il n’y a pas de limite de temps dans notre législation.”

La charte sera toujours un document vivant, selon ce que dit le personnel d’ACC, et il va certainement y avoir des changements pour le mieux. La Légion s’est déjà penchée sur plusieurs secteurs qu’il faudra peut-être peaufiner. De dire Allard, “la mise en vigueur (de la charte) a été réussie. Toutefois, il y a des choses dont on doit s’occuper, comme la déclaration des droits de l’ancien combattant”.

Il remarque que les premières versions du projet de loi d’ACC ressemblaient plutôt à une liste de buts de prestation de services. Le ministère y promet de “offrir des avantages et services exemplaires centrés sur le client” et de, entre autres, écouter attentivement et traiter les demandes d’avantages à temps. Toutefois, “ce n’est pas vraiment une déclaration des droits”, dit Allard.

La Légion voudrait voir d’autres articles spécifiques, comme s’assurer que l’accès aux soins physiques et mentaux soit accordé aux anciens combattants et à leur famille selon les besoins, et s’assurer qu’ils aient accès en priorité aux soins de longue durée. Il dit que la charte n’offre pas cette dernière chose. “Et qu’en est-il de l’ancien combattant moderne? Il se pourrait que certains aient des besoins spéciaux pour se rendre aux institutions de soins de longue durée.”

Également, la Légion préconise que l’accès prioritaire aux lits dans les 17 grandes institutions à travers le Canada soit préservé pour ceux qui souffrent d’invalidité reliée à la santé mentale, comme les traumatismes liés au stress opérationnel. Allard dit qu’il faudrait améliorer cette partie.

Quant à la mise en place proposée par le gouvernement d’un ombudsman des anciens combattants, la Légion a modifié sa position quelque peu. Bien que l’organisation croit encore qu’un ombudsman ne devrait pas avoir de rôle à jouer dans la partie des octrois d’invalidité de la charte, Allard remarque qu’un tel rôle pourrait être utile pour les programmes qui comprennent un “processus de décisions administratives, comme ceux de réinsertion ou de placement”.

La Légion a l’intention de continuer à surveiller le progrès de la charte et de préconiser des améliorations. En règle générale, toutefois, l’organisation maintient que c’est un “premier pas positif pour répondre aux besoins spécifiques des anciens combattants modernes”.

La nouvelle Charte des anciens combattants est mise en vigueur avec roulements de tambour

Le 39e Parlement a eu un départ allègre grâce à la nouvelle Charte des anciens combattants qui est entrée en vigueur le 1er avril.

Le Premier ministre Stephen Harper, le ministre des Anciens combattants Greg Thompson et le général et chef d’état-major de la défense Rick Hillier ont reçu un groupe d’anciens combattants, de membres des Forces canadiennes en service et de leaders des principales organisations d’anciens combattants dans la fameuse salle de lecture de la Colline parlementaire, le 6 avril, en l’honneur de l’occasion historique. Parmi les gens qui y assistaient se trouvait la présidente nationale Mary Ann Burdett.

Harper, parlant aux anciens combattants, dit que “vu que de braves hommes et femmes comme vous ont défendu le Canada ici et à l’étranger, notre gouvernement s’engage à vous soutenir aujourd’hui en allant de l’avant avec la nouvelle Charte des anciens combattants. La charte va offrir des degrés de soutien complets aux hommes et aux femmes qui sont blessés ou qui deviennent invalides en servant le Canada. À l’avenir, quand les hommes et femmes de nos services quitteront notre famille militaire, ils n’auront pas à s’inquiéter que le gouvernement ne les aide pas, eux et leur famille, durant leur transition à la vie civile.

La Loi sur les mesures de réinsertion et d’indemnisation des militaires et vétérans des Forces canadiennes a été présentée par l’ancien gouvernement libéral l’an dernier et a été soutenue par tous les partis à la Chambre des communes et au Sénat. Elle a obtenu la sanction royale en mai cette année-là.

La nouvelle charte, inspirée par la législation votée pour les vétérans de la Seconde Guerre mondiale lors de leur retour, vise les gens qui servent dans les Forces canadiennes, où l’âge moyen de la retraite est de 36 ans. Les ensembles de mieux-être qu’elle contient comprennent : la gestion de cas personnalisée; la réinsertion; les avantages financiers; l’assu-rance-santé de groupe; l’assistance placement; un montant forfaitaire comme compensation d’invalidité ainsi que d’autres allocations; et le soutien aux familles.

“Tous les Canadiens sont devenus sérieux lors des événements récents en Afghanistan et autour du monde où les hommes et femmes de nos services sont en danger”, dit Thompson. “Pour les braves membres des Forces canadiennes, la transition de la vie militaire à la vie civile n’est jamais facile et quand on se trouve dans une zone très dangereuse comme l’Afghanistan, la transition peut avoir lieu à l’improviste dans des conditions que la plupart d’entre nous ne peuvent pas comprendre du tout.

Thompson dit qu’aux endroits de plus en plus dangereux où les Canadiens servent, la vie d’un soldat peut changer à n’importe quel moment, et c’est le cas aussi pour ceux qui restent au foyer. “Nous devons nous engager envers leur famille tout autant qu’ils le font envers notre pays. Un jeune membre des Forces canadiennes ne doit pas s’inquiéter que personne ne va s’occuper de sa famille.”

Anciens combattants Canada annonce que le nouvel ensemble d’avantages est une occasion avec la sécurité.

La nouvelle charte offre un montant forfaitaire pouvant aller jusqu’à 250 000 $, dépendant de l’importance de l’invalidité. Un ancien combattant invalide peut également recevoir jusqu’à 75 pour cent de son salaire durant la transition à la vie civile. “En tant qu’ancien planificateur d’investissement, je vous assure que ce n’est pas insignifiant et que c’est un excellent départ vers un avenir indépendant”, dit Thompson.

Hillier aussi a louangé la nouvelle charte. À propos des gens qui se sont portés volontaires pour le service, Hillier dit que “leur famille n’est pas volontaire et elle se joint à la famille militaire tôt dans la vie, avant de vraiment comprendre la profondeur de son engagement et de son sacrifice potentiel, et elle aussi souffre. Il faut donc la soutenir.”

Il a louangé tout spécialement le travail d’Anciens combattants Canada, “le leadership (du sous-ministre) Jack Stagg durant le développement et la mise en application de cette charte en un temps record a été vraiment incroyable”.

Harper a aussi indiqué que d’autres initiatives d’anciens combattants sont en marche. “Cette charte n’est que la première des choses qui vont servir à donner aux anciens combattants canadiens le respect et l’appui qu’ils méritent. Durant les mois à venir, le ministre Thompson et le gouvernement vont faire en sorte qu’une déclaration des droits de l’ancien combattant soit mise en application pour renforcer davantage notre capacité de répondre rapidement et justement aux soucis des anciens combattants. De plus, nous allons aussi faire le nécessaire pour établir un ombudsman des anciens combattants qui aura la responsabilité de résoudre les griefs des anciens combattants à propos du système.”

Burdett nous dit que la Légion s’engage envers la nouvelle charte et qu’elle la voit comme la fondation des améliorations à venir.