Les championnats nationaux 2025 du jeu de la huit de la Légion
Alex Bowers
Texte et photographie de
Stephen J. Thorne
68e Congrès de Terre-Neuve-et-Labrador
Stephen J. Thorne
Travailler pour les Anciens combattants et maintenir le dynamise des communautes. – Michela Rosana
Nous sommes tous là pour la même raison. Nous sommes là pour les anciens combattants », a rappelé Harold Defazio, premier vice-président sortant de la division du Nouveau-Brunswick de la Légion royale canadienne, à l’orée du 87e congrès du groupe, par une matinée d’automne ensoleillée et fraîche à Rothesay, au N.-B. Ces paroles ont été le fil conducteur des deux jours de l’évènement, organisé les 20 et 21 septembre à la filiale Kennebecasis, tandis que les légionnaires discutaient de l’amélioration de l’accès aux services des anciens combattants, de la prochaine campagne du coquelicot et de plus.
Avec à peine plus de 838 000 habitants, le Nouveau-Brunswick ne compte que 68 filiales de la Légion dans ses huit districts. Le nombre de membres de la Légion dans cette petite province au caractère bien trempé est toutefois resté relativement stable : ils sont environ 7 400, grâce en grande partie à la ténacité des personnes qui œuvrent pour la survie des filiales dans leurs communautés.
Le rapport au congrès de Tony Chevalier, le président sortant, a souligné ce courage et le rôle fondamental de la Légion dans les collectivités du Nouveau-Brunswick. Ainsi, la filiale Salisbury était sur le point de fermer ses portes l’été dernier face à la baisse du nombre d’adhérents. « J’ai contacté le maire pour l’informer de la situation dans son village, a écrit M. Chevalier dans son rapport. Il m’a rappelé par la suite [pour me dire] qu’il y avait été accepté comme membre. À la mi-aout, je me suis rendu à Salisbury pour voir si cela tentait quelqu’un [d’autre]. Plus de 40 membres se sont présentés à cette réunion. La filiale a désormais tous ses cadres. »
Lors du discours qu’il a prononcé devant une centaine de personnes, notamment des invités des directions de la Nouvelle-Écosse, du Nunavut et de l’Ile-du-Prince-Édouard, M. Chevalier, ancien sapeur de combat, s’est exprimé avec humilité.

Lors de la cérémonie du cénotaphe (en haut et en regard), Louise Imbeault, lieutenante-gouverneure du Nouveau-Brunswick (au centre) et Tony Chevalier, président sortant (à gauche), parmi d’autres, observent un moment de silence. [Michela Rosano/RL]
« Je vais écouter mon cœur, a-t-il dit pour commencer, renonçant à reprendre les mots de son rapport. Les deux dernières années m’ont ouvert les yeux. Quand j’ai été élu pour la première fois, en 2023, j’ai réalisé que je n’avais pas toutes les connaissances nécessaires, alors je me suis mis à lire [les statuts], et puis à les relire. »
M. Chevalier a déclaré qu’il s’était fait un devoir de rendre visite à autant de filiales de la province que possible pendant son mandat. Il en a mentionné en difficulté qui ont été placés sous tutelle et qui vont désormais mieux.
Il a également exprimé sa tristesse à la suite du décès récent de M. Earle Eastman, deuxième vice-président de la Division du Nouveau-Brunswick. Il avait 67 ans.
Peu après, Jack MacIsaac, vice-
président national, a pris la parole au nom de la Légion au niveau national. « L’avenir s’annonce très prometteur pour la Légion royale canadienne. Le nombre de membres augmente d’une année à l’autre, a-t-il souligné. Les choses vont remarquablement bien partout au pays. »
Il a ensuite évoqué le centenaire à venir de la Légion : « Le 100e anniversaire de notre grande organi-sation aura lieu en juillet 2026. C’est une belle occasion de célébrer et d’éduquer. C’est une année où nous devrons tous briller à tous les niveaux. »
M. MacIsaac a également profité du moment pour vanter l’importance des services de la Légion pour les anciens combattants de tout le pays. « Les officiers d’entraide de nos directions sont occupés, a-t-il expliqué. Je me plais à dire qu’ils sont le visage de la Légion. Ce sont eux qui
aident nos anciens combattants. »
M. Defazio a brièvement fait le point en sa qualité de président du coquelicot, rappelant aux délégués leurs responsabilités pour la campagne. « Tout le monde prête serment […] de participer activement à la campagne du coquelicot. Cela veut donc dire que chacun d’entre nous fait quelque chose, un petit geste ou un grand », a-t-il dit avant d’aborder la question de trouver suffisamment de membres et de bénévoles pour prêter main-forte à son district cette année. C’est un défi que nombre de gens se trouvant dans la salle doivent aussi relever.
Avant d’accepter son rapport, les délégués ont suggéré de modifier les limites des districts de la division pour s’assurer que les zones et les entreprises mal desservies ont accès aux coquelicots, ainsi que d’examiner la meilleure façon d’administrer le Fonds du coquelicot pour s’assurer que l’argent
profite aux anciens combattants.
M. Defazio a répondu qu’il enquêterait sur les problèmes, tandis que le président, M. Chevalier a assuré à l’auditoire que les limites étaient en cours de révision.
« Je vous suis reconnaissante, à vous les membres de la Légion royale canadienne, pour votre soutien permanent aux communautés du Nouveau-Brunswick. »

[Michela Rosano/RL]

M. Harold Defazio (à gauche, au centre), nouvellement élu président de la direction du Nouveau-Brunswick, avec Jack MacIsaac, vice-président national (à droite) et Ed McMahon, premier vice-président de la filiale Kennebecasis (à gauche). [Michela Rosano/RL]
En tant que président du comité de la constitution et des lois, Steve Gourdeau, de la filiale Peninsula de Clifton Royal, a pris le micro pour résumer son mandat, rappelant aux délégués le processus de modification des règlements et suggérant qu’une liste de contrôle de la soumission des plaintes et des appels soit créée pour les filiales. M. Gourdeau a proposé plusieurs résolutions, qui ont été approuvées, notamment une pour établir un comité chargé d’étudier la redéfinition du district et une autre pour reconnaître les anciens combattants de la guerre du Golfe et ceux de la guerre en Afghanistan en tant que « vétérans de guerre ».
« Un ancien combattant, c’est un ancien combattant », a noté M. MacIsaac à propos de cette dernière résolution. Il a ajouté que la direction nationale était du même avis. Il a rappelé aux délégués que l’enjeu de la reconnaissance se nichait dans la législation fédérale et que le siège social national « faisait pression tous les jours ». Il a encouragé les membres à l’aider en mobilisant des décisionnaires politiques locaux.
Toujours à propos des anciens combattants, Mme Michelle Paquette a été présentée comme nouvelle officière d’entraide divisionnaire. Elle a pris le temps de saluer les participants et de faire l’éloge des réalisations de la Légion.
« Il y avait très peu de gens aux cénotaphes quand j’ai commencé en tant que cadette à jouer le “Dernier appel”. Le public n’était pas très impliqué dans les cérémonies du jour du Souvenir dans les années 1980. C’est vraiment grâce à la Légion que nous avons fait des progrès, et il y a maintenant un renouveau. C’est grâce à tout le monde d’ici. »
Mme Louise Imbeault,
lieutenante-gouverneure du N.-B., a prononcé quelques mots lourds de sens avant de se joindre à la procession de cornemuses bien suivie jusqu’au cénotaphe commun de Rothesay.
« Nous vivons dans un Canada pour lequel il vaut la peine de lutter. Vous le savez bien, en tant qu’anciens combattants, a-t-elle commencé. Je vous suis reconnaissante, à vous les membres de la Légion royale canadienne, pour votre soutien permanent aux communautés du Nouveau-Brunswick. Les filiales sont des lieux de rencontre et de bénévolat pendant d’innombrables heures, recueillent des fonds pour des projets communautaires et, bien sûr, offrent un large éventail de services aux anciens combattants, aux membres en service actif et à leurs familles. »
Les élections ont eu lieu le second jour. M. Defazio a été acclamé président après que M. Chevalier avait refusé sa candidature. M. Ron Bourque, de la filiale Durham de Belledune, et Mme Géraldine Lefebvre, de la filiale Oromocto, ont été nommés candidats au poste de premier vice-président; M. Bourque a été élu. Mme Lefebvre s’est ensuite portée candidate à celui de deuxième vice-président avec Jean Stevens, de la filiale Lancaster de Saint John. C’est Mme Lefebvre qui l’a emporté. Mme Thea McEvoy, de la filiale Miramichi, a été élue à un autre mandat de trésorière par acclamation. MM. Gourdeau et Clayton Saunders, de la filiale Petitcodiac, et Daryl Alward, de la filiale Marysville de Fredericton, ont été candidats au poste de président; M. Gourdeau a été élu.
« Je vous remercie tous de me faire confiance pour faire aller cette division de l’avant, a conclu M. Defazio après avoir été élu. Beaucoup de questions ont été posées par l’assistance, auxquelles je vais essayer d’obtenir des répon-ses. Il y aura de la transparence ici. Et c’est avec plaisir que je vais me mettre à votre service à tous. »
C’était une assemblée modèle pour la ville « modèle ». Plus de 170 personnes se sont pressées à la succursale d’Oromocto à l’occasion du très animé 86e congrès de la Direction divisionnaire du Nouveau-Brunswick les 9 et 10 septembre afin de définir l’avenir postpandémique des filiales de la Légion. La garde du drapeau est arrivée au pas, les portes se sont fermées, et Rick Bennett, trésorier national, a déclaré la réunion ouverte.
« Nous avons dû prendre des décisions difficiles, a déclaré le président Daryl Alward dans son allocution d’ouverture. Mais, nous les avons prises ensemble dans l’intérêt de la Légion. »
Il a ensuite remercié les bénévoles et les légionnaires de leur dévouement et de leur travail acharné qui a aidé les filiales à surmonter les défis de la pandémie. Il a également déploré la rude perte de la filiale Portland de Saint John et l’incendie qui a détruit le bâtiment de la filiale Kennebecasis à Rothesay, qui a depuis retrouvé un toit. Mais, ce sont surtout les adhésions qui étaient au cœur du rapport du président et qui ont monopolisé une grande partie de la première journée.
« Les adhésions sont au centre de toutes les préoccupations, et les chiffres sont en baisse, a déclaré
M. Alward. Je vous en prie, continuez de renforcer le nombre de nos membres, car nous ne fonctionnerons pas sans eux », a-t-il supplié.
Le président a ensuite salué l succès du livret d’histoire commémoratif de la direction. Les recettes du projet servent à financer les bourses et les programmes divisionnaires de leadership pour les jeunes de la Légion.
« Les adhésions, c’est mettre des fesses sur les chaises de votre filiale. »
M. Bennett, en tant que repré-sentant de la Direction nationale, a fait écho aux remarques de M. Alward sur l’adhésion dans son discours aux délégués. « Les adhésions, c’est mettre des fesses sur les chaises de votre filiale, a-t-il déclaré. C’est comme ça que vous restez à flot […] sans les filiales, nous n’existons pas. »
« Je suis fier d’être membre d’une filiale […] il est primordial que les directions divisionnaires aident les filiales. Elles comptent plus que tout. »
M. Bennett a ensuite demandé aux membres du public de moins de 50 ans de se lever. Seuls deux ont sauté sur leurs pieds. « La Légion royale canadienne est à vous, leur a-t-il dit. Saisissez-la, prenez-la à pleine main, élancez-vous avec elle. N’écoutez pas les vieux casse-pieds comme moi. » Le message de M. Bennett était limpide : il faut davantage de jeunes membres, et ils sont l’avenir de la Légion.
Le premier vice-président de la direction divisionnaire, Antonin Chevalier de la filiale Alfred Ashburne de Gagetown, a ensuite pris la parole pour présenter le rapport du comité du coquelicot et du souvenir. Élément notable, M. Chevalier a reçu des plaintes sur les nouvelles couronnes et croix biodégradables de la Légion, qui se décoloreraient et sentiraient mauvais.
« La Direction nationale a déployé de grands efforts pour s’assurer que cela ne se reproduise plus, a souligné M. Chevalier. Si vous avez des problèmes, envoyez rapidement un rapport à la direction afin qu’on puisse s’en occuper. »
Le rapport de M. Chevalier a fait place à une discussion sur la question de savoir si les filiales utilisent le fonds du coquelicot aux fins prévues. Le premier vice-président a rappelé aux délégués que les filiales devaient dépenser 80 % de leur fonds du coquelicot chaque année. Amasser et se vanter du montant n’aide pas les anciens combattants, a-t-il rappelé.
Thea McEvoy de la filiale Miramichi a repris le poste de Gary McDade, longtemps trésorier de la division, qui est décédé soudainement en avril dernier. Elle a souligné combien il sera « difficile à remplacer ». Mme McEvoy a indiqué que la Division du Nouveau-Brunswick disposait de 145 106 $ dans son fonds d’administration générale à la fin de 2022, une baisse de

Daryl Alward, président sortant de la Division du Nouveau-Brunswick, s’adresse aux délégués au 86e congrès divisionnaire.[Michael A. Smith/RL]

Représentant le Conseil national, le trésorier national, Rick Bennett, (ci-dessous) a assermenté le nouveau président Antonin Chevalier (en regard).
46 030 $ par rapport à 2021. Le fonds du coquelicot se montait à 32 906 $, celui de la Charitable Foundation à 185 918 $, et le fonds des services communautaires à 12 607 $. La division du Nouveau-Brunswick comptait 6 618 adhérents au 31 aout 2022, une baisse par rapport aux 7 358 de l’année précédente.
Les championnats de sport nationaux de la Légion ont repris après deux ans, et même si les équipes du Nouveau-Brunswick ont eu de bons résultats aux diverses épreuves, le financement partiel du déplacement de ses participants s’est avéré couteux, surtout que tout devient de plus en plus cher. Terry Campbell, président sortant de la filiale Peninsula de Clifton Royal, a déclaré que des changements étaient nécessaires pour que la direction provinciale puisse continuer de soutenir l’envoi de diverses équipes. En réponse, les délégués ont voté l’augmentation du budget des déplacements des athlètes que la direction du Nouveau-Brunswick envoie aux championnats nationaux d’athlétisme pour jeunes de la Légion. Il passe ainsi de 700 $ à 1 500 $ pour compenser la hausse des prix des billets d’avion et des chambres d’hôtel.
Il faut noter que les délégués ont recueilli plus de 10 000 $ pour la Ligue royale des anciens combattants du Commonwealth.
Une présentation de Whitney McSheffery, gestionnaire de cas à Anciens Combattants Canada, a donné lieu à de vifs échanges. Au cours d’une courte période de questions suivant ses remarques, de nombreux délégués se sont dits inquiets de la confusion qui règne sur l’admissibilité aux prestations d’ACC ainsi que des délais pour obtenir des réponses et y accéder.
« On ne peut pas faire plus lent, Anciens Combattants Canada est quasiment dans le coma », a lancé un délégué frustré.
Les délégués ont estimé que les 30 minutes allouées à Mme McSheffery ne suffisaient pas. Son temps de parole prolongée, elle est gentiment revenue pour tenter de répondre aux préoccupations urgentes.
Après un copieux diner de sandwichs et de soupe et, pour certains, d’un peu de bière, les délégués ont pris un bus pour se rendre au cénotaphe d’Oromocto. La lieutenante-gouverneure Brenda Murphy et Robert Mackay, son aide de camp, se sont joints à eux lors d’une brève cérémonie de commémoration. Le clairon a sonné, la garde du drapeau est arrivée, puis cinq couronnes ont été déposées sur le monument.
De retour aux affaires du congrès, l’élection du nouveau conseil exécutif provincial a eu lieu. Tout d’abord, Tom Daigle de la filiale Moncton et M. Campbell ont été proposés au poste de président honoraire. M. Campbell s’est désisté, et M. Daigle a donc été élu par acclamation.
M. Campbell a ensuite été proposé au poste de président, comme l’ont été M. Alward et M. Chevalier. M. Alward a refusé à nouveau. M. Campbell a décliné, comme à son habitude, non toutefois sans bondir de sa chaise et s’écrier théâtralement : « Je serais stupide de me représenter! » C’est donc ainsi que M. Chevalier a été élu président par acclamation.
Harold Defazio, de la filiale néo-brunswickoise Kennebecasis de Rothesay, a également été élu par acclamation au poste de premier vice-président, de même que Earle Eastman de la filiale St. Croix de St. Stephen à celui de deuxième vice-président, Mme McEvoy, à celui de trésorière et Henry D’Eon de la filiale Lancaster de Saint John à celui de sergent d’armes.
La seule course disputée a été celle de président des débats. La titulaire, Géraldine Lefebvre de la filiale Oromocto, a accepté sa nomination. Étonnement, Terry Campbell aussi, et un murmure de surprise s’est fait entendre dans la salle. M. Campbell est arrivé en tête.
La nouvelle direction ayant été choisie, M. Chevalier a déclaré que son rôle consistait à « aider les anciens combattants.
« Je ne m’inquiète pas pour moi. J’aurai l’aide dont j’ai besoin, mais nous devons nous assurer qu’il en va de même pour les anciens combattants. »
M. Chevalier, légionnaire depuis 23 ans, est un visage familier. Il estime que cela aidera à faire avancer les choses. Son objectif principal en tant que président? « Travailler de concert et améliorer les choses. Nous devons être meilleurs, et cela prend du temps. »
Une vraie armée de bénévoles a aidé les anciens combattants, leur famille et leur collectivité partout au Canada en 2022. Grâce à leur dévouement, la Légion royale canadienne a pu surmonter les difficultés de la pandémie.
La fondation de la Légion est constituée de ses adhérents indéfectibles, et ses 250 000 membres ont encore permis à l’organisation d’accomplir de grandes choses. L’année dernière, le nombre d’adhérents a augmenté pour la première fois depuis plus de 30 ans. Plus de 35 000 membres nouveaux ou réintégrés ont été accueillis.
La mobilisation des membres, les relations publiques, les projets innovants et les efforts de défense d’intérêts ont soutenu les diverses réalisations au niveau national. Ce travail collectif a suscité l’intérêt du public et des médias, stimulé l’essor des adhésions, et en définitive, facilité la mise en place de mesures qui tendent une main aux anciens combattants aux quatre coins du pays.
SERVIR LES ANCIENS COMBATTANTS ET LEUR FAMILLE
Au cours de l’année 2022, les officiers d’entraide ont aidé à effectuer des demandes et des appels dans le cadre de prestations d’invalidité, et ils ont fourni des aides ponctuelles pour des nécessités comme la nourriture, le carburant, les vêtements, les médicaments et les abris d’urgence.
Le département des services aux anciens combattants a reçu les éloges d’anciens combattants qui ont finalement obtenu des prestations d’invalidité après des années de refus. Souvent avisés de changements dans les politiques d’Anciens combattants Canada, ils ont pu obtenir des indemnités supplémentaires pour douleur et souffrance et le traitement d’autres demandes de médicaments pour traiter le stress post-traumatique.
Le département a aussi pris part à d’autres initiatives l’année dernière, comme le Burns Way Project qui veille à ce que les anciens combattants autochtones bénéficient des soins de santé mentale qu’ils méritent. Les programmes que soutient la Légion, comme l’Opération VetBuild, ont organisé d’autres réunions de groupe, autant de moyens d’appuyer la santé mentale et le bienêtre d’anciens combattants.
L’année dernière, la Légion a également continué à soutenir d’anciens combattants et des veuves aux Antilles, notamment en fournissant des repas et en effectuant des travaux pour un foyer qui fournit soin et protection. En tant que contact nord-américain pour les anciens combattants alliés et les veuves de cette région, la Légion a distribué de l’aide au nom de fonds de bienfaisance et d’entités comme la Ligue royale des anciens combattants du Commonwealth.

Une couronne déposée en 2022 lors de la cérémonie nationale du jour du souvenir.
RECHERCHES ET DÉFENSE DES INTÉRÊTS
La Légion a reçu d’autres appels et plaintes d’anciens combattants dans le cadre des demandes en souffrance de prestations d’invalidité. Même si elle n’a pas pu faire activer le processus, elle a réclamé des changements immédiats dans sa lettre d’exhortation au gouvernement fédéral. Elle a aussi participé à des discussions sur le sujet dans les médias.
Dans le cadre de ses efforts de défense des intérêts, elle a soutenu la création d’une médaille du jubilé de platine pour rendre hommage aux citoyens qui ont été particulièrement utiles, et elle a tenté de mettre fin au projet de construction de copropriété sur Juno Beach, en France. L’organisation a aussi souligné les prix élevés du logement pour le personnel des Forces armées canadiennes dans plusieurs régions. En outre, elle a continué à suivre les conclusions de l’examen indépendant de l’ancienne juge de la Cour suprême Louise Arbour sur l’inconduite sexuelle et le harcèlement dans l’armée, soutenant les mesures qui servent à garantir des changements durables.
La bourse d’études de maitrise de la Légion a été attribuée à nouveau par l’Institut canadien de recherche sur la santé des militaires et des vétérans. Martine Southall, étudiante en psychologie clinique de l’Université du Manitoba, a obtenu la subvention de 30 000 $ pour ses travaux sur les effets du cannabis thérapeutique chez les anciens combattants atteints d’un TSPT. La Légion préconise des recherches sur ce sujet depuis des années.
Un don de 75 000 $ a aussi été fait l’année dernière à la Concussion Legacy Foundation pour ses recherches sur les blessures à la tête et la santé cérébrale.
ACTIVITÉS DE L’ADMINISTRATION CENTRALE
Les succès évidents de la Légion en 2022 ont reflété les activités en coulisse de l’organisation. La création d’une carte de membre numérique et l’accès à un nombre encore plus grand d’avantages grâce au programme MemberPerks et aux partenaires qui offrent la possibilité de faire d’importantes économies dans des milliers d’entreprises du pays (plus d’un million de dollars d’économies depuis le lancement du programme en 2020) se sont inscrits dans la modernisation continuelle du programme de l’adhésion.
Des milliers de gens ont aussi acheté des produits dans la boutique en ligne de la Légion (www.poppystore.ca) ou de leur filiale; quelque 35 000 colis ont été livrés en 2022. Parmi les nouveaux produits se trouvent une lampe à DÉL, des épinglettes commémoratives (dont une soulignant le décès de la reine Élizabeth II), et un fourre-tout. Les achats aident les œuvres de l’organisation.
Les efforts de mercatique et de communication à l’échelle nationale ont donné lieu à une grande mobilisation pendant l’année : les médias ont demandé son avis à la Légion sur des sujets d’actualité, sensibilisant ainsi la population sur sa mission et sur la campagne nationale du coquelicot. Par ailleurs, plus d’un million de communications, par courrier et courriel, ont été expédiées aux membres, aux filiales et au public.
Le comité de l’opération Harmonie a continué de soutenir l’attention renouvelée de la Légion pour l’égalité, la diversité et l’inclusivité en étudiant de nouveaux programmes et de nouvelles politiques pour que l’organisation renforce ses relations avec un grand nombre de groupes traditionnellement marginalisés.
Le quartier général a aussi repéré plus de 1 600 contrefaçons de la marque de commerce du coquelicot, de l’utilisation de l’image du coquelicot ou de la vente sans autorisation de produits du souvenir marqués d’un coquelicot. Une nouvelle nationale a servi à faire la lumière sur le problème, et certains détaillants en ligne se sont engagés à prendre des mesures pour éliminer de telles activités.
PROMOTION DU SOUVENIR ET DE LA CAMPAGNE NATIONALE DU COQUELICOT
Pour la première fois de son histoire, l’emblématique coquelicot à revers est enfin biodégradable, tout comme la couronne de l’organisation. Le premier est dorénavant en papier et en velours de coton, et le deuxième en diverses matières biodégradables comme la mousse et le bambou. Le lancement de ces nouveaux articles a été une importante étape de l’organisation sur le chemin du respect de l’environnement.
Les « Histoires du coquelicot » amorcées en 2022 ont connu un succès semblable. Les gens peuvent balayer un coquelicot avec leur téléphone intelligent pour découvrir l’histoire d’un ancien combattant canadien grâce à une petite présentation de la personne et de son service. C’est un nouveau moyen génial de tisser un lien avec les gens qui ont servi le pays.
La campagne nationale du coque-licot a été amorcée à la mi-octobre lorsque le premier coquelicot a été remis à la gouverneure générale, Mary May Simon, à Rideau Hall. Elle a été lancée officiellement le 28 octobre, quand les boites à coquelicot traditionnelles ont été distribuées dans 30 000 endroits aux quatre coins du pays, en plus des 1 000 boites électroniques « Donnez. Commémorez. » qui permettent de faire des dons sans contact.
D’autres partenaires commerciaux qui appuient la campagne nationale du coquelicot ont rejoint la Légion, surtout avec des dons de point de vente dans leurs locaux. Le coquelicot numérique proposé par la Fondation nationale Légion a permis aux donneurs de dédier en ligne un coquelicot à une personne. Plus de 6 000 personnes ont participé au programme, qui a recueilli presque 200 000 $.
La sixième édition de la pluie de coquelicots virtuelle de la Légion a mis en scène 117 000 coquelicots virtuels tombant sur la Tour de la Paix de la Colline du Parlement et sur l’édifice du Sénat du Canada. D’autres hauts lieux du pays, comme les chutes Niagara et la Calgary Tower, ont été éclairés à divers moments autour du jour du Souvenir en témoignage de respect collectif.
La cérémonie nationale du jour du Souvenir s’est tenue à Ottawa dans toute sa grandeur, notamment avec un spectaculaire défilé d’anciens combattants et un survol de CF-18. Le 80e anniversaire du raid de Dieppe a été souligné, notamment avec un survol d’avions de collection. Un Red Ensign qui, croit-on, a été porté par un soldat canadien à Dieppe a été déposé sur le socle du Tombeau du Soldat inconnu en l’honneur des sacrifices consentis. Il a suscité beaucoup d’intérêt. Le service militaire de feu la reine Élizabeth II a également été commémoré d’une manière poignante avec une couronne spéciale. La Mère nationale de la Croix (d’argent) du souvenir de 2022, Candy Greff de l’Alberta, a déposé une couronne pendant la cérémonie au nom des femmes dont un enfant servant dans l’armée canadienne est mort en service.
L’année dernière, la Légion a aussi fait un don de 100 000 $ au Musée canadien de la guerre pour un projet qui servira à raconter les souvenirs et les expériences d’après-guerre d’anciens combattants et de leur famille. Et les Championnats nationaux d’athlétisme pour jeunes annuels de la Légion ont recommencé, avec comme thème du souvenir le raid de Dieppe. Des centaines de jeunes athlètes du pays ont concouru à Sherbrooke, Qc, sous un soleil de plomb.
UN ŒIL SUR L’AVENIR
L’année 2023 suit son court et la Légion a déjà célébré un jalon important : elle a traité la millionième adhésion en ligne depuis 2017, début des inscriptions numériques. En même temps, un nouvel outil par courriel est en cours d’élaboration pour aider les filiales à donner de leurs nouvelles et à tenir leurs membres informés de leurs activités.
La Légion continuera de soutenir les anciens combattants et leur famille et de plaider en faveur de changements dans les programmes pour rendre leur vie meilleure. De nouveaux outils didactiques sont en cours de préparation, dont un site Web et un concours de vidéos axés sur les jeunes. Et le pèlerinage du souvenir de la Légion recommencera cet été.
La planification des Championnats nationaux d’athlétisme pour jeunes de 2023 a déjà commencé, ainsi que celle des championnats nationaux des sports de participation des membres. Les détails concernant le congrès national de 2 024 à Saint John, N.-B., seront aussi bientôt publiés. Et passez bientôt à la boutique pour de nouveaux produits!
La Légion continue à déborder de reconnaissance pour ses nombreux membres, partenaires et sympathisants qui ensemble lui donnent sa force et facilitent tout ce qu’elle fait pour le bienêtre des anciens combattants.
Vous connaissez quelqu’un qui a une limitation fonctionnelle ou une question? Donnez-lui le numéro 1-877-534-4666. Vous avez une histoire intéressante à raconter? Envoyez un courriel à publicrelations@legion.ca. Vous voulez vous joindre à nous? Visitez Legion.ca, membership@legion.ca ou appelez le département des Services au 1-855-330-3344.
Nujma Bond est directrice des communications au siège national de la Légion.
Accéder aux program-mes et services offerts par Anciens combattants Canada n’est pas toujours facile. Mais, les anciens combattants n’y font pas face seuls. Les officiers d’entraide des directions (OED) de la Légion royale canadienne sont des professionnels bienveillants et bien formés qui offrent des services de consultation ou de représentation aux membres des Forces armées canadiennes et à ceux de la Gendarmerie royale du Canada, ainsi qu’aux anciens combattants et à leurs proches qui traitent avec ACC.
Il s’agit notamment de demandes de prestations d’invalidité et de questions connexes liées à ACC et au Tribunal des anciens combattants (révision et appel) (TAC[RA]) en vertu de la Loi sur les pensions ou de la Loi sur le bienêtre des vétérans.
Le rôle des OED s’inscrit dans un cadre législatif. Ils peuvent représenter les anciens combattants et bénéficient donc d’un accès aux renseignements personnels des anciens combattants qui ont signé le formulaire prescrit. Les services des OED sont gratuits, que l’on soit membre de la Légion ou pas.
Les OED doivent détenir une habilitation de sécurité du gouvernement, et ils signent une déclaration dans le cadre de laquelle ils s’engagent à respecter les exigences en matière de confidentialité en vertu de la Loi sur l’accès à l’information et de la Loi sur la protection des renseignements personnels. Ils n’utiliseront les renseignements personnels et protégés d’un ancien combattant que pour les besoins de la représentation relative à ses demandes, appels et autres impératifs en lien avec les processus d’ACC ou aux termes de la loi.
L’autorisation et l’accès accordés aux OED peuvent leur être retirés en tout temps en envoyant une lettre en ce sens à un bureau d’ACC. ACC déterminera dans quelle mesure la personne désire limiter l’accès et l’utilisation des renseignements, puis fera le nécessaire pour que la Légion et les responsables d’ACC soient informés des modalités du changement.
Si vous ou quelqu’un que vous connaissez avez besoin d’aide pour accéder aux avantages d’ACC, veuillez communiquer avec l’OED d’une division de la Légion à www.legion.ca/fr/soutien-aux-veterans
pour joindre un officier d’entraide de direction ou appeler la Direction nationale de la Légion sans frais
au 1-877-534-4666.
Un rapport commandé par le ministère de la Défense nationale indique que la confiance du public à l’égard de l’armée a décliné au cours des cinq dernières années, période où les Forces armées canadiennes ont essayé d’augmenter leur pourcentage de femmes, de minorités et d’autochtones et de pallier un manque de personnel.
Selon le sondage de la société Earnscliffe Strategy Group, 65 % des Canadiens ont une bonne opinion des FAC, mais c’est une baisse par rapport aux 82 % d’il y a deux ans. Dix ans après la guerre en Afghanistan, les Canadiens, surtout les jeunes adultes, savent moins ce que fait l’institution militaire.
Le ministère s’intéresse à l’opinion publique sur les FAC depuis 2017.
L’étude biennale des écarts indique aux cadres des Forces armées canadiennes « ce qui a marché ou pas, ainsi que les éléments qu’il conviendrait de prendre en compte lors de la planification », explique la déclaration que nous a adressée le ministère.
Les rapports de 2018, 2020 et 2022 s’appuient sur des sondages menés par téléphone ou en ligne auprès de 1 500 Canadiens, ainsi que sur de nombreux groupes de discussion organisés partout au pays.
Les opinions de 1 501 adultes canadiens ont été recueillies dans le cadre de la plus récente étude. Dix groupes de discussion
organisés à Toronto, Montréal, Winnipeg, Vancouver et Moncton (N.-B.) sont venus compléter les données.
« Les impressions des Canadiens sur les FAC sont dans l’ensemble soit bonnes, soit neutres », explique le rapport. On peut compter sur les FAC en cas d’urgence, disaient les personnes interrogées, qui reconnaissaient la contribution des FAC pendant la pandémie et leurs interventions lors de catastrophes. Cependant, les personnes interrogées ont aussi exposé leur déception des mesures prises face à l’inconduite sexuelle, au racisme systémique et dans le cadre du soutien en matière de santé mentale pour les militaires et anciens combattants.
Il y a deux ans, 70 % des personnes interrogées estimaient que l’armée était un bon choix de carrière pour les femmes, et la moitié pensait qu’elles étaient respectées au travail. Ces chiffres ont baissé cette année et sont passés à respectivement 56 % et un tiers.
Le manque d’inclusion est un obstacle au recrutement et au recyclage du personnel
Le scandale concernant l’incon-duite sexuelle s’est répercuté sur la fierté que les citoyens ressentent envers l’institution militaire et sur la confiance qu’ils éprouvent face à sa capacité à redresser la situation, note le rapport.
Seulement 21 % des participants ont estimé que les FAC traite-raient les allégations de manière adéquate, et 38 % n’étaient pas de cet avis. Un quart seulement des participants s’est dit convaincu que la culture militaire pouvait changer favorablement.
« Les personnes interrogées ont suggéré que la transparence, la promotion d’un plus grand nombre de femmes à des postes de direction pour que les victimes d’inconduite sexuelle puissent mieux signaler ces comportements, ainsi que des efforts en matière d’éducation et de prévention, leur redonneraient confiance en la capacité des FAC à changer », conclut le rapport.
Selon la déclaration, de telles observations fournissent « des renseignements instructifs […] pour la continuation des efforts des FAC en matière de recrutement et d’élaboration de politiques, programmes et initiatives à cet égard ». Un milieu de travail inclusif est une priorité absolue. « Nous prenons des mesures réfléchies et coordonnées à tous les niveaux de l’organisation pour éliminer le racisme, la discrimination, les préjugés, les stéréotypes nuisibles et les barrières systémiques. »
Des progrès ont été faits dans tous ces domaines, nous confiait il y a quelques mois Wayne Eyre, général et chef d’état-major de la défense. Changement notable, la direction est désormais évaluée sur sa capacité à favoriser l’inclusion.
Le manque d’inclusion est un obstacle au recrutement et au recyclage du personnel, avait expliqué Jennie Carignan, lieutenante-générale, lors du même entretien. En tant que chef de la conduite professionnelle et de la culture, il lui incombe de changer les
politiques et programmes pour remédier aux problèmes systé-miques comme la discrimination, le racisme et le sexisme.
Les données sur les attitudes des Canadiens envers l’institution militaire sont importantes, car les FAC sont confrontées à des pénuries de personnel depuis des dizaines d’années. Il manque environ 10 000 personnes aux FAC pour atteindre l’effectif complet de 100 000, et il en manque 2 000 pour son minimum de 68 000 membres de la force régulière et 5 000 pour son minimum de 29 000 réservistes à temps partiel.
En outre, les FAC veulent que les femmes représentent 25 % de son personnel d’ici 2026. Actuellement, elles ne sont que 16 %, et les FAC accusent aussi un retard dans le recrutement de Canadiens racialisés et de membres des populations autochtones.
Voici les mots de Gregory Lick, ombudsman des Forces armées canadiennes, en mai dernier : « Avec un déficit d’environ 10 000 à 12 000 militaires dans la Force régulière et la Réserve, et des milliers de postes civils à combler, une crise se profile peu à peu.
La bataille de Châteauguay ne fut qu’un petit combat de la guerre de 1812 qui se joua entre les États-Unis et la Grande-Bretagne à 45 kilomètres au sud-ouest de Montréal. Mais, il est possible que la survie même du Canada ait reposé sur son issue.
N’étant pas parvenus à occuper le Haut-Canada (l’Ontario d’aujourd’hui) en 1812, l’année suivante, les États-Unis tentèrent de couper la voie d’approvisionnement qui y menait en s’emparant de Montréal et en contrôlant le Saint-Laurent.
Une force d’invasion américaine venant de l’ouest se dirigea vers Montréal, tandis qu’une autre, commandée par le général Wade Hampton, se déploya du sud.
Comme les fortifications le long de la rivière Richelieu lui semblaient considérables, Hampton se dirigea d’abord vers l’ouest avant de longer la rivière Châteauguay vers le nord. Le 21 octobre, l’armée de Hampton constituée de 2 600 fantassins, 200 cavaliers et dix canons franchit la frontière du Bas-Canada (le Québec d’aujourd’hui).
Une force entièrement canadienne rassemblée hâtivement qui était formée de 1 500 réguliers, miliciens et volontaires, principalement originaires des collectivités francophones et anglophones de la région de Montréal, barra la route aux envahisseurs avec l’aide d’environ 150 guerriers mohawks. Cette force était commandée par le lieutenant-colonel Charles-Michel d’Irumberry de Salaberry, officier canadien-français de 34 ans aguerri et bien connu qui servait dans l’armée britannique depuis 20 ans.
Les Canadiens avaient dressé cinq barricades solides et bien situées qui s’étendaient sur environ trois kilomètres de la rive nord de la rivière Châteauguay. Ces épaulements, des abattis, étaient principalement constitués d’arbres coupés. Ils étaient érigés à des intersections de ravins le long de la voie accidentée que les Américains devaient emprunter. La première ligne de défense cruciale comprenait 100 hommes de l’unité de Salaberry, les Voltigeurs canadiens aguerris en uniforme gris, flanqués des détachements de Fencibles canadiens, de miliciens de Beauharnois, ainsi que d’environ 25 guerriers autochtones. Le corps s’élevait à 300 hommes.
Pendant la nuit du 25 au 26 octobre, Hampton envoya quelques 1 000 hommes avancer sur un kilomètre et demi le long de la rive sud, à la recherche d’un gué derrière le premier abattis de la milice canadienne-française. Les hommes ainsi positionnés, il comptait pendant ce temps lancer une attaque contre cette même barricade et prendre son adversaire en tenaille.
La bataille commença le 26 octobre en fin de matinée, alors que la force américaine de la rive sud émergeait épuisée de l’épaisse forêt marécageuse. Elle affronta pendant plusieurs heures et de manière peu concluante les nombreux défenseurs canadiens que Salaberry avait dépêchés par prudence de l’autre côté de la rivière pour empêcher le passage.
Les Canadiens accusèrent lA perte de deux hommes, 16 blessés et quatre disparus.
Bien qu’ils aient vu leurs compatriotes se faire repousser, les membres du reste de la force américaine du côté nord avancèrent tout de même vers l’abattis canadien. Toutefois, les salves répétées des attaquants furent inefficaces et la riposte des Canadiens les arrêta avant qu’ils ne l’atteignent. Le lieutenant Charles Pinquet des Fencibles canadiens raconta par la suite que ses « hommes [avaient] chacun tiré de 35 à 40 balles […] à hauteur de tête ou de poitrine d’homme. [Sa] compagnie a été engagée pendant à peu près trois-quarts d’heure avant l’arrivée de renforts. »
Hampton, qui hésitait, finit par se replier de l’autre côté de la frontière. La bataille avait duré cinq heures. Les États-Unis admirent que leurs pertes s’étaient élevées à 23 morts, 33 blessés et 29 disparus, dont 16 prisonniers. Les Canadiens accusèrent la perte de deux hommes, 16 blessés et quatre disparus.
Trois jours après la bataille, de Salaberry écrivit à son père : « Le 26 a été une journée glorieuse […]. L’armée américaine […] a été repoussée par une petite bande – tous Canadiens – et […] j’étais aux premières lignes durant tous les combats […]. » Il écrivit à son épouse qu’ils avaient « sauvé Montréal pour cette année […]. »
Grâce à cette victoire, et à une autre qui eut lieu à la ferme de Crysler, à l’ouest de Montréal, le Canada était sauvé. La bataille de Châteauguay, les Voltigeurs canadiens et de Salaberry entrèrent dans l’histoire.
Le champ de bataille fut déclaré lieu historique national en 1920. Parcs Canada gère un musée et un centre d’interprétation à Allan’s Corner, près de l’endroit où se sont déroulés les combats.