Les zouaves pontificaux

Les Canadiens à la défense du pape

Le pape Pie IX (à g.) avait besoin d’aide militaire pour se défendre contre une révolution et des milliers de catholiques des quatre coins du monde se sont faits zouaves pontificaux.[Library of Congress/2003679782]

On appelait zouaves les fantassins des régiments français levés en Afrique du Nord dans les années 1830. En 1861, des volontaires français organisèrent une force internationale de milliers de zouaves pontificaux pour protéger les États pontificaux, territoires administrés par le Vatican en Italie. Ils étaient alors menacés par les forces révolutionnaires qui vou-laient unifier toute l’Italie. Le pape Pie IX avait besoin d’aide militaire, et des centaines de catholiques ca-nadiens, surtout des francophones du Québec, se portèrent volontaires. 

Benjamin-Antoine Testard de Montigny fut le premier Canadien à endosser l’uniforme en février 1861. Hugh Murray, journaliste catholique anglophone dont l’oncle était évêque de Kingston, le rejoignit. Murray servit pendant neuf ans, plus longtemps que tout autre Canadien. Lors de son retour, en 1861, de Montigny déclara qu’il aurait été fier de « mourir pour la cause catholique ».

catholiques des quatre coins du monde se sont faits zouaves pontificaux.[Wikimedia]

Alfred Larocque se joignit aux zouaves en février 1867. Il fut blessé le mois de novembre suivant aux abords de Rome, à la bataille de Mentana où l’armée papale stoppa les forces de l’unification. La presse francophone du Québec rapporta avec enthousiasme la bravoure de Larocque, ce qui suscita chez les lecteurs un intérêt accru pour les zouaves.

Monseigneur Ignace Bourget, évêque de Montréal, était soucieux de brider l’essor du libéralisme et même de l’anticléricalisme, et il souhaitait montrer que le Canada français acceptait la primauté du pape dans tous les domaines. Il encouragea le recrutement d’un bataillon de zouaves canadiens tout au long des années 1860. 

En 1867, les fonds collectés au Québec furent suffisants pour équiper et déplacer une force de catholiques canadiens en Italie. Lors d’un sermon du 17 novembre 1867, monseigneur Bourget tint ces mots aux fidèles : « Il y a, nous le savons, dans cette ville et dans toute l’étendue du pays, beaucoup de jeunes gens qui brûlent du désir d’aller […] s’immoler pour la défense […] de l’immortel Pie IX. »

Bourget voulait que les soldats catholiques représentent l’élite sociale, et il y avait parmi les recrues 11 avocats, quatre notaires, plusieurs enseignants et fonctionnaires, ainsi que de nombreux étudiants souvent âgés de 18 ou de 19 ans. Ils étaient issus des familles bien connues de la bourgeoisie de Montréal, et beaucoup d’entre eux avaient des liens avec diverses unités de milice ou de corps de cadets de collège. Il y avait aussi bien sûr des volontaires de petites villes, et une poignée venant de l’extérieur du Québec.

L’évêque de Montréal, Ignace Bourget a concouru au recrutement de Canadiens.[BAC/2908064]

Le premier contingent, qui comptait 135 zouaves et auquel des milliers de sympathisants et de spectateurs dirent au revoir, quitta Montréal en février 1868. Le 9 mars, les Canadiens, bien équipés, atterrirent au port de Civitavecchia, dans les États papaux, où ils reçurent le drapeau papal sous lequel ils allaient servir. 

Charles-Edmond Rouleau, un zouave qui arriva à Rome au mois de mai en tant que membre du deuxième contingent de Canadiens, mentionna par la suite : « Le 18 mai nous sommes les plus heureux des mortels. Nous avons signé notre engagement comme Zouaves pour deux années […]. Pie IX sera désormais notre roi. » Les Canadiens formaient le seul groupe de zouaves qui ne venaient pas d’Europe. 

De plus petits groupes de Canadiens arrivèrent en Italie en 1868 et en 1869, et certains servirent dans des bataillons autres que canadiens. Le dernier contingent, formé de 114 hommes, débarqua en France en septembre 1870. Il était encore là lors de la capitulation du pape. En tout, 507 Canadiens s’étaient portés volontaires pour la défense de la papauté. 

Charles-Edmond Rouleau était unCanadien parmi des centaines qui ont servi en tant que zouaves pontificaux.[Wikimedia/BAnQ]

Les Canadiens avaient servi principalement comme soldats de garnison et ne s’étaient presque pas battus. Aucun d’entre eux n’était mort au combat, et trois seulement y avaient été blessés. Neuf étaient morts de maladie ou lors d’accidents.

Les zouaves pontificaux du Canada furent acclamés comme des héros à leur retour au Québec. En 1871, 14 anciens zouaves fondèrent la municipalité de Piopolis, nommée en l’honneur de Pie IX, au bord du lac Mégantic, dans les Cantons de l’Est du Québec. La municipalité évoque aujourd’hui le souvenir de cette période où certains des catholiques québécois les plus fervents se firent soldats du pape. 

Les officiers d’entraide s’engagent à respecter la confidentialité

Accéder aux program-mes et services offerts par Anciens combattants Canada n’est pas toujours facile. Mais, les anciens combattants n’y font pas face seuls. Les officiers d’entraide des directions (OED) de la Légion royale canadienne sont des professionnels bienveillants et bien formés qui offrent des services de consultation ou de représentation aux membres des Forces armées canadiennes et à ceux de la Gendarmerie royale du Canada, ainsi qu’aux anciens combattants et à leurs proches qui traitent avec ACC.

Il s’agit notamment de demandes de prestations d’invalidité et de questions connexes liées à ACC et au Tribunal des anciens combattants (révision et appel) (TAC[RA]) en vertu de la Loi sur les pensions ou de la Loi sur le bienêtre des vétérans.

Le rôle des OED s’inscrit dans un cadre législatif. Ils peuvent représenter les anciens combattants et bénéficient donc d’un accès aux renseignements personnels des anciens combattants qui ont signé le formulaire prescrit. Les services des OED sont gratuits, que l’on soit membre de la Légion ou pas.

Les OED doivent détenir une habilitation de sécurité du gouvernement, et ils signent une déclaration dans le cadre de laquelle ils s’engagent à respecter les exigences en matière de confidentialité en vertu de la Loi sur l’accès à l’information et de la Loi sur la protection des renseignements personnels. Ils n’utiliseront les renseignements personnels et protégés d’un ancien combattant que pour les besoins de la représentation relative à ses demandes, appels et autres impératifs en lien avec les processus d’ACC ou aux termes de la loi.

L’autorisation et l’accès accordés aux OED peuvent leur être retirés en tout temps en envoyant une lettre en ce sens à un bureau d’ACC. ACC déterminera dans quelle mesure la personne désire limiter l’accès et l’utilisation des renseignements, puis fera le nécessaire pour que la Légion et les responsables d’ACC soient informés des modalités du changement.

Si vous ou quelqu’un que vous connaissez avez besoin d’aide pour accéder aux avantages d’ACC, veuillez communiquer avec l’OED d’une division de la Légion à www.legion.ca/fr/soutien-aux-veterans
pour joindre un officier d’entraide de direction ou appeler la Direction nationale de la Légion sans frais
au 1-877-534-4666.

Déclin de l’opinion favorable sur les FAC, selon le dernier sondage biennal

Un rapport commandé par le ministère de la Défense nationale indique que la confiance du public à l’égard de l’armée a décliné au cours des cinq dernières années, période où les Forces armées canadiennes ont essayé d’augmenter leur pourcentage de femmes, de minorités et d’autochtones et de pallier un manque de personnel.

Selon le sondage de la société Earnscliffe Strategy Group, 65 % des Canadiens ont une bonne opinion des FAC, mais c’est une baisse par rapport aux 82 % d’il y a deux ans. Dix ans après la guerre en Afghanistan, les Canadiens, surtout les jeunes adultes, savent moins ce que fait l’institution militaire.

Le ministère s’intéresse à l’opinion publique sur les FAC depuis 2017.

L’étude biennale des écarts indique aux cadres des Forces armées canadiennes « ce qui a marché ou pas, ainsi que les éléments qu’il conviendrait de prendre en compte lors de la planification », explique la déclaration que nous a adressée le ministère.

Les rapports de 2018, 2020 et 2022 s’appuient sur des sondages menés par téléphone ou en ligne auprès de 1 500 Canadiens, ainsi que sur de nombreux groupes de discussion organisés partout au pays.

Les opinions de 1 501 adultes canadiens ont été recueillies dans le cadre de la plus récente étude. Dix groupes de discussion
organisés à Toronto, Montréal, Winnipeg, Vancouver et Moncton (N.-B.) sont venus compléter les données.

« Les impressions des Canadiens sur les FAC sont dans l’ensemble soit bonnes, soit neutres », explique le rapport. On peut compter sur les FAC en cas d’urgence, disaient les personnes interrogées, qui reconnaissaient la contribution des FAC pendant la pandémie et leurs interventions lors de catastrophes. Cependant, les personnes interrogées ont aussi exposé leur déception des mesures prises face à l’inconduite sexuelle, au racisme systémique et dans le cadre du soutien en matière de santé mentale pour les militaires et anciens combattants.

Il y a deux ans, 70 % des personnes interrogées estimaient que l’armée était un bon choix de carrière pour les femmes, et la moitié pensait qu’elles étaient respectées au travail. Ces chiffres ont baissé cette année et sont passés à respectivement 56 % et un tiers.

Le manque d’inclusion est un obstacle au recrutement et au recyclage du personnel

Le scandale concernant l’incon-duite sexuelle s’est répercuté sur la fierté que les citoyens ressentent envers l’institution militaire et sur la confiance qu’ils éprouvent face à sa capacité à redresser la situation, note le rapport.

Seulement 21 % des participants ont estimé que les FAC traite-raient les allégations de manière adéquate, et 38 % n’étaient pas de cet avis. Un quart seulement des participants s’est dit convaincu que la culture militaire pouvait changer favorablement.

« Les personnes interrogées ont suggéré que la transparence, la promotion d’un plus grand nombre de femmes à des postes de direction pour que les victimes d’inconduite sexuelle puissent mieux signaler ces comportements, ainsi que des efforts en matière d’éducation et de prévention, leur redonneraient confiance en la capacité des FAC à changer », conclut le rapport.

Selon la déclaration, de telles observations fournissent « des renseignements instructifs […] pour la continuation des efforts des FAC en matière de recrutement et d’élaboration de politiques, programmes et initiatives à cet égard ». Un milieu de travail inclusif est une priorité absolue. « Nous prenons des mesures réfléchies et coordonnées à tous les niveaux de l’organisation pour éliminer le racisme, la discrimination, les préjugés, les stéréotypes nuisibles et les barrières systémiques. »

Des progrès ont été faits dans tous ces domaines, nous confiait il y a quelques mois Wayne Eyre, général et chef d’état-major de la défense. Changement notable, la direction est désormais évaluée sur sa capacité à favoriser l’inclusion.

Le manque d’inclusion est un obstacle au recrutement et au recyclage du personnel, avait expliqué Jennie Carignan, lieutenante-générale, lors du même entretien. En tant que chef de la conduite professionnelle et de la culture, il lui incombe de changer les
politiques et programmes pour remédier aux problèmes systé-miques comme la discrimination, le racisme et le sexisme.

Les données sur les attitudes des Canadiens envers l’institution militaire sont importantes, car les FAC sont confrontées à des pénuries de personnel depuis des dizaines d’années. Il manque environ 10 000 personnes aux FAC pour atteindre l’effectif complet de 100 000, et il en manque 2 000 pour son minimum de 68 000 membres de la force régulière et 5 000 pour son minimum de 29 000 réservistes à temps partiel.

En outre, les FAC veulent que les femmes représentent 25 % de son personnel d’ici 2026. Actuellement, elles ne sont que 16 %, et les FAC accusent aussi un retard dans le recrutement de Canadiens racialisés et de membres des populations autochtones.

Voici les mots de Gregory Lick, ombudsman des Forces armées canadiennes, en mai dernier : « Avec un déficit d’environ 10 000 à 12 000 militaires dans la Force régulière et la Réserve, et des milliers de postes civils à combler, une crise se profile peu à peu.

La bataille qui sauva le Canada

[E.H. de Holmfield/Château Ramezay –
Musée et site historique de Montréal/MCG]

Une force composée entièrement de Canadiens et de guerriers autochtones repoussa une attaque des Américains à Châteauguay en 1813

La bataille de Châteauguay ne fut qu’un petit combat de la guerre de 1812 qui se joua entre les États-Unis et la Grande-Bretagne à 45 kilomètres au sud-ouest de Montréal. Mais, il est possible que la survie même du Canada ait reposé sur son issue.

N’étant pas parvenus à occuper le Haut-Canada (l’Ontario d’aujourd’hui) en 1812, l’année suivante, les États-Unis tentèrent de couper la voie d’approvisionnement qui y menait en s’emparant de Montréal et en contrôlant le Saint-Laurent.

Une force d’invasion américaine venant de l’ouest se dirigea vers Montréal, tandis qu’une autre, commandée par le général Wade Hampton, se déploya du sud.

Comme les fortifications le long de la rivière Richelieu lui semblaient considérables, Hampton se dirigea d’abord vers l’ouest avant de longer la rivière Châteauguay vers le nord. Le 21 octobre, l’armée de Hampton constituée de 2 600 fantassins, 200 cavaliers et dix canons franchit la frontière du Bas-Canada (le Québec d’aujourd’hui).

Une force entièrement canadienne rassemblée hâtivement qui était formée de 1 500 réguliers, miliciens et volontaires, principalement originaires des collectivités francophones et anglophones de la région de Montréal, barra la route aux envahisseurs avec l’aide d’environ 150 guerriers mohawks. Cette force était commandée par le lieutenant-colonel Charles-Michel d’Irumberry de Salaberry, officier canadien-français de 34 ans aguerri et bien connu qui servait dans l’armée britannique depuis 20 ans.

Les Canadiens avaient dressé cinq barricades solides et bien situées qui s’étendaient sur environ trois kilomètres de la rive nord de la rivière Châteauguay. Ces épaulements, des abattis, étaient principalement constitués d’arbres coupés. Ils étaient érigés à des intersections de ravins le long de la voie accidentée que les Américains devaient emprunter. La première ligne de défense cruciale comprenait 100 hommes de l’unité de Salaberry, les Voltigeurs canadiens aguerris en uniforme gris, flanqués des détachements de Fencibles canadiens, de miliciens de Beauharnois, ainsi que d’environ 25 guerriers autochtones. Le corps s’élevait à 300 hommes.

 

[BAC/e010958146]

Pendant la nuit du 25 au 26 octobre, Hampton envoya quelques 1 000 hommes avancer sur un kilomètre et demi le long de la rive sud, à la recherche d’un gué derrière le premier abattis de la milice canadienne-française. Les hommes ainsi positionnés, il comptait pendant ce temps lancer une attaque contre cette même barricade et prendre son adversaire en tenaille.

La bataille commença le 26 octobre en fin de matinée, alors que la force américaine de la rive sud émergeait épuisée de l’épaisse forêt marécageuse. Elle affronta pendant plusieurs heures et de manière peu concluante les nombreux défenseurs canadiens que Salaberry avait dépêchés par prudence de l’autre côté de la rivière pour empêcher le passage.

Les Canadiens accusèrent lA perte de deux hommes, 16 blessés et quatre disparus.

Bien qu’ils aient vu leurs compatriotes se faire repousser, les membres du reste de la force américaine du côté nord avancèrent tout de même vers l’abattis canadien. Toutefois, les salves répétées des attaquants furent inefficaces et la riposte des Canadiens les arrêta avant qu’ils ne l’atteignent. Le lieutenant Charles Pinquet des Fencibles canadiens raconta par la suite que ses « hommes [avaient] chacun tiré de 35 à 40 balles […] à hauteur de tête ou de poitrine d’homme. [Sa] compagnie a été engagée pendant à peu près trois-quarts d’heure avant l’arrivée de renforts. »

Hampton, qui hésitait, finit par se replier de l’autre côté de la frontière. La bataille avait duré cinq heures. Les États-Unis admirent que leurs pertes s’étaient élevées à 23 morts, 33 blessés et 29 disparus, dont 16 prisonniers. Les Canadiens accusèrent la perte de deux hommes, 16 blessés et quatre disparus.

Trois jours après la bataille, de Salaberry écrivit à son père : « Le 26 a été une journée glorieuse […]. L’armée américaine […] a été repoussée par une petite bande – tous Canadiens – et […] j’étais aux premières lignes durant tous les combats […]. » Il écrivit à son épouse qu’ils avaient « sauvé Montréal pour cette année […]. »

Grâce à cette victoire, et à une autre qui eut lieu à la ferme de Crysler, à l’ouest de Montréal, le Canada était sauvé. La bataille de Châteauguay, les Voltigeurs canadiens et de Salaberry entrèrent dans l’histoire.

Le champ de bataille fut déclaré lieu historique national en 1920. Parcs Canada gère un musée et un centre d’interprétation à Allan’s Corner, près de l’endroit où se sont déroulés les combats.

[Jules Benoit Livernois/BAC/PA-148887]

Le devoir du Dunver

[MCG/20030177-062]

Le NCSM Dunver est la première frégate de la classe River mise à l’eau par la Marine royale du Canada. Il pouvait déplacer 1 445 tonnes et était armé de deux canons de 4 pouces, d’un canon de 12 livres et de huit canons antiaériens Oerlikon de 20 mm. Il avait aussi un mortier anti-sous-marin Hedgehog et à peu près 150 grenades sous-marines.

Après son armement le 11 septembre, il fit partie du groupe d’escorte C-5 et accompagna des convois de vaisseaux transatlantiques transportant de précieuses fournitures de guerre pour les Alliés. En juillet de 1944, le Dunver était le navire de l’officier supérieur qui escortait le HXS-300, le plus grand convoi de la guerre : 167 navires marchands. Le 9 septembre, le naufrage de l’U-484 au sud des iles Hébrides d’Écosse fut attribué au Dunver et au NCSM Hespeler.

Le navire fut transféré sur la côte ouest à la fin de la guerre et désarmé en 1946.

Des logements en vue?

[istock]

Habitat pour l’humanité serait une solution de logement potentielle », a écrit un officier supérieur de la 19e Escadre Comox le 5 mai 2022. Il a envoyé ce courriel à des collègues de la base de l’Aviation royale canadienne située au nord de l’ile de Vancouver qui, selon un porte-parole du ministère de la Défense, rencontraient « des difficultés importantes » pour se loger.

Ce message illustre les répercussions de la hausse des prix des maisons et des loyers sur les membres des Forces armées canadiennes : elle est si fulgurante qu’ils devront peut-être communiquer avec l’organisme sans but lucratif de construction d’habitations pour se loger. Les problèmes de logement affectent particulièrement les militaires, qui déménagent souvent.

En avril, le général Wayne Eyre, chef de l’état-major général, a signalé qu’il manquait « quelque 4 000 à 6 000 résidences dans [leurs] bases ».

Il est grand temps que le gouvernement agisse.

Le Canada a déjà vécu cette situation, et il avait réussi à trouver une solution. Pendant et juste après la Seconde Guerre mondiale, on a construit aux quatre coins du Canada des quartiers de logements « Victory Housing » (logements de la victoire, NDT). Ces maisons « boites à fraises » (leur surnom en raison de leur forme) visaient à loger, entre autres, les nombreux soldats revenant au pays.

Entre 1941 et 1947, la société d’État fédérale Wartime Housing Limited a construit et géré presque 26 000 logements locatifs dans 73 municipalités. Un organisme fédéral créé plus tard a permis aux locataires de ces logements de les acheter. En outre, la Loi sur les terres destinées aux anciens combattants de 1942 offrait des prêts. Cet organisme fédéral a financé la construction de plus de 47 000 logements supplémentaires entre 1943 et 1975.

Le prix moyen d’une maison au Canada est de 600 000 $, et celui du loyer d’une maison de deux chambres en région urbaine est de 1 300 $. Ces couts pèsent sur les militaires.

« L’inflation, les prix faramineux du marché du logement […]. J’en fais les frais », a déclaré en avril à CityNews de Vancouver un membre des FAC.

Il existe bien un programme d’aide pour les FAC qui travaillent là où le cout de la vie est supérieur à la moyenne nationale, mais il a été gelé pour analyse de la formule d’indemnisation il y a 12 ans, donc il reste indexé sur le cout de la vie de 2009. L’évaluation de la formule est encore en cours. En attendant, le cout du logement dans les bases, quand logements il y a, se fonde sur les prix du marché local.

« Cela crée beaucoup de stress […] sur le personnel, a déclaré Luca Andolfatto, courtier immobilier, à La Presse canadienne. »

Il s’agit là d’un problème auquel le gouvernement doit remédier.

Les 44es Championnats nationaux d’athlétisme pour jeunes de la Légion

Des membres du corps d’arbitrage attendent la première épreuve du dernier jour. [Stephen J. Thorne]

La 44e édition des Championnats nationaux d’athlétisme pour jeunes de la Légion a eu lieu en aout, après une interruption de deux ans due à la pandémie.

Dominik Bahadur a remporté trois médailles d’or. [Stephen J. Thorne]

Les trois jours d’épreuves ont réuni 690 athlètes adolescents, dont 255 qui étaient parrainés par la Légion royale canadienne et qui se sont très bien défendus face aux clubs d’élite et aux athlètes indépendants des quatre coins du pays. Des équipes de la LRC se sont ainsi mesurées aux 52 clubs et athlètes indépendants : elles ont raflé les trois premières places au tableau des médailles et se sont classées cinquièmes parmi les dix meilleures équipes.

Samuel Jeffery a gagné le décathlon chez les garçons de moins de 18 ans. [Stephen J. Thorne]

L’Ontario et Terre-Neuve-et-Labrador étaient encore absents cette année en raison de problèmes liés à la COVID. L’équipe de la Colombie-Britannique–Yukon a brillé en remportant 43 médailles, dont 20 médailles d’or. Les équipes de l’Alberta–Territoires du Nord-Ouest (36/16) et du Québec (26/8) suivent dans le classement. L’équipe Manitoba–Nord-Ouest de l’Ontario a obtenu la cinquième place dans les équipes grâce à ses dix médailles, et l’équipe de la Nouvelle-Écosse–Nunavut a été huitième avec huit médailles, dont la moitié en or.

Jennessa Wolfe a obtenu la première place au saut en hauteur Jennessa Wolfe a obtenu la première place au saut en hauteur. [Stephen J. Thorne]

Les équipes parrainées par la Légion ont décroché 129 des 248 médailles décernées aux championnats, seule vraie compétition nationale pour les athlètes préuniversitaires du pays.

La Québécoise Nikita Gauvin-Jonckeau, dernière relayeuse, prend le témoin que lui remet Sofia Agudelo en chemin vers la médaille d’or chez les filles de moins de 16 ans au. [Stephen J. Thorne]

Onze records ont été établis. Aidan Turner de la C.-B.–Yn en a battu quatre lorsqu’il a remporté l’argent au décathlon chez les garçons de moins de 18 ans : il a couru les 100 mètres en 11,02 secondes, a atteint la marque des 7,04 m au saut en longueur et 4,2 m au saut à la perche, et il a lancé un disque à 41,34 m. Avec le médaillé d’or Samuel Jeffery d’Athletics Niagara, ils ont battu le record à cette épreuve : Jeffrey était en tête avec ses 6 519 points, sept à peine en dessous du record national.

Jake McEacheran de l’équipe de l’Alberta–Territoires du Nord-Ouest a empoché l’or au lancer du poids et au lancer du disque, ce qui lui a valu le prix Jack Stenhouse en tant que premier athlète de la Légion.

Le prix Leroy Washburn a été décerné à la Québécoise Sofia Agudelo en tant que première athlète féminine de la Légion, car elle a raflé l’or aux 80 mètres haies, aux 200 mètres haies et au relais de 4 x 100 mètres chez les filles de moins de 16 ans.

Le prix du président a quant à lui été décerné à Kelly Smith, qui soutient l’investissement de la Légion dans l’athlétisme depuis des dizaines d’années.

Onze records ont été établis. Aidan Turner de l’équipe de la C.-B.–Yn en a battu quatre.

L’évènement date de l’après-Grande Guerre, quand des entraineurs et anciens combattants affiliés à la Légion se sont faits les mentors en athlétisme de jeunes dont les parents étaient morts à la guerre.

La Légion royale canadienne a lancé son programme de formation en athlétisme en 1957. Elle    s’est mise à produire des manuels techniques en 1963 et a organisé sa première rencontre d’athlétisme à l’échelle du Canada en 1975. Les Championnats nationaux d’athlétisme pour jeunes sont devenus le plus gros investissement monétaire de la LRC.

Chaque année, les championnats commémorent un évènement de l’histoire militaire du Canada. Cette année, il s’agissait du raid de Dieppe.

Sorcha Shui a mené son équipe jusqu’à l’or au relais 4 x 100 m chez les filles de moins de 18 ans.[Stephen J. Thorne]

Chaque année, les championnats commémorent un point saillant de l’histoire militaire du Canada. Cette année, il s’agissait du raid désastreux de 1942 à Dieppe, en France. Les athlètes parrainés par la Légion restent une journée supplémentaire pour assister à des séances éducatives et participer à des excursions.

Sayanthan Arulrajan a raflé l’or au saut en longueur chez les garçons de moins de 18 ans à 6,52 m[Stephen J. Thorne]

Les championnats et les programmes connexes constituent l’effort le plus diversifié de la LRC. En effet, ils attirent une tranche représentative de jeunes athlè-tes de la génération montante et les exposent non seulement à la Légion, à ses bonnes œuvres et au passé militaire du Canada, mais aussi les uns aux autres.

Divine Aniamaka a remporté le triple saut à 14,79 m.[Stephen J. Thorne]

Il s’agit aussi d’une occasion pour les jeunes de se fixer des objectifs, de travailler, de rêver et de se mesurer aux meilleurs. Les avantages sont incalculables, quelle que soit leur performance finale.

Shui est prise dans des bras laudatifs après avoir gagné aux 400 m.[Stephen J. Thorne]

« C’est un bon programme pour les athlètes, et c’est aussi un bon programme pour la Légion », a déclaré Sandrine Charron, coordinatrice en santé de la région de Sherbrooke qui a assuré la présidence du comité des préparatifs locaux. Elle a recruté quelque 200 volontaires et l’année dernière, elle a aidé à collecter 60 000 $ en fonds de soutien, en biens et en services.

Chaque année, les championnats commémorent un évènement de l’histoire militaire du Canada. Cette année, il s’agissait du raid de Dieppe.

au triple saut, Gabe Ing était un des six athlètes de la Légion venus de l’Î.-P.-É. [Stephen J. Thorne]

Elle a déclaré que beaucoup d’athlètes locaux ne connaissaient pas la Légion, ou en tout cas pas avant qu’ils prennent part à son programme de perfectionnement sportif. « Ils savent désormais ce qu’est la Légion, et ils peuvent en parler à leurs amis et à tout le monde.

Charles Gendron-Jette et le gagnant. [Stephen J. Thorne]

Yemane Mulugeta courent côte à côte au steeple-chase de 2 000 m. [Stephen J. Thorne]

Monica Galouon-Eta a obtenu l’or aux 200 m chez les filles de moins de 16 ans.[Stephen J Thorne]

Le prix Leroy Washburn a été décerné à Sofia Agudelo en tant que première athlète féminine après avoir décroché trois médailles d’or aux courses. [Stephen J. Thorne]

Jake McEacheran de l’Alb.–T. N.-O a remporté l’or au lancer du poids et à celui du disque, grâce à quoi le prix Jack Stenhouse lui a été décerné en tant que premier athlète masculin de la compétition.[Stephen J. Thorne]

Ryan Lofstrom et Francis Hinnah au tournant qui précède la dernière ligne droite aux 300 m chez les garçons de moins de 16 ans [Stephen J. Thorne]

Noah Louwerse est félicité par un concurrent après avoir mené son équipe à la victoire au relais quatre courses. [Stephen J. Thorne]

[Stephen J Thorne]

La préservation des pensions

[istock]

Ce fut un choc pour Ardith Bennett, qui avait abandonné son propre régime de santé et opté pour celui de son mari après leur mariage. Dan, ancien combattant, avait alors plus de 60 ans. Quinze ans après, lors de son décès, Ardith a appris qu’elle n’avait plus droit aux prestations de maladie.

« J’ignorais que sa couverture avait pris fin, a-t-elle expliqué à l’Association nationale des retraités fédéraux à l’automne 2021. J’ai appelé je ne sais combien de personnes [à Anciens combattants Canada]. »

Un texte législatif archaïque qu’on appelle la clause sur le « mariage après l’âge de 60 ans » ou sur les
« mariages intéressés » est à l’origine de la situation délicate de Mme Bennett. Elle date de la guerre civile des années 1860 aux É.-U., et elle était destinée à empêcher les femmes d’épouser un ancien combattant âgé dans le seul but de toucher sa pension.

Les mariages sur les lits de mort étaient si courants qu’ils servirent de fondement à la clause originelle sur les mariages intéressés de la Loi des pensions de la Milice de 1901 au Canada.

Les temps ont changé. Ces jours-ci, les mariages tardifs sont monnaie courante. Les gens vivent plus longtemps, ils se marient plusieurs fois, et la recherche du bonheur l’emporte.

Pourtant, une version de la clause des mariages intéressés perdure dans la Loi sur la pension de retraite des Forces canadiennes, malgré les plaintes continues d’anciens combattants et une promesse faite lors de l’élection des libéraux en 2015 de s’en débarrasser.

Selon les règles actuelles, les anciens combattants qui se marient après l’âge de 60 ans sont obligés de renoncer à la moitié de leur pension s’ils veulent garantir des paiements à leur conjoint après leur décès. Il a été demandé à un capitaine de frégate de la Marine royale canadienne de renoncer perpétuellement à 903 $ sur sa pension de 2 250 $ pour fournir une pension de 761 $ à son épouse, a rapporté la Surviving Spouses Pension Fairness Coalition. La mesure peut faire réduire les versements à 1 000 $ par mois. Et les conjoints survivants perdent leurs prestations médicales et dentaires au décès de leur partenaire, comme c’est arrivé à Mme Bennett.

La députée Rachel Blaney, porte-parole de l’opposition pour les Anciens combattants, a déposé une proposition afin de supprimer le texte législatif désuet. Elle argue que les anciens combattants âgés méritent de savoir que leurs derniers amours seront pris en charge après leur mort.

« Cette clause ridicule enfonce nos anciens combattants dans la misère, dit Blaney. Les anciens combattants qui trouvent l’amour dans les dernières années de leur vie ne devraient pas en être punis. Leur partenaire, qui bien souvent est une femme, non plus.

« C’est sexiste et archaïque, et cela doit être supprimé. »

Bravo!

L’ennemi aux portes

L’U-517 plonge lorsque le lieutenant d’aviation Maurice J. Bélanger l’attaque,
le 29 septembre 1942 Bélanger (à d.) et son équipage attaquèrent le sous-marin trois fois ce mois-là..[DND/PMR 77-178]

En septembre 1942,le lieutenant d’aviation Maurice J. Bélanger attaqua l’U-517 allemandau large de la côte estdu Canada.

La guerre avait gagné les côtes du Canada. Entre mai et octobre 1942, les U-boot allemands s’étaient livrés à une brutale offensive contre le Canada dans le golfe du Saint-Laurent et dans le fleuve Saint-Laurent. Ils avaient coulé 21 navires et causé la mort de 300 personnes. Un U-boot en particulier était responsable d’une grande partie du carnage.

Le 26 aout 1942, l’U-517 que commandait Paul Hartwig, Kapitänleutnant (lieutenant de vaisseau) âgé de 27 ans, se faufila dans le détroit de Belle-Isle jusqu’au golfe du Saint-Laurent. Il s’agissait de la première opération qu’Hartwig commandait, et le sous-marinier se révéla aussi agressif que doué. L’U-517 envoya neuf bâtiments par le fond en moins d’un mois, dont la corvette NCSM Charlottetown. Il fallait faire quelque chose.

Le Commandement aérien de l’Est de l’Aviation royale canadienne affecta 35 aéronefs supplémentaires aux opérations dans la région, et établit un « détachement de chasseurs de sous-marins » spécial avec six bombardiers de patrouille Lockheed Hudson du 113e Escadron (bombardement-reconnaissance) basé à Chatham, N.-B. Chaque avion avait quatre membres d’équipage.

Les pilotes et l’équipage du 113e comprirent vite à qui ils avaient affaire : en seulement 24 heures, les 24 et 25 septembre, ils repérèrent l’U-517 sept fois et lancèrent trois attaques. Deux de ces attaques furent menées par le lieutenant d’aviation Maurice J. Bélanger, 23 ans, ancien instructeur de vol né au Québec qui avait grandi à Vancouver.

Le 24 septembre, vers 22 h 30, Bélanger attaqua l’U-517 au clair de lune près de l’ile d’Anticosti. Il était à 12 mètres au-dessus de lui. Deux grenades sous-marines tombèrent près de la poupe du submersible et le secouèrent fortement. Les Canadiens mitraillèrent aussi le sous-marin, mais sans effet. « Deux explosions puissantes vers la poupe. Trois bombes larguées; la troisième juste à côté du navire », écrivit Hartwig dans son journal de bord. Ils l’avaient presque eu. Réglées pour détoner à faible profondeur, les grenades sous-marines perdaient toute efficacité dès que le sous-marin plongeait, même à quelques secondes près.

Le lendemain matin, le 113e obligea l’U-boot à plonger à deux reprises. Dans l’après-midi, Bélanger décela à nouveau sa cible, qui suivait un convoi. Il passa à l’attaque, mais ses grenades sous-marines manquèrent de peu la cible, et Hartwig parvint à s’esquiver en plongeant. Les patrouilles aériennes réussirent tout de même à obliger l’U-517 à rester submergé : limité par sa vitesse sous l’eau, il ne pouvait plus suivre ses cibles potentielles. 

Les chasseurs comprirent vite à qui ils avaient affaire.

Hartwig décida de tenter sa chance vers Gaspé. Il ne put cependant pas échapper au 113e. L’après-midi du 29 septembre, à l’issue d’une longue patrouille, Bélanger et son équipage aperçurent l’U-517 à 37 kilomètres au large de Gaspé. Le pilote descendit en piqué de 1 500 mètres à 18 mètres et largua quatre grenades sous-marines sur le submersi-ble qui naviguait à la surface. 

Voici ce qu’il écrivit plus tard : « Les grenades ont explosé tout autour de la coque, légèrement à l’avant du kiosque. Une grosse déflagration a entouré la coque […]. La proue du sous-marin est sortie de l’eau et tout mouvement vers l’avant s’est arrêté. Le sous-marin a semblé ensuite se diriger droit vers le fond […] on n’a observé aucune trace de débris, de bulles d’air ou de carburant ». Hartwig admit que les grenades sous-marines de Bélanger avaient été « bien placées », mais son U-boot ne subit que des dégâts mineurs. 

La Croix du service distingué dans l’Aviation fut décernée à Bélanger en reconnaissance des trois attaques qu’il avait menées avec détermination contre l’U-517. Il reçut une barrette à cette décoration en 1944 alors qu’il servait outre-mer comme pilote de bombardier.

Hartwig quitta les eaux canadiennes au début du mois d’octobre. La Marine royale britannique coula l’U-517 le mois suivant au large de la France. Les personnes qui interrogèrent Hartwig après sa capture notèrent que c’était un « jeune nazi froid et calculateur […] dévoué à son führer ». Dans les années 1950, il finit par rejoindre la marine de la République fédérale d’Allemagne, où il acquit le grade de vice-amiral. 

 

Le regard et le talent impressionnants de jeunes artistes

PREMIÈRES PLACES AUX AFFICHES SÉNIORS

L’affiche en noir et blanc, d’Yuet Leung de Markham, Ont., qui a obtenu la première place chez les séniors et son pendant en couleurs d’Eugena Lee de Calgary se rapportent toutes deux aux connexions intergénérationnelles au souvenir.

Tel est le paradoxe de la guerre : source de chagrin, de souffrance et de préjudices incommensurables, elle a aussi inspiré bien des chefs-d’œuvre artistiques et littéraires au fil des siècles.

D’innombrables créations sur ces massacres sanctionnés se sont employées à les glorifier. Toutefois, les plus belles œuvres font ressortir la brutalité et la futilité des pires erreurs du genre humain, parve-nant ainsi à toucher un public qui préférerait ne pas être confronté à la laideur et à la beauté aussi uniques que centrales à la guerre.

Guernica, de Pablo Picasso, qui illustre le bombardement d’un bastion de la résistance républicaine en avril 1937 pendant la guerre civile espagnole, est généralement considéré par les critiques comme étant la peinture contre la guerre la plus émouvante.

De même, le poème In Flanders Fields que John McCrae a écrit en 1915 sur le champ de bataille d’Ypres, en Belgique, est dans son essence même une magnifique contestation de la guerre, dont les premiers vers sont connus dans le monde entier : « In Flanders Fields, the poppies blow/Between the crosses, row on row (Au champ d’honneur, les coquelicots/Sont parsemés de lot en lot) […]. »

Chaque année, les filiales de la Légion royale canadienne aux quatre coins du pays parrainent des concours d’écriture et d’affiches auxquels peuvent participer des élèves du primaire au secondaire. Les divisions provinciales évaluent ensuite les meilleures œuvres, qui sont enfin envoyées au concours national, avec une remise de prix et une exposition à Ottawa. 

Le concours réserve toujours des surprises. Dans le talent des artistes, mais aussi dans la portée des points de vue qui émergent des villes, petites ou grandes, et des villages des coins reculés de ce vaste pays. Cette lucidité transcende la jeunesse et l’expérience des artistes pour émouvoir et faire réfléchir le public.

PREMIÈRES PLACES AUX AFFICHES JUNIORS

Ella Ng de Calgary a produit l’affiche en noir et blanc qui a eu la première place chez les juniors, où un ancien combattant est au salut devant un drapeau plein de coquelicots, tandis que le Feuille d’érable entouré de coquelicots a procuré la première place dans la catégorie junior des affiches en couleurs à April Ferner d’Indian Head, Sask.

Du haut de ses 16 ans, Rachel Graham, une élève de Salmon Cove, un village de presque 800 habitants sur la côte ouest de la baie de la Conception à
Terre-Neuve, s’est mise dans la peau d’un soldat en deuil pour composer My Friend (Mon ami, NDT). Son œuvre a obtenu la première place dans la catégorie de poésie des finissants du secondaire en 2022.

Voici les premiers vers : « In the fields where we once fought gallantly, the flowers now reside/
but here I am forced to stand alone, without you by my side (Dans les champs où nous avons vaillamment combattu, les fleurs ont poussé/et moi je me retrouve là seul, sans toi à mes côtés). Where once the sounds of warfare, unbearable to the ear/is now a deafening silence, of you not being here (Où le bruit insoutenable de la guerre aux oreilles résonnait/le silence assourdissant de ton absence résonne désormais). »

Ses mots bien choisis permettent de ramener la guerre, un événement à grande échelle, à un sentiment auquel on peut s’identifier : celui de la perte d’un ami, où l’innocence et la naïveté de la jeunesse sont confrontées trop tôt à une douleur profonde que nous finissons tous par connaitre un jour ou l’autre. Elle poursuit ainsi : « We did not know the hardships, that were waiting for us there/the war is so unforgiving, taking lives without a care (Nous ignorions les souffrances qui nous attendaient là/la guerre ne pardonne pas, elle prend les vies sans embarras). »

Il y a des gagnants de tous les horizons : les essayistes Aarika Haque d’Elrose, Sask. et Lauren Hollett de Dildo, T.-N. (deuxième prix), et les artistes des niveaux intermédiaire et primaire Ella Ng de Calgary et Alexander Gan de Kanata, Ont., une banlieue d’Ottawa, qui ont présenté des affiches en noir et blanc.

La majorité des gagnants sont originaires de villages et petites villes comme La Glace, Alb., un village d’environ 200 habitants où Kate Goodward a rédigé la composition gagnante dans la catégorie intermédiaire, The Poppy, et comme Cut Knife, Sask., village de presque 600 habitants, où réside Akeira Anseth, deuxième dans la catégorie intermédiaire pour les affiches en noir et blanc.

On retrouve des localités où la Légion reste un lieu de rassemblement central et une ressource communautaire appréciée et dédiée aux bonnes œuvres. C’est le cas des filiales de Charlottetown, Cavan (Ont.), Humboldt (Sask.), Mont-Carmel (Qc), et Port Hawkesbury (N.-É.).

La Fondation nationale Légion invite les gagnants à la cérémonie du jour du Souvenir à Ottawa, une occasion de rencontrer la gouverneure générale et de déposer une couronne au nom des jeunes du Canada. 

Les œuvres gagnantes des quatre catégories (composition, poésie, affiches en noir et blanc et affiches en couleurs) de chacune des divisions sont exposées au Musée canadien de la guerre à Ottawa pendant un an. Celles qui ont remporté la deuxième ou la troisième place sont exposées à la Colline du Parlement tout le mois de novembre. 

PREMIÈRES PLACES AUX AFFICHES PRIMAIRES 

Alexander Gan de Kanata, Ont., a obtenu le premier prix du concours d’affiches en noir et blanc grâce à sa représentation de coquelicots tombant du ciel tandis que Khadijah Varteji de Maple, Ont., a mérité celle des affiches en couleurs grâce à une image simple mais puissante de la silhouette d’un soldat parmi les coquelicots dans la catégorie primaire.