Le lien entre la SLA et le service militaire

Dans la rubrique À votre service de notre numéro de juillet-aout, nous avons discuté du processus décisionnel australien en matière de causes de maladies, ainsi que de la Repatriation Medical Authority (RMA), un organe statutaire indépendant qui formule des énoncés de principes (ÉDP) concernant les maladies reliées au service militaire australien. En la matière, les États-Unis ont un processus officiel semblable à celui de l’Australie. Par l’entremise de l’Office of Regulation Policy and Management, le ministère américain des anciens combattants publie des propositions de modifications aux règlements et des décisions envisagées touchant les avantages aux anciens combattants. Ce processus officiel consiste en l’affichage de projets de décision et des dates prévues de mise en application pour demander l’avis du public soit en ligne, soit en personne.

Une de ces décisions, en 2008, concernait la sclérose latérale amyo­trophique (SLA). Il est très instructif de se pencher sur un résumé de la décision. Comme il est précisé dans les règlements du Federal Register, vol. 73, no. 185 : « La SLA (appelée aussi maladie de Lou-Gehrig) est une maladie neuromusculaire qui […] progresse souvent de manière implacable et qui est presque toujours mortelle. Elle cause la dégénérescence des cellules nerveuses du cerveau et de la moelle épinière […]. Les gens qui en souffrent finissent par perdre la capacité de bouger les bras et les jambes, de parler et d’avaler […]. Il n’existe actuellement aucun traitement efficace.

« Il existe quelques indices qui suggèrent un lien entre le service militaire et le développement postérieur de la SLA […] Des études indiquent qu’il existe une corrélation statistique entre les activités du service militaire et le développement de la SLA […]. L’examen soigné de ces études et le fait que des études plus poussées ne feraient probablement pas la lumière sur le lien entre la SLA et le service militaire font en sorte qu’il y a assez de preuves […] pour présumer une connexion entre le service et la SLA chez les anciens combattants qui ont un tel diagnostic.

« Le secrétaire a déterminé que la preuve du service militaire, naval ou aérien actif et le développement subséquent de la SLA est suffisante pour appuyer la présomption que l’invalidité qui en résulte a été occasionnée par le devoir […] pour établir le droit à une connexion au service […]. Plusieurs circonstances particulières à la SLA méritent qu’on établisse une présomption de service […] une maladie incurablement invalidante, au progrès rapide et aux caractéristiques invariablement mortelles […] et son taux statistiquement élevé d’être développée chez les anciens combattants par rapport au grand public. »

En outre, le ministère reconnait que si l’on ne suppose pas la présomption, il serait très difficile pour les demandeurs d’établir une connexion au service par preuve directe, et qu’en demandant cette preuve, il y aurait une grave incidence sur les anciens combattants et leur famille car « cette maladie a une évolution rapide et dévastatrice […] Afin de faire bénéficier le plus vite possible les anciens combattants qui souffrent de la SLA, il est crucial que le ministère établisse cette présomption immédiatement. »

L’Australie et les États-Unis ont mis en place des outils pour donner rapidement accès aux avantages, car on y reconnait que les anciens combattants qui souffrent de SLA méritent une intervention rapide. Par contre, Anciens Combattants Canada n’a pas de mécanisme semblable et il continue de tourner le dos au très petit nombre de gens souffrant de la SLA qui méritent une intervention rapide.

Un organisme indépendant s’occupe des revendications des anciens combattants australiens

Le gouvernement australien a déposé, en 1994, un projet de loi qui avait pour objet de réformer le processus décisionnel concernant la causalité des ma­ladies. Il s’agissait de créer un système plus équitable et plus constant pour s’occuper des demandes de pension d’invalidité faites par les anciens combattants australiens et les personnes à leur charge. La réforme législative a engendré la Repatriation Medical Authority (RMA), un organe indépendant prévu par la loi se rapportant au ministre des anciens combattants.

La RMA se compose d’un groupe de cinq praticiens qui se sont distingués en science médicale. Ces derniers ont pour rôle de formuler des énoncés de principes (EP) concernant les maladies, les blessures ou la mort qui pourraient être liées au service militaire, en se fondant sur des preuves scientifiques médicales. Les EP servent à décider quels sont les facteurs qui « doivent » ou qui « doivent au minimum » exister pour donner lieu à une sorte de maladie, de blessure ou de mort en particulier. Les lignes directrices sur l’admissibilité au droit à pension (LDADP) canadiennes sont analogues aux EP australiens.

Les EP sont imposés aux preneurs de décisions. Les questions factuelles liées au cas d’un ancien combattant, y compris la nature du service et toute connexion entre le service admissible et les facteurs des EP, toutefois, sont encore déterminés par divers décisionnaires, dont la Repatriation Commission, la Military Rehabilitation and Compensation Commission, le Veterans’ Review Board et l’Administrative Appeals Tribunal.

Lors de la réunion qu’elle a tenue le 14 avril 2010, la RMA a déterminé quels sont les EP d’un certain nombre de maladies, dont l’algie vasculaire de la face, la démence de type Alzheimer et le lymphome non hodgkinien. La RMA a aussi modifié les EP liés à la spondylose lombaire, au trouble dépressif et au trouble anxieux.

La RMA tient des réunions régulièrement pour réviser les EP. Il n’y a pas de mécanisme semblable à Anciens Combattants Canada. Les lignes directrices d’ACC sur l’admissibilité au droit à pension, d’après le site Web d’ACC, sont fondées sur des éléments de preuve provenant de la recherche et de la littérature arbitrée médicales. Le ministère australien des anciens combattants est une source importante de recherche en science médicale en ce qui concerne la révision de la causalité et de l’aggravation. Les textes, journaux et autres sources d’information jugés fiables et reflétant la théorie et la pratique médicales actuelles lors de la rédaction des lignes directrices, tout aussi importants, sont étudiés aussi.

ACC reconnait que la médecine est une science en constante évolution et, à cause de la rapidité de cette évolution, les lignes directrices ne prétendent pas être des interprétations exhaustives de quelle maladie que ce soit. Le fait est que la dernière modification non administrative importante des LDADP a été publiée en 2006. Or, la RMA publie un EP sur la dépendance à l’alcool et la consommation abusive d’alcool depuis 2008. Elle révise ses EP tous les trois mois. Les LDADP d’ACC sur la dépendance à l’alcool ne sont pas encore terminées. D’autres pays, comme les États-Unis, ont aussi des outils proactifs pour décider si un ancien combattant a droit à des avantages.

En 2008, le ministère américain des anciens combattants a déterminé que ceux qui souffrent de sclérose latérale amyotrophique (SLA) ont droit aux avantages d’invalidité et aux soins de santé complets. ACC n’a pas encore fini d’étudier la question.

À votre service est écrit par des officiers d’entraide des directions de la Légion. Pour communiquer avec un officier d’entraide, composez sans frais le 1-877-534-4666, ou visitez le site Web d’une direction. Consultez www.legionmagazine.com pour les archives de 3 années.

La solide amitié entre le Canada et la Hollande

Il n’y en avait plus autant qu’avant, mais les anciens combattants canadiens qui sont retournés aux Pays-Bas cette année semblent avoir été aussi bien reçus qu’il y a 65 ans. En 1945, les Hollandais étaient affamés. Ils avaient vécu sous le joug de plus en plus cruel des Allemands pendant cinq ans et ils avaient vu leurs voisins emportés vers l’inconnu. Tout cela s’est terminé quand les forces canadiennes ont libéré le pays, au prix de plus de 7 600 soldats morts et d’innombrables blessés.

Il est quand même remarquable que la gratitude continue, pas seulement celle des habitants qui vivaient pendant cette terrible période, mais aussi celle d’une nouvelle génération dont l’éducation la dispose à conserver les liens entre les Canadiens et les Hollandais.

Ces liens solides étaient en évidence à nouveau en mai dernier, quand la princesse Margriet de Hollande a visité la maison de la Légion à Kanata, en Ontario. Elle a planté un arbre devant l’édifice en l’honneur des anciens combattants et de leur plus grande organisation. Sur une plaque, près de l’arbre, il est écrit que « 2010 est la 65e année des liens spéciaux tissés entre le Canada et les Pays-Bas. Cet arbre est le symbole de la solidité des liens tissés entre nos deux pays. En croissant, il servira à nous rappeler notre histoire commune pendant que nous bâtissons notre avenir commun ».

Les liens entre la Légion et la princesse elle-même sont très solides. Elle est née au Canada pendant la guerre car sa mère, la princesse Juliana, et sa sœur Beatrix, la reine actuelle, étaient venues se mettre à l’abri des dangers de l’Europe. Quand le prince Floris, fils de la princesse Margriet, est né, la Légion a demandé d’en être la marraine. En 2008, quand son épouse Aimée et lui ont été invités au 42e Congrès national, à Ottawa, il a été nommé vice-président natio-nal honoraire de la Légion.

Quant à notre avenir commun, les forces hollandaises et canadiennes se tiennent côte à côte en Afghanistan, partenaires dans l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord, pour rétablir la paix et la sécurité dans un pays où il n’y en a pas eu beaucoup.

Les Hollandais ont fait un excellent travail quand il s’agissait de faire comprendre à leurs jeunes ce que le Canada a accompli à la guerre, ce qu’il y a sacrifié. L’enthousiasme en a témoigné au printemps dernier. Il s’agit d’une appréciation que beaucoup de gens aimeraient voir un peu plus au Canada.

Un programme précieux

La chance de toucher des documents originaux d’il y a 90 ans est un plaisir pour quiconque s’intéresse à l’histoire. Pour les jeunes élèves, une telle occasion peut mener à un intérêt durable pour l’histoire et à une appréciation des gens qui l’ont vécue. Cette chance était au centre du projet Nous nous souviendrons d’eux qu’offre Bibliothèque et Archives Canada à son Centre d’apprentissage. Les élèves et les enseignants visitent BAC dans le cadre de ce projet et, grâce à l’aide de son personnel, ils étudient soigneusement les documents de service originaux des militaires sur lesquels ils font des recherches. Les élèves et les enseignants qui habitent loin de la capitale nationale peuvent commander des copies de ces documents historiques, ou les consulter en ligne.

Il est facile de trouver des sources, dans la plupart des collectivités, sur le nom de ceux qui ont servi et qui ont fait le sacrifice ultime. Les cénotaphes locaux et les tableaux d’honneur que les églises maintiennent souvent sont de bons points de départ.

Quiconque s’intéresse à l’histoire, familiale ou militaire — les élèves ne sont pas les seuls — sera agréablement surpris de ce qu’on peut apprendre grâce à un dossier militaire. Les élèves qui ont participé au projet Nous nous souviendrons d’eux ont certainement été impressionnés par les renseignements obtenus dans les feuilles d’engagement, les rapports médicaux et les avis de médaille des soldats. Dans bien des cas, ces renseignements — surtout ceux qui se trouvent sur les formulaires relatifs aux pertes ou aux maladies — les ont poussés à poursuivre leurs recherches, à brosser un tableau plus clair de l’homme ou de la femme sur qui ils faisaient des recherches. « Ils voient le côté humain de la guerre; ils finissent par penser que la personne n’était pas très différente d’eux-mêmes », dit Debbie Jiang, coordonnatrice du projet.

La Légion royale canadienne reconnait la valeur du projet et les filiales de la Légion appuient les classes d’écoliers qui font des recherches sur les anciens combattants locaux (« Remembering The Fallen At Plaster Rock » [non tra­duit], mai/juin).

Cette année, des articles ont été pu­bliés dans les médias où il était annoncé que le budget du Centre d’apprentissage était amputé et son personnel, réaffecté. Cette inquiétude a été l’objet de questions à la Chambre des communes, posées par le porte-parole libéral en matière d’anciens combattants, Rob Oliphant. Le ministre du Patrimoine canadien, James Moore, a assuré la Chambre des communes en avril qu’il n’y aurait aucune modification et que le personnel continuerait son travail sur les activités et les projets du Centre d’apprentissage.

C’était vraiment une bonne nouvelle car il s’agit d’un projet qui mérite d’être préservé des réductions des couts et on devrait déployer encore plus d’efforts pour promouvoir ses avantages auprès des élèves et des enseignants du pays.

Il ne reste plus de vétérans de la Première Guerre mondiale canadiens pour raconter leurs histoires, et le nombre de ceux de la Seconde Guerre mondiale diminue. Grâce au projet Nous nous souviendrons d’eux, une nouvelle génération peut jeter un nouveau coup d’œil aux expériences de ceux qui ont servi à la guerre.

Les joueurs de l’Est remportent le tournoi de fléchettes

L’Est du Canada a fait montre de sa supériorité au Championnat de fléchettes de la Légion royale canadienne de cette année, qui a eu lieu du 7 au 10 mai à la filiale F.E. Butler de Chester, en Nouvelle-Écosse.

Le tournoi a commencé le samedi matin par un petit défilé, dirigé par un cornemuseur autour de la filiale et qui a abouti au cénotaphe du stationnement inférieur. La présidente Marion Fryday-Cook y a alors lu l’Acte du souvenir. Le représentant de la Direction nationale, Ed Pigeau, vice-président du Comité natio­nal des sports et président de la Division de l’Ontario, a déposé une couronne.

Les fléchettes ont commencé à voler peu après, quand la compétition des doubles a débuté, à la salle supérieure de la filiale. L’équipe de l’Ontario a remporté le championnat l’an dernier, mais cela n’a pas empêché les équipes de la côte est d’engager rapidement le combat.

Le duo de Terre-Neuve-et-Labrador, John Anderson et Richard Leriche de la filiale Channel de Port aux Basques, et le duo néo-brunswickois, Jeff Smith et Tom Vaughan de la filiale Carleton de Saint John, étaient en avance après quatre parties. À la cinquième partie, l’équipe en troisième place, Dale O’Brien et Gilbert Guindon de la filiale britanno-colombienne Cranbrook, s’est mesurée aux Terre-Neuviens lors d’une partie tout à fait fébrile.

Les autres parties étant toutes terminées, ces quatre joueurs ont essayé un lancer de la victoire au moins trois fois chacun. C’est Anderson qui a finalement réussi le double, ce qui a donné la victoire aux joueurs des Maritimes. Ainsi, à la fin de la cinquième ronde de parties, les Néo-Brunswickois étaient au premier rang à 13 points et les gars de Port aux Basques en avaient 11. Seuls deux duos avaient un score à deux chiffres.

À la fin de la septième ronde, l’équipe ontarienne, formée de Jim Long et James Hind de la filiale Newbury, avait obtenu la troisième place, un seul point derrière Terre-Neuve. À la huitième ronde, le hasard a voulu que l’Ontario et Terre-Neuve jouent ensemble. Les joueurs des Maritimes se sont mis à faire d’excellents lancers et ils ont remporté les deux premières parties coup sur coup. Ils ont aussi dominé la troisième partie et Leriche a lancé le double de la sortie.

Il y a donc eu une dernière ronde de conte de fées : les Terre-Neuviens en deuxième place, à deux points seulement derrière les Néo-Brunswickois. Si les Terre-Neuviens réussissaient à gagner les trois manches, ils rempor­teraient l’évènement. Tout autre score signifiait une égalité ou une victoire pour le Nouveau-Brunswick.

Le Nouveau-Brunswick a pris de l’avance à la première manche et l’a gardée jusqu’au bout, quand Smith a lancé un double pour la victoire. La même chose est arrivée à la deuxième manche : Terre-Neuve avait une avance prometteuse au début, mais c’est le Nouveau-Brunswick qui a terminé par un double gagnant : Smith encore une fois. À la dernière manche, Smith, de façon atypique, a chancelé et manqué trois lancers sortants, donnant une occasion à Leriche qui en a profité. Mais cela ne suffisait pas : Smith et Vaughan du Nouveau-Brunswick avaient gagné le championnat.

Par la suite, en après-midi, après un bon repas à la filiale, c’était le tour des simples. Il y a eu une égalité après quatre parties : Guy Bobbett de la filiale Channel de Port aux Basques (T.-N.) et le Néo-Brunswickois Robert Fougere de la filiale Sunny Brae de Moncton étaient ex aequo en première place. Le Néo-Écossais Chester MacKenzie de la filiale MacDonald Memorial de Lakeside était ex aequo en deuxième avec Bernard Miller de la filiale Col. Fitzgerald d’Orangeville (Ont.), tous deux à un seul point derrière les premiers.

Au début de la dernière partie, l’Ontarien Miller et le Néo-Écossais MacKenzie étaient tous deux en première position, quatre bons points devant le reste du peloton. MacKenzie s’est mesuré au Saskatchewanais Moff Kay de la filiale Coleville pendant que Miller jouait avec Elvis Beaudoin de l’Alberta–Territoires du Nord-Ouest, de la filiale Vincent Massey de Yellowknife. Celui qui terminait avec le plus de points allait gagner, mais une égalité était toujours possible.

MacKenzie a remporté la première manche contre Kay. La foule a rugi et, peu après, la fléchette de Miller ayant manqué la cible, Beaudoin a remporté la victoire sans hésitation. Miller est revenu à la charge et a remporté la deu­xième manche, mais MacKenzie aussi a obtenu une deuxième manche. Le tout se décidait à la dernière partie. Miller remporta la sienne avec une rapidité impressionnante, mais si MacKenzie réussissait aussi à gagner, il avait le cham­pionnat en main. Sinon, il y avait égalité.

MacKenzie se préparait à lancer alors qu’il ne lui restait que 32 points à faire. Observé par toute la foule, il réussit son dernier lancer et remporta le championnat.

« C’était vraiment extra de jouer dans ma propre province, dit MacKenzie tout de suite après sa victoire. C’était comme si le sort l’avait voulu. J’ai certainement eu la chance de mon bord. »

MacKenzie est l’ancien champion national des simples et il représentera la Nouvelle-Écosse aux nationaux canadiens de 2010; il a aussi représenté le Canada aux championnats du monde en Angleterre et à la coupe du monde en Australie. « Toutes ces épreuves sont des préparatifs parfaits pour une compétition comme celle-ci. Les autres joueurs sont formidables; on ne peut qu’espérer qu’on va bien jouer. Quand on joue dans une épreuve comme ça, avec les meilleurs joueurs du pays, ça nous pousse à mieux jouer. »

Après une séance de karaoké exal­tante à la filiale, le samedi soir, les joueurs se sont réchauffés lentement pour la compétition du dimanche ma­tin. L’équipe québécoise formée de Jason Hurley, Kevin MacArthur, Gerald Hull et Sébastien Gagnon de la filiale LaSalle était bien en avance après quatre parties, Terre-Neuve, l’Ontario, la Nouvelle-Écosse et l’Île-du-Prince-Édouard sui­vant à égalité à sept. À partir de ce moment-là, chaque partie était cruciale.

Au sixième tour, le Québec a subi sa première défaite de la journée aux mains de l’équipe ontarienne formée de Harold Martin, Paul Poirier, Jarvis Payne et Vince Kennedy de la filiale Maj. W.D. Sharpe de Brampton. Ce fut un match serré et les deux équipes avaient la fléchette de la victoire en main, mais c’est l’Ontario qui eut la main heureuse. Après la septième partie, le Québec était en première place à 16 points, l’Ontario en deuxième à 14, Terre-Neuve en troisième à 13 et la Nouvelle-Écosse en quatrième à 12.

Le Québec avait une bonne avance au début de la huitième partie et une seule manche gagnée contre le Manitoba lui suffisait pour remporter le titre.

Et il l’a bien remporté. Sans même faire de mélodrame.

« Le secret de notre victoire, c’était le double d’entrée, dit le joueur québécois Kevin MacArthur après le match. Sébastien (Gagnon) ne l’a raté que trois fois. On était donc toujours en avance et il suffisait de jouer avec constance.

« De plus, ajouta-t-il, le Québec était le tenant du titre chez les équipes. On avait une mission en arrivant : on voulait ga­gner deux championnats coup sur coup. »

Pendant ce temps, après une dernière partie délirante, l’Ontario est arrivé ex aequo en deuxième place avec l’équipe néo-écossaise formée de Willie MacIsaac, Mark MacIsaac, Dave Cameron et Lew Francis de la filiale Calais de Lower Sackville, ce qui a donné lieu à des éliminatoires. Les gars de l’Est ont gagné haut la main.

Quand les fléchettes ont toutes été lancées, il ne restait plus que le banquet de fermeture, qui a été organisé de manière exceptionnelle par le Comité des préparatifs locaux présidé par David Hume.

« Le Comité des préparatifs locaux mérite toutes nos félicitations pour un tournoi national incomparable », dit Pigeau lors du discours de fermeture au banquet, avant de parler du tournoi lui-même. « La compétition a été solide et la camaraderie évidente […] je crois que la marque des sports de la Légion, c’est la camaraderie et c’est une camaraderie qu’on ne voit pas souvent ailleurs qu’aux sports. »

Les championnats de 2011 auront lieu du 13 au 15 mai à la filiale Col. Fred Tilston VC d’Aurora (Ont.).

Résultats

Équipes : Qc (fil. LaSalle), 21; N.-É.–Nunavut (fil. Calais de Lower Sackville), 17; Ont. (fil. Maj. W.D. Sharpe de Brampton), T.-N.-et-Lab. (fil. Channel de Port aux Basques), 16; Î.-P.-É. (fil. Charlottetown), 14; N.-B. (fil. Sunny Brae de Moncton), Alb.–T. N.-O. (fil. Vincent Massey de Yellowknife), Man. –N.-O. O. (fil. Selkirk), 13; C.-B.–Yukon (fil. Okanagan Falls), 6; Sask. (fil. Moosomin), 5.

Doubles : N.-B. (Jeff Smith, Tom Vaughan, fil. Carleton de Saint John), 22; T.-N.-et-Lab. (Richard Leriche, John Anderson, fil. Channel), 18; N.-É.–Nunavut (Jerry Myles, Chris Steiger, fil. Centennial de Dartmouth), 17; Ont. (Jim Long, James Hind, fil. Newbury), C.-B.–Yukon (Dale O’Brien, Gilbert Guindon, fil. Cranbrook), 15; Man.–N.-O. O. (Lorne Heinrichs, Dwayne Heinrichs, fil. Elmwood de Winnipeg), 13; Qc (Kevin MacArthur, Gerald Hull, fil. LaSalle), 12; Alb.–T. N.-O. (Dean Willis, Norman Sanderon, fil. Vincent Massey), 11; Î.-P.-É. (David Ling, Robert MacKinnon, fil. Charlottetown), 7; Sask. (David Propp, Bill Cragg, fil. Nipawin), 6.

Simples : N.-É.–Nunavut (Chester MacKenzie, fil. MacDonald Memorial de Lakeside), 21; Ont. (Bernard Miller, fil. Col. Fitzgerald d’Orangeville), 20; N.-B. (Robert Fougere, fil. Sunny Brae de Moncton), 16; C.-B.–Yukon (David Veach, fil. Okanagan Falls), 14; T.-N.-et-Lab. (Guy Bobbett, fil. Channel), 13; Man.–N.-O. O. (Lorne Heinrichs, fil. Elmwood), Î.-P.-É. (Rodney MacKinnon, fil. Charlottetown), 11; Alb.–T. N.-O. (Elvis Beaudoin, fil. Vincent Massey), Qc (Jason Hurley, fil. LaSalle), 10; Sask. (Moff Kay, fil. Coleville), 9.

Les champions du cribbage sont encore des joueurs des Maritimes

Lors des Championnats nationaux de cribbage, les auspices étaient favorables aux équipes des Maritimes qui ont tout remporté aux dépens des joueurs de cribbage de partout au pays réunis à la filiale Sussex du Nouveau-Brunswick.

L’Île-du-Prince-Édouard a remporté la compétition des simples alors que la Nouvelle-Écosse a triomphé aux doubles et la province hôtesse, le Nouveau-Brunswick, s’est emparée du titre le plus important, celui des équipes, lors d’un combat exténuant avec la Nouvelle-Écosse et la Colombie-Britannique.

Pour l’équipe néo-brunswickoise formée de Paul Calhoun, Carl Nash, Roger LeBlanc et Dean McLaughlin, de la filiale Marysville de Fredericton, la victoire a été douce. Calhoun et Nash avaient fait partie de l’équipe du Nouveau-Brunswick l’an dernier, au tournoi d’Aldergrove, en Colombie-Britannique. Ils y avaient talonné l’équipe gagnante de l’Î.-P.-É.

« J’ai dit aux gars qu’on venait ici pour terminer en première position, dit Calhoun. Mais je ne peux m’empêcher de penser qu’on a eu un petit coup de main. » Calhoun croit qu’une partie de sa chance lui venait de feu Lena MacDonald, sa compagne pendant six ans. « Elle m’a dit qu’elle s’occuperait de nous si elle pouvait. »

La camaraderie a été magnifique toute la fin de semaine. Les chauffeurs attendaient les équipes et les invités à l’aéroport de Moncton. Fredericton, surnommée la porte de Fundy, est une attraction touristique située près de la baie de Fundy.

Faire office d’hôtesse était toute une réalisation pour la filiale Sussex. L’édifice a failli être entièrement détruit il y a quelques années : un incendie s’est déclaré dans la cuisine, le 17 décembre 2007 (« Fire Destroys New Brunswick Legion Branch Building ») [non traduit], mars/avril 2008.

« Plusieurs facteurs ont contribué à l’incendie », dit le premier vice-président Anthony de Hoog. L’accident a eu lieu après une tempête de verglas, quand un camion a heurté un câble électrique. Le câble est tombé sur trois bonbonnes de propane derrière l’édifice, près de la cuisine. L’une d’elles a explosé et une boule de feu est entrée dans l’édifice. Trois personnes étaient à l’intérieur à ce moment-là. « Nous sommes chanceux que personne ne soit mort. Les gens à l’intérieur préparaient un repas pour les ainés. »

Il a fallu détruire le toit pour s’attaquer au feu, mais, à la fin, trois des quatre murs étaient encore d’aplomb. Les pompiers ont sauvé presque tous les souvenirs et la filiale a pu reconstruire.

Le président Ervin Ellis a fait allusion à l’incendie lors de la réception des joueurs de cribbage aux cérémonies d’ouverture, le samedi matin, à la filiale. Les joueurs, qui portaient leur drapeau provincial en entrant, s’étaient alignés dans la salle. Un simple service commémoratif a été réglé et puis le vice-président du Comité national des sports, Ed Pigeau, qui est aussi président de la Division de l’Ontario, et le président du Nouveau-Brunswick, Clayton Saunders, leur ont offert leurs vœux.

Quand les cérémonies se sont terminées, le membre de la filiale Lancaster de Saint John et coordonnateur du tournoi, Barry McManus, a invité les joueurs des doubles à commencer les parties. Le tournoi des simples a commencé une demi-heure après, de sorte que les deux tournois avaient lieu en même temps.

La compétition se faisait en poule. Dans chaque catégorie, les joueurs jouaient neuf tours de deux parties chacun. Une simple victoire méritait un point, une partie se terminant par un skunk en valait deux et le skunk double, trois. Les divisions avaient le droit d’envoyer des joueurs différents pour les simples, les doubles et les équipes et c’est ce qu’ont fait celles de la Colombie-Britannique–Yukon et du Manitoba–Nord-Ouest de l’Ontario. La plupart d’entre elles n’ont envoyé qu’une équipe de quatre personnes parmi lesquelles ont été choisis les joueurs des simples et des doubles.

Cathy Kerr de la filiale Charlottetown était la seule femme dans la catégorie des simples. « J’ai joué avec des hommes et je les ai battus », dit-elle, ravie.

Constamment en première position, Kerr se faisait talonner par ses camarades des Maritimes, Roger LeBlanc, du Nouveau-Brunswick, et Chris Lutley, de la filiale Fairview d’Halifax.

À la fin du septième tour, Kerr avait 11 points alors que LeBlanc et Lutley en avaient 10 chacun. L’Albertain Jack Eby, de la filiale Cremona et le Saskatchewanais Peter Piper, de la filiale Tecumseh Stoughton, en avaient neuf chacun. Piper étant président de la Division de la Saskatchewan, il y avait, chose rare lors d’une épreuve sportive des membres, trois présidents divisionnaires sur place.

Kerr a ensuite obtenu un skunk et une victoire au huitième tour, le Nouveau-Brunswick y inscrivant deux points. Kerr n’a obtenu qu’un seul point à la dernière partie. La Nouvelle-Écosse en a inscrit deux, mais ce n’était pas assez. L’Î.-P.-É. est donc arrivée en première place, à 15 points, le Nouveau-Brunswick en deuxiè­me, à 13 points, et la Nouvelle-Écosse, à 12 points, était troisième. L’Alberta, la Saskatchewan et Terry Hancock de la filiale Botwood de Terre-Neuve-et-Labrador ont tous obtenu 11 points.

« Je ne regardais pas le tableau du tout. Ce n’est que vers le huitième tour, quand je me suis aperçue que tout le monde m’observait, que je me suis dit que j’étais bien placée pour gagner », dit Kerr, qui est aussi commander de la zone Queen’s Country.

Chez les doubles, Rick Walkden et Cyril Slade de la Nouvelle-Écosse–Nunavut ont inscrit trois points aux deux premières parties. Ils ont maintenu leur avance, mais Calhoun et Nash du Nouveau-Brunswick les ont défiés à nouveau. Les deux duos se sont mesurés à la huitième partie, où la Nouvelle-Écosse a marqué trois points, ce qui a pratiquement mis fin à la compétition. La Nouvelle-Écosse a donc terminé en première place, à 17 points, et le Nouveau-Brunswick, en deuxième, à 14 points.

C’est le lendemain qu’a eu lieu la compétition des équipes. Chaque équipe de quatre membres était divisée en deux sections, A et B.

L’équipe albertaine formée d’Eby, Anthony Cusson, Jim Barbaro et Lois Barbaro a pris une avance au début grâce à deux skunks devant la section B de la Saskatchewan et deux points devant la section A. Toutefois, pendant la journée, le match s’est transformé en un affrontement à trois durant lequel Pigeau et McManus se demandaient comment ils allaient jouer la belle s’il devait y en avoir une.

À la huitième partie, le Nouveau-Brunswick, à 21 points, s’est mesuré à la Nouvelle-Écosse car Lutley, Walkden et Slade, à qui s’était jointe Audrey McNeil, le talonnaient à 20 points. La section A a terminé par un point de chaque côté, mais, à la section B, la Nouvelle-Écosse a inscrit deux points.

L’équipe de la Colombie-Britannique, formée de Dave Daskoch, Rick Ward, Walter Millar et John Williston de la fi­liale Arrowsmith de Parksville, en arrière à 18 points, a fait un retour en force. Le terrain était ainsi préparé pour la dernière partie où la Nouvelle-Écosse avait 23 points, le Nouveau-Brunswick, 22, et la Colombie-Britannique, 21.

La section A du Nouveau-Brunswick n’a obtenu qu’un seul point, mais LeBlanc et McLaughlin ont inscrit deux skunks d’affilée chez les B, ce qui leur donnait quatre points. C’est ainsi que le Nouveau-Brunswick a terminé premier à 27 points, la Nouvelle-Écosse, deuxième à 26 points et la Colombie-Britannique, troisième à 25 points.

Il ne restait plus qu’à se rendre au banquet de clôture. Pigeau a remercié la filiale, surtout les gens du Comité des préparatifs locaux présidé par Cindy Coates. Plusieurs orateurs ont fait des remarques sur l’efficacité des bénévoles et sur la qualité de la nourriture offerte au banquet et tout le long du tournoi. Harley Geldart, âgé de 92 ans, a aussi été félicité d’avoir suggéré que sa filiale offre d’accueillir le tournoi.

En fin de compte, les joueurs ont tous eu le sentiment de s’être fait des amis avant de s’en aller, et d’avoir passé une bonne fin de semaine. « C’est simplement pour s’amuser, mais ça nous donne le droit de nous vanter pendant un an », dit Calhoun.

Résultats

Équipes : N.-B. (fil. Marysville de Fredericton), 27; N.-É./Nt (fil. Fairview d’Halifax), 26; C.-B./Yn (fil. Mount Arrowsmith de Parksville), 25; Alb./T. N.-O. (fil. Cremona), Man./N.-O. O. (fil. Elmwood de Winnipeg), 22; T.-N.-Lab. (fil. Botwood), 21; Î.-P.-É. (fil. Charlottetown) et Sask. (fil. Tecumseh Stoughton de Stoughton), 18; Ont. (fil. Temagami), 17; Qc (fil. Montcalm Memorial de Rawdon), 13.

Doubles : N.-É. (Rick Walkden et Cyril Slade, fil. Fairview), 17; N.-B. (Paul Calhoun et Carl Nash, fil. Marysville), 14; Alb.-T. N.-O. (Jim Barbaro et Lois Barbaro, fil. Cremona), 11; T.-N.-Lab. (Bill Flynn et Bill Chayter) et Ont. (Claude Landry et Aldege Montreuil, fil. Temagami), 10; Î.-P.-É. (Jitter Coyle et Cy Burke), C.-B./Yn (Bob Porter et Phil Easdown, fil. Delta), 9; Qc (Ann Cormack et Doreen Rourke, fil. Montcalm Memorial) et Sask. (Eleanor Adams et Linda Beckman, fil. Tecumseh Stoughton), 8; Man.-N.-O. O. (Barry O’Donnell, et Ronald Davies, fil. Monte Cassino de Winnipeg), 7.

Simples : Î.-P.-É. (Cathy Kerr, fil. Charlottetown), 15; N.-B. (Roger LeBlanc, fil. Marysville), 13; N.-É./Nt (Chris Lutley, fil. Fairview), 12; T.-N.-Lab. (Terry Hancock, fil. Botwood), Sask. (Peter Piper, fil. Tecumseh Stoughton) et Alb./T. N.-O. (Jack Eby, fil. Cremona), 11; Man./N.-O. O. (Ronald Pottinger, fil. Henderson Highway de Winnipeg), 10; Qc (John Garner, fil. Montcalm Memorial) et Ont. (Carmen Sargent, fil. Temagami), 9; C.-B./Yn (Andy Osteom, fil. Diamond Head de Squamish), 4.

Le CEN maintient le cap

La baisse du nombre de membres semble s’estomper et une bonne gestion financière a permis à la Légion royale canadienne de ne pas oeuvrer dans le rouge. Toutefois, lors de leur réunion qui s’est tenue à la Maison de la Légion les 27 et 28 février, les membres du Conseil exécutif national ont dit explicitement qu’ils voulaient que la Direction nationale continue de multiplier les efforts pour bâtir l’affiliation et admi­nistrer les fonds sagement.

La Direction nationale a mené par l’exemple en offrant l’adhésion gratuite pendant un an aux anciens combattants qui viennent de prendre leur retraite, ce qui a occasionné l’ajout de 130 nouveaux membres entre juillet 2008 et la fin 2009, a rapporté la présidente du Comité national des adhésions, Paulette Cook. Le recrutement a augmenté par rapport à l’année précédente dans la plupart des directions : celui de Terre-Neuve-et-Labrador s’est accru de 10,64 p. 100 et ceux du Québec et de la Colombie-Britannique/Yukon, de plus de 8 p. 100. Les pertes ont diminué un tout petit peu, passant de 13 165 en 2008 et 15 217 en 2007, à 11 974. Une campagne de publipostage ciblant les anciens membres a été à l’origine de plus de 600 renouvellements.

Le trésorier national Michael Cook avait de bonnes nouvelles lui aussi : les revenus étaient supérieurs à ceux auxquels on s’était attendu dans certains secteurs, ce qui avait donné un surplus net de 395 050 $. Les résultats positifs ont été attribués à la stabilisation des marchés d’investissement, à une succession, à un remboursement de l’orga­nisme des services au personnel des Forces canadiennes et à environ 116 000 $ d’économies sur les dépenses de transport grâce à la volatilité des tarifs aériens qui ont diminué tout au long de 2009.

Bien que les ventes concernant l’approvisionnement aient diminué, de 2 202 491 $ en 2008 à 1 949 976 $, la part du surplus versée aux directions divisionnaires « est encore un montant respectable de 86 178 $ », dit Cook. On prévoit que les ventes vont se stabiliser à environ 1,9 million de dollars par année.

Le CEN a indiqué son intention de tenir fermement la barre des finances relativement aux dépenses et a déposé une motion concernant la création d’une vidéo de relations publiques de 80 000 $ en plus de refuser la demande d’un financement important.

Gary Bennett, président de la Fondation de soutien à Rencontres du Canada, a fait une présentation au CEN. La Fondation est un organisme distinct qui aide financièrement le programme Rencontres du Canada dans le cadre duquel quelque 3 200 élèves par année vont à Ottawa pour observer les institutions nationales canadiennes comme la Chambre des communes, le Sénat et la Cour suprême pendant une semaine. Nombreuses sont les filiales de la Légion qui subventionnent les jeunes de tous les milieux pour qu’ils participent à ce programme qui coute 625 $ par personne.

La Légion appuie fortement le programme depuis longtemps. L’Institut Historica-Dominion a pris en charge ce programme que dirigeait à l’origine le Conseil de l’unité canadienne, qui l’avait créé.

Bennett a adressé à la Direction nationale une requête de financement de 40 000 $ par année pour la Fondation de soutien à Rencontres du Canada. Le CEN a refusé, mais la première vice-présidente Pat Varga a insisté pour que la Légion continue d’appuyer les élèves au niveau de la filiale.

Les temps sont peut-être durs, mais le travail de la Légion se poursuit, comme on l’a vu dans le rapport du Comité des anciens combattants, des services et des ainés. Le président national, Wilf Edmond, s’est présenté au Sous-comité des anciens combattants du Sénat et au Comité consultatif de la nouvelle charte des anciens combattants pour y discuter de questions liées à la nouvelle Charte des anciens combattants.

Anciens Combattants Canada (ACC), prévoyant que la moitié des places de l’hôpital fédéral Sainte-Anne, à Sainte-Anne-de-Bellevue (Qc), seront libres en 2015, étudie à nouveau la possibilité de transférer l’établissement au gouvernement du Québec. Edmond a écrit à ACC que cela inquiète la Légion, insistant que tout accord de transfert devrait préciser qu’un certain nombre de places soient désignées places prioritaires, en tenant compte de la diminution des demandes attribuée à l’attrition; que la qualité des soins donnés aux anciens combattants actuels et à venir soit préservée; que le programme de jour soit conservé; et que le centre national du stress post-traumatique soit sauvegardé.

Selon une réponse de l’ancien mi­nistre des Anciens Combattants Greg Thompson, ACC fera le nécessaire pour que les anciens combattants aient la priorité pour accéder aux places et pour que les services du centre de jour soient offerts en permanence. Le Centre national pour traumatismes liés au stress opérationnel est une unité intégrante de la stratégie d’ACC sur la santé mentale et « on discutera de l’endroit physique du Centre pendant les négociations, » écrivait Thompson.

Le CEN a donné son accord à 39 motions du comité, qui seront mises à l’étude au congrès national, concernant un grand nombre de questions en faveur des anciens combattants, dont l’offre du Programme d’autonomie des anciens combattants aux membres de la GRC et aux anciens combattants frêles, la déclaration du jour de la crête de Vimy en tant que fête nationale fédérale, l’arrêt par ACC de la déduction de 5 $ par course en taxi des déplacements des anciens combattants pour raisons de santé, l’amélioration par ACC de ses communications avec les réservistes en ce qui a trait aux avantages auxquels ils ont droit et l’arrêt de la défalcation du montant du Régime d’assurance-revenu militaire (RARM) des pensions d’invalidité d’ACC.

Le Bureau d’entraide de la Direction nationale a rapporté que les premières demandes préparées et soumises par les agents d’entraide ont augmenté de 1 902 en 2008, à 2 011 en 2009 : 870 concernaient les pensions d’invalidité et 1 141, les avantages d’invalidité. Les sondeurs de la Légion ont visité 3 937 anciens combattants dans 763 institutions en 2009, une augmentation par rapport aux 3 419 anciens combattants dans 864 institutions en 2008.

La présidente du Comité des sports, Pat Varga a rapporté que les championnats d’athlétisme nationaux auront lieu à Ottawa en 2010 ainsi qu’en 2011. Le comité a discuté du besoin de planifier encore plus en avance et il s’est mis d’accord que le plan relatif à l’organisation de l’évènement devrait être quinquennal. En conséquence, une demande a été transmise à toutes les filiales pour les prier de poser leur candidature relativement aux rencontres de 2012 à 2015.

Malgré une baisse des revenus de publicité à la grandeur de l’industrie, Canvet Publications Ltd. n’a pas eu besoin de se faire virer des fonds de la réserve ni de demander une augmentation des prix d’abonnement. La production de revenus, grâce au lancement de La revue Légion dans les kiosques, a surpassé les couts et les abonnements directs ont doublé. L’Association cana­dienne des automobilistes, Travelodge Canada, les Peintures ICI et les magasins Bétonel font dorénavant partie du Programme de bénéfices pour membres.

Le secrétaire national Brad White a rapporté que les ventes concernant les approvisionnements ont diminué de 11 p. 100 en 2009 et s’élèvent à 1 949 976 $. On s’attend à ce qu’elles se maintiennent à ce niveau-là. Cependant, le lancement d’un magasin Web prévu pour janvier 2011 pourrait les faire monter.

Après avoir débattu et ajusté la formulation, le CEN a convenu des capacités et des services de soutien essentiels que devraient avoir les directions divisionnaires.

Les services essentiels concernent l’administration, y compris la capacité d’appuyer les filiales et d’administrer les arrêtés, d’assurer la responsabilité financière, de juger les plaintes et les appels, d’accueillir les membres des filiales qui ont rendu ou perdu leur charte, de former les administrateurs des filiales et des directions, de soutenir les programmes nationaux, de fournir un offi­-c­ier d’entraide, de coordonner et mettre en œuvre une cérémonie divisionnaire du jour du Souvenir et la campagne du coquelicot, et de répondre aux questions du public et des médias.

D’après la première formulation, le personnel minimal comprenait un secrétaire divisionnaire à temps plein et un officier d’entraide à temps partiel, bien qu’on préférait que le poste d’officier d’entraide soit pourvu à temps plein. Les directions les plus petites ont discuté de la manière dont elles répondent aux besoins des anciens combattants tout en faisant le nécessaire pour que les employés ou les dirigeants élus de la division puissent s’occuper des services d’administration ou de soutien.

Deux motions ont été déposées pour satisfaire les divisions les plus petites. L’une déclarait que les directions s’efforceraient de se plier aux normes minimales « si possible » et l’autre exigeait que le siège social des divisions soit toujours disponible aux filiales, aux autres divisions et à la Direction nationale, tout en laissant le soin à chaque division de décider comment elle répondrait à cette exigence.

Une motion a aussi été adoptée pour assurer aux directions l’accès au réseau de prestation des services aux clients d’ACC, conformément au protocole d’entente entre Anciens Combattants Canada et la Direction nationale.

Le CEN a aussi donné son accord à une recommandation du Comité des décorations et récompenses relativement à la tenue officielle de la Légion pour les administrateurs lorsqu’ils assistent à des évènements où il faut porter un smoking. La tenue pour les occasions solennelles ou militaires serait le blazer de la Légion orné des armoiries à la poche poitrine de gauche et d’un insigne de la Légion au revers, ainsi qu’un insigne de réforme ou une épingle de Service des Forces canadiennes au revers gauche, les distinctions canadien­nes, la Mention élogieuse du ministre des Anciens Combattants, les médailles de service miniatures, une chemise de ville blanche à collet rabattu, un nœud papillon et une écharpe noirs (bretelles foncées en option), un pantalon gris et des souliers et des chaussettes noirs. Les vêtements des dames comprendraient des bas foncés en option et une jupe grise de longueur habillée. La coiffe de la Légion ou d’une association militaire serait convenable mais pas obligatoire. L’insigne d’une association à la poche droite ne serait pas recommandée et on ne devrait pas orner les vêtements solennels d’insigne porte-nom, d’épingle commémorative ou d’épingle « soutenons les troupes ».

Les autres décisions

Les points ci-après ont également été rapportés à l’occasion de la réunion du Conseil exécutif national.

Commandes de coquelicots : Malgré les sollicitations que les commandes de coquelicots, de couronnes et de croix pour la période du Souvenir, en novembre, soient émises avant le 16 septembre, seulement 41,6 p. 100 d’entre elles l’ont été. Beaucoup sont arrivées après le 26 octobre et il a fallu faire les envois par avion pour que la marchandise arrive à temps. Le CEN a approuvé des frais de transport de 12 $ pour les commandes reçues après le 26 octobre qui ont nécessité un transport aérien.

Vente de coquelicots : Le CEN a approuvé une augmentation de 5 p. 100 du prix des coquelicots, des couronnes et des croix, à partir du 1er juillet, à cause de la taxe de vente harmonisée (TVH). Il s’agit de la première augmentation en six ans.

Sondeurs des soins de longue durée : On recherche des bénévoles en Colombie-Britannique à Quesnel/Williams Lake, à Kamloops et à Victoria; en Ontario à Thunder Bay, à Kenora/Dryden, à Parry Sound, à Scarborough/Toronto, à Brampton, à Kitchener/Guelph, à Gravenhurst/Bracebridge et à Perth; au Québec à Montréal, à Chicoutimi et à New Richmond/Bonaventure; en Nouvelle-Écosse à Antigonish, à Sydney et à Kentville.

Congrès national : Les premiers vice-présidents des divisions et la Section des anciens combattants tuberculeux seront invités, en tant qu’observateurs, aux réunions du CEN précédant et suivant le Congrès national. Les couts afférents doivent être pris en charge par les divisions et la section.

La maison d’hôtes de la Légion : La Division du Québec a rapporté que les travaux de rénovation d’une maison d’hôtes pour les familles des anciens combattants résidant à l’Hôpital Sainte-Anne d’Anciens Combattants Canada, à Sainte-Anne-de-Bellevue, ont été suspendus en attendant les résultats des négociations sur le transfert de l’établissement au gouvernement provincial.

Cénotaphe de Fredericton : La Division du Nouveau-Brunswick a rapporté que des donations lui ont été envoyées de tous les coins du pays pour réparer le cénotaphe de Fredericton vandalisé juste avant le jour du Souvenir.

Chartes émises ou annulées : Quinze chartes de filiale ont été annulées en 2009—quatre au Manitoba–Nord-Ouest de l’Ontario; trois en Saskatchewan; deux en Ontario et au Québec; une en Colombie-Britannique–Yukon, en Alberta–Territoires du Nord-Ouest, au Nouveau-Brunswick et à Terre-Neuve-et-Labrador. Une nouvelle charte a été émise, en Saskatchewan, à la filiale Southey.

L’assurance vie pour les vétérans de la Seconde Guerre mondiale

Après la fin de la Première Guerre mondiale, il fallait fournir des bénéfices d’assurance vie aux soldats, surtout aux pensionnés qui ne pouvaient pas passer avec succès l’examen de santé nécessaire à l’obtention d’une assu­-rance vie commerciale. Le gouvernement décida de leur fournir, à des taux normaux, des assurances d’un montant limité (jusqu’à 5 000 $). Ainsi, le Parlement édicta la Loi de l’assu­rance des soldats de retour au pays, qui entra en vigueur le 1er septembre 1920. La date butoir pour faire une demande était le 31 aout 1933.

Le gouvernement décida, pendant la Seconde Guerre mondiale, d’édicter une loi servant à offrir une assurance semblable. La Loi sur l’assurance des anciens combattants fut donc adoptée en 1944 et entra en vigueur le 20 février 1945. La date butoir pour faire une demande concernant cette assurance était le 31 octobre 1968.

L’administration de l’assurance des anciens combattants est semblable à celle de la plupart des programmes commerciaux d’assurance vie. Il existe une clause permettant de résilier la police en échange d’une valeur de rachat brute, c’est-à-dire de s’en défaire en échange d’un versement avant que la mort la rende payable. Lors du décès du titulaire de la police, la somme assurée, ou la portion restante, est versée au bénéficiaire en un seul montant ou en une rente.

La réadaptation d’après la nouvelle Charte

Dans le cadre de notre série explicative concernant la nouvelle Charte des anciens combattants, nous nous penchons ici sur la réadaptation.

Cette dernière comprend les services médicaux, les services de santé mentale et divers programmes servant à aider l’ancien combattant à établir une carrière civile. Tous les membres des Forces canadiennes libérés pour raison médicale ont droit à la réadaptation, y compris ceux qui ont souffert d’une blessure ou d’une maladie qui rend leur passage à la vie civile difficile ou impossible.

Ont droit à la réadaptation :

  • les vétérans des Forces libérés pour raison médicale;
  • les vétérans des Forces qui ont un problème de santé physique ou mentale attribuable principalement au service et qui entrave leur réintégration à la vie civile;
  • les conjoints ou les conjoints de fait des vétérans des Forces qui ont droit à la réadaptation professionnelle mais qui ne peuvent pas y prendre part à cause d’une invalidité grave;
  • les réservistes des Forces, selon la catégorie de service et les fonctions qui leur ont été attribuées;
  • les survivants des vétérans des Forces dont la mort est liée au service.

Il existe trois types de réadaptation :

  • la réadaptation médicale, qui comprend les traitements psychiatriques, les médicaments sur ordonnance, la chirurgie, la physiothérapie et le soulagement de la douleur;
  • la réadaptation psychologique, qui comprend le counseling, la thérapie de groupe, la formation en dynamique de la vie et d’autres services semblables visant à restaurer la vie autonome;
  • la réadaptation professionnelle, qui comprend les services individua­lisés d’orientation professionnelle, dont l’assistance liée aux couts de formation.

À votre service est écrit par des officiers d’entraide des directions de la Légion. Pour communiquer avec un officier d’entraide, composez sans frais le 1-877-534-4666, ou compulsez le site Web d’une direction. Consultez www.legionmagazine.com pour les archives de 3 années.

Une ère touche à sa fin quand s’éteint le dernier vétéran de la Première Guerre mondiale

Les Canadiens de partout ont pris le temps d’envoyer des messages par Internet et de signer des Recueils de pensées en l’honneur de la dernière connexion vivante à la Grande Guerre, qui a rendu l’âme. John Babcock, âgé de 109 ans, le dernier vétéran canadien de cette guerre, est mort paisiblement le 18 février.

« La Première Guerre mondiale représente une partie importante du Canada d’aujourd’hui et il faut en préserver l’héritage pour les générations futures, dit le ministre des Anciens Combattants, Jean-Pierre Blackburn. […] nous n’arrêterons pas pour autant d’encourager les jeunes du pays à se souvenir ».

Blackburn a annoncé les évènements qui auraient lieu, le 9 avril, en l’honneur de tous ceux qui ont servi à la Grande Guerre. Les cérémonies se sont déroulées au Monument commémoratif de guerre du Canada à Ottawa, au Monument commémoratif du Canada à Vimy, en France et au Mémorial du Canada à Londres. Des Recueils de pensées ont aussi été placés au Musée de la guerre, à Rideau Hall et dans les capitales des provinces. Anciens Combattants Canada a établi une connexion Internet à www.vac-acc.gc.ca/souvenir pour qu’on présente ses condoléances.

Né le 23 juillet 1900, Babcock était le huitième de 10 enfants dans une ferme près de Sydenham (Ont.). Un de ses frères ainés et lui se sont fait recruter en 1915. Bien qu’il ait indiqué sa vraie date de naissance quand il a signé les documents d’enrôlement, le 4 février 1916, son « âge apparent » y est indiqué comme étant celui de 18 ans. Il avait les cheveux blonds et mesurait cinq pieds, quatre pouces et demi. Il fut affecté au 146e Bataillon d’outre-mer et envoyé à Halifax en train.

À Halifax, il devint débardeur jusqu’à ce qu’on demande 50 hommes pour le Royal Canadian Regiment. Il se porta volontaire, disant qu’il avait 18 ans, et fut stationné à Sussex, où son âge réel fut découvert à nouveau. Il s’entraina au combat aux côtés des autres soldats canadiens trop jeunes jusqu’à ce qu’arrive la nouvelle de l’armistice.

De retour au Canada, il eut de la difficulté à trouver un emploi régulier et, peu après, s’en alla aux États-Unis. C’est là qu’il a rencontré Elsie, qui fut sa première épouse. Le couple déménagea à Spokane en 1932 et y eut un garçon et une fille.

Il avait obtenu la citoyenneté américaine en 1946. Cependant, son pays d’origine lui a manqué vers la fin de sa vie. On lui a porté de plus en plus d’attention au fur et à mesure que le nombre de vétérans de la Première Guerre mondiale diminuait. Le ministre des Anciens Combattants d’alors, Greg Thompson, est allé à Spokane lui remettre la Mention élogieuse du ministre des Anciens Combattants le 19 avril 2008.

C’est durant cette visite que Babcock a dit vouloir recouvrer sa citoyenneté canadienne. Thompson lui suggéra d’écrire au premier ministre. Babcock prit une feuille de papier et écrivit sur le coup : « Cher PM, pourrais-je ravoir ma citoyenneté canadienne? Je vous serais reconnaissant de votre aide. Merci, John Babcock. »

Thompson a remis le message au premier ministre Harper à l’occasion d’une réunion du Cabinet et Harper s’y est employé tout de suite. « Je pense que tout le monde s’est concentré sur le fait qu’il y avait une certaine urgence, étant donné son âge, et voulait le faire le plus vite possible », dit Thompson au Canwest News Service.

La Légion royale canadienne l’a honoré d’une carte à vie. En octobre 2008, le président national, Wilf Edmond, et l’agent d’administration de la Direction nationale, Danny Martin, sont allés à Spokane la lui remettre. Profitant de l’occasion, ils ont filmé Babcock passant un flambeau.

La vidéo a été montrée à la cérémonie du jour du Souvenir tenue au Monument commémoratif de guerre du Canada le 11 novembre de la même année. Babcock y disait : « Il ne faut jamais oublier nos camarades disparus au champ d’honneur. Je passe ce flambeau du souvenir à mes camarades. Tenez-le bien haut. »

À la base du monument se trouvaient quatre hommes : un représentant des vétérans de la Seconde Guerre mondiale, un de la guerre de Corée, un des déploiements au plateau du Golan et au désert du Sinaï et un des opérations actuelles du Canada en Afghanistan.

« Je n’ai participé à aucun maudit combat. Je me suis enrôlé et je serais allé en France si j’avais pu, mais on m’a mis dans un bataillon de jeunes soldats où on nous a entrainés sans arrêt. On s’est fait entrainer huit heures par jour; du vrai entrainement », a-t-il dit à Edmond.

Il s’exprimait clairement et a conservé la santé jusqu’à l’automne dernier, quand il a contracté une pneumonie et que son canal cholédoque s’est bloqué. Il a passé quelques semaines dans un hôpital pour anciens combattants et il est ensuite rentré chez lui où Dorothy, sa seconde épouse, a pris soin de lui.

Babcock a refusé une offre du gouvernement canadien pour des funérailles d’État, disant qu’il ne pensait pas les mériter car il n’avait pas combattu. Les funérailles privées ont eu lieu à Spokane le 27 février.

Blackburn a remis à Dorothy le drapeau unifolié qui flottait au-dessus de la Tour de la Paix le jour de sa mort.

Elle dit que ses cendres seraient dispersées dans les montagnes du Pacific Northwest.

Le départ de l’Afghanistan est discuté à la Conférence de la défense

La liste des participants à la Conférence des associations de la Défense (CAD) de cette année, qui a eu lieu au Château Laurier, au centre d’Ottawa, les 3 et 4 mars, a été aussi prestigieuse que d’habitude.

Bien que la vedette était sans nul doute le général David Petraeus, commandant du Central Command des États-Unis, le général et chef d’état-major de la défense Walter Natynczyk et les chefs de l’armée, de la marine et de la force aérienne étaient aussi de la partie.

Le discours d’ouverture du séminaire de l’Institut de la CAD, dont le thème était « La protection des intérêts nationaux du Canada dans un monde instable », a été prononcé par Eliot Cohen qui a mis la table, pour ainsi dire, grâce à son discours sur la guerre et la sécurité dans un monde instable.

Il vaut la peine de remarquer, pour des raisons de fierté canadienne, qu’il a commencé son alloctuion en parlant d’un entretien qu’il avait eu avec l’ancien chef d’état-major de la défense, Rick Hillier.

Cohen se souvenait que Hillier lui avait dit de ne pas « nous remercier d’être en Afghanistan. Ce n’est pas une faveur, et ce genre de remarque a quelque chose de condescendant. »

« En tant que diplomate, poursuivit Cohen, je me suis senti chagriné, mais j’ai compris le message. »

Cohen a ensuite enchainé avec son argument, décrivant en termes élémentaires les différences entre les conflits du 20e siècle et ceux d’aujourd’hui, disant principalement qu’il « s’inquiète que les États ont perdu le monopole de l’utilisation efficace de la force ».

Il dit que (l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord), les Nations Unies, Al-Qaeda et Hezbollah sont toutes des entités qui font la guerre. Peut-être qu’à l’avenir l’Union européenne la fera aussi. Peut-être même que Google la fera.

Son point est que l’âge des guerres faites par les États a été remplacé par celui des guerres faites par de nombreux combattants qui se battent tous pour leurs propres intérêts. « Nous vivons dans un monde où il est difficile d’évaluer la puissance militaire : pas seulement les capacités de l’ennemi, mais les nôtres aussi », dit-il.

La nouvelle réalité du conflit entraine, d’après Cohen, la nécessité de redéfinir la guerre. Les termes comme « contrinsurrection », « maintien de la paix », « guerre conventionnelle » ne suffisent plus. Le nouveau terme est « conflit hybride ».

« Ces guerres peuvent durer très, très longtemps, dit-il. Rappelez-vous la guerre de Cent Ans. »

Pour finir, Cohen a fait quelques remarques pessimistes, mais intéressantes. « Si l’Iran obtient des armes nucléaires, il y aura une course aux armements nucléaires au Moyen-Orient et ce sera terrible. »

Cohen a aussi mentionné la crise démographique à venir en Asie, notamment en Chine, où il y a beaucoup plus d’hommes que de femmes. « La testostérone est probablement la substance la plus dangereuse que l’humanité connaisse. »

La discussion la plus intéressante de la journée a peut-être été celle sur les leçons apprises en Afghanistan : toute la gamme des capacités, à laquelle a participé un groupe des plus grands
experts. Il s’agissait de Chris Alexander, ancien ambassadeur du Canada en Afghanistan et ancien représentant spécial adjoint aux Nations Unies; David Kilcullen, un des plus proches colla-borateurs de David Petreaus et auteur de The Accidental Guerrilla: Fighting Small Wars In The Midst Of A Big One (Le guérilléro accidentel : faire de petites guerres au milieu d’une grande); et le brigadier-général Jonathan Vance, commandant de la force opérationnelle afghane du Canada il y a peu.

Alexander a pris la parole en premier : « Il y a eu une pério­de de quatre ou cinq ans où les États-Unis et leurs alliés n’ont pas assez essayé de comprendre les talibans, les [autres militants], les Pakistanais, etc. C’est en partie à cause de l’Irak, mais il y avait aussi un désir de fermer les yeux », dit-il.

Alexander poursuit en disant qu’il y a plus de Pathans (le peuple d’où viennent la plupart des talibans et dont les terres tribales enjambent la frontière) au Pakistan qu’en Afghanistan. « Ça ressemble plus à une invasion […] qu’à une insurrection », dit-il en conclusion.

Ensuite, ce fut le tour de Kilcullen, par vidéoconférence, de Fort Bragg, en Caroline du Nord. « Nous avons commencé en disant qu’il fallait un commandement uni, mais en y réfléchissant bien, nous nous sommes aperçus que ce pouvait être contreproductif. Alors nous sommes passés à l’idée d’efforts unis, en vue d’un impact intégré. Ça aussi, ça s’est avéré une chimère. Alors nous en sommes venus à penser qu’il faut établir un diagnostic commun. […] Je pense que notre stratégie actuelle est la bonne, poursuivit-il, finalement. […]

« Aussi, dit-il pour conclure, il y a une certaine frayeur parmi les Afghans à la pensée que nous allons tous les quitter. »

Vance a parlé franchement de l’histoire récente des Forces canadiennes en Afghanistan. « L’insurrection a éclos plus vite qu’on pensait. Entre 2006 et 2009, nous savions tous que c’était une insurrection et nous savions qu’il fallait appliquer des principes de contrinsurrection, mais c’était une période où les ressources étaient insuffisantes. »

Toutefois, Vance soutient que les ressources actuelles sont meilleures. « Nous nous sommes concentrés sur l’Afghanistan et encore plus sur le Kandahar. La coalition fait feu de tout bois et elle va remettre les commandes au gouvernement afghan. »

Vance a quand même remarqué que le retrait des Forces canadiennes du Kandahar, qui doit avoir lieu en 2011, est considéré comme une sorte d’échec militaire, tout au moins par lui.

La conférence a changé de titre jeudi matin, bien que sa fonction soit restée la même, et le séminaire s’est transformé en assemblée générale annuelle dont le thème était « Ressources et capacités des Forces canadiennes lors de l’exercice de leur puissance ».

Le discours de Natynczyk a commencé par un aperçu des opérations des Forces à Haïti et aux Jeux olympiques, ces derniers ayant été une réussite grâce au fait que les Forces ont fait profil bas.

À propos de l’Afghanistan, il dit qu’il a « des raisons de se sentir un peu optimiste. L’année 2010 va être difficile, mais c’est aussi l’année où on va y tourner une page.

« Il y a un an, il n’y avait que deux bataillons au Kandahar, maintenant, il y en a quatre et un autre se prépare à y aller. L’OTAN, pour la première fois, a les forces qu’il lui faut au Kandahar. »

Après la réunion d’un groupe d’experts sur les médias et l’armée et une présentation de James Soligan sur l’OTAN, il y a eu la réunion d’experts sur les intérêts nationaux et la projection de force du Canada et les capacités requises.

Le vice-amiral Dean McFadden, chef maritime, dit que nous sommes au bord d’un « siècle de la marine […] Tout ce qui défie […] les lois de la mer menace les intérêts du Canada ».
Ensuite, ce fut le tour du lieutenant-général Andrew Leslie de l’armée de terre, puis celui du lieutenant-général André Deschamps de la force aérienne, qui ont tous deux donné des aperçus de leur service.

Le général David Petraeus dit avec sérieux : « Le Canada fait toujours partie des quelques rares pays que nous, militaires américains, voulons le plus à nos côtés quand les choses se compliquent », dit-il, et puis il a exhibé un drapeau canadien qui a flotté au-dessus d’un bastion au Kandahar et qui, ces temps-ci, flotte dans son bureau.

Effectivement, c’est surtout de l’Afghanistan qu’il a parlé.

« Les attaques ont atteint un nombre record (l’an dernier), dit-il et l’augmentation de la violence a miné le gouvernement afghan. »

Les propos de Petraeus auraient pu être compris comme établissant subtilement le bien-fondé d’une présence militaire en Afghanistan au-delà de 2011. « Pour empêcher les extrémistes transnationaux de prendre refuge en Afghanistan, il faut plus que des forces antiterroristes. Nous devons bâtir les forces nationales de sécurité afghanes, stabiliser le gouvernement, remplacer les narcotiques comme sources de revenus et rétablir les parties réconciliables de l’insurrection. »

Il est à noter que cette dernière expression est un bon euphémisme pour l’idée, qui prend de plus en plus de force, comme quoi les négociations avec les éléments talibans modérés sont la prochaine étape cruciale vers la stabilisation de l’Afghanistan.

Lorsque les discussions sont passées aux questions liées au retrait des Américains et des Canadiens, Petraeus a clairement dit que la position du gouvernement de Barack Obama n’était pas d’abandonner en 2011, « mais plutôt de commencer le transfert de l’autorité de la campagne […] Le processus de transition sera fondé sur l’évaluation des circonstances de chaque localité, et il s’agira alors de réduire les forces, pas d’abandonner ».

La convocation au Congrès

Le thème du 43e Congrès national de la Légion royale canadienne, qui doit avoir lieu du 13 au 16 juin, est : « Lieu de naissance de la Légion — unir la nation ». Il s’agit d’une allusion au choix de Winnipeg comme endroit du Congrès, où les groupes d’anciens combattants se sont réunis en 1925, à l’occasion du Congrès de l’unité, pour instituer la Légion. Le thème fait également allusion à la manière dont les anciens combattants ont offert une vision unifiée à propos des soins et des avantages que méritaient les hommes et les femmes ayant servi leur pays à l’horrible guerre à l’étranger.

Attendu que la Légion s’est souvent employée à obtenir des avantages pour les anciens combattants au fil des années, les légionnaires se réunissent à nouveau pour répondre aux besoins des jeunes gens qui servent actuellement leur pays, à la guerre, à l’étranger.

Les temps ont changé et les besoins de ces anciens combattants et de leur famille ont changé aussi. La Légion a été consultée à maintes reprises en ce qui a trait à la Loi sur les mesures de réinsertion et d’indemnisation des militaires et vétérans des Forces canadiennes, mieux connue comme la nouvelle Charte des anciens combattants, et elle l’a fortement appuyée. Cependant, il y a quatre ans que la charte est en vigueur et on note maintenant certaines lacunes. Au début, il avait été promis que la nouvelle Charte des anciens combattants serait un do­cument vivant, qui évoluerait selon les besoins.

Au Congrès, nombre de motions vont être mises à l’étude par les délégués. Beaucoup sont fondées sur les recommandations faites l’automne dernier par le Comité consultatif de la nouvelle charte des anciens combattants, dont la Légion est membre.

Parmi ces recommandations, il y a l’éducation du personnel idoine d’Anciens Combattants Canada, des fournisseurs de services et du public en ce qui a trait aux droits des anciens combattants et de leur famille et aux services qui leur sont offerts; l’amélioration des ressources accessibles grâce aux centres de ressources pour les familles des militaires; le perfectionnement des fournisseurs de soins en ce qui concerne les compétences et les connaissances liées aux soins de santé; et l’aide aux familles des membres des Forces canadiennes disparus. Il est nécessaire de faire en sorte que les anciens combattants aient un revenu équitable, seyant à une carrière militaire normale. Ces programmes doivent aussi être surveillés et des données recueillies afin de pouvoir analyser les besoins des anciens combattants.

Les légionnaires peuvent être fiers du travail qu’a fait leur organisation pour les anciens combattants, mais quand les délégués vont se réunir à Winnipeg, ils se pencheront sur ce qui reste à faire, car les anciens combattants sont au cœur du travail de la Légion.

La victoire en Europe

« J’ai vu un char au loin, la tête d’un soldat au-dessus et je me suis senti comme exsangue, et j’ai pensé : voici la libération. Quand le char s’est approché, je n’arrivais plus à respirer, et le soldat s’est levé, et il avait l’air d’un saint. Un silence assourdissant a enveloppé les gens, et il a été rompu soudainement par un grand cri, comme s’il émanait de la terre. Et les gens ont grimpé sur le char, et ils en ont sorti le soldat, et ils pleuraient […]. »

Le temps ne devrait jamais effacer ces paroles, dites en quelques secondes par un adolescent hollandais qui a été témoin de l’arrivée des chars canadiens à La Haye il y a 65 ans.

C’était le printemps et les Néerlandais, surtout ceux de la Hollande de l’Ouest qui avaient survécu, étaient au bout de leur endurance. Des milliers avaient péri, surtout pendant l’Hiver de la faim. Beaucoup d’autres avaient été transportés de force à des camps de transition. On ne peut pas comprendre exactement comment c’était que de se demander sans cesse si la misère s’arrêterait, si l’on survivrait.

Mais la fin est bien arrivée, même si c’était trop tard pour beaucoup.

Le 5 mai 1945, au village de Wageningen, le lieutenant-général Charles Foulkes, commandant du 1er Corps cana­dien, a accepté la reddition des troupes allemandes en Hollande. Le général Guy Simonds du 2e Corps canadien en a fait de même à son propre front, en Allemagne. La reddition officielle de l’Allemagne a été signée deux jours après à Rheims (France) et, le 8 mai, des millions de gens ont célébré le jour de la victoire en Europe. Au bout de cinq ans d’occupation nazie, l’Europe du Nord-Ouest était finalement libre.

À cet égard, nous présentons, en l’honneur du 65e anniversaire du jour de la victoire en Europe et des contributions des Canadiens, une section spéciale portant sur la vie d’un soldat qui s’y trouvait. Nous jetons aussi un coup d’œil à une importante séquence filmée au début de la fin du temps de l’ennemi en Europe du Nord-Ouest : le jour J en 1944. Le tout s’accompagne d’une synthèse rédigée par l’historien renommé J.L. Granatstein qui y a inclus, en plus d’autres renseignements importants, la citation immortelle de cet adolescent hollandais (page 3) Ajoutons que c’est une histoire où il ressort que les combats pour la libération de l’Europe ont été féroces jusqu’à la toute fin.

De plus, il est essentiel de reconnaitre qu’on ne doit pas moins aux soldats, aux marins et aux aviateurs qui n’étaient pas là pendant les dernières semaines de la libération qu’à ceux qui y étaient. Plus d’un million de Canadiens et de Terre-Neuviens ont servi à la Seconde Guerre mondiale. Quarante-cinq milles d’entre eux ont donné leur vie en des lieux lointains. Cinquante-cinq milles autres ont été blessés.

Les commémorations du jour de la victoire en Europe, de loin les plus importantes, vont avoir lieu aux Pays-Bas, où l’on est en lieu de croire que les habitants n’oublieront jamais les hommes et les femmes canadiens qui les ont libérés. Ainsi, le temps est venu de se sentir fier de la jeune nation d’alors, une nation qui, aujourd’hui encore, est toute disposée à mettre fin à la violence qui sévit en des lieux lointains.