Le Manitoba balaie jusqu’à la victoire à Terre-Neuve

Le temps était frais, la réception, chaleureuse et le curling, chaud au 54e Championnat de curling de la Légion royale canadienne qui a eu lieu, du 13 au 19 mars, à Stephenville (T.-N.).

L’équipe du Manitoba–Nord-Ouest de l’Ontario, composée de Jeff Stewart, Craig Douglas, Dwight Ferguson et Jeff Mowat, de la filiale Gladstone, a remporté la victoire. Or, tous se sont sentis comme des champions lors de leur séjour à Stephenville, sur la rive de la baie St-Georges, le long de la côte sud-ouest de Terre-Neuve.

« Wow, wow, wow, wow, wow », dit Jeff Mowat, premier de l’équipe manitobaine, lors du banquet de fermeture. La célèbre hospitalité terre-neuvienne, associée aux repas succulents et à l’environnement somptueux de la semaine, avait rappelé une fête à bord d’un paquebot de luxe.

Pour une ville dont la population n’est que d’environ 8 000 personnes, les édifices de Stephenville sont plutôt impressionnants, grâce à la base aérienne Ernest Harmon, construite par les États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale pour recevoir 4 000 soldats américains. Quelque 132 000 militaires par année passaient par l’aérodrome. Quand, en 1966, la base a été condamnée, la propriété, qui était évaluée à 179 millions de dollars, a été abandonnée au Canada. Beaucoup d’entreprises de la ville et de services communautaires régionaux sont maintenant logés dans les anciens édifices militaires.

La filiale Stephenville a obtenu le chic club d’officiers de la base construit en 1950, pour une somme symbolique, à peu près 10 ans après la fermeture. « L’intégrité structurale et le décor du club en général ont été maintenus par la Légion par des efforts herculéens », dit Fred Stagg, membre de la filiale et maitre de cérémonie lors des évènements officiels.

Le club de curling Caribou occupe, ces jours-ci, l’ancien club récréatif de la base qui offre un salon, un gymnase et une salle de quilles à ses 1 000 membres. « Le bois d’une salle de quilles est incomparable, extrêmement durable et couteux », dit Stagg. Le club de curling a recyclé ce trésor et en a fait le couvre-plancher de son salon.

Les joueurs allaient d’un de ces deux édifices splendides à l’autre pendant les évènements principaux de la semaine. Les équipes avaient été reçues par des chauffeurs bénévoles, le samedi, quand elles sont arrivées, petit à petit, à l’aéroport de Deer Lake, à environ 134 kilomètres au nord de Stephenville.

Le dimanche a débuté par la couture des armoiries et la réunion des capitaines. Ensuite, à midi, les représentants, les invités et les joueurs se sont rassemblés à une cérémonie à la salle de la filiale, où la première vice-présidente de la Direction nationale, Pat Varga, a déposé une couronne devant une simple croix faite à la main par une étudiante de la communauté, Alyssa Gosbee. Elle était accompagnée par le président de Terre-Neuve-et-Labrador et membre de la filiale, Stephen Pottle.

L’ouverture officielle a eu lieu ce soir-là, au club de curling Caribou, où se sont déroulés les présentations et les discours des dignitaires, dont des politiciens de la place, Barry Lomond, président du club de curling et ancien joueur aux nationaux de la Légion, et le président du Comité des préparatifs locaux, Charlie Earle.

La première pierre a été lancée par le colonel honoraire Richard Alexander, vétéran de la Seconde Guerre mondiale et de celle de Corée, qui était accompagné par le président Warren Quinton. Le premier des sept tours de la poule a commencé peu après.

Les équipes étant de forces presque égales, les meneurs ont mis du temps à se démarquer. L’équipe de la Division de la Colombie-Britannique–Yukon, pour qui la seconde place semblait être du tout cuit, a fini par se faire battre non seulement par l’équipe gagnante, mais aussi par les deux qui avaient les scores les plus faibles.

Au début du tour du milieu, le mardi matin, les équipes du Manitoba, de l’Î.-P.-É., de la Colombie-Britannique–Yukon de la filiale Cowichan de Duncan (Île de Vancouver) et de la filiale Stephenville, qui représentait Terre-Neuve-et-Labrador, avaient toutes deux victoires, alors que les équipes de la filiale Lancaster de Saint-John (N.-B.), de Meadow Lake (Sask.), de Bridgewater (N.-É.) et de la filiale Col. John Bourque de Sherbrooke (Qc) en avaient une chacune. L’équipe du Manitoba venait de perdre sa seule partie, un lessivage à 8-1, et ses grandes sauvegardes potentielles s’étaient transformées en manches à plusieurs points pour l’Î.-P.-É.

« Ça nous a galvanisés, dit le premier du Manitoba, Mowat. « Il m’arrive de penser que c’est ce qu’il faut; ça pousse à multiplier les efforts, et ça aide à se concentrer. »

À la quatrième partie, c’était au tour du Manitoba de marquer des points, d’en inscrire trois à la cinquième manche et d’en voler trois à la huitième, finissant ainsi par une victoire de 9-4 devant la Saskatchewan. L’Î.-P.-É. a perdu de justesse, 8 à 9, contre le Nouveau-Brunswick. La Colombie-Britannique, Terre-Neuve et le Manitoba commençaient à se démarquer du peloton à trois victoires chacun.

Au cinquième tour, la Colombie-Britannique et le Manitoba se sont fait connaitre clairement comme les meneurs, à quatre victoires chacun, et ils se sont mesurés au sixième tour. Les deux équipes semblaient de forces égales au début, la Colombie-Britannique inscrivant un point à la première manche, le Manitoba en inscrivant deux à la deuxième et la Colombie-Britannique, deux à la troisième.

C’est à la quatrième manche qu’a eu lieu « le moment le plus excitant de la semaine pour moi, dit Mowat. Notre capi­taine (Jeff Stewart) devait simplement passer à côté d’une pierre parmi les quatre plus fortes et en frapper une à l’arrière. Il a réussi et ça a été une sortie à trois points. Ça a vraiment changé l’élan de la partie. » Le Manitoba a abandonné deux autres points pendant le reste de la partie, et en a inscrit cinq lui-même.

« C’était une manche importante pour nous, dit Stewart. Ça nous a donné le contrôle et on l’a gardé jusqu’à la fin de la partie. » Le score final a été de 10 pour le Manitoba et de 5 pour la Colombie-Britannique.

On prévoyait un bris d’égalité en arrivant au septième tour. Bien que le Manitoba menât grâce à ses cinq victoires, il devait se mesurer au Québec, qui n’avait gagné qu’une seule fois, et la Colombie-Britannique, qui était alors en deuxième position, devait faire face à la Saskatchewan. Si la Colombie-Britannique et l’Î.-P.-É. gagnaient leur partie, il y aurait une belle pour la deuxième place. Si le Québec gagnait contre le Manitoba, il y aurait peut-être un bris de triple égalité pour déterminer le champion.

En fin de compte, il n’a pas fallu de belle.

Le Manitoba a défait le Québec 8-2, l’Î.-P.-É. a gagné 7-1 devant Terre-Neuve et la Colombie-Britannique — une surprise — a perdu 5-8 contre la Saskatchewan, qui a réussi un triple à la neuvième manche et volé un point à la dixième.

« On est assez heureux. On a eu une mauvaise partie, mais on a assez bien joué les autres », dit le capitaine de  l’Î.-P.-É., Mel Bernard, qui, s’étant attendu à finir troisième, derrière la Colombie-Britannique, a été agréablement surpris de finir deuxième. Il s’agissait d’une fin familière pour Bernard, dont l’équipe a terminé en seconde position au curling sénior à Surrey (C.-B.), il y a quatre ans. Au cours des années, il a fait partie de quatre équipes qui ont terminé en deuxième place au curling national.

« Nos supporters nous ont beaucoup appuyés », dit le se­cond du Manitoba, Dwight Ferguson, qui, avec Douglas et Mowat, s’est placé en troisième place au championnat de 1998, à Chester (N.-É.).

Les activités mondaines étaient tout aussi enrichissantes que le curling. Les repas étaient délicieux, comme celui qui a eu lieu à la filiale St. George, à environ une demi-heure de l’autre côté de la baie, où ont été servis caribou et orignal, poulet de Cornouailles, rôti de porc farci, fruits de mer, délices de la région (les fèves à la mortadelle), et toutons : de la pâte à pain sautée qui ressemble aux queues de castor du centre du Canada et aux dough gods (dieux en pâte) de l’Ouest.

Quoi qu’il en soit de la nourriture, cette dernière a été éclipsée par la cordialité, la gentillesse et la prévenance non seulement des 70 bénévoles du club de curling et de la filiale, mais aussi des résidents de la place. « Que dire de l’hospitalité? demandait Varga au banquet de fermeture. (Nous) nous attendions à ce qu’elle soit fantastique, mais, Stephenville, vous avez fait encore mieux : les bras m’en tombent. »

Les curleurs qui s’en vont, dit Varga, ont découvert de nouveaux endroits, se sont fait de nouveaux amis et ont renoué avec les vieilles connaissances. « C’est ça, la Légion […] l’amitié et la camaraderie. »

Mowat abonde dans le même sens. « La camaraderie, c’est le plus important. Gagner, c’est en prime. »

Soyez le bienvenu, Monsieur Blackburn

Nous souhaitons la bienvenue au député fédéral Jean-Pierre Blackburn au poste de ministre des Anciens Combattants. Blackburn, qui a prêté serment en tant que ministre le 19 janvier, était au Parlement dans le temps de Brian Mulroney, entre 1984 et 1993, et il y est retourné en 2006. Il était ministre du Revenu national et mi­nistre d’État à l’Agriculture depuis 2008 et, bien qu’il déménage du Revenu natio­nal aux Anciens Combattants, il garde son poste de ministre d’État à l’Agriculture.

En tant que ministre des Anciens Combattants, il n’aura pas le temps de s’ennuyer. C’est évident quand on sait que 56 résolutions liées aux questions des anciens combattants ont été arrêtées au 42e Congrès national de la Légion royale canadienne, à Ottawa, il y a deux ans. La plupart de ces questions et certaines autres seront à nouveau débattues, en juin, quand la Légion se réunira à Winnipeg, à l’occasion du 43e Congrès national. Comme la Légion le sait depuis longtemps, ce n’est qu’en persévérant sur ces questions que progrès il y a.

Les vétérans de la Seconde Guerre mondiale ont plus de 80 ans et ils ont un besoin pressant des nombreux avantages que la Légion s’évertue à leur obtenir depuis longtemps. Offrir les avantages du Programme d’autonomie des anciens combattants (PACC) aux anciens combattants frêles, sans tenir compte de l’endroit où ils ont servi ni de leur situation financière, est une des priorités. L’adaptation du foyer, la popote roulante et l’entretien de la maison et du terrain repoussent le moment où l’ancien combattant est obligé d’aller vivre dans un établissement de soins de longue durée. Cela lui permet de rester où il est pro­bablement le plus à l’aise, et cela permet au gouvernement, étant donné les couts élevés des soins en institution, de réaliser des économies.

Une telle modification au PAAC déplacerait la prestation d’avantages, d’une approche fondée sur le programme — qui tient compte du théâtre de guerre où a servi l’ancien combattant, de l’importance de l’invalidité liée au service et des moyens pécuniaires — à une approche fondée sur les besoins de l’ancien combattant.

L’augmentation de l’octroi maximal permis dans le cadre du Programme de funérailles et d’inhumation des anciens combattants jusqu’à un montant équi­valent à celui qui a été institué pour les membres des Forces canadiennes et de la GRC est une des questions dont il faut s’occuper sans plus tarder. Les couts des funérailles sont élevés et les octrois n’ont pas augmenté en même temps que le cout de la vie. Il est temps que de nouveaux taux soient établis.

La Légion aimerait aussi que tous les anciens combattants aient automatiquement droit à une stèle funéraire à leur décès. Le test des moyens qui sert à décider si la succession de l’ancien combattant suffit à couvrir le cout de funérailles dignes est insultant aux yeux de beaucoup d’anciens combattants et de leur famille, et il devrait être supprimé.

Les besoins des anciens combattants qui vieillissent augmentent, bien sûr, mais le ministre des Anciens Combattants doit aussi être conscient des anciens combattants les plus jeunes. Il s’agit des hommes et des femmes qui servent actuellement ou qui viennent de quitter les Forces et qui doivent s’adapter à la vie civile pour la première fois de leur vie d’adulte. Beaucoup reviennent au Canada après avoir pris du service en Afghanistan. Et beaucoup sont blessés; certains physiquement, d’autres mentalement.

La Loi sur les mesures de réinsertion et d’indemnisation des militaires et vétérans des Forces canadiennes, appelée aussi la nouvelle Charte des anciens combattants, concerne les préoccupations des anciens combattants d’aujourd’hui. La charte, entrée en vigueur en avril 2006, nous a été promise en tant que « document vivant » : un document qui serait modifié quand on y remarquerait des failles ou des limitations ou quand les besoins des clients changeraient. Anciens Combattants Canada a formé pour ce faire le Comité consultatif de la nouvelle Charte des anciens combattants, où la Légion est représentée.

Le Comité a remarqué des lacunes dans la Charte et recommandé 17 améliorations dans son rapport de décembre. La principale était de donner aux anciens combattants et à leur famille un meilleur accès aux services offerts par le Centre de ressources pour les familles des militaires, y compris l’aide psychosociale pour les enfants, les services de toxicomanie et de santé mentale, et les services de formation et de placement pour les conjoints des anciens combattants invalides.

Autres domaines sur lesquels il faut se pencher : a) faire en sorte que les anciens combattants invalides aient un revenu juste, équitable et seyant à une carrière militaire normale; b) remplacer l’approche aux avantages économiques basée sur l’assurance par une approche basée sur les besoins; c) améliorer les services de réadaptation et mettre en œuvre de meilleurs moyens de collecter des renseignements pour décider si les programmes et les services que la Charte offre aux anciens combattants modernes sont satisfaisants.

Par ailleurs, certains se demandent si le paiement forfaitaire pour invalidité est vraiment efficace. Beaucoup d’associations d’anciens combattants ont fait remarquer que le versement sert bien à l’ancien combattant au moment où il quitte les Forces canadiennes, mais qu’il se peut que cette assistance ne dure pas assez longtemps. Auparavant, l’ancien combattant invalide pouvait toucher une pension mensuelle pour le reste de sa vie.

Il s’agit là de quelques-unes des questions importantes que le nouveau ministre doit régler, et nous lui souhaitons du succès. Cela fait beaucoup pour un ministre, surtout quand ses responsabilités au Cabinet sont divisées.

Interprétation de la Charte

Dans les prochains articles de cette rubrique, nous donnerons des éclaircissements sur la nouvelle Charte des anciens combattants. Mise en application en avril 2006, elle sert à offrir une aide de placement, des services de réadaptation, des avantages financiers, des soins de santé, de l’aide à l’éducation et des avantages d’invalidité aux membres des Forces canadiennes (FC) actuels ou anciens, et à certains réservistes.

Les avantages financiers sont les suivants :
• Compensation pour perte de revenu (CPR) : un avantage imposable qui revient à 75 % du salaire brut, moins les revenus d’autres sources règlementaires; cela peut être fourni de façon temporaire si l’ancien combattant prend part à un programme de réadaptation, ou jusqu’à 65 ans s’il souffre d’une « invalidité totale et permanente » relativement aux emplois convenables, ou jusqu’au jour du décès non relié au service avant 65 ans;
• Allocation pour déficience permanente (ADP) : un avantage imposable pour compenser la perte d’occasions d’emploi à cause d’une blessure;
• Prestation de retraite supplémentaire (PRS) : un paiement forfaitaire de 2 % des allocations pour perte de revenu (PR) totales qui auraient été perceptibles par un ancien combattant ou un survivant, sans égard pour la CPR;
• Soutien du revenu des Forces canadiennes (SRFC) : un avantage non imposable que le demandeur peut obtenir quand il a terminé la réadaptation et qu’on le juge apte à l’emploi; l’ancien combattant doit prouver qu’il n’a plus droit à la CPR et qu’il répond à la condition de résidence canadienne et aux critères liés à l’emploi et au placement.

Ont droit aux avantages d’invalidité ceux qui :
• souffrent d’une invalidité médicale liée au service ou qui a été aggravée par lui, et qui en font la demande après le 1er avril 2006;
• sont membres des Forces, ou qui l’ont été, après le 1er avril 1947, sauf ceux qui ont fait la guerre de Corée;
• sont des survivants (à certaines conditions).

On a droit aux avantages de la CPR si on :
• a un plan de réadaptation ou d’assistance professionnelle;
• est le survivant (ou l’orphelin) d’un membre des Forces mort des suites d’une blessure ou d’une maladie qui ont eu lieu en service, ou bien d’une blessure ou d’une maladie aggravées par le service.

Peuvent avoir droit à l’ADP les anciens combattants qui :
• souffrent d’une infirmité physique ou mentale grave et permanente;
• ont un plan de réadaptation qu’a approuvé Anciens Combattants Canada;
• ont reçu une indemnité d’invalidité liée à cette infirmité.

Ont droit aux avantages de la PRS :
• les vétérans des Forces atteints d’une invalidité totale et permanente de 65 ans ou employés qui n’ont plus droit aux avantages de la CPR;
• les survivants de membres actuels ou anciens des Forces, tenant compte de certains critères d’admissibilité.

Ont droit aux avantages du SRFC :
• les anciens combattants qui n’ont plus droit aux avantages de la CPR, ont suivi le programme de réadaptation avec succès, ont besoin d’aide financière parce que le revenu du ménage ne suffit pas aux besoins de base, habitent au Canada et ne peuvent pas trouver d’emploi convenable.

À votre service est écrit par des officiers d’entraide des directions de la Légion. Pour communiquer avec un officier d’entraide, composez sans frais le 1-877-534-4666, ou visitez le site web d’une direction. Consultez www.legionmagazine.com pour les archives de 3 années.

2009 — l’année en résumé

La visite royale : Le point culminant de l’année

Peu après 11 h le 11 novembre 2009, Son Altesse Royale le prince Charles de Galles a déposé une couronne au Monument commémoratif de guerre du Canada en mémoire de tous les Canadiens qui sont morts en service dans la marine cana-dienne, militaire ou marchande. Portant son uniforme des Forces canadiennes — il est colonel en chef de six régiments au Canada — il s’est joint à Michaëlle Jean, gouverneure générale du Canada et commandante en chef des Forces armées canadiennes, resplendissante, elle aussi, dans un uniforme vert de l’armée.

Ils composaient le groupe vice-royal aux côtés de la mère de la Croix d’argent nationale, du premier ministre du Canada, des présidents des Communes et du Sénat, du ministre des Anciens Combattants, du chef d’état-major de la défense, des représentants de la jeunesse et du président national Wilfred Edmond.

C’était une occasion spéciale pour la Légion royale canadienne, car c’est la première fois que la gouverneure générale et lui portaient un uniforme à cette cérémonie. Le moment le plus sensationnel, toutefois, a été celui où des groupes d’anciens combattants ont à leur tour déposé des couronnes en mémoire de leurs camarades perdus.

Une foule record de 55 000 personnes assistait à la cérémonie et, pour la première fois depuis plusieurs années, le temps était au beau fixe.

Le secrétaire national Duane Daly a été remplacé par l’ancien directeur de l’administration Brad White. Ce dernier a été remplacé à son ancien poste par Steven Clark, et Bill Maxwell, un ancien de la GRC, est le tout dernier membre de l’administration.

Le président des débats s’est présenté au Comité permanent des affaires des anciens combattants pour donner le point de vue de la Légion comme quoi la nouvelle Charte des anciens combattants est une « charte vivante » qui devrait être modifiée au besoin et pour noter qu’il y a un besoin urgent d’améliorations, surtout dans le domaine des avantages liés à la perte pécuniaire.

Il a siégé au Comité consultatif de la nouvelle Charte des anciens combattants en avril et en octobre. Les recommandations du Comité, que l’on trouvera à www.legion.ca, ont été publiées en décembre. Le président a envoyé une lettre à tous les députés fédéraux pour leur demander d’appuyer le projet de loi C-201 sur la récupération dans le Régime des pensions du Canada qui concerne les pensions versées aux membres des Forces et de la GRC. La Légion a aussi été représentée devant le comité en novembre afin d’offrir son soutien, mais, malheureusement, le projet de loi y a été rejeté.

La Légion s’est présentée au Sous-comité des anciens combattants du Sénat en octobre et a assisté aux réunions de l’Association canadienne de gérontologie où elle a pris part à un forum sur les pratiques novatrices.

Le directeur du Bureau d’entraide a pris part, en septembre et en octobre, aux sessions de perfectionnement professionnel pour les officiers de l’Est et de l’Ouest en service et il a dirigé des séances de formation pour les nouveaux officiers d’entraide, leurs assistants et d’autres parties intéressées, à la Direction nationale. Le Bureau d’entraide a aussi dirigé trois séances de formation destinées aux moniteurs de soins de longue durée et produit et distribué le document Commentaires sur les résolutions où les réponses du gouvernement aux résolutions prises au Congrès national sont résumées.

Il a continué de chercher des occasions d’offrir son aide aux membres militaires réguliers et réservistes tout en représentant les membres des Forces et de la GRC, les anciens combattants et leur famille qui demandent des avantages, en s’occupant des demandes d’assistance et en faisant des appels au Tribunal des anciens combattants (révision et appel). Cette initiative, pour montrer que « on se soucie », a été adoptée en même temps par les directions divisionnaires.

Le Bureau d’entraide a continué de surveiller les activités entreprises dans le cadre du programme de logement de la Légion. Anciens Combattants Canada a été consulté sur le renouvellement d’un accord de partenariat.

Au printemps, le Comité des adhésions, présidé par la vice-présidente nationale Paulette Cook, a produit un nouveau dépliant où sont inscrits les noms des partenaires du Programme de bénéfice pour membres de la Légion. Ce pourrait être un outil de recrutement au même titre que la brochure La LRC a besoin de vous. Le comité a aussi institué des primes d’encouragement pour les gens qui travaillent très fort à améliorer l’affilia­tion à la Légion. Il a conçu une carte de visite sur laquelle est écrit « À plus tard à la Légion » et qu’on peut personnaliser de l’autre côté pour la filiale ou le membre.

La chef de la section de l’adhésion a été invitée à quatre des 10 congrès divisionnaires qui ont eu lieu en 2009 afin de résoudre des difficultés. En aout, elle a été invitée à la rencontre d’athlé­tisme de la Légion pour renseigner les gens et, en octobre, elle a installé un kiosque à l’exposition de médias Zoomer, à Toronto, à laquelle plus de 22 000 personnes ont assisté.

Le Comité a continué de promouvoir les campagnes de renouvellement du sociétariat en insérant des annonces dans nos pages et en recrutant grâce à des annonces placées stratégiquement dans les pério-diques qui ciblent les membres en service ou les anciens des Forces et de la GRC.

Les Comité a également continué d’offrir l’adhésion gratuite pendant un an aux militaires prenant leur retraite, afin d’augmenter le nombre de membres ordinaires de la Légion. À la fin de 2009, il y avait 130 personnes qui s’étaient associées de cette façon-là.

Le Comité du coquelicot et du souvenir, sous la présidence du vice-président national Gordon Moore, a conti-nué, en 2009, de promouvoir le souvenir auprès de la jeunesse.

En juillet, il y a 31 pèlerins en tout qui ont acquis un respect solennel envers les Canadiens qui ont donné leur vie pour le Canada et ils y ont appris à l’avenant à mieux les apprécier.

Par ailleurs, plus de 100 000 élèves ont participé aux concours littéraires et d’affiches annuels. Les gagnants dans la catégorie nationale des élèves plus âgés sont les suivants : Sam Loewen de Lethbridge (Alb.), affiche en couleurs; Nathalie Lloyd de Waterloo (Ont.), affiche en noir et blanc; Stephanie Adams de Newport (N.-É.), composition; et Hailey Cervo de Nobleford (Alb.), poésie. Ils sont allés à Ottawa où ils ont participé à la cérémonie nationale du jour du Souvenir.

Les lauréats des prix du Cadet de l’année, qui sont également allés à Ottawa où ils ont servi de porteurs de couronne, sont les suivants : l’adjudant des cadets de l’armée Maxime D. Charron de Victoriaville (Qc), le maitre de première classe des cadets de la marine Anastasia Burtnick de Winnipeg (Man.) et le sergent de section des cadets de l’aviation Jonah Todd de Whitehorse (Yn).

Della Morley d’East St. Paul (Man.) a été nommée mère de la Croix d’argent de 2009-2010. Son fils, le caporal Keith Morley, avait été tué en Afghanistan en 2006. Elle a déposé une couronne à la cérémonie nationale de la part de toutes les Canadiennes qui ont perdu un enfant à la guerre ou à quelque autre conflit.

De plus, le Comité a étudié 83 demandes d’utilisation de l’image du coquelicot et plusieurs dépenses spéciales des fonds de fiducie du coquelicot. La Légion a collaboré à nouveau avec le ministère des Affaires étrangères et du Commerce international pour distribuer des coquelicots aux missions étrangères canadiennes et aux militaires déployés à l’étranger.

Des gardes du drapeau de la Légion ont participé aux deux demi-finales de football canadien à Hamilton et à Calgary, et des coquelicots y ont été distribués.

Le Comité de la défense, présidé par Lou Cuppens jusqu’à sa démission à la fin de l’année, a vivement manifesté sa présence dans la communauté de la défense par l’entremise de son adhésion au conseil d’associations de la défense. Conséquemment, la Légion a présenté des exposés au Conseil de l’Armée et au Secteur de l’Atlantique de la force terrestre.

Les soins au personnel militaire après le déploiement étaient en tête de liste des affaires du comité tout comme le Comité des anciens combattants, des services et des ainés. Il a répertorié des besoins et fait des recommandations au Conseil exécutif national sur la manière de promouvoir l’assistance offerte par la Légion.

Le Comité s’est aussi occupé de questions qui intéressent les militaires, comme la reconnaissance du service, les critères d’attribution de la Médaille du sacrifice, les nouveaux critères d’attribution de la Croix du Souvenir (d’argent) et les exigences des provinces concernant les plaques d’immatriculation d’ancien combattant.

Le Comité des décorations et récompenses, présidé par George O’Dair, a autorisé l’introduction d’une plaque de membre à vie pour les dames auxiliaires et amélioré le motif des bannières des directions et des filiales de la Légion. Il a créé des barres pour commandant de défilé et pour sergent-fourrier à ajouter aux médailles de la Légion, et révisé le manuel du rituel et des insignes, le prix national des médias et celui de l’amitié.

Le Comité a autorisé le service de l’approvisionnement à produire un prix du légionnaire de l’année et à le vendre aux filiales ou aux divisions sans l’accord d’une direction supérieure. À la fin de l’année, il avait aussi révisé cinq motions à présenter au Congrès national de 2010. Il a accepté de décerner 99 médailles du service méritoire, 20 certificats pour service méritoire et 38 palmes à MSM et à CSM.

Le Comité a continué de soutenir la décision du Conseil exécutif national selon laquelle seul l’étendard de la Légion devrait être mis en berne.

Le Comité des relations publiques, présidé par le vice-président national Erl Kish, n’a pas cessé d’améliorer l’image de marque de la Légion partout au pays. Il a révisé les plans dressés pour 2009 et en a composé un autre pour 2010 à 2012. Il a effectué un sondage des filiales qui a été totalisé à temps pour la réunion de février du CEN.

Le Comité a aussi considéré d’autres propositions soumises à la Légion, dont le tirage au sort national d’une motocyclette construite spécialement pour l’organisation, le déploiement du drapeau canadien dans les salles de classe du pays et la promotion d’une émission de télévision où l’on raconterait des histoires d’ancien combattant. La première n’était pas faisable, la deuxième a été affichée au babillard de la Légion en tant qu’idée que les filiales pourraient relever et la troisième, bien qu’elle n’ait pas été promue, a été appuyée en principe. La réalisation d’une vidéo pour soutenir le Comité de l’adhésion a aussi été mise en marche.

Les membres du Comité ont appuyé les Forces canadiennes en assistant à tous les championnats sportifs, aux marches de Nimègue et à la tournée de spectacles en Afghanistan. Le Comité a poursuivi son programme d’annonces de service public visant à soutenir le Comité du coquelicot et du souvenir, et il a composé des plans pour relancer ses annonces télévisées en faveur du Comité des adhésions et de celui du coquelicot et du souvenir.

Le travail sur l’actualisation des ordinateurs, l’ajout d’équipement et l’éta­blissement d’un nouveau site Web se sont poursuivis au département des communications. Les statistiques ont démontré que le matériel installé depuis 2008 a décuplé l’utilisation du site en 2009. Le Fonds de moral des troupes de la LRC a été l’objet de l’apport de fonds des filiales et des Canadiens en général. À la fin de l’année, 686 150 $ avaient été ramassés en tout depuis l’institution du fonds et 236 000 certificats avaient été distribués.

Le Comité des constitution et lois, présidé par l’ancien directeur du Bureau d’entraide Jim Rycroft, a continué de mettre à jour les Arrêtés généraux et de donner des conseils sur les questions juridiques au Conseil exécutif national, lorsqu’il en avait besoin. Le Comité de l’unité des anciens combattants, présidé par le grand président honoraire Charles Belzile, a conclu un accord avec d’autres associations d’anciens combattants pour collaborer sur des questions d’intercession en faveur des anciens combattants sans abandonner le droit de se représenter soi-même.

Le Comité de la LRACC (Canada), présidé par le président national Edmond, a continué d’offrir son aide aux anciens combattants de la région des Antilles par l’entremise de leur association. En 2009, 184 anciens combattants et 130 veuves ont été assistés grâce à des contributions totalisant 279 070 $ et 243 435 $, reçues lors des 10 congrès nationaux. En avril, le président national et l’ancien secrétaire national ont assisté, à Londres (Angleterre), à la réunion du Standing Committee on Welfare Programs (Comité permanent des programmes de bien-être), où ils ont promis d’autres fonds à la région des Antilles.

Le Comité des sports, présidé par la première vice-présidente nationale Patricia Varga, a organisé les cham-pionnats de cribbage, de fléchettes et de curling, ainsi que les championnats d’athlétisme de la Légion pour la jeunesse canadienne.

Le championnat de cribbage, organisé à la filiale Aldergrove (C.-B.), a été remporté par James Kay de Port Coquitlam (C.-B.) chez les simples et par Richard et Joan Thibodeau de la filiale Miscouche (Î.-P.–É.) chez les doubles. Ces derniers ont aussi remporté le championnat dans la catégorie des équipes avec Eldon Doucette et Sherry Wright.

La filiale Men of Vision de Cochrane (Alb.) a organisé les championnats de fléchettes, où le titre chez les simples a été remporté par John Verwey de la filiale Blythe (Ont.) et celui des doubles par Tim Schryer et Tom Van Hoof de la filiale Sault St. Marie (Ont.). L’équipe gagnante, composée de Sébastien Gagnon, Gerald Hull, Jason Hurley et Kevin MacArthur, avait été envoyée par la filiale LaSalle (Qc).

Le championnat de curling a été orga-nisé à la filiale Maple Ridge (C.-B.) et remporté par la filiale Nutana de Saskatoon.

Les Championnats d’athlétisme ont eu lieu à l’Université de Sherbrooke, au Québec, où 300 athlètes parrainés par la Légion et 250 de la catégorie ouverte ont assisté à une rencontre de deux jours.

Luc Blanchard, président du Club d’athlé­tisme de Sherbrooke et invité d’honneur aux cérémonies, a inauguré la rencontre. Le caporal Jody Mitic, double amputé vétéran d’Afghanistan, a été invité à prendre la parole au banquet de fermeture.

Six records de la Légion ont été battus, dont cinq par des athlètes de la Légion, et les meilleurs athlètes masculin et féminin de la Légion, qui ont reçu des trophées de Rencontres du Canada, sont Steven Ajayi et Sarah Moss de la Division de l’Ontario. Ils ont aussi obtenu les frais de scolarité et de transport pour le forum des jeunes d’une semaine, à Ottawa. C’était une première dans une série d’échanges gratuits entre les championnats d’athlétisme et Rencontres du Canada.

Par ailleurs, au service de l’approvisionnement, plus de 32 000 envois ont été effectués, dont 16 000 commandes du catalogue et 2 000 de coquelicots en vrac. Plusieurs nouvelles gammes de produits ont été lancées pendant l’année, dont la très populaire bougie pour cérémonie de commémoration. L’ajout au catalogue de pages touchant la reconnaissance des partenaires du Programme de bénéfices pour membres et des formulaires liés aux opérations de filiale a été accueilli avec plaisir.

Les ventes de l’année ont encore augmenté. En plus de la réduction des couts, elles ont à nouveau permis au service de l’approvisionnement de fournir une part importante des profits aux directions divisionnaires. Aux échelons divisionnaire et national, les profits ont servi à appuyer les œuvres importantes que réalisent les nombreux milliers de bénévoles de la Légion et qui rappellent à nos anciens combattants, à leur famille et à nos collectivités que « on se soucie ».

L’année 2009 en a été une de changements à la Légion, surtout en arrière-scène. Bien que les opérations se soient poursuivies comme d’habitude, la Légion a continué à les faire mieux et à meilleur marché que jamais.

Une campagne de cartes postales couronnée de succès

Notre campagne de cartes postales pour les troupes a commencé et il y a des écoles et des particuliers qui ont communiqué avec notre bureau pour nous en demander d’autres.

L’idée des cartes postales est née quand notre rédacteur en chef, Dan Black, composait un reportage pour notre numéro de novembre-décembre sur les lettres écrites par des militaires pendant les guerres mondiales et celle de la Corée, ainsi que lors des opérations de l’après-guerre, celles d’Afghanistan incluses. Le reportage comprenait de nombreuses lettres originales assemblées par Bibliothèque et Archives Canada et des histoires connexes sur la manière dont les lettres avaient été livrées et les réponses reçues par Gladys Osmond, de Terre-Neuve, qui a écrit des milliers de lettres aux membres des Forces cana­­diennes en service autour du monde.

Le numéro contenait trois cartes postales bilingues où les personnages étaient des animaux. L’adresse des Forces canadiennes avait été imprimée sur les cartes, à qui nous avons laissé le soin de les distribuer aux militaires qui servent en Afghanistan. L’expéditeur n’avait qu’à écrire une note, apposer un timbre et mettre la carte dans une boite aux lettres.

Nous avions imprimé un excédent de cartes postales pour le numéro afin de les donner aux groupes qui nous en demanderaient. Quelque 1 000 cartes nous ont été demandées pendant les trois premières semaines après la publication du numéro.

« Les élèves aiment prendre part à des campagnes comme celle-ci » dit l’ensei­gnante Shelley Knott de l’école secon­daire de Mayerthorpe (Alb.). « L’envoi de cartes postales aux troupes en Afghanistan leur permet de faire une grande différence en tant que petit groupe. Ça entre bien dans ce qu’on essaie d’enseigner par rapport à encourager le travail d’équipe et l’action locale qui ont un résultat à l’échelle du monde. »

La campagne a aussi été remarquée par Stephen Monaghan, membre de la filiale Whitby (Ont.). « Je suis membre de la Légion. Je me suis dit que ce serait une excellente idée pour la classe de ma fille quand j’ai vu ces cartes postales dans la revue », dit-il.

La fille de Monaghan, Jessica, est en 4e année à l’école publique Captain Paul VanderBos, dans un cours immersif en français. L’école s’intéresse grandement à la chose militaire car elle porte le nom d’un homme qui, s’étant engagé dans l’équipe de spectacles aériens des Snowbirds des Forces canadiennes, est mort accidentellement lors d’un exer­cice au sud de Moose Jaw (Sask.).

Monaghan a commandé 30 cartes, ce qui a suffit pour la classe de l’enseignant Jason Trinier, et pour qu’il en reste quelques-unes. « Bien entendu, toutes les cartes sont en français », dit Monaghan, qui a envoyé la liasse à l’adresse de Belleville avec sa propre note pour encourager les soldats à répondre à l’école.

La directrice générale Jennifer Morse dit qu’elle espère que la campagne améliore nos ventes dans les kiosques à journaux d’environ 6 000 exemplaires par numéro. La revue Légion n’est offerte dans les kiosques que depuis le mois de mai.

La Médaille du sacrifice mêle la fierté au malheur

C’est une journée où les émotions sont mêlées pour le capitaine Simon Mailloux. Le matin, il est une des 46 personnes à qui la gouverneure générale Michaëlle Jean décerne la Médaille du sacrifice et, le soir, on l’envoie à nouveau servir en Afghanistan.

Il est philosophe lorsqu’il parle aux reporteurs après la cérémonie du 9 novembre, à la Résidence de la gouverneure générale, à Ottawa, maintenant qu’il a besoin d’une prothèse pour marcher. « Aller à la guerre, c’est pas quelque chose qu’on aime faire : c’est quelque chose qu’on doit faire », dit-il.

Il faut savoir qu’il était lieutenant dans le 3e Bataillon du Royal 22e Régiment, quand le VAL III qu’il commandait a roulé sur un dispositif explosif de circonstance près de Ma’sum Ghar, en Afghanistan. Deux autres militaires ont été tués lors de l’incident : le caporal Nicolas Beauchamp et le soldat Michel Lévesque.

Il a fallu amputer Mailloux en bas du genou gauche. Il marche avec assurance et dit que « c’est difficile, en tant qu’amputé, de prouver aux Forces canadiennes qu’on peut encore servir ».

Lors de sa mutation en Afghanistan, il servira derrière le front, à planifier les stratégies « Je ferai ce qu’il faudra que je fasse, dit-il. Je peux être têtu. »

Le souvenir de la blessure et de la perte se mêlent à la fierté pendant la cérémonie, quand la gouverneure générale parle aux militaires et aux familles qui recevaient les premières Médailles du sacrifice.

« Il y a quelques semaines, je suis retournée en Afghanistan pour la seconde fois depuis le début de mon mandat. Je vous ai vus à l’œuvre, vous qui vous efforcez d’assurer la sécurité et la stabilité dans cette région du monde aux prises avec la violence, l’oppression et la misère. Je connais les conditions périlleuses dans lesquelles vous travaillez et les risques énormes auxquels vous êtes exposés, dit Jean. Je sais aussi la profondeur de votre engagement et la solidité des liens qui vous unissent, à la vie, à la mort. Pour vous, abandonner votre mission ou votre peloton n’est pas une option. »

Vingt-et-une des médailles décernées l’ont été à titre posthume. « D’ailleurs, je reconnais ici bien des visages, dit Jean. J’ai rencontré plusieurs d’entre vous sur le tarmac, à la base militaire de Trenton. Vous avez accepté que je vous accompagne dans le deuil que vous traversiez, et je vous en remercie. »

À la gouverneure générale se sont joints, pendant la cérémonie, le premier ministre Stephen Harper et le général et chef d’état-major de la défense Walter Natynczyk, qui, tous deux, ont serré la main de chaque médaillé et bavardé un instant avec lui. On pouvait entendre, partout dans la salle silencieuse les tapes d’encouragement de Natynczyk sur l’épaule de ceux qui ne s’enlèveraient pas l’uniforme.

Le caporal-chef Paul Franklin, qui a perdu les deux jambes lors d’un attentat suicide à la bombe pendant sa deuxième affectation dans l’équipe provinciale de reconstruction et qui aide les autres militaires blessés, est l’une des personnes à qui la médaille est décernée. Le bombardier-chef Bounyarattanaphon Makthepharak, qui a subi de graves blessures internes quand il a été frappé par des éclats lors d’une attaque à la roquette, à la base de l’aviation de Kandahar, en 2006, s’est joint à lui. Ils ont tous deux fait l’objet d’un de nos articles sur les soldats qui récupèrent (The Quiet Fight [non traduit], novembre/décembre 2007).

Le caporal-chef Jody Mitic, qui a perdu les deux jambes en dessous du genou quand il a marché sur une mine terrestre, en 2007, était aussi présent pour recevoir sa décoration. Il avait été acclamé par Natynczyk lors de la course de cinq kilomètres à laquelle il participait pour ramasser des fonds pour le St. John’s Rehabilitation Hospital de Toronto (En déplacement avec le chef d’état-major de la défense, juillet/aout).

De nombreuses histoires tristes nous viennent à l’esprit quand les parents s’avancent pour accepter les décorations posthumes, dont l’une est décernée à la capitaine Nichola Goddard, la première combattante à mourir lors d’un échange de coups de feu et au diplomate Glyn Berry, dont l’automobile a été attaquée par une bombe humaine.

Le lieutenant (Marine) Christopher Saunders, mort dans l’incendie à bord du Navire canadien de Sa Majesté Chicoutimi quand le sous-marin qu’on venait d’acheter en Angleterre traversait l’Atlantique, en 2004, est également reconnu.

En deux mots, la Médaille du sacrifice est décernée aux membres des Forces canadiennes qui ont été blessés ou tués au combat après le 7 octobre 2001. Elle peut aussi être décernée de manière posthume à n’importe quel membre des Forces canadiennes mort dans des circonstances hono­rables des suites d’une blessure ou d’une maladie liée au service militaire.

Elle sert aussi à reconnaitre les blessures qui nécessitent au moins sept jours à l’hôpital ou une série de traitements équivalente causée par l’exposition aux éléments par suite de la destruction ou de la mise hors d’état, en raison d’un acte d’hostilité, d’un aéronef, d’un véhicule ou d’un navire, un traitement sévère ou la négligence lors de la détention de la personne par des forces ennemies, ou l’emploi d’agents nucléaires, biologiques ou chimiques par des forces ennemies.

Une effigie contemporaine de Sa Majesté la reine du Canada portant un diadème canadien composé de feuilles d’érable et de flocons de neige est à l’avers de la médaille. Les mots « Elizabeth II Dei Gratia Regina » et « Canada » y sont inscrits.

Au revers de la médaille se trouve la figure maternelle du Monument commémoratif du Canada à Vimy (France) qui pleure pour ses fils perdus. L’inscription « Sacrifice » se trouve en bas à droite de la médaille.

Le ruban est un ruban moiré de 32 millimètres de largeur comportant une bande centrale noire de 10 millimètres, bordée de chaque côté d’une bande rouge de 11 millimètres qui porte en son centre une bande blanche d’un millimètre. Le noir représente le deuil pour les morts et le choc des blessures, le rouge représente le sang versé et le blanc, l’espoir pour un avenir meilleur. Le rouge et le blanc sont aussi les couleurs officielles du Canada tel que décrété par le roi George V en 1921.

La Médaille du sacrifice est assujettie à la Directive canadienne sur les ordres, décorations et médailles, entre la Médaille royale de Victoria et la Médaille du Golfe et du Koweït. Une agrafe peut être décernée pour les occasions supplémentaires qui mériteraient qu’on décerne la médaille.

La médaille est fabriquée par la Monnaie royale du Canada en argent sterling et laquée pour qu’elle ne ternisse pas. On grave sur les médailles le numéro matricule, le grade, les initiales et le nom de famille du détenteur militaire ou les prénoms et nom du détenteur civil.

Ben Walsh de Regina était à la cérémonie pour accepter la médaille décernée à titre posthume à son fils, le caporal-chef Jeff Walsh, qui a été tué par balle, tirée accidentellement par un compagnon de patrouille à Kandahar, en 2006. Selon les critères annoncés le 29 aout 2008, Jeff Walsh n’aurait pas eu droit à la médaille puisque son décès n’était pas le résultat d’un geste hostile (Admissibilité à la Croix du Souvenir élargie, mars/avril).

C’est pourquoi Ben Walsh, un ancien membre de la Gendarmerie royale du Canada, a organisé la campagne pour la révision des critères. Peu après, le ministre de la Défense, Peter MacKay, demandait au chef d’état-major de procéder à une révision des critères existants et de faire les recommandations qui s’imposeraient. La cérémonie qui devait avoir lieu à la résidence de la gouverneure générale en 2008 pour présenter les premières médailles fut retardée.

La révision a donné lieu à un élargissement des critères de décoration posthume afin que la médaille couvre toutes les morts liées au service, pas seulement celles résultant d’une action hostile directe. Comme il est remarqué dans le communiqué du ministère de la Défense nationale, la modification a conformé l’aspect posthume de la médaille aux nouveaux critères de la Croix du Souvenir et de l’inscription au Septième Livre du Souvenir. Les autres aspects sont restés les mêmes.

Walsh nous disait par la suite qu’il a « commencé ce voyage la première fois que la Médaille du sacrifice a été annoncée, non seulement pour mon fils, mais aussi pour tous les membres des Forces canadiennes […]. Aujourd’hui, je sens que mon voyage tire à sa fin. »

Bien qu’il a dit qu’il était en colère lors de la première annonce de la médaille, il nous dit que “quelle que soit la décision d’Ottawa, ça irait. Mais je suis heureux du résultat ». Il ajoute que la médaille serait remise à la veuve de Jeff, Julie, qui habite à Shilo (Man.).

Harper met fin à la cérémonie en di­-sant : « Une fois encore, des Canadiennes et des Canadiens ont prouvé qu’ils étaient les soldats, marins et aviateurs parmi les plus braves, les plus compétents et les plus brillants du monde. Je tiens à remercier aujourd’hui chacune et chacun des lauréats, ainsi que leur famille et les êtres qui leur sont chers, d’avoir maintenu noblement et en toutes circons­tances la fière tradition de courage et de sacrifice du Canada. »

La réforme du règlement sur les funérailles a du retard

L’insuffisance du financement et une administration encombrante obligent certaines familles d’anciens combattants à se démener afin de trouver les fonds nécessaires pour les funérailles de leur être cher, est-il dit dans un rapport du Bureau de l’ombudsman des vétérans.

Dans un rapport qui ne mâche pas ses mots, intitulé Le service avec honneur, le départ dans la dignité, l’ombudsman des anciens combattants Pat Stogran fait sept recommandations qui ont pour but de mettre à jour le Programme de funérailles et d’inhumation établi, pour les anciens combattants d’aujourd’hui, par Anciens combattants Canada et administré par le Fonds du Souvenir.

Le Fonds du Souvenir, œuvre enre-gistrée à Montréal en 1909, est une organisation à but non lucratif. Il existe pour qu’aucun ancien combattant ne soit dépourvu d’une inhumation digne parce que les fonds viennent à manquer. Le Fonds, qui a été constitué en personne morale en 1921, est bénéficiaire du financement gouvernemental depuis lors.

Le gouvernement fédéral offre aussi une assistance, par le truchement de son propre Programme de funérailles et d’inhumation, pour les vétérans des guerres dont la mort est attribuée directement au ser-vice militaire ou qui ont une pension d’invalidité et qui n’ont pas suffisamment de fonds pour des funérailles convenables.

ACC a donné le soin au Fonds du Souvenir de s’occuper de l’administration de son Programme de funérailles et d’inhumation en 1998. Quand un ancien combattant meurt, il se peut que le Fonds du Souvenir se mette de la partie immédiatement et prenne part à l’organisation des funérailles ou, si la famille a déjà pris des arrangements, il peut accorder un octroi pour rembourser la famille. En 2007, le Fonds du Souvenir a traité environ 16 000 demandes de la part d’ACC.

Dans le rapport, l’ombudsman fait remarquer que la Funeral Association of Canada estime que des funérailles, en 2008, coutaient en moyenne 5 892 $, alors que l’avantage maximal offert actuellement par ACC est de 3 600 $. C’est en 2001 que ce montant a été augmenté pour la dernière fois, quand il était de 2 993 $. D’après l’Association, le cout moyen des funérailles au cours de la période de 18 ans qui s’est terminée en 2008 a subi une augmentation de 37 p. 100 alors que le programme d’ACC n’a augmenté que de 20 p. 100.

Il est recommandé dans le rapport que le maximum pour les funérailles des anciens combattants reflète les normes de l’industrie et qu’on adopte une formule d’indexation au cout de la vie.

Si une conjointe ou des enfants à charge survivent à l’ancien combattant, on établit sa succession en excluant le domicile familial, l’automobile, les chèques de revenu réguliers qui lui ont été remis pendant le dernier mois et les actifs s’élevant à 700 $ par enfant à charge et à 12 015 $ pour la conjointe. Si les actifs restants sont suffisants pour couvrir les couts, l’octroi est refusé. S’ils ne peuvent couvrir qu’une partie des dépenses, un octroi peut être accordé pour la différence.

« Si l’ancien combattant était célibataire et que sa succession dépasse ne serait-ce que d’un sou le montant établi pour les funérailles, on ne paie pas le client », dit le président national du Fonds du Souvenir, Lou Cuppens.

La plus grande controverse du rapport concerne sa demande d’étendre l’admissibilité des anciens combattants. Il faut qu’ils aient servi à une des guerres mondiales ou à celle de la Corée. Les anciens combattants modernes peuvent y avoir droit si la mort peut être attribuée directement à des blessures subies en service ou s’ils bénéficient d’une compensation pour perte de revenus conformément à la nouvelle Charte des anciens combattants. Plusieurs résolutions de la Légion royale canadienne des derniers dix ans, demandant au gouvernement d’admettre tous les anciens combattants au programme, sont citées dans le rapport.

Cuppens dit que l’administration du Fonds du Souvenir est d’accord avec le rapport de l’ombudsman. « Nous pensons depuis toujours que les anciens combattants sont tous égaux », dit-il.

Le rapport de l’ombudsman reproche aussi au gouvernement de ne pas mieux renseigner les familles sur le programme de funérailles et d’inhumation. Bien qu’il est dit dans le rapport qu’un an est conforme aux autres programmes admi­nis­trés par ACC, il est recommandé que le ministère soit plus flexible et qu’il permette qu’on prenne les circonstances extraordinaires en considération quand le délai est dépassé.

Le centenaire de la Marine

N’est-ce pas typiquement et merveilleusement canadien que les origines de notre Marine se trouvent non pas dans quelque idée grandiose de construire une flotte océane toute puissante, mais dans le besoin pratique de protéger nos intérêts nationaux relativement à la morue et au flétan?

Et n’est-ce pas typiquement canadien que lorsque les équipages épuisés et trempés de nos corvettes — de retour du service sur l’Atlantique Nord orageux — ont rencontré des marins états-uniens, ces derniers ne pouvaient faire autrement que se demander pourquoi les Canadiens qui armaient ces petits navires escortes battus par les eaux n’avaient pas un salaire de sous-marinier?

Le Canada a une fière histoire navale et, bien que c’est vrai que nos intérêts actuels concernant la mise en vigueur des accords sur les pêches sont antérieurs aux préoccupations sur la défense nationale qui ont vu le jour peu après l’institution de la Marine en 1910, et certainement avant l’éclatement de la guerre en 1914, la Marine du Canada doit une grande partie de son succès à sa capacité de s’adapter et de faire avec. Qu’il s’agisse de penser à profiter de la mauvaise visibilité pour approcher et frapper un croiseur ennemi plus puissant à la Grande Guerre, de fermer les écoutilles dans une violente tempête au milieu de l’Atlantique à la Deuxième Guerre mondiale ou de colmater un tuyau avec un pansement, les marins canadiens ont toujours trouvé moyen d’endurer, durant la vilaine guerre comme en temps de paix.

Lorsque Wilfrid Laurier a présenté le projet de loi sur le service naval, le 12 janvier 1910, il prévoyait d’inclure une « belle petite flotte » de croiseurs et de destroyers torpilleurs. Mais bien que les dispositifs pour réaliser ce rêve ont été mis en place en ce jour historique, la route vers un « service naval national capable » était, d’après l’historien Marc Milner, « loin d’être sûre ».

Milner, auteur de plusieurs livres sur la marine du Canada, fait partie d’un petit groupe d’écrivains spécialistes à qui nous avons demandé de présenter des rétrospectives, en profondeur, sur la marine dont c’est le 100e anniversaire cette année. Milner retrace l’histoire de la marine, depuis son avènement officiel et peu sûr, jusqu’à la fin de la guerre froide. Il nous raconte les gens, les politiques — les pas en avant et les pas en arrière — et, bien entendu, les navires et le personnel qui ont caractérisé le service en mer pour le Canada ces dernières années. Il nous arrive d’oublier que c’est un service qui, pendant la Deuxième Guerre mondiale, a brièvement été la troisième plus grande marine du monde. C’est aussi un service qui, pendant la guerre froide à laquelle on ne pense malheureusement que bien trop rarement, a mérité d’être félicité des progrès relatifs à la conduite de la guerre contre les sous-marins. Troisièmement, et ce n’est pas fini, c’est un service qui n’est pas reconnu par le public pour les relations cruciales qu’il établit à chaque fois qu’un de ses navires arrive à un port étranger, loin de là.

Nous sommes heureux, également, que l’historien Richard Oliver Mayne nous emboite le pas. Il examine la marine moderne, de la guerre froide au présent, se concentrant principalement sur les hauts et les bas de ces derniers 20 ans, notamment sa performance lors de la guerre du Golfe. Il attire aussi notre attention sur certaines des tendances les plus inquiétantes qui pointent à l’horizon pour la marine de 2010, comme l’acquisition, l’armement en personnel et les problèmes de recrutement.

Notre ancien rédacteur en chef est aussi avec nous. Auteur du livre Corvettes Canada, il profite de ses connaissances pour nous éclairer sur « l’essence » de la Marine royale canadienne à la plus longue bataille continue de la Seconde Guerre mondiale. Les petites corvettes et leurs équipages indomptables nous circons- crivent le courage et le sacrifice qui font fondamentalement partie de l’expérience canadienne depuis la bataille de l’Atlantique.

Pour finir, dans nos pages se trouve une affiche en couleurs chronologique retraçant les 100 ans d’une marine qui, à de nombreuses reprises, s’est débrouillée pour tenir ses engagements opérationnels, et même pour les dépasser.

En route avec la CAA

La Légion royale canadienne (LRC) a une raison de plus de chanter ses propres louanges. La Canadian Automobile Association, en s’associant au Programme de bénéfices pour membres (PBM) de la LRC, apporte un avantage aux légionnaires. Par exemple, les membres peuvent dorénavant profiter de rabais entre 12 et 25 p. 100 quand ils deviennent membres de base de la CAA, à un parmi les sept sur neuf clubs au Canada; les exceptions étant le Québec et le Manitoba. Si vous êtes déjà membre de la CAA, vous pouvez faire des économies en rehaussant votre adhésion ou en achetant une adhésion associée. Composez simplement le 1-888-268-5154.

L’arrivée de ce tout nouveau partenaire au PBM signifie qu’aujourd’hui il y a suffisamment de valeur inhérente à la LRC pour compenser les frais d’adhésion à la Légion. Les autres partenaires sont les suivants : Philips Lifeline Canada, qui offre deux mois de service gratuit aux membres de la LRC et aux personnes à leur charge quand ils s’abonnent à leur service; Medipac Travel Insurance, qui offre des rabais et appui la filiale chaque fois qu’un membre de la LRC souscrit à une de ses assurances ; le Relocation Services Group, dont vous pouvez vous attendre à obtenir un rabais en liquide de 3,25 $ par tranche de 1 000 $ sur la valeur de votre maison à la vente ou à l’achat; Travelodge Canada, qui est heureuse d’offrir un rabais de 15 p. 100 aux membres de la Légion et à leur famille à n’importe laquelle de ses 100 propriétés au Canada; ICI Paints et les magasins Bétonel, qui offrent 25 p. 100 d’escompte dans ses 210 magasins; la banque MBNA Canada, dont l’engagement se convertit en appui pour les programmes de la Légion; Diageo Canada Inc., encore une autre fière partenaire qui s’est engagée à appuyer la Légion.

L’engagement de chaque partenaire signifie un nouvel appui pour les filiales de la Légion et chaque partenaire confirme son engagement en achetant de l’espace publicitaire dans notre revue.

On a créé un logo à la Légion qui sert à identifier et à promouvoir les partenaires. Cherchez-le dans nos pages.

Faire passer le message

Ce n’est pas facile de trouver constamment de nouveaux moyens de rejoindre les réservistes, les anciens militaires et leurs proches afin de les tenir au courant des nombreux services dont ils peuvent profiter. C’est ce que la Légion et les autres organismes intéressés, comme le Centre intégré de soutien au personnel et Anciens combattants Canada, s’efforcent de faire.

Partant du fait qu’il n’est pas toujours facile de faire savoir à ces particuliers qu’ils ne sont pas tout seuls, une réunion a eu lieu à Halifax, au Centre de ressources pour les familles des militaires, dans le but de dresser un plan de relations communautaires pour regrouper les ressources dont on a besoin afin de rejoindre les proches des réservistes et des anciens combattants en Nouvelle-Écosse. Des représentants du Centre intégré de soutien au personnel, du Centre de ressources pour les familles des militaires d’Halifax, de la 36e Brigade de réserve (basée à Halifax), du Programme de soutien social — Blessures de stress opérationnel et de la Légion ont participé à cette réunion.

Le plan, qui était l’objectif de la réunion, devait servir, en gros, à coordonner l’assistance commune que l’on irait, par la route, offrir aux membres des Forces canadiennes actuels et anciens (réservistes inclus) et à leurs proches qui vivent dans des localités situées à l’extérieur d’Halifax.

Le collectif mettrait en évidence les divers services, mécanismes de soutien et programmes auquel le personnel peut avoir droit au moyen d’une série de présentations. Il s’appliquerait surtout à rejoindre le personnel qui souffre de blessures liées au service, dans le genre des blessures de stress post-traumatique, ainsi que le personnel, régulier ou réserviste, de retour d’un déploiement.

À cet égard, il nous fait plaisir de rapporter que les présentations qui ont déjà été faites, dont celle de l’officier d’entraide de la Division de la Nouvelle-Écosse/Nunavut, Marc Gauthier, l’ont été aux filiales de la Légion à Truro (deux fois), à Springhill (deux fois), à Sydney, à Glace Bay, à New Glasgow et à Pictou. Chaque présentation consistait en un exposé de 12 à 15 minutes de chacun des cinq intervenants mentionnés plus haut, le tout accompagné de circulaires et de périodes de questions.

Quant aux présentations de la Légion, elles concernaient surtout la procédure des pensions d’invalidité, preuves et éléments clés inclus, qu’il faut suivre pour qu’une demande aboutisse à une décision favorable. Les discussions sur les services offerts par la Légion ont été bien reçues, notamment celles sur le fonds du coquelicot et les fonds de bienfaisance des divisions et de la Direction nationale, ainsi que celles sur l’assistance sur les pensions et l’action revendicatrice de la part des anciens combattants et des membres des Forces canadiennes dans le besoin.

Bien que les intéressés ne sont pas venus en aussi grand nombre qu’on l’avait espéré, nous sommes heureux de rapporter que les particuliers dans l’assistance ont été satisfaits des présentations et de savoir que le système n’abandonne pas les militaires qui ont besoin d’assistance quand ils reviennent d’un déploiement ou qu’ils prennent leur retraite. En fait, bon nombre de ceux qui se trouvaient dans l’assistance ont senti un certain réconfort de savoir que tout ce qu’il faut pour mettre les choses en marche, c’est qu’un proche inquiet passe un simple coup de téléphone.

À votre service est écrit par des officiers d’entraide de direction de la Légion. Pour rencontrer un officier d’entraide, composez le 1-877-534-4666, ou visitez le site web d’une direction.

Le secrétaire national Brad White se sent prêt

Brad White est le nouveau secrétaire national de la Légion royale canadienne depuis le 12 septembre 2009.

White désire rendre la Légion plus pertinente, plus active sous tous les aspects. Vétéran des Forces canadiennes, White est habitué à un rôle de chef et il est prêt à prendre des risques pour que le travail soit fait. Il s’est positionné fermement pour une lutte coriace : augmenter l’adhésion et façonner l’unité et la sensibilisation du public. C’est grâce à cela, croit-il, que naitra une Légion plus moderne, une Légion encore plus capable d’appuyer les anciens combattants.

Le secrétaire national a des raisons personnelles d’épauler les anciens combattants : en tant que militaire de troisième génération, il sait fort bien quels sacrifices leurs familles et eux-mêmes, ont faits. L’histoire militaire de sa famille commence du temps de son grand-père paternel, « Lefty » (gaucher) White, qui était enseignant et major réserviste, dans le South Saskatchewan Regiment. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le régiment a été mobilisé et envoyé en Angleterre, et puis il a participé au raid de Dieppe. « Ils ont débarqué sur une plage appelée Green, à Pourville », nous explique White.  Quelques mois plus tard, sa grand-mère recevait un télégramme de la Croix-Rouge lui annonçant que son mari était prisonnier de guerre, mais vivant. Lefty a été libéré à la fin des hostilités et, ironiquement, l’avion qui le ramenait en Angleterre s’est écrasé. Il s’est rétabli dans un hôpital anglais jusqu’à ce qu’il guérisse assez pour pouvoir rentrer chez lui.

Le père de White, Trevor, était pilote de Sabre F-86 à réaction. Brad est né en 1956, quand son père était en poste en Allemagne. Son enfance s’est passée dans plusieurs bases militaires et il s’est engagé à 19 ans. Quand il a obtenu sa commission, il a été affecté aux 8th Canadian Hussars (Princess Louise’s). Il a servi au Canada, en Allemagne et, avec les Nations Unies, à Chypre. Pendant sa carrière, il a été en service à l’état-major des plans nationaux et conjoints et à la Direction de l’Analyse de défense. Il était lieutenant-colonel quand il a pris sa retraite, en 1998, et il a été engagé en tant qu’officier d’administration et puis, ensuite, directeur d’administration à la Direction nationale.

L’expérience de ces années a servi à circonscrire les idées de White et l’ont préparé à s’attaquer aux pro­-blèmes cruciaux auxquels la Légion est actuellement confrontée. « Nous parlons de l’adhésion depuis toujours, dit-il. Mais je pense que nos autres problèmes fondamentaux sont notre visibilité auprès des Canadiens. C’est inouï : quand on parle aux gens de tous les coins du pays, “la Légion royale cana- dienne?” ils demandent, médusés, “Êtes-vous barman?” Alors je réponds : “Non; pas tout à fait”. Et puis je leur explique les programmes, comment nous apportons notre aide aux collectivités, ce que nous faisons pour les anciens combattants, toutes les bonnes œuvres qui nous occupent. Ils sont époustouflés d’apprendre tout ce que nous faisons. »

White va se concentrer sur la propagation d’informations, non seulement en améliorant la conscience du public à propos de la Légion, mais en améliorant la communication à l’intérieur même de l’organisation. Il croit que la compréhension suit la communication et, peut-être ensuite, le désir d’adhérer. En plus d’une campagne d’adhésion publique, il veut cibler ceux qui la délaissent.

En plus de s’attaquer aux problèmes de l’adhésion, il a l’intention de renforcer l’organisation en faisant disparaitre la perception du « nous » et du « eux » qui persiste à l’intérieur de la Légion, et introduire l’ère de la transparence. « Si on comprend que l’on fait partie d’une grande organisation, on sait où se placer et à quel point c’est important; c’est vraiment ça le fondement de ce que nous sommes. Une bonne dizaine d’organisations, de toutes les régions du pays, se sont assemblées, en 1925, pour former la Légion. »

Le nouveau secrétaire national devait rencontrer des gens d’autres associations d’anciens combattants à la fin octobre, pour discuter d’unité parmi les groupes d’anciens combattants.

La Légion a déjà les gens et l’infrastructure qu’il faut pour défendre les anciens combattants, et en démontrant cette capacité aux autres groupes d’anciens combattants, il espère les encou­rager à s’y rallier. Notre organisation est la seule organisation d’anciens combattants qui a un bureau d’entraide où l’on offre gratuitement une assistance aux gens qui s’y présentent. Nous avons une infrastructure qui s’étend d’un côté du pays à l’autre, ainsi qu’aux États-Unis et en Europe. »

White est heureux que le Conseil exécutif national ait épousé la nouvelle devise de la Légion « On se soucie ». « C’est important, parce que ça nous permet d’être flexibles auprès de ceux à qui nous parlons. On se soucie du militaire. On se soucie de notre nation. On se soucie de notre collectivité.

« Les anciens combattants ont cons­truit un pays après la guerre. On ne peut pas dire qu’ils ne se souciaient pas de leur nation. Ils étaient prêts à se sacrifier pour elle. C’est ce sur quoi on doit bâtir. »

Bien que White soit confiant que les anciens combattants modernes sont bien en train de se faire servir, tout comme ceux des guerres mondiales et de celle de Corée, il comprend aussi que l’avenir est semé d’embuches. Néanmoins, confronté à ces problèmes compliqués, il montre son optimisme : « Je pense que nous pouvons analyser les problèmes et nous en occuper, mieux qu’avant ».

Il a commencé son mandat avec éner­gie et enthousiasme, et il a l’intention de faire une différence. « Je ne veux pas être le fossoyeur, et je ne veux pas n’être que le gardien non plus. Je voudrais être le preneur de risques. »

Il est marié et a deux enfants. Il a rencontré son épouse, Thérèse, dans les Forces, où elle était travailleuse sociale. Leurs enfants Jonathan et Erik, qui servent actuellement dans la Gendarmerie royale du Canada, continuent la tradition de service.