Bâtir sur le succès

Le succès, il faut bâtir dessus et le Programme d’autonomie des anciens combattants ne devrait pas faire exception. Depuis son institution il y a 27 ans, l’évolution du PAAC en a fait le meilleur programme d’après-guerre du gouvernement fédéral. Son succès est basé sur une philosophie selon la- quelle le confort des anciens combattants et de leur épouse est prioritaire et en même temps on reconnait qu’il faut trouver des moyens de ne pas les placer dans les institutions de soins de longue durée dispendieuses.

Pour ce faire, la Légion royale canadienne travaille avec Anciens combattants Canada pour améliorer le programme car, d’après la Légion, dormir sur ses lauriers c’est aller contre le programme et contre la philosophie de la Légion, surtout quand il y a encore des catégories d’anciens combattants qui n’y ont pas droit.

Par exemple, deux des 10 résolutions votées au Congrès national de cette année avaient pour objet d’améliorer le PAAC. L’une d’elles exhortait le gouvernement à étendre le PAAC aux anciens combattants frêles, ceux qui n’ont pas d’invalidité spécifique. L’autre l’exhortait à étendre les mêmes avantages aux anciens alliés qui habitent au Canada. Ces résolutions démontrent à nouveau la vieille croyance de la Légion qu’avec un mi­ni­mum de soutien, chaque ancien combattant peut rester où il veut, aussi longtemps que possible : chez lui avec son épouse.

Les deux sections qu’il faut examiner de près sont la complexité de la grille d’admissibilité dont on se sert pour décider si quelqu’un y a droit et le manque de bonne communication servant à proclamer le programme. La première est si compliquée que les clients et ceux qui pourraient l’être ont de la difficulté à la comprendre. En effet, les agents d’entraide de la Légion disent qu’il y a beaucoup de gens à ACC, y compris des gestionnaires de cas, qui ne comprennent pas tout à fait les critères. Le ministère devrait aussi faire davantage pour proclamer le PAAC et les autres programmes qu’il administre.

Quant à la Légion, elle peut donner un coup de main, grâce à son réseau national de filiales, en faisant équipe avec le mi­ni­s­tère pour transmettre le message. Proclamer le PAAC devrait être un processus triparti comprenant les directions nationale et divisionnaires, les filiales et les membres. Pierre Allard, directeur du Bureau national d’entraide, croit que ce devrait être la priorité absolue parce qu’il y a beaucoup trop de gens qui ne bénéficient pas du programme.

Dans ce numéro-ci, nous nous penchons sur le PAAC en détail, sur la manière qu’il sert à rendre la vie des anciens combattants et de leur épouse plus confortable (Au nom de la liberté et de la dignité, page 6). Notre couverture sert aussi à reconnaitre la contribution de la Légion à l’amélioration du programme ainsi que le besoin d’étendre le PAAC aux membres actuels et anciens de la GRC (Access Denied [non traduit]).

Une note en bas de page à ne pas oublier, quand il s’agit de partager l’information sur le PAAC, c’est qu’on ne devrait jamais penser que les avantages du programme sont une « charité du gouvernement ». Les anciens combattants, qu’ils soient invalides ou frêles, ont risqué leur vie pour leur pays, alors ils méritent certainement la prestation des avantages du PAAC. Et si un ancien combattant n’en a pas besoin aujourd’hui, le programme pourra sans aucun doute être utile à sa conjointe demain.

La Légion doit toujours être la gardienne du souvenir

Anciens combattants Canada, grâce à son Fonds de partena­riat d’action communautaire, offre une assistance financière à des groupes et à des associations sans but lucratif qui orga­nisent des manifestations et des activités éducatives dans le but d’honorer les gens qui ont servi en temps de guerre ou en temps de paix. À ACC, on remarque que le ministère n’est pas le seul qui honore les anciens combattants, leurs accomplissements et leurs sacrifices et l’on accepte avec plaisir la contribution de ces organisations.

Toutefois, le président national Wilf Edmond s’est dit inquiet quand ces fonds sont offerts aux filiales de la Légion, ou qu’elles en demandent. Dans une lettre envoyée le 11 septembre à tous les présidents de filiale, il écrit : « Camarades, nous n’avons pas besoin de devenir les outils d’ACC pour promouvoir le souvenir. Nous avons toujours réussi à être autonome là-dessus et nous continuerons de l’être. En fait, en demandant ce genre de fonds au gouvernement, nous nous dérobons à une de nos responsabilités principales.

« Votre filiale a été fondée en partie pour promouvoir le souvenir. Cela fait partie de nos buts et de nos objets tels qu’on les trouve dans notre loi constitutionnelle et nous pouvons tous le faire sans l’aide du gouvernement fédéral. Nous sommes très fiers d’être les gardiens du souvenir et nous restons dévoués à cette obligation. »

Le fait que le public pense que les fonds de la Légion proviennent du gouvernement est une des idées fausses que l’on trouve dans nombre de sondages. Permettre au public de penser que la Légion est parrainée par le gouvernement ébranlerait la crédibilité de la Légion quand elle lui tient tête quand il s’agit d’obtenir de meilleurs avantages pour les anciens combattants et les personnes à leur charge.

Le 11 novembre, les légionnaires vont leur présenter leurs respects aux cénotaphes et aux cérémonies partout au pays. Ils vont le faire parce qu’ils se sont engagés envers le souvenir.

Toutefois, le président national Wilf Edmond s’est dit inquiet quand ces fonds sont offerts aux filiales de la Légion, ou qu’elles en demandent. Dans une lettre envoyée le 11 septembre à tous les présidents de filiale, il écrit : « Camarades, nous n’avons pas besoin de devenir les outils d’ACC pour promouvoir le souvenir. Nous avons toujours réussi à être autonome là-dessus et nous continuerons de l’être. En fait, en demandant ce genre de fonds au gouvernement, nous nous dérobons à une de nos responsabilités principales.

« Votre filiale a été fondée en partie pour promouvoir le souvenir. Cela fait partie de nos buts et de nos objets tels qu’on les trouve dans notre loi constitutive et nous pouvons tous le faire sans l’aide du gouvernement fédéral. Nous sommes très fiers d’être les gardiens du souvenir et nous restons dévoués à cette obligation. »

Le fait que le public pense que les fonds de la Légion proviennent du gouvernement est une des idées fausses que nombre de sondages dévoilent. Permettre au public de penser que la Légion est parrainée par le gouvernement ébranlerait la crédibilité de la Légion quand elle lui tient tête lorsqu’il s’agit d’obtenir de meilleurs avantages pour les anciens combattants et les personnes à leur charge.

Le 11 novembre, les légionnaires vont leur présenter leurs respects aux cénotaphes et aux cérémonies partout au pays. Ils vont le faire parce qu’ils se sont engagés à se souvenir.

À Sherbrooke, les jeunes athlètes portent leur regard sur les Jeux olympiques

En 2008, le moment des Championnats nationaux d’athlétisme pour jeunes de la Légion royale canadienne n’aurait pu être mieux choisi.

Durant la fin de semaine où les meilleurs athlètes junior du Canada s’assemblaient à Sherbrooke (Qc), les meilleurs athlètes canadiens seniors rejoignaient les meilleurs du monde à Beijing (Chine), aux Jeux olympiques de 2008.

Et tout comme nombre d’athlètes aux épreuves de la Légion, qui ont eu lieu du 7 au 12 aout, aspiraient à Londres en 2012, on peut être sûr qu’à Beijing, beaucoup d’athlètes se rappelaient de leur participation, quand ils étaient plus jeunes, aux épreuves de la Légion.

Ces dernières ont commencé officiellement le vendredi soir, à l’occasion d’une cérémonie réglée à l’intérieur à cause de la pluie, où les équipes ont défilé autour d’une piste et ont abouti devant les tribunes, face au podium.

« Nous sommes ici en l’honneur des anciens combattants, et pour les représenter », dit le président national Wilf Edmond à la foule. « Je ne glorifie pas la guerre quand je parle des gens à la mémoire desquels nous nous réunissons. Mais nous allons tous glorifier leur mémoire lors des efforts que nous faisons pour aller plus vite, plus haut, plus loin. Je vous souhaite « good luck et bonne chance ».

Ces championnats n’étaient pas ordinaires car, cette année, pour la première fois, les athlètes autres que ceux du réseau de la Légion avaient le droit d’y participer, à leurs propres frais, (Athlétisme Canada s’associe au programme d’athlétisme de la Légion, mai/juin).

Ainsi, en plus des 304 athlètes qui se sont qualifiés aux épreuves de la Légion, il y en avait 248 autres qui, ayant satisfait aux normes minimales, participaient aussi à la compétition. La plus grande partie d’entre eux venaient de grands clubs d’athlétisme comme celui des Lions d’Ottawa mais il y en avait aussi de clubs plus petits et de filiales de la Légion.

Hugh Conlin, directeur des programmes de développement d’Athlétisme Canada, était là en tant que représentant principal du corps administratif de l’athlétisme canadien. C’est un grand supporter du nouveau format ouvert parce que la rencontre de la Légion, dit-il, en devient une épreuve vraiment nationale qui accueille les meilleurs Canadiens.

« Dans l’ensemble, cela a été fait avec l’accord de la Légion et, bien qu’il pourrait y avoir le risque que les provinces les plus fortes dominent certaines des épreuves — ça se pourrait — il va falloir attendre les résultats », dit Conlin. « Mais même si des athlètes doivent payer leur propres frais, ce qu’il y a de bien c’est que le financement de la Légion donne l’occasion d’y aller à des athlètes qui ne le pourraient pas autrement, et je pense qu’on aura toujours besoin de ça.

« C’est un événement extrêmement important pour notre pays », dit Conlin. « La Légion l’organise depuis des années mais c’est la première fois que nous sommes ses partenaires. Dorénavant, en plus d’être le championnat national de la Légion, c’est un championnat de jeunes ouvert, alors c’est vraiment un championnat national pour les athlètes de moins de 18 ans, et nous sommes heureux d’en faire partie.

« On ne peut trop insister sur l’importance du rôle qu’a eu la Légion par rapport à la promotion de l’athlétisme au Canada. Il n’existe aucun autre club de services au Canada qui en ait tant fait pour l’athlétisme, et chaque filiale de chaque division de la Légion participe. C’est extraordinaire. »

Les jeux eux-mêmes ont commencé très tôt le samedi matin. Durant les deux jours qui ont suivi, il y a eu nombre de performances remarquables et beaucoup de records ont été pulvérisés.

Une des épreuves les plus excitantes a été celle du sprint de 200 m chez les moins de 18 ans, où Oluwasegun Makinde et Philip Hayle de l’Ontario s’éperonnaient l’un l’autre jusqu’à leur limite. Bien que Makinde ait gagné et inscrit un nouveau record national chez les jeunes en 21,43, la course était si serrée qu’il a fallu avoir recours au photo témoin. Hayle a terminé en 21,44, le record canadien de la jeunesse précédent.

Après la course, les deux athlètes ont célébré leur course, sur la piste, devant une foule qui applaudissait à tout rompre. Tout de suite après la course, Makinde nous disait ce qui s’était passé. « Mon meilleur résultat, avant, la semaine dernière, c’était 21,48 et puis je suis venu ici, où courait Philip — nous courons toujours ensemble — et il allait vraiment vite. Je savais que le temps serait très court parce qu’il était dans la course et ça s’est avéré un nouveau record, alors c’est juste que je suis chanceux. »

Ce n’était pas la première épreuve de Makinde à la Légion, mais c’était sa dernière. Cependant, on peut s’attendre à le revoir : aux Olympiques « en 2012, espérons. Si j’y arrive. C’est de ça que je rêve », dit Makinde.

Le samedi matin, Geneviève Lalonde du Nouveau-Brunswick battait le record de la jeunesse aux 3 000 mètres, lequel était de 9 min 37,35, en 9 min 36,77, et elle se faisait acclamer avec frénésie par le contingent néo-brunswickois qui se trouvait dans les gradins.

Mais rien n’a excité la foule autant que les épreuves de relais, le samedi en fin d’après-midi. On aurait dit que les spectateurs s’égosillaient tous pendant que les athlètes couraient aux 4 x 100 mètres et aux 4 x 400 mètres. En fin de compte, ce sont la Colombie-Britannique, l’Ontario et la Nouvelle-Écosse qui ont obtenu les médailles d’or.

D’autres records ont aussi été battus, ailleurs sur le terrain. Christabel Nettey a battu le record canadien de la jeunesse au saut en longueur, chez les moins de 18 ans, grâce à un saut de 6,21 mètres, et Alyxandria Treasure de la Colombie-Britannique a gagné au saut en hauteur grâce à un saut de 1,81 mètre, pulvérisant le record de la Légion ainsi que le national.

En même temps, Karleigh Parker de l’Ontario gagnait au saut à la perche chez les moins de 18 ans grâce à un saut audacieux de 3,38 mètres. Parker, âgée de 16 ans, qui était classée première au début de l’épreuve, savait qu’elle avait de bonnes chances mais elle n’avait pas sauté aussi haut en compétition auparavant. « J’espérais que mon adrénaline, parce que j’étais ici, me permettrait de sauter plus haut », dit-elle, « je ne m’attendais pas à aller aussi haut — 3,31 peut-être mais […]. »

Sa victoire en poche, elle avait hâte, comme beaucoup d’athlètes, aux autres manifestations organisées à la rencontre de la Légion, comme les danses, les visites et les autres événements sociaux. Parker, qui avait déjà participé à des rencontres de la Légion, dit que l’événement lui avait plu du début à la fin.

« C’est très agréable. On s’est beaucoup diverti », dit-elle et puis elle ajoute, le sourire aux lèvres, « il y a une danse ce soir… »

En effet, la manifestation de la Légion n’est pas seulement une compétition sportive. Les athlètes arrivent plusieurs jours avant la compétition afin d’avoir le temps de participer à des séminaires et à des ateliers, et pour se faire entrainer par les plus grands experts du Canada.

« C’est très important de donner aux jeunes les renseignements sur les choses qu’ils doivent savoir, de les aider à s’exercer », dit Conlin à propos de la raison d’être des manifestations des premiers jours. « Nous avons eu une conférence sur les drogues et les sports, sur l’alimentation et le rétablissement, la psychologie du sport et la fixation d’objectifs, et puis il y a eu l’analyse technique et l’évaluation de plusieurs choses. Il est important que les jeunes sachent toutes ces choses; cela va les aider à se préparer. Nous voulons que ce concept fasse partie de cette rencontre à jamais.

« Ces gens sont ici parce qu’ils sont les meilleurs du pays dans leur groupe d’âge. Et ils sont l’avenir du sport, c’est certain », dit Conlin. « Une bonne partie de notre équipe nationale a fait ses débuts ici, à ce championnat national, et j’imagine qu’une bonne partie des gens aux Olympiques a participé à l’une ou l’autre des épreuves de la Légion.

« À Athlétisme Canada, nous sommes vraiment heureux que la Légion a été une si bonne meneuse pendant 40 ans quand il s’agissait d’offrir des occasions d’entrainement aux jeunes athlètes, dont cette compétition-ci, qui offre tant d’avan­tages culturels aux athlètes en ce qui concerne les voyages et la culture. »

Les équipes et les athlètes parrainés par la Légion ont aussi reçu des points — allant de 10 points pour une victoire jusqu’à 1 point pour une huitième place. En fin de compte, les résultats des équipes ont démontré que la Division de l’Ontario était la plus forte avec 641 points, celle de la Colombie-Britannique/ Yukon la suivait avec 566 points, et celle de l’Alberta/Territoires du Nord-Ouest venait ensuite avec 420 points.

La manifestation ayant fini, il y avait un très grand nombre de résultats excellents parmi lesquels choisir les deux athlètes de l’année mais, en fin de compte, il a fallu se rendre à l’évidence. Chez les garçons, c’était Gregory MacNeill de London (Ont.), qui avait été premier à quatre épreuves : les 110 mètres haies, les 400 mètres haies et les relais de 4 x 100 mètres et de 4 x 400 mètres. Chez les filles, c’était Christabel Nettey de la Colombie-Britannique, qui avait été troisième aux 100 mètres et troisième au relais de 4 x 400 mètres, avait fixé un record de la Légion aux 100 mètres haies et avait fixé un nouveau record canadien au saut en longueur.

« Je suis très heureuse parce que la saison a été dure », dit Nettey, qui s’est foulé un jarret lors d’une rencontre en avril et encore une fois en juin. « J’étais blessée, alors prouver que je pouvais revenir et travailler dur a été tout un accomplissement. »

C’était le troisième et dernier voyage aux nationaux de la Légion pour Nettey — et la deuxième fois qu’elle était nommée athlète de l’année — et bien qu’elle vise la gloire à la course internationale, aux Olympiques de 2012, elle dit que les épreuves de la Légion vont lui manquer parce qu’elle s’y est beaucoup amusée avec les camarades.

« C’est parce qu’on habite avec les coéquipiers que c’est extra », dit cette Britanno-Colombienne de 17 ans « mais, à cette rencontre, c’est comme tout le monde s’est réuni et on a établi des relations avec tout le monde. »

Le lundi soir, les athlètes se sont tous rassemblés dans une des cafétérias de l’Université de Sherbrooke, portant leurs plus beaux vêtements, pour la remise des prix et les cérémonies de clôture.

Vers le début de la réunion, l’ancien vice-président national John Alger, président du Comité national des sports de 2006-2008, a prononcé un discours bref mais enthousiasmant.

« C’était et c’est encore, le désir des anciens combattants que cette rencontre se réalise. Et vous nous aidez à tenir une promesse que nous avons faite il y a très longtemps », dit Alger. « Il faut maintenir et étendre notre profil public pour conserver cet événement, ce qui veut dire que vous allez tous devoir dire à tout le monde que c’est le meilleur en son genre dans le pays. Et dites-leur que nous, à la Légion, non seulement nous préparons les jeunes gens pour l’avenir, nous croyons vraiment en ce que nous faisons pour améliorer nos collectivités afin d’y vivre mieux. »

Une autre chose a aussi fait l’effet d’un changement cette année : Henderson et Carol Paris, chaperons en chef à la manifestation depuis nombre d’années, ont démissionné.

« Rien n’est parfait », dit Paris. « Mais il faut beaucoup travailler pour faire des changements. Il y a eu beaucoup de bons changements dans ce programme au fil des ans, comme la diversité, l’ouverture et l’inclusion. »

« Nous désirons que vous vous efforciez d’atteindre vos objectifs, que vous visiez encore plus haut dans la vie et que vous soyez toujours gentils les uns avec les autres », dit-il.

Le Comité des préparatifs locaux qui, présidé par Gilles Lussier, a bien accompli une tâche immense, a aussi été remercié à plusieurs reprises. « Nous avons travaillé toute l’année pour que tout soit prêt, dit Lussier, et cela fait plaisir de (les) voir tous ici finalement, en compétition. »

À la fin de la cérémonie, des athlètes de chaque province ont pris le microphone pour remercier la Légion. Nombre d’entre eux étaient drôles et irrévérencieux — celui qui a fait le plus rire était le jeune homme de l’Ontario qui dit à la foule de « fêter au max ».

Certains autres athlètes ont parlé bien plus sérieusement. Comme Mike Jacobs du Nouveau-Brunswick qui dit que « On peut se plaindre et être en désaccord à propos de certaines choses mais, en fin de compte, je sais que nous sommes tous extrêmement fiers de représenter nos provinces à cette rencontre. Cela dit, les compétitions terminées, à mes yeux, les athlètes ne sont plus des autres provinces, ce sont des athlètes du Canada. »

Edmond était présent aussi à la cérémonie de clôture. En tant que dernier orateur de la soirée, il raconta aux jeunes athlètes l’histoire du soldat Mark Graham, un sprinteur qui a participé aux championnats nationaux de la Légion, a fait partie de l’équipe olympique cana­dienne, et est mort au combat pour son pays, en Afghanistan, en septembre 2006. Les athlètes, qui étaient presque tous turbulents avant le discours, ont été attentifs et respectueux pendant qu’il parlait, et ils semblaient impressionnés par l’histoire du sacrifice de Graham.

« La semaine a été extra mais le moment est venu de se dire adieu », dit Edmond, sur une note un peu moins sombre. « Il vous a fallu savourer les joies dues aux victoires et éprouver les déboires dus aux pertes. On ne peut pas toujours gagner, bien sûr. Mais ce qu’on peut faire, c’est donner le meilleur de soi-même, et il me semble que vous l’avez tous fait.

« Pour finir, je vous souhaite d’avoir, tout au long de votre vie, la même détermination que vous avez eue sur le terrain; et si vous, athlètes, y réussissez, eh bien, mesdames et messieurs, vous en sortirez gagnants. »

Le Carrefour virtuel canadien des soins palliatifs à l’aide

Le Carrefour virtuel canadien des soins palliatifs offre un soutien et des renseignements personnalisés à propos des soins palliatifs et de ceux de fin de vie aux patients, aux membres de leur famille et aux soignants.

Le site de la toile www.virtualhospice.ca et www.carrefourpalliatif.ca est plein de renseignements pratiques pour faciliter la vie des soignants familiaux.

Le Carrefour virtuel, lancé en 2004, a été institué afin de combler le manque de ressources pour les patients et les familles aux prises avec la maladie critique et le deuil. Le Carrefour virtuel offre un accès ininterrompu à des renseignements mis à jour et prouvés, auxquels les Canadiens peuvent faire confiance, sur une gamme de sujets physiques, émotionnels et spirituels. Les établissements de soins de santé canadiens imprimaient normalement ces renseignements pour les patients et leur famille. Le site comprend aussi une liste de ressources nationales, régionales et locales permettant aux visiteurs d’obtenir rapidement les services dont ils ont besoin.

Le Carrefour virtuel canadien aide les soignants à :
• naviguer à travers le réseau des soins de santé
• comprendre à quoi s’attendre des soins aux mourants
• soigner quelqu’un chez soi
• discuter des questions difficiles avec les patients, la famille et les soignants
• mieux comprendre les soucis physiques, émotionnels et spirituels qui concernent la fin de la vie.

Un des aspects les plus populaires, « Consulter un professionnel », relie les Canadiens directement avec les soignants formés spécialement aux soins palliatifs qui répondent de manière détaillée et confidentielle. Quand on s’est inscrit, on clique sur « Consulter un professionnel » pour joindre l’équipe d’experts des soins palliatifs du Carrefour virtuel, laquelle comprend médecins, infirmiers, travailleurs sociaux et donneurs de soutien spirituel. On répond, de façon détaillée, aux gens qui posent des questions, dans les trois jours ouvrables et même, souvent, dans les 24 heures.

L’équipe a déjà répondu à plus de 700 questions, répandues entre à quoi s’attendre lors de la progression de la maladie et comment parler des questions difficiles, en passant par les conseils pratiques sur les meilleures manières d’offrir un soutien physique, émotionnel, et spirituel. Cet aspect est très populaire chez les professionnels de la santé, y compris médecins, infirmiers, pharmaciens et travailleurs sociaux, qui posent des questions détaillées sur des cas compliqués ou difficiles.

L’occasion d’aider les anciens combattants et les soignants

Au Canada, plus de 250 000 personnes meurent chaque année, dont à peu près 10 p. 100 d’anciens combattants. Cinq à 15 p. 100 seulement des Canadiens qui pourraient bénéficier des soins palliatifs le font. Le Carrefour virtuel peut aider les anciens combattants et les soignants de leur famille à comprendre ce à quoi ils pourraient et devraient s’attendre à propos de la qualité des soins aux mourants, et à naviguer le réseau de soins de santé pour obtenir les meilleurs soins possible. Le Carrefour virtuel peut adoucir un petit peu des moments difficiles.

À votre service est écrit par des officiers d’entraide de la direction. Pour entrer en contact avec l’un d’eux, composez, sans frais, le 1-877-534-4666 ou consultez le site web d’une direction.

Offre d’adhésion d’un an aux membres des FC prenant leur retraite

L’adhésion gratuite d’un an, offerte aux membres des Forces canadiennes qui prennent leur retraite est une démarche qu’entreprend la Légion royale cana­dienne pour se présenter.

La première offrande a été remise le 5 juin à la capitaine de frégate Cathy Bruce-Hayter, au mess des officiers de marine d’Ottawa, par le vice-président national Erl Kish et le directeur administratif de la Direction nationale Brad White. Bruce-Hayter avait passé 32 ans dans la marine.

Les comités nationaux des adhésions et de la défense ont négocié avec le chef du personnel militaire pour parfaire la trousse qui est remise aux membres s’apprêtant à prendre leur retraite. Le programme a été conçu dans le but de préserver la réputation et la crédibilité de la Légion en tant qu’organisation d’anciens combattants. La composante des membres ordinaires vaut quelque 40 p. 100 à la Légion, alors la majorité des membres de la Légion n’ont jamais été militaire.

La trousse comprend un formulaire de demande de membre à titre personnel (militaire-retraité), une lettre du président national et un ravissant parchemin servant à offrir l’adhésion gratuite à la Légion royale canadienne pendant un an. L’adhésion comprend l’abonnement d’un an à la revue Légion et le droit au Programme de bénéfices pour membres. On espère que la revue pourra servir à conscientiser les membres sur l’importance du soutien des anciens combattants et de la perpétuation du souvenir par la Légion.

« En tant que militaire, vous avez peut-être été à une filiale de la Légion ou avez entendu parler de nos nombreux programmes qui soutiennent les militaires et les anciens combattants. Notre campagne du coquelicot ramasse encore 8 millions de dollars par année, et grâce à cela nous aidons les vétérans des Forces canadiennes et les personnes à leur charge. Nous nous servons aussi de ces fonds pour notre programme d’officiers d’entraide, grâce auquel nous offrons une assistance immédiate à tout membre des Forces canadiennes ou ancien combattant qui désire faire une demande à Anciens combattants Canada concernant l’invalidité ou quelque autre programme de rémunération. Personne n’a un meilleur record que nous quand il s’agit de faire rendre des décisions positives au Tribunal des anciens combattants (révision et appel) », est-il dit dans la lettre.

Il est aussi écrit que la Légion parrainait des tournées de spectacles en Afghanistan jusqu’à ce que le gouvernement accepte de subventionner le programme, en 2007. La Légion est aussi partenaire des championnats sportifs et banquets des FC ainsi que de la visite à Vimy durant les marches de Nimègue. Elle continue de distribuer des bons-cadeaux pour un café et un beigne, toutes les deux semaines, aux militaires en service en Afghanistan.

« Aujourd’hui, nous avons quelque 370 000 membres, mais nos effectifs ne cessent de se réduire vu que les vétérans de guerre décèdent. Nous avons un besoin urgent de raviver la participation des vétérans des FC qui prennent leur retraite », est-il écrit. « Ainsi, vu les intérêts des FC, du souvenir et de nos nombreux programmes et plaidoyers pour les militaires et pour ses vétérans, nous espérons que vous accepterez de vous joindre à nous. »

Durant l’année dont il s’agit, le membre ferait partie de la filiale des membres à titre personnel de la Direction nationale. On encouragerait le membre pour qu’il choisisse une filiale dans sa collectivité où rester membre de la Légion.

Un parent inconnu inspire la composition primée

Quatre-vingt-dix ans peuvent s’avérer un fossé intraversable : le temps pour que les preux disparaissent, leurs exploits oubliés même par leurs descendants. Le temps pour que les exploits des histoires partagées par les enthousiastes et les curieux deviennent des souvenirs poussiéreux dans les albums et les journaux. Et, pour finir, le temps pour que les faits soient condensés jusqu’à en devenir des pamphlets dans les manuels, vidés des expériences viscérales, la peur, la douleur, la nostalgie, la volonté même de mourir pour la patrie.

Senior affiches en couleurs, première place, Silvia Alvarado, Ottawa (Ont.) [Silvia Alvarado]

John Alexander McLean, un adolescent du Cap Breton, est mort au combat, à Lens, en 1917. Son corps n’a pas été retrouvé. Il aurait probablement rejoint les héros méconnus il y a 90 ans, dont le nom n’est plus jamais dit tout haut, dont l’absence n’est plus cause de douleur pour qui que ce soit. Mais neuf décennies après sa mort, on a donné un devoir à l’arrière-petite-fille de son cadet grâce auquel la mémoire de lui va durer et peut-être son nom aussi.

Bien qu’un grand-père qui a servi lui racontait des histoires de la Seconde Guerre mondiale quand elle grandissait, Katrina van Kessel, d’Elliot Lake (Ont.), ne savait pas qu’un de ses parents était mort à la Grande Guerre.

Primaire affiches en couleurs, première place, Ashton Magotiaux, Carlyle (Sask.) [Ashton Magotiaux]

« Tout les autres semblent l’avoir oublié », dit cette jeune femme de 19 ans. Son devoir était de faire un rapport sur quelqu’un qui s’est battu à la crête de Vimy, l’offensive sanglante et couronnée de succès du Corps canadien contre la 6e armée allemande, livrée en avril 1917 : bataille qui, dit-on, a servi à forger l’identité nationale du Canada. John McLean y a participé et survécu.

Van Kessel a été surprise à propos de son arrière-grand-oncle. « Ma grand-mère et mon arrière-grand-mère le savaient, mais elles n’en parlaient jamais. » John McLean était parti en guerre et est mort avant que son frère cadet, qui a hérité de ses médailles et de ses lettres, ait l’âge d’être écolier.

Intermédiaire affiches en couleurs, première place, Delia Yao, Scarborough (Ont.) [Delia Yao]

La composition qu’elle a écrite sur son parent ignoré depuis longtemps, Some Climb A Ridge (il y en a qui escaladent une crête), a été primée au concours littéraire et d’affiches de la Légion royale canadienne de 2008. Grâce aux renseignements qu’elle a obtenus de sources officielles comme la Commission des sépultures de guerre du Commonwealth et dans des documents d’enrôlement, elle a appris que John McLean est mort juste avant son 20e anniversaire. Mais c’était le matériel personnel, les lettres, les médailles, qui ont attendri cette jeune descendante, qui a le même âge, à peu près, qu’il avait quand il est mort.

« J’ai la lettre qu’il a écrite la veille de sa mort », dit-elle. « Il dit qu’il allait
écrire à nouveau le lendemain si tout se passait bien et, bien entendu, il ne l’a pas fait. » La lecture de ces lettres a permis à van Kessel de jeter un pont sur le fossé temporel, d’embrasser cet arrière-grand-oncle méconnu. « J’ai pleuré au mémorial quand j’ai vu son nom. C’était vraiment déchirant. On a l’impression de le connaitre après. » Pour l’honorer, dit-elle, elle voudrait nommer un de ses enfants à venir en son honneur.

Junior affiches en couleurs, première place, Anna Gummer, Comox (C.-B.) [Anna Gummer]

Le souvenir, la paix et le sacrifice sont les thèmes qui ont fait et refait surface dans les poèmes, les compositions et les affiches des gagnants, parmi les 105 932 provenant de tous les coins du pays. Plusieurs des écoliers qui ont gagné avaient décidé d’explorer l’histoire des membres de leur famille qui ont servi la patrie ou qui ont péri au combat. Certains ont préféré se concentrer sur ceux qui sont allés en guerre, dont les souvenirs rappellent les sacrifices d’antan. Et d’autres ont préféré le souvenir comme motif.

« On devrait enseigner l’importance du souvenir aux plus jeunes élèves », dit Silvia Alvarado, qui a obtenu un diplôme de l’école secondaire St. Patrick d’Ottawa et la première place dans la division des affiches en couleurs. Dans son affiche, il y a un cimetière où un ancien combattant présente ses respects, entouré par la pâle image de ses camarades décédés. Les anciens combattants, dit-elle, « nous ont pratiquement donné la liberté, ici, au Canada; ils ont tellement souffert ».

Le même sentiment se trouve dans Children of Freedom (enfants de la li­berté), composition junior gagnante de Lauren Phillips de l’école élémentaire Condor de Leslieville (Alb.), à quelque 200 kilomètres au nord-ouest de Calgary. « Si vous pensez que les anciens combattants ne sont qu’une sorte de conférencier de plus, vous êtes dans l’erreur », écrit-elle. « Ils méritent notre respect. » Le thème est tramé aussi dans l’affiche en couleurs senior de Jason Xue Bin Peng, pour laquelle la deuxième place lui a été décernée. Sur un fond de soldats d’une guerre passée à l’histoire, un jeune garçon, un soldat en service et un ancien combattant portent leur regard au-delà d’un drapeau canadien. Le titre : A Legacy Bridging Generations (un legs qui relie les générations).

Senior noir et blanc, première place, Monika Stahlstrom, Surrey (C.-B.) [Monika Stahlstrom]

Ashley Major, âgée de 18 ans et acquéreuse d’une mention honorable au concours national de composition senior, est fière de cet héritage; sa rédaction avait été primée à la division. Certains de ses parents sont allés à la guerre et en sont revenus vivants.

Son grand-père George a servi en Europe comme ingénieur de 1942 à 1945; sa grand-mère Cornelia est une épouse de guerre hollandaise, dont la famille avait caché une Juive pendant trois ans. « Ils ne pouvaient le dire ni aux voisins, ni à leurs meilleurs amis, ni même aux membres de leur famille », dit Ashley de St. Brieux (Sask.), à deux heures et demie de voiture au nord-est de Saskatoon. « Si quelqu’un l’apprenait, cette personne aurait pu le répéter sous la torture, alors il fallait la cacher au sous-sol, toujours hors de vue. J’étais si fière quand je l’ai appris. »

Dans sa composition, elle écrit que bien que les monuments en pierre et en métal c’est bien, la paix elle-même est la meilleure façon d’honorer ceux qui sont morts pour la patrie. « Ce pour quoi ils se sont vraiment battus, c’est pour que l’avenir soit en paix. C’est ça, le monument qu’ils voulaient », dit Major.

Une photo de son arrière-grand-père, soldat mort avant qu’elle puisse faire sa connaissance, a inspiré Andrea Murray, dont le poème a obtenu la première place dans la catégorie senior du concours de poésie.

Primaire noir et blanc, première place, Jennifer Harper, Birch Hills (Sask.) [Jennifer Harper]

« Beaucoup de mes parents ont été aux deux guerres mondiales », dit Murray, âgée de 18 ans. « Des idées me sont venues », dit-elle, après que sa mère a retrouvé une photo de son arrière-grand-père, qui a servi à la Seconde Guerre mondiale. « J’ai essayé de me mettre à la place d’un soldat », dit Murray, dont la ville natale est Benalto (Alb.), à quelque 180 km au nord de Calgary. « Qu’est-ce qui pouvait leur passer par la tête? »

Son poème, Wisps of Memory (brins de mémoire), sonde les expériences atroces de la guerre : des soldats qui en décousaient dans le mauvais temps, effrayés, à la limite de leurs forces, doutant de la victoire, beaucoup d’entre eux mourant pour leurs idéaux.

Courage! criaient-ils. Pour la patrie!
et mouraient.

Ce refrain rappelle au lecteur que beaucoup de gens ont fait le sacrifice ultime pour la liberté des générations à venir. Des milliers de milles et des décennies séparent cette ado albertaine des expériences de ces jeunes hommes, mais la jeunesse qu’ils ont en commun donne à cette écrivaine de talent une idée de leurs émotions.

Intermédiaire noir et blanc, première place, Derek Wong, Scarborough (Ont.) [Derek Wong]

Elle écrit à propos de jeunes soldats « dont la bravade s’enfuit progressivement avec la sueur », conscients de la mort qui marche parmi eux, qui entendent des cris « comme le premier meurtre maudit de Caïn ». Qui accomplissent leur devoir mortel mais « se
demandent de qui (ils ont) tué le frère ».

La guerre est « un concept presque abstrait » pour les jeunes d’aujourd’hui, dit-elle, si longtemps après la dernière Grande Guerre, et puis les conflits actuels ont lieu sur des territoires qui nous semblent plus étrangers, plus lointains, que ceux de nos alliés européens.

Dans le poème de Murray, l’abstrait se fond dans le concret :

Elle a eu un prix, cette chose qui
nous chaut tant
De tout ça, c’est la Paix qui a couté
le plus.

Le souvenir est important, dit Murray, qui répète le vieux dicton : ceux qui n’étudient pas l’histoire sont condamnés à la répéter. « Les conflits se répètent encore et encore, et si on les oublie, on est voués à les répéter sans cesse. »

Monika Stahlstrom, âgée de 17 ans, de l’école secondaire Sullivan Heights de Surrey (C.-B.), avait le temps et savait comment le passer quand elle a créé l’affiche en noir et blanc senior primée. « Beaucoup de gens disent qu’il faut prendre le temps de se souvenir mais, eux, ne le font pas. »

Junior noir et blanc, première place, Mallory Lindsay, Arborfield (Sask.) [Mallory Lindsay]

Son œuvre, intitulée Take Time to Remember (Prends le temps de te souvenir), a une jeune personne plongée dans un livre, un chien couché à ses côtés. Derrière elle se trouvent deux personnages du Monument commémoratif de guerre du Canada, la main de l’un d’eux sur son épaule.

Le souvenir est important « surtout maintenant car rares sont les gens des guerres mondiales qui vivent encore », dit-elle. « Il faut prendre le temps de se souvenir de ceux qui se sont battus pour nous et qui ont fait de notre pays ce qu’il est. » Sans le souvenir, dit-elle, les Canadiens « prendraient tout comme allant de soi ». Autrefois, « les gens ne vivaient pas comme ça; ils avaient des soucis autres qu’Internet haute vitesse et la télévision à haute définition ».

Stahlstrom enseigne l’anglais à des Coréens en été et, l’an dernier, elle a appris quels sont les effets personnels de la guerre. « Un de ses élèves lui a parlé de la scission de familles (durant la guerre de Corée). Beaucoup de gens parlent des morts de la guerre et de la politique mais ces élèves parlaient surtout des familles qui ont été affectées » par la guerre si près d’elles.

C’est une mémoire personnelle qu’elle va prendre le temps de se remémorer, en même temps que les leçons d’histoire et de guerre.

La gagnante du concours de poésie junior avait aussi le temps à l’esprit. Dans son poème, Dear Canada (cher Canada), Kylie MacNeil, âgée de neuf ans, d’Enfield (N.-É.), environ 40 km au nord d’Halifax, demande « ce que le 11 novembre a de si extraordinaire ».

« De quoi est-ce que je me souviens en ce petit jour? » demande-t-elle. « Une petite fille de neuf ans doit penser à tant de choses. Comment faire pour que ce jour soit spécial, comment le rendre mien? »

D’abord, elle pense à ce pour quoi elle peut se compter chanceuse; ensuite, elle remercie ceux qui ont servi pour leur courage et leur service mais ça ne suffit toujours pas. « Pourquoi faisons-nous cela seulement le 11 novembre du matin au soir? » demande-t-elle dans son poème. « Pourquoi ne pas être reconnaissant de ce que nous avons chaque jour, sans exception? »

Imaginez le monde s’il y avait
un silence tous les jours.
Le temps d’être reconnaissant,
chacun à sa manière.
Alors je m’engage à faire que ce jour
soit spécial pour moi,
En le gardant dans mon cœur,
cher Canada, fier et libre.

La paix est le thème principal de commémoration dans le cas de Delia Yao, gagnante de 15 ans dans la catégorie intermédiaire des affiches en couleurs. Son affiche, intitulée N’oublions pas, fait voir un champ de feuilles d’érables rouges entourant la silhouette d’une colombe. Dans cet espace se trouve le dessin de deux soldats. L’un deux porte un homme sur une civière; l’autre tire avec un fusil dans les ruines d’une ville au-dessus de laquelle volent des avions.

« La colombe est un symbole important », dit Yao, qui sera en 10e année au W.A. Porter Collegiate Institute à Scarborough (Ont.). « J’ai pensé à mettre le dessin des soldats dans la colombe parce qu’elle est le symbole du combat pour la paix. »

Yao, qui a fait son affiche lors de leçons de dessin prises régulièrement, le samedi, au Ivy Yin Yuk Leung Art Studio, à Scarborough, espère faire carrière dans le dessin.

Major commence cet automne au Concordia University College of Alberta à Edmonton. Elle a l’intention de continuer à écrire, de s’exercer en poésie et, un jour, peut-être, écrire un roman. Stahlstrom va à l’Université Simon Fraser, avec l’intention d’enseigner à l’école secondaire. Alvarado va au collège Algonquin, à Ottawa, pour étudier les beaux-arts. Van Kessel s’en va à l’Université Trent de Peterborough, en anthropologie avec spécialisation en archéologie, peut-être pour une carrière universitaire.

Mais où qu’aillent ces jeunes Canadiens, ils auront toujours une lueur de souvenir. Comme l’écrit John McCrae dans Au Champ d’honneur, « À nous de porter l’oriflamme », dit Ashley. « C’est ça le devoir qui nous incombe, nous la génération suivante. De maintenir la paix pour laquelle ils se sont sacrifiés. »

Gagnants 2007-2008

Senior
Affiches en couleurs —
première : Silvia Alvarado, Ottawa; deuxième : Jason Xue Bin Peng, Vancouver; mention hono­rable : Brandon Olsen, Emo (Ont.).
Affiches en noir et blanc — première : Monika Stahlstrom, Surrey
(C.-B.); deuxième : Viviana Astudillo, Toronto; mention honorable : Brittney Hymanyk, Spruce Grove (Alb.).
Composition — première : Katrina Elissa van Kessel, Elliot Lake (Ont.); deuxième : Kayla Feragen, Banff (Alb.); mention honorable : Ashley Major,
St. Brieux (Sask.)
Poésie — première : Andrea Murray, Benalto (Alb.); deuxième : Lauren Lavoie, Regina; mention honorable : Joseph MacNeil, Antigonish, N.-É.

Intermédiaire
Affiches en couleurs —
première : Delia Yao, Scarborough (Ont.); deuxième : Bobbi Farion, Vegreville (Alb.); mention honorable — Katlyn Gregory, Bridgetown (N.-É.).
Affiches en noir et blanc — premier : Derek Wong, Scarborough (Ont.); deuxième : Rebecca Clark, Wolseley (Sask.); mention honorable : Jocelyn Hendricks, Nanoose Bay (C.-B.).
Composition — première : Chelsea Kuik, Winnipeg; deuxième : Silken Handford-Perronnet, Tisdale (Sask.); mention honorable: Bernadette Weaver, South River (Ont.).
Poésie — première : Natasha Hofer, Gladstone (Man.); deuxième : Cali Hicks, Sackville (N.-B.); mention hono­rable : Meg Irving, Sundre (Alb.).

Junior
Affiches en couleurs —
première : Anna Gummer, Comox (C.-B.); deuxième : Taylor Wheeler, Estevan (Sask.); mention honorable : Kelsey Henry, South Tetagouche (N.-B.).
Affiches en noir et blanc — première : Mallory Lindsay, Arborfield (Sask.); deuxième : Colby Shell, Debolt (Alb.); mention honorable : Johnathon Butler, Stirling (Ont.).
Composition — première : Lauren Phillips, Leslieville (Alb.); deuxième : Amanda Burling, Emerson (Man.);
mention honorable : Selma Kusturica, Kelowna (C.-B.).
Poésie — première : Kylie MacNeil, Enfield (N.-É.); deuxième : Macaulay Scott, Calgary; mention honorable : Jessica McCarthy, Spaniards Bay (T.-N.).

Primaire
Affiches en couleurs —
première : Ashton Magotiaux, Carlyle (Sask.), deuxième : Ellen Shore, Halifax; mention hono­­­rable : Marco Ramirez, Surrey (C.-B.).
Affiches en noir et blanc — première : Jennifer Harper, Birch Hills (Sask.); deuxième : Noah Fortnum, Chilliwack (C.-B.); mention honorable : Alexia Russell, Whitby (Ont.).

Il y en a qui escaladent une crête

Katrina Elissa van Kessel

Il y en a qui escaladent une crête vers la gloire. D’autres sont destinés à disparaitre dans les annales de l’histoire : un numéro, un grade, une unité, une date.

Pour l’armée, 1075159 et pour le commandement, soldat, mais pour ceux qui te connaissaient et qui t’aimaient, tu étais John Alexander McLean.

Né le jour le plus béni entre tous, le 25 décembre, d’une année comme une autre, 1897, tu étais le premier-né de Hugh et Jesse McLean de Long Point (comté d’Inverness), un petit village situé au Cap Breton en Nouvelle-Écosse. Tu allais grandir là-bas. Quand tu t’es enrôlé, tu n’étais pas bien plus vieux que je le suis et pas si éloigné des jours d’insouciance près de l’océan : tu n’avais que 18 ans et cinq mois. Tu habitais au 167 de la rue Pleasant, à Halifax (avais-tu quitté le comté d’Inverness à la recherche de travail ou pour faire ta vie?), et tu avais trouvé un emploi en tant qu’ouvrier à Ry Construction.

Tu mesurais 5 pi. 9 po. et pesais 157 livres — plutôt élancé. Les filles devaient te trouver extrêmement beau, avec tes cheveux noirs et tes yeux bleus — pourtant, tu n’as peut-être pas quitté quelqu’un qui allait se morfondre à t’attendre; le sergent Walsh a écrit « non » à côté de « marié ». Le 26 avril, tu as promis de défendre le roi George V et ses successeurs jusqu’à la mort. Ensuite, c’était le tour du docteur. Il a noté que tu avais des cicatrices au revers de ta main gauche et à ton tibia (au cas où il faille t’identifier), et t’a ensuite déclaré apte au service.

Moins d’un an après, tu te trouvais de l’autre côté de l’océan avec le 7e Bataillon, à Vimy. Malgré toutes les chances contre toi et tes compagnons canadiens, tu as été victorieux; le Canada a remporté la bataille et tu as survécu. Il n’en irait pas toujours ainsi. Un matin « maussade et monotone » à Lens, comme l’écrivait un sergent dans son journal, tu es mort au combat. On t’a déclaré victime du Commonwealth, ton corps n’ayant jamais été recouvré. Tu n’avais pas encore 20 ans. Et, ça, la plus triste des vérités, c’est tout ce qu’on sait de toi, John.

On t’a laissé en France à jamais, tu ne reverras jamais le Canada… Tu ne verras jamais le résultat de tes efforts (et de ceux de tant d’autres). Les alliés ont gagné, John. L’Allemagne a signé un armistice le 11 novembre 1918. On disait de ta guerre qu’elle allait en finir de la guerre mais, triste à dire, un peu plus de vingt ans après, le monde se réunissait à nouveau pour se battre avec un ennemi par trop familier.

À cause de ton grand sacrifice, John, il y a tant de bonnes choses que tu n’as jamais connues, et tant de mauvaises : la grande dépression et la Seconde Guerre mondiale; le lancement de Autant en emporte le vent, la main de ta bien-aimée dans la tienne. Tu n’as pas vu l’essor du rock-and-roll et Elvis Presley. Quand Neil Armstrong a aluni, tu ne regardais pas la télévision.

Et, le plus important de tout, tu igno­res beaucoup de ta famille. Ton frère cadet a grandi et il s’est marié avec une belle femme, Helen, qui lui a donné sept enfants. Je suis sûr que Rod t’a régalé d’histoires depuis qu’il t’a rejoint, en 1991, et je suis un de ses nombreux petits-enfants : ton arrière-petite-nièce. Je ne savais rien de toi jusqu’à si récemment mais, déjà, tu es entré dans mon cœur.

L’autre jour, j’ai reçu un colis du sergent d’armes de la Chambre des communes, John et dans ce colis se trouvait une copie de la page du Livre du Souvenir où est inscrit ton nom. Oui, chaque année, le 24 juin, ton nom est exposé au Parlement, aux yeux de Canadiens de tous les coins du pays. As-tu jamais pensé qu’on t’honorerait ainsi? Ou que plus de 32 millions de citoyens se lèveraient en ton honneur et celui de tes camarades le 11 novembre de chaque année?

Un certain M. Boivin a inclus un message dans le colis, où ceci était écrit : « Une nation reconnaissante lui sait gré chaque année de son sacrifice […].

C’est ce même sentiment de gratitude qui nous fait vous envoyer cette page en espérant qu’elle sera toujours source de fierté pour votre famille. »

John, tu seras toujours, pour moi et pour ma famille, une grande source d’honneur et, sachant que la mémoire de toi ne s’évanouira jamais, j’espère que tu es en paix, et que tu sais que c’est en partie grâce à toi que tant de nations sont libres.

Le Fonds Last Post colmate encore une brèche

Le Fonds Last Post va célébrer 100 ans d’opérations en 2009. Le Fonds a commencé en 1909 quand son fondateur, Arthur Hair, s’est aperçu qu’un ancien combattant allait être enterré dans une tombe d’indigent. L’ancien combattant était mort sans le sou et sans parent connu. Depuis, le Fonds Last Post obéit à son mandat : « il ne sera refusé à aucun ancien combattant, des funérailles dignes, pour manque de fonds ».

En 1921, le gouvernement du Canada décida de financer son propre programme de funérailles pour ancien combattant. Aujourd’hui, le Fonds Last Post administre ce programme de la part d’Anciens combattants en plus de poursuivre son propre programme grâce aux dons reçus.

La Légion plaide en faveur des vétérans des Forces canadiennes qui sont dans le besoin pour qu’ils aient droit à des funérailles financées par ACC et le Fonds Last Post est à la tête de l’œuvre qui continue à fournir un enterrement digne à tout ancien combattant qui en a besoin.

La Loi sur les mesures de réinsertion et d’indemnisation des militaires et vétérans des Forces canadiennes (qu’on appelle d’habitude la nouvelle Charte des anciens combattants) est concentrée sur le mieux-être; promeut l’autonomie et la dignité; et fournit tout un éventail de programmes et de services modernes aux membres des Forces canadiennes, à leurs vétérans et à leur famille. Cependant, la nouvelle Charte des anciens combattants ne donne pas droit à des funérailles à tous les vétérans des Forces canadiennes qui se trouvent dans une situation difficile.

Bien que le plus grand nombre d’anciens combattants d’aujourd’hui sont des soldats de carrière qui vont obtenir des prestations de retraite, il y en a qui, ayant servi moins longtemps, n’auront pas droit aux prestations de retraite à long terme. Il y en a déjà des contemporains, qui sont passés à travers les mailles du filet.

Le Fonds Last Post a modifié son règlement pour permettre l’utilisation de fonds donnés pour enterrer des anciens combattants contemporains qui, à leur mort, n’ont pas assez de fonds pour des funérailles dignes. Grâce à son leadership visionnaire, le Fonds Last Post peut utiliser ses fonds pour offrir de l’aide mais pas utiliser les fonds fournis par ACC… Étrange, non?

De plus, il y a une grande disparité entre le montant d’argent maximal qu’on peut avoir pour enterrer les anciens combattants dans le besoin et le montant d’argent qu’on peut obtenir pour enterrer les membres actuels des Forces. Malheureusement, les couts funéraires ne sont pas liés à la situation.

Arthur Hair, il y a 100 ans, a entrepris d’enterrer les anciens combattants dans la dignité. Aujourd’hui, le Fonds Last Post continue son œuvre quand les fonds publics viennent à manquer. Ce pays ne devrait-il pas faire en sorte que ses militaires aient des obsèques dignes?

Les agents d’entraide de la Légion peuvent vous mettre en contact avec le Fonds Last Post. Visitez le site de la Légion à www.legion.ca et suivez les liens Bureau d’entraide / Officiers d’entraide ou composez le 1-877-534-4666.

À votre service est écrit par des officiers d’entraide de la direction.

La volonté des congressistes

Le 42e Congrès national, qui a eu lieu à Ottawa du 21 au 25 juin, va entrer dans l’histoire car la Légion royale cana­dienne y a fait le point sur sa manière de se gouverner. La Commission de la LRC sur la gestion, la représentation et la structure administrative avait étudié l’histoire de la Légion et la gérance des divisions et de la Direction nationale.

Le plus gros problème était la grosseur, donc le cout, du Conseil exécutif national. Alors que le nombre de membres de la Légion avait baissé, de 602 489 en 1984, de presqu’un tiers, le CEN, à 40 membres, n’avait guère changé. Y siégeaient neuf membres du sous-exécutif, 26 représentants divisionnaires, un membre de la Section des anciens combattants tuberculeux et quatre membres non votants. Le nombre de réunions avait été réduit de deux à une par année afin de diminuer ses dépenses. Il s’agissait de garder plutôt les deux réunions par an et réduire le nombre de personnes qui y assistaient.

Que la Légion change son système de représentation selon la population, à un celui d’un représentant par division, était la plus grosse réforme recommandée par la commission. La résolution fut adoptée malgré certaines tentatives de mo­dification et de rejet. La commission avait aussi recommandé de réduire le nombre de vice-présidents de quatre à deux. On accepta au congrès une modification de réduire le nombre de quatre à trois. La troisième résolution enjoignait au CEN dégraissé de se rencontrer trois fois par année, et aux dirigeants supérieurs de se réunir séparément une fois l’an ou plus si le président national en faisait la demande. Puisque le cout des réunions était le problème, le congrès décida que le CEN ne se réunira que deux fois par année (trois fois les années de congrès) exception faite des réunions spéciales appelées par le président national.

Le résultat est un CEN dégraissé, moins dispendieux, de huit dirigeants supérieurs, 10 représentants divisionnaires, un de la SACT et deux membres non votants : le grand président honoraire et le président du Comité des constitution et lois.

Les réunions devraient servir à conscientiser davantage les membres sur les problèmes, au fur et à mesure qu’ils apparaissent. En règle générale, nous louons le Congrès de ces décisions importantes. La plupart des délégués ont mis leurs préoccupations régionales et, dans certains cas, leurs ambitions personnelles, des côté. Ils ont démontré que dans les asso­ciations populaires, le congrès est l’organe décideur.

L’armistice : 90 ans plus tard

D’après le dictionnaire, un armistice est une « convention conclue entre les belligérants afin suspendre les hostilités ». L’armistice du 11 novembre 1918 a soulagé le monde et redonné l’espoir à des millions de personnes. Mais il y avait bien peu d’acclamations au front, quand le Corps canadien a appris la nouvelle, vers 7 h, que la Grande Guerre allait se terminer et qu’on ne tirerait plus à partir de 11 h.

Pour les gens en uniforme, la nouvelle ne surprenait guère, mais l’ordre ne s’est pas transmis très vite. Beaucoup d’hommes en sont restés cois, les yeux bouffis. D’autres ont pris des notes dans leur journal ou écrit à un proche. Certains ont pleuré les camarades perdus et d’autres ont simplement prié. À Mons, en Belgique, il y avait une atmosphère haute en couleurs de fierté et d’accomplissement, quand l’orchestre de cornemuses du 42e Bataillon défilait dans la place bondée au son des citadins qui criaient de joie. C’est à cette ville que la guerre avait commencé pour l’armée britannique, en 1914, c’était aussi l’endroit propice pour sa fin.

Le prix semble incalculable mais l’on sait qu’au moins 65 millions d’hommes de 30 nations ont porté les armes. Environ 10 millions d’entre eux sont morts et 29 millions d’autres ont été blessés, capturés ou ont disparu. À Anciens combattants Canada, on dit que 619 636 hommes et femmes ont servi dans les Forces canadiennes, que 66 655 sont morts et que 172 950 autres ont été blessés.

Pour honorer les sacrifices et les réa­lisations, et en l’honneur du 90e anniversaire de l’armistice, nous sommes heureux de vous présenter dans ce numéro une section spéciale sur la guerre et ce qu’elle signifie. L’auteur et historien du Musée canadien de la guerre Tim Cook donne une vue d’ensemble et discute de ce que des générations de Canadiens ont pensé de la guerre (La guerre qui a changé le monde, page 18). Il écrit, dans plusieurs histoires, sur le nombre choquant de soldats mineurs et de l’humour macabre qui aidait les hommes à supporter l’horreur de ce qu’ils voyaient.

Michael Boire, enseignant d’histoire militaire au Collège militaire royal à Kingston (Ont.) et guide des étudiants du CMR chaque année lors de leur voyage aux champs de bataille, décrit ce qu’on peut apprendre en se promenant aux lieux des combats (The Ground Tells A Story [non traduit], page SF18)

L’auteur et cicérone des champs de bataille Norm Christie nous fait un exposé de comment il a appris le service de son grand-père à la guerre (En souvenir du soldat Christie, page 24). Il offre aussi quelques indices aux gens qui désirent se renseigner sur un parent qui a servi.
Cette section spéciale donne un avant-gout de l’art militaire, concentré sur John W. Beatty, qui est allé outre-mer en 1917 et a passé un certain temps au front.

Comme le dit Tim Cook, 90 ans après, la Grande Guerre continue de résonner car nous n’en avons pas fini avec elle et elle n’en a pas fini avec nous. En effet, nous sommes nombreux à nous sentir choqués ou repoussés par ses ravages, ses horreurs, mais nombreux aussi sont ceux qui se souviennent et honorent les morts et qui désirent associer un nom à un de ceux qui n’y ont pas survécu. Et cela rassure certainement, par rapport au présent et à l’avenir.

Les joueurs de fléchettes approuvent Winnipeg

Quand Jerry Hull de LaSalle (Qc) et Bernie Miller d’Orangeville (Ont.) se sont fait face au premier tour de l’épreuve des simples, aux Championnats nationaux de fléchettes de 2008, à Winnipeg, rien n’indiquait qu’on devrait les avoir à l’œil.

Miller a gagné ce match-là, deux parties à une, mais peu de temps après c’était évident qu’il fallait obser­ver ces deux joueurs pendant qu’ils conti­nuaient de se mesurer à leurs huit autres adversaires durant les jeux de la poule.

« Je ne l’ai pas oublié et il m’a observé durant toutes les parties », dit Miller, membre de la filiale Col. Fitzgerald d’Orangeville.

La compétition des simples, la première de la compétition de deux jours, a planté le décor des championnats qui ont eu lieu, du 2 au 4 mai, à la filiale West Kildonan de Winnipeg.

Les manifestations ont commencé doucement, samedi matin, par un défilé intérieur durant lequel les équipes portaient leurs drapeaux provinciaux. Le représentant Jack MacEachern du Comité national des sports, le président Roland Fisette de la Division du Manitoba–Nord-Ouest de l’Ontario et le président de la filiale West Kildonan Bob McPherson, qui était aussi président du comité des préparatifs locaux, ont adressé leurs salutations à l’auditoire.

La compétition a été dure toute la fin de semaine. Le tournoi s’est fait selon la formule de la poule, de sorte que chaque joueur a joué contre tous les autres. Les matches avaient trois parties qui valaient un point chacune. Le score se comptait à rebours à partir de 701 chez les équipes, de 501 chez les doubles et de 301 chez les simples. Il fallait faire un lancer double pour débuter chacune des parties et il en fallait un autre, avec le score exact, pour gagner.

Les divisions ont le droit d’envoyer leurs meilleurs joueurs de chaque catégorie. Toutefois, il n’y a plus que les divisions de la Colombie-Britannique/ Yukon, du Manitoba–Nord-Ouest de l’Ontario, de l’Ontario et de la Nouvelle-Écosse/Nunavut qui le font. Les autres divisions n’envoient qu’une équipe de quatre, pour des raisons économiques, et choisissent les simples et les doubles parmi ces joueurs.

Au milieu de la compétition des simples, les spectateurs observaient surtout Miller, Hull et un joueur qui va souvent aux tournois de fléchettes de la Légion : Tom Drake de la filiale Channel de Channel-Port-aux-Basques (T.-N.).

À la fin du cinquième tour, Hull avait 11 points et Miller et Drake le talonnaient à 10 points chacun.

Au sixième tour, Miller a réussi à balayer Bill Durant de Courtenay (C.-B.) et Hull, ayant la main heureuse contre Darren MacNevin de la filiale Charlottetown, a inscrit deux points. Ils se trouvaient donc ex æquo à 13 points chacun. Drake n’ayant pu obtenir qu’un seul point face à Scott Samson de la filiale Selkirk (Man.), il se trouvait derrière eux à 11 points.

La tension a augmenté quand Hull et Drake se sont fait face au septième tour. Hull a réussi à gagner ses trois parties, ce qui l’a placé en première position à 16 points et Drake est resté loin derrière avec ses 11 points. Pendant ce temps, Miller inscrivait trois points aussi durant son match avec Sheldon Fudge de la filiale New Ross (N.-É.).

Hull et Miller sont arrivés au huitième tour avec 16 points chacun. Hull s’est mesuré à leur compétiteur le plus proche, Fred Seaward de la filiale Strathcona d’Edmonton, qui avait 13 points, et Miller a joué avec Samson. Hull a réussi à inscrire les trois points alors que Miller n’en a obtenu que deux.

Hull était donc premier à 19 points et Miller deuxième à 18 quand le neuvième et dernier tour a commencé. C’était le tour de Hull de faire face à Samson alors que Miller se mesurait à MacNevin de l’Île-du-Prince-Édouard.

Mais Hull a eu de la difficulté à obtenir son double pour commencer, ce qui a permis à Samson de remporter la partie. Les premiers étaient alors ex æquo et il allait peut-être falloir un bris d’égalité. Hull s’est repris et il a remporté les deux parties suivantes. Quant à Miller, il a raté un lancer important et perdu sa troisième partie avec MacNevin. Comme ils avaient gagné deux parties chacun, Hull, à 21 points, est resté en première position et Miller, à 20 points, a dû se contenter de la deuxième.

Bien qu’il a été membre de l’équipe du Canada à des compétitions inter­nationales de fléchettes, c’était la première fois que Hull, mécanicien de son métier, jouait au niveau national des fléchettes de la Légion. Une de ses particularités, c’est qu’il essaie toujours d’entrer dans le jeu par un double 16. « C’est mon nombre préféré », dit-il. « On dirait qu’il se trouve au bon endroit de la cible. »

Miller, peintre de gros camions et de machines lourdes, s’est fait philosophe. « J’aurais dû réussir ce dernier lancer. C’est à ce moment-là que j’ai su que j’avais perdu la partie. Il y a des parties qu’on perd qu’on ne devrait pas perdre et il y en a qu’on gagne qu’on ne devrait pas gagner. C’est comme ça. »

Les dames auxiliaires de West Kildonan ont servi le diner pendant que les doubles se préparaient au jeu de l’après-midi. Cette compétition-là, aussi, a été dure. Glen Carter de la filiale Channel était de retour pour défendre le titre des doubles qu’il avait remporté en 2007, à Miscouche (Î.-P.-É.), avec Richard Leriche. Ce dernier n’était pas là cette fois-ci et Carter jouait avec Paul Osmond, qui se présentait aux fléchettes nationales pour la première fois.

À la fin de la sixième partie, un spectateur dit que « les seules équipes qui pourraient encore gagner sont celles dont le nom commence par un N ».

C’était bien le cas selon le nom anglais des divisions. L’équipe de Terre-Neuve (Newfoundland en anglais) était ex æquo avec celle du Nouveau-Brunswick, laquelle était constituée par Thomas Vaughan et Jeffery Smith de la filiale Carleton de Saint John. L’équipe de la Nouvelle-Écosse/Nunavut, formée par Kevin Boylan et Sheldon Fudge de la filiale New Ross, les talonnait à 14 points.

Le septième tour, la Nouvelle-Écosse a réussi à balayer Gord Mills et Mark Prutchick de la filiale ontarienne Orillia à 3-0. Le Nouveau-Brunswick a marqué deux points devant les Manitobains Jeff Dueck et Glen Walker de la filiale Prince Edward de Winnipeg alors que Terre-Neuve n’a réussi à inscrire qu’un seul point devant les Québécois Freeman Rose et Sébastien Gagnon de la filiale LaSalle.

Au huitième tour, la Nouvelle-Écosse se mesurait à Rob Cool et Bob Cool de la filiale White Rock (C.-B.), et Terre-Neuve faisait face au Nouveau-Brunswick. La Colombie-Britannique a empêché la Nouvelle-Écosse de marquer plus d’un point et Terre-Neuve, malgré un lancer de 180 fait par Smith à la première partie, a battu le Nouveau-Brunswick à 2-1. Terre-Neuve obtenait ainsi le point supplémentaire qu’il lui fallait pour rattraper les meneurs et créer une éga­lité à trois, au dernier tour, à 18 points.

La tension était encore plus élevée quand le Nouveau-Brunswick a fait face à la Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve s’est mesurée au Québec.

Le Nouveau-Brunswick a gagné la première partie avec la Nouvelle-Écosse mais Boylan et Fudge se sont repris et remporté les deux suivantes. Toutefois, la décision a été prise quand Terre-Neuve a marqué trois points devant le Québec.

« Deux années de suite! » criait Carter quand Terre-Neuve était déclarée ga­gnante, à 21 points. La Nouvelle-Écosse a obtenu la deuxième place à 20 points et le Nouveau-Brunswick est arrivé ensuite, à 19 points.

Les jeux des équipes ont ensuite étalé une autre finale à trois aux yeux des spectateurs. La foule s’attendait déjà à une compétition serrée de l’équipe terre-neuvienne formée par Drake, Carter, Osmond et John Anderson et de celle du Québec constituée par Hull, Rose, Gagnon et Jason Hurley. Les joueurs de l’équipe ontarienne, de la filiale Beachville, étaient des inconnus : les nouveaux Bill Wilson, Mike Wilkins et les frères Shawn et Bob Brennan.

Toutefois, la plus grande partie de l’audience suivait l’équipe du Manitoba, de la filiale West Kildonan, composée de Cory Tkach, de son père Vern Tkach, de Noel DeJaun et de Kevin Duffy. Vern Tkach était aussi coordinateur du tournoi. C’est son équipe qui allait être l’entrave lors du match ardu où le ga­gnant allait se faire connaitre.

MacEachern observait l’équipe de l’Île-du-Prince-Édouard avec intérêt car il joue régulièrement avec ses membres et il a été membre de l’équipe de Charlottetown aux Championnats nationaux de fléchettes de la Légion de 2006, à Medicine Hat (Alb.).

La tension montait déjà au septième tour, car le Québec, qui menait à 16 points, n’était suivi par l’Ontario qu’à 15 points et par Terre-Neuve à 14 points.

C’est au huitième tour que Terre-Neuve et l’Ontario ont réussi à balayer leurs adversaires respectifs : la Nouvelle-Écosse et l’Île-du-Prince-Édouard. Et le Québec a battu l’Alberta à 2-1.

Le dernier tour était fixé où le Québec et l’Ontario étaient ex æquo à 18 et Terre-Neuve suivait à 17. Terre-Neuve a balayé l’Alberta et l’Ontario a balayé l’Île-du-Prince-Édouard. Et c’est alors que le Manitoba s’est fait l’entrave du Québec. Duffy a obtenu le premier double de la première partie et l’a gagnée. Le Québec a remporté les deux parties suivantes, mais cela ne suffisait pas pour empêcher l’Ontario de gagner avec ses 21 points.

Il restait donc à Terre-Neuve et au Québec de jouer une belle de trois manches pour les départager. Et les trois manches ont dû être jouées pour que le Québec obtienne la deuxième place.

« On est vraiment contents de notre premier résultat », dit Wilson. Il dit qu’il jouait autrefois dans le Nord de l’Ontario, où il travaillait comme mineur. Quand les mines autour d’Elliot Lake ont été fermées, il a déménagé à Beachville, à 40 kilomètres environ à l’est de London. « Avec un autre gars, on a montré aux jeunes comment on joue. Je suis le vieil homme de l’équipe, à l’âge de 65 ans. Shawn a 30 ans de moins que moi. »

Les championnats ont étés couronnés dimanche soir par un banquet où l’ancien président Brian Wilson de la Division du Manitoba–Nord-Ouest de l’Ontario était maitre de cérémonies. MacEachern a fait les louanges du Comité des préparatifs locaux et de tous les bénévoles qui avaient porté des tee-shirts rouges « Appuyons nos troupes » durant toute la fin de semaine. « Ça a été très bien organisé. Je serais content si ça devenait le modèle des tournois à venir », dit-il.

Résultats

Équipes : Ont. (fil. Beachville), 21; Qc (fil. LaSalle), 20 (vice-championne); T.-N. (fil. Channel), 20; N.-É. (fil. Calais de Lower Sackville), Alb./T. N.-O. (fil. Strathcona d’Edmonton), 13; Man./N.-O. O. (fil. West Kildonan de Winnipeg), 11; Î.-P.-É. (Charlottetown) et Sask. (fil. Nipawin), 10; C.-B./Yukon (fil. White Rock), 9; N.-B. (fil. Carleton de Saint John), 8.

Doubles : T.-N. (Glen Carter, Paul Osmond, fil. Channel), 21; N.-É. (Kevin Boylan, Sheldon Fudge, fil. New Ross), 20; N.-B. (Thomas Vaughan, Jeffery Smith, fil. Carleton), 19; Ont. (Gord Mills, Mark Prutchick, fil. Orillia), C.-B./Yukon (Rob Cool, Bob Cool, fil. White Rock), 16; Î.-P.-É. (Peter Holden, Darren MacNevin, fil. Charlottetown), Qc (Freeman Rose, Sébastien Gagnon, fil. LaSalle), 10; Man./N.-O. O. (Jeff Dueck, Glen Walker, fil. Prince Edward de Winnipeg), Alb./T. N.-O. (Ray Earle, Tim Moore, fil. Strathcona), 8; Sask. (Stephen McKechnie, Earl Sterling-Brown, fil. Nipawin), 7.

Simples : Qc (Jerry Hull, fil. LaSalle), 21; Ont. (Bernie Miller, fil. Col. Fitzgerald d’Orangeville), 20; Alb./T. N.-O. (Fred Seaward, fil. Strathcona), 16; N.-É. (Sheldon Fudge, fil. New Ross), 14; Î.-P.-É. (Darren MacNevin, fil. Charlottetown), 13; T.-N. (Tom Drake, fil. Channel), N.-B. (Fred MacKinnon, fil. Carleton), C.-B./Yukon (Bill Durant, fil. Courtenay), 12; Man./N.-O. O. (Scott Samson, fil. Selkirk), 11; Sask. (Stephen McKechnie, fil. Nipawin), 4.

Les mains gagnantes à Grand Bend

Les Championnats nationaux de cribbage de la Légion de 2008 ont été un de ces événements où tous les éléments, la météo, les gens, l’ambiance, s’unissent pour créer une expérience parfaite.

Les joueurs de cartes qui se sont assemblés à la filiale Grand Bend (Ont.), à l’occasion de ces championnats qui ont eu lieu du 25 au 27 avril, ont souvent souhaité, de vive voix, que la manifestation dure plus longtemps; rien que pour pouvoir s’amuser encore. Il y a quand même eu quelques parties sérieuses, une compétition féroce, avant que la côte Est, la côte Ouest et les Prairies recueillent les lauriers.

Grâce à la planification attentionnée du Comité des préparatifs locaux dirigé par le président Ron Crown de la filiale Grand Bend, les organisateurs étaient calmes, confiants qu’ils parviendraient à s’occuper de tout imprévu. « Nous avons commencé la planification de cet événement le lendemain du jour où il a été approuvé », plus d’un an avant les championnats, dit Crown. Alors les petites broutilles ont été vite réglées. La pluie menace le défilé? On le fait à l’intérieur. Les jeux durent plus longtemps que prévu? On fait plusieurs services pour nourrir tout le monde. Quelqu’un désire visiter la ville à l’improviste? On a vite fait de trouver un chauffeur.

Les plages blanches de la côte est du lac Huron à Grand Bend, 45 minutes environ de London, charment les touristes depuis longtemps. La population permanente d’environ 1 000 personnes devient 25 fois plus grosse tous les étés, quand les gens des chalets s’agglutinent autour du lac et de ses environs : la Huron County Playhouse, les quelques rares habitats du parc provincial Pinery, le Grand Bend Motorplex, le casino avoisinant, la douzaine de terrains de golf des alentours.

« Il faut des dizaines de bénévoles pour un événement comme ça », dit Crown qui, de peur d’oublier quelqu’un, hésite à commencer à les nommer. L’ancien président Bob Chapdelaine était l’un des chauffeurs bénévoles qui sont allés chercher les équipes au fur et à mesure qu’elles arrivaient à l’aéroport de London. « Je me suis vraiment bien occupé des gens de l’Alberta », dit cet ancien Albertain qui a déménagé à Grand Bend au milieu des années 1960.

Les joueurs ont étés déposés à leur hôtel pour se rafraichir ou faire une sieste réparatrice, et puis ils ont été conduits à la filiale où ils ont bavardé avec les membres locaux. Des dizaines de membres de la filiale sont arrivés pour un souper au jambon, servi, dans une ambiance chaleureuse, avec un gratin dauphinois, qu’on a fait suivre par le tirage au sort de viande populaire du vendredi et les divertissements musicaux.

L’équipe albertaine de la filiale Chapelhow de Calgary, que Lorne Weselak, James et Joyce Grewcutt et Mark Gourdeau composaient, avait dû triompher d’une grosse chute de neige, de deux dégivrages d’avion et d’un vol de nuit, mais ses membres ont été ragaillardis par le beau temps. Le duo mère-fille Judy et Lorrain Austin, membres de l’équipe ontarienne de la filiale Kapuskasing qui avait dû rouler plus de 12 heures, réparties durant deux jours, étaient contentes du temps et de l’hospitalité.

Les manifestations à la filiale, samedi après le déjeuner, ont commencé par l’inscription et le défilé. « Nous, membres de la Légion, sommes tous ici pour nous amuser », dit le représentant Norm Shelton du Comité national des sports, et il demanda aux joueurs de faire preuve de camaraderie et de sportivité durant le tournoi. La vice-présidente Marg Emery de la Division de l’Ontario a souhaité la bienvenue aux joueurs. Crown a invité les joueurs à écrire un mot de salutation sur une casaque rouge qu’il allait envoyer aux membres des Forces canadiennes en ser­vice en Afghanistan.
Après une courte réunion des capitaines d’équipe, Crown a prononcé les mots qu’attendaient les équipes de doubles : « comme on dit au Texas Hold ’Em : “mélangez et distribuez” ».

Les doubles, les simples et les équipes ont eu neuf tours, et deux parties par tour. Chaque partie gagnée méritait un point, sauf celles qui se terminaient par un ‘skunk’, lesquelles en valaient deux. « C’est ainsi qu’on a des égalités », dit Crown et, en effet, il a fallu jouer des belles pour établir qui seraient les champions dans les catégories des doubles et des simples.

Bien que la Nouvelle-Écosse avait pris de l’avance au début de la compétition des doubles, grâce à deux skunks contre la Colombie-Britannique au deuxième match, il y en a qui ont réussi à reprendre du terrain. À la deuxième moitié des jeux, au moins deux équipes étaient ex æquo en première place à la fin de chaque tour.

Les équipes de Pilot Mound (Man.), Windsor (N.-É.) et Riverhead (T.-N.), étaient à égalité, à 12 points, au début du dernier tour. L’équipe néo-écossaise a perdu ses deux dernières parties, alors Terre-Neuve et le Manitoba se sont retrouvés ex æquo à 14 points. Barry et Margaret Heaver de la filiale Pilot Mound ont remporté le bris d’égalité lors d’un match rapide où il fallait ga­gner deux parties sur trois. Bien qu’ils jouaient sérieusement, les joueurs des deux équipes se sont bien amusés durant leurs parties, comme l’indiquaient leurs rires incessants.

Quand on lui demandait quelle stra­tégie elle avait employée pour gagner, Margaret répondait : « Stratégie? »

Et de dire Barry : « Ce n’était que la chance. On a perdu une fois par un skunk et on a perdu deux parties d’affilée. À un moment donné, même si on avait gardé les cinq cartes, on n’aurait pas pu compter de points. Mais durant nos deux dernières parties, on a recommencé à gagner. On a eu un skunk; ça aide. »

Bien que leur petite filiale n’a pas de jeux de cribbage régulier, ils avaient joué régulièrement aux compétitions de district. Ils se sont qualifiés une couple de fois aux provinciaux, mais c’est la première fois qu’ils se rendaient à l’échelon national. « Je n’aurais jamais cru qu’on irait si loin » dit Margaret. « J’étais si heureuse de venir ici. »

« On a joué avec une bonne équipe », dit le compétiteur Paul Corcoran. « Ils nous ont battus à la fin. » Il dit aussi de la filiale Dermot Lee Memorial qu’elle est petite, et c’est la troisième fois qu’il se rend aux championnats nationaux.

Il s’agissait aussi du troisième voyage de Jim Kay de la filiale Port Coquitlam (C.-B.), gagnant de l’épreuve des simples, qui a fait une longue remontée avant de remplacer le meneur, Lorne Weselak, de la filiale Chapelhow de Calgary, aux deux derniers tours.

Weselak était premier durant six des huit tours, mais il n’a obtenu aucun point contre ses deux derniers adversaires.

Kay dit que son calme est une des raisons de sa victoire. « Je n’ai pas regardé le tableau indicateur une seule fois. Si je gagne, ça va. Si non, ça va quand même. » Mais l’importance qu’il attache à la victoire était évidente quand ses yeux se sont mis à briller lorsqu’il disait que c’est la troisième fois qui a été la bonne, car il était allé aux championnats nationaux deux fois auparavant.

« Ça s’est bien passé jusqu’à la toute fin », dit Weselak, qui, lui, étudiait le tableau indicateur entre les parties. « C’était vraiment les mains chanceuses », dit-il. « J’ai commencé à avoir de bonnes cartes après avoir perdu quatre parties de suite. » Il a gagné contre le Saskat­che­wannais Butch Richardson de la filiale Alameda, laquelle se trouve à quelque 240 kilomètres au sud-est de Regina, qui est “mort d’un skunk” à la dernière main.

« Si on pouvait embouteiller cette fin de semaine », dit Richardson, « on n’aurait plus de problèmes d’adhésion. » Il a beaucoup fait pour l’ambiance de kermesse : ses danses de victoire, son sourire incessant, son énergie inépui­sable, ont amusé les autres joueurs durant toute la fin de semaine. « On l’amène aux grandes occasions », dit un des autres Manitobains, membre de la filiale Watson, durant les cérémonies de remise des prix.

Rares sont les joueurs de cribbage qui pourraient témoigner qu’on peut voir un des 10 plus beaux couchers de soleil de la terre à Grand Bend, comme on l’a écrit dans la revue National Geographic. Il y avait des choses divertissantes à faire tous les soirs. Les repas préparés par Sheila Tiedeman, Wynne Elmore et leur équipe de bénévoles, de véritables banquets, étaient assortis à des divertissements qui retenaient la plupart des gens à la filiale. Le samedi soir, un orchestre a fait danser les gens. La petite amusette au milieu de l’après-midi, c’était la course de chevaux — avec les chevaux en bois dont on se sert au jeu de dés « crown and anchor ». Une des invitées, Wanda MacArthur de Windsor (N.-É.), a pris nombre de photos du jeu, avec l’espoir de le renouveler, et l’amusement aussi, aux filiales des autres divisions.

« J’ai eu de bons résultats », en jouant aux chevaux, dit-elle.

Le dimanche, deux skunks au premier tour ont donné une bonne distance devant le peloton à l’équipe de la Nouvelle-Écosse/Nunavut de la filiale Hants County de Windsor : MacArthur, Brian Stewart, Raymond Church et Lyman Shanks. Elle battait l’équipe de la filiale George Pearkes VC de Summerside (Î.-P.-É.) à 6-1. Mais les skunks ont changé de direction au deuxième tour, ce qui a permis à l’Île de se rapprocher jusqu’à 7-9.

Au cinquième tour, l’équipe de l’Île a remporté toutes ses parties, alors que la Nouvelle-Écosse ne réussissait qu’à en gagner une seule, alors, au diner, l’Île avait 15 points et la Nouvelle-Écosse, 13.

L’équipe de Summerside, Ivan O’Brien, Nelson Blanchard, Ray Rushton et Cliff Gallant, maintenu son leur avance durant le reste de l’après-midi, finissant avec 29 points alors que la Nouvelle-Écosse n’en avait que 26. « On a eu de la chance », dit Rushton en se détendant après les efforts de la journée. « C’est pas tout à fait vrai », dit son coéquipier Blanchard. « On a eu beaucoup de chance. »

Rushton insistait : « On s’est appliqués sans cesse. Ils ont pris deux points d’avance à un moment donné et je pensais qu’on allait perdre. Mais on a fait une remontée. » L’équipe de Windsor « savait ce qu’elle faisait. On ne gagne pas à ce jeu rien qu’avec la main qu’on reçoit », dit-il. « Il faut savoir ce qu’on doit faire avec les cartes. »

Vu qu’ils jouent ensemble depuis bien des années, ses coéquipiers le savent, ce qu’il faut faire avec les cartes. Ils se sont rendus aux championnats nationaux plusieurs fois au cours des années, en divers arrangements, et ils ont l’intention de se rendre à encore plus de compétitions. « On peut encore faire une partie, les gars », dit O’Brien.

Stewart dit que, « si on avait gagné, ça aurait été en prime ». Il s’est fait fermier en Nouvelle-Écosse à cause de la blessure à la colonne vertébrale qui a écourté sa carrière dans les Forces canadiennes. « On est venus ici pour s’amuser et on a eu une fin de semaine extra », dit-il.

Des amitiés sont nées durant cette fin de semaine, et nombre d’invitations ont été faites aux camarades de partout à travers le pays.

« Je ne pense pas qu’il me soit déjà arrivé de rire autant », dit Ken Desjardins de Fort Frances (Ont.). « Je veux dire : les membres de mon équipe sont amusants, mais je ne savais pas que c’était pareil à travers tout le pays. »

Bien des joueurs ont promis de retourner à Grand Bend profiter des plages. Et, s’ils réussissent à résister à l’appel de la filiale, peut-être verront-ils un de ces fameux couchers de soleil.

Résultats

Équipes : Î.-P.-É. (fil. George Pearkes VC de Summerside), 29; N.-É./Nunavut (fil. Hants County de Windsor), 26; C.-B./Yukon (fil. Qualicum Beach), 24; Qc (fil. Pointe-Gatineau de Gatineau), 23; Ont. (fil. Kapuskasing) et Alb./T. N.-O. (fil. Chapelhow de Calgary), 21; Sask. (fil. Watson) et T.-N. (fil. Dermot Lee Memorial de Riverhead), 19; N.-B. (fil. Hillsborough), 16; Man./N.-O. O. (fil. Fort Frances (Ont.)), 15.

Doubles : Man./N.-O. O. (Barry Heaver et Margaret Heaver, fil. Pilot Mound), 14; T.-N. (Paul Corcoran et Willie Corcoran, fil. Dermot Lee Memorial), 14 (vice-cham­pions); C.-B./Yukon (Marilyn Cantrill et Leroy Olson, fil. K. Knudtson d’Osoyoos), 13; N.-É./Nunavut (Brian Stewart et Raymond Church, fil. Hants County), 12; Ont. (Judy et Lorrain Austin, fil. Kapuskasing) et Qc (Germain Leduc et Raymond Duguay, fil. Pointe-Gatineau), 11; Î.-P.-É. (Ivan O’Brien et Nelson Blanchard, fil. George Pearkes VC) et Alb./T. N.-O. (James et Joyce Grewcutt, fil. Chapelhow), 8; Sask. (Pat Daly et Verda Hoppe, fil. Nipawin), 7; N.-B. (Neil et Austin Doughwright, fil. Hillsborough), 6.

Simples : C.-B./Yukon (James Kay, fil. Port Coquitlam), 16; Alb./T. N.-O. (Lorne Weselak, fil. Chapelhow), 13; Sask. (Butch Richardson, fil. Alameda), 13; N.-B. (Joseph Milton, fil. Hillsborough), 12; Man./N.-O. O. (Paul Shalley, fil. Fort William de Thunder Bay (Ont.)), 11; N.-É./Nunavut (Lyman Shanks, fil. Hants County) et Î.-P.-É. (Raymond Rushton, fil. George Pearkes VC), 10; T.-N. (Kenny Whelan, fil. Dermot Lee Memorial), 9; Qc (Raymond Rodier, fil. Pointe-Gatineau) et Ont. (Jack Bantten, fil. Kapuskasing), 8.

Présentation d’un bon modèle dans une salle de la Légion

Suite à une initiative d’Anciens combattants Canada, un agent d’entraide d’une division de la Légion a été invité à participer à une session d’information parrainée par ACC et son bureau local de traumatismes liés au stress opérationnel (TLSO). Cette session d’information avait principalement pour but d’approcher les particuliers qui souffrent de stress opérationnel et de les renseigner sur les ser­vices qui leur sont offerts. Les présentations sur les avantages dont nos anciens combattants et les personnes à leur charge peuvent profiter ont été faites par des représentants d’ACC et de la collectivité, ainsi que par des agents d’entraide de la Légion.

Afin d’organiser cette session d’information, il avait fallu trouver un endroit pouvant servir à une participation maxi­male dans un environnement familier. Pour ce faire, on a obtenu la filiale locale de la Légion royale canadienne grâce à l’officier d’entraide divisionnaire, celui de la filiale et le président de cette dernière. Une annonce a été placée dans les journaux locaux pour inviter le grand public.

Quatre-vingt-sept personnes ont assisté à la session. Un psychologue clinicien local, chef de l’équipe des ser­vices de santé de trois comtés se spécialisant dans les questions de santé mentale, leur a donné des renseignements sur les services qu’elles peuvent obtenir dans la collectivité. Un représentant du Centre d’accès aux soins communautaires a fait un exposé sur les services mis à la disposition des gens qui y ont droit et qui en ont besoin, ainsi que sur les services que le centre de ressources local offre à la collectivité.

Suite aux exposés des gens des ressources communautaires, des employés d’ACC ont donné des renseignements sur le Programme d’autonomie des anciens combattants, et puis des conseillers de la région ont parlé des programmes d’assistance qu’on trouve dans les maisons de soins infirmiers. Une présentation détaillée du rôle des agents des services à la clientèle (ASC) et des services qu’ils offrent à nos anciens combattants et aux conjointes de ces derniers a été faite par la suite. Un conseiller de la région a donné un aperçu général de la nouvelle Charte des anciens combattants. Après, l’officier d’entraide de la division a donné des éclaircissements sur les programmes d’invalidité et les modifications récentes aux politiques d’invalidité. Les renseignements comprenaient la nouvelle politique sur la perte de l’ouïe et l’extension du PAAC à certaines veuves.

L’après-midi s’est conclu par un exposé du représentant local du bureau de TLSO qui a donné une vue d’ensemble des services et des services de soutien offerts par les équipes de son bureau aux particuliers ou, selon le cas, aux familles.

Des questions ont été posées au groupe après les exposés et plusieurs personnes ont approché les orateurs pour leur parler de problèmes personnels. Il y avait un intérêt notable à propos des TLSO et des services communautaires de soutien mental, pour les représentants civils ainsi que pour ceux d’ACC et du bureau de TLSO.

Cet assemblage de ressources était une excellente occasion pour les membres de la Légion et pour le public de voir comment ces organisations interagissent dans le but d’offrir les meilleurs services aux gens qui en ont besoin. On prévoit d’autres exposés de ce genre et les sessions vont toutes être organisées dans les installations locales de la Légion. Il s’agit, sauf obstacle majeur, d’un très bon modèle à suivre.

À votre service est écrit par des officiers d’entraide de la direction. Pour rencontrer un officier d’entraide, composez le 1-877-534-4666, ou visitez un site web de la direction.