Changement de culture

Des policiers militaires canadiens en déploiement participent à la cérémonie de clôture de la Semaine de la police militaire dirigée par les États Unis, qui vise à rendre hommage aux responsables de l’application de la loi, aux membres des forces de sécurité et de la protection de la force ainsi qu’aux policiers militaires américains qui ont perdu la vie lors d’opérations de déploiement, au cours de l’opération IMPACT, le 20 mai 2017.
Photo : Op IMPACT, MDN
KW06-2017-0160-011

En mars 2022, un cours de formation de base de la Marine royale canadienne à la base des Forces canadiennes Esquimalt, en Colombie-Britannique, a été arrêté à la suite d’allégations de harcèlement sexuel et de racisme.

Un groupe de discussion avait partagé une photo sexuellement explicite, il y avait eu des commentaires sexualisés inappropriés, et des messages racistes et menaçants avaient été trouvés sur les appareils personnels de certaines recrues.

Les Forces armées canadiennes ont passé en revue près de 35 membres potentiels. Un porte-parole a déclaré : « les candidats jugés aptes retourneront à l’instruction ». Ceux qui ne se sont pas montrés à la hauteur du code de valeurs et d’éthique des FAC ont été expulsés.

Il s’agit d’un signe que la nouvelle stratégie concernant l’inconduite sexuelle dans les forces – résumée dans le document La voie vers la dignité et le respect publié en octobre 2020 – porte ses fruits. Les personnes affichant leur sexisme, leur racisme, et leur comportement intimidant ne seront pas admises dans les rangs.

La dernière démarche en date admet qu’éliminer l’inconduite
sexuelle n’est pas une mission isolée, mais une évolution culturelle sans fin. Il faudra miser sur l’éducation à long terme. C’est un rôle qui s’inscrit dans la durée pour la nouvelle chef de la conduite professionnelle et de la culture.

En effet, ces efforts pour éliminer l’inconduite comportent plusieurs objectifs, contrairement aux tentatives précédentes. Cette fois-ci, pour améliorer les politiques et processus, les FAC sollicitent les suggestions d’experts externes, notamment de personnes qui ont été confrontées à l’inconduite sexuelle et à la discrimination fondée sur le genre. Les FAC ciblent aussi les comportements irrespectueux à tout niveau et encouragent la création d’un milieu qui endigue les actes nuisibles avant qu’ils ne deviennent toxiques.

Les FAC élaborent des méthodes pour appuyer les personnes qui subissent de telles pressions et pour que celles qui en sont témoins puissent rapporter l’inconduite en toute sécurité. Elles conçoivent aussi des processus pour traiter de nombreux actes inappropriés en conséquence.

L’armée souhaite inculquer ce changement de culture en engageant la responsabilité des dirigeants en matière de diversité et d’inclusivité, et en faisant de ces mesures des critères d’évaluation professionnelle.

En outre, s’attaquer à ce problème pourrait aider à résoudre l’enjeu du recrutement. Les changements culturels qui veulent rendre les carrières militaires plus attrayantes pour les femmes, la communauté LGBTQ2 et les Canadiens racisés – par exemple en permettant aux militaires de s’habiller selon leur identité de genre et d’observer diverses fêtes religieuses, et en élargissant les politiques de congés pour inclure le deuil et les soins à un malade – rendront aussi les emplois dans les FAC plus intéressants pour les hommes.

Verrons-nous vite des preuves de cette évolution? Probablement pas. Hors de l’armée, de tels changements pour une société plus inclusive ont été lents. Les progrès pourraient être plus rapides dans les forces armées que dans la société en général, mais la démarche restera méthodique chez les personnes portant l’uniforme.

Il n’en reste pas moins que les premiers pas ont été faits. 

Des avantages pour la santé mentale à votre disposition

La santé mentale est cruciale pour le bienêtre général, c’est pour cela qu’Anciens combattants Canada a dernièrement lancé une nouvelle initiative en la matière. 

À partir d’avril, les vétérans des forces armées canadiennes qui demandent des prestations d’invalidité pour certaines affections mentales, ainsi que ceux qui ont déjà présenté une demande et qui attendent une décision, obtiendront immédiatement l’aide et les services nécessaires. Les anciens combattants qui vivent à l’étranger et les réservistes de catégorie A ou B qui n’ont pas franchi le seuil des 180 jours sont aussi inclus. Les membres des réserves premières ou supplémentaires, le Service d’administration et d’instruction des organisations de cadets, ainsi que les Rangers canadiens, pourraient aussi y avoir droit.

La couverture d’Avantages pour la santé mentale d’ACC vise les affections liées au service, comme les troubles anxieux, les troubles dépressifs, et les troubles liés à des traumatismes et à des facteurs de stress. Elle couvre aussi les couts des traitements connexes, comme les médicaments sur ordonnance et les visites aux psychologues, conseillers, travailleurs sociaux ou d’autres professionnels en santé mentale.

Les vétérans des FAC qui ont fait une demande liée à une affection mentale et qui attendent une décision devraient avoir reçu des renseignements concernant cet avantage. 

Les personnes en service actif et les anciens combattants peuvent rester au fait des services d’ACC, notamment des avantages pour la santé mentale, grâce à ces liens et ressources :

●Mon dossier ACC : https://www.veterans.gc.ca/fra/endirect

●Le bulletin Salut! : https://www.veterans.gc.ca/fra/about-vac/news-media/salute

●Page VAC Facebook : www.facebook.com/VeteransAffairsCanada

●Compte Twitter d’ACC : https://twitter.com/VeteransFR_CA 

●Avantages pour la santé mentale – FAQ : https://www.veterans.gc.ca/fra/financial-support/medical-costs/treatment-benefits/mental-health-benefits

S’il vous faut de l’aide pour accéder aux prestations d’invalidité d’ACC ou si un de vos amis ou proches a besoin d’aide, communiquez avec un officier d’entraide de direction de votre localité en allant sur la page https://www.legion.ca/fr/soutien-aux-veterans/pour-joindre-un-officier-d-entraide-de-direction. Sinon, composez le 1-877-534-4666 pour parler à l’un d’eux.

Une petite histoire de prêt de consolidation

[istock.com]

Beaucoup de Canadiens sont confrontés à un endettement croissant, notamment des membres anciens ou actuels des Forces armées canadiennes. Le cabinet international de droit fiscal BDO signalait fin 2021 que presque la moitié des Canadiens étaient plus endettés que l’année précédente. Et, fait inédit, un Canadien sur 10 ne paie pas le solde complet de sa carte de crédit.  

Heureusement, il existe des moyens de faire face à des difficultés financières. En voici un exemple hypothétique.

Georges a terminé son service militaire il y a deux ans et a trouvé un emploi dans le civil avec un salaire et des avantages sociaux comparables. Peu après, son épouse Julie et lui ont acheté leur première maison. Ils ont payé les meubles et les appareils ménagers avec leur carte de crédit. Ils réglaient leur dette rapidement jusqu’à l’année dernière, quand Julie a donné naissance à des jumeaux et a pris un congé de maternité. Le revenu de Julie a diminué et rembourser la dette de la carte de crédit est devenu difficile. 

Julie a maintenant repris le travail et elle a reçu une promotion. Le couple espère régler sa dette dans deux ans, il a donc pris rendez-vous dans une banque locale pour explorer quelques pistes.

   

Option 1 : Julie et Georges règlent leur dette de carte de crédit au taux annuel de 28 % à raison de 327 $ par mois. À cette vitesse, il leur faudrait plus de 24 ans pour rembourser le solde, et les intérêts accumulés s’élèveraient à 83 660 $. 

Option 2 : Le couple pourrait faire passer les versements à 769 $ par mois. La dette serait entièrement remboursée en deux ans et les intérêts se monteraient à 4 442,54 $. 

Option 3 : Leur banquier leur offre un prêt de consolidation à un taux de 10 % avec des paiements mensuels de 646 $ pour rembourser les 14 000 $. Les intérêts se monteraient à 1 504,70 $. 

S’ils peuvent se le permettre, Julie et Georges pourraient aussi utiliser la différence de 120 $ entre la mensualité de l’option deux et celle de l’option trois pour ouvrir un régime enregistré d’épargne-études (REÉÉ) afin d’économiser pour l’éducation des jumeaux. 

Si ce scénario vous semble familier, ou si vous avez d’autres difficultés financières, n’oubliez pas que votre banque pourrait vous offrir des pistes qui vous feront faire des économies. N’hésitez pas à prendre rendez-vous. 

Les créations artistiques des tranchées

Le caporal P.J. LeBlanc documenta ses expériences militaires sur un pichet fait à partir d’une douille. [MCG/20100109-004]

Les soldats gravaient leurs histoires dans le métal mou des douilles.

 La guerre fut longue pour Patrick Joseph LeBlanc, mécanicien de chemin de fer. Il s’était enrôlé dans le 52e Bataillon (New Ontario) à Fort William en janvier 1951, et il passa l’année qui suivit la guerre dans l’armée d’occupation en Allemagne. Il reçut la Médaille militaire avec barrette pendant son service à l’étranger.

Les militaires à la Première Guerre mondiale avaient beaucoup de temps entre les batailles. Nombre d’entre eux s’exprimaient dans l’art avec les matériaux qu’ils avaient sous la main. Les douilles ne manquaient pas, le terrain en était couvert. L’artillerie alliée tira plus d’un million d’obus rien que pendant la bataille de la crête de Vimy.

M. LeBlanc trouva une douille parfaite pour ce qu’il avait en tête : documenter son service en Belgique et en France.

Quand, de retour au Canada, il s’installa à Schreiber, Ont., il ramena un pichet d’environ 30 centimètres de haut et de presque 15 kilogrammes entièrement couvert de gravures de sa période à l’étranger.

Un porte-boite d’allumettes datant de la bataille de la Somme de 1916. [BAC/PA-001349]

On y trouve des illustrations de bâtiments emblématiques, un relevé de ses combats, des gravures de chars, de grenades, d’aéronefs et de canons de campagne, ainsi que des gravures représentant le Canada avec des feuilles d’érable et des symboles provinciaux.

« Il l’a gravé à l’aide d’une aiguille à repriser. »—Margaret Santerre

Le métal mou des douilles en laiton, cuivre et aluminium servait souvent à créer et décorer des souvenirs et des cadeaux. Certains, comme celui de Leblanc, racontent l’histoire militaire du soldat; d’autres commémorent une bataille précise.

Le soldat F.A. Lee façonna un couvercle de boite d’allumettes pendant son service près de Lens, France. [MCG/20070132-003]

Les soldats fabriquaient des bijoux, des bougeoirs, des socles de lampe, des pots à tabac, des boites à cigarettes, des couvercles de boite à allumettes, des cendriers, des tasses, des chopes, et des pichets. Les œuvres allaient du simple monogramme aux scènes détaillées d’Art nouveau.

Le passe-temps était si répandu que les marchands vendaient des pochoirs des graphismes populaires. En échange de quelques cigarettes, le militaire pouvait acheter un pochoir pour faire un dessin sur une douille en employant ce qu’il avait sous la main, comme un clou, pour graver le graphisme dans le métal et décorer l’arrière-plan.

Certaines œuvres réalisées par des soldats qui avaient une certaine expérience de la ferronnerie ou du dessin, ou créées avec leur aide, étaient à la frontière entre l’art et l’artisanat.

Après la guerre, il devint chic de décorer son intérieur avec des créations artistiques des tranchées. Malheureusement, comme les douilles appartenaient au gouvernement et que tout usage personnel était interdit, la plupart des artistes n’apposaient pas leur signature sur leurs œuvres, alors il est difficile de savoir si elles proviennent du front ou d’un studio offrant des reproductions pour la vente en série dans les boutiques de souvenirs et les grands magasins.

Un artiste inconnu créa un rond de serviette de cinq centimètres en acier et cuivre après la bataille de la crête de Vimy.[MCG/19920203-005]

« Le pichet représentait énormément pour moi, explique Mme Margaret Santerre, fille de M. LeBlanc, qui habite à Terrace Bay, Ont. Il l’a gravé à l’aide d’une aiguille à repriser. Un ami qui avait été joaillier [avant la guerre] lui avait montré comment faire. »

Le pichet du soldat LeBlanc a été transmis au petit-fils de Mme Santerre. En plus d’être conservés précieusement par les descendants d’anciens combattants, ces objets d’art des tranchées ont un certain cachet pour les collectionneurs. Les prix sur eBay commencent à environ 50 $ pour de simples douilles servant de vase. Les œuvres plus élaborées réalisées sur des douilles provenant de batailles identifiables et celles signées par l’artiste sont encore plus couteuse : une lampe avec des emblèmes maçonniques faite à partir d’un obus d’artillerie de 1915 est ainsi annoncée au prix de 1 133 $.

Le Musée canadien de la guerre a quelques beaux exemplaires d’œuvres d’artistes des tranchées, et les expositions des musées de filiale de la Légion aux quatre coins du pays présentent aussi des échantillons du travail de soldats. 

Aperçu des prestations pour ancien combattant de 2022

Anciens combattants Canada a augmenté de 2,7 % les pensions, indemnités et allocations versées en 2022 en vertu de la Loi sur les pensions. ACC ajuste le taux des pensions d’invalidité et des allocations le 1er janvier de chaque année. L’augmentation de cette année est fondée sur l’indice des prix à la consommation, conformément à la Loi sur les pensions.

Pensions d’invalidité selon la Loi sur les pensions

Le degré d’invalidité s’exprime en pourcentage, l’invalidité totale étant évaluée à 100 %.
Quand une invalidité donnant droit à une pension est évaluée à moins de 100 %, la pension
est proportionnellement moindre. Le tableau suivant présente des exemples de pensions payées mensuellement en 2022.

Allocations mensuelles versées en vertu de la Loi sur les pensions

Indemnité pour douleur et souffrance

Les indemnités d’invalidité en vertu du Règlement sur le bienêtre des vétérans peuvent être
versées en un montant forfaitaire, en montants annuels ou en une combinaison des deux. 

Loi sur les allocations aux anciens combattants

Les allocations aux anciens combattants versées aux clients à faible revenu sont réajustées les 1er janvier, 1er avril, 1er juillet et 1er octobre. Les taux actuels sont les suivants.

Soutien du revenu des Forces canadiennes

Les lecteurs pensant avoir droit à un avantage relié au service militaire peuvent communiquer avec un agent d’entraide de la Direction nationale ou d’une division. 

Soutien aux vétérans des FAC et de la GRC

The Royal Canadian Legion logo [Legion Magazine]

Bien que beaucoup de membres de la Gendarmerie royale canadienne et leurs proches voient d’un œil reconnaissant la Légion royale canadienne en raison de son travail auprès des anciens militaires, rares sont ceux qui sont au courant du travail important qu’elle effectue en leur nom.

Il y a des officiers d’entraide du réseau du Bureau des services de la Légion dans les filiales et les directions générales de la Légion partout au pays depuis 1926. Ils offrent leur aide aux membres actuels ou aux anciens membres de la GRC ainsi qu’à leur famille durant le processus de demande de prestations d’invalidité à Anciens combattants Canada ou au Tribunal des anciens combattants (révision et appel) dans le cadre de la Loi sur les pensions.

Les services d’orientation, d’aide et de représentation qu’offrent les agents d’entraide de la Légion sont gratuits, de la première demande à l’appel au TAC(RA), et ce, que l’on soit membre de la Légion ou pas.

Les anciens combattants qui souhaitent demander des prestations d’invalidité cherchent souvent à savoir si les services d’un officier d’entraide de direction du réseau du Bureau des services leur seraient utiles. Bien sûr, les personnes qui défendent des intérêts ont chacune des qualités et forces qui leur sont propres, mais nous nous plaisons à croire que les officiers d’entraide de la Légion sont une catégorie à part. Nous sommes là pour servir ceux qui ont servi.

En effet, les agents d’entraide des directions de la Légion sont d’anciens membres des Forces canadiennes, de la GRC ou d’ACC qui font partie du réseau du Bureau d’entraide depuis longtemps. Ils connaissent la terminologie, la culture et les pratiques opérationnelles des FC et de la GRC. La communauté des expériences des officiers d’entraide et des anciens combattants favorise l’entente entre le demandeur et le défenseur des intérêts.

Si vous voulez demander des prestations d’invalidité ou faire appel d’un refus, n’oubliez pas que nous sommes à votre disposition et qu’il n’y a pas de meilleurs services que les nôtres. En 2020, plus de 4 100 anciens combattants qui demandaient des prestations d’invalidité ont sollicité l’aide des officiers d’entraide de la Légion.

Si vous voulez un coup de main pour obtenir des prestations d’invalidité d’ACC, ou si vous connaissez quelqu’un qui a besoin de notre aide, veuillez joindre un
officier d’entraide à www.legion.ca
ou au 1-877-534-4666 (sans frais).

Le gouvernement fait amende honorable

Justin Trudeau portrait [wikimedia.org] 

Le gouvernement fédéral a l’intention de présenter des excuses pour le traitement subi par les soldats volontaires noirs qui ont servi dans le 2e Bataillon de construction ségrégué pendant la Première Guerre mondiale.

Les hommes noirs, certains venus des États-Unis et d’autres des Antilles pour s’enrôler dans le Corps expéditionnaire canadien, se sont heurtés au racisme et à des obstacles souvent insurmontables en essayant de s’incorporer dans les unités d’infanterie régulière. Environ 700 soldats noirs y sont parvenus, mais la majorité a été reléguée aux fonctions de soutien du 2e en France.

Il ne s’agira pas des premières excuses concernant l’armée et la guerre, loin de là.

Le 13 décembre dernier, Ottawa a présenté des excuses aux victimes d’inconduite sexuelle dans l’armée (cf. page 12). D’autres excuses ont aussi été présentées par le passé :

•le 22 septembre 1988, le gouvernement fédéral a présenté des excuses pour avoir interné des Canadiens d’origine japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale;

•le 7 novembre 2018, Ottawa s’est excusé d’avoir refusé d’accueillir des Juifs qui avaient accosté au port d’Halifax en 1939 et qui demandaient asile devant l’ampleur des atrocités du régime nazi;

•le 10 septembre 2019, il a présenté des excuses aux anciens combattants métis à qui l’on avait refusé les avantages auxquels ils avaient droit;

•le 27 mai 2021, le gouvernement a prononcé un mea culpa pour avoir interné des Canadiens d’origine italienne pendant la Seconde Guerre mondiale.

Pour bien des gens, de telles excuses ne sont que de belles paroles qui arrivent trop tard. Sur les 937 réfugiés juifs arrivés au port en 1939 à bord du vapeur St. Louis lors de ce qui allait être surnommé « le voyage des damnés », 254 furent victimes de l’holocauste.

Les excuses aux Canadiens d’origine japonaise internés et à leur famille ont été accompagnées d’une indemnité compensatrice de 300 millions de dollars, et 24 millions de dollars ont été consacrés à la création de la Fondation canadienne des relations raciales afin de « s’assurer qu’une telle discrimination ne se reproduise jamais ».

Toutefois, aucune indemnité versée quarante ans plus tard, quel qu’en soit le montant, ne saurait compenser les souffrances infligées aux 22 000 Canadiens de descendance japonaise dont les biens confisqués et vendus. Pire encore, ils devaient payer leur propre internement et leurs droits de citoyen n’ont été restaurés qu’en 1949.

« Nous ne pouvons pas changer le passé, déclarait le premier ministre Brian Mulroney en 1988. Mais nous devons, en tant que pays, avoir le courage de regarder en face ces faits historiques. »

CES MOTS SONNENT CREUX SI DES MESURES EFFICACES ET D’ENVERGURE NE SONT PAS PRISES.

Ces mots sonnent creux si des mesures efficaces d’envergure ne sont pas prises pour corriger ce qui a causé les torts à l’origine.

L’armée canadienne a « regardé en face » l’inconduite sexuelle à diverses reprises et commandé deux études sur le problème. Les scandales dans les rangs supérieurs et la succession constante de cours martiales où des inconduites sexuelles sont alléguées laissent à penser qu’il n’y a pas de changement profond.

Dans le même ordre d’idée, des excuses ne mettront pas fin au racisme systémique au Canada.

Espérons qu’en reconnaissant les torts du passé et en faisant amende honora-ble, les Canadiens analyseront le présent d’un œil critique et amorceront un vrai changement durable. Ce serait le meilleur moyen de reconnaitre les sacrifices que les soldats noirs ont faits il y a plus d’un siècle, à l’étranger et au pays. 

Trois soldats canadiens dans une pirogue allemande capturée lors de leur avance à l’est d’Arras, 1918. [The French History Podcast]

Le Canada devrait-il s’impliquer davantage dans la région indopacifique?

ERNIE REGEHR est attaché supérieur de recherches à la Simons Foundation, spécialisé dans la sécurité et la défense de l’Arctique. Il est aussi cofondateur du Project Ploughshares. [Joel Kimmel]

Ernie Regehr dit que Non

L’apaisement des tensions militaires et l’enrayement de la dérive vers une guerre froide avec la Chine sont des conditions préalables pour relever efficacement les enjeux de la sécurité dans la région indopacifique, qui ne sont que trop réels. Il s’agit notamment de l’armement nucléaire de la Corée du Nord, des disputes territoriales entre les États côtiers de la mer de Chine méridionale, des limites à la liberté de naviga-tion, et du risque croissant de guerre au sujet de Taïwan.

Les mesures désincitatives empêchant un conflit armé font partie de l’équation sécuritaire.

Jusqu’à récemment, la Chine faisait preuve de retenue sur la scène militaire internationale. Ses dépenses militaires étaient bien inférieures à celles de l’occident, et elles restent encore bien en dessous de celles des États-Unis. En règle générale, la Chine évitait d’implanter des bases militaires à l’étranger, tandis que le Pentagone en a 750 dans le monde. L’arsenal nucléaire stratégique de Beijing représente environ un dixième de celui des États-Unis ou de la Russie.

Mais, cette retenue a pris fin. Les investissements des États-Unis dans un système stratégique de défense antimissiles balistiques (DMB) provoquent de sérieuses réactions en Chine, même si Washington dit ne se concentrer que sur la Corée du Nord. La DMB étasunienne est, aux yeux de Beijing, un risque, alors la Chine renforce son stock de missiles intercontinentaux pour s’assurer d’écraser les défenses américaines.

Des recherches sont réalisées sur les armes hypersoniques susceptibles d’échapper aux missiles de défense. 

La méfiance de l’Inde à l’égard de la Chine aussi est plus marquée, et sa place dans le dialogue avec le Japon, les États-Unis et l’Australie est important. Quoi qu’il en soit, le pays le plus densément peuplé de la planète, bientôt la plus grosse économie au monde, n’a pas l’intention de se laisser marginaliser ni militairement, ni économiquement, ni diplomatiquement.

Qu’on le veuille ou non, la Chine est désormais l’un des États incontournables:

on n’atténuera pas la crise climatique sans elle, la Corée du Nord ne se départira pas de son obsession pour le nucléaire sans son intervention, les disputes frontalières de la région ne seront résolues qu’avec sa volonté, et la question d’un code concerté en matière de navigation ne se résoudra qu’avec l’accord de la Chine.

Alors, que devrait faire une puissance moyenne?

Le Canada prend déjà part aux discussions régionales sur la défense et la sécurité avec l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est.

Ottawa voit les discussions comme les forums sur la défense de Séoul et de Tokyo ainsi que le Dialogue de Shangri-La comme de sérieux efforts visant à atténuer les conflits. Les exercices militaires comme l’exercice Rim of the Pacific auquel quelque 500 militaires et deux frégates des FAC ont participé en 2020 s’inscrivent aussi dans l’engage-ment du Canada dans la région.

C’est toutefois le rythme de l’engagement multilatéral qui doit s’accélérer, pas celui des opérations militaires. Les patrouilles comme le passage récent du NCSM Winnipeg dans le détroit de Taïwan avec un contretorpilleur américain ne sont pas faites pour réduire les frictions. À la place, les efforts diplomatiques encourageant les pourparlers sur la stabilité stratégique et le soutien général de la région dans le cadre des réponses collectives aux enjeux de sécurité indo-pacifique sont ce qui ouvrira la voie à ladite stabilité sur laquelle on compte pour cette sécurité.

DAVID J. BERCUSON, auteur de notre rubrique « Eye on Defence », est directeur du Centre for Military, Security and Strategic Studies de l’Université de Calgary.[Joel Kimmel]

David J. Bercuson dit que oui

Le Canada était une nation du Pacifique bien avant d’obtenir le statut officiel de nation lors de la signature du Statut de Westminster de 1931. La raison principale derrière la construction du Chemin de fer Canadien Pacifique était de relier l’Est du Canada à la Colombie-Britannique, revendiquer une partie des échanges avec l’Asie en était une autre.

Un siècle et demi plus tard, le Canada constitue la dixième économie en importance au monde, et compte une population de presque 40 millions d’habitants. Le port de Vancouver est l’un des plus grands de la côte ouest. En 2019, les échanges entre le Canada et le Japon se sont élevés à 26 milliards de dollars, et ceux entre le Canada et l’Inde à plus de 10 milliards. Nos échanges avec les Philippines, le Viet Nam et l’Indonésie augmentent rapidement. La Chine est notre deuxième partenaire commercial en importance après les États-Unis.

Rien que pour cela, ce qu’il se passe dans la région indo-pacifique est une question d’intérêt national vitale. Toutefois, l’intérêt du Canada va bien au-delà des échanges avec la région indo-pacifique.

Le Japon, démocratie à part entière l’une des forces navales les plus imposantes au monde. Garant de la liberté en mer, il souhaite encore renforcer sa puissance militaire. Il réagit directement à la croissance du pouvoir militaire de la Chine, ainsi qu’à sa belligérance dans les disputes territoriales avec lui et avec d’autres nations des côtes méridionales et orientales de la mer de Chine.

Avec la création de ressources navales et aériennes assises sur des récifs minuscules transformés en bases militaires, son impressionnante flotte de « bâtiments de pêche », ses navires de garde côtière, et son attitude irresponsable en matière de diplomatie,

la Chine joue actuellement le rôle de brute dans la région Asie-Pacifique.

Au cours des années à venir, la Chine essaiera-t-elle d’enrayer le flux de pétrole moyen-oriental vers le Japon qui passe par la mer de Chine méridionale? Décidera-t-elle d’écraser Taïwan, ile démocratique et stratégiquement vitale? La Chine continuera-t-elle de menacer, d’amadouer et d’inti-mider le Viet Nam? L’Indonésie? Singapour? La Thaïlande?

Et que fait le Canada devant cette nouvelle menace à la paix dans le monde? 

Pratiquement rien. Pourquoi? Parce que nous avons laissé notre puissance navale se réduire comme peau de chagrin. Parce que nous marchons sur la pointe des pieds près de la Chine, comme si nous étions les seules cibles de la belligérance de Beijing. Parce que nous n’avons pas actualisé notre stratégie diplomatique à l’égard de la région indopacifique. Parce que nous laissons l’Australie prendre position pour contrer la Chine, et ce, même si nos cou-sins du Commonwealth ont bien plus à perdre que nous dans leur relation avec la Chine.

Notre manque de courage tient en partie à une génération
de diplomates qui croient encore que les échanges avec la Chine permettront d’arrondir les coins avec la diplomatie communiste chinoise.

Si l’on en doute, posons donc la question à Michael Kovrig et à Michael Spavor. Selon Beijing, ils n’étaient pas otages. Mais, ils ont été libérés comme par miracle dans les 48 heures qui ont suivi la fin de la détention préventive au Canada de Meng Wanzhou, directrice financière de Huawei. Quelle coïncidence! Le Canada doit adopter une position bien plus ferme contre le régime sans pitié de Beijing.

La bonne décision

Anita Anand [wikipedia.org]

En novembre, peu après avoir été nommée ministre de la Défense, l’honorable Anita Anand a annoncé que les affaires d’inconduite sexuelle dans l’armée seraient transférées aux autorités policières et judiciaires civiles pour enquête et dépôt des accusations.

Trois juges de la Cour suprême avaient déjà émis cette recommandation depuis l’examen sur l’inconduite sexuelle de 2015 qu’avait mené l’honorable Marie Deschamps. Elle avait alors dénoncé une « culture sous-jacente de la sexualisation » qui portait atteinte à l’intégrité, au professionnalisme et à l’effica-cité de l’ensemble de l’organisation des FAC.

Marie Deschamps avait noté que cette culture dissuadait les victimes de signaler les agressions, ce qui empêchait donc les membres de la chaine de commandement de voir la véritable étendue du problème.

Mais, l’ampleur du problème est apparue de manière flagrante en 2021, quand presque une douzaine de dirigeants, dont certains parmi les plus hauts gradés, ont été visés par des enquêtes liées à une inconduite sexuelle. Deux d’entre eux ont fait l’objet de poursuites pénales. De surcroit, des mesures disciplinaires ont été prises à l’encontre d’autres dirigeants en raison de leur mauvaise gestion d’affaires d’inconduite sexuelle.

L’honorable Morris J. Fish a recommandé en juin que le système judiciaire civil traite les affaires d’inconduite sexuelle en attendant une réforme du système militaire. Et le 20 octobre, Mme Louise Arbour a recommandé le transfert immédiat aux autorités civiles, à titre provisoire, de toutes les affaires d’allégations d’agression sexuelle et autres infractions criminelles de nature sexuelle en vertu du Code criminel.

Les experts et les personnes qui ont vécu un traumatisme sexuel dans le cadre du service militaire soutiennent depuis longtemps que le système civil est mieux placé pour gérer les enquêtes et les poursuites dans les cas d’infractions de nature sexuelle, ne serait-ce que parce qu’il ne fait pas partie de la chaine de commandement.

Les membres des FAC éprouvent depuis des années des réticences à l’idée de signaler les agressions par peur qu’on ne les croie pas, que leurs plaintes soient gérées par des personnes faisant preuve d’indifférence dans la chaine de commandement, qu’on leur refuse des promotions, ou que leurs agresseurs et camarades leur fassent subir des représailles.

Les FAC ont mis sur pied l’opération Honneur dans la foulée du rapport de 2015 afin de changer la culture en sensibilisant à l’inconduite sexuelle, en punissant les responsables de telles inconduites, et en soutenant les victimes au Centre d’intervention sur l’inconduite sexuelle. Mais, cela n’a pas mis fin au harcèlement ni aux agressions.

Transférer les affaires d’agression sexuelle aux tribunaux civils servira à rebâtir un climat de confiance au sein de l’armée et en dehors.

Cela enlève la chaine de commandement du processus et assure la transparence. Selon Mme Anand, cet examen public sans précédent « représente une occasion tout aussi inédite d’apporter des changements significatifs pour renforcer la confiance. »

Sa décision devrait inciter les militaires de tous grades à se concentrer sur la lourde tâche de changer la culture. Le peuple canadien tout entier l’attend.

Quand une dette devient-elle excessive?

Quel est le montant de dette que l’on juge excessif? Sur le plan statistique, les gens dont la dette dépasse 40 % du revenu brut annuel ont peine à respecter leurs obligations mensuelles. L’amortissement total de la dette (ATD) est la formule dont se servent les prêteurs pour déterminer si un consommateur pourra rembourser ses dettes et si le prêteur devrait prolonger un prêt ou une facilité de crédit. 

Voici comment appliquer la formule d’amortissement total de votre dette :

Couts de logement + taxes + services + autres créances (véhicule, assurance, remboursement de prêt, etc.) ÷ revenu annuel brut = rapport ATD. 

Si vous calculez votre rapport ATD avant de demander un crédit, vous saurez mieux où les prêteurs placeront votre stabilité financière. Un ATD de près de 40 % indique une cote de crédit inférieure et on vous conseillera sans doute une manière de réduire votre dette avant de contempler un achat important. 

N’oubliez pas que les prêteurs fondent aussi leurs décisions sur votre cote de crédit, qui repose sur cinq facteurs, dont l’utilisation du crédit. Ce rapport concerne le crédit renouvelable et constitue 30 % de la cote de crédit.

Quel est le montant de dette excessive pour une carte de crédit? Les prêteurs n’aiment pas que vous utilisiez plus de 30 % de votre crédit disponible. Si vos cartes de crédit sont utilisées à plus de 30 %, ils pensent que votre situation financière n’est pas aussi solide qu’elle pourrait l’être.

Si vous avez calculé votre ATD et qu’il dépasse les 40 %, vous devriez peut-être penser à obtenir de l’aide pour gérer vos dettes. Tenez-vous à l’écart des prêts sur salaire et des prêts de consolidation à taux d’intérêt élevé.

Il existe des moyens de retrouver la stabilité financière et de se mettre sur la bonne voie. 

Considérez ces options d’allègement de dette sans obligation : 

• renseignez-vous sur les prêts de consolidation de dette auprès d’un banquier;

• renseignez-vous auprès d’un organisme sans but lucratif de conseil financier;

• consultez un administrateur autorisé en insolvabilité. 

—

À votre service est écrit par des officiers d’entraide des directions de la Légion. Pour communiquer avec un officier d’entraide, composez sans frais le 1-877-534-4666, ou visitez le site Web d’une direction. Consultez legionmagazine.com pour les archives des trois dernières années.