Notre homme à Téhéran

La Médaille d’or du Congrès des États-Unis, la plus haute distinction nationale décernée aux civils, est frappée du portrait de son récipiendaire. Ken Taylor a reçu la sienne en 1980. [Musée de la CIA]

Au plus fort de la révolution iranienne de 1979, les militants prirent 70 personnes en otages à l’ambassade des États-Unis. Six diplomates américains s’échappèrent grâce à l’opération Canadian Caper.

Depuis près de deux siècles et demi, les États-Unis reconnaissent les exploits de civils en leur remettant la Médaille d’or du Congrès. C’est tout un honneur : 150 médailles seulement ont été remises à des groupes ou à des particuliers depuis 1776, et seulement 31 à des étrangers, dont un Canadien : le diplomate Ken Taylor.

En cachant six diplomates américains durant presque trois mois et en les aidant à s’échapper le 27 janvier 1980, M. Taylor et le personnel de l’ambassade du Canada ont été une lueur d’espoir pendant les 444 jours sombres de la crise des otages américains en Iran.

La ruse employée consistait à prétendre qu’une entreprise fictive du nom de Studio Six Productions réalisait un film intitulé Argo. [Musée de la CIA]

En janvier 1979, le chah Mohammed Reza Pahlavi, soutenu par les États-Unis, dut fuir la révolution iranienne. Atteint d’un cancer, il partit ensuite d’Égypte au mois d’octobre pour aller aux États-Unis se faire soigner. Les étudiants insurgés qui réclamaient son extradition s’emparèrent de l’ambassade des États-Unis à Téhéran et y prirent 70 personnes en otages le 4 novembre 1979.

Ils laissèrent partir les femmes, les Afro-Américains et les malades, mais le Conseil révolutionnaire refusa de négocier la libération des 52 otages restants avec le président Jimmy Carter.

« Nous aurions pu tenter de survivre tout seuls
quelques jours de plus. Nous aurions échoué. »
Le diplomate américain Mark Lijek


Tandis que la peur et la colère augmentaient aux États-Unis, six Américains qui avaient échappé à la capture se cachaient
chez les diplomates canadiens John et Zena Sherdown et Ken Taylor et son épouse, Pat. Les Canadiens « étaient déterminés à nous garder jusqu’à la fin de la crise ou jusqu’à ce qu’on puisse quitter le pays », a déclaré le di-plomate américain Mark Lijek par la suite.

Un concept d’artiste, une annonce publicitaire et un article dans Variety. [Musée de la CIA]

C’était risqué : leur découverte aurait mis en danger tous les Canadiens et Américains en Iran, y compris les otages.

Le cabinet du premier ministre Joe Clark autorisa dans le plus grand secret la création de faux passeports canadiens. Le Canada fournit aussi les documents habituellement contenus dans un portefeuille : permis de conduire, cartes de crédit et autres pièces d’identité, ainsi que de faux documents de voyage.

Pendant ce temps, l’Agence centrale de renseignement (CIA) des États-Unis inventa un subterfuge pour aider les six clandestins à quitter le pays : ils seraient des Canadiens employés par Studio Six Productions, société hollywoodienne à la recherche de lieux de tournage en extérieur pour un film de science-fiction à suspense intitulé Argo. Un bureau doté de son propre personnel fut ouvert à Hollywood, des messages publicitaires furent publiés pour promouvoir le film et des cartes de visite furent imprimées.

De la papeterie d’affaires. [Musée de la CIA]

L’agent de la CIA Tony Mendez, qui arriva un jour et demi avant le départ prévu pour distribuer les trousses d’évasion aux Américains et les escorter durant le voyage de retour, fit l’éloge du « penchant pour la planification clandestine » de Taylor. La participation de la CIA fut gardée secrète, par crainte de représailles contre les otages.

Ces préparatifs furent couronnés de succès : l’opération de déroula sans heurts à l’aéroport international Mehrabad, à Téhéran.

Les Américains étaient « fous de joie » à l’annonce de la nouvelle, a écrit Mendez sur le site Web de la CIA. « C’était la première bonne nouvelle en trois mois de traumatisme national. » L’unifolié fut hissé un peu partout dans les villes du pays, des remerciements apparurent sur des panneaux d’affichage et dans des annonces de journal.

Mais Canadian caper n’offrit qu’un bref répit. La tension s’intensifia énormément lors de la mission de sauvetage bâclée où huit soldats américains et un Iranien perdirent la vie.

La frustration aux États-Unis donna lieu à des actes violents qualifiés d’ « I-rage ».

L’épouse d’un des otages rappela les gens au calme. Un journal rapporta qu’elle avait attaché un ruban jaune à un chêne dans sa cour et peu après, de tels rubans firent leur apparition dans tous les coins du pays. Le symbole se répandit partout : épinglettes, autocollants pour parechocs, panneaux d’affichage, vêtements. Ces rubans sont depuis un symbole d’espoir et de soutien pour les gens qui se trouvent dans une situation difficile.

Bien que le chah mourût en Égypte en juillet 1980, les otages ne furent libérés que quelques minutes après l’entrée en fonction du président Ronald Reagan qui applaudit « le courage, l’ingéniosité et les nerfs d’acier » de Taylor en lui remettant la décoration ce mois de juin là.

Taylor a été nommé officier de l’Ordre du Canada. Les autres Canadiens impliqués ont été nommés membres de l’Ordre, et l’Ordre du Mérite militaire a été décerné à trois militaires canadiens ayant participé à l’opération.

Sheardown est mort en 2012. Taylor, acclamé en 2013 par l’ancien président Jimmy Carter comme étant « le héros principal » de l’opération secrète, est mort en 2015.

À votre service: Offre de consultation psychologique

À votre service est écrit par des officiers d’entraide des directions de la Légion. Pour communiquer avec un officier d’entraide, composez sans frais le 1-877-534-4666, ou visitez le site Web d’une direction. Consultez www.legionmagazine.com pour les archives des trois dernières années.

Qu’est-ce que le Service d’aide d’Anciens Combattants Canada (ACC)?

Le Service d’aide d’ACC est un service téléphonique de consul-tation et d’aiguillage sans frais, offert tous les jours de la semaine et à toute heure du jour ou de la nuit aux anciens combattants, aux anciens membres de la GRC, à leurs familles et à leurs aidants naturels. Le Service d’aide d’ACC est confidentiel et assuré par une équipe de professionnels de la santé mentale partout au pays.

Lorsque vous téléphonez, on vous pose des questions afin de déterminer quels sont vos besoins et de vous mettre en contact avec un professionnel de la santé mentale près de chez vous pour une consultation en personne. Ces services sont entièrement gratuits.

Quels types de consultation psychologique sont offerts?

Le Service d’aide d’ACC peut offrir jusqu’à 20 séances de consultation psychologique dans de nombreux domaines, dont les préoccupations liées au travail ou à la santé, les problèmes familiaux ou conjugaux, les troubles psycho-logiques et d’autres problèmes
qui affectent le bienêtre des anciens combattants, des anciens membres de la GRC, de leur famille et de leurs aidants naturels. Des services d’accompagnement du deuil sont aussi offerts.

Vous pouvez joindre le Service d’aide d’ACC au 1-800-268-7708. Les personnes malentendantes devraient composer le
1-800-567-5803 (ATS).

 

Du pain sur la planche

Seamus O’Regan, ancien animateur de télévision de Terre-Neuve-et-Labrador, a remplacé M. Kent Hehr au poste de ministre des Anciens combattants du Canada le 28 aout. Il y a eu d’importants changements à la Nouvelle Charte des anciens combattants depuis la dernière élection, qui doivent améliorer la vie de nombreux anciens combattants invalides, mais le nouveau ministre a encore beaucoup de travail à faire.

L’animosité et la méfiance d’une minorité d’anciens combattants envers Anciens combattants Canada (ACC) se dissipe, principalement grâce à la réouverture de neuf bureaux de district et à la création de comités consultatifs ministériels, à l’augmentation de l’indemnité d’invalidité (souvent appelée paiement forfaitaire) à 360 000 $, et à l’augmentation de l’Allocation pour perte de revenus à 90 % de la solde.

L’atmosphère s’est détendue encore un peu plus en 2017 lors de l’annonce d’une prestation de 1 000 $ par mois pour aidant naturel, d’une prestation pour études pouvant s’élever à 80 000 $, de la permission aux militaires libérés pour raison médicale et à leur famille d’accéder aux 32 Centres de ressources pour les familles de militaires, de nouveaux fonds pour la recherche, et des plans concernant un centre de soins de santé mentale.

Mais il reste des points de discorde qui risquent de raviver le mécontentement; notamment le manque de progrès touchant les pensions à vie. Pour les anciens combattants, il ne suffit pas de mensualiser l’indemnité d’invalidité pour assurer leur sécurité financière. L’étalement des versements promis dans le budget de 2017 n’a pas encore été annoncé quand nous mettons sous presse.

La lettre de mandat postélectorale du premier ministre au ministre des Anciens combattants promettait d’améliorer les normes des services et des soins. Cependant, les plaintes déposées à l’ombudsman des vétérans concernent principalement la lenteur des décisions concernant les prestations d’invalidité, et il rapporte que 59 % seulement des décisions d’ACC satisfont à la norme ministérielle de 16 semaines.

Les anciens combattants se plaignent toujours du nombre insuffisant d’employés affectés au service à la clientèle, des critères d’admissibilité complexes, des difficultés de la transition des FAC vers les programmes d’ACC, d’une « mentalité de société d’assurances » dans les échanges avec le ministère, et des inquiétudes concernant la sécurité financière après l’âge de 82 ans.

Enfin, nous espérons que changer le nom de la Loi sur les mesures de réinsertion et d’indemnisation des militaires et vétérans des Forces canadiennes en Loi sur le bien-être des vétérans n’est pas un présage de changement idéologique. Le bienêtre, c’est le confort, la santé et le bonheur, ce à quoi ont droit tous les anciens combattants. Mais cela peut être aussi un concept paternaliste qui ne vise que le minimum vital. Les anciens combattants malades ou blessés ont gagné leurs avantages sociaux. Leur réadaptation, leur réinsertion et leur indemnisation sont des obligations sacrées, et elles ne devraient pas se limiter à une vue minimaliste des droits des anciens combattants, pas même dans le nom d’une loi.

Une étape importante

Protection, Sécurité, Engagement. Le titre du nouveau livre blanc publié récemment par le ministère de la Défense nationale est un reflet du Canada lui-même.

La nouvelle politique de défense est incontournable pour quiconque désire savoir ce que fait l’armée du Canada aujourd’hui, combat, maintien de la paix, aide humanitaire, secours aux sinistrés, et ce qu’elle a l’intention de faire au cours des 20 prochaines années.

Il contient un aperçu de ses missions fondamentales – « la détection, la dissuasion et la défense concernant les menaces ou les attaques contre le Canada » – et ses opérations simultanées – « appuyer les autorités civiles à la suite […] de multiples urgences nationales » –, ainsi que ses partenaires clés – OTAN, NORAD, ONU, services de police, autorités civiles et organismes non gouvernementaux.

Il promet que les défenses militaires augmenteront de 18,9 milliards de dollars en 2016-2017 à 32,7 milliards de dollars en 2026-2027. Les approvisionnements importants comprennent les chasseurs à réaction, les navires, les drones, les capacités spatiales et cybernétiques et la capacité de renseignement de défense.

225 millions de dollars serviront à réduire les émissions de carbone, 313 millions de dollars en cinq ans iront à un « programme d’innovation pour l’excellence en défense et la sécurité » et 102,5 millions de dollars seront consacrés à l’intervention d’experts externes.

L’examen de la politique, qui a duré un an, s’est appuyé sur 20 000 soumissions publiques, séances de discussion ouverte et discussions en ligne. Garantir la santé et le bienêtre des militaires est « la question numéro 1 », a déclaré le ministre de la Défense nationale, Harjit Sajjan. En conséquence, les militaires et leur famille sont au premier rang de la politique. « Leur procurer la formation, le matériel et les soins qu’ils méritent est l’objectif le plus important de cette politique, » dit-il.

Un grand nombre des objectifs ont trait à l’amélioration des ressources humaines des FAC :

• recruter 3 500 membres des forces régulières, pour porter l’effectif total à 71 500;

• recruter 1 500 réservistes, pour porter l’effectif total à 30 000;

• améliorer le recrutement, la formation et la rétention;

• augmenter la proportion de femmes dans le militaire de 1 % par année jusqu’à 25 % d’ici 2026;

• offrir un lieu de travail exempt de harcèlement et de discrimination, insistant sur l’inclusion, la diversité et le respect;

• financer à hauteur de 198,2 millions de dollars une nouvelle « stratégie de santé et de bien-être globaux »;

• augmenter le financement des programmes de soutien aux familles de 6 millions de dollars par année;

• exonérer d’impôt fédéral le salaire des soldats déployés dans des opérations internationales nommées, jusqu’au rang de lieutenant-colonel;

• créer un groupe de 1 200 employés pour s’occuper de la transition du statut de soldat à celui d’ancien combattant, y compris du personnel spécialisé et des postes réservés aux militaires malades ou blessés, en collaboration avec Anciens combattants Canada.

Ce dernier point est particulièrement intéressant pour les défenseurs des vétérans de l’armée canadienne. En effet, nous attendons depuis longtemps que la brèche liée à la transition soit colmatée.

« Les gens qui quittaient les forces auparavant passaient par un processus bureaucratique qui visait essentiellement à les passer au suivant, dit le général Jonathan Vance, chef d’état-major de la défense. Nous devons professionnaliser l’ensemble de la démarche. »

S’enrôler dans les Forces armées canadiennes est un choix de carrière très exigeant, et parfois dangereux. Ceux et celles qui s’engagent ont droit à la meilleure formation, au meilleur soutien, aux meilleurs soins et à la meilleure indemnisation possibles. La nouvelle politique de défense canadienne est un pas dans
le bon sens.

À votre service: Respecter sérieusement la vie privée

Les officiers d’entraide sont-ils tenus par le secret professionnel?

La réponse, en bref, c’est « non ». Un tel privilège ne s’obtient que lorsqu’on engage un avocat. Les officiers d’entraide offrent cependant un degré de confidentialité aux clients sollicitant des services de consultation et de représentation professionnels concernant une demande de prestations d’invalidité adressée à Anciens combattants Canada (ACC) ou au Tribunal des anciens combattants (révision et appel), ou des questions connexes.

L’accès des officiers d’entraide aux renseignements des clients est régi par ACC en conformité avec la Loi sur la protection des renseignements personnels. Par exemple, ils ne peuvent accéder aux renseignements pertinents qu’après avoir obtenu l’autorisation écrite et signée du client. En outre, le client peut restreindre ou annuler cet accès à son dossier à tout moment en envoyant un simple avis à un bureau d’ACC.

La Légion et ACC participent à un processus de vérification des antécédents et d’autorisation de ses agents pour assurer la confidentialité des renseignements personnels de ses clients en tout temps. Les employés de la Légion chargés de ce type de dossier suivent une formation obligatoire à la Direction nationale. Ils doivent aussi signer le formulaire d’ACC concernant la Politique sur les pratiques d’utilisation acceptable d’Internet, ainsi que celui de l’Acceptation des responsabilités en matière de sécurité de la LRC et d’ACC.

Lorsqu’un client signe le formulaire autorisant un officier d’entraide à le représenter dans sa demande d’indemnisation, une relation confidentielle s’établit. L’officier d’entraide n’a accès au dossier du client qu’une fois la demande reçue par ACC.

« Un dossier ne peut être consulté que sur la base du besoin de connaître, » déclare M. Ray McInnis, directeur du Bureau des services de la Direction nationale. « Comme le personnel d’ACC, nous prenons la confidentialité très au sérieux. »

« Les membres des Forces armées canadiennes, les anciens combattants, le personnel de la GRC et leurs proches qui ont besoin d’aide pour déposer une demande ou résoudre un problème lié à une demande ont plusieurs options pour se faire représenter, mais pourquoi payer pour ce service alors que nous le fournissons gratuitement? Il n’est pas nécessaire d’être membre de la Légion pour bénéficier de ce service, dit-il. Nous croyons fermement en notre service confidentiel gratuit. La formation approfondie des agents et les vérifications de sécurité d’ACC assurent la protection de la vie privée de nos clients. »


À votre service est écrit par des officiers d’entraide des directions de la Légion. Pour communiquer avec un officier d’entraide, composez sans frais le 1-877-534-4666, ou visitez le site Web d’une direction. Consultez www.legionmagazine.com pour les archives des trois dernières années.

Terre-Neuve a-t-elle bien fait de se joindre à la confédération?

Les Terre-Neuviens qui ont voté pour la confédération lors des référendums de 1948 l’ont fait pour des raisons pragmatiques. Le pays, surtout la partie au-delà de la péninsule d’Avalon, était indigent, isolé, livré aux caprices de l’industrie de la pêche. La plupart de ses habitants n’avaient jamais mis les pieds au Canada ni rencontré quelqu’un qui y était allé. Ils ne pouvaient pas ressentir de patriotisme pour un pays qu’ils ne connaissaient pas. Toujours est-il qu’ils votèrent pour le Canada, parce qu’ainsi, comme le leur expliquait Joey Smallwood, ils pourraient avoir un peu plus d’argent grâce aux programmes d’aide sociale du Canada, dont l’allocation familiale qui était versée pour chaque enfant. La plupart de ceux qui, à ces mêmes référendums, votaient pour un retour à l’indépendance le faisaient pour des raisons patriotiques. On peut se sentir patriote d’un pays où on a vécu toute sa vie. On peut aimer un tel pays tout en ayant conscience de ses limitations géographiques. On peut légitimement s’y sentir chez soi. Si vous habitiez à l’époque dans la partie la plus prospère de Terre-Neuve, le sacrifice potentiel était bien moindre que celui de vos compatriotes isolés. Il était donc normal pour la grande majorité des gens de St. John’s de voter pour un retour à l’indépendance.

Bien d’autres facteurs entraient en jeu dans les référendums, mais je dirais qu’il s’agissait d’un choix entre le patriotisme et le pragmatisme, et le pragmatisme l’emporta, de peu.

Cependant, on ne peut que répondre par l’affirmative à la question « Terre-Neuve se porterait-elle mieux si elle ne s’était pas jointe au Canada? ».

Depuis qu’elle s’est jointe au Canada, Terre-Neuve est deve-nue la province la plus pauvre de la fédération, et l’a toujours été, excepté durant une petite vague de prospérité où le pétrole se vendait à plus de 100 $ le baril. Si l’on totalise le nombre de chômeurs, les gens qui ne cherchent plus d’emploi et les personnes qui vivent de l’aide sociale, le vrai taux de chômage de Terre-Neuve atteint presque celui des pays du tiers monde. Son hydroélectricité, provenant surtout du Labrador, enrichit le Québec et remplit les coffres du gouvernement fédéral, mais ne rapporte presque rien à Terre-Neuve, dans le cas des projets hydroélectriques de Churchill Falls et de Muskrat Falls. Même en ce qui concerne le pétrole, Terre-Neuve a dû négocier pieds et poings liés parce qu’elle fait partie du Canada. Dans un endroit aussi pauvre que Terre-Neuve l’a habituellement été, il n’y a qu’un seul moyen, semble-t-il, de réaliser un mégaprojet : donner la ressource naturelle (hydro, pétrole) à quelque pays ou entreprise étrangère capable de l’exploiter en échange d’emplois de courte durée pour la construction de l’infrastructure.

Comment Terre-Neuve s’en est-elle tirée? La province a une dette de plus de 12 milliards de dollars, un déficit annuel de presque 2 milliards de dollars et un versement annuel d’intérêts qui gonflera la dette à plus de 20 milliards de dollars d’ici cinq ans : un montant intenable. Sans une nouvelle hausse du prix du pétrole, une faillite de plus est pratiquement certaine.

Si Terre-Neuve était indépendante, l’industrie morutière, ressource durable non polluante, aurait été gérée par les Terre-Neuviens, pas par les politiciens, scientifiques et fonctionnaires fédéraux qui ont permis aux chalutiers congélateurs étrangers de détruire les stocks de morue du Nord.

Une Terre-Neuve indépendante aurait une pêche viable. Elle ne serait pas riche, peut-être pas aussi aisée que le sont les provinces intérieures, mais c’est bien pire dans la province confédérée d’aujourd’hui. Une Terre-Neuve indépendante ne serait pas obligée de mendier sa pitance aux fédéraux et aux entreprises étrangères. Une Terre-Neuve indépendante ne serait pas obligée de supporter la raillerie, le mépris, la condescendance et l’intolérance du terme « Newfie ».

 

La Confédération. Moi non plus je ne l’aime pas. Mais elle a quand même des avantages.

J’habite à Toronto maintenant, mais j’ai grandi à Terre-Neuve. Quand j’étais petit, mes voisins étaient un vieux couple du nom de Shears. M. Shears, né en 1909, travaillait à l’usine de papier. Il avait choisi la vie d’un employé ayant droit à une pension plutôt que la périlleuse vie de pêcheur. Il était terre-neuvien quand il est entré à l’usine, canadien quand il en est ressorti. Et à un mur du sous-sol, il avait accroché un drapeau canadien et un Union Jack l’un à côté de l’autre.

Ici, à Toronto, il y a une maison devant laquelle je passe en prome-nant mon chien. Dans la véranda est affiché un drapeau rose, blanc et vert de Terre-Neuve. Le drapeau officiel de la province comporte une flèche jaune qui représente assez bien sa situation modeste. Mais ce tricolore officieux, lui, possède toute la confiance d’une nation.

Je ne dirai rien sur l’assurance sociale, les pensions, les perspectives professionnelles, l’éducation, ni sur les paiements de transfert, les boissons gazeuses ou les incidences de la religion. Oublions à quel point nous nous insurgeons contre la situation de nos Béothuks et sommes frustrés du malheur des Innus du Labrador. Ne nous penchons pas sur les pouvoirs et les obligations inscrits dans les conditions de l’union que Ches Crosbie refusa de signer ni sur les effets de la pêche à la morue que son fils John a fermée. Je suis en faveur de la confédération parce que bâtir un pays, c’est une notion que l’on met trop souvent en exergue. La seule raison d’être du Canada, le pays le moins nationaliste du monde, c’est de partager les risques d’une économie capitaliste au bord d’un continent. Si nous étions indépendants, nos politiciens auraient vendu le Labrador au plus offrant, c’est sûr.

Je suis régionaliste. Je crois qu’on peut aimer une montagne, un lac ou une rivière. Une île : oui, on l’aime. Mais un continent ne sera jamais aimé de la manière dont on aime une colline. La confédération ne dilue pas l’amour que l’on ressent pour une vallée. Elle empêche le retour à une culture à valeurs fixes. Ou au moins, elle le devrait.

Je suis pour l’idylle, et le territoire ne change pas, pas plus que ne changent les gens à cause d’un contrat. La confédération n’a pas écrasé ce qui fait des Terre-Neuviens des gens pleins de vie. Le roman de Percy James House of Hate commence ainsi « La haine est fille de la peur, et Saul Stone avait eu peur d’une chose ou d’une autre toutesa vie » (traduction). Les pressions de la faim, du désespoir et de la religion : voilà ce qu’a atténué la confédération.

J’accepterai, comme l’a accepté mon voisin M. Shears, le filet de sécurité que le Canada a bâti et la protection que le gouvernement fédéral confère contre les classes mercantiles, politiques ou religieuses qui mettent les gens dans des situations fâcheuses comme celle de Saul Stone.

Il y a un arpent de terre dans l’esprit de chaque Terre-Neuvien. Cet arpent imaginaire, c’est Terre-Neuve. Et je prends fait et cause pour la nation indépendante de l’esprit : une fantaisie bucolique ne manque pas obligatoirement de vrai. Cultivons nos jardins imaginaires, faisons des reproches aux penseurs politiques qui confondent rêve et réalité, profitons de la chance d’avoir des frontières tout en étant assez généreux pour offrir au Canada et au monde l’excédent que nous générons en gagnant notre vie.

Cajolons nos âmes grâce à la joie de vivre spirituelle concrétisée dans un espace physique, célébrons nos liens, que ce soit ceux de la langue, de l’amour ou du temps passé sur la côte est de cette terre glacée et balayée par les vents qui nous sourit.


Wayne Johnston est né et a grandi à Goulds, T.-N.-L. Il est l’auteur de plusieurs romans, dont The Divine Ryans, Baltimore’s Mansion, The Colony of Unrequited Dreams et The Navigator of New York.

Michael Winter a quitté l’Angleterre pour Terre-Neuve avec sa famille quand il avait trois ans, puis il s’est installé à Corner Brook. Ses romans comprennent This All Happened, The Big Why, The Death of Donna Whalen et Minister Without Portfolio.

Priorité donnée aux adhésions

Les membres de la DEC écoutent la lecture des rapports. [Tom MacGregor]

Les membres de la Légion recevront cette année une nouvelle carte de membre en plastique une fois leurs frais d’adhésion pour 2018 réglés, a appris le Conseil exécutif national (CEN) lors de sa réunion des 29 et 30 avril à la Maison de la Légion de Kanata, en Ontario.

La nouvelle carte rouge, sur laquelle figure une image du Monument commémoratif de guerre du Canada, sera réutili-sable, et une vignette indiquant la validité de l’adhésion sera ajoutée chaque année.

Cette initiative fait partie d’une stratégie servant à lever les obstacles à l’adhésion de nouveaux membres et au renouvellement d’adhésions existantes. Le CEN a accepté de simplifier le processus de recrutement en intégrant le processus d’initiation au formulaire de demande d’adhésion à la Légion royale canadienne, conformément aux statuts généraux, et les filiales locales sont libres d’organiser une cérémonie d’initiation à une date ultérieure.

« La nouvelle procédure d’adhésion remet toute procédure d’initiation supplémentaire à la discrétion de la filiale, » a déclaré le président des adhésions, Tom Irvine, dans son rapport. En outre, le CEN a chargé le Comité du Rituel et Récompenses d’élaborer un protocole plus simple pour les filiales qui désirent continuer à organiser des cérémonies d’initiation.

« Le comité de l’adhésion est sur le point de mettre en œuvre des changements importants sur les deux prochaines années. Ces efforts viseront de nombreux aspects de l’adhésion, notamment un nouveau portail de traitement en ligne des adhésions et renouvellements, de nouvelles cartes de membre et de nouveaux moyens de payer le renouvellement, ainsi que la simplification des programmes d’inscription et d’hospitalité des filiales locales, » dit M. Irvine. « Ces activités nécessiteront un leadership fort, et l’appui des divisions, des filiales et des membres pour que nous puissions maximiser le recrutement et la rétention de nos membres, et stabiliser le nombre d’adhérents à la Légion à l’avenir. »

Le trésorier national, Mark Barham, a rapporté que 2016 s’était bien terminée pour la Direction nationale, avec un surplus de 465 871 $. Cela est dû en partie à une année faste dans les ventes de fournitures et à un déclin du nombre d’adhésions moins prononcé que prévu.

Le président du Comité des anciens combattants des services et des ainés, Dave Flannigan, a rapporté que le nombre de premières demandes dont s’est occupé le Bureau des services de la Direction nationale a continué d’augmenter considérablement : 374 en 2016, contre 310 en 2015 et 273 en 2014. Le nombre de demandes d’assistance adressées au fonds de bienfaisance a légèrement diminué, passant de 439 en 2015 à 430 en 2016.

Harold Harper, président de la division du Nouveau-Brunswick (à g.) reçoit un certificat de reconnaissance des mains de Dave Flannigan, président national. [Tom MacGregor]

Dans le domaine de la défense d’intérêts, M. Flannigan a dit que le comité s’était réuni après la publication du budget fédéral.

« Le budget de 2017 ne permet pas de financer beaucoup d’objectifs prioritaires du ministre [des Anciens combattants], a-t-il dit. Deux ou trois priorités y ont été ajoutées, mais on n’y trouve rien pour la sécurité financière à vie pour les anciens combattants malades ou blessés. Nous continuerons d’insister auprès du gouvernement pour que tous nos objectifs prioritaires pour nos anciens combattants et leur famille soient atteints. »

M. Flannigan a rapporté qu’une version définitive des normes permettant aux anciens combattants qui ont subi une blessure de stress opérationnel ou quelque autre problème de santé d’avoir un chien d’assistance avait été rédigée.

Le président du Comité du Coquelicot et Souvenir, André Paquette, a dit que la pluie de coquelicots virtuelle de l’an dernier sur l’édifice du Centre du Parlement avait été très appréciée du public. Le CEN a voté en faveur du renouvellement de cette initiative en 2017.

Quelques modifications au manuel du coquelicot ont été adoptées, dont l’ajout d’un article indiquant que la filiale devait garder les coquelicots et les couronnes invendus pour les campagnes ultérieures. Un autre amendement a fixé à 15 $ par unité le maximum dépensé pour les cadeaux distribués aux soldats et aux membres de la GRC en mission lors de l’opération Père Noël et le jour de la fête du Canada.

Le président du Comité des sports, Angus Stanfield, a annoncé que les Championnats nationaux d’athlétisme auraient lieu à Brandon, Manitoba, en 2017 et en 2018, et à Sydney, Nouvelle-Écosse, en 2019 et en 2020. Le jeu de la huit est aussi revenu au programme de sports des membres, et cette année, il sera organisé à la filiale ontarienne Sturgeon Falls.

Le président du Comité du Rituel et Récompenses, Ron Goebel, a déclaré que le CEN avait voté l’autorisation du port d’une épinglette commémorative Vimy 1917. Elle pourra se porter sur le revers droit, à côté de l’épinglette Nous appuyons nos troupes, du 1er avril au 30 décembre 2017.

M. Goebel a aussi mentionné que le comité s’était chargé de faire des demandes de Médaille du souverain pour les bénévoles. La Résidence du gouverneur général a fait savoir au comité qu’elle s’occupait actuellement d’un grand nombre de demandes et que leur traitement prendrait un certain temps.

On a demandé au Comité de la Constitution et Lois d’éclaircir l’admissibilité des hommes aux Dames auxiliaires. Il y a environ 350 hommes dans les D.A., bien que les directions divisionnaires n’aient pas prévu de disposition permettant leur admission. La pratique est permise conformément aux lois contre la discrimination. Cependant, le comité a conclu, en se fondant sur les statuts généraux et sur un procès intenté au nom des droits de la personne en Colombie-Britannique concernant le refus signifié à des hommes de s’inscrire à un gymnase pour femmes, que les hommes ne peuvent pas être admis aux rangs des D.A.

M. Glynne Hines, président de la section spéciale des blessures de stress opérationnel, a rapporté que bien que la section ait moins de 200 membres, un conseil de direction y a été mis en place depuis qu’elle a été approuvée, l’an dernier, au Congrès national, et la plupart des représentants divisionnaires ont été nommés.

Dans les rapports des directions divisionnaires, le président de la Division de la Colombie-Britannique–Yukon, Marc Tremblay, a dit que sa division n’avait pas réussi à convaincre le gouvernement d’accepter la définition d’« ancien combattant » ouvrant droit à une plaque d’immatriculation d’ancien combattant. C’est la British Columbia Veterans Commemorative Association qui s’occupe de l’approbation relative aux plaques. En conséquence, la division n’a pas son mot à dire en ce qui concerne leur émission.

Le président de la Division de l’Alberta–Territoires du Nord-Ouest, Chris Strong, a dit que la Légion avait distribué tous les fonds collectés pour le fonds d’aide aux sinistrés de Fort McMurray. L’argent a servi à la réinstallation de résidents. Il a aussi servi à l’achat de livres pour une école dont la bibliothèque avait été détruite.

Le président de la Division de l’Ontario, Brian Weaver, a dit que le programme des anciens combattants sans abri continuait de croitre et que des anciens combattants sans abri ou en situation précaire étaient identifiés tous les jours. « Jusqu’à présent, nous avons aidé 486 [anciens combattants] sans abri et avons trouvé 271 logements permanents dans 111 collectivités. Plus de 1,5 million de dollars ont été dépensés dans le cadre du programme. »

Quand le président de la Division du Nouveau-Brunswick, Harold Harper, a terminé son rapport, le président national, Dave Flannigan lui a remis un certificat de reconnaissance pour la manière dont il a répondu à une réaction négative du public quand une filiale de sa division a refusé à un vétéran de l’Afghanistan de déposer une couronne le jour du Souvenir. Il avait à cette occasion désamorcé une situation embarrassante, et l’ancien combattant qui avait été offensé l’a lui-même complimenté.

À votre service: Nouveau site, nouvelle connexion

Connexionfac.ca est un nouveau site des Forces armées canadiennes où sont regroupés le contenu des sites Force de la famille et celui du Portail communautaire des Forces canadiennes (FC) à une seule et même adresse URL, où les membres et leur famille peuvent tout trouver sur les Centres de ressources pour les familles de militaires (CRFM) et les programmes de soutien du personnel qui font partie des Services de bien être et de maintien du moral des Forces canadiennes (SBMFC). Il modernise la manière dont les militaires et leur famille ont accès aux renseignements et aux ressources concernant les services de moral et de bien être des Forces armées canadiennes.

Les gens devant consulter le Portail communautaire en quête de loisirs locaux, d’horaires de mess ou d’inscription à des programmes, et qui devaient ensuite aller chercher les programmes d’un CRFM local sur le site Force de la famille, peuvent dorénavant tout faire sur
un seul site. Le site est convivial et on y voit beaucoup de photos de militaires et de leur famille, ainsi que beaucoup de nouvelles et d’informations. Le site est optimisé pour les appareils mobiles et est évolutif. Il s’ajuste automatiquement à la taille de l’écran utilisé : téléphone intelligent, tablette, ordinateur portatif ou ordinateur de bureau.

Le contenu est organisé de deux manières : par groupe important, comme le personnel militaire, les anciens combattants et les familles, les parents et les soignants, et les familles des soldats tombés au champ d’honneur; et par domaine, comme le déploiement, la garde d’enfants, les soins de santé, le logement et les loisirs.

Connexionfac.ca est déjà en ligne, et son contenu est constamment mis à jour et enrichi. Adressez vos commentaires et vos questions à cafconnection@gmail.com.


À votre service est écrit par des officiers d’entraide des directions de la Légion. Pour communiquer avec un officier d’entraide, composez sans frais le 1-877-534-4666, ou visitez le site Web d’une direction. Consultez www.legionmagazine.com pour les archives des trois dernières années.

À votre service: Les ainés devraient prendre garde à l’exploitation financière

L’exploitation financière est la sorte de maltraitance des personnes âgées la plus commune au Canada. Les personnes les plus vulnérables sont les personnes qui se sentent seules, qui sont isolées, ou en mauvaise santé, car ce sont elles qui ont le plus de difficulté à dire non lorsqu’on leur demande de l’argent.

L’exploitation financière peut être difficile à déceler ou à reconnaitre. Elle est souvent progressive, sur une longue période, plutôt que ponctuelle. L’important, pour vous en protéger, c’est de ne pas oublier que votre argent et vos biens vous appartiennent. Ils n’appartiennent ni à votre famille ni à qui que ce soit d’autre.

Qu’est-ce que l’exploitation financière?

L’exploitation financière consiste en l’utilisation illégale ou sans autorisation de l’argent ou des biens de quelqu’un d’autre, y compris les pressions exercées dans le but d’accéder aux fonds ou aux biens d’autrui.

Le vol et la fraude sont deux sortes d’exploitation financière très évidentes. Par exemple, si quelqu’un encaisse votre chèque de pension et conserve l’argent en tout ou en partie sans votre permission, ou s’il emploie abusivement une procuration pour retirer de l’argent de votre compte bancaire pour lui-même, il vous vole.

Mais d’autres sortes d’exploitation financière sont plus difficiles à déceler. Il pourrait s’agir d’employer des moyens de pression pour vous forcer à prêter ou à donner de l’argent ou des possessions, à modifier votre testament ou votre procuration, ou à signer des documents juridiques ou financiers que vous ne comprenez pas.

Les abuseurs sont habituellement des gens qui ont un lien étroit avec vous. Ils profitent de leur lien pour vous exploiter, pour vous obliger à faire ce qu’ils veulent.

Demandez de l’aide si vous pensez que vous êtes victime d’exploitation financière. Si aucun de vos proches n’est en mesure de vous aider à faire cesser l’exploitation, il existe des ressources communautaires qui le peuvent.

Demandez à un employé de banque ou de caisse populaire, ou même à un médecin, où vous pourriez obtenir des conseils et de l’aide. Vous pourriez aussi communiquer avec la police de votre collectivité.

D’autres renseignements sur l’exploitation financière sont donnés sur le site Web du gouvernement du Canada www.ainés.gc.ca.


À votre service est écrit par des officiers d’entraide des directions de la Légion. Pour communiquer avec un officier d’entraide, composez sans frais le 1-877-534-4666, ou visitez le site Web d’une direction. Consultez www.legionmagazine.com pour les archives des trois dernières années.

 

L’âge arbitraire de 65 ans

Les anciens combattants malades ou blessés attendent encore que le gouvernement fédéral décide comment leur garantir une sécurité financière à perpétuité. Le budget fédéral déposé le 22 mars comportait de nouvelles dépenses pour les anciens combattants et leur famille, mais aucune mention de la mensualité payable à titre permanent.

Le budget promet de nouveaux fonds s’élevant à 624 millions de dollars sur cinq ans, y compris des avantages accrus pour l’éducation et la reconversion professionnelle, ainsi que pour l’augmenta-tion du soutien financier aux fournisseurs de soins. Il réitère aussi l’engagement du gouvernement de permettre aux anciens combattants admissibles de choisir de percevoir leur indemnité d’invalidité sous forme de versements à vie.

Avant 2006, une pension mensuelle à vie était offerte aux anciens combattants malades ou blessés. Ensuite, la Loi sur les mesures de réinsertion et d’indemnisation des militaires et vétérans des Forces canadiennes, qu’on appelle aussi la Nouvelle Charte des anciens combattants (NCAC), a remplacé la pension à vie par une indemnité d’invalidité forfaitaire libre d’impôts versée aux membres des Forces armées canadiennes ou aux anciens combattants pour les blessures ou les maladies de longue durée résultant du service militaire.

La NCAC offre aussi des avantages financiers pour l’invalidité, les services de santé et de réinsertion, l’éducation et l’aide à l’emploi. Elle avait été conçue pour être une « charte vivante » ouverte aux modifications quand apparaitraient des lacunes.

Et lacunes il y a. Des anciens combattants, appuyés par la Légion royale canadienne et d’autres groupes de défense font pression pour obtenir des améliorations depuis que la NCAC est entrée en vigueur. En 2011, le gouvernement, ne pouvant plus passer leurs requêtes sous silence, approuva le projet de loi C-55 grâce auquel eurent lieu les premiers amendements de la Charte. D’autres ont suivi.

Lors d’un examen de la NCAC en 2014, le Comité permanent des anciens combattants a recommandé que l’allocation pour perte de revenus (APR) soit augmentée dans le cas d’anciens combattants en cours de réinsertion. La Légion elle-même plaide depuis longtemps en faveur de la sécurité financière à vie pour les anciens combattants les plus gravement blessés ou malades qui, selon elle, sont le groupe le plus touché par les lacunes de la Charte.

L’APR est un versement imposable fourni aux anciens combattants qui utilisent des services de réinsertion. C’est un appoint qui porte leur revenu à au moins 90 % de leur solde d’avant leur libération (70 % avant octobre 2016). L’APR est versée soit jusqu’à ce que leur plan de réinsertion arrive à terme, soit jusqu’à l’âge de 65 ans. La Légion plaide en faveur d’augmenter l’APR à 100 % de la solde d’avant la libération et de la continuer à vie.

Il est vrai que, comme la plupart des Canadiens, les anciens combattants gravement malades ou blessés commencent à recevoir des versements du régime de pensions du Canada à partir de l’âge de 65 ans (environ), et que la plupart d’entre eux ont une pension des FAC, indexée selon la longueur du service, lequel est habituellement plutôt court dans le cas d’un jeune soldat blessé ou malade par suite de son service. Mais ces militaires sont aussi souvent dans l’incapacité de travailler pendant de longues périodes, ce qui a une incidence sur leur sécurité financière. Ils ont manqué de nombreuses occasions d’emploi rémunéré, qui sait combien, un sacrifice de plus consenti par eux au service de notre pays.

Le gouvernement a une obligation sacrée de prendre soin de celles et ceux qui se sont engagés à son service malgré les risques de blessure ou de mort, et cette obligation ne devrait pas prendre fin lorsqu’ils atteignent l’âge de 65 ans.