À votre service: Avez-vous un testament à jour?

À votre service est écrit par des officiers d’entraide des directions de la Légion. Pour communiquer avec un officier d’entraide, composez sans frais le 1-877-534-4666, ou visitez le site Web d’une direction. Consultez www.legionmagazine.com pour les archives des trois dernières années.

Il est important que votre testament soit à jour pour que vos biens soient répartis comme vous l’entendez. Vous pouvez chasser tout souci concernant votre succession en informant les membres de votre famille de vos dernières volontés au moyen d’un testament.

Le testament est la meilleure façon d’exprimer votre volonté quant à la distribution de vos biens. Même si vous n’avez pas beaucoup d’argent ni de possessions, avoir un testament vous permet de nommer un exécuteur qui prendra les décisions après votre mort.

Dans la plupart des provinces et territoires, ce sont les parents les plus proches qui, en vertu de la loi, se partageront votre patrimoine si vous mourez sans testament. Selon la complexité de votre succession, vos proches pourraient devoir embaucher un avocat et se présenter devant un magistrat. Il se pourrait aussi qu’une agence gouvernementale se mêle de votre succession pour qu’elle soit réglée correctement.

Vous n’aurez pas nécessairement besoin de conseils juridiques, mais un testament ou tout autre document de planification successorale reste un document juridique; il est donc sage de les faire rédiger par un avocat. Vous pourriez vous servir d’une trousse testamentaire ou d’un autre guide, pour vous organiser, mais ces outils ne suffisent souvent pas. Un avocat veillera à ce que les documents soient tous rédigés et signés dans les formes. Au Québec et en Colombie-Britannique, les testaments peuvent aussi être rédigés par des notaires.

Il est important que votre famille sache où et comment obtenir votre testament. Il est également prudent de réviser votre testament tous les cinq ans, ou plus souvent s’il y a des changements dans votre famille, afin de vous assurer qu’il reflète bien vos souhaits.

Vous trouverez des renseignements sur les testaments et la succession sur le site Web du gouvernement du Canada www.aines.gc.ca, sous la rubrique « Testaments et arrangements funéraires ».

Face à face: Le Canada devrait-il envoyer l’armée de terre en Syrie?

Selon le site Web du gouvernement du Canada, le conflit en Syrie est « la pire crise humanitaire que connaisse actuellement le monde ». On y cite des chiffres de l’ONU : 13,5 millions de personnes en Syrie ont besoin d’une aide urgente, plus de 250 000 morts, des centaines de milliers de blessés, quelque cinq millions de réfugiés.

C’est une catastrophe qui empire de jour en jour. Les efforts déployés pour l’endiguer reviennent à essayer de faire rentrer un génie dans sa lampe.

« À ce jour, en réponse à la crise qui sévit en Syrie, le Canada s’est engagé à verser près de 1 milliard de dollars au titre de l’assistance humanitaire et de l’aide au dé-veloppement et à la sécurité, » dit Affaires mondiales Canada.

Le problème, c’est que le Canada – tout comme la communauté internationale – agit trop peu et trop tard pour avoir un impact réel en Syrie et dans la région. Le génie est sorti de sa lampe et personne ne sait quels ravages il causera encore.

Sans aucun doute, le Canada devrait répondre à la crise des réfugiés et prendre part aux efforts humanitaires, mais de telles mesures seraient inutiles si le Canada et ses alliés avaient agi résolument dès le début pour mettre fin aux excès du président Bachar al-Assad, à l’essor de l’ÉI et à l’engagement de la Russie.

Le Canada devrait être présent,
partout où les combats le mèneront,
car l’ÉI est notre ennemi à tous.

Cela dit, il est encore possible d’enrayer la vague de misère et de destruction. Le Canada devrait être présent, partout où les combats le mèneront, pour affaiblir l’ÉI, car ce dernier est notre ennemi à tous.

Le conflit en Syrie, découlant des protestations de 2011 contre le gouvernement, n’est plus une guerre civile. C’est maintenant une insurrection comprenant un embrouillamini de combattants dont les motifs et les buts comprennent des intérêts ethniques, religieux et politiques qui risquent de plonger toute la région, déjà fort instable, dans le chaos.

Les principaux combattants ont pratiquement tous le même ennemi : l’État islamique dont l’objectif déclaré est de contrôler le monde, ni plus, ni moins. Il n’y a pas moyen de négocier avec de tels fanatiques, rejetons d’al-Qaïda.

Leurs méthodes – décapitations filmées, esclavage et immolation de captifs, sont encore plus cruelles et barbares que celles d’al-Qaïda.

Si l’on se débarrassait des extrémistes, il y aurait sûrement moyen de trouver une voie vers la paix, si difficile soit-elle. Le président de la Russie, Vladimir Poutine, profitant de l’apathie des alliés occidentaux et prétendant apporter une solution, s’est précipité pour combler le vide. Ses bombardements aveugles ont tué ou blessé des milliers de civils innocents tout en minant délibérément les objectifs de l’Ouest.

Pour être partie prenante à la solution, le Canada doit contribuer davantage à la lutte. Nous assumons actuellement les conséquences du manque d’engagement décisif de la part de la communauté internationale. Mais si le Canada est effectivement un leader et un exemple, comme le croient les Canadiens, il ne peut pas tourner le dos à une tragédie que l’on aurait pu prévenir.

Une action militaire déterminée sauvera la vie à des innocents, préservera les sites anciens et les antiquités, découragera l’opportunisme de Poutine et servira à stabiliser une situation qui s’envenime.

L’armée canadienne est loin d’être la plus nombreuse ou la mieux équipée. Cependant, il n’y a pas de meilleurs soldats que les siens, et elle accomplit souvent bien plus que sa taille le laisserait présumer.

Le Canada a déjà mis la main à la pâte dans la région. Bien qu’il ait mis fin à ses bombardement en Iraq et en Syrie, ses forces d’opérations spéciales sont en train de former et de conseiller les troupes iraquiennes dans des opérations militaires contre l’ÉI, et elles se battent à leurs côtés.

Il peut, et doit, faire davantage.

Syria en destruction, 2015.

Le Canada devrait retirer son armée du théâtre de Syrie/Iraq et arrêter de déployer ses soldats en nombre dérisoire dans certains points chauds choisis autour du monde. Vu qu’il n’y a pratique-ment aucun danger près de nos frontières, nous envoyons des soldats se battre à l’étranger depuis la guerre d’Afrique du Sud de 1899 pour assumer les responsabilités liées à nos alliances. Cependant, nous devrions veiller à ce que nos engagements militaires soient assez conséquents pour faire une différence concrète. Nous n’accom-plissons ni l’un, ni l’autre, lorsque nous dispersons trop notre petite armée de terre régulière d’un peu moins de 22 000 hommes et femmes de-ci de-là pour des objectifs symboliques.

Depuis son élection en octobre 2015, le gouvernement libéral a mis fin à la participation du Canada aux attaques aériennes contre l’ÉI, mais il a déployé à peu près 600 soldats pour « former » les forces kurdes qui se battent contre l’ÉI. En outre, le gouvernement a annoncé que 400 soldats seront déployés en Lettonie et on s’attend à ce que 600 autres soient envoyés en Afrique. Cela fait déjà environ 1 500 soldats en tout, ce qui est dangereusement près des quelque 2 500 qui constituent la ligne de combat de notre armée de terre.

Pendant la guerre froide, la plus grande partie de l’armée de terre déployée était constituée du 4e Groupe-brigade mécanisé du Canada, déployé en Allemagne. Les trois autres brigades du Canada n’étaient pas conçues pour être « mobilisées » et envoyées
à l’étranger.

Pourquoi ce nouveau gouvernement
administre-t-il les soldats à la petite cuillère?

Les coupures budgétaires importantes du début des années 1990 ont éliminé la 4e Brigade et retiré environ 5 000 soldats à l’armée de terre. Lorsque le Canada déployait des soldats en mission de maintien de la paix, les groupements tactiques envoyés étaient essentiellement des bataillons formés de sapeurs de combat, de spécialistes des communications et d’autres soldats de métier auxiliaires. L’armée de terre était à la limite de ses capacités à cause de tous ces déploiements.

Lorsque des terroristes ont attaqué les États-Unis le 11 septembre 2001, le gouvernement libéral du premier ministre Jean Chrétien et le ministre de la Défense nationale, Art Eggleton, s’en sont tenus à l’idée de ne pas envoyer de petits groupes de soldats canadiens se battre contre al-Qaïda et les talibans. C’est pour cela qu’ils ont refusé de se joindre à la mission menée par les Britanniques qui visait à assurer le service de police à Kaboul, capitale afghane, après que les talibans en avaient été chassés cet automne-là. Les Britanniques voulaient quelques centaines de spécialistes, mais Ottawa a refusé. Si le Canada devait prendre part au combat de l’OTAN, il enverrait une grande formation, sinon, rien du tout. Les Canadiens voulaient y prendre part alors le gouvernement a envoyé au Kandahar le 3e Groupement tactique du PPCLI. Les déploiements suivants à Kaboul, en 2003 et au Kandahar, en 2005, ont tous été des groupements tactiques.

Alors pourquoi ce nouveau gouvernement administre-t-il les soldats à la petite cuillère? Le monde est dangereux ces jours-ci à cause des conflits tragiques et sanglants en Afrique et des guerres sans merci qui risquent d’exploser ailleurs. Ne devrions-nous pas plutôt préparer une contribution importante à l’OTAN plutôt que d’essayer de sauver le monde à l’aide de soldats dont le nombre ne remplirait pas plus que le stade de hockey d’une petite ville? Si nous voulons sauver des peuples opprimés ou nous tenir avec nos alliés de manière qui vaille la peine, augmentons le budget de la défense et accroissons notre armée, surtout l’armée de terre; sinon, ne nous leurrons pas sur nos réelles capacités.

S’intégrer à la vie civile

Le Comité permanent des anciens combattants de la Chambre des communes a rendu public en décembre un rapport sur les services que les Forces armées canadiennes et Anciens combattants Canada fournissent aux militaires quittant l’armée. Le rapport concerne ces services du point de vue des anciens combattants.

Le Comité, présidé par le député libéral Neil Ellis, a constaté qu’il existe une méfiance envers ACC et en même temps un sentiment que le ministère a une culture de refus. Il suggère que ce sentiment est en grande partie fondé sur de vieilles impressions, sans tenir compte des améliorations récentes au sein du ministère. Tout en reconnaissant qu’il s’agit d’une impression, une bonne partie des 18 recommandations du rapport visent à renforcer la confiance des militaires en ACC.

Un de ses points importants concernait le fait que les anciens militaires ne sont pas réintégrés dans la vie civile de la même manière que l’étaient les vétérans de la Seconde Guerre mondiale et ceux de la guerre de Corée. Ce sont des militaires de carrière, marins, soldats et aviateurs, qui s’intègrent à la vie civile pour la première fois en tant qu’adultes.

Pour ceux qui quittent l’armée, les divers programmes des FAC et d’ACC semblent compliqués et pleins de paperasse et de bureaucratie.

Le Comité recommande donc à ACC de créer un « service de guide-expert » afin que les anciens combattants et leur famille n’aient qu’un seul point de contact et qu’une seule personne coordonne les divers avantages et programmes qui leur sont offerts.

Une autre recommandation, pour laquelle la Légion royale canadienne plaide depuis longtemps, est que les anciens combattants reçoivent une carte qu’ils pourraient facilement mettre dans un portefeuille et présenter pour bénéficier de rabais ou avantages leur étant offerts.

Le Comité recommande aussi aux FAC d’émettre une carte d’identité à leurs membres au début de leur service. La carte permettrait à ACC de leur créer un compte « Mon dossier ACC ». Le dossier médical du combattant pourrait être lié au compte, ainsi qu’un certificat de son service militaire et un dossier de ses blessures s’il y a lieu. Ainsi, quand l’ancien combattant sollicitera l’aide du ministère, le dossier sera déjà ouvert.

Le Comité s’est également penché sur les soins de longue durée. ACC fournit des lits contractuels dans des établissements pour anciens combattants où il paie une partie des coûts de l’édifice en plus de la différence entre ce que fournit le gouvernement provincial et les coûts réels des soins. Cependant, il y a une grande différence entre ceux qui ont servi à la Deuxième Guerre mondiale ou à la guerre de Corée et ceux qui ont servi plus récemment. Les anciens combattants les plus âgés ne sont pas obligés de prouver le lien entre leur service militaire et leur invalidité, tandis que les plus récents le sont. Ces derniers n’ont accès qu’aux lits communautaires des établissements à charte provinciale qui offrent des soins de longue durée. Cependant, ils n’ont pas de section réservée aux anciens combattants et ACC ne débourse rien pour les coûts liés à l’édifice. Il ne paie que la différence entre ce que fournit le système de soins de la province et les coûts réels des soins. Cela crée donc deux classes d’anciens combattants.

Bien que certains anciens combattants récents préfèrent un lit dans un établissement près de leurs proches, d’autres préfèreraient la camaraderie régnant auprès d’autres anciens combattants afin de briser l’isolement.

Le Comité recommande à ACC d’examiner sa stratégie en matière de soins de longue durée et d’offrir un lit contractuel à tous les anciens combattants qui en ont besoin.

Les recommandations du rapport sont bonnes et beaucoup ont été faites auparavant. Le gouvernement n’a pas besoin d’étudier ces questions davantage. Le temps est venu pour qu’il fasse preuve de leadership et qu’il agisse.

Face À Face

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Parfois, les dirigeants politiques font quelque chose de bien pour de mauvaises raisons. En 1963, l’indécision du premier ministre John Diefenbaker concernant l’ajout d’ogives nucléaires aux missiles de défense aérienne Bomarc des É.-U. placés sur le territoire canadien était une étude de cas sur la manière de ne pas gouverner. Elle allait clairement à l’encontre de l’accord signé par son gouvernement conformément au pacte de la Défense de l’Amérique du Nord (NORAD). Elle mena à la démission du ministre de la Défense, divisa son cabinet à tel point qu’une section du parti exigea sa démission et provoqua la colère publique de l’allié le plus proche du Canada. Le premier ministre, acculé, fut obligé de déclencher des élections qui aboutirent à la défaite de son gouvernement quatre ans après qu’il eut obtenu la plus grande majorité de l’histoire canadienne. Le nouveau gouvernement de Lester Pearson accepta les ogives nucléaires pour les Bomarc.

Diefenbaker se retira ridiculisé aux yeux des élites canadiennes, mais en 1965, le philosophe George Grant publia son fameux livre intitulé Lament for a Nation (complainte pour une nation, NDT) où il justifiait la défense de la souve-raineté nationale, vouée à l’échec, mais « noble », de Diefenbaker. Grant admettait que Diefenbaker avait créé tout un gâchis, mais il soutenait que « son incapacité à gouverner [était] liée à l’incapacité de ce pays à être souverain ».

Des Bomarc se trouvaient au Canada à la suite de la décision prise en 1959 d’abandonner le chasseur intercepteur à réaction Avro Arrow fabriqué au Canada. À la place, pour contrer une éventuelle attaque des Soviétiques, le Canada accepta de baser des Bomarc sur son territoire, mais Diefenbaker n’a jamais fait le nécessaire pour les rendre pleinement opérationnels.

Diefenbaker a géré la crise maladroitement,
mais l’histoire dit qu’il avait fort probablement raison

Au début des années 1960, une certaine fébrilité régnait à cause de la domination américaine de la politique canadienne relative à la souveraineté et à la défense, surtout après l’élection de l’impétueux Président américain, John F. Kennedy, qui manifestait un certain dédain envers Diefenbaker.

La crise des missiles de Cuba, en 1962, causa un véritable séisme. Kennedy s’attendait simplement à ce que le Canada fasse ce qu’on lui disait. Le cabinet refusa, par un vote majoritaire, d’élever le niveau d’alerte nucléaire pour ses forces. Le ministre de la Défense de Diefenbaker, Douglas Harkness, refusa l’ordre du cabinet et ordonna aux forces canadiennes d’obtempérer à l’exigence américaine. Cela indiquait une division fatale au sein du cabinet de Diefenbaker entre les bellicistes et les pacifistes.

La faction des « colombes » était dirigée par le ministre des Affaires étrangères, Howard Green, ardent défenseur du désarmement nucléaire. Ce que l’on n’a su que par la suite, c’est que Diefenbaker subissait des pressions en faveur du désarmement nucléaire unilatéral de la part d’une source improbable :
le mandarin parmi les mandarins, Norman Robertson, sous-secrétaire d’État des Affaires étrangères. Le Canada ne pouvait pas à lui seul réaliser le désarmement nucléaire, mais il pouvait prendre position contre la prolifération des armes atomiques sur son territoire.

L’interception de bombardiers soviétiques armés de bombes atomiques par des Bomarc armés d’ogives nucléaires aurait entraîné un holocauste dans l’espace aérien du Canada pour protéger des villes américaines. Mais ces bombardiers étaient en voie de disparition, peu à peu remplacés par des missiles.

En 1968, un nouveau premier ministre, Pierre Trudeau, doutait de l’utilité des Bomarc à ogive nucléaire, et en 1972, les ogives furent retirées. Les armes nucléaires n’ont jamais été permises depuis lors sur le territoire canadien.

 

Fr Face To Face2

Examinons cette question en trois parties, la première concernant les relations entre le Canada et les États-Unis. La défense de l’Amérique du Nord était une responsabilité assumée par les deux nations, et le pre-mier ministre Diefenbaker avait impliqué le Canada dans l’Accord sur le Commandement de la défense aérienne de l’Amérique du Nord (NORAD) en 1958. L’année suivante, il accepta les missiles surface-air Bomarc et annonça au Parlement que des ogives nucléaires étaient nécessaires pour rendre ces armes efficaces. Les Bomarc devaient protéger les villes canadiennes et américaines des bombardiers soviétiques.

Au début 1962, le président John Kennedy n’avait pas les relations les plus cordiales avec le premier ministre Diefenbaker, mais l’hésitation de ce dernier au sujet de la mise en état d’alerte des Forces canadiennes lors de la crise des missiles de Cuba en 1962 fit enrager le dirigeant américain. Lorsque Diefenbaker revint sur la promesse d’armer les Bomarc au début de 1963, les relations canado-étasuniennes furent tendues à craquer.

John_Diefenbaker_and_Dwight_Eisenhower_at_signing_of_Columbia_River_Treaty_(January_1961)

John Diefenbaker et Dwight Eisenhower. [Wikimedia commons]

Deuxième partie de l’affaire : les aspects militaires de la question nucléaire. Au début des années 1960, l’opposition du public aux armes nucléaires était encore faible, mais elle grandissait. Les chefs militaires au Canada et aux États-Unis n’ont pas pris cette opposition au sérieux parce qu’ils croyaient que des armes nucléaires étaient nécessaires pour contrer l’avantage numéraire de l’URSS. En plus d’accepter le Bomarc à ogive nucléaire, le Canada s’était engagé à installer des armes nucléaires en Europe.

Si le Canada faisait partie de l’alliance, qu’il s’agisse de NORAD ou de l’OTAN, et acceptait des rôles nucléaires pour finalement revenir sur sa promesse, à qui le tour ensuite?

Enfin, il y avait les enjeux de politique intérieure de la question nucléaire. Les progressistes conservateurs de Diefenbaker avaient obtenu une très forte majorité électorale en 1958. En 1962, une mauvaise gestion économique avait réduit les conservateurs à une minorité, et le mécontentement vis-à-vis de leur chef commençait à gronder dans les rangs.

La décision de Diefenbaker – ou plus précisément son incapacité à prendre
une décision – sur les armes nucléaires a détruit son gouvernement.

La faction antinucléaire du cabinet était menée par le ministre des Affaires étrangères, Howard Green, tandis que l’aile pronucléaire était menée par le ministre de la Défense, Douglas Harkness. Au milieu, vacillant, se trouvait le premier ministre. La crise de Cuba aggrava la division, ajoutant une note d’anti-américanisme flagrant à la question.

Le 30 janvier, l’ambassade des États-Unis au Canada publia une déclaration qui disait sans ambages que « le gouvernement canadien n’[avait] pas encore proposé d’arrangement capable de contribuer efficacement à la défense nord-américaine ».

Cela mit encore de l’huile sur le feu. Pendant que le premier ministre fulminait, les ministres commencèrent à démissionner les uns après les autres, Harkness en tête. Diefenbaker perdit un vote de confiance à la Chambre des communes et le Canada se trouva de nouveau en campagne électorale.

Diefenbaker parvint à empêcher les libéraux dirigés par Lester Pearson d’obtenir une majorité. La décision de Diefenbaker – ou plus précisément son incapacité à prendre une décision – sur les armes nucléaires a détruit son gouvernement. Les conservateurs ne reprendraient pas le pouvoir, à l’exception de quelques mois en 1979-1980, pendant 21 ans.

À votre service: Nouveau centre de pensions pour militaires en service actif

Les membres des Forces armées canadiennes (FAC) ont maintenant accès aux services d’un nouveau centre de pensions et à un site Web comprenant des outils libre-service.

Le Centre des pensions du gouvernement du Canada (CPGC), administré par Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC), s’occupe maintenant des régimes de pensions des FAC pour les personnes en service actif et emploie des gens expérimentés dans ce domaine. À partir du 3 janvier 2017, il administrera aussi les prestations de pension des militaires à la retraite et des survivants.

Les membres des FAC peuvent obtenir des formulaires de pension et des renseignements généraux sur le site Web de SPAC, et ils peuvent se connecter à l’application Web sécurisée.

Le CPGC a comme objectif d’effectuer le premier versement d’une pension dans les 45 jours civils suivant la date de départ.

Il est important que les membres des FAC remplissent rapidement tous les documents pour pouvoir recevoir leurs versements aussi
tôt que possible.

Il n’est jamais trop tôt pour commencer à planifier sa retraite. Cette étape vaut la peine d’être préparée avec soin. Planifier votre avenir vous permettra de vous sentir à l’aise et d’avancer en confiance vers le but que vous vous serez fixé.

Qu’est-ce que ce changement signifie pour les militaires à la retraite et pour leurs survivants?

Les militaires à la retraite et leurs survivants ou leurs enfants continueront de percevoir leurs versements comme d’habitude. Les militaires ont toujours accès à des spécialistes des pensions qui peuvent répondre à leurs questions pendant la transition.

Certains retards sont possibles dans les semaines qui précéderont immédiatement la transition vers ce nouveau service. Les services essentiels comme la pension et l’émission des reçus d’impôt continueront pendant cette période, mais les services administratifs pourraient être restreints.

On peut obtenir d’autres renseignements en appelant le 1-800-267-0325, ou en écrivant à pensioncentrecaf.centredespensionsfac@tpsgc-pwgsc.gc.ca ou encore en consultant le site Web http://www.tpsgc-pwgsc.gc.ca/fac-caf/accueil-home-fra.html.

Accès à des programmes et à des rabais grâce à la carte UneFC

De nombreux programmes ont été créés pour la communauté des Forces armées canadiennes (FAC) au cours des vingt dernières années, et maintenant, la carte UneFC y donne accès. 

Qu’ils aient servi pendant un an ou 30 ans, les anciens combattants et leurs proches font partie à vie de la communauté des FAC, qui compte un million de membres. Tous ont droit à divers programmes et services spécialement conçus pour leur permettre de prendre soin de leur moral et de leur bienêtre, dès leur engagement et jusqu’à leur retraite. Les Services de bienêtre et moral des Forces canadiennes (SBMFC), offerts aux particuliers, à leur famille et à la communauté dans son ensemble, offrent un grand choix d’avantages accessibles au moyen de la carte UneFC. 

« Il s’agit de s’assurer que les membres de notre communauté sont connectés et qu’ils utilisent la carte UneFC. Nous voulons qu’ils accèdent aux programmes et aux services des SBMFC, et qu’ils profitent des avantages non négligeables que leur adhésion leur offre », a déclaré le commodore Sean Cantelon, directeur général des services de bienêtre et de moral.

Les SBMFC ont un moyen simple d’accéder à l’information sur leurs programmes: https://www.cfmws.com/fr/ourservices/servicesdirectory/pages/default.aspx.

Cette ressource en ligne conviviale fournit un catalogue détaillé de tous les programmes offerts par les SBMFC à la commu-nauté militaire. Les membres peuvent se connecter pour trouver les programmes et les services dont ils ont besoin; et en même temps, cela permet aux employés dévoués des SBMFC d’obtenir des données pour déterminer où ils doivent offrir davantage de soutien.

L’adhésion UneFC ouvre droit aux offres des nombreux partenaires qui apportent des avantages tangibles à la communauté des FAC par l’entremise du Programme de reconnaissance des FC, comme des rabais et des tarifs préférentiels. De plus, la carte UneFC permet aux membres de magasiner 24 heures sur 24 en ligne chez CANEX, magasin militaire du Canada, où des points de récompense de CANEX sont accordés pour chaque achat. Visitez CANEX.ca
pour voir les prix réservés aux membres et pour accéder au Plan de crédit sans intérêt de CANEX. 

Les anciens combattants et leur famille peuvent profiter de voyages à prix avantageux grâce aux Escapades FC, ou faire une demande de voyage gratuit dans le cadre du programme Vacances pour les anciens combattants. Se connecter aux SBMFC par l’entremise de la carte UneFC procure aussi aux anciens combattants l’occasion de prendre part à des concours et d’obtenir des cadeaux promotionnels.

La carte UneFC donne aussi accès au programme Conditionnement physique de la Défense, nouvelle ressource en ligne sur le conditionnement physique général et des conseils pour adopter un mode de vie sain pour toute la famille. Après le téléchargement, les membres peuvent profiter des fonctionnalités spéciales en ligne qui concernent la vie active, le conditionnement physique personnalisé, la planification nutritionnelle et bien plus encore.

Pluie de coquelicots virtuelle sur la Colline du Parlement

Virtual Poppies drop on hill

Projection d’une pluie de coquelicots sur l’édifice du Centre. [Richard Lawrence, gracieuseté de la Direction nationale]

Chaque soir de la campagne du coquelicot, cette année, les habitants d’Ottawa et les gens qui y étaient en visite ont pu voir une spectaculaire pluie virtuelle de coquelicots tomber sur les édifices du Parlement.

Du 28 octobre au 11 novembre, entre 18 heures et 21 heures, les images de 117 000 coquelicots ont été projetées sur la Colline  — un coquelicot pour chaque Canadien tombé au champ d’honneur.

« La pluie de coquelicots virtuelle [est] un rappel sensationnel à grande échelle du sacrifice d’anciens combattants canadiens, et c’est d’autant plus symbolique que la Tour de la Paix et l’édifice du Centre du Parlement canadien en sont les toiles de fond », a déclaré le président de la Direction nationale, Dave Flannigan.

« La Direction nationale est constamment à la recherche de moyens de perpétuer le souvenir, a dit le directeur de l’administration, Steven Clark. Au congrès national de 2012, à Halifax, il y a eu une pluie de vrais coquelicots pendant la cérémonie d’ouverture. C’était très émouvant, et cela nous a inspirés. »

M. Clark dit que la Direction nationale s’était penchée sur des moyens de recréer le concept aux cérémonies du jour du Souvenir à Ottawa, y compris une pluie de vrais coquelicots. Vu les difficultés que cela soulevait, la Direction nationale a opté pour la version virtuelle.

« Nous avons pensé à la projeter sur le Monument commémoratif de guerre lui-même, mais cela posait aussi des difficultés. Il aurait fallu effectuer la projection des quatre côtés du monument. En outre, la location de l’équipement aurait couté très cher. »

La Direction nationale a ensuite abordé le ministère du Patrimoine canadien qui s’occupe du spectacle son et lumière projeté sur les édifices du Parlement pendant l’été, et des lumières de Noël qui y sont projetées en décembre. En fin de compte, le ministère a accepté d’utiliser son équipement pour projeter les images durant la campagne du coquelicot.

La Direction nationale a collaboré avec HyperActive Productions, qui avait créé la pluie de coquelicots virtuelle pour le congrès national de 2016 à St. John’s, T.-N.–L., pour mettre au point le spectacle de trois heures.

En plus de la pluie de coquelicots, deux écrans ont été installés pour montrer le Mur virtuel d’honneur et du Souvenir de la Légion, photo-montage d’anciens combattants canadiens au fil du temps.

L’utilisation d’un antipaludique doit cesser

La Légion royale canadienne a demandé au ministère de la Défense nationale de cesser immédiatement l’utilisation du médicament antipaludique méfloquine pendant que ses effets secondaires sont à l’étude.

Des articles parus récemment dans les médias et des témoignages devant le Comité permanent des anciens combattants de la Chambre des communes ont mis en lumière des inquiétudes devant le fait que le médicament est encore utilisé par les Forces armées canadiennes lorsqu’elles sont déployées dans les zones de paludisme. La méfloquine a été administrée pour la première fois à 900 soldats canadiens pendant le déploiement malheureux en Somalie de 1992-1993, dans le cadre d’une étude clinique. Elle a aussi été prescrite lors des déploiements au Rwanda et en Afghanistan. Un porte-parole du MDN a déclaré au Toronto Star que 15 677 soldats canadiens avaient reçu le médicament entre janvier 2001 et mars 2012.

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Un rapport du vérificateur général du Canada indique que le MDN a prescrit le médicament de manière inappropriée et a omis de surveiller correctement les effets secondaires. Ces effets secondaires, dont l’anxiété, la paranoïa, la dépression, ainsi que les hallucinations et le comportement psychotique, pourraient donner lieu à un diagnostic d’état de stress posttraumatique erroné.

Au mois d’aout, Santé Canada a accepté discrètement une nouvelle description détaillée du médicament fournie par son promoteur, AA Pharma, qui disait que : « Chez un petit nombre de patients, les étourdissements ou les vertiges et la perte d’équilibre pourraient continuer pendant des mois ou des années après l’arrêt de la méfloquine et, dans certains cas, les dommages vestibulaires pourraient être permanents. »

Cette mise à jour a été émise trois ans après qu’un avertissement semblable avait été lancé par la FDA (Food and Drug Administration) américaine.

Un porte-parole du MDN a déclaré au
Toronto Star que 15 677 soldats canadiens
avaient reçu le médicament entre
janvier 2001 et mars 2012.

La Légion a soulevé la question pour la première fois dans une lettre au ministre de la Défense, Harjit Sajjan et au ministre des Anciens combattants, Kent Hehr, au début du mois de novembre. « La Légion royale canadienne s’inquiète du manque de recherche relative à ce médicament qui a été prescrit à nos anciens combattants avant leur déploiement opérationnel en Somalie ou ailleurs, écrivait le président national, Dave Flannigan. Nous vous demandons instamment d’envisager de faire des recherches sur l’utilisation de la méfloquine et sur ses effets secondaires. Nos marins, soldats et aviateurs méritent de connaitre les effets secondaires et de recevoir le bon diagnostic, afin de pouvoir recevoir les bons soins ainsi que pour les aider à faire le lien avec leur affection lorsqu’ils demandent une prestation d’invalidité. C’est le moins que nous puissions faire pour nos militaires. »

Il existe des médicaments antipaludiques qui ont moins d’effets secondaires. Jusqu’à ce que l’on en sache davantage sur la méfloquine, il est prudent de l’éviter.

Un an après

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(i) Le ministre des Anciens combattants, Kent Hehr. ii)Premier Ministre Justin Trudeau et Sophie Grégoire Trudeau en Ottawa pour le 2015 jour du Souvenir [Metropolis Studio]

Il y a un peu plus d’un an que le gouvernement libéral a pris le pouvoir, en promettant une nouvelle ère de transparence. Une des premières actions du premier ministre Justin Trudeau a été de publier les lettres de mandat envoyées à ses nouveaux ministres. Ces lettres, habituellement entourées du secret de cabinet, expliquent aux ministres ce qu’on attend d’eux. Le ministre des Anciens combattants, Kent Hehr, devait engager 14 actions pour s’assurer que les anciens combattants reçoivent le respect, l’appui et les opportunités économiques qu’ils méritent. Elles ont été généralement bien accueillies par les défenseurs des anciens combattants, mais un an après, où en sommes-nous?

Il y a eu des réussites, bien sûr. Le budget fédéral de 2016 s’est attaqué à quelques points essentiels de la Nouvelle Charte des anciens combattants. L’un d’entre eux concernait l’augmentation de l’indemnité d’invalidité de 310 378 $ à 360 000 $ d’ici le 1er avril 2017. À partir de cette date, l’Allocation pour déficience permanente deviendra l’Allocation pour incidence sur la carrière afin de mieux refléter l’intention du programme qui est de compenser la perte d’occasions d’emploi. Les évaluations seront jugées davantage sur les circonstances du particulier, et un accès privilégié sera offert aux degrés supérieurs de cette prestation. L’Allocation pour perte de revenus a déjà été augmentée de 75 p. 100 à 90 p. 100 du salaire qu’avait l’ancien combattant avant sa libération, et on lui garantit un minimum de 44 496 $ par année.

Dans le cadre du Programme de frais de funérailles et d’inhumation administré par le Fonds du Souvenir, l’exemption de droits de succession des anciens combattants à faible revenu augmentera d’environ 12 000 $ à environ 35 000 $.

Le ministre a visité neuf communautés où ACC avait fermé le bureau pour en annoncer la réouverture et le nouvel emplacement.

Mais il reste beaucoup à faire sur cette liste, comme ce qui suit :

• rétablir l’option des pensions à vie pour nos anciens combattants blessés;

• collaborer avec le ministre de la Défense pour simplifier et remanier la prestation des services offerts au personnel quittant les Forces armées canadiennes;

• adopter une approche « un vétéran, une norme »pour les services et les soins;

• fournir de meilleurs services d’éducation, de counseling et de formation aux familles qui procurent soins et soutien à un ancien combattant handicapé;

• augmenter la pension de survivant.

D’autres recommandations ne sont pas nouvelles. Elles ont été présentées plusieurs fois par la Légion royale canadienne, par d’autres organisations d’anciens combattants, par l’ombudsman militaire et celui des anciens combattants, et par les comités de la Chambre des communes et du Sénat.

La lettre de mandat est une liste de bonnes intentions. Les budgets et les bureaucraties peuvent faire obstacle, mais en fin de compte, le gouvernement nous a donné un outil pour évaluer sa performance. Il y a eu un bon début, mais il reste encore beaucoup à faire.

Face à face

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La mission du Canada à Kandahar a été un succès parce que l’Armée canadienne et les civils en fonction à ses côtés ont atteint leurs objectifs.

Lorsque les Forces armées du Canada sont allées au Kandahar en 2005, elles devaient accomplir trois missions connexes : instituer une équipe provinciale de reconstruction (ÉPR), former les forces de sécurité afghanes grâce à des équipes de liaison et de mentorat opérationnels (ÉLMO), et assurer la sécurité des équipes susmentionnées et empêcher les insurgés talibans de reprendre la province ou ses villes principales, surtout Kandahar. Ce dernier point devait être assuré par un groupement tactique canadien (remplacé tous les six mois) qui devait opérer à partir de l’aérodrome de Kandahar et établir des bases de patrouille et des bases d’opérations avancées dans la partie nord de la province, et défendre les routes et les voies principales.

La mission de l’ÉPR était de renforcer l’administration civile locale par le biais de mentorat et de fournir des services médicaux, une formation pour la police et une infrastructure de soutien pour la population de la province.

En bref, les objectifs officiels du Canada étaient de sécuriser la province pour le gouvernement de Kaboul, de réprimer la résurgence des talibans, de jouer son rôle dans la Force internationale d’assistance à la sécurité dirigée par l’OTAN (FIAS) qui devait diminuer les talibans et donner les moyens à Kaboul d’exercer un contrôle effectif sur l’ensemble du pays. Son but officieux – qui était peut-être son objectif le plus important – était de remplacer les forces américaines qui quittaient Kandahar à l’été 2006 pour aller en Iraq.

Son but officieux
– qui était peut-être son objectif
le plus important – était de remplacer les forces
américaines qui quittaient Kandahar
à l’été 2006 pour aller en Iraq.

Le Canada n’a jamais déployé suffisamment de personnel militaire pour sécuriser l’ensemble de la province en tout temps. Au début, il n’avait pas assez d’hélicoptères pour le réapprovisionnement ni pour aider les soldats sur le terrain, et l’effort fourni dépendait donc étroitement des routes. La force de frappe du VBL III (véhicule blindé principal utilisé pour le transport des troupes) dont étaient équipés les groupements tactiques canadiens était vulnérable aux gros dispositifs explosifs improvisés, et sa mitrailleuse à chaine de 25 mm était incapable de pénétrer les murs de boue épais. Heureusement, des chars d’assaut ont été envoyés en renfort. Par la suite, des hélicoptères Chinook américains ont été obtenus, et des Griffon canadiens armés ont été dépêchés au Kandahar pour escorter les Chinook.

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[Adam Day]

Le Canada est parti de Kandahar en 2011 à cause du compromis politique auquel étaient parvenus le parti conservateur au pouvoir et l’opposition libérale en 2008. Il est vrai que le Canada n’est pas resté jusqu’à la « victoire » contre les talibans au Kandahar ou en Afghanistan en général. Mais la petite armée du Canada, épaulée par l’Aviation et la Marine, a tenu les parties principales du Kandahar hors des mains des talibans et a réussi à maintenir les routes ouvertes en général.

La guerre n’est pas encore finie, mais la plupart des combats avec les talibans sont actuellement menés par les militaires afghans avec l’aide des États-Unis. La guerre se poursuivra peut-être pendant des années. Mais le Canada ne s’est jamais engagé à rester au Kandahar jusqu’à ce que l’ennemi dépose les armes, tout comme, en tant que membre de l’ONU, il n’a pas obtenu de « victoire » contre les forces communistes, en Corée, en 1953. Cela ne signifie pas que le Canada n’a pas mené à bien la mission qui lui avait été confiée au Kandahar en 2005. Aujourd’hui comme alors, il n’y a pas de victoire possible, au sens habituel, contre les talibans. Mais les objectifs du Canada ont bel et bien été atteints.

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La majorité des Canadiens ont appuyé leurs soldats durant leur déploiement en Afghanistan, mais on ne peut pas en dire autant de leur mission. Les doutes des Canadiens sur la mission en Afghanistan augmentaient au fur et à mesure que son cout humain et financier grimpait. Elle s’est terminée par un épuisement économique, politique et moral qui a tempéré l’exubérance des interventionnistes. La mission était schizophrénique dès le début : visait-elle simplement à contenir une menace ou à faire de l’Afghanistan un endroit meilleur? Dans le premier cas, la plupart des citoyens alliés n’ont jamais accepté l’idée que l’Afghanistan représentait un véritable danger, et dans le deuxième, nous avons appris à la dure que le militaire n’est certainement pas le meilleur instrument. Les soldats se sont trouvés au milieu d’une mission peu enviable avec des objectifs en évolution constante et sans fin de partie évidente.

Entre 2005 et 2011, le porte-étendard de la mission militaire du Canada, c’était l’équipe de reconstruction provinciale (ÉRP) dont le mandat était d’aider à la sécurité, au développement et à la gouvernance. Le Kandahar a toujours été problématique : ç’a toujours été la région la plus dangereuse du sud de l’Afghanistan.

Le rapport Manley, produit par un groupe d’experts indépendant en 2008, a fourni des conseils au Parlement au sujet du rôle du Canada en Afghanistan. Il y était recommandé que le Canada prenne part aux « démarches énergiques auprès des pays voisins de l’Afghanistan, notamment le Pakistan, afin de réduire les risques rattachés à la stabilité et à la sécurité régionales au lendemain des événements survenus récemment dans ce dernier pays ». Bien que les militaires canadiens ou alliés s’efforcent de décapiter le serpent proverbial, la sécurité en Afghanistan est depuis longtemps compromise par les talibans et les réseaux de terroristes affiliés à Al Qaïda.

Les soldats canadiens se sont trouvés au milieu
d’une mission peu enviable avec des objectifs
en évolution constante et sans fin de partie évidente.

La mission de développement de l’ÉRP a été entravée par le manque de collaboration entre les chargés de la défense, de la diplomatie et du développement. Le barrage du Dahla, qui a coûté plus de 50 millions de dollars au Canada et qui reste inachevé, en est un exemple éloquent. L’Agence canadienne de développement international a accordé le contrat à un conglomérat canadien (SNC-Lavalin) qui a engagé une firme locale de sécurité. Cette dernière aurait apparemment acheté les talibans pour assurer la protection du site.

Une des responsabilités essentielles de l’ÉRP était de faciliter la gouvernance en maintenant la sécurité. La Gendarmerie royale canadienne (GRC) et Services correctionnels Canada (SCC) ont été chargés d’y former la police et d’y superviser les prisons. Cependant, le rapport Manley a constaté que « des lacunes persistent généralement dans les secteurs de la sécurité et de la justice ». Les talibans ont fait une incursion dans la prison de Sarposa, un des plus grands établissements de la région, en juin 2008, presque six mois après la publication du rapport. Quelque 1 000 détenus s’en sont évadés, dont 400 talibans. Il est évident que les recommandations prémonitoires du rapport Manley n’ont pas été suivies.

L’ironie liée au fait que des fonds provenant des contribuables canadiens aient servi à acheter les talibans qui poursuivaient leurs opérations n’a pas échappé aux Afghans. Il semblerait que ni le Canada ni ses Alliés ne se risqueront de sitôt à une telle entreprise; cela en dit long sur leur mission en Afghanistan.