À votre service: Le respect de la confidentialité

À votre service est écrit par des officiers d’entraide des directions de la Légion. Pour communiquer avec un officier d’entraide, composez sans frais le 1-877-534-4666, ou visitez le site Web d’une direction. Consultez www.legionmagazine.com pour les archives des trois dernières années.

La Légion royale canadienne offre des services gratuits aux membres actuels ou anciens des FAC ou de la GRC, ou à leur famille, concernant les demandes liées à une invalidité, soumises à Anciens Combattants Canada (ACC) ou au Tribunal des anciens combattants (révision et appel) (TAC[RA]). En vertu de la Loi sur les pensions ou de la Loi sur les mesures de réinsertion et d’indemnisation des militaires et vétérans des Forces canadiennes, les officiers d’entraide doivent fournir une représentation à tous les niveaux de la procédure de réclamation.

La Légion doit avoir accès à des renseignements protégés afin de pouvoir faire ce travail important. ACC a un protocole d’entente (PE) avec la Légion pour préserver la confidentialité des informations.

L’accès aux renseignements personnels des clients est contrôlé et surveillé par ACC selon la Loi sur la protection des renseignements personnels. ACC ne donne aux officiers d’entraide l’accès aux renseignements sur les clients que lorsque ces derniers ont signé un consentement autorisant cet accès conformément au PE. Le client peut restreindre ou annuler cet accès en tout temps.

Le respect de la vie privée des anciens combattants et de leur famille est de la plus grande importance à la Légion. Nos officiers d’entraide ont fait l’objet d’une enquête de sécurité par l’entremise d’ACC, et ils suivent les mêmes consignes que le personnel du ministère.

En moyenne, la Légion aide 3 200 anciens combattants dans leurs démarches de réclamation. Si un ancien combattant que vous connaissez a besoin d’aide ou si vous en avez besoin vous-même, veuillez communiquer avec le bureau d’entraide de la Légion. Ses services sont gratuits, et on n’a pas besoin d’être membre de la Légion pour obtenir cette aide.

Nous sommes là pour vous aider! Appelez le 1-877-534-4666 ou envoyez-nous un courriel à servicebureau@legion.ca

Le Champ d’honneur national assouplit ses critères

Le Champ d’honneur national situé à Pointe-Claire, au Québec, a assoupli ses critères d’inhumation afin d’inclure davantage de personnes ayant servi dans les Forces canadiennes et leur famille immédiate.

Ce cimetière, administré par le Fonds du Souvenir, a été établi en 1930. En 2009, année du centenaire du Fonds du Souvenir, le cimetière a été déclaré lieu historique national par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada. Plus de 22 000 enterrements y ont eu lieu depuis sa création.

Traditionnellement, le Champ d’honneur national était réservé aux militaires canadiens ou alliés et aux membres de la marine marchande canadienne morts en service.

L’inhumation y est maintenant offerte non seulement aux membres des Forces armées canadiennes morts en service, mais aussi :

• à tout ancien combattant canadien ou allié qui a servi à la Première Guerre mondiale, à la Seconde Guerre mondiale ou à la guerre de Corée, vétérans de la marine marchande y compris;

• à tout membre actuel ou ancien des FAC ou de la réserve qui a suivi les cours de qualification militaire de base et qui a été ho-norablement rendu à la vie civile;

• aux membres des forces alliées résidant au Canada depuis au moins 10 ans et ayant participé à une opération militaire où ont été déployés des militaires canadiens;

• à tout membre actuel ou ancien des forces policières du Canada qui a servi dans une zone de service spécial, qui a pris part à une opération de service spécial ou qui a été nommé pour y servir, mais a trouvé la mort au cours de la formation préalable;

• aux membres de la famille immédiate d’une personne admissible et aux personnes à leur charge telles qu’identifiées dans leur dossier militaire, jusqu’à un maximum de six personnes par concession. On entend par « famille immédiate » le père, la mère, les frères et sœurs, les enfants ou une personne ayant assumé les responsabilités de père ou de mère.

Des renseignements supplémentaires se trouvent à www.lastpost.ca.

Une section BSO proposée à la Légion

Une réunion mémorable a eu lieu les 16 et 17 avril, où le Conseil exécutif national a pris des décisions qui modèleront l’avenir de l’organisation.

Le grand président, Larry Murray, a donné le ton lors de ses observations liminaires. « Le CEN étendu qui précède le congrès est toujours une assemblée importante, et je crois que celle-ci l’est particulièrement. Je vous félicite, vous et bien d’autres personnes, des progrès superbes que vous avez faits pour donner suite à la volonté exprimée lors du congrès de 2014 en menant à bien le plan de réduction du déficit du président de la Direction nationale. »

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Les membres du Conseil exécutif national écoutent les rapports.

« C’est formidable que le CEN réfléchisse en ce moment même à la possibilité de créer une section spécialisée dans les blessures de stress opérationnel à la Légion; j’espère que cela se concrétisera à St. John’s. »

Et c’est d’ailleurs la grande nouvelle issue de ce CEN, qui a voté à l’unanimité en faveur du dépôt d’une motion en ce sens au congrès pour approbation par les membres.

Cette idée a été présentée par le major-général à la retraite Glynne Hines qui a expliqué dans les grandes lignes à quoi elle servirait : elle n’offrira pas de services de santé, mais elle aidera tout ancien combattant touché par une BSO ainsi que sa famille, travaillera à changer la perception du public en ce qui concerne les gens souffrant de BSO, et militera en faveur de davantage de recherches quant à son traitement et à sa prévention.

« La section spéciale des blessures de stress opérationnel est une initiative de membres qui aidera les vétérans touchés à recevoir les soins médicaux dont ils ont besoin », dit M. Hines.

La Légion avait créé une section spéciale en 1925, lorsque la Tuberculous Veterans Association est devenue la Section des anciens combattants tuberculeux de la Légion royale canadienne.

« La Légion a répondu au pro-blème de la tuberculose de manière mémorable après la Première Guerre mondiale, a déclaré M. Murray. Je ne pense pas qu’il y ait quoi que ce soit de plus important [pour les anciens combattants] que d’essayer de trouver des façons de traiter le TSPT et de s’attaquer aux questions apparentées. C’est un signe vraiment puissant que la plus grande organisation d’anciens combattants du pays s’en soucie. C’est une occasion marquante pour la Légion, pour le Canada, pour les anciens combattants et pour leur famille. »

Le président, Tom Eagles, est intervenu juste avant le vote. « Je pense que la section BSO et la Légion royale canadienne vont main dans la main, car aider les anciens combattants et leur famille, c’est notre raison d’être. »

Le vote sur la création d’une section spéciale BSO et l’octroi d’un siège au CEN, sous réserve de l’accord du prochain congrès national, a été unanime.

M. Eagles a aussi donné quelques nouvelles importantes au CEN. « J’ai dit clairement que le financement du déficit ne serait pas acceptable, » a-t-il déclaré avant de remarquer que non seulement la Direction nationale avait évité un déficit cette année, elle faisait encore mieux : « C’est la première fois que la Direction nationale a enregistré un excédent depuis très longtemps, » a-t-il dit. 

La deuxième nouvelle concernait la création d’une fondation nationale de la Légion. Elle permettra à la Direction nationale de délivrer des reçus d’impôt pour tous les dons, ce qui, espère-t-on, donnera lieu à une forte augmentation des revenus. « Je suis très heureux d’annoncer l’existence d’une fondation nationale de la Légion. La demande du statut d’organisme de bienfaisance enregistré a été soumise à l’Agence du revenu du Canada. »

Le trésorier national, Mark Barham, a confirmé l’annonce de M. Eagles et ajouté quelques détails. « Le processus budgétaire de 2015 a été modifié pour adopter un budget base zéro, ce qui garantirait un suivi constant de la situation financière, a déclaré M. Barham. Cela, en plus des résultats impressionnants du service de l’approvisionnement, d’un grand nombre d’années de service rachetées par les membres, et d’un retour convenable sur nos investissements, a engendré un excédent de presque 800 000 $. »

« Cette année a marqué un tournant, où le déficit de plus de 1 million de dollars que nous prévoyions a fait place à un excédent, » a-t-il dit, avant de remarquer qu’un nouvel excédent était prévu en 2016.

Le CEN a aussi accepté à l’unanimité une demande voulant que la Légion devienne l’un des commanditaires principaux des jeux Invictus, au prix de 500 000 $. Ces jeux, qui promeuvent le rétablissement par le sport des militaires blessés ou malades auront lieu à Toronto en 2017.

Le dimanche matin, M. Flannigan a demandé à présenter une motion au congrès qui servirait à réduire les catégories de membres de la Légion à trois : ancien combattant, associé et membre. Sa demande a été acceptée après discussion.

La Nouvelle-Écosse–Nunavut a annoncé que certains de ses membres avaient entrepris de créer une nouvelle sorte de filiale, sans alcool ni jeux, qui serait consacrée au soutien par les pairs des gens souffrant d’une BSO.

Enfin, bien que le nombre de membres soit toujours à la baisse – 285 321 en 2015 soit 4,5 % ou 13 293 de moins qu’en 2014 – il y avait lieu d’être optimiste. Le département de l’adhésion a rapporté qu’il avait déjà traité cette année 24 206 adhésions de membres nouveaux ou réintégrés. On espère que le nombre d’adhésions augmentera après l’entrée en vigueur, cette année, du nouveau système en ligne.

Le comité de l’adhésion a aussi présenté une motion qui créerait une adhésion gratuite pour les cadets qui sortent des collèges militaires, mais qui ne comprendrait pas l’abonnement à La Revue Légion.

Dernier point d’ordre, le conseil exécutif a passé une période de temps considérable avec le général Jonathan Vance, chef d’état-major de la défense, qui était venu à la Maison de la Légion à l’occasion de son installation au poste de vice-président honoraire de la direction nationale.

Face à Face: Les Forces armées canadiennes devraient-elles acheter des drones armés?

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Le Canada envisage d’acheter une nouvelle flotte de drones à technologie avancée, appelés aussi véhicules téléguidés (VTG) ou véhicules aériens inhabités (VAI). Le général et chef d’état-major de la défense, Jonathan Vance, demande que ces drones puissent être armés. Il a raison. Acheter de tels aéronefs sans pouvoir leur faire porter des missiles est aussi logique que de commander des chasseurs à réaction sans canons, missiles, ni capacité d’emport de bombes. 

Les premiers VTG étaient ceux dont la Luftwaffe s’est servie pour attaquer les bâtiments de guerre des Alliés pendant la Seconde Guerre mondiale. Radioguidés à partir d’un bombardier allemand, ils ont détruit un certain nombre de navires des Alliés. Le contretorpilleur canadien NCSM Athabaskan a été gravement endommagé par l’un d’eux en aout 1943. Depuis les années 1980, ils sont omniprésents dans les forces armées évoluées. Le Canada en a acquis un petit nombre pour la reconnaissance à la fin des années 1990. Ces Sperwers, fabriqués en France, ont été jugés obsolètes pour l’Afghanistan et ont été remplacés par des Heron fabriqués en Israël et loués par l’intermédiaire d’une entreprise canadienne. Les Heron canadiens n’étaient pas armés : ils ne servaient qu’à localiser l’ennemi et, supposons-nous (c’est encore un secret), à repérer des cibles pour l’artillerie ou les renforts aériens des membres de l’OTAN.

Aujourd’hui, la taille des VTG varie entre les petits appareils lancés à la main, un peu comme les modèles réduits vendus dans les magasins de bricolage, et le Global Hawk, un VTG fabriqué aux États-Unis, de la taille d’un petit avion de passagers ayant une portée de 22 000 kilomètres, une vitesse d’un peu moins de 400 milles à l’heure et un plafond de 60 000 pieds. Pratiquement tous les VTG militaires sont utilisés pour épier l’ennemi d’une façon ou d’une autre. Mais certains portent des missiles, comme le Predator américain. Ces VTG peuvent appuyer les forces terrestres sur le terrain de diverses manières, d’aussi loin que le désert du Nevada. Les États-Unis (et probablement d’autres pays) les utilisent de plus en plus souvent pour effectuer des assassinats ciblés.

A MQ-9 Reaper flies above Creech Air Force Base, Nev., during a local training mission June 9, 2009. The 42nd Attack Squadron at Creech AFB operates the MQ-9.  (U.S. Air Force photo/Paul Ridgeway)

A MQ-9 Reaper. (U.S. Air Force photo/Paul Ridgeway)

Le Président des États-Unis, Barack Obama, a fait des assassinats ciblés un élément fondamental des opérations spéciales américaines, avec un bilan mitigé : nombre de chefs insurgés ont été tués, mais de nombreux civils innocents l’ont aussi été, et cela a suscité une controverse sur la légalité et la moralité de l’utilisation de « robots volants » pour tuer des gens. Ainsi, il y a des Canadiens qui s’opposent à l’acquisition de VTG pouvant être armés.

Mais ni le gouvernement du Canada, ni les Forces armées canadiennes ne suivent une telle doctrine. Le Canada ne fait pas d’assassinats ciblés. Pour le général Vance et les FAC, la question est simple : les VTG devraient-ils être armés afin de pouvoir fournir un soutien rapproché aux soldats canadiens sur le terrain, qu’il s’agisse d’opérations d’imposition de paix ou de petites guerres, ou pas?

Si le Canada achète des véhicules télécommandés ne pouvant pas être armés, il y aura forcément un moment où l’opérateur se trouvant à des centaines ou même à des milliers de kilomètres des combats regardera impuissant des soldats canadiens tomber dans une embuscade. Par contre, si les VTG du Canada peuvent lancer des missiles, l’opérateur de VTG pourra non seulement prévenir ses camarades qu’ils courent un danger, il pourra les aider à repousser l’ennemi. Cette capacité est tout à fait légitime à la guerre, et les FAC devraient l’avoir.

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Il n’y a rien de surprenant à ce qu’un chef d’état-major désire acquérir des drones et qu’il veuille qu’ils soient armés, mais insister, comme le fait le général Jonathan Vance, pour dire qu’« il serait vain d’avoir des VTG capables de détecter un danger sans pouvoir le frapper », semble à tout le moins étrange. Après tout, la liste des systèmes qui servent à détecter les dangers sans capacité de frappe comprend des appareils plutôt importants.

L’avion de surveillance CP-140 Aurora porte une torpille dans ses missions de lutte anti-sous-marine, mais c’est sa seule capacité de frappe, et une torpille n’ajoute rien à ses patrouilles de souveraineté ni aux missions de recherche et sauvetage. Les satellites, les radars côtiers et les moyens de surveillance sous-marine en Arctique ne perdent certainement pas de leur utilité en l’absence de capacité de frappe.

Étant donné le consensus établi depuis la fin de la guerre froide, considérant que l’intégrité territoriale du Canada n’est pas menacée le vrai besoin en matière de sécurité ne relève pas de la défense armée, mais du renseignement pour aider les autorités civiles.

En fait, lorsque les observateurs militaires détectent des risques pour la sécurité ou le bienêtre du public, le ministère de la Défense nationale est rarement l’organisme d’intervention principal. Par exemple, lorsque les radars côtiers détectent des aéronefs non autorisés, qui depuis plus d’un demi-siècle sont pratiquement toujours civils, c’est la police civile qui y répond, aidée à l’occasion par des avions militaires. Les bombardiers stratégiques russes qui traversent de temps en temps l’espace aérien international adjacent à l’Amérique du Nord sont l’exception, mais ils ne représentent pas un danger militaire, et les attaquer n’est certainement pas la chose à faire en temps de paix.

Dans le milieu maritime, la Garde côtière et le ministère des Pêches et Océans sont les organismes responsables lorsque il y a des infractions aux lois du Canada ou une violation des exigences d’identifi-cation internationales.

Toute amélioration que les drones pourraient apporter à la sécurité canadienne proviendrait de leurs renseignements, de surveillance et de reconnaissance.

Quant aux drones déployés à l’étranger, devraient-ils être armés? Là aussi, le contexte est important.

Le gouvernement n’a pas exclu de prendre part aux opérations militaires de coalitions internationales, mais il propose justement de se concentrer sur la formation des forces locales et sur l’aide humanitaire, ce pour quoi l’acquisition de drones armés ne semble pas nécessaire.

Le gouvernement a également promis un « engagement renouvelé aux côtés des opérations de maintien de la paix », et bien que les opérations de soutien de la paix complexes de l’ONU comportent habituellement des éléments de combat, ce ne sont pas des scénarios de combat traditionnels. Elles servent davantage à appuyer les forces de stabilisation militaires ou policières par la surveillance qu’à vaincre un adversaire. Les objectifs primordiaux des opérations des Nations Unies sont la création d’un espace d’engagement politique et la neutralisation des perturbateurs, ainsi que la promotion des efforts humanitaires et de reconstruction. La surveillance et
un nombre suffisant d’agents de
sécurité internationaux sont bien plus pertinents que la possibilité de lancer des frappes de précision.

Bref, les drones armés n’ont aucun sens dans les opérations de sécurité territoriale, qui est la priorité des FAC, et ils ne sont pas une priorité pour les missions qui portent surtout sur la formation des forces de sécurité locales.


David J. Bercuson, auteur de notre rubrique « Eye on defence » (Œil sur la défense, NDT), est directeur du Centre for Military and Strategic Studies de l’université de Calgary. Ernie Regehr est agrégé supérieur de la fondation Simons de Vancouver et cofondateur de Project Ploughshares.

L’esprit des jeux Invictus arrive au Canada

L’ équipe d’anciens combattants canadiens malades ou blessés a brillé aux jeux Invictus tenus en mai à Orlando, en Floride. L’Équipe Canada, dont les 28 membres comprenaient cinq militaires canadiens en service et 23 anciens combattants, a participé à sept sports adaptés
et remporté 22 médailles, dont 10 médailles d’or.

Il s’agissait de la deuxième édition des jeux fondés par le prince Harry et inaugurés à Londres, en Angleterre, en 2014. Les jeux utilisent les sports adaptés pour inspirer la guérison et modifier la façon dont le public voit les anciens combattants malades ou blessés.

« Nos athlètes des Invictus sont la définition même du travail acharné et de la détermination, et ils sont une source de fierté pour tout le pays, » a déclaré le ministre de la Défense, Harjit Sajjan.

L’excitation peut maintenant gagner le Canada, car les prochains jeux Invictus auront lieu à Toronto en septembre 2017.

La Légion royale canadienne est l’un des commanditaires principaux de la rencontre grâce à un don de 500 000 $. « La Légion appuie depuis fort longtemps des programmes sportifs, dit le président de la Direction nationale, Tom Eagles. C’est tout à fait naturel et, en tant que plus grande organisation canadienne de soutien des anciens combat-tants et de service à la collectivité, nous avons l’intention de faire notre part pour appuyer ces jeux, auxquels vont participer presque 700 anciens combattants malades ou blessés venus des quatre coins du monde. »

Le nom dit tout. Invictus
est un mot latin signifiant
« invaincu » ou « invincible ».

Les athlètes provenant de 16 pays sont attendus pour 11 épreuves sportives. Les membres de la Légion fourniront les quelque 1 500 bénévoles nécessaires pour orchestrer l’évènement. Les membres de la Légion prendront aussi part à un relai de la flamme qui passera par 30 filiales de la Légion au Canada avant d’arriver aux jeux.

Certains ont demandé pourquoi la Légion devrait dépenser pour les jeux de l’argent qui pourrait être versé à des particuliers, mais ce don démontre l’engagement de la Légion à sensibiliser le public aux problèmes auxquels sont confrontés les anciens combattants blessés ou malades, et à aider ces derniers à surmonter la stigmatisation qui y est liée. Quant aux athlètes eux-mêmes, les jeux leur servent à améliorer leur conscience de soi et à augmenter leur confiance en eux, notamment en leur capacité de surmonter les défis qu’ils relèvent chaque jour.

Le don fait aux jeux s’inscrit dans la lignée des dons importants qu’a faits la Légion, comme le million de dollars pour l’achat d’un équipement d’imagerie du cerveau pour l’hôpital Royal Ottawa afin qu’on puisse y étudier les lésions cérébrales et le trouble  de stress post traumatique, ou comme les 500 000 $ ajoutés aux 1,5 million de dollars du fonds du coquelicot de la Division de l’Ontario pour le programme Leave the Streets Behind pour les anciens combattants sans abri.

Le nom dit tout. Invictus est un mot latin signifiant « invaincu » ou « invincible ». C’est aussi le titre d’un poème du poète amputé William Ernest Henley. Les derniers vers sont souvent cités par les athlètes : « I am the master of my fate, I am the captain of my soul » (Je suis le maitre de mon destin, je suis le capitaine de mon âme, NDT).

Le prince Harry devrait être félicité d’avoir institué ces jeux. La Légion devrait être fière de les faire venir au Canada.

Discussions sur les nouveaux aspects des conflits

Des changements majeurs s’opèrent ces temps-ci dans le domaine militaire canadien, et ce point a été clairement souligné à l’occasion de la Conférence des Associations de la défense sur la défense et la sécurité, organisée cette année à l’hôtel Château Laurier, à Ottawa.

Non seulement nous avons un nouveau gouvernement, mais de nouvelles missions militaires surgissent aux quatre coins du monde, et on s’apprête à réviser la politique sur la défense, ce qui aura une forte incidence sur tout ce qui va de la politique étrangère à l’acquisition de matériel.

À ce sujet, M. Kim Nossal, professeur au Centre for International and Defence Policy de l’Université Queen’s à Kingston, a prononcé l’un des discours les plus enflammés et intéressants pendant la première matinée de la conférence.

Son discours portait sur divers sujets, mais c’est surtout sur les manèges politiques auxquels se livrent tous les partis du Canada en ce qui concerne la défense qu’il s’est exprimé. « Notre situation ne nous contraint pas d’agir avec sérieux par rapport à la politique de défense, alors nous ne le faisons pas, dit M. Nossal. Les politiciens canadiens peuvent se créer un capital politique sur le dos de la défense sans trop s’inquiéter des conséquences. Les Forces armées canadiennes, leur approvisionnement et même la guerre en soi, sont traités avant tout comme des enjeux politiques. »

News 1

[Adam Day]

La partisanerie a miné nos acquisitions et nos politiques, pense M. Nossal, et à cause de cela, la politique de défense au Canada se trouve dans un état lamentable.

Pourquoi les principaux partis devraient-ils abandonner leurs stratagèmes? Tout simplement parce que leurs pratiques actuelles causent un énorme gaspillage : les contrats d’approvisionnement sont signés, annulés puis relancés à nouveau, ce qui coute des centaines de millions de dollars, toujours selon M. Nossal. « Le Canadien moyen serait probablement scandalisé par ces stratagèmes s’il en était conscient, » dit-il.

Non seulement profiter de la politique de défense pour obtenir un avantage politique est immoral, cela pourrait finir par nous coûter cher, et pas seulement au plan financier. « Les Canadiens ne sont pas tant des profiteurs que des adeptes du laisser-faire, » ajoute M. Nossal. Nous dépensons aussi peu que possible, et nous faisons aussi peu que possible sans provoquer la colère de nos alliés. Cela montre que le seul impératif en matière de politique de défense canadienne, ce sont nos relations avec nos alliés, surtout avec les États-Unis.

Cet après-midi-là, le brigadier-général Mike Rouleau, commandant des Forces d’opérations spéciales du Canada, a fait quelques remarques très intéressantes pendant une discussion intitulée « Comprehensive Security: Towards Integrated National Security Strategies » [sécurité complète : intégration des stratégies nationales de sécurité, NDT].

Les conférenciers précédents avaient parlé de diverses attaques terroristes où des personnes armées s’en étaient prises à des populations civiles (comme cela s’est passé à Paris), à propos de quoi le brigadier-général a mentionné que : « notre succès face à ces attaques se définirait probablement mieux par ce que nous faisons pour les prévenir plutôt que pour y réagir ».

Il a ensuite cerné un problème majeur dans l’infrastructure de la sécurité canadienne, du point de vue de la réponse à donner à de telles attaques : « Nous avons un très bon jeu de fond au niveau tactique, a-t-il déclaré. Il n’est pas parfait, mais dans l’ensemble, notre coopération fonctionne bien. »

Au niveau des politiques, une structure de comités convient bien pour définir des objectifs généraux, mais dans le cas d’une menace urgente pour la sécurité publique, les procédures par comité sont trop lentes pour réagir à des événements en évolution constante et rapide. L’absence d’une démarche stratégique véritablement intégrée entre les divers éléments de la sécurité nationale pourrait engendrer des problèmes.

Il existe un exemple flagrant des risques posés par le manque de clarté dans le commandement et le contrôle : Michael Zehaf-Bibeau a été tué par balles pendant l’attaque de la Colline du Parlement en 2014, quelques minutes à peine après qu’une sentinelle ait été abattue au cénotaphe, mais la confusion créée par cet incident a duré des heures.

La conférence avait commencé, le vendredi matin, par un discours marquant prononcé par le général et chef d’état-major de la défense, Jonathan Vance. Il a commencé par expliquer en détail pourquoi la mission de formation, de conseil et d’assistance du Canada en Iraq n’était pas une mission de combat, puis il a décrit les principes et objectifs qui sous-tendent cette nouvelle mission.

« Mieux vaut que ce soient les forces locales qui atteignent les objectifs fixés par leur État, et non pas les forces étrangères », a-t-il dit. De plus en plus, la meilleure contribution que puissent offrir les forces militaires sophistiquées, comme celles du Canada, est ce rôle d’appoint, pour former et appuyer les forces locales afin de les aider à l’emporter.

Cependant, ce n’est pas non plus ce genre de missions de formation, de conseil et d’assistance qui assurera la sécurité. L’important, a noté le général Vance, c’est de prévenir les conflits. Mais il n’est pas facile d’intervenir à temps, et nous n’arrivons plus à des victoires nettement tranchées. Nous avons affaire à des conflits dont les racines sont millénaires, où le déploiement de forces militaires est un dernier recours, et pourrait même ne pas être une solution du tout.

L’utilisation de forces militaires mène de moins en moins souvent à une victoire décisive, précise-t-il. « Ce n’est pas concluant. Le public pourrait donc se demander à quoi servent ces missions. Est-ce que nous atteignons les objectifs que nous nous fixons? Je m’inquiète pour la profession militaire si, où que nous allions, les choses empirent. Si les civils en pâtissent, si les soldats en pâtissent, si l’infrastructure en pâtit, ces opérations sont encore plus difficiles à justifier. » La sécurité à la pointe des fusils, ce n’est pas du tout la sécurité. Nous n’avons pas toutes les réponses avant de commencer, nous apprenons avec le temps, mais il faut bien commencer quelque part.

La présentation de M. Paul Mitchell, directeur d’études au Collège des Forces canadiennes était l’une des plus intéressantes lors du dernier après-midi de la conférence, au cours de laquelle il a parlé longuement de la convergence entre technologie et sécurité.

En ce qui concerne les technologies de l’information, il existe actuellement une tension entre liberté et contrôle, entre le chaos de l’Internet libre et non surveillé et les tentatives de règlementation et de surveillance de cette nouvelle sphère par les gouvernements.

Les forces militaires modernes, dit M. Mitchell, sont maintenant fermement tournées vers l’avenir, et elles se concentrent sur la technologie de l’information depuis des décennies. Nous sommes à l’ère de l’information, et cette orientation est plus importante que jamais.

M. Mitchell a ensuite expliqué dans les grandes lignes comment l’avenir des flux d’information, y compris le concept de « cyberguerre » qui existe depuis longtemps, pourrait bien dominer un jour nos efforts en matière de sécurité nationale. « Le protocole Internet donne une connectivité planétaire à ceux qui s’organisent pour tuer, » conclut-il.

La manière dont le monde de la cybersécurité et de la surveillance s’intègrera à la nouvelle politique de défense du Canada, par contre, reste à déterminer.

À votre service: Obtenir de l’aide lorsqu’on a besoin d’assistance financière

Tout ancien combattant ou membre de la famille d’un ancien combattant a droit à l’appui financier du fonds fiduciaire du coquelicot de la Légion. Il existe des subventions pour la nourriture, le carburant, les vêtements, les médicaments, les appareils ou l’équipement thérapeutiques, les réparations essentielles du domicile et l’hébergement ou aide d’urgence.

Vous pouvez faire une demande d’aide financière auprès de votre filiale, d’une direction divisionnaire ou de la Direction nationale de la Légion royale canadienne.

En plus du fonds fiduciaire du coquelicot, les fonds ci-après pourraient vous être utiles :

• la Caisse de bienfaisance de la Marine royale du Canada, qui vient en aide aux vétérans de la Marine royale canadienne et aux membres anciens ou actuels des Forces canadiennes dont le service dans les unités opérationnelles du Commandement maritime ou de la MRC a été significatif, y compris le personnel de l’Armée de terre ou de l’Aviation qui utilisait des désignations de grade de l’élément naval ou maritime;

• le programme des Forces canadiennes Appuyons nos troupes, qui offre une aide financière aux membres actuels ou anciens des FC et à leur famille, et qui leur offre de multiples programmes. Pour obtenir plus d’informations : https://www.cfmws.com/fr/supportourtroops/pages/default.aspx.

Une aide financière peut être accordée aux anciens des services britanniques et aux personnes à leur charge par l’entremise de la Ligue royale des anciens combattants du Commonwealth. Si l’ancien combattant ou la personne à charge a de la difficulté à boucler les fins de mois, il ou elle pourrait aussi obtenir une subvention régulière de charité.

Si vous désirez de plus amples renseignements sur l’assistance financière provenant des fonds mentionnés ci-dessus, veuillez composer le 613-591-3335 ou, sans frais, le 1-877-534-4666 pour parler à un officier d’entraide de la Légion, envoyer un courriel à servicebureau@legion.ca , ou consulter http://www.legion.ca/fr/nous-aidons/aide-financiere/.

Était-ce une erreur que d’envoyer le HMS Hood affronter le Bismarck?

Face to Face Slider

Marc Milner dit que NON

C’ était le devoir du HMS Hood de combattre l’ennemi, et il y a trois bonnes raisons pour lesquelles il fut engagé dans la bataille contre le navire allemand Bismarck en 1941.

La première, c’est simplement que le Hood, de la classe Admiral, était le navire le plus rapide de la flotte britannique. La plupart des cuirassés britanniques étaient trop lents pour rattraper le Bismarck : même les navires de la classe King George V allaient à trois ou quatre nœuds de moins. Le Hood, dont la vitesse maximale était de 31 nœuds et le déplacement de 47 000 tonnes, pouvait prendre la mer par tous les temps, et sa vitesse était supérieure d’un nœud à celle de son rival allemand.

La deuxième raison, c’est que les défauts dans le blindage du Hood étaient bien connus, mais ils ne suffisaient pas à le garder au port. Par exemple, la ceinture principale était en plaques blindées de 12 pouces, soit trois pouces de moins que celles des nouveaux KGV. Certes, le blinda-ge était plus mince à la proue et à la poupe, et entre la ceinture principale et le pont principal, et cela le rendait vulnérable, mais la protection était jugée tout juste suffisante. Le blinda-ge de son pont était faible, « espacé »en plaques de deux ou trois pouces et conçu pour résister à des obus à trajectoire plutôt plate. Tout le monde savait qu’il n’était pas paré au feu plongeant, mais les cuirassés ne l’étaient généralement pas.

Les tactiques du vice-amiral Lancelot Holland compensaient les faiblesses du Hood. Il le faisait traverser la zone de feu plongeant, à distance maximale, aussi vite que possible, jusqu’à ce qu’il atteigne ce que les Américains appelaient la « zone d’immunité » : l’endroit où le pont et la cuirasse pouvaient résister au feu de l’ennemi.

On peut dire que Holland attei-gnit son but. Le Hood se trouvait à une distance de 15 000 mètres de l’ennemi lorsque Holland le fit virer pour présenter son armure la plus épaisse et permettre aux tourelles de poupe de tirer. À cette distance-là, le feu du Bismarck frapperait le pont du Hood à un angle d’environ 14 degrés, trop fermé, même d’après les Allemands, pour percer le pont. La destruction semble avoir été causée par un obus qui pénétra le blindage, traversant la cuirasse de 12 pouces, ou peut-être légèrement plus haut, et fit exploser un des magasins. Ce sont des choses qui arrivent. Si le Hood et le HMS Prince of Wales avaient eu quelques minutes de plus, vu leurs armements – huit canons de 15 pouces et dix de 14 pouces –, cela aurait pu se passer autrement.

Le Hood pouvait prendre la mer
par tous les temps, et sa vitesse
était supérieure d’un nœud à celle
de son rival allemand.

La troisième raison pour laquelle le Hood devait être envoyé à la recherche du Bismarck, c’est simplement que les Britanniques n’avaient pas suffisamment de cuirassés : 14 seulement en mai 1941. Les quatre petits cuirassés de la classe R étaient encore plus vieux que le Hood et n’étaient pas de taille à affronter un cuirassé moderne. Les cinq bâtiments de la classe Elizabeth qui avaient été reconstruits se trouvaient à Alexandrie, en Égypte, où ils observaient la marine italienne. Quant aux deux bâtiments de la classe Nelson bâtis dans les années 1920 conformément aux restrictions d’un traité, le HMS Rodney était en route pour les États-Unis pour se faire remettre en état et le HMS Nelson se trouvait à Freetown, en Sierra Leone, où il avait escorté un convoi de soldats. Les meilleurs de la flotte de combat de la marine royale, deux cuirassés de la classe King George V (42 000 tonnes, 28 nœuds) et le Hood récemment mis en service, étaient basés à Scapa Flow pour guetter le Bismarck.

Le Hood devait y aller. Avec de la chance, il aurait pu survivre à la bataille du détroit du Danemark. En fait, le Bismarck a été suffisam-ment endommagé pour que les bombardiers-torpilleurs Fairy Swordfish du HMS Ark Royal puissent l’atteindre, et pour qu’une malchance encore plus improba-ble signe sa dernière heure.


Iain Ballantyne dit que OUI

La bataille du détroit de Danemark avait à peine huit minutes quand l’intérieur du poste de contrôle d’artillerie du HMS Prince of Wales fut éclairé par ce qui ressemblait un brillant et soudain lever de soleil.

Trop occupé pour regarder, le capitaine de corvette Colin McMullen, officier du poste de contrôle d’artillerie du cuirassé, continua de faire feu sur le Bismarck. La lumière vive provenait de l’explosion du HMS Hood, dont la proue se dressait à la verticale alors que les deux canons de 15 pouces de sa tourelle A tiraient vaillamment une dernière salve. Les marins et fusiliers à bord du croiseur HMS Suffolk qui en furent témoins eurent peine à en croire leurs yeux.

Avec le recul, le verdict généralement admis est que oui, ce fut une erreur d’envoyer le Hood, cuirassé de l’époque de la Première Guerre mondiale, se battre contre le Bismarck, cuirassé moderne puissamment armé et protégé. Il aurait mieux valu que le Hood soit retiré de la circulation longtemps avant et remplacé par un cuirassé mo-derne plus rapide et mieux blindé.

Cependant, les Britanniques n’avaient pas le choix. Leur marine était encore la plus puissante du monde, mais elle était déployée sur tous les océans, surtout
dans l’Atlantique, pour escorter les convois.

L’amiral John Tovey, comman-dant de la flotte territoriale à bord du HMS King George V mouillé à Scapa Flow, devait trouver la meilleure manière de placer ses navires, et il finit par décider d’envoyer vers l’Islande un groupe de chasse formé du Hood et du Prince of Wales. Il s’agissait éventuellement d’effectuer une interception, soit dans le détroit du Danemark, soit dans le pertuis entre l’Islande et les iles Féroé.

La décision de Tovey était motivée par l’échec de l’interception de navires prédateurs allemands quelques mois auparavant. Il avait alors réagi à une alerte
semblable en déployant la flotte territoriale au complet au sud de l’Islande.

Il s’aperçut bientôt qu’il avait commis une grave erreur, car lorsque le carburant vint à manquer, il n’avait pas d’unité importante en réserve. La flotte territoriale se replia, et le Gneisenau et le Scharnhorst se glissèrent dans l’Atlantique Nord pour faire les dégâts que l’on sait
dans les voies maritimes.

Cette fois-ci, Tovey avait l’intention de retenir une force de frappe suffisante pour réagir aux évènements. Le King George V serait relié à l’amirauté par fil terrestre aussi longtemps que possible afin de recevoir les derniers renseignements du centre d’opérations de la marine.

Même si le Bismarck le surpassait,
la question à se poser, c’est plutôt
pourquoi diable le Hood aurait-il
dû être retenu?

Si le Bismarck échappait au Hood et au Prince of Wales, Tovey essaierait de l’intercepter ailleurs avec le King George V, le porte-avion HMS Victorious et quelques croiseurs.

Donc, du point de vue tactique, la décision de Tovey était la bonne. Vu le manque de navires majeurs, il associa le nouveau cuirassé bien protégé et rapide Prince of Wales – qui n’avait pas eu de baptême du feu et qui éprouvait quelques problèmes avec ses canons de 14 pouces –, et le Hood, dont les canons de 15 pouces avaient fait leurs preuves au combat.

Oui, le risque de perdre le Hood était réel, mais à la guerre comme à la guerre. Après deux ans de combats, des milliers d’hommes avaient déjà fait l’ultime sacrifice, la Luftwaffe martelait la flotte méditerranéenne au large de la Crète, et les marins britanniques étaient habitués aux situations délicates. Alors, même si le Bismarck le surpassait, la question à se poser, c’est plutôt : pourquoi diable le Hood aurait-il dû être retenu?

Y a-t-il combat ou pas? Ça ne fait rien. C’est la guerre.

Ce qui se passe actuellement en Iraq n’est pas clair du point de vue politique. L’essentiel du sujet, c’est de savoir si le Canada est en guerre (officiellement : non), si des soldats canadiens sont en mission de combat (officiellement : non) et, le plus important, de savoir si l’immense campagne concertée de l’alliance (dont le Canada fait partie : indéniablement) réussira vraiment à détruire l’État islamique d’Iraq et Syrie (ÉIIS).

Nos soldats ne sont certainement pas les combattants principaux en Iraq. Il y en a à peu près 800 là-bas, aux côtés des autres forces de la coalition, qui forment, conseillent et aident les forces de sécurité irakiennes à développer les compétences militaires nécessaires pour faire face à la menace. Cela ne veut pas dire pour autant que nos soldats ne finiront pas par prendre part à une lutte armée.

Voici les définitions pertinentes des Forces armées canadiennes :« les opérations de combat sont des opérations militaires désignées par le CÉMD où l’utilisation des armes, ou la menace de cette utilisation, y compris la force pouvant causer la mort, est nécessaire pour imposer sa vo-lonté sur l’adversaire, ou pour mener à terme une mission; les opérations autres que le combat sont des opérations militaires où les armes sont présentes, mais leur utilisation, ou la menace d’utilisation, est possible, mais seulement pour se protéger et cette utilisation est considérée comme non nécessaire pour mener à bien la mission. Les opérations autres que le combat sont, en général, des opérations de soutien de la paix ou humanitaires. »

Il ne s’agit pas ici d’une opération de soutien de la paix ni humanitaire. Il s’agit d’un important groupe d’alliés qui essaient de matraquer à mort une force maléfique en employant tous les outils qui conviennent. Il s’agit, pour être clair, d’un effort visant la destruction de l’ÉIIS. C’est une guerre contre l’ÉIIS.

Il s’agit vraiment d’un débat
sur le rôle de la
politique dans
nos
missions militaires.


Alors, qu’y a-t-il de mal à le dire? Mettre des soldats en danger – les envoyer à la guerre –, c’est la décision la plus sérieuse qu’un pays puisse prendre. Alors, pourquoi ne pas appeler un chat un chat?

Outre ce que les soldats font sur le terrain, il s’agit vraiment d’un débat sur le rôle de la politique dans nos missions militaires, et le plus important, d’un débat sur le leadership.

Ce qui se passe est évident : une promesse a été faite pendant les élections. « Le Canada se retirera des combats. » Alors les avions de chasse ont arrêté leurs bombardements, et il faut faire croire à une mission sans combat.

Pourquoi? La politique intérieure. Les sondages indiquent que la guerre en Afghanistan était impopulaire et que les Canadiens préfèrent le maintien de la paix.

Mais cette guerre-ci n’est pas comme cette guerre-là. Nous ne nous battons pas contre les talibans. Cette guerre n’est pas un choix, mais une nécessité.

Comme nous le dit le ministre de la Défense Harjit Sajjan (page 18), l’État islamique est bien plus dangereux que ne l’étaient les talibans, et il n’y a pas moyen de négocier avec lui.

Le maintien de la paix n’est pas une solution au problème de l’ÉIIS, et la meilleure conduite à adopter par rapport à l’ÉIIS n’est certainement pas de prétendre que nous ne faisons pas partie d’une alliance en guerre.

On dit souvent que la pire erreur que puisse commettre un général, c’est de penser que deux guerres se ressemblent. Peut-être que la meilleure chose que puisse faire un politicien en la matière, c’est d’appeler une guerre une guerre.

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