43e Congrès national: Mener l’équipe

LA PRÉSIDENTE NATIONALE Pat Varga, vétérane de la Marine royale du Canada, est membre à vie de la filiale Coleville (Sask.). Elle a servi au Conseil exécutif depuis 1997 et a siégé à nombre de comités nationaux, y compris celui des anciens combattants, des services et des ainés, celui de la Ligue royale des anciens combattants du Commonwealth (LRACC), celui de la jeunesse, celui du coquelicot et du souvenir, et celui des relations publiques; en outre, elle était ces derniers temps présidente du Comité national des sports. Elle siège actuellement aux comités des anciens combattants, des services et des ainés (en tant que présidente), de la LRACC et du congrès national, ainsi que (en tant que vice-présidente) aux comités des finances et budget et de l’investissement; de plus, elle est membre du groupe consultatif des anciens combattants. Elle est également sondeuse dans le cadre du programme de sondage des soins de longue durée.

43e Congrès national: Les délégués décident

Les délégués prennent part à une séance administrative au Winnipeg Convention Centre. [PHOTO : JENNIFER MORSE]

LÉGENDE

Abréviations de comités : DÉF : défense; C & S : coquelicot et souvenir; R & R : rituel et récompenses; ACSA : anciens combattants, service et ainés.

Abréviations gouvernementales : FC : Forces canadiennes; MDN : ministère de la Défense nationale; ACC : Anciens Combattants Canada.

Législation : NCAC : nouvelle Charte des anciens combattants; RARM : Régime d’assurance-revenu militaire; PAAC : Programme d’autonomie des anciens combattants.

* Dénote une résolution non ratifiée rapportée en séance et approuvée par les membres du congrès.

CONSEIL EXÉCUTIF NATIONAL
1. (QC; N.-É.–NT) — Que le gouvernement fédéral institue le 15 février jour férié appelé Jour du drapeau du Canada.

ANCIENS COMBATTANTS, SERVICE ET AINÉS — GÉNÉRAL
2. (ACSA) — Exhorte le gouvernement fédéral à instituer le jour de la crête de Vimy (9 avril) fête nationale fédérale.
3. (ACSA) — Demande de regrouper les médiateurs fédéraux dans un bureau central doté de pouvoirs semblables aux pouvoirs d’enquête énoncés dans le projet de loi 102 de l’Ontario.
4. (ACSA) — Demande que les lois et règlements du gouvernement soient modifiés pour que les anciens combattants et les personnes à leur charge aient un accès prioritaire aux soins de santé.
5. (ACSA) — Recommande à Anciens Combattants Canada (ACC) qu’il y ait suffisamment de gestionnaires de cas compétents et formés pour assurer la qualité des soins aux anciens combattants.
6. (ACSA) — Demande qu’ACC abroge sa politique de déduire 5 $ du remboursement des courses en taxi demandé par les anciens combattants.
7. (ACSA) — Demande qu’ACC établisse des principes directeurs et une formation appropriée dans son service de gestion de cas.
8. (ACSA) — Exhorte ACC et les FC à améliorer la communication et les relations communautaires avec les réservistes et leur famille.
9. (ACSA) — Demande à ACC de former davantage son personnel, les fournisseurs de services et le public sur les questions du droit aux services des anciens combattants et de leur famille, et de continuer l’élaboration des modèles de service qui servent à les traiter avec respect.
10. (ALB.–T. N.-O.) — Conseille vivement à ACC de réviser la composition du Tribunal des anciens combattants (révision et appel) (TAC(RA)) et d’envisager la nomination d’anciens membres de la Gendarmerie royale du Canada au Tribunal.
11. (MAN.–N-O. O.) — Demande à ACC de désigner une année comme étant l’Année du conjoint militaire, et de la promouvoir grâce à des épingles et autres souvenirs.
12. (N.-B.) — Conseille vivement à ACC de permettre aux anciens combattants qui pensent avoir droit à une réclamation à la suite de l’utilisation de l’agent Orange à la BFC Gagetown (N.-B.) de présenter leur demande à ACC et que celle-ci soit prise en considération même si le programme d’indemnisation est achevé.
13. (N.-B.) — Qu’ACC révise ses règles d’action en matière de rédaction de lettres pour que les anciens combattants sans accès à l’Internet les comprennent, peut-être en annexant à la lettre l’exemplaire d’une loi, d’une disposition ou d’un tableau en particulier.
14. (N.-B.) Exhorte ACC et le TAC(RA) à accorder « le bénéfice du doute » aux demandeurs.

AVANTAGES LIÉS À L’INVALIDITÉ
15. (ACSA) — Recommande qu’on mette fin à la déduction du RARM causée par les pensions d’invalidité d’ACC et que le Conseil du Trésor reconnaisse que les membres des FC ont des besoins différents de ceux des fonctionnaires.
16. (ACSA) — Recommande que la réduction annuelle de la couverture des prestations de décès payées aux membres des FC soit retardée jusqu’à l’âge de 66 ans comme pour les fonctionnaires.
17. (ACSA) — Demande à ACC de reconnaitre l’exposition à l’agent Orange ou à l’uranium appauvri en tant que déterminants d’invalidité importants.
18. (ACSA) — Revendique l’amélioration du programme d’indemnités d’invalidité de la nouvelle Charte des anciens combattants afin que les anciens combattants et les membres des FC en service qui y ont droit bénéficient d’un ajustement annuel de leur indemnité.
19. (ACSA) — Demande au ministère de la Défense nationale de remettre le RARM à neuf afin que le cout de l’assurance-invalidité des membres des FC soit entièrement couvert par le gouvernement et, de plus, qu’ACC ne soit plus obligé d’accorder ses programmes et ses avantages au RARM.
20. (ACSA) — Qu’ACC fasse le nécessaire pour que les anciens combattants reçoivent un revenu équitable en fixant la compensation pour perte de revenu à 100 p. 100 des revenus quand les membres en sont à la réadaptation et à la recherche d’un emploi, et qu’ACC utilise une approche de revenus probables pour détermi­ner ce que le revenu du membre aurait été durant sa carrière, que le salaire minimal soit fixé à celui d’un caporal, verser l’avantage après 65 ans ou utiliser l’avantage en tant que base pour calculer la pension d’ancien combattant, augmenter les prestations de retraite supplémentaires et les rendre non imposables.
21. (ACAS) — Exhorte ACC à élaborer des façons de verser les indemnités d’invalidité et de procurer des fonds nécessaires aux anciens combattants et à leur famille pour qu’ils puissent engager des conseillers financiers.
22. (C.-B.–YN) — Demande au gouvernement d’essayer de prendre des dispositions réciproques avec les autres pays du Commonwealth afin que leurs anciens combattants obtiennent des services et des avantages équivalents quel que soit l’endroit du Commonwealth où ils s’établissent.
23. (ONT.) — Qu’une prestation de décès soit versée au personnel des services mort au combat, quelle que soit sa situation matrimoniale, et que les prestations soient rétroactives.

PROGRAMME D’AUTONOMIE DES ANCIENS COMBATTANTS ET PRESTATIONS DE MALADIE
24. (ACSA) — Qu’ACC simplifie ses prestations et communique avec les allocataires de façon simple.
25. (ACSA) — Que le PAAC soit offert aux membres de la GRC.
26. (ACSA) — Conseille vivement que les avantages du PAAC soient offerts aux anciens combattants frêles, indépendamment de leur droit aux prestations d’invalidité.
27. (ACSA) — Recommande qu’ACC se charge des couts de la maintenance et de l’entretien du terrain des anciens combattants prestataires du PAAC qui habitent un immeuble en copropriété ou une habitation coopérative pour retraités.
28. (ACSA) — Demande l’élaboration de lignes directrices nationales en ce qui concerne la contrainte chimique dans les institutions de soins de longue durée et que de telles contraintes ne soient utilisées qu’en dernier recours.
29. (ACSA) — Qu’ACC collabore étroitement avec les organisations d’anciens combattants et avec les autorités provinciales et municipales en vue de définir les critères liés à l’allocation de lits pour anciens combattants et que, quand c’est approprié, ces critères comprennent des dispositions touchant l’hébergement dans ces institutions de leur conjoint.
30. (ACSA) — Exhorte ACC à créer un programme de soins transitoires pour s’assurer que les soins aux anciens combattants qui sont transférés aux soins actifs, ou qui en reviennent, soient dispensés dans la dignité.
31. (ACSA) — Demande à ACC de se faire partenaire des autorités sanitaires provinciales pour donner des soins palliatifs de qualité commune aux anciens combattants, qu’ACC fasse le nécessaire pour offrir des soins palliatifs aux anciens combattants dans les institutions communautaires, et que tous les programmes soient bien annoncés.
32. (ACSA) — Que le ministre d’ACC confirme la responsabilité du ministère concernant les soins de longue durée partout au pays, et demande à ACC de faire le point sur les 25 recommandations faites par le Comité permanent de la défense nationale et des anciens combattants du Sénat en juin 2003.
33. (ACSA) — Demande à ACC d’inciter les institutions de soins de longue durée à engager des employés permanents plutôt qu’à temps partiel.
34. (ACSA) — Exhorte ACC et les FC de se charger des couts des services de soutien en cas de deuil pour la famille des membres décédés et recommande qu’ACC accorde les avantages du PAAC aux familles et aux conjoints survivants pendant au moins un an, et qu’il adapte les services du PAAC à leurs besoins.
35. (ALB.–T. N.-O.) — Demande au ministre d’ACC de réviser l’utilisation actuelle et à venir des places dans les institutions de soins de longue durée, et d’élaborer une solution à long terme avant d’én éliminer.
36. (ONT.) — Demande à ACC d’ajouter le cout des traitements liés à la dégénérescence maculaire au calendrier des paiements des avantages sanitaires.
37. (ONT.) — Exhorte ACC à reconnaitre les membres de la famille immédiate d’un ancien combattant qui demeurent avec lui et qui lui servent d’escorte afin qu’ils obtiennent les avanta­ges fournis dans le cadre de la politique sur les « frais d’escorte ».
38. (ONT.) — Recommande que les membres de la famille immédiate de l’ancien combattant qui habitent avec lui et qui servent de « fournisseur de soins personnel » aient droit aux avantages de la politique sur les « soins personnels ».

FORCES CANADIENNES/GRC
39. (ACSA) — Exhorte que les allocations aux survivants telles que prescrites dans la Loi sur la pension de retraite des Forces canadiennes (LPRFC) soient d’un montant équivalent à au moins 70 p. 100 de la pension du membre.
40. (ACSA) — Demande que la déduction du Régime de pensions du Canada (RPC) à 65 ans soit éliminée et que les fonds excédentaires de la LPRFC soient utilisés pour payer des avantages cumulatifs semblables à ceux qui sont payés aux parlementaires.
41. (ACSA) — Exhorte le gouvernement fédéral à fournir les avantages d’ACC à tous les agents de police civile canadienne qui se portent volontaires à une mission des Nations Unies.

FUNÉRAILLES ET ENTERREMENTS
42. (ACSA) — Demande au ministre d’ACC d’augmenter immédiatement le plafond des services funéraires pour qu’il soit égal à ceux des FC et de la GRC.
43. (ACSA) — Recommande que les prestations de funérailles du Fonds Last Post, semblables à celles qui sont offertes aux membres des FC tués en service, soient versées aux vétérans des FC dont les moyens sont insuffisants.
44. (QC) — Exhorte ACC à restaurer et à augmenter l’exemption testamentaire des survivants ou des dépendants au moins au niveau de la pauvreté tel que déterminé par Statistique Canada, et à ce que, chaque année par la suite, il introduise, en ce qui concerne cette exemption, une allocation indexée au cout de la vie égale à l’indice des prix à la consommation.

SANTÉ PHYSIQUE/MENTALE
45. (ACSA) — Recommande à ACC et aux FC d’ajuster les soins de santé mentale pour les membres et les vétérans des FC souffrant de traumatisme lié au stress opérationnel et de modifier les règlements afin d’offrir également ces soins à leur famille.
46. (ACSA) — Requiert que la Légion aborde les agences gouvernementales appropriées pour leur demander de l’aider à financer des ateliers sur le programme de transition des militaires et des anciens combattants canadiens.
47. (ACSA) — Exhorte ACC à inclure les titulaires d’octrois ou les pensionnés du service militaire du temps de la paix dans les dispositions du groupe « B » en ce qui concerne les services ou les avantages de santé.
48. (ACSA) — Que le fédéral souscrive à une recommandation de la Légion, adoptée subséquemment par la commission d’étude sur les ainés du premier ministre, selon laquelle un  programme national d’autonomie des ainés serait mis en œuvre pour que les ainés restent chez eux plus facilement.
49. (ACSA) — Recommande la promulgation d’un projet de loi national qui serve à protéger les ainés sans tenir compte des limites entre les administrations à l’intérieur du pays et les organismes provinciaux.
50. (ACSA) — Demande à ACC d’améliorer son programme de réadaptation en adoptant des pratiques exemplaires, en formant son personnel, en communiquant avec les employeurs éventuels au début du processus de réadaptation et en éduquant les employeurs sur les bénéfices qu’on obtient quand on embauche un ancien combattant.
51. (ACSA) — Que les anciens combattants et les membres de leur famille malades aient droit aux services de réadaptation, et à la réinscription au programme, à tout moment, quand leurs besoins changent.
52. (ACSA) — Demande à ACC d’explorer toutes sortes de stratégies, comme passer des contrats avec des médecins de famille et payer pour former et employer des adjoints médicaux et des infirmières praticiennes, et de s’assurer que les anciens combattants et les familles ont accès à une grande variété d’avantages et de fournisseurs de santé.

COQUELICOT ET SOUVENIR
53. (C & S, T.-N.-L., ALB.–T. N.-O.) — Que, dans certaines circonstances, une partie du Fonds du coquelicot puisse servir à assister les programmes axés sur la famille que le Centre de ressources pour les familles des militaires des FC ne finance pas.
54. (ONT.) — Requiert que toutes les recettes de la vente d’articles commémoratifs reliés à la coupe Mémorial, comme les chandails et les casques, soient remises au Fonds fiduciaire du coquelicot des filiales.
*215. (N.-É.–NT) — Résout que, dans certaines circonstances, une partie des fonds du coquelicot puisse servir à financer un programme de lecture des anciens combattants pour élèves.
*305. (ALB.– T. N.-O.) — Requiert que les arrière-petits-enfants puissent recevoir des bourses du fonds du coquelicot.
*310. (N.-É.–NT) — Résout que les filiales ne soient plus obligées de publier les états financiers de leur campagne du coquelicot dans les médias locaux, bien qu’elles doivent toujours les mettre à la disposition du public.

ADHÉSIONS
55. (C.-B.–YN) — Requiert que les membres des dames auxi­liaires (DA) puissent transférer leurs années de service continu à la filiale dans les cas où les DA résilient leur charte.
*221. (MAN.–N.-O. O.) — Résout d’accorder la qualité de membre associé aux gens qui ont pris part à un service d’intervention d’urgence pendant au moins un an.

SPORTS
56. (ONT., N.-B.) — Que la Direction nationale parraine un tournoi annuel de jeu de huit selon les mêmes critères que les autres sports nationaux actuels.

DÉFENSE
57. (DÉF.) — Exhorte le MDN à réviser son programme de retraite dans la dignité, et d’appuyer la création d’une épingle à décerner aux gens dont le service a duré moins de 12 ans.
58. (DÉF.) — Requiert que la Légion appuie l’octroi de la Médaille canadienne du volontaire à tous les gens qui se sont portés volon­taires, sans tenir compte de la longueur du service.

RITUEL ET RÉCOMPENSES
60. (R & R) — Résout de créer une médaille de service qui serve à reconnaitre les efforts que les membres de la Légion ont faits avant d’accepter un poste de direction ou en dehors de ces fonctions.
61. (C.-B.–YN) — Requiert la création d’une barre de secrétaire trésorier à décerner dans les niveaux du district et de la zone de la Légion.
62. (ONT.) — Requiert que la Légion demande à ACC de créer une épingle pour honorer les anciens combattants des Premières nations, des Métis et des Inuits du Canada.
*232. (SASK.) — Statue que la médaille d’excellence des cadets de la Légion doit être portée au côté droit de l’uniforme de la Légion.

RÉSOLUTIONS RETARDATAIRES
8. (QC) — Exhorte ACC à garder l’hôpital Sainte-Anne de Sainte-Anne-de-Bellevue (Qc) et de commencer à y soigner les anciens combattants souffrant de traumatismes de stress opérationnel ainsi que les gens qui ont besoin de soins chroniques à temps plein. Exhorte aussi l’hôpital, au cas où il soit transféré au gouvernement québécois, à dispenser aux anciens combattants des soins de la même qualité que celle d’aujourd’hui.
30. (ONT.) — Requiert que le gouvernement fédéral fournisse une protection légiférée aux pensions des Canadiens.
31. (ONT.) — Exhorte le gouvernement fédéral à détaxer les prestations de décès du Régime de pensions du Canada.
32. (ONT.) — Recommande qu’ACC élabore et maintienne un programme conjoint avec les directions divisionnaires pour  venir en aide aux anciens combattants sans abri.
33. (ONT.) — Modifie les arrêtés généraux afin de permettre aux filiales d’augmenter le financement accordé aux cadets.

43e Congrès national: C’est arrivé à Winnipeg

Winnipeg se fait l’hôtesse des congrès de la Légion royale canadienne depuis longtemps, dont (sens horaire à partir d’en haut) le premier congrès en 1927 de ce qu’on appelait alors la Légion canadienne de la Ligue des anciens des armées du Commonwealth britannique; le président national Clare Sparling s’adresse aux délégués lors du 20e congrès, en 1964, qui ont « exprimé des objections » au premier ministre Lester Pearson à propos du remplacement du Union Jack par « un drapeau distinctement canadien »; plus de 5 000 légionnaires défilent durant le congrès national du 50e anniversaire, en 1976; les anciens combattants du 37e Congrès national, en 1998, défilent à bord de véhicules militaires d’époque; les délégués et invités se rassemblent au cénotaphe lors du 30e Congrès national, en 1984.

Le souvenir chez les jeunes écrivains et artistes

La jeunesse canadienne a relevé le défi du souvenir à nouveau, comme le prouvent si bien les gagnants des concours littéraires et d’affiches annuels de la Légion royale canadienne au moyen d’images et d’idées sur le passé et le présent des conflits et de la paix.

Jan Sobotka de West Vancouver (C.-B.) a remporté le premier prix au niveau sénior des affiches en couleurs grâce à une affiche formidable où des Canadiens sont pris en cible par l’ennemi dans un endroit d’un gris infernal où les explosions — et les hommes — se transforment en coquelicots lors de leur ascension vers un champ vert où ils vont reposer sous un drapeau canadien.

Jack Kinnie, élève d’une école secondaire de Moncton (N.-B.), a eu le premier prix au niveau intermédiaire des affiches en noir et blanc grâce à une œuvre où sont juxtaposées de façon réaliste et artistique la destruction de la guerre et la célébration de la victoire.

« Je n’étais pas là pour les voir survivre à un cœur brisé. Je n’étais pas là pour ramasser les corps brisés, écrit Shea Goreham de Bridgetown (N.-É.) dans I Wasn’t There (Je n’étais pas là), une composition subtile grâce à laquelle elle a remporté le premier prix de poésie au niveau sénior. « Je n’étais pas là  pour voir chaque personne subir l’enfer. / Je n’étais pas à la guerre, mais ça ne veut pas dire que ça m’est égal. / Je me souviens de leurs sacrifices, de ce qu’ils ont payé et, Dieu merci, je n’étais pas là. »

Un des liens les plus sincères qu’a avec l’histoire Michael Sullivan, étudiant du Collège St. Bonaventure de St. John’s (T.-N.), est son grand-père Rolland Paquette (surnommé Rolly), à propos de qui Sullivan a écrit la composition Two Minutes (Deux mi­nutes) grâce à laquelle il a gagné le premier prix de composition au niveau sénior.

Le texte de Sullivan est un exposé sur ce que le souvenir signifie pour lui, et sur ce que cela devrait signifier pour tous les Canadiens.

« Le 11 novembre de chaque année, le pays s’immobilise, écrivait-il. Lorsque je me trouve au mémorial militaire, à St. John’s, il y a un silence assourdissant de deux minutes pendant que la société fait une pause, repoussée par les horreurs des guerres passées et actuelles, se souvenant de ce qu’elle doit aux hommes et aux femmes qui partent au loin soutenir la primauté du droit et maintenir la paix dans le monde. Il est incontestable que le soldat remplit le plus noble office, car sa destinée est irrévocablement liée à la démocratie et à l’humanisme. En réfléchissant à des histoires comme celles […] de mon grand-père Rolland Paquette, les générations à venir peuvent être inspirées par le message vital qu’elles transmettent relativement au prix de la liberté et à la valeur du service.

« Je n’ai jamais eu l’occasion de rencontrer [mon grand-père], car il est mort jeune, mais on m’a raconté la bravoure dont il a fait preuve à la guerre de Corée. Membre du légendaire 22e (Royal 22e Régiment), il servait la cause de la liberté en Corée du Sud au volant d’une ambulance. Il avait été attiré par le service; il était mainteneur de la paix de nature. Le rôle de chauffeur d’ambulance lui convenait bien. Le 8 janvier 1952, son infirmier et un soldat blessé étaient dans l’ambulance  qu’il conduisait. Contrairement aux protocoles humanitaires consacrés dans la Convention de Genève, l’ambulance qu’il  conduisait fut bombardée par les forces communistes : ses  passagers furent tués tous les deux Rolly lui-même a survécu, mais il était grièvement blessé et obligé de survivre dans une tranchée au bord de la route. Quand il a été secouru par les forces alliées, une plaque d’acier a dû être insérée dans son épaule gauche et un éclat d’obus a été visible dans un de ses yeux le reste de ses jours. Cette histoire de bravoure et de service dans ma famille, une contribution à la liberté dans le monde, est une des choses qui me poussent vers le service, et vers la réalisation qu’il y a tellement de choses que l’on  tient pour acquis. Je suis fier, encore aujourd’hui, d’avoir le nom de mon grand-père comme second prénom et d’avoir des liens étroits avec un homme qui a témoigné du service et du sacrifice. »

Pour Jonathan Travis Brown, élève de 11e année de Guelph (Ont.), remporter le concours d’affiches en noir et blanc au niveau sénior a été, disons, fondamentalement une surprise. « C’est ma professeuse de beaux-arts qui m’a suggéré de m’inscrire, dit Brown, qui ne s’était jamais inscrit au concours auparavant. C’était une petite classe et elle nous a suggéré à tous de nous inscrire dans diverses catégories. J’y ai réfléchi et j’ai réalisé que je voulais y prendre part, alors je l’ai fait.

Au début, je me disais que ce n’était pas pour gagner que j’y participais. C’était juste, comme, là. Et même en passant d’un degré à l’autre, je ne croyais pas que je pouvais gagner. Ma professeuse en était certaine, elle, dit-il en riant, elle croyait vraiment que je pouvais gagner. Moi, j’étais étonné chaque fois que mon affiche avait tant de succès. »

L’affiche de Brown est une représentation vraiment émouvante de l’idée que les soldats meurent pour la défense de la li­berté et pour créer la paix. Il y a des soldats à la guerre d’un côté de son œuvre et, de l’autre côté d’une route, la paix.  « Leurs sacrifices. Notre liberté », est-il écrit dans l’affiche.

« Vu que je ne suis pas du genre à étudier l’histoire militaire constamment, ce qui me touche le plus, c’est tous ces soldats qui donnent leur vie pour qu’on ait la liberté qu’on a mainte­nant. Ils ont changé nos vies en faisant ça. »

Brown dit aussi qu’il a vraiment hâte de se rendre à Ottawa en novembre, où les trois autres gagnants au niveau sénior et lui vont déposer une couronne de la part de la jeunesse du Canada à l’occasion de la cérémonie du jour du Souvenir. En fin de compte, pour Brown, créer son affiche l’a amené à apprécier les anciens combattants et le souvenir.

« En m’adonnant au processus de création de l’affiche — il est sûr qu’il m’a fallu faire des recherches — il y a une chose que j’ai remarquée : les anciens combattants sont respectés au plus haut point. Je pense que le souvenir de la plupart  des Canadiens n’est plus aussi important qu’avant. Et il devrait l’être. Alors il y a certainement beaucoup à apprendre là. C’est vraiment inspirant de voir qu’ils ont donné leur vie pour nous, et je pense que cela mérite beaucoup de respect et d’honneur. »

Que pourrait-on imaginer comme meilleur résumé des  objectifs des concours littéraires et d’affiches de la Légion? Le concours, organisé pour les écoliers canadiens depuis plus de 50 ans, sert à encourager le souvenir chez les jeunes de tous les âges.

Il s’agit sans doute là du même objectif que celui du ga­gnant de composition au niveau sénior Sullivan, qui a écrit : « C’est ce qui, d’après moi, est le message le plus important que la jeunesse pourrait recevoir le jour du Souvenir : la  liberté à laquelle nous tenons tant est issue des sacrifices et du service d’hommes et de femmes courageux de partout dans le monde. Sans ces gens-là, les droits de la personne fondamentaux que nous connaissons n’existeraient pas. »

Résultats Nationaux de 2010

Niveau senior

Composition
Premier : Michael R. Sullivan, St. John’s (T.-N.)
Deuxième : Roberta Farion, Vegreville (Alb.)
Mention honorable : Jessica Heise, Isabella (Man.)

Poésie
Première : Shea Goreham, Bridgetown (N.-É.)
Deuxième : Ted Brinkman, Craigmyle (Alb.)
Mention honorable : Lara Sandre, Metcalfe (Ont.)

Affiches en noir et blanc
Premier : Jonathan Travis Brown, Guelph (Ont.)
Deuxième : Lenaya MacKay, Lashburn (Sask.)
Mention honorable : Milan Mantle, Surrey (C.-B.)

Affiches en couleurs
Première : Jan Sobotka, West Vancouver (C.-B.)
Deuxième : Caroline Bordignon, Elmira (Ont.)
Mention honorable : Ben Cottrill, Wallace (N.-É.)

Niveau intermédiaire

Composition
Première : Amy Leanne Cox, Victoria
Deuxième : Arnold Davitsky, Kapuskasing (Ont.)
Mention honorable : Emily Cann, Charlottetown (I.-P.-É.)

Poésie
Premier : Damiano Ficca, Terrebonne (Qc)
Deuxième : Janine Deys, Lethbridge (Alb.)
Mention honorable : Fiona Weaver, South River (Ont.)

Affiches en couleurs
Première : Jessica Blackwell, Kitchener (Ont.)
Deuxième : Hermina Paull, Summerberry (Sask.)
Mention honorable : Nanako Emori, Banff (Alb.)

Affiches en noir et blanc
Premier : Jack Kinnie, Moncton (N.-B.)
Deuxième : Kattrina Umbenhower, Windsor (Ont.)
Mention honorable : Monica Facchin, St. Albert (Alb.)

Niveau junior

Composition
Premier : Mackenzie Wynne, Surrey (C.-B.)
Deuxième : Leah Auch, Carmangay (Alb.)
Mention honorable : Brock Thomson, Biggar (Sask.)

Poésie
Première : Andrea Bell, Chaplin Island Road (N.-B.)
Deuxième : Emily Baxter-Dixon, BFC Borden (Ont.)
Mention honorable : Courtney Langmead, Pouch Cove (T.-N.)

Affiches en couleurs
Premier : Riley Hogg, Duncan (C.-B.)
Deuxième : Brandon Cann, Montague (Î.-P.-É.)
Mention honorable : Hunter Jean-Baptiste, Toronto (Ont.)

Affiches en noir et blanc
Première : Natalie Grossi, Woodbridge (Ont.)
Deuxième : Patrick Smith, Cowansville (Qc)
Mention honorable : Holly Abrahamson, Meadow Lake (Sask.)

Affiches primaires

Affiches en couleurs
Première : Delaney Saunders, Marwayne (Alb.)
Deuxième : Geneviève Fournier, St. Brendan’s (T.-N.)
Mention honorable : Olivia Peloquin, Keewatin (Ont.)

Affiches en noir et blanc
Première : Declan Sharkey, Cambridge (Ont.)
Deuxième : Joel Tschetter, Irma (Alb.)
Mention honorable : Seanna Traverse, Gull Island (T.-N.)

Un organisme indépendant s’occupe des revendications des anciens combattants australiens

Le gouvernement australien a déposé, en 1994, un projet de loi qui avait pour objet de réformer le processus décisionnel concernant la causalité des ma­ladies. Il s’agissait de créer un système plus équitable et plus constant pour s’occuper des demandes de pension d’invalidité faites par les anciens combattants australiens et les personnes à leur charge. La réforme législative a engendré la Repatriation Medical Authority (RMA), un organe indépendant prévu par la loi se rapportant au ministre des anciens combattants.

La RMA se compose d’un groupe de cinq praticiens qui se sont distingués en science médicale. Ces derniers ont pour rôle de formuler des énoncés de principes (EP) concernant les maladies, les blessures ou la mort qui pourraient être liées au service militaire, en se fondant sur des preuves scientifiques médicales. Les EP servent à décider quels sont les facteurs qui « doivent » ou qui « doivent au minimum » exister pour donner lieu à une sorte de maladie, de blessure ou de mort en particulier. Les lignes directrices sur l’admissibilité au droit à pension (LDADP) canadiennes sont analogues aux EP australiens.

Les EP sont imposés aux preneurs de décisions. Les questions factuelles liées au cas d’un ancien combattant, y compris la nature du service et toute connexion entre le service admissible et les facteurs des EP, toutefois, sont encore déterminés par divers décisionnaires, dont la Repatriation Commission, la Military Rehabilitation and Compensation Commission, le Veterans’ Review Board et l’Administrative Appeals Tribunal.

Lors de la réunion qu’elle a tenue le 14 avril 2010, la RMA a déterminé quels sont les EP d’un certain nombre de maladies, dont l’algie vasculaire de la face, la démence de type Alzheimer et le lymphome non hodgkinien. La RMA a aussi modifié les EP liés à la spondylose lombaire, au trouble dépressif et au trouble anxieux.

La RMA tient des réunions régulièrement pour réviser les EP. Il n’y a pas de mécanisme semblable à Anciens Combattants Canada. Les lignes directrices d’ACC sur l’admissibilité au droit à pension, d’après le site Web d’ACC, sont fondées sur des éléments de preuve provenant de la recherche et de la littérature arbitrée médicales. Le ministère australien des anciens combattants est une source importante de recherche en science médicale en ce qui concerne la révision de la causalité et de l’aggravation. Les textes, journaux et autres sources d’information jugés fiables et reflétant la théorie et la pratique médicales actuelles lors de la rédaction des lignes directrices, tout aussi importants, sont étudiés aussi.

ACC reconnait que la médecine est une science en constante évolution et, à cause de la rapidité de cette évolution, les lignes directrices ne prétendent pas être des interprétations exhaustives de quelle maladie que ce soit. Le fait est que la dernière modification non administrative importante des LDADP a été publiée en 2006. Or, la RMA publie un EP sur la dépendance à l’alcool et la consommation abusive d’alcool depuis 2008. Elle révise ses EP tous les trois mois. Les LDADP d’ACC sur la dépendance à l’alcool ne sont pas encore terminées. D’autres pays, comme les États-Unis, ont aussi des outils proactifs pour décider si un ancien combattant a droit à des avantages.

En 2008, le ministère américain des anciens combattants a déterminé que ceux qui souffrent de sclérose latérale amyotrophique (SLA) ont droit aux avantages d’invalidité et aux soins de santé complets. ACC n’a pas encore fini d’étudier la question.

À votre service est écrit par des officiers d’entraide des directions de la Légion. Pour communiquer avec un officier d’entraide, composez sans frais le 1-877-534-4666, ou visitez le site Web d’une direction. Consultez www.legionmagazine.com pour les archives de 3 années.

La solide amitié entre le Canada et la Hollande

Il n’y en avait plus autant qu’avant, mais les anciens combattants canadiens qui sont retournés aux Pays-Bas cette année semblent avoir été aussi bien reçus qu’il y a 65 ans. En 1945, les Hollandais étaient affamés. Ils avaient vécu sous le joug de plus en plus cruel des Allemands pendant cinq ans et ils avaient vu leurs voisins emportés vers l’inconnu. Tout cela s’est terminé quand les forces canadiennes ont libéré le pays, au prix de plus de 7 600 soldats morts et d’innombrables blessés.

Il est quand même remarquable que la gratitude continue, pas seulement celle des habitants qui vivaient pendant cette terrible période, mais aussi celle d’une nouvelle génération dont l’éducation la dispose à conserver les liens entre les Canadiens et les Hollandais.

Ces liens solides étaient en évidence à nouveau en mai dernier, quand la princesse Margriet de Hollande a visité la maison de la Légion à Kanata, en Ontario. Elle a planté un arbre devant l’édifice en l’honneur des anciens combattants et de leur plus grande organisation. Sur une plaque, près de l’arbre, il est écrit que « 2010 est la 65e année des liens spéciaux tissés entre le Canada et les Pays-Bas. Cet arbre est le symbole de la solidité des liens tissés entre nos deux pays. En croissant, il servira à nous rappeler notre histoire commune pendant que nous bâtissons notre avenir commun ».

Les liens entre la Légion et la princesse elle-même sont très solides. Elle est née au Canada pendant la guerre car sa mère, la princesse Juliana, et sa sœur Beatrix, la reine actuelle, étaient venues se mettre à l’abri des dangers de l’Europe. Quand le prince Floris, fils de la princesse Margriet, est né, la Légion a demandé d’en être la marraine. En 2008, quand son épouse Aimée et lui ont été invités au 42e Congrès national, à Ottawa, il a été nommé vice-président natio-nal honoraire de la Légion.

Quant à notre avenir commun, les forces hollandaises et canadiennes se tiennent côte à côte en Afghanistan, partenaires dans l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord, pour rétablir la paix et la sécurité dans un pays où il n’y en a pas eu beaucoup.

Les Hollandais ont fait un excellent travail quand il s’agissait de faire comprendre à leurs jeunes ce que le Canada a accompli à la guerre, ce qu’il y a sacrifié. L’enthousiasme en a témoigné au printemps dernier. Il s’agit d’une appréciation que beaucoup de gens aimeraient voir un peu plus au Canada.

Un programme précieux

La chance de toucher des documents originaux d’il y a 90 ans est un plaisir pour quiconque s’intéresse à l’histoire. Pour les jeunes élèves, une telle occasion peut mener à un intérêt durable pour l’histoire et à une appréciation des gens qui l’ont vécue. Cette chance était au centre du projet Nous nous souviendrons d’eux qu’offre Bibliothèque et Archives Canada à son Centre d’apprentissage. Les élèves et les enseignants visitent BAC dans le cadre de ce projet et, grâce à l’aide de son personnel, ils étudient soigneusement les documents de service originaux des militaires sur lesquels ils font des recherches. Les élèves et les enseignants qui habitent loin de la capitale nationale peuvent commander des copies de ces documents historiques, ou les consulter en ligne.

Il est facile de trouver des sources, dans la plupart des collectivités, sur le nom de ceux qui ont servi et qui ont fait le sacrifice ultime. Les cénotaphes locaux et les tableaux d’honneur que les églises maintiennent souvent sont de bons points de départ.

Quiconque s’intéresse à l’histoire, familiale ou militaire — les élèves ne sont pas les seuls — sera agréablement surpris de ce qu’on peut apprendre grâce à un dossier militaire. Les élèves qui ont participé au projet Nous nous souviendrons d’eux ont certainement été impressionnés par les renseignements obtenus dans les feuilles d’engagement, les rapports médicaux et les avis de médaille des soldats. Dans bien des cas, ces renseignements — surtout ceux qui se trouvent sur les formulaires relatifs aux pertes ou aux maladies — les ont poussés à poursuivre leurs recherches, à brosser un tableau plus clair de l’homme ou de la femme sur qui ils faisaient des recherches. « Ils voient le côté humain de la guerre; ils finissent par penser que la personne n’était pas très différente d’eux-mêmes », dit Debbie Jiang, coordonnatrice du projet.

La Légion royale canadienne reconnait la valeur du projet et les filiales de la Légion appuient les classes d’écoliers qui font des recherches sur les anciens combattants locaux (« Remembering The Fallen At Plaster Rock » [non tra­duit], mai/juin).

Cette année, des articles ont été pu­bliés dans les médias où il était annoncé que le budget du Centre d’apprentissage était amputé et son personnel, réaffecté. Cette inquiétude a été l’objet de questions à la Chambre des communes, posées par le porte-parole libéral en matière d’anciens combattants, Rob Oliphant. Le ministre du Patrimoine canadien, James Moore, a assuré la Chambre des communes en avril qu’il n’y aurait aucune modification et que le personnel continuerait son travail sur les activités et les projets du Centre d’apprentissage.

C’était vraiment une bonne nouvelle car il s’agit d’un projet qui mérite d’être préservé des réductions des couts et on devrait déployer encore plus d’efforts pour promouvoir ses avantages auprès des élèves et des enseignants du pays.

Il ne reste plus de vétérans de la Première Guerre mondiale canadiens pour raconter leurs histoires, et le nombre de ceux de la Seconde Guerre mondiale diminue. Grâce au projet Nous nous souviendrons d’eux, une nouvelle génération peut jeter un nouveau coup d’œil aux expériences de ceux qui ont servi à la guerre.

ALORS ET MAINTENANT

Deux soldats canadiens portant un respirateur examinent un Lee-Enfield, en mars 1917. [PHOTO : BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES CANADA — PA001027]

MASQUES À GAZ :

DU MOUCHOIR AU RESPIRATEUR

Le pire à la guerre comprend certainement la possibilité de gaz et d’autres armes chimiques mortelles. Les respirateurs et les cagoules ont sauvé des vies, mais on y a chaud et, au champ de bataille, ce n’est pas facile de s’y habituer. Les mouchoirs trempés d’urine ont sauvé des vies à Ypres, en 1915.

MOUCHOIR TREMPÉ D’URINE. [PHOTO : MUSÉE CANADIEN DE LA GUERRE]

MASQUE À GAZ AVEC CAGOULE EN TOILE. [PHOTO : MUSÉE CANADIEN DE LA GUERRE]

PETIT RESPIRATEUR À BOITIER. [PHOTO : MUSÉE CANADIEN DE LA GUERRE]

Un soldat de la Grande Guerre et son cheval (ci-contre) ressemblant à des extraterrestres. [PHOTO : BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES CANADA—PA005001]

Un soldat de l’Unité interarmées d’intervention du Canada. [PHOTO : DÉFENSE NATIONALE]


ARMES ÀFEU :

DU ROSS AU FUSILD’ASSAUT MODERNE

Baptisé d’après son créateur, sir Charles Ross, le fusil Ross ne marchait pas bien dans les conditions boueuses des champs de bataille pendant la Première Guerre mondiale, mais beaucoup de gens le trouvaient bon pour le tir à la cible. Il a été abandonné ultérieurement par les soldats qui préféraient le Lee-Enfield britannique. Les fusils de chasse, y compris ceux pour la chasse à l’éléphant, ont servi aux tireurs d’élite à la Grande Guerre jusqu’à ce que les fusils de l’armée soient modifiés. La cible était touchée plus facilement grâce à une meilleure optique et aux pièces de précision. La Lewis, quant à elle, était considérée comme la mitrailleuse la plus efficace de la Première Guerre mondiale.

FUSIL ROSS. [PHOTO : MUSÉE CANADIEN DE LA GUERRE]

FUSIL LEE-ENFIELD. [PHOTO : MUSÉE CANADIEN DE LA GUERRE]

SNIPER MKIII. [PHOTO : MUSÉE CANADIEN DE LA GUERRE]

MITRAILLEUSE LEWIS. [PHOTO : MUSÉE CANADIEN DE LA GUERRE]

FUSIL DE TIREUR D’ÉLITE MODERNE. [PHOTO : MUSÉE CANADIEN DE LA GUERRE]

FUSIL D’ASSAUT C7A2. [PHOTO : KELLY STUMPF, COLT CANADA]


GRENADES :

DES BOITES À CONFITURE AUX GROSSES EXPLOSIONS

La bombe boite à confiture avait exactement l’air de ce que dit son nom, mais plutôt que d’être pleine de marmelade, la boite était remplie d’explosifs et de vilaines pièces : souvent des billes de roulement. Des boites de conserve pleines de fulmicoton et de ferraille ont aussi été lancées à la Grande Guerre.  Des dizaines de grenades ont été créées pendant la Première Guerre mondiale, la plus commune étant la bombe Mills No 5, introduite en 1915. Elle pesait à peu près une livre et avait un extérieur dentelé pour maximiser la fragmentation. La C13 moderne, sphérique et plus petite, qu’on distribue ordinairement dans l’armée canadienne, a un rayon d’efficacité de 15 mètres.

GRENADE BOITE DE CONFITURE. [PHOTO : MUSÉE CANADIEN DE LA GUERRE]

GRENADE MILLS. [PHOTO : MUSÉE CANADIEN DE LA GUERRE]

GRENADE C13. [PHOTO: NATIONAL DEFENCE]

Le combat pour Salavat – Partie 3

Le 1er Peloton entre à Salavat. [PHOTO : ADAM DAY]

Le monde obscur de la contrinsurrection

La présente est la 3e partie de notre série sur les efforts canadiens pour le cœur et l’esprit des gens de Salavat, une collectivité rétive du district mal famé de Panjwai, dans la province de Kandahar.

Nous sommes en octobre 2009 et les hommes du 1er Peloton de la compagnie Alpha du 1er Bataillon de la Princess Patricia’s Canadian Light Infantry (PPCLI), sur les lieux depuis à peine plus d’une semaine, commencent à colleter tout un éventail de facteurs qui s’opposent à eux. Presque tout vient à manquer : les renseignements, les alliés, la main-d’œuvre, la coopération des villageois, les approvisionnements, mais personne n’abandonne, même quand on découvre que les camarades de l’armée afghane collaborent peut-être avec l’ennemi.

Pour lire les 1re et 2e parties, consulter legionmagazine.com

VIIe jour : Feu sur les montagnes; conjecture sur Saed

Quelle qu’en soit la raison, les questions importantes ne semblent pas avoir beaucoup de poids au Panjwai. Ou en tout cas, les soldats n’en parlent pas souvent. Ce serait bien de gagner la guerre; ce serait bien d’instaurer la démocratie dans la région; ce serait bien aussi d’éduquer les filles et de vaincre le terrorisme, mais ces questions ne se posent vraiment pas au quotidien.

Les choses qui importent sont plutôt les petites : traficoter honorablement la confusion quotidienne, essayer de ne pas avaler trop de sable, éviter de se faire empoisonner par les animaux, la mission actuelle. Ce sont là les problèmes immédiats, à propos desquels il faut prendre des décisions tout de suite.

Il n’en reste pas moins que la guerre a un autre degré : une bataille enfouie si profondément dans chaque soldat que c’en est presque magique. Voyez-vous, il y a des EEI (engins explosifs improvisés) partout, tout le temps et, après un certain temps, on a l’impression de se trouver dans un jeu non amu­sant de déminage où les enjeux sont des plus élevés. Les calculs funèbres sont constants, troublants; du moindre choix, de la moindre décision peuvent dépendre la vie et la mort : où placer les pieds, où s’asseoir, où se tenir, où regarder, que penser; dans un endroit où la violence est si aléatoire qu’on dirait qu’il s’agit du sort, chaque décision est suspecte.

Mais, même ça, ça n’a pas vraiment d’importance. On n’en parle pas non plus. Tout le monde parle plutôt de la mission actuelle : comment le 1er Peloton va-t-il obtenir le soutien des villageois de Salavat? Comment cela sera-t-il possible pour un groupe de Canadiens armés, quelques interprètes aux capacités langagières rouillées en pathan et un groupe de soldats de l’armée afghane indigne de confiance, de convaincre tant de villageois afghans effrayés et sur leurs gardes qu’ils auraient un meilleur avenir en coopérant avec des soldats étrangers, ou avec leurs mandataires de l’Armée nationale afghane (ANA) et du gouvernement?

Un groupe de filles en balade au centre de la ville. [PHOTO : ADAM DAY]

Personne n’en est tout à fait certain, mais tous vont quand même essayer.

Figurez-vous donc que le premier pas vers la victoire des Canadiens, aujourd’hui, c’est de s’assurer que leurs canons tirent tout droit.

Le soleil est déjà haut dans le ciel, qui brûle douloureusement, quand le 1er Peloton s’agite dans l’enceinte de la petite école, se préparant à grimper dans les VAL pour aller en excursion à travers l’étendue désertique du Sud de Panjwai. Inutile de préciser que c’est quelque chose de dangereux.

Personne ne le précise.

La patrouille d’aujourd’hui est un exercice d’échappement au sort. Le but de la patrouille est simple, logistique : les ca­nons des VAL doivent être réglés, alors on va aller tirer sur une montagne. Tout le monde est tendu, à cause de la bassesse du travail. Les soldats s’occupent de leurs affaires comme des soldats : « J’aime les VAL », dit le soldat Matt Charbonneau, assis, le dos vouté, sur le banc métallique peu rembourré de l’habitacle sans fenêtre du véhicule blindé.

« Pourquoi? réplique le soldat Bruce Hepner. Ce sont des cercueils ambulants. »

Personne ne lui répond.

« Allume le —* », dit un autre soldat.

(Le —* est un dispositif de sécurité secret qui sert à combattre les EEI.)

Charbonneau manipule l’interrupteur un bout de temps pour essayer de faire fonctionner l’appareil exigeant, puis il abandonne. « La lumière verte est pas continue, gars », dit-il.

« Ça fait rien; de toute façon, on va mourir » ronchonne Hepner. Les choix ont tous été faits. Tout le monde a décidé de venir, où s’asseoir. Il ne reste plus qu’à attendre et voir venir.

« Si ma face éclate comme de la viande hachée, tire la broche de ma grenade à frag et éloigne-toi vite », dit Charbonneau, pensivement, à la caporale infirmière Becky Hudson qui est assise en face de lui. « Tout le monde sait ce qui va arriver, poursuit-il. Mes parents diront : “On est si contents que tu sois vivant et on t’aime tellement”, mais après quelques années, l’amour va passer et je serai juste une affaire dans le salon. Ils vont glisser du rosbif et de la bologne sous la porte et je m’en servirai pour essayer de me reconstruire le visage. »

Hepner sourit. Le VAL démarre dans un grondement de moteur et l’attente se lit sur les visages pour voir si on va aller au bout du circuit sans se faire amocher. Les EEI, ça craint!

Auparavant, le capitaine et chef de patrouille Bryce Talsma avait tenu une réunion des commandants de son unité pour discuter des nouvelles révélations concernant le lieutenant Saed, commandant de l’unité de l’ANA qui demeure dans l’enceinte de l’école et qui, depuis la veille, est soupçonné de collaborer avec l’ennemi. La situation est si hasardeuse que des sentinelles ont été plantées — et le resteront — au poste de commandement canadien pour écarter une attaque éventuelle de l’ANA. « On doit aller voir s’il y a des talibans dans la région, au sud, car il se pourrait qu’on y installe une maison de peloton entre Salavat et Nakhonay », dit Talsma aux soldats rassemblés.

Le sergent Dwayne MacDougall (à g.) indique les attractions locales au major Ryan Jurkowski. [PHOTO : ADAM DAY]

« Pourquoi pas demander à Saed », demande le caporal-chef Paul Guilmane, le rigolo de 27 ans qui semble avoir toujours le bon mot. Tout le monde rit.

En arrière-scène, il s’est avéré que les soupçons de Talsma concernant Saed ont été d’abord rejetés par le commandement supérieur, puis confirmés et acceptés. Beaucoup de choses se sont toutefois passées entre ces deux évènements. Talsma a reçu l’ordre de faire des excuses à Saed, de remédier à la situation malgré ses soupçons. L’instruction a été des plus consternantes.

Talsma a été disculpé quand d’autres preuves contre Saed ont été dévoilées et la semonce qu’on lui avait administrée a été oubliée. Le sergent Dwayne MacDougall grommelle : « Soyez discret et incorruptible, le bavardage intempestif vous mènera à la tombe. Il [Talsma] a reçu la consigne de ravaler sa fierté et de faire des excuses à Saed, mais maintenant, c’est [le commandement] qui doit se rabaisser; tout ce qu’a fait Talsma, c’est […] excellent. »

En effet, toute une phalange de gradés se sont dirigés vers la maison du peloton pour régler le problème.

Or, même s’ils doivent arriver aujourd’hui ou demain, il y a des problèmes qui ne perdent pas de temps à se manifester. Le stress, la chaleur, le froid, la mauvaise nourriture, les corvées sans relâche ont un impact évident sur le peloton : les gars vieillissent, et pas qu’un peu. Les nouveaux visages ont pratiquement tous disparu. « Prenez le pouls du peloton; les gars sont en train […] de se renfrogner parce qu’on manque de soutien ici. Ils font de moins en moins confiance au système », dit le sergent Craig Donaldson à Talsma après la réunion.

Et comme de fait, un des principaux ronchonnements des hommes concerne le fait qu’on leur avait dit de faire leurs valises pour trois jours seulement, alors ils n’ont pas assez de bas et de sous-vêtements, entre autres. La situation devient inconfortable et le fait qu’ils n’ont pas espoir que leurs affaires arrivent bientôt n’améliore pas les choses.

En plus de leurs nippes, ils attendent toujours les trousses d’extraction de puits et les fusils C-3 pour leurs tireurs désignés.

Une patrouille suit le bord sud-ouest de Salavat, d’où l’on peut voir Nakhonay. [PHOTO : ADAM  DAY]

Par ailleurs, la patrouille partie tirer sur la montagne est un succès. Non seulement les canons des VAL ont-ils été réglés, la plupart des soldats qui y sont allés ont profité de l’occasion pour faire feu de leurs armes dans la montagne. Il s’agit certainement d’une démonstration d’armement que personne au Panjwai ne peut ignorer.

La dernière tâche en soirée est de se préparer à la réunion du lendemain avec les ainés : la choura. Talsma est excité. Il va rencontrer les hommes de pouvoir, les hommes influents; il aura l’occasion d’amorcer la vraie mission.

Ils attendent des dizaines de personnes et ils sont prêts à tout. Naturellement, l’ennemi pourrait aussi s’y intéresser.

« Quels troupiers veux-tu pour la choura? » demande Donaldson à Talsma.

« Ceux que tu voudras. »

« Ce sont tes gardes du corps. »

« Je fais confiance à tous nos hommes sans exception. »

L’espoir est formidable.

VIIIe jour : Le retour de One-Niner et la patrouille aux œufs

Le major Ryan Jurkowski, commandant de la Compagnie Alpha, mieux connu sous le nom de One-Niner, a quitté la base canadienne de Masum Ghar pour Salavat. Bien que la distance à parcourir ne soit que de 10 kilomètres, le trajet n’est pas facile. En partant de la maison du peloton de Mohajerin, à quelques milliers de mètres à peine, on passe par une route de combat cahoteuse qu’il faut faire nettoyer à la main par les troupes chaque fois qu’un convoi doit l’emprunter. Ce qui prend des heures, bien sûr.

Jurkowski s’en vient pour participer à la choura, mais aussi pour s’occuper de Saed, qui fait preuve de discrétion depuis sa flambée deux jours auparavant.

À l’intérieur des murs blancs de l’enceinte de l’école, le campement grouille d’activités, tout le monde se préparant à recevoir les villageois de Salavat juste de l’autre côté des barbelés entourant la base.

Si la choura est si importante, c’est principalement parce que l’homme important de la place, Hajji Pir Mohammed, doit y assister. Même si les rumeurs à son égard ne sont pas toutes bonnes, c’est quand même quelqu’un. « Est-ce le même Hajji Pir Mohammed qu’on soupçonnait de lancer des obus sur la base? demande un soldat du 1er Peloton. Est-ce qu’il pourrait y en avoir deux? »

« Non, c’est le même », répond le lieutenant Andrew Stocker, le chef de l’Équipe de liaison et de mentorat opérationnel (ELMP).

Quelques instants après, un soldat de l’ANA se présente à la terrasse du quartier général et, sans cérémonies, dit que la choura est annulée. Les villageois ne veulent pas venir. Talsma secoue la tête et rentre au poste de commandement.

Un tournoi de baby-foot en fin de soirée. [PHOTO : ADAM DAY]

Un peu plus tard, Jurkowski fait ressentir sa présence dans le camp en soulevant des objections relativement aux projets que les sapeurs sont en train d’exécuter autour du camp, comme la reconstruction des latrines.

« Est-ce que quelque chose ne tourne pas rond? » demande-t-il à Talsma.

Talsma regarde autour de lui, essayant de deviner ce qui ne va pas.

« Oui, mon major, on devrait faire travailler des fantassins, ici. »

« Non, on devrait faire travailler les gens de la place. »

Merde, pense Talsma, presque.

Talsma part à la recherche de l’adjudant Dan Eisan pour lui dire de suspendre les travaux qui ne concernent pas la défense jusqu’à ce qu’ils puissent recruter des ouvriers locaux pour le faire à leur place.

Eisan lui jette un regard furieux. Il n’y en a pas, de volontaires locaux.

« Je ne peux rien faire. Je ne peux rien faire du tout » dit Eisan, tout en dansant sur place.

Peu après midi, Jurkowski rassemble le peloton pour faire la mise à jour officielle sur la situation, le plan et tout.

« C’est l’effort principal du groupement tactique, dit-il en regardant autour du camp. Le front, c’est nous. Il n’y a rien entre nous et Nakhonay actuellement.

« Ils s’attendent à une attaque (à Nakhonay); on va leur faire croire que ça s’en vient toutes les 72 ou 96 heures, mais ça s’en vient pas avant trois semaines.

« L’ennemi ne sait pas quoi faire en ce qui nous concerne. Mais ne prenez pas ça pour une garantie, ne croyez pas que vous êtes en sécurité. Quand vous allez en patrouille, que vous marchez le long de la principale, sans casque, que vous serrez les mains, n’oubliez pas qu’il y a des tueurs dans les environs, prêts à vous descendre.

« Quelle est la mission? Ça s’appelle resserrer la prise, et c’est comme ça que la merde s’étale. Le progrès qu’il y a eu au district Dand se propage à travers l’Afghanistan du Sud. On doit faire la même chose ici. C’est pour ça qu’on est ici.

« C’est un plan de campagne mis de l’avant par le général Stanley McChrystal et adopté par le brigadier-général Jonathan Vance. Notre espace de bataille a diminué, alors on peut se concentrer sur la population plutôt que simplement livrer bataille. La mission, c’est la protection inébranlable de la population.

« Le 2e Peloton mène des opérations offensives par ici pour actualiser les plans de votre commandant. Ensuite, on va proba­blement faire le bond suivant, pour créer une base de patrouille (au sud) et vous déménagerez pour devenir la force d’assaut.

« Ne vous attendez pas à rester quelque part plus de trois ou quatre semaines. On veut remettre ces endroits aux forces de sécurité afghanes pour pouvoir sacrer notre camp. »

Le sergent MacDougall s’assied sur un cheval lors de la patrouille aux œufs. [PHOTO : ADAM DAY]

Après le discours, c’est le temps de la première vraie offensive du 1er Peloton à la bataille de Salavat; le sergent Dwayne MacDougall, qui est en train de mériter rapidement son sur­nom de « système de pacification de village à homme unique, » prendra la tête de la patrouille au magasin du village avoi­s­inant pour acheter une grande quantité de ravitaillements, surtout des œufs. Il s’agit d’une idée qu’il a eue quelques jours avant : un mouvement par la base pour se faire des alliés en commençant par adhérer à la collectivité.

Ainsi, pour ce qui semble être la millième fois, une patrouille de soldats canadiens et afghans s’introduit dans l’enceinte. Ils font la queue dans l’enceinte poussiéreuse, attachent leur casque bien serré, logent une cartouche dans la chambre et se préparent à traverser les barbelés.

Toutefois, ce n’est pas une longue marche. Le magasin ne se trouve qu’à quelques centaines de mètres du camp. En chemin, la patrouille passe à côté du PO soviétique, la butte artificielle où a eu lieu une attaque dévastatrice à l’EEI contre les gars du 22e quelques semaines auparavant et un objectif stratégique du 1er Peloton au début, mais qui n’a plus d’importance actuellement.

Les Afghans du magasin savaient que les Canadiens allaient venir et une grande foule attend la patrouille. Il y a plus d’Afghans que prévu, mais MacDougall n’hésite pas. En lançant son cri habituel en pachtou (manana!), il s’enfonce dans la foule méfiante sans hésiter et se met à serrer des mains et à distribuer des bonbons.

Personne ne peut lui résister. Le marchandage n’est pas très dynamique parce que ça ne lui fait rien de payer deux ou même trois fois le prix : il ne s’agit que de deux ou trois dollars.

Après l’emplette, MacDougall monte sur un cheval qui est apparu d’on ne sait où et parade devant le magasin, ce qui amuse les Afghans et chagrine ses soldats qui s’efforcent de rester alertes malgré une atmosphère devenue carnavalesque.

Lorsque la patrouille se prépare à partir, le jusqu’au-boutiste revêche surnommé La punition du nord arrive d’un pas nonchalant devant le magasin et lance des coups d’œil menaçants tour à tour aux Canadiens et aux Afghans.

« On va l’écraser », dit MacDougall en le regardant s’éloigner.

Au moment où la patrouille passe au nord de Salavat, une autre maison de peloton canadien, A-10, à environ un kilomètre à l’est, subit une attaque. Le son des mitrailleuses lourdes retentit fortement même à 1 200 mètres.

Le feu dure un certain temps, ne finissant que lorsque le tir des canons M-777 canadiens de Sperwhan Ghar entrent en jeu. « C’est étrange, dit pour rire le caporal-chef Shave Stackpole au retour à la base, mais c’est une des affaires que j’aime le plus ici, d’entendre les M-777, les explosions et le feu des mitrailleuses. Ouais. Ça rappelle la liberté. »

Par la suite arrive le rapport qu’un insurgé solitaire armé d’un AK-47 a attaqué la base. Le barrage extrême du tir canadien, il faut le dire, est certainement une manière d’exploiter au maximum la théorie habituelle de la contrinsurrection. Les villageois de Salavat, quant à eux, ne semblent pas du tout impressionnés par cet étalage de destruction.

Pendant ce temps, à l’école, le commandement canadien commence à se faire une idée de Saed. En un mot : ce que Saed manigance n’importe pas vraiment parce qu’il n’y a personne pour le remplacer et qu’on n’y peut rien, sauf faire preuve de prudence. « Les Afghans et les Pachtous ont une manière bien à eux d’opérer et d’assurer leurs propres intérêts », dit Jurkowski, assis à la terrasse derrière le poste de commandement après le repas, « et je ne dis pas ça de manière négative. Je ne reprocherais jamais à qui que ce soit de faire le nécessaire pour nourrir sa famille et éviter qu’elle soit tuée. Ce qui veut dire que ce qu’il faut qu’il fassent, il faut qu’ils le fassent. »

S’il y a une chose à laquelle les Afghans excellent, poursuit-il, c’est qu’ils n’étalent pas leurs cartes tant qu’ils n’ont pas pris de décision; ils jouent sur les deux tableaux jusqu’à ce que leur sécurité soit assurée. Dans le monde obscur de la contrinsurrection, il y a des choses qu’on ne peut qu’accepter. Il faut s’occuper de sa propre sécurité et être disponible pour le peuple quand il le demande, et même quand il ne le demande pas. »

Bien qu’aux yeux d’un Canadien, être officier dans l’ANA ressemble à de l’engagement, pour Saed, comme ce sera bien­tôt évident, cela veut simplement dire qu’il s’engage à servir dans l’armée afghane sans tenir compte de qui est au pouvoir à Kaboul. C’est toute une distinction.

Le lieutenant Andrew Stocker, âgé de 23 ans, le chef de l’ELMP au centre de l’orage concernant Saed, le dit plus brutalement que Jurkowski. « C’est une guerre où tout le monde connait un taliban; c’est la nature des guerres civiles et des guerres tribales, dit-il. La perception et la possibilité [que Saed collabore avec les talibans] sont de vrais problèmes, parce que la perception détruit la confiance, qu’elle soit fondée ou pas, et si elle est fondée, elle sape tout l’effort militaire.

« Saed est un très bon commandant qui n’a pas pris de repos depuis trop longtemps, alors il a perdu quelque peu le sens de la mesure, dit Stocker. L’absence sans permission et la désertion, c’est problématique. L’ANA a 30 gars ici et 20 à Mohajerin; pourtant l’effectif est de 140 hommes sur papier. Et leur commandant (un capitaine) devait revenir de permission il y a trois semaines. »

Saed n’est pas parti. Bien que les soupçons relativement à ses raisons et à son honorabilité ne diminuent pas — Talsma ne lui fait ouvertement pas confiance — il n’y pas de mécanisme pour le remplacer, même s’il y avait quelqu’un pour ce faire.

Cette même soirée-là, le 1er Peloton organise son premier tournoi de baby-foot. Les membres des Forces canadiennes dans l’ensemble, surtout ceux de la PPCLI, sont des joueurs fanatiques de baby-foot et, on ne sait trop comment, il y a une table dans cet avant-poste, ce qui n’a vraiment rien de surprenant. « Il y a deux bonnes raisons pour venir en Afghanistan : le sexe d’apitoiement avant et le baby-foot pendant », dit un soldat près de la table.

Le sergent-major de compagnie arrive et arrête le tournoi sans fanfare ni trompette. Les lampes frontales des joueurs pourraient désigner l’endroit de la base à l’ennemi, dit-il. Quand il est parti, les soldats se moquent de son argument, mais le tournoi est quand même terminé. « La seule chose qui nous différencie des talibans, c’est le baby-foot », dit un soldat qui s’enfonce dans la nuit en grommelant.

Au prochain numéro : Saed tente un coup de force, Talsma survit à un combat au couteau avec un serpent afghan et les villageois de Salavat semblent abandonner tout espoir relativement à l’OTAN.

Le CEN maintient le cap

La baisse du nombre de membres semble s’estomper et une bonne gestion financière a permis à la Légion royale canadienne de ne pas oeuvrer dans le rouge. Toutefois, lors de leur réunion qui s’est tenue à la Maison de la Légion les 27 et 28 février, les membres du Conseil exécutif national ont dit explicitement qu’ils voulaient que la Direction nationale continue de multiplier les efforts pour bâtir l’affiliation et admi­nistrer les fonds sagement.

La Direction nationale a mené par l’exemple en offrant l’adhésion gratuite pendant un an aux anciens combattants qui viennent de prendre leur retraite, ce qui a occasionné l’ajout de 130 nouveaux membres entre juillet 2008 et la fin 2009, a rapporté la présidente du Comité national des adhésions, Paulette Cook. Le recrutement a augmenté par rapport à l’année précédente dans la plupart des directions : celui de Terre-Neuve-et-Labrador s’est accru de 10,64 p. 100 et ceux du Québec et de la Colombie-Britannique/Yukon, de plus de 8 p. 100. Les pertes ont diminué un tout petit peu, passant de 13 165 en 2008 et 15 217 en 2007, à 11 974. Une campagne de publipostage ciblant les anciens membres a été à l’origine de plus de 600 renouvellements.

Le trésorier national Michael Cook avait de bonnes nouvelles lui aussi : les revenus étaient supérieurs à ceux auxquels on s’était attendu dans certains secteurs, ce qui avait donné un surplus net de 395 050 $. Les résultats positifs ont été attribués à la stabilisation des marchés d’investissement, à une succession, à un remboursement de l’orga­nisme des services au personnel des Forces canadiennes et à environ 116 000 $ d’économies sur les dépenses de transport grâce à la volatilité des tarifs aériens qui ont diminué tout au long de 2009.

Bien que les ventes concernant l’approvisionnement aient diminué, de 2 202 491 $ en 2008 à 1 949 976 $, la part du surplus versée aux directions divisionnaires « est encore un montant respectable de 86 178 $ », dit Cook. On prévoit que les ventes vont se stabiliser à environ 1,9 million de dollars par année.

Le CEN a indiqué son intention de tenir fermement la barre des finances relativement aux dépenses et a déposé une motion concernant la création d’une vidéo de relations publiques de 80 000 $ en plus de refuser la demande d’un financement important.

Gary Bennett, président de la Fondation de soutien à Rencontres du Canada, a fait une présentation au CEN. La Fondation est un organisme distinct qui aide financièrement le programme Rencontres du Canada dans le cadre duquel quelque 3 200 élèves par année vont à Ottawa pour observer les institutions nationales canadiennes comme la Chambre des communes, le Sénat et la Cour suprême pendant une semaine. Nombreuses sont les filiales de la Légion qui subventionnent les jeunes de tous les milieux pour qu’ils participent à ce programme qui coute 625 $ par personne.

La Légion appuie fortement le programme depuis longtemps. L’Institut Historica-Dominion a pris en charge ce programme que dirigeait à l’origine le Conseil de l’unité canadienne, qui l’avait créé.

Bennett a adressé à la Direction nationale une requête de financement de 40 000 $ par année pour la Fondation de soutien à Rencontres du Canada. Le CEN a refusé, mais la première vice-présidente Pat Varga a insisté pour que la Légion continue d’appuyer les élèves au niveau de la filiale.

Les temps sont peut-être durs, mais le travail de la Légion se poursuit, comme on l’a vu dans le rapport du Comité des anciens combattants, des services et des ainés. Le président national, Wilf Edmond, s’est présenté au Sous-comité des anciens combattants du Sénat et au Comité consultatif de la nouvelle charte des anciens combattants pour y discuter de questions liées à la nouvelle Charte des anciens combattants.

Anciens Combattants Canada (ACC), prévoyant que la moitié des places de l’hôpital fédéral Sainte-Anne, à Sainte-Anne-de-Bellevue (Qc), seront libres en 2015, étudie à nouveau la possibilité de transférer l’établissement au gouvernement du Québec. Edmond a écrit à ACC que cela inquiète la Légion, insistant que tout accord de transfert devrait préciser qu’un certain nombre de places soient désignées places prioritaires, en tenant compte de la diminution des demandes attribuée à l’attrition; que la qualité des soins donnés aux anciens combattants actuels et à venir soit préservée; que le programme de jour soit conservé; et que le centre national du stress post-traumatique soit sauvegardé.

Selon une réponse de l’ancien mi­nistre des Anciens Combattants Greg Thompson, ACC fera le nécessaire pour que les anciens combattants aient la priorité pour accéder aux places et pour que les services du centre de jour soient offerts en permanence. Le Centre national pour traumatismes liés au stress opérationnel est une unité intégrante de la stratégie d’ACC sur la santé mentale et « on discutera de l’endroit physique du Centre pendant les négociations, » écrivait Thompson.

Le CEN a donné son accord à 39 motions du comité, qui seront mises à l’étude au congrès national, concernant un grand nombre de questions en faveur des anciens combattants, dont l’offre du Programme d’autonomie des anciens combattants aux membres de la GRC et aux anciens combattants frêles, la déclaration du jour de la crête de Vimy en tant que fête nationale fédérale, l’arrêt par ACC de la déduction de 5 $ par course en taxi des déplacements des anciens combattants pour raisons de santé, l’amélioration par ACC de ses communications avec les réservistes en ce qui a trait aux avantages auxquels ils ont droit et l’arrêt de la défalcation du montant du Régime d’assurance-revenu militaire (RARM) des pensions d’invalidité d’ACC.

Le Bureau d’entraide de la Direction nationale a rapporté que les premières demandes préparées et soumises par les agents d’entraide ont augmenté de 1 902 en 2008, à 2 011 en 2009 : 870 concernaient les pensions d’invalidité et 1 141, les avantages d’invalidité. Les sondeurs de la Légion ont visité 3 937 anciens combattants dans 763 institutions en 2009, une augmentation par rapport aux 3 419 anciens combattants dans 864 institutions en 2008.

La présidente du Comité des sports, Pat Varga a rapporté que les championnats d’athlétisme nationaux auront lieu à Ottawa en 2010 ainsi qu’en 2011. Le comité a discuté du besoin de planifier encore plus en avance et il s’est mis d’accord que le plan relatif à l’organisation de l’évènement devrait être quinquennal. En conséquence, une demande a été transmise à toutes les filiales pour les prier de poser leur candidature relativement aux rencontres de 2012 à 2015.

Malgré une baisse des revenus de publicité à la grandeur de l’industrie, Canvet Publications Ltd. n’a pas eu besoin de se faire virer des fonds de la réserve ni de demander une augmentation des prix d’abonnement. La production de revenus, grâce au lancement de La revue Légion dans les kiosques, a surpassé les couts et les abonnements directs ont doublé. L’Association cana­dienne des automobilistes, Travelodge Canada, les Peintures ICI et les magasins Bétonel font dorénavant partie du Programme de bénéfices pour membres.

Le secrétaire national Brad White a rapporté que les ventes concernant les approvisionnements ont diminué de 11 p. 100 en 2009 et s’élèvent à 1 949 976 $. On s’attend à ce qu’elles se maintiennent à ce niveau-là. Cependant, le lancement d’un magasin Web prévu pour janvier 2011 pourrait les faire monter.

Après avoir débattu et ajusté la formulation, le CEN a convenu des capacités et des services de soutien essentiels que devraient avoir les directions divisionnaires.

Les services essentiels concernent l’administration, y compris la capacité d’appuyer les filiales et d’administrer les arrêtés, d’assurer la responsabilité financière, de juger les plaintes et les appels, d’accueillir les membres des filiales qui ont rendu ou perdu leur charte, de former les administrateurs des filiales et des directions, de soutenir les programmes nationaux, de fournir un offi­-c­ier d’entraide, de coordonner et mettre en œuvre une cérémonie divisionnaire du jour du Souvenir et la campagne du coquelicot, et de répondre aux questions du public et des médias.

D’après la première formulation, le personnel minimal comprenait un secrétaire divisionnaire à temps plein et un officier d’entraide à temps partiel, bien qu’on préférait que le poste d’officier d’entraide soit pourvu à temps plein. Les directions les plus petites ont discuté de la manière dont elles répondent aux besoins des anciens combattants tout en faisant le nécessaire pour que les employés ou les dirigeants élus de la division puissent s’occuper des services d’administration ou de soutien.

Deux motions ont été déposées pour satisfaire les divisions les plus petites. L’une déclarait que les directions s’efforceraient de se plier aux normes minimales « si possible » et l’autre exigeait que le siège social des divisions soit toujours disponible aux filiales, aux autres divisions et à la Direction nationale, tout en laissant le soin à chaque division de décider comment elle répondrait à cette exigence.

Une motion a aussi été adoptée pour assurer aux directions l’accès au réseau de prestation des services aux clients d’ACC, conformément au protocole d’entente entre Anciens Combattants Canada et la Direction nationale.

Le CEN a aussi donné son accord à une recommandation du Comité des décorations et récompenses relativement à la tenue officielle de la Légion pour les administrateurs lorsqu’ils assistent à des évènements où il faut porter un smoking. La tenue pour les occasions solennelles ou militaires serait le blazer de la Légion orné des armoiries à la poche poitrine de gauche et d’un insigne de la Légion au revers, ainsi qu’un insigne de réforme ou une épingle de Service des Forces canadiennes au revers gauche, les distinctions canadien­nes, la Mention élogieuse du ministre des Anciens Combattants, les médailles de service miniatures, une chemise de ville blanche à collet rabattu, un nœud papillon et une écharpe noirs (bretelles foncées en option), un pantalon gris et des souliers et des chaussettes noirs. Les vêtements des dames comprendraient des bas foncés en option et une jupe grise de longueur habillée. La coiffe de la Légion ou d’une association militaire serait convenable mais pas obligatoire. L’insigne d’une association à la poche droite ne serait pas recommandée et on ne devrait pas orner les vêtements solennels d’insigne porte-nom, d’épingle commémorative ou d’épingle « soutenons les troupes ».

Les autres décisions

Les points ci-après ont également été rapportés à l’occasion de la réunion du Conseil exécutif national.

Commandes de coquelicots : Malgré les sollicitations que les commandes de coquelicots, de couronnes et de croix pour la période du Souvenir, en novembre, soient émises avant le 16 septembre, seulement 41,6 p. 100 d’entre elles l’ont été. Beaucoup sont arrivées après le 26 octobre et il a fallu faire les envois par avion pour que la marchandise arrive à temps. Le CEN a approuvé des frais de transport de 12 $ pour les commandes reçues après le 26 octobre qui ont nécessité un transport aérien.

Vente de coquelicots : Le CEN a approuvé une augmentation de 5 p. 100 du prix des coquelicots, des couronnes et des croix, à partir du 1er juillet, à cause de la taxe de vente harmonisée (TVH). Il s’agit de la première augmentation en six ans.

Sondeurs des soins de longue durée : On recherche des bénévoles en Colombie-Britannique à Quesnel/Williams Lake, à Kamloops et à Victoria; en Ontario à Thunder Bay, à Kenora/Dryden, à Parry Sound, à Scarborough/Toronto, à Brampton, à Kitchener/Guelph, à Gravenhurst/Bracebridge et à Perth; au Québec à Montréal, à Chicoutimi et à New Richmond/Bonaventure; en Nouvelle-Écosse à Antigonish, à Sydney et à Kentville.

Congrès national : Les premiers vice-présidents des divisions et la Section des anciens combattants tuberculeux seront invités, en tant qu’observateurs, aux réunions du CEN précédant et suivant le Congrès national. Les couts afférents doivent être pris en charge par les divisions et la section.

La maison d’hôtes de la Légion : La Division du Québec a rapporté que les travaux de rénovation d’une maison d’hôtes pour les familles des anciens combattants résidant à l’Hôpital Sainte-Anne d’Anciens Combattants Canada, à Sainte-Anne-de-Bellevue, ont été suspendus en attendant les résultats des négociations sur le transfert de l’établissement au gouvernement provincial.

Cénotaphe de Fredericton : La Division du Nouveau-Brunswick a rapporté que des donations lui ont été envoyées de tous les coins du pays pour réparer le cénotaphe de Fredericton vandalisé juste avant le jour du Souvenir.

Chartes émises ou annulées : Quinze chartes de filiale ont été annulées en 2009—quatre au Manitoba–Nord-Ouest de l’Ontario; trois en Saskatchewan; deux en Ontario et au Québec; une en Colombie-Britannique–Yukon, en Alberta–Territoires du Nord-Ouest, au Nouveau-Brunswick et à Terre-Neuve-et-Labrador. Une nouvelle charte a été émise, en Saskatchewan, à la filiale Southey.

L’assurance vie pour les vétérans de la Seconde Guerre mondiale

Après la fin de la Première Guerre mondiale, il fallait fournir des bénéfices d’assurance vie aux soldats, surtout aux pensionnés qui ne pouvaient pas passer avec succès l’examen de santé nécessaire à l’obtention d’une assu­-rance vie commerciale. Le gouvernement décida de leur fournir, à des taux normaux, des assurances d’un montant limité (jusqu’à 5 000 $). Ainsi, le Parlement édicta la Loi de l’assu­rance des soldats de retour au pays, qui entra en vigueur le 1er septembre 1920. La date butoir pour faire une demande était le 31 aout 1933.

Le gouvernement décida, pendant la Seconde Guerre mondiale, d’édicter une loi servant à offrir une assurance semblable. La Loi sur l’assurance des anciens combattants fut donc adoptée en 1944 et entra en vigueur le 20 février 1945. La date butoir pour faire une demande concernant cette assurance était le 31 octobre 1968.

L’administration de l’assurance des anciens combattants est semblable à celle de la plupart des programmes commerciaux d’assurance vie. Il existe une clause permettant de résilier la police en échange d’une valeur de rachat brute, c’est-à-dire de s’en défaire en échange d’un versement avant que la mort la rende payable. Lors du décès du titulaire de la police, la somme assurée, ou la portion restante, est versée au bénéficiaire en un seul montant ou en une rente.

La réadaptation d’après la nouvelle Charte

Dans le cadre de notre série explicative concernant la nouvelle Charte des anciens combattants, nous nous penchons ici sur la réadaptation.

Cette dernière comprend les services médicaux, les services de santé mentale et divers programmes servant à aider l’ancien combattant à établir une carrière civile. Tous les membres des Forces canadiennes libérés pour raison médicale ont droit à la réadaptation, y compris ceux qui ont souffert d’une blessure ou d’une maladie qui rend leur passage à la vie civile difficile ou impossible.

Ont droit à la réadaptation :

  • les vétérans des Forces libérés pour raison médicale;
  • les vétérans des Forces qui ont un problème de santé physique ou mentale attribuable principalement au service et qui entrave leur réintégration à la vie civile;
  • les conjoints ou les conjoints de fait des vétérans des Forces qui ont droit à la réadaptation professionnelle mais qui ne peuvent pas y prendre part à cause d’une invalidité grave;
  • les réservistes des Forces, selon la catégorie de service et les fonctions qui leur ont été attribuées;
  • les survivants des vétérans des Forces dont la mort est liée au service.

Il existe trois types de réadaptation :

  • la réadaptation médicale, qui comprend les traitements psychiatriques, les médicaments sur ordonnance, la chirurgie, la physiothérapie et le soulagement de la douleur;
  • la réadaptation psychologique, qui comprend le counseling, la thérapie de groupe, la formation en dynamique de la vie et d’autres services semblables visant à restaurer la vie autonome;
  • la réadaptation professionnelle, qui comprend les services individua­lisés d’orientation professionnelle, dont l’assistance liée aux couts de formation.

À votre service est écrit par des officiers d’entraide des directions de la Légion. Pour communiquer avec un officier d’entraide, composez sans frais le 1-877-534-4666, ou compulsez le site Web d’une direction. Consultez www.legionmagazine.com pour les archives de 3 années.