Un pavillon rendu à la marine

Un béret de marin de la Kriegsmarine pris comme trophée. [Edward W. Dinsmore/MDN/
]

Conservé comme trophée, il avait flotté sur un U-boot qui s’était rendu

Les pavillons de vaisseaux servent à indiquer leur nationalité. Ils incarnent aussi l’honneur de l’équipage. « Clouer son pavillon » en le fixant au mât était une façon de montrer la détermination de l’équipage à ne jamais se rendre : c’est ce que fit le cuirassé allemand Bismarck en 1941 lorsqu’il sombra, son étendard de combat toujours hissé, après la royale volée que lui avait administrée la marine britannique.

Ce pavillon de la marine du Canada [BAC/MDN/PA-116720]


Le contraire était de « mettre pavillon bas », c’est-à-dire de baisser le pavillon et de le remettre aux vainqueurs avec le navire, qui le remplaceraient par leur propre pavillon. C’est ce geste hautement symbolique que le Bismarck refusa aux Britanniques.
Il fut toutefois librement accordé au Canada à la fin de la guerre : le pavillon canadien fut hissé sur deux U-boots dans l’Atlantique Ouest qui se rendirent.

U-889 après sa reddition (à gauche) près de Shelburne, N.-É., le 13 mai 1945. Le drapeau fut gardé comme trophée. [Victoria Ioganovv/MRC]

Le 4 mai 1945, l’amiral Karl Dönitz ordonna aux équipages des U-boots de rejoindre leur port d’attache ou de se rendre aux Alliés, tout en leur assurant que leur « honneur ne serait pas entaché ».
Il y avait alors 156 sous-marins allemands en mer.

Deux qui patrouillaient en Atlantique Ouest se rendirent à des navires canadiens et furent escortés dans des ports de Terre-Neuve et de Nouvelle-Écosse.

« Je pensais que ce serait une bonne idée de le rendre à la marine. »—Bob Haden, matelot de 2e classe

L’U-889 fut intercepté le 10 mai au large de la côte sud-est de Terre-Neuve et se rendit officiellement le 13 mai, à son arrivée à Shelburne, N.-É.
Il fut mis au service de la Marine royale canadienne le lendemain. Le sous-marin « était doté de la toute dernière technolo-gie », note Jean Stéphane Ouellet, capitaine de vaisseau, commandant de la Force des sous-marins canadiens d’Esquimalt, C.-B.
Le NCSM U-889 arbora le pavillon de la marine canadienne pendant que sa technologie, les torpilles acoustiques et le réseau d’hydrophones en particulier, était analysée et mise à l’essai au Centre de recherche navale à Halifax.
L’U-889 allait être remis à la marine étasunienne et bien que l’on dissuadât la collecte de trophées, « il n’est pas déraisonnable de présumer que les officiers et les marins voulaient un souvenir », explique le capitaine Ouellet.

Le matelot de 2e classe Bob Haden, mécanicien motoriste affecté à l’U-boot, avait des vues sur une horloge en laiton, déclara-t-il dans un article publié dans Lookout. Cependant, la pendule avait aussi été remarquée par un officier, qui lui offrit le pavillon en échange.
Et voilà comment un objet historique ca-nadien fut mis de côté pendant plus de trois quarts de siècle, jusqu’à ce que Bob Haden se décide à le redonner à la marine à l’âge de 97 ans. Il le remit à M. Ouellet à l’automne 2021 lors d’une cérémonie à la filiale Prince Edward de la Légion royale canadienne, à Victoria.
Le pavillon va être encadré et affiché au quartier général de la Force des sous-marins canadiens, à Esquimalt, à côté du pavillon canadien du NCSM U-190, sous-marin qui, en avril 1945, fit sombrer le NCSM Esquimalt, dernier bâtiment canadien perdu aux mains de l’ennemi.L’U-889 fut sabordé par les États-Unis en 1947, mais l’U-190 eut une fin plus symbolique : il fut pris pour cible et coulé par des vaisseaux de la Marine royale canadienne et des aéronefs de l’aéronavale le 24 juillet 1947 à l’endroit où avait sombré l’Esquimalt.

 

Le Canada devrait-il s’impliquer davantage dans la région indopacifique?

ERNIE REGEHR est attaché supérieur de recherches à la Simons Foundation, spécialisé dans la sécurité et la défense de l’Arctique. Il est aussi cofondateur du Project Ploughshares. [Joel Kimmel]

Ernie Regehr dit que Non

L’apaisement des tensions militaires et l’enrayement de la dérive vers une guerre froide avec la Chine sont des conditions préalables pour relever efficacement les enjeux de la sécurité dans la région indopacifique, qui ne sont que trop réels. Il s’agit notamment de l’armement nucléaire de la Corée du Nord, des disputes territoriales entre les États côtiers de la mer de Chine méridionale, des limites à la liberté de naviga-tion, et du risque croissant de guerre au sujet de Taïwan.

Les mesures désincitatives empêchant un conflit armé font partie de l’équation sécuritaire.

Jusqu’à récemment, la Chine faisait preuve de retenue sur la scène militaire internationale. Ses dépenses militaires étaient bien inférieures à celles de l’occident, et elles restent encore bien en dessous de celles des États-Unis. En règle générale, la Chine évitait d’implanter des bases militaires à l’étranger, tandis que le Pentagone en a 750 dans le monde. L’arsenal nucléaire stratégique de Beijing représente environ un dixième de celui des États-Unis ou de la Russie.

Mais, cette retenue a pris fin. Les investissements des États-Unis dans un système stratégique de défense antimissiles balistiques (DMB) provoquent de sérieuses réactions en Chine, même si Washington dit ne se concentrer que sur la Corée du Nord. La DMB étasunienne est, aux yeux de Beijing, un risque, alors la Chine renforce son stock de missiles intercontinentaux pour s’assurer d’écraser les défenses américaines.

Des recherches sont réalisées sur les armes hypersoniques susceptibles d’échapper aux missiles de défense. 

La méfiance de l’Inde à l’égard de la Chine aussi est plus marquée, et sa place dans le dialogue avec le Japon, les États-Unis et l’Australie est important. Quoi qu’il en soit, le pays le plus densément peuplé de la planète, bientôt la plus grosse économie au monde, n’a pas l’intention de se laisser marginaliser ni militairement, ni économiquement, ni diplomatiquement.

Qu’on le veuille ou non, la Chine est désormais l’un des États incontournables:

on n’atténuera pas la crise climatique sans elle, la Corée du Nord ne se départira pas de son obsession pour le nucléaire sans son intervention, les disputes frontalières de la région ne seront résolues qu’avec sa volonté, et la question d’un code concerté en matière de navigation ne se résoudra qu’avec l’accord de la Chine.

Alors, que devrait faire une puissance moyenne?

Le Canada prend déjà part aux discussions régionales sur la défense et la sécurité avec l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est.

Ottawa voit les discussions comme les forums sur la défense de Séoul et de Tokyo ainsi que le Dialogue de Shangri-La comme de sérieux efforts visant à atténuer les conflits. Les exercices militaires comme l’exercice Rim of the Pacific auquel quelque 500 militaires et deux frégates des FAC ont participé en 2020 s’inscrivent aussi dans l’engage-ment du Canada dans la région.

C’est toutefois le rythme de l’engagement multilatéral qui doit s’accélérer, pas celui des opérations militaires. Les patrouilles comme le passage récent du NCSM Winnipeg dans le détroit de Taïwan avec un contretorpilleur américain ne sont pas faites pour réduire les frictions. À la place, les efforts diplomatiques encourageant les pourparlers sur la stabilité stratégique et le soutien général de la région dans le cadre des réponses collectives aux enjeux de sécurité indo-pacifique sont ce qui ouvrira la voie à ladite stabilité sur laquelle on compte pour cette sécurité.

DAVID J. BERCUSON, auteur de notre rubrique « Eye on Defence », est directeur du Centre for Military, Security and Strategic Studies de l’Université de Calgary.[Joel Kimmel]

David J. Bercuson dit que oui

Le Canada était une nation du Pacifique bien avant d’obtenir le statut officiel de nation lors de la signature du Statut de Westminster de 1931. La raison principale derrière la construction du Chemin de fer Canadien Pacifique était de relier l’Est du Canada à la Colombie-Britannique, revendiquer une partie des échanges avec l’Asie en était une autre.

Un siècle et demi plus tard, le Canada constitue la dixième économie en importance au monde, et compte une population de presque 40 millions d’habitants. Le port de Vancouver est l’un des plus grands de la côte ouest. En 2019, les échanges entre le Canada et le Japon se sont élevés à 26 milliards de dollars, et ceux entre le Canada et l’Inde à plus de 10 milliards. Nos échanges avec les Philippines, le Viet Nam et l’Indonésie augmentent rapidement. La Chine est notre deuxième partenaire commercial en importance après les États-Unis.

Rien que pour cela, ce qu’il se passe dans la région indo-pacifique est une question d’intérêt national vitale. Toutefois, l’intérêt du Canada va bien au-delà des échanges avec la région indo-pacifique.

Le Japon, démocratie à part entière l’une des forces navales les plus imposantes au monde. Garant de la liberté en mer, il souhaite encore renforcer sa puissance militaire. Il réagit directement à la croissance du pouvoir militaire de la Chine, ainsi qu’à sa belligérance dans les disputes territoriales avec lui et avec d’autres nations des côtes méridionales et orientales de la mer de Chine.

Avec la création de ressources navales et aériennes assises sur des récifs minuscules transformés en bases militaires, son impressionnante flotte de « bâtiments de pêche », ses navires de garde côtière, et son attitude irresponsable en matière de diplomatie,

la Chine joue actuellement le rôle de brute dans la région Asie-Pacifique.

Au cours des années à venir, la Chine essaiera-t-elle d’enrayer le flux de pétrole moyen-oriental vers le Japon qui passe par la mer de Chine méridionale? Décidera-t-elle d’écraser Taïwan, ile démocratique et stratégiquement vitale? La Chine continuera-t-elle de menacer, d’amadouer et d’inti-mider le Viet Nam? L’Indonésie? Singapour? La Thaïlande?

Et que fait le Canada devant cette nouvelle menace à la paix dans le monde? 

Pratiquement rien. Pourquoi? Parce que nous avons laissé notre puissance navale se réduire comme peau de chagrin. Parce que nous marchons sur la pointe des pieds près de la Chine, comme si nous étions les seules cibles de la belligérance de Beijing. Parce que nous n’avons pas actualisé notre stratégie diplomatique à l’égard de la région indopacifique. Parce que nous laissons l’Australie prendre position pour contrer la Chine, et ce, même si nos cou-sins du Commonwealth ont bien plus à perdre que nous dans leur relation avec la Chine.

Notre manque de courage tient en partie à une génération
de diplomates qui croient encore que les échanges avec la Chine permettront d’arrondir les coins avec la diplomatie communiste chinoise.

Si l’on en doute, posons donc la question à Michael Kovrig et à Michael Spavor. Selon Beijing, ils n’étaient pas otages. Mais, ils ont été libérés comme par miracle dans les 48 heures qui ont suivi la fin de la détention préventive au Canada de Meng Wanzhou, directrice financière de Huawei. Quelle coïncidence! Le Canada doit adopter une position bien plus ferme contre le régime sans pitié de Beijing.

Une foule inattendue

Le révérend Andrew Gates s’adresse à l’assemblée au cénotaphe du Canadian Scottish Regiment. La Christ Church Cathedral est en arrière-plan.[Mark Zuehlke]

Une foule de gens à Victoria a célébré le jour du Souvenir malgré la pandémie et le temps pluvieux

Le révérend Andrew Gates a posé le regard sur la grande foule qui s’était massée autour du cénotaphe sur le domaine de l’Assemblée législative de la Colombie-Britannique, à Victoria. Il bruinait par intermittence, mais le temps était doux et un peu venteux. On notait une certaine distanciation physique, mais avec plus de 3 000 personnes, il y avait foule.   

Le jour du Souvenir est un jour férié en Colombie-Britannique, donc il n’y avait que deux groupes de la petite école. En revanche, il y avait de nombreux enfants de tout âge avec leurs parents. La foule débordait du domaine, bloquait la rue Belleville et s’étendait en une large colonne le long de la rue Government entre le port et l’hôtel Fairview Empress jusqu’au quartier commercial du centre-ville. 

« Nous n’avons imprimé que 200 programmes, car nous pensions qu’il n’y aurait qu’une cinquantaine de personnes tout au plus, a déclaré M. Gates devant le public. C’est merveilleux de vous voir. »

La foule était vraiment inattendue, a convenu M. Angus Stanfield, président du fonds du coquelicot du comité du jour du Souvenir de Victoria. Les organisateurs, espérant réduire l’exposition possible du public à la COVID-19, avaient annoncé un programme restreint et demandé aux gens de regarder chez eux l’évènement diffusé sur une chaine locale. 

« On dirait que les gens sont résolus à rendre hommage aux forces militaires après n’avoir pas pu participer aux cérémonies du Souvenir l’an dernier à cause de la pandémie. Nous respectons cela », a noté M. Stanfield.

Avec un taux de vaccination dans la région métropolitaine de Victoria qui oscille entre 88 et 92 %, les Victoriens paraissaient confiants du fait qu’ils pouvaient assister aux cérémonies en toute sécurité. La participation du public, que ce soit à Esquimalt, à Langford, à Sidney ou ailleurs, a effectivement dépassé les attentes. La cérémonie à la Croix du Sacrifice dans le secteur de la Commission des sépultures de guerre du Commonwealth du cimetière Ross Bay n’attire habituellement que quelques dizaines de personnes. Cette année, des centaines de spectateurs se sont présentés. Certains ont ainsi expliqué qu’ils voulaient éviter les évènements plus achalandés.

« D’autres personnes plaçaient leur coquelicot sur la pierre grise, donnant ainsi l’impression qu’elle était parsemée de gouttelettes rouges. »

Des enfants déposent leur coquelicot sur le BC Afhanistan Memorial.[Mark Zuehlke]

L’une des premières cérémonies a eu lieu à 9 h 45 au BC Afghanistan Memorial, derrière le palais de justice provincial et en face de la Christ Church Cathedral. Il s’agit d’un mémorial en granite avec l’image d’un soldat canadien et d’un enfant afghan se tendant la main, et sur le socle duquel sont inscrits les noms et dates de décès de militaires et de fonctionnaires canadiens morts à la guerre en Afghanistan. L’image s’inspire d’une photo du lieutenant canadien Michael McCauley prise le 13 juillet 2007 par Finbarr O’Reilly, photo-
graphe de Reuters, dans le sud de l’Afghanistan.

Jamie Hammond, colonel à la retraite qui a servi durant plus de 18 mois en Afghanistan et y a commandé la force d’opérations spéciales en 2002, présidait la cérémonie.

« Cette année, le […] mémorial revêt encore plus d’importance qu’avant, a-t-il noté. Oui, l’engagement envers autrui des personnes mortes au combat […] va nous inspirer. Mais, avec le retrait d’Afghanistan des forces militaires de la coalition et le rétablissement du régime des talibans, il y a lieu de se demander : cela en valait-il la peine? »

Le colonel Hammond a répondu par un « oui » retentissant. Il a souligné que 25 millions d’Afghans âgés de moins de 25 ans ont fait des études entre 2001 et 2014, que les soins médicaux ont été grandement améliorés, et qu’une « nouvelle génération de jeunes femmes est consciente de ses droits ». Il n’y a pas de retour possible aux années 1990, et les talibans le savent. « Les Canadiens ont donné une nouvelle génération à l’Afghanistan. C’est aux Afghans de décider ce qu’ils vont faire. » 

Ceux qui sont morts pendant la guerre « ont servi sans connaitre l’issue finale, a déclaré le colonel Hammond. Mais, ils se sont battus corps et âme parce qu’ils croyaient aux valeurs intangibles que sont le devoir et le respect d’autrui, et aux valeurs canadiennes encore plus difficiles à saisir. Voici l’étoffe des personnes héroïques : elles font ce qui s’impose même quand le chemin est dangereux et ardu, ou quand l’objectif est lointain. »

M. Bing Chow faisait partie de la foule d’environ 150 personnes. Il était membre de l’Équipe provinciale de reconstruction du Canada en 2008. Il est venu par marque de respect, a-t-il expliqué, et pour que ses deux filles, Katie et Ellie, apprennent ce qu’est la guerre. « Elles sont assez grandes pour comprendre, maintenant. » 

Lorsque la cérémonie officielle a pris fin, M. Chow et ses filles se sont recueillis devant le monument, et il a pointé les noms du doigt. Ils ont ensuite déposé un bouquet de fleurs devant, tandis que d’autres personnes plaçaient leur coquelicot sur la pierre grise, donnant ainsi l’impression qu’elle était parsemée de gouttelettes rouges.

La plupart des gens qui se trouvaient à l’Afghanistan Memorial ont marché sous la bruine pendant un petit quart d’heure pour se rendre au cénotaphe de l’Assemblée législative juste avant le début de la cérémonie. Elle n’a duré qu’une trentaine de minutes, moins longtemps que d’habitude, sans le défilé traditionnel qui démarre à l’Assemblée législative et passe devant une tribune faisant face au port. Mais, tous les éléments essentiels y étaient : Ô Canada, la Dernière sonnerie, le moment de silence, l’Élégie jouée par un cornemuseur, ainsi qu’un hymne, une prière et une bénédiction.

En parlant de la grippe espagnole de 1918, le révérend Gates a dit « Ô tout puissant, cette pandémie est différente, bien qu’aussi mortelle, mais peu de choses ont finalement changé en un siècle. Nous pleurons toujours les personnes disparues […]. Même nos prières sont presque pareilles, et nous les répétons année après année. Apprends-nous l’amour qui mettra fin à cela. »

Le pasteur a alors donné ce qu’il a appelé une « bénédiction paradoxale » qui s’est conclue par l’espoir que les gens soient bénis « de la folie de croire qu’on puisse être utiles dans le monde, pour faire ce que d’autres vous disent qu’il est impossible de faire. »

Seules huit couronnes ont été déposées, par Janet Austin, lieutenante-gouverneure de la Colombie-Britannique; Sheila Fynes, Mère de la Croix d’argent de la Colombie-Britannique; deux représentants des Forces canadiennes; Anthony Rawlins, Deputy Chief Major General de l’armée australienne; deux représentants politiques; et M. Stanfield, au nom de la Division de la C.-B.–Yn de la Légion royale canadienne. 

Sourire en coin et l’œil sur la foule inattendue, le révérend Gates a annoncé la fin du programme officiel. Ensuite, de nombreuses personnes se sont avancées pour déposer un coquelicot sur le socle du cénotaphe.

Bien des gens sont revenus à pied vers la Christ Church Cathedral, où se trouve le
cénotaphe du Canadian Scottish Regiment, à côté de la place Pioneer. Ce cénotaphe était à l’origine une croix de bois qui avait été érigée sur la crête de Vimy après la bataille. Elle a été installée sur la place en 1938, puis remplacée en 1951 par la croix de pierre actuelle; celle en bois est conservée au manège de la rue Bay. C’est là que le régiment se rassemble chaque année, le 11 novembre, après la cérémonie à l’édifice de l’Assemblée législative.

L’évènement est habituellement bien annoncé, mais cette année, le régiment n’avait pas lancé d’invitation au public. Et pourtant, il était au rendez-vous. Un petit groupe du Canadian Scottish en uniforme et en kilt et d’anciens membres portant le couvre-chef du Glengarry n’ont pas tardé à arriver. 

Le révérend Gates, apparemment indifférent à la pluie qui tombait de plus en plus dru, a pris sa place devant le cénotaphe en tant qu’aumônier de l’association régimentaire. Un contingent réduit de l’orchestre de cornemuses et tambours du régiment a ensuite défilé de la cathédrale jusqu’au cénotaphe.

Plus de 250 personnes, dont beaucoup étaient de jeunes gens en civil, se sont massées là, sous des parapluies ou faisant fi de la pluie qui trempait vêtements et têtes. Les cornemuseurs et les tambours se sont retirés après une petite cérémonie présidée par le révérend Gates. Les gens se sont alors approchés du cénotaphe pour déposer un coquelicot sur le socle. 

Un homme tout de noir vêtu avec masque noir assorti a traversé la rue vers l’Afghanistan Monument. Il s’est penché pour ajouter son coquelicot à ceux déjà bien alignés sur le rebord du monument sous l’inscription : « Named in remembrance are those who made the supreme sacrifice » (Nommé en souvenir de ceux qui ont fait le sacrifice suprême, NDT). Puis il s’est redressé et a longuement regardé le mémorial avant de repartir. 

M. Angus Stanfield, président du fonds du coquelicot du comité du jour du Souvenir de Victoria se recueille devant le céno-taphe situé devant l’Assemblée législative après y avoir déposé une couronne de la part de la Division de la C.-B.—Yn et de la jeunesse de la Colombie-Britannique. [Mark Zuehlke]

Un retour bienvenu

Un ancien combattant s’apprête à déposer son coquelicot sur la Tombe du soldat inconnu à Ottawa après la cérémonie du jour du Souvenir [metropolis]

Environ 15 000 personnes se sont rassemblées au Monument commémoratif de guerre du Canada le 11 novembre à Ottawa, un retour du public très attendu après des rues quasiment vides lors de la cérémonie de l’an passé.   

De petits groupes épars de gens emmitouflés dans des parkas ou des chandails malgré une météo étonnement clémente étaient déjà derrière les barrières érigées autour du monument à 8 h 30. Puis, coquelicot rouge à la poitrine, les spectateurs sont venus d’une même vague peu avant le début de la cérémonie qui commençait à 11 heures. Parmi ces milliers de personnes se trouvaient d’anciens combattants, des membres des forces armées en service, des parents de militaires, ainsi que de simples quidams sans lien avec l’armée qui s’étaient déplacés par marque de respect. 

« J’étais ici l’an dernier, nous étions cinq au bout de la rue », se souvient Adwin Gallant, vétéran de l’Aviation royale canadienne avec 28 ans de service. Il assiste à chaque cérémonie du jour du Souvenir à Ottawa depuis 1995, dit-il.

« La présence du grand public lui donne encore plus de poids […], il est ainsi témoin de l’hommage rendu à ce que des gens ont accompli avant nous. »

Le sergent Kyle Crego, vêtu de la veste verte fluo de premier intervenant, était arrivé tôt à la cérémonie. Bénévole à l’organisation Ambulance Saint-Jean depuis 10 ans et membre de la Réserve Governor General’s Foot Guards, il était venu proposer ses services en tant qu’ambulancier paramédical durant la cérémonie. Il y a eu peu de problèmes, selon lui, à l’exception de quelques malaises et chutes. Il était heureux d’être présent et d’offrir ses services à ses camarades militaires. 

« Je veux simplement être là pour les soldats qui portent l’uniforme, a-t-il dit. Le personnel médical sur place fait du bon travail, mais il n’est pas nombreux, alors je me fais un devoir de venir donner un coup de main.

« Pour moi, [le jour du Souvenir] est l’occasion de penser aux gens qui nous ont malheureusement quittés, aux personnes qui servent aujourd’hui, et à celles qui nous ont précédés. J’en ressens beaucoup de fierté. On voit plein de gens en uniforme avec des médailles à la poitrine qui sont autant d’histoires. Rien que de voir ce qu’ils ont accompli […] m’inspire toujours beaucoup. »

Un ancien combattant autochtone (en haut à d.) s’apprête à déposer un coquelicot sur la Tombe du soldat inconnu. [Trevor Oattes]

Il n’y a pas eu de défilé d’anciens combattants cette année, à cause des restrictions liées à la pandémie. Les berlines et VUS noirs sont arrivés en retard : un problème de sécurité que la GRC a géré quelques minutes avant la cérémonie. Mary Simon, gouverneure générale; Justin Trudeau, premier ministre; Sophie Grégoire Trudeau; et Josée Simard, Mère de la Croix d’argent de 2021, ont vite gagné leur place. 

Mme Simard est la mère de feu la caporale Karine Blais, deuxième femme morte au combat en Afghanistan, tuée par une bombe enfouie en bordure de route en 2009. Le rôle de Mme Simard en tant que Mère de la Croix d’argent est de représenter toutes les mères canadiennes qui ont perdu un enfant lors de leur service dans les forces militaires.

Quand on lui demande de parler de sa fille, Mme Simard évoque des souvenirs heureux, les espoirs que la caporale Blais avait pour l’avenir, et les répercussions de son décès sur son entourage. 

« Karine adorait Noël. On faisait une maison en pain d’épice tous les ans. On se préparait un chocolat chaud à la première neige. Son rire était contagieux, elle respirait la joie de vivre.

« Elle voulait fonder une famille après sa mission – j’avais déjà acheté le berceau et tout – et continuer sa carrière dans l’armée. 

« Quand Karine est décédée, ma vie s’est arrêtée. Le temps s’est arrêté pour bien des gens. On reprend à vivre petit à petit, avec les années. »

Les quelques premières minutes de la cérémonie étaient en décalage en raison du retard des dignitaires : Mme Simard et les Trudeau ont gagné leur place après que les cloches ont retenti, et alors que la salve de 21 coups de canon avait commencé. La gouverneure générale est arrivée pendant les deux minutes de silence, le bruit des motos de la police troublant le calme. L’honorable Mary Simon a pris sa place après le survol de deux chasseurs à réaction CF-18 qui aurait dû avoir lieu 15 minutes après son arrivée. 

Le Chœur d’enfants d’Ottawa a entonné Ô Canada, suivi du Dernier appel, de l’Élégie et du Réveil. L’Acte du Souvenir a été lu en anglais par Bruce Julian, président national de la Légion royale canadienne; en français par Larry Murray, Grand Président; et en michif, langue autochtone, par Paul Pirie, ancien combattant métis. 

Le rabbin Idan Scher prononce la bénédiction annuelle, hono-rant les anciens combattants du Canada et rendant hommage à son prédécesseur, le rabbin Reuven Bulka [Trevor Oattes]

Une absence a été remarquée à la cérémonie. Le rabbin Reuven Bulka, qui donnait sa bénédiction au jour du Souvenir depuis 1991, est décédé en juin au terme d’une lutte de six mois contre un cancer. 

En tant qu’aumônier honoraire de la Légion, M. Bulka a prononcé de nombreux discours où il parlait de la mort, du courage, de la camaraderie et du sacrifice. Ses mots ont ému bien des gens partout au pays, et son absence a ajouté au caractère sombre de la cérémonie. 

La Légion avait invité le rabbin Idan Scher pour prononcer la bénédiction de cette année. M. Scher est à bien des égards l’héritier du rabbin Bulka : il dirige la congrégation de Machzikei Hadas, synagogue du rabbin Bulka pendant presque 50 ans, et un article publié dans le Canadian Jewish News le décrit comme le protégé de feu M. Bulka. 

« Je ressens aujourd’hui une vive émotion, a déclaré M. Scher. L’histoire et le souvenir, d’hier ou de temps plus lointains, pèsent sur mon cœur […]. Je suis présent ici aujourd’hui pour réfléchir à ces récits et aux innombrables personnes qu’ils incarnent. »

M. Scher a abordé de nombreux thèmes que le rabbin Bulka affectionnait : les sacrifices et le courage dont ont fait preuve des hommes et des femmes, le combat constant pour la liberté aux quatre coins du monde, et le travail des militaires partout au Canada lorsqu’ils luttent contre les inondations et les incendies. Il a souligné en particulier les anciens combattants qui sont revenus « le corps intact », mais portant les « profondes blessures invisibles » des traumatismes et de maladies mentales. Il a terminé son allocution en citant un extrait de la dernière bénédiction prononcée par M. Bulka lors du jour du Souvenir de 2020, huit mois à peine avant son décès.

« “Continuons de faire en sorte que le Canada, pays défini par le respect, l’harmonie, l’inclusion, la responsabilité et la gentillesse envers autrui, soit digne du dévouement et des sacrifices continuels de nos anciens combattants.” »

Une interprétation bilingue de Que Dieu protège la reine a suivi le discours de M. Scher, mettant fin à la cérémonie officielle. Les dignitaires ont alors bavardé avec les anciens combattants et les invités d’honneur, dont un grand nombre portait des rangées de médailles à la poitrine, avant de déposer les coquelicots sur la Tombe du Soldat inconnu. 

Les spectateurs se sont ensuite approchés du cénotaphe et ont déposé délicatement leur coquelicot sur la tombe, la couvrant ainsi de rouge.

Robert Henry, vétéran de l’ARC avec trois décennies de service, a regardé son gendre, le maitre de 1re classe Jacob Russel, prendre la relève comme garde d’honneur au cénotaphe. Le jour du Souvenir occupe une place privilégiée dans son cœur, a-t-il expliqué, car il est issu d’une longue lignée de combattants, dont certains ne sont jamais rentrés au pays.

« Mon père a servi lors de la Seconde Guerre mondiale. J’ai des oncles qui ont servi lors de la Grande Guerre. Certains de mes oncles sont morts à l’étranger […]. Tout cela revêt beaucoup d’importance à mes yeux, car je suis moi-même militaire, conclut M. Henry. Je suis allé à Vimy. J’étais à Mons, en Belgique, à l’occasion du 100e anniversaire de l’Armistice […]. Le jour du Souvenir est un jour très important pour tout le monde. » 

Parmi les dignitaires, à la cérémonie du jour du Souvenir, se trouvaient la Mère de la Croix d’argent, Josée Simard, la gouverneure-générale, Mary Simon et le premier ministre, Justin Trudeau [Metropolis]

La lame de Fujita

Lorsqu’un vice-amiral japonais se rendit, en 1945, il déposa aussi son tachi

Lorsque le major-général Umekichi Okada cède son sabre, le vice-amiral Ruitaro Fujita se prépare à céder le sien au contre-amiral Cecil Harcourt. [Jack Hawes/BAC/PA-114815]

Le lieutenant de marine canadien William Lore était à bord d’un bâtiment de la flotte britannique lorsqu’elle entra dans le port de Victoria, Hong Kong, en aout 1945. En reconnaissance des sacrifices de Canadiens à la bataille de Hong Kong, Lore fut mis à la tête du groupe qui libéra les prisonniers du camp de Sham Shui. 

En septembre, il vit le vice-amiral Ruitaro Fujita signer l’acte de reddition. Il vit aussi Fujita céder son sabre au contre-amiral britannique Cecil Harcourt.

Pour l’officier japonais, céder son sabre militaire était une humiliation nationale et personnelle. Un sabre militaire, au Japon, ce n’était pas seulement une arme : il avait une signification spirituelle; c’était un lien avec des traditions remontant à plusieurs siècles.

Le lieutenant William Lore observe la cérémonie de reddition à Hong Kong. [Chinese Canadian Military Museum]

Au Japon, la fabrication de sabres de qualité est un art millénaire. La première lame courbe, évolution d’un procédé transmis d’une génération à l’autre, fut produite par un artisan vénéré vers 700 apr. J.-C.

Le forgeage d’une lame affilée et suffisamment solide pour supporter les coups sans s’ébrécher ni se briser pendant le combat est remarquable. Plusieurs barres de fer, certaines dures, d’autres molles, sont chauffées jusqu’à presque 1 400 °C et martelées pour en arriver à une lame longue et fine. La courbe caractéristique s’obtient lorsque le métal chaud est plongé dans l’eau froide. Lorsqu’elle est froide, la lame est polie jusqu’à ce qu’elle brille comme un miroir, afin que les ennemis y voient leur reflet avant de mourir.

Les samouraïs croyaient que les lames incarnaient les vertus du bushidô, c’est-à-dire les préceptes constituant la morale du guerrier : justice, courage, bienfaisance, respect, honnêteté, honneur et loyauté. Les sabres accompagnaient souvent les samouraîs jusqu’à leur mort.

 

La poignée du sabre de Fujita est recouverte de peau de raie. Le laiton est décoré de fleurs de cerisier. [Musée maritime national/WPN1185]

Les officiers japonais avaient tous un sabre entre 1939 et 1945. Ces armes étaient aussi en grande partie des symboles, insignes de grade décorés d’un gland au bout de la poignée.

Malgré sa décoration à fleurs de cerisier, son motif d’ancre et ses poignée et fourreau en peau de raie, le sabre de Fujita n’avait rien d’extraordinaire; l’arsenal de la marine japonaise en avait fabriqué pour la guerre. Celui-là avait été fait en 1942.

Il y avait toutefois des soldats japonais qui avaient un sabre familial vieux de plusieurs siècles, œuvre d’art crée par un maitre armurier. Nonobstant la signification personnelle ou historique, les militaires japonais durent tous déposer leurs armes, y compris leurs sabres, dont beaucoup furent détruits par la suite.

Après la guerre, c’étaient des butins aux yeux des soldats américains ou australiens. Rares étaient ceux qui savaient qu’ils avaient des articles d’importance artistique ou historique entre les mains. Un grand nombre de sabres précieux rouillèrent dans les greniers et dans les caves aux États-Unis et en Australie.

Des officiers japonais déposent leur sabres, en Malaisie, en 1945. [Wikimedia]

Une lame fabriquée en 1673 et utilisée par les ancêtres samouraïs d’un certain capitaine Sugita fut remise, à Bornéo, à un capitaine de l’armée de l’air australienne. Bien que l’identité du propriétaire fût connue, la lame ne fut jamais remise à la famille, et elle a été mise en vente récemment. Le prix était de 5 000 $US.

Le sort d’une autre lame, la Honjō Masamune, considérée comme étant le meilleur sabre du Japon, demeure inconnu. Ce sabre, conquis dans un combat en 1561 et transmis de shogun à shogun, fut déclaré trésor national du Japon en 1939. Il fut rendu en 1945 et prétendument remis à un sergent de l’U.S. Foreign Liquidations Commission en 1946, et l’histoire en a perdu la trace.

La plupart des lames capturées furent détruites, mais certaines furent retournées aux familles qui en étaient propriétaires ou données à des musées. La lame de Fujita fait partie de la collection du National Maritime Museum à Greenwich, Londres. 

Le Canada a-t-il fait une erreur en décidant de défendre Hong Kong?

[Illustrations de Joel Kimmel]

Richard Foot dit que NON

Le Canada a-t-il eu tort d’envoyer des soldats à Hong Kong en 1941? Si l’on répond à la question avec le recul historique, oui, c’est indéniable. Par contre, si l’on se replace au Canada en 1941, que l’on tient compte des pressions et des attitudes dominantes de cette année exceptionnelle, le choix d’engager des troupes s’explique.

Le gouvernement de King était confronté à une pression grandissante, celle de contribuer davantage. 

Le Canada était en guerre depuis deux ans à l’automne 1941. Mais, le premier ministre Mackenzie King et son cabinet peinaient encore à décider du rôle que le pays devait jouer. Le Canada français montrait peu d’enthousiasme face à l’effort de guerre, les souvenirs de la conscription de 1917 divisaient encore les Canadiens, et King était circonspect quant à l’envoi d’un nombre important de soldats outre-mer. 

Certes, la marine du Canada participait à la bataille de l’Atlantique, mais King restait sur sa stratégie de « responsabilité limitée » que le Canada anglais accueillait mal. La majeure partie du pays, encore très liée à la Grande-Bretagne, avait regardé sous le choc et avec admiration le peuple britannique encaisser la guerre-éclair. Le gouvernement de King était confronté à une pression grandissante, celle de contribuer davantage, de déployer des soldats quelque part pour aider activement la Grande-Bretagne. 

 

Des dizaines de milliers de personnes s’engageaient dans les forces armées. Parmi ces volontaires, il y avait Andrew Flanagan, 25 ans, de Jacquet River, N.-B. Enthousiaste à l’idée de servir son pays, il avait rejoint le Royal Rifles of Canada. « J’avais la tête pleine d’idées nobles, de combat pour l’honneur, d’une guerre idéalisée en m’imaginant l’aventure exaltante qui m’attendait », écrivit Flanagan.

C’est dans ce climat de clameur pour l’action que le gouvernement de King accepta la demande de la Grande-Bretagne qui souhaitait qu’on prête main-forte à la garnison de sa colonie de Hong Kong. La mission tombait à pic : un geste de solidarité à l’égard de la Grande-Bretagne, un engagement de troupes restreint, et seul un petit risque d’une attaque des Japonais.

Il ne faut surtout pas oublier que le bombardement de Pearl Harbor, qui alla de pair avec l’attaque de Hong Kong, était inconcevable lorsque le Canada engagea ses forces. À tort, les Alliés avaient écarté la possibilité que le Japon dévie de la difficile campagne qu’il menait depuis trois ans en Chine continentale pour se mesurer à une puissance mondiale à Hong Kong.

Et quand bien même le Japon aurait attaqué la colonie, beaucoup de Canadiens estimaient que les Japonais ne savaient pas se battre, avis entaché de racisme, mais aussi nourri par la médiocre performance du Japon lors de plusieurs affrontements qui avaient eu lieu avec les Chinois et les Soviétiques depuis 1938. 

Le carabinier Flanagan survécut à la bataille de Hong Kong, mais il n’oublia jamais les horreurs qu’il subit en tant que prisonnier de guerre. Son sacrifice ne résulta pas d’une erreur, mais plutôt de la noble décision de son pays de se joindre à une guerre nécessaire contre la tyrannie. Après s’être engagée à combattre, combien de temps l’armée du Canada aurait-elle dû attendre en marge de la mêlée? 

Les guerres sont toujours compliquées. Avant de juger trop sévèrement la décision d’envoyer des Canadiens à Hong Kong, il faudrait se demander quels choix nous ferions – comment nous, Canadiens ordinaires, verrions l’engagement de troupes si nous étions face à une situation semblable. 

 

[Illustrations de Joel Kimmel]

John Boileau dit que OUI

Envoyer des soldats à Hong Kong était une mauvaise décision. Et bien que de nombreuses raisons aient été invoquées, certaines ne tiennent pas la route lorsqu’on les creuse.

Les unités choisies étaient censées être « des bataillons efficaces et bien formés capables de soutenir le mérite du Dominion dans n’importe quelles circonstances », déclara le major-général Harry Crerar, chef de l’état-major général. Mais, malgré des fonctions de garnison à Terre-Neuve et en Jamaïque, ni le Royal Rifles of Canada ni le Winnipeg Grenadiers ne satisfaisaient à cette exigence.

Les soldats japonais, aguerris, étaient aux portes de Hong Kong.

Les effectifs des deux bataillons étaient incomplets, et leur formation et leur matériel étaient insuffisants. Un grand nombre de leurs nouveaux soldats avaient dû être mobilisés rapidement, et la provenance de certains était hors des régions de recrutement traditionnelles des unités.

Bien que réelles, les raisons ci-dessus ne sont pas pertinentes. Même les soldats les mieux formés au monde auraient été incapables d’arrêter les Japonais, plus nombreux et mieux équipés. Tout au plus auraient-ils pu tuer davantage d’ennemis.

Il faut donc nous interroger sur les raisons qui aboutissent à cette vision simpliste.

On enseigne aux officiers militaires au début de leur carrière à évaluer la situation avant de prendre une décision. Les renseignements donnés par les Britanniques étaient incomplets, la décision canadienne n’a donc pu s’appuyer sur tous les facteurs dont il aurait fallu tenir compte. 

Le Canada n’avait guère de sources de renseignement, mais les Britanniques en avaient plusieurs. Autrement dit, les militaires et les responsables du gouvernement canadien auraient dû poser davantage de questions.

« Ça ne va pas, avait dit en janvier 1941 le premier ministre britannique, Winston Churchill, au major-général Hastings Ismay, son principal officier d’état-major et conseiller militaire. Si le Japon nous fait la guerre, nous n’aurons pas la moindre possibilité de tenir Hong Kong ni d’y envoyer des renforts. Il serait très imprudent d’augmenter les pertes que nous y subirions. » Cet avis de Churchill, bien qu’il changea par la suite, ne fut pas rapporté au Canada.

Un sentiment de servilité à l’égard de la Grande-Bretagne ou un état d’esprit colonial ont peut-être aussi été des facteurs. Pendant l’enquête sur la catastrophe qui s’ensuivit, un témoin dit : « Je ne pense pas que quiconque eut envisagé, dans les circonstances d’alors, de ne pas donner suite à la demande [britannique]. »

Un certain copinage a peut-être aussi affecté la décision. Crerar et le commandant britannique sortant de Hong Kong étaient des amis de longue date. Ils eurent des entretiens privés à Ottawa lors du voyage de retour du commandant, et leur contenu complet n’a jamais été divulgué.

Crerar dit par la suite au ministre de la Défense nationale, James Layton Ralston, qu’il n’y avait aucun « risque militaire » à envoyer des troupes à Hong Kong. Ralston conseilla donc le premier ministre Mackenzie King et le Comité de guerre du Cabinet en conséquence.

Même sans renseignement militaire, les Canadiens raisonnablement avisés savaient que le Japon faisait la guerre à la Chine depuis 1937 et avait occupé l’Indochine française en juillet 1941. Les soldats japonais, aguerris, étaient aux portes de Hong Kong.

La colonie était vulnérable, et l’attaque eut lieu trois semaines à peine après l’arrivée des Canadiens. Une grave erreur avait été commise, et elle couta cher.  

—

JOHN BOILEAU est colonel d’armée à la retraite, auteur de centaines d’articles et de 14 livres sur l’histoire militaire du Canada, dont Too Young to Die : Canada’s Boy Soldiers, Sailors and Airmen in the Second World War (Trop jeune pour mourir : les enfants soldats, marins et aviateurs du Canada à la Seconde Guerre mondiale, NDT).

RICHARD FOOT a été rédacteur spécialisé des pages Histoire de l’encyclopédie du Canada, et rédacteur principal à Postmedia News.

La démocratie numérique en marche

Avec un an de retard, les délégués de la Légion se sont enfin réunis dans une salle de congrès virtuelle où l’union a fait la force

Le président national Tom Irvine et le premier vice-président, Bruce Julian au siège social, à Ottawa, suivent la procédure du congrès. [Stephen J. Thorne/Jennifer Morse]

13 au 15 aout, 883 délégués accrédités se sont réunis en ligne à l’occasion du 48e Congrès national de la Légion royale canadienne. Ils se sont penchés sur les adhésions, la sensibilisation du public et les efforts pour aider les anciens combattants du Canada.

Le congrès en présentiel prévu à Saskatoon en aout 2020 avait été reporté à aout 2021 en raison de la pandémie. Mais, prudence oblige, la décision a été prise en avril d’opter pour un évènement en ligne. 

Des experts-conseils ont été engagés pour concevoir et mettre en place ce congrès virtuel. Les délégués ont trouvé devant eux un portail protégé par mot de passe qui donnait accès à une page d’accueil conçue pour ressembler à l’entrée d’un centre de congrès. L’accès aux options de menu s’effectuait en cliquant sur des portes : salle des congrès, programme, ressources pour les élections, documents, salon professionnel, kiosques de la Légion. Un bouton de bureau d’aide restait toujours accessible. Les délibérations ont eu lieu dans une salle de congrès virtuelle.

 

Le congrès a commencé de façon informelle le vendredi 13 aout par des ateliers et des présentations.

Randy Woolman, directeur général de la société Impact AV Solutions qui a élaboré la vitrine et les rouages du congrès virtuel, a fait un exposé et répondu aux questions des délégués sur l’utilisation du site Web. Les questions et commentaires étaient envoyés par écrit, les délégués pouvaient clavarder entre eux, et les votes ont eu lieu en ligne. 

Quatre ateliers sur les relations publiques, les anciens combattants sans abri, les adhésions et le programme MemberPerks ont ensuite pris place.

Des représentants du cabinet d’avocats Lerners LLP ont renseigné les délégués sur le recours collectif intenté contre Aviva Insurance Company of Canada par des filiales de la Légion et d’autres organisations d’anciens combattants, de service ou d’héritage de tout le Canada (à l’exception de la Colombie-Britannique) après le refus d’Aviva de couvrir la perte de revenu commercial liée à la COVID-19 (www.lerners.ca/cases/canadian-legion-class-action). 

 

Pas de défilé ni de cérémonie du souvenir le samedi, mais plutôt un montage vidéo dans lequel figuraient un discours historique du premier ministre Lester Pearson, un diaporama poignant avec en fond sonore la chanson Brothers in Arms de Dire Straits, et une déclamation de Jack Babcock, dernier vétéran connu de la Première Guerre mondiale : « N’oublions jamais nos camarades tombés au champ d’honneur. Je passe ce flambeau du souvenir à mes camarades. Brandissez-le bien haut. » 

Guy Bélisle, brigadier-général des Forces armées canadiennes, a procédé à l’invocation : « La Légion et le Service de l’aumônerie royale canadienne sont étroitement liés. Nous sommes unis dans notre engagement à rendre hommage à ceux qui se sont donnés au plus haut degré. »

Le président Bill Chafe a demandé aux délégués d’observer un moment de silence en souvenir de leurs camarades disparus, notamment ceux décédés depuis le dernier congrès de 2018. 

M. Chafe a aussi remercié le comité local des préparatifs de la Saskatchewan pour la planification du congrès, et il a ajouté que l’édition 2028 aura lieu à Saskatoon.

Larry Murray, grand président de la Direction nationale, a fait remarquer combien les filiales de la Légion s’étaient « montrées à la hauteur pour appuyer et aider d’innombrables collectivités pendant la pandémie. »

« L’une des autres grandes priorités de la Légion pendant la pandémie a été d’aider de nombreuses filiales en difficulté financière pour qu’elles ne ferment pas définitivement leurs portes. Au début, la Direction nationale a distribué une aide en puisant dans les réserves nationales autant que possible. Puis, pour la première fois de l’histoire presque centenaire de la Légion, elle s’est tournée vers le gouvernement, qui a répondu à l’appel. L’aide n’a été accordée qu’aux filiales qui en avaient besoin pour survivre. Un travail remarquable s’est aussi poursuivi dans beaucoup d’autres domaines importants, notamment l’appui aux anciens combattants sans abri et à ceux qui ont subi des blessures de stress opérationnel. »

M. Tom Irvine a raconté les faits marquants de ses trois années à la présidence de la Direction nationale.

« C’est une expérience qui représente beaucoup pour moi, a-t-il affirmé. Nous avons élaboré des politiques et en avons renforcé d’autres. Lorsque nous avons appris que des groupes aux idéaux discriminatoires désiraient [utiliser] nos installations ou travailler avec nos membres, nous y avons mis un terme. »

« Quant aux usurpations militaires, j’en ai plus qu’assez que des gens se fassent passer pour d’anciens combattants ou affichent des décorations qu’ils n’ont pas méritées. Nous avons pris des mesures claires pour rappeler aux membres la manière dont la Légion traite ces affaires et les conséquences qui attendent les coupables. »

M. Irvine a ensuite souligné plusieurs projets et initiatives qui ont avancé pendant son mandat, notamment le plan d’action de la Légion en matière de sans-abrisme Leave the Streets Behind (laisser la rue derrière soi, NDT); le Fonds d’urgence à l’appui des organismes de vétérans, une aide du gouvernement fédéral pour que les organismes de bienfaisance sans but lucratif ou enregistrés puissent poursuivre leurs activités pendant la pandémie; et l’Opération Harmony, un comité formé pour s’assurer que la Légion est une organisation inclusive et socialement respectueuse avec des adhérents de tous les horizons.

M. Irvine s’est aussi tourné vers l’avenir. « Conformément à notre plan stratégique, a-t-il noté, nous devons toujours atteindre une base de 300 000 adhérents avant notre 100e anniversaire en 2026. Nous en sommes aujourd’hui à 250 000. »

Le déroulement des activités s’est soudain arrêté lorsque le président a demandé de passer au vote sur le rapport du président de la Direction nationale. 

Il y avait un problème informatique avec le vote en ligne, une sorte d’embouteillage qui empêchait l’arrivée des votes et le comptage dans les délais impartis. Des techniciens se sont affairés en coulisse, mais les agents du centre de commandement du congrès de l’administration centrale avaient déjà trouvé une solution procédurale.

« Nous allons poursuivre avec les adresses et rapports enregistrés au préalable sans passer aux questions aujourd’hui, a déclaré M. Chafe. Nous n’allons pas présenter de rapport avant demain, idem pour les questions et délibérations. »

Le problème technique a été résolu dans la soirée et le vote a repris le dimanche.

 

Le reste de la journée du samedi a été rythmé par des rapports de comité et des discours, en commençant par celui de Debbie Sullivan, mère de la Croix d’argent nationale de 2020-2021.

« L’expérience que j’ai vécue à Ottawa lors du jour du Souvenir en novembre dernier était surréaliste, a expliqué Mme Sullivan. Devant le Monument commémoratif de guerre du Canada, j’ai pensé à toutes les mères qui ont été là avant moi. Nous avions toutes le même objectif : défendre l’honneur et la liberté, et protéger ce pour quoi nos anciens combattants se sont sacrifiés et ce pour quoi ils continuent de se battre. »

Chaque président de comité a présenté son rapport et les budgets connexes, notamment le Conseil exécutif national; le comité des anciens combattants, des services et des ainés; le comité du coquelicot et du souvenir; le comité de l’adhésion; le comité des relations publiques; le comité des sports; le comité de la défense et de la sécurité; le comité du rituel et des récompenses; et le comité de la constitution et des lois.

Mark Barham, trésorier national, a exposé les états financiers de la Légion, notamment l’état des recettes et des dépenses. L’exercice 2020 a été clôturé avec un revenu tiré des activités de 2 158 286 $, avant la distribution de l’aide de 2 486 069 $ dans le cadre de la COVID-19. Le résultat financier montre des dépenses nettes de  327 783 $ pour l’année. Le budget 2021 prévoit un revenu net des activités habituelles de 4 325 $.

Bruce Julian, président du comité de l’adhésion, a rapporté que malgré la pandémie, le comité était en train de mettre en œuvre un plan stratégique visant à moderniser l’expérience d’adhésion pour les filiales et les membres, et de s’efforcer de renverser la tendance que connaissent les adhésions.

Les adhésions étaient en hausse pendant le premier trimestre de 2020.

La participation des filiales en ligne a augmenté et le processus de renouvellement des membres s’est amélioré (les membres peuvent dorénavant s’inscrire aux filiales locales en ligne). Ainsi, 76 % des adhésions de 2020 ont été traitées en ligne. Une nouvelle initiative de télémercatique automatisée a été mise à l’essai cette année, et le lancement d’une carte de membre électronique était prévu pour septembre.

Toutefois, les adhésions restent sur une courbe descendante depuis le dernier congrès : baisse de 2,1 % en 2018, de 2,1 % en 2019 et de 3,5 % en 2020. En mars 2021, elles étaient en baisse de 15 % par rapport à l’année précédente. À la fin de l’exercice 2020, le total des adhésions s’élevait à 248 427 $.

« Les adhésions ont pu perdurer durant la pandémie grâce au progrès de la modernisation de nos processus administratifs, a noté M. Julian. Nous restons extrêmement optimistes sur la croissance des adhésions à la Légion, et voici pourquoi : 60 000 nouveaux membres ont rejoint la Légion ces deux dernières années (2 019 et 2 020). Le Programme d’accueil des vétérans continue de se développer et a permis d’accueillir 5 000 nouveaux anciens combattants. Presque 10 % des membres ont opté pour le renouvellement automatique. Et il ne faut pas oublier que les adhésions étaient en hausse pendant le premier trimestre de 2020 (avant la pandémie) pour la première fois en 30 ans. »

Le rapport a suscité des questions des délégués qui ont voulu savoir si l’on acceptait toujours les formulaires d’adhésion envoyés par courrier (oui), si l’initiative de télémercatique allait se poursuivre (oui), et si la carte électronique sonnait le glas de la carte en plastique (non). 

 

Les élections ont eu lieu le dimanche matin, donnant aussi lieu au rapport de vérification des pouvoirs : 883 accrédités détenaient 1 384 procurations, donc un total de 2 267 votes.

Le premier vice-président, Bruce Julian de la filiale ontarienne de Beachville, a été proclamé président national. 

Les vice-présidents Owen Parkhouse de la filiale Morell (Î.-P.-É.), Angus Stanfield de la filiale Sooke (C.-B.) et Brian Weaver de la filiale Capt. Brien d’Essex (Ont). ont été proposés au poste de premier vice-président. M. Parkhouse y a été élu.

MM Stanfield et Weaver ont ensuite été nommés candidats aux trois postes de vice-président avec d’autres personnes : Berkley Lawrence de la filiale Carbonear (T.-N.–L.), Sharon McKeown de la filiale Pte. Joe Waters de Milton (Ont.), Chris Richardson de la Direction nationale, et Chris Strong de la filiale Innisfail (Alb.). M. Stanfield a refusé sa nomination. M. Lawrence, Mme McKeown et M. Weaver ont été élus.

Le président des débats, Bill Chafe de la filiale Sarnia (Ont.), et le trésorier, Mark Barham de la filiale Calgary North, ont été réélus pour un autre mandat.

 

M. Chafe avait prévu bien assez de temps pour les questions des délégués, toutes posées par écrit. Le vote s’est effectué sans accroc. Dix-huit motions ont été votées. Et certaines motions rejetées sont dignes d’être mentionnées.

Une motion recommandait à nouveau l’ajout d’une clause aux statuts : « Toute personne reconnue coupable de pédophilie ou d’agression sexuelle en vertu du Code criminel du Canada ou inscrite au registre national ou provincial des délinquants sexuels ne sera pas autorisée à demander une adhésion ni à transférer une adhésion existante au sein de la Légion royale canadienne. »

La Légion appuie l’esprit de la motion, bien entendu, mais elle a été rejetée pour des raisons procédurales. M. Dave Eaton, vice-président du comité des Constitution et Lois, l’a expliqué ainsi : « La motion proposait un libellé précis pour modifier les statuts de la Légion qui ne correspondait pas aux concepts et dispositions du Code criminel et qui, dans ces termes, serait difficile à appliquer et à faire respecter. »

Il a ajouté qu’il serait préférable que le comité de l’adhésion prépare une politique complète qui établirait les infractions interdisant l’adhésion.

Une autre résolution rapportée, celle proposant que les agents de l’Agence des services frontaliers du Canada ayant servi durant au moins deux ans soient ajoutés aux dix critères permettant l’adhésion ordinaire, a suscité des questions et des commentaires des délégués. « Et pourquoi pas tous les premiers intervenants? » a demandé un délégué. « Comment peut-on les considérer comme étant des membres anciens combattants? » a demandé un autre. La motion a été rejetée.

M. Jim Rycroft, président du comité des Constitution et Lois, a lu de nombreuses révisions des statuts, toutes adoptées. Il a aussi annoncé qu’il quittait ses fonctions après 19 ans à son poste. 

M. Irvine, président du comité de la Ligue royale des anciens combattants du Commonwealth, a communiqué le dernier rapport du congrès, en mentionnant au début le décès de M. Brian Watkins, membre du conseil du Canada au comité exécutif de la LRACC. Sa veuve, Libby Watkins, le remplace en tant que représentante du Canada. La Légion aide les anciens combattants et les veuves des pays antillais quand les organismes et le gouvernement ne peuvent pas leur fournir suffisamment de soins pour répondre à leurs besoins.

La collecte de fonds pour la LRACC a fortement diminué au cours des dernières années, surtout à cause de la pandémie. À l’heure de ses mots, seuls 22 800 $ avaient été recueillis. Il a sollicité le soutien des délégués. À la fin du mois d’aout, 119 650 $ avait été recueilli. 

 

Les membres du Conseil exécutif national (de g. à d.) : le président des débats, Bill Chafe, le président national, Bruce Julian, le Grand President, Larry Murray et le président sortant,Tom Irvine. [Stephen J. Thorne/Jennifer Morse]

M. Murray, le grand président, a intronisé les directeurs nouvellement élus après la clôture des activités.

« Je crois en cette organisation et en ce qu’elle accomplit tous les jours, a déclaré M. Julian, le nouveau président de la Direction nationale. J’appuie et j’applaudis nos efforts pour rafraichir notre message, moderniser nos processus et rationaliser nos procédures afin de mieux servir nos membres et, espérons-le, attirer une nouvelle génération de Canadiens plus diversifiée. »

Lors du mot de clôture, M. Chafe a noté que 1 450 questions et commentaires avaient été reçus dans cette seule journée, et que chacun d’entre eux devrait dans la mesure du possible trouver une réponse. « Il y a eu quelques accrocs, a-t-il conclu, mais dans l’ensemble, tout s’est bien passé. »

Les derniers mots au congrès ont été prononcés par feu le rabbin Reuven Bulka, dont la bénédiction du jour du Souvenir de 2007 a été lue dans une vidéo : 

« Aujourd’hui, nous entendons avec plaisir l’expression : “Nous soutenons nos troupes”. Mais, cela ne dit pas tout. Plus qu’un simple soutien, ce que nous devrions avoir sur nos lèvres et dans le cœur, c’est “Nous aimons nos troupes”. Nous aimons nos troupes pour leur altruisme […] pour leur amour inébranlable du Canada […] pour leur bravoure et leur dignité au combat […] et parce que grâce à elles, nous gagnons une appréciation plus réelle et essentielle de tous les anciens combattants qui se sont battus au nom du Canada pour la liberté dans le monde […].

Les soldats se sont battus et se battent encore pour la liberté, donc nous avons la responsabilité ultime de donner un sens à cette liberté en adoptant la langue du respect, la langue de l’inclusion, la langue de l’harmonie. »

Le 49e Congrès national doit avoir lieu à Saint John, N.-B., en aout 2024. 

À la barre

Le PRÉSIDENT NATIONAL Bruce Julian, âgé de 69 ans, œuvre à la Légion depuis 44 ans, et il est membre à vie de la filiale ontarienne Beachville. Il a servi dans les 3e et 4e bataillons du Royal Canadian Regiment et à tous les échelons de la Légion, où il a été élu président de la Division de l’Ontario en 2013. À l’échelon national, il a siégé au Conseil exécutif national en tant que président des débats des comités des relations publiques et de l’adhésion, en tant que vice-président des débats du Comité des anciens combattants, des services et des ainés, et en tant que membre des comités du Coquelicot et du Souvenir, de la Ligue royale des anciens combattants du Commonwealth, du comité consultatif des anciens combattants, des finances (rémunération et budget) et des anciens combattants, services et ainés. Il est actuellement président des débats des comités des anciens combattants, service et ainés, de la Ligue royale des anciens combattants du Commonwealth, des résolutions du congrès national, et de l’avenir, et il est vice-président des débats des comités des finances (rémunération, budget, placement et pension) et consultatif des anciens combattants. Il est également vice-président des débats actuel et ancien président des débats de Canvet Publications Ltd. M. Julian est aussi récipiendaire de la Médaille du service méritoire, des médailles des jubilés d’or et de diamant de la reine Elizabeth II, ainsi que de la Médaille de pompiers pour services distingués et de la Médaille des services d’incendie pour longs états de service décernés respectivement par les gouvernements fédéral et provincial. Il gagne sa vie en tant que cultivateur et ses loisirs sont les voyages, la pêche, la lecture et passer du temps avec sa famille. Son épouse Darlene et lui ont deux enfants, Jaclyn et Joseph, et trois petits-enfants, Brandon, Megan et Ella.

 

Le PREMIER VICE-PRÉSIDENT Owen Parkhouse, âgé de 57 ans, œuvre à la Légion depuis 22 ans, et il est membre ordinaire de la filiale Morell (Î.-P.-É.). Il a servi à l’échelon de la filiale, a été premier vice-président de la Division de l’île du Prince Édouard et représente cette dernière à la section spéciale des blessures de stress opérationnel. À l’échelon national, il a été président des débats du comité des relations publiques et représentant de la zone de l’Est des É.-U. Il est actuellement président des débats des comités de l’adhésion et du centenaire, vice-président des débats des comités des résolutions du congrès national et des anciens combattants, service et ainés, et membre des comités de la Ligue royale des anciens combattants du Commonwealth, des finances (rémunération et budget) et de l’avenir. Il est également président des débats de Canvet. M. Parkhouse est récipiendaire de la Médaille du souverain pour les bénévoles. Il a servi pendant 25 ans dans les Forces canadiennes et a été vice-président du Tribunal des anciens combattants (révision et appel), et il est directeur du fonds Last Post et de l’église presbytérienne de St. Andrews. M. Parkhouse se livre à un grand nombre d’activités et s’intéresse à beaucoup de choses. Son épouse Kathy et lui ont une fille.

 

Le VICE-PRÉSIDENT Berkley Lawrence, âgé de 67 ans, a rejoint la Légion il y a 18 ans et il est membre de la filiale Carbonear de T.-N.–L. Il a servi dans le Corps royal canadien des transmissions durant 33 ans et à tous les échelons de la Légion, obtenant le poste de président de la Division de Terre-Neuve-et-Labrador en 2017. À l’échelon national, il a servi en tant que président des débats du comité local des préparatifs du congrès national de 2016 à St. John’s et vice-président des débats du Comité du Coquelicot et Souvenir. Il est actuellement président des débats du Comité du Coquelicot et Souvenir, membre des comités des finances (budget) et de l’avenir, et représentant de la zone d’Europe. M. Lawrence aime les voyages et les activités de plein air comme la pêche, la chasse et faire du VTT. En plus de travailler à la Légion, il soutient la popote roulante. M. Berkley et son épouse, Sarah, ont trois enfants, David, Michael et Teri, et cinq petits-enfants. 

 

La VICE-PRÉSIDENTE Sharon McKeown, membre de la Légion depuis 40 ans et âgée de 65 ans, est membre à vie de la filiale Pte. Joe Waters de Milton (Ont.). Elle a eu divers rôles à tous les échelons de la Légion et a été la première femme élue présidente de la Division de l’Ontario. En tant que membre du Conseil exécutif national, elle a été vice-présidente des débats du comité des relations publiques et a siégé au comité de l’adhésion. Elle est actuellement présidente des débats du comité des relations publiques, membre des comités des finances (budget) et de l’avenir, et représentante de la zone de l’Ouest des États-Unis. Mme McKeown a pris sa retraite en 2012 à l’issue d’une carrière de 35 ans dans le domaine de l’assurance. Au fil des années, elle a consacré son temps à des organisations comme Scouts Canada, les Guides du Canada et les Clubs des Lions, et elle poursuit encore ses activités chez les dames auxiliaires de la filiale. Elle est récipiendaire de la Médaille du service méritoire avec palme, de la Médaille du souverain pour les bénévoles et de la Médaille du jubilé de diamant de la reine Elizabeth II. Son époux Bill et elle ont deux enfants et trois petits-enfants. 

 

Le VICE-PRÉSIDENT Brian Weaver, âgé de 73 ans, œuvre à la Légion depuis 48 ans, et il est membre associé de la filiale Capt. Brien d’Essex (Ont.). Il a servi à tous les échelons de la Légion qu’il a gravis jusqu’à celui de président de la Division de l’Ontario en 2015. Au niveau national, il est actuellement président des débats du Comité des sports, membre du Comité des finances (budget) et du Comité de l’avenir et représentant de la zone de l’Est des É.-U. Il a siégé aux comités du Coquelicot et du Souvenir et des anciens combattants, services et ainés, et il a été représentant de la zone de l’Ouest des É.-U. Il siège également au conseil d’administration de Canvet. M. Weaver détient la Médaille du service méritoire avec palme. Il a pris sa retraite de la Daimler Chrysler Corporation en 2003, après 34 ans et demi de service. Il passe son temps libre à jouer au golf et aux fléchettes. Avec Debra Gill, sa partenaire depuis 34 ans, il a cinq enfants, Kenny (décédé), Lisa, Jeff, Kelly et Erin, et cinq petits-enfants.

 

Le TRÉSORIER Mark Barham, âgé de 63 ans, est membre à vie de la filiale North Calgary. Il œuvre à la Légion depuis 46 ans, et il a gravi les échelons jusqu’à celui de trésorier de la Division de l’Alberta–Territoires du Nord-Ouest. À l’échelon national, M. Barham siège actuellement au Conseil exécutif, et il en est à son quatrième mandat de président des débats des comités des finances (rémunération, budget, placement et pension), et il siège au comité de l’avenir. Une Médaille du service méritoire lui a été décernée. Il est administrateur de la Fondation Whitney Victoria Barham. Il a récemment pris sa retraite après avoir vendu sa participation dans une chaine de restaurants. Il aime la pêche, la chasse, le hockey et l’écriture.

 

Le PRÉSIDENT DES DÉBATS Bill Chafe, âgé de 63 ans, est membre à vie de la Légion où il œuvre depuis 43 ans. Il a servi dans le First Hussars Reserve Regiment, et il est actuellement membre de la filiale ontarienne Sarnia. M. Chafe a gravi les échelons jusqu’à celui de président des débats de la Direction générale. Il en est actuellement à son troisième mandat à l’échelon national où il siège aux comités de la constitution et des lois, des finances (budget) et des résolutions du congrès national; en outre, il siège depuis peu aux comités de l’avenir et des anciens combattants, service et ainés. Il est également secrétaire du conseil d’administration de Canvet. Il est employé à CIMS Limited Partnership et quand il a du temps libre, il s’occupe de tout ce qui a trait à la Légion, aux voyages et aux sports. Il est récipiendaire de la Médaille pour service méritoire avec Palme, et des médailles des jubilés d’or et de diamant de la reine Elizabeth II. Son épouse Laurie et lui ont deux enfants, Sharon et Bill, et sept petits-enfants.

 

Le PRÉSIDENT SORTANT Thomas Irvine, âgé de 66 ans, a été dans le Black Watch (Royal Highland Regiment) of Canada durant 23 ans, notamment lors d’un service commandé en Égypte dans le cadre de la Force d’urgence des Nations Unies. Il a passé 33 ans au service de la Légion, et il
est actuellement membre à vie de la filiale Hemmingford (Qc). M. Irvine a gravi les échelons de la Division du Québec jusqu’à ceux de vice-président des débats et de vice-président, et il en a été président des débats trois fois. Il a été président national des débats pendant 10 ans et a siégé à des comités nationaux pendant 19 ans : président des débats à l’adhésion, à la Ligue royale des anciens combattants du Commonwealth, aux résolutions du congrès national et aux anciens combattants, service et ainés; et il a aussi été vice-président des débats des comités de l’avenir et des finances (rémunération, budget, placement et pension). Il a également siégé aux comités suivants : constitution et loi, résolutions du congrès national, concentration sur l’avenir, Coquelicot et Souvenir, consultatif des anciens combattants et sports. En outre, il a été président des débats de Canvet. Il est actuellement vice-président des débats du comité de la Ligue royale des anciens combattants du Commonwealth, membre des comités des finances (budget et rémunération) et de l’avenir, et directeur de la Fondation nationale Légion. Il a pris sa retraite de TD Canada Trust en 2004, il est membre de la loge des francs-maçons Harmony no 131 du Grand Registre du Québec, et il a été sept fois maitre de la loge Argyle-Elgin no 7. M. Irvine est membre de la Black Watch Veterans Association de Montréal et récipiendaire de la Médaille du souverain pour les bénévoles, de la Médaille du jubilé d’or de la reine Elizabeth II et de la Médaille du jubilé de diamant de la reine Elizabeth II. Ses loisirs sont la marche et l’art oratoire. Son épouse Paulette et lui ont quatre enfants, Jennifer, Wanda, Tom et Tim, et quatre petits-enfants.

 

Le GRAND PRÉSIDENT Larry Murray, âgé de 74 ans, a pris sa retraite en 1997 après avoir passé 33 ans dans la Marine royale canadienne et avoir été chef d’état-major par intérim des Forces armées canadiennes. Il a rejoint Pêches et Océans Canada cette année-là et y a été nommé sous-ministre délégué. En 1999, M. Murray a été muté à Anciens Combattants Canada, où il a occupé le poste de sous-ministre. Il a ensuite occupé le poste de sous-ministre à Pêches et Océans entre 2003 et 2007. À l’échelon national de la Légion, il a été membre d’office des comités de la concentration sur l’avenir et de la défense et de la sécurité. Il est actuellement président des débats des comités consultatif des anciens combattants et de l’opération Harmony, ainsi que membre d’office du comité des anciens combattants, des services et des ainés, et il siège au comité de l’avenir et occupe un poste de directeur de la Fondation nationale Légion. M. Murray est ancien président des débats du conseil d’administration du Forum des politiques publiques et ancien président de la Division de la Ligue navale du Canada, partie continentale de la Nouvelle-Écosse. Il a été le premier président des débats du Comité consultatif de l’ombudsman des vétérans, membre de l’extérieur du Comité de vérification de la Défense nationale et colonel commandant honoraire des Services de l’aumônerie des Forces canadiennes. À l’heure actuelle, il est président des débats de la commission d’Examen indépendante d’acquisition de la Défense. La liste des décorations de M. Murray comprend ce qui suit : Membre de l’Ordre du Canada, Commandeur de l’Ordre du mérite militaire, Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, Médaille du service spécial de l’OTAN, Prix Vimy de la Conférence des Associations de la défense du Canada, Mention élogieuse du Chef d’état-major de la Défense, Mention élogieuse du ministre des Anciens Combattants, Médaille commémorative du 125e anniversaire de la Confédération du Canada et médailles des jubilés d’or et de diamant de la reine Elizabeth II. Son épouse, Claudia Buckley, et lui ont six enfants et se plaisent à passer du temps en compagnie de leurs sept petits-enfants. Quand il a du temps libre, il aime faire du bénévolat, du kayak, du jardinage, du jogging et de la lecture.

Un feu incontrôlé détruit la filiale Lytton

Le cénotaphe de la filiale Lytton a survécu à la conflagration qui a ravagé le village. [Division de la C.-B.–Yn]

Lytton, C.-B., a été dévastée le 30 juin par un feu incontrôlé. 

L’hôpital, le poste d’ambulances et la pharmacie ont été ravagés. La banque, le musée, le café, les deux épiceries ont été entièrement détruits… et avec eux, la filiale Lytton de la Légion royale canadienne. 

« Ce sera tout un défi, nous avait confié Sheila Maguire, présidente de la filiale, en aout dernier. Mais, nous irons de l’avant. »

Ce ne sera pas facile. Ça sera cher. Et, ça prendra du temps. 

Les murs extérieurs de l’édifice se sont écroulés. « Nous ne récupèrerons rien », a expliqué Mme Maguire.

Fin aout, elle faisait un dossier pour les assurances, et elle était trop occupée pour envisager l’avenir. Elle espère toutefois que la filiale acquerra un nouvel édifice, lieu de réunion pour les quelque 250 résidents de la ville et environ 2 500 personnes qui habitent dans la vallée.

« C’était un lieu achalandé dans les années fastes », souligne-t-elle. 

Il y a dix ans, la filiale était dans le sous-sol d’un bâtiment qui avait accueilli une salle de cinéma, puis un magasin d’alcools. La filiale avait des dettes et son avenir était incertain, mais quelques membres déterminés ont payé les factures de service public, lui ont prêté des fonds pour approvisionner le bar, et se sont portés volontaires pour en assurer la continuité. La filiale a organisé des diners-partage qui ont lentement renfloué les comptes, suffisamment pour entreprendre 65 000 $ de travaux de rénovation.

Le bâtiment de la filiale est l’un de ceux qui ont été entièrement détruits. [Division de la C.-B.–Yn]

La filiale a pris en main le rez-de-chaussée lorsque le magasin d’alcools a déménagé. Elle a consacré 85 000 $ à d’autres travaux de rénovation, notamment le remplacement du système de chauffage, du câblage, de la plomberie, de l’isolation, des meubles, de l’équipement de cuisine et des planchers. 

Le bâtiment devait être le cœur de la collectivité, un lieu pour les mariages, les réunions, les fêtes et ces moments de convialité quotidiens. 

Il a été détruit dans l’incendie quelques jours seulement avant la réouverture. 

Le financement de la reconstruction n’est qu’une partie du défi, explique Mme Maguire, qui a été élue présidente en 2016, au début du deuxième stade des rénovations. Il n’est jamais facile d’entreprendre des projets de construction dans les petites villes éloignées des grands centres urbains et, de fait, des magasins de matériel de chantier.

« Nous n’avons pas beaucoup de constructeurs, de travailleurs, de plombiers et d’électriciens à notre disposition. Et ils ont aussi peut-être subi des dégâts dans l’incendie. »

Faire venir du matériel et de la main-d’œuvre dans cette petite ville située sur la Transcanadienne à 160 kilomètres au sud-ouest de Kamloops sera tout un défi. Kamloops, le centre urbain le plus près, est en plein essor, ce qui entraine une pénurie d’ouvriers qualifiés dans la région. 

Plusieurs collectes de fonds ont été organisées en Colombie-Britannique pour aider la filiale. Les filiales qui souhaitent faire des dons peuvent les envoyer à la Direction de la C.-B.—Yn, à l’attention de la filiale Lytton n° 162. Les fonds seront placés en fidéicommis jusqu’à ce que la filiale puisse s’en servir. 

La Fondation nationale Légion propose une nouvelle option de dons patrimoniaux

La Fondation nationale Légion offrira aux donateurs une nouvelle option de dons patrimoniaux : les dons par police d’assurance.

Contrairement aux dons classiques, le don patrimonial prévoit faire don d’une partie de la succession d’une personne à une organisation sans but lucratif. Le donateur peut attribuer dans son testament une somme globale à donner à une œuvre de bienfaisance, ou faire des contributions régulières, comme s’il s’agissait de primes, à une police d’assurance dons patrimoniaux qui sera versée en cas de décès. 

« Une police d’assurance patrimoniale vous permet de faire un don après votre décès en versant de petits montants au fil de votre vie », explique Sam Laprade, directeur du développement de la FNL. 

Les petits montants donnés mensuellement finissent par représenter des sommes importantes au fil des années. Un don de 55 $ par mois, par exemple, totaliserait presque 10 000 $ au bout de 15 ans. Pour les œuvres de bienfaisance soutenues par les dons et le financement gouvernemental souvent instable, le don d’une grosse somme peut faire une grande différence. 

Les dons au FNL financent les pèlerinages du souvenir, les bourses d’études pour les familles d’ancien combattant et les concours du souvenir pour les jeunes. Ils aident aussi à financer d’autres organisations pour les anciens combattants.

« Cela permet aux gens d’inscrire les valeurs qu’ils ont de leur vivant au legs de la vie qu’ils ont vécue, conclut M. Laprade. C’est une possibilité pour les gens qui croient vraiment au travail qu’ils ont accompli […], un moyen de laisser un héritage aux générations à venir, afin que les gens n’oublient jamais. »

Le FNL prévoit lancer l’initiative pour les dons patrimoniaux vers la fin de l’automne. De plus amples renseignements se trouvent à la page https://lnfcanada.ca. 

Le coquelicot immortel est une œuvre d’art numérique

[La Légion royale canadienne]

La Légion royale canadienne a numérisé un vrai coquelicot de Flandre, symbole du souvenir, pour célébrer son 100e anniversaire. 

Le projet, désigné « Coquelicot immortel », a servi à créer des exemplaires virtuels riches en détails d’un coquelicot en pleine floraison cueilli en Flandre. La fleur numérique en 3D pivotante a des pétales portant les noms de Canadiens morts à la guerre depuis la Première Guerre mondiale. 

Les coquelicots, en nombre limité, seront vendus aux enchères dans des cybermarchés en tant qu’œuvres d’art numériques, mais le 100e exemplaire est réservé pour la Légion. Chacun d’eux sera remis en tant que jeton non fongible, sorte de fichier numérique numéroté et authentifié à l’achat, de sorte que chaque fichier sera unique. Les bénéfices de la campagne du Coquelicot immortel seront versés au fonds du coquelicot et serviront à appuyer les anciens combattants et leur famille. 

La mesure a été mise en œuvre en partie pour intéresser les Canadiens au domaine numérique dans lequel la Légion s’engage de plus en plus. 

« Nous sommes dans une ère moderne maintenant, dit M. Freeman Chute, directeur de la division du coquelicot et du souvenir. Nous avons “L’île du Souvenir” pour tendre la main aux jeunes, nous avons les troncs “Donnez. Commémorez.” du coquelicot […]. Il nous fallait quelque chose de plus dans le [domaine] numérique pour tendre la main à la collectivité, qu’on pourrait conserver pendant des années. »

L’île du Souvenir est une arène virtuelle dans le jeu vidéo populaire Fortnite, qui comprend des repères liés au rôle du Canada à la Grande Guerre. Les troncs Donnez. Commémorez. du coquelicot utilisent la technologie sans contact qui récolte les dons par carte bancaire plutôt qu’en argent liquide. 

La numérisation du coquelicot, dit M. Chute, était en toute logique l’étape suivante. 

« La promotion du souvenir est au cœur de la Légion. Nous le promouvons au moyen du coquelicot, et grâce à cette [campagne], nous immortalisons le sacrifice […] des combattants que nous avons perdus au fil des années », dit M. Chute.

La campagne du Coquelicot immortel commence le dernier vendredi du mois d’octobre et se termine le jour du Souvenir.