Les Soldats et les séparatistes

Des enfants s’émerveillent devant des soldats qui gardent des édifices à Montréal, en 1970. Le drapeau du Front de libération du Québec comprenait la silhouette d’un Patriote (en regard). [BAC/PA-129833; Musée canadien de la guerre]

Le Front de libération du Québec (FLQ), mouvement marxiste indépendantiste, tenta de renverser violemment l’ordre politique du Québec entre 1963 et 1970. Entre autres crimes, ses 500 membres perpétrèrent des dizaines d’attentats à la bombe dans la région de Montréal, en particulier contre le gouvernement fédéral. En 1970, la ville semblait en état de siège; la population était effrayée et les autorités, fortement ébranlées.

Le 5 octobre, des militants du FLQ kidnappèrent James Cross, délégué commercial de Grande-Bretagne à Montréal, et réclamèrent la libération de leurs camarades emprisonnés en échange de sa vie. Le 10 du même mois, une autre cellule du Front enlevait Pierre Laporte, ministre québécois de l’Immigration, du Travail et de la Main-d’œuvre. Ottawa s’alarmait.

Le gouvernement fédéral accéda immédiatement à la demande de Bourassa.

L’armée lança l’opération Ginger deux jours après. Plus de 3 000 soldats, dont un grand nombre de la BFC Kingston et de la garnison de Petawawa, furent déployés à Ottawa pour protéger les diplomates et les politiciens prééminents, les bâtiments publics clés comme le Parlement et les infrastructures essentielles comme les installations hydroélectriques.

Le 15 octobre, comme les choses s’envenimaient encore, le premier ministre du Québec, Robert Bourassa, demanda l’aide militaire d’Ottawa pour sa province. Compte tenu de la nécessité de protéger les fonctionnaires et les lieux de premier plan, sans parler des 10 jours de recherches intensives sur les enlèvements, les capacités des forces de police locales avaient été mises à rude épreuve. Le gouvernement fédéral accéda immédiatement à la demande de Bourassa.

L’armée lança l’opération Essay. Une compagnie de fantassins du Royal 22e Régiment (plus de 100 soldats) de la BFC Valcartier, près de Québec, se rendit tout de suite à Montréal en hélicoptères. De longs convois de véhicules militaires transportant des soldats du 5e Groupement de combat de Valcartier, y compris d’autres fantassins du 22e ainsi que des artilleurs et des membres d’unités blindées, se rendirent à Montréal, Québec, Trois-Rivières, Sherbrooke, Sorel et d’autres centres urbains.

Le 1er Commando du Régiment aéroporté du Canada prit l’avion à Edmonton le même jour pour se rendre à Montréal. Le lendemain, des éléments du Royal Canadian Regiment basés à Gagetown, N.-B. et à London, Ont. se précipitèrent vers la ville secouée par la violence. 

Le drapeau du Front de libération du Québec arborait un habitant armé, symbole historique des rebelles francophones d’antan. [MUSÉE CANADIEN DE L’HISTOIRE]

Les soldats étaient armés et appuyés par des unités des communications, du renseignement et de la logistique de diverses bases du pays. La réponse militaire était complète et efficiente. Plus de 7 500 soldats finirent par servir à Montréal.

Ils patrouillaient dans les rues, effectuaient des missions de reconnaissance aérienne et gardaient l’hôtel de ville, les bâtiments fédéraux, les maisons de politicien et les infrastructures essentielles, ce qui permettait aux policiers de se concentrer sur la poursuite des ravisseurs. 

Le 16 octobre, le gouvernement fédéral proclama la Loi sur les mesures de guerre, supprimant les libertés civiles et permettant à la police d’assumer des pouvoirs de perquisition et de saisie extraordinaires jusqu’à ce que l’ordre public soit restauré. Les soldats ne menaient pas de raids eux-mêmes, mais ils aidaient les policiers en bouclant et sécurisant leurs zones d’opérations, se tenant parfois coude à coude.

Laporte fut assassiné par ses ravisseurs le 17 octobre. Ce n’est qu’au mois de décembre que les ravisseurs de Cross furent retrouvés. Leur exil à Cuba fut accepté en échange de la libération de leur otage. 

La plupart des soldats partirent de Montréal ce mois-là, et le dernier s’en alla en début février 1971. Pas un seul coup de feu n’avait été tiré par les militaires, mais leur démonstration de force avait permis de restaurer la sécurité du public. La révolution du FLQ avait été écrasée.

Une artiste lève le voile sur les blessures cachées de la guerre

Anggun Rabu, âgée de 16 ans, a remarqué quelque chose en regardant les affiches commémoratives concernant les anciens combattants canadiens : les blessés y étaient le plus souvent victimes de lésions physiques.

Rabu, élève de 12e année à Abbotsford, C.-B., qui peint depuis l’âge de neuf ans, a donné le thème de santé mentale et trouble de stress posttraumatique à son affiche.

Le résultat convaincant de ses efforts, portrait disloqué d’un vétéran de la marine et de ses souvenirs, a remporté la première place dans la catégorie séniore des affiches en couleurs aux concours littéraires et d’affiches de la Légion royale canadienne.

« Not all war wounds are visible » (Les blessures de guerre ne sont pas toutes visibles, NDT), est-il écrit dans l’œuvre qui, selon sa créatrice, vise à faire la lumière sur une affliction souvent occultée et incomprise.

« J’ai remarqué que la plupart des affiches représentaient principalement la douleur physique que les soldats ont éprouvée », a déclaré Rabu, qui prenait part au concours pour la première fois et qui avait été invitée à présenter une œuvre par son professeur d’art.

« Je voulais faire quelque chose de plus sur la maladie mentale, comme le TSPT. C’est à propos des cicatrices mentales, et du fait qu’ils les ont jusqu’à la fin de leurs jours. C’est ce que je voulais présenter, et sensibiliser les gens de cette façon. »

Son œuvre met en scène un vétéran de la marine – élément du militaire qui, selon elle, est sous-représenté dans l’art commémoratif – aux rides accentuées par des sacs de sable et entrecoupé de scènes d’une guerre passée avec des plaques d’identité de soldats, indices de ceux qui ne sont pas rentrés au pays.

« C’est une œuvre assez compliquée », a déclaré la directrice générale des Publications Canvet Ltée, Jennifer Morse, artiste elle-même et juge du concours. « L’idée de la guerre et le déchiquetage du visage donnent une affiche assez sophistiquée. »« Ce sont toutes de belles œuvres, et le temps et les dimensions sont vraiment remarquables. »

Premières places aux affiches séniores

Anggun Rabu d’Abbotsford, C.-B., a remporté le concours sénior des affiches en couleurs grâce à son portrait des blessures internes de certains anciens combattants.

L’affiche en noir et blanc séniore gagnante a été dessinée par Shaelyn Lorensen d’Abbotsford, C.-B.

Valentina Donato de Greely, Ont., a obtenu la deuxième place au concours senior d’affiches en noir et blanc grace à son portrait de la jeunesse et de l’âge.

Premières places aux affiches intermédiaires

La première place au concours d’affiches intermédiaires a été décernée à Louise McCrow de Campbellford, Ont. (couleurs).

La première place au concours d’affiches intermédiaires a été décernée à Anna Mikhailov d’Ottawa (noir et blanc).

Premières places aux affiches juniores

Seowoo (Alice) Jeon de North Vancouver, C.-B., a remporté le concours junior d’affiches en couleurs.

Dawn Wang de Richmond Hill, Ont., a remporté le concours junior d’affiches en noir et blanc.

Premières places aux affiches primaires

Maximilian Lee de Calgary a remporté le concours primaire d’affiches en couleurs.

Peiru (Brian) Chen de Surrey, C.-B., a remporté le concours primaire d’affiches en noir et blanc.

Plus de 100 000 enfants et jeunes s’inscrivent aux divers niveaux des concours littéraires et d’affiches chaque année depuis au moins 40 ans : des millions au total. Le but du concours est simple : favoriser le souvenir chez les Canadiens.

C’est un outil efficace qui non seulement favorise le Souvenir, mais qui inspire les artistes.

« On peut dire en voyant certaines de ces œuvres que ces enfants sont créatifs et qu’ils vont très probablement passer leur vie dans les arts d’une manière ou d’une autre, a déclaré Mme Morse. Et je pense que quand on est ce genre de personne, qu’on a cette ouverture d’esprit, cette sensibilité, l’expérience résonnera en soi, immédiatement et de façon permanente. »

« Quand on pense à cela et au fait que des millions d’enfants ont été touchés par ce concours au fil des années, c’est sûr que le souvenir se perpétue et que cela inspire un sentiment durable de responsabilité concernant la dette que nous avons envers ceux qui sont morts, ceux qui ont été blessés, ceux qui ont fait la guerre. »

La variété des œuvres dans les catégories séniores, intermédiaires, juniores et primaires est impressionnante, et elle évite admirablement les thèmes et les représentations éculés.

Dans sa composition gagnante chez les séniors, Ryan McCardle de Mount Stewart, Î.-P.-É., réfléchit à son premier jour du Souvenir, quand il avait 10 ans, et que transi de froid, il était fâché que sa mère eût insisté pour qu’il l’accompagne durant cette expédition quand quelques mots provenant de l’estrade lui ont résonné dans la tête « comme si un bâton avait frappé une balle ».

« Ce que je crains le plus, c’est que les jeunes ne se souviennent plus, disait l’orateur qui portait un long manteau noir. Ils ne conçoivent pas pleinement tous les sacrifices de leurs prédécesseurs. Ils ne peuvent pas saisir ce que serait leur vie si les soldats canadiens n’étaient pas allés se battre pour la liberté. »

« La déclaration, écrit McCardle, s’est vraiment installée en moi ».

« Je suis allé aux cérémonies du jour du Souvenir toute ma vie, et je m’y dis en moi-même : ‘Nous nous souviendrons’ et ‘Nous ne les oublierons jamais’. Maintenant, je me demande si mes semblables vont vraiment se souvenir ou pas. »

« Beaucoup de mes camarades de classe sont restés chez eux aujourd’hui et profitent d’une journée sans classes. Ils ne pensent pas au sacrifice ultime que des millions de soldats ont fait, ni aux terreurs qu’ils ont endurées. Il ne me reste qu’à espérer. À espérer qu’eux non plus n’oublieront jamais. »

Les concours ont fait une impression profonde et durable sur Valentina Donato, âgée de 17 ans, de Greely, Ont., qui a couronné sept années d’inscriptions locales et provinciales notoires par une deuxième place dans la catégorie séniore nationale des affiches en noir et blanc.

Pour cette artiste en herbe, la distinction nationale concernant son dessin au fusain – où un vétéran de la campagne des Pays-Bas de la Seconde Guerre mondiale, magnifiquement flétri, se trouve en face du visage de sa jeunesse – était aussi estimable que la victoire. « C’est incroyable », dit-elle.

Donato qui, cet automne, devait s’inscrire en beaux-arts à l’Université d’Ottawa, dit qu’elle trouve que le fusain est un moyen particulièrement efficace pour le sujet qui nous occupe.

« J’ai aussi employé d’autres moyens artistiques, comme la peinture, mais […] c’est le fusain qui me plait vraiment, » dit-elle. « Je trouve qu’il me sert à susciter beaucoup d’émotions dans mes œuvres. J’aime vraiment le contraste et créer les ombres et les lumières qui donnent cette émotion qu’on ressent quand on regarde les choses. »

Elle a entendu parler des concours pour la première fois à l’école primaire, et elle s’est vite plongée dans l’histoire des Canadiens à la guerre. Les connaissances qu’elle a acquises au fil des années nourrissent son art; elles lui permettent de saisir la réalité et de mettre de la profondeur dans ses œuvres.

« Je ne me serais pas intéressée à l’histoire et à notre passé si je n’avais pas eu conscience du [concours] au préalable, en 6e année. J’avais toujours hâte à l’année prochaine, pour en savoir plus, pour savoir ce que je pourrais montrer dans mon art. »

 

Les concours d’affiches en couleurs ou en noir et blanc, de poésie et de composition sont ouverts à tous les élèves du système scolaire canadien. Les œuvres sont jugées par des bénévoles au niveau de la collectivité, aux filiales de la Légion, et les inscriptions gagnantes suivent leur chemin jusqu’au niveau divisionnaire.

Celles qui gagnent sont envoyées à Ottawa où sont déclarées les gagnantes nationales. Ces œuvres sont publiées dans un livret et les affiches gagnantes séniores, exposées au Musée canadien de la guerre pendant un an. Les inscriptions ayant remporté la deuxième place et celles qui ont mérité une mention honorable sont exposées dans le hall d’entrée du Parlement, en novembre, pendant la période du Souvenir.

Les œuvres littéraires séniores sont également exposées au Musée canadien de la guerre. La Légion parraine un voyage à Ottawa pour les quatre lauréats séniors, où ils rencontrent la gouverneure générale et déposent une couronne au Monument national de guerre au nom de la jeunesse du Canada, à l’occasion de la cérémonie du jour du Souvenir.

A-t-on eu raison d’accorder le passage libre jusqu’à Cuba aux ravisseurs de James Cross?

[Joel Kimmel]

D’Arcy Jenish dit que OUI

Aux premières heures du matin, le 3 décembre 1970, des dizaines de policiers et de soldats armés jusqu’aux dents ont encerclé une maison modeste à Montréal-Nord où, pendant près de deux mois, le diplomate britannique James Cross avait été tenu en otage par une bande de soi-disant révolutionnaires qui formaient une cellule du Front de libération du Québec.  

Ils ont opté pour une façon raisonnable de mener la crise de l’enlèvement à une conclusion pacificque.

Leur situation était désespérée, mais les kidnappeurs demeuraient réfractaires. Ils ont averti les autorités par un communiqué écrit à la main que si la police tentait de prendre leur planque d’assaut avec des fusils ou du gaz lacrymogène, Cross serait le premier à mourir. Et ils avaient deux carabines de calibre .30 à canon tronqué, deux armes de poing et huit livres de dynamite.

Plutôt que de risquer la vie du diplomate, les autorités ont accordé aux kidnappeurs le passage libre jusqu’à Cuba en échange de sa libération. Ils ont opté pour une façon raisonnable de mener la crise de l’enlèvement à une conclusion pacifique et le temps passé a prouvé la sagesse de leur décision.

[Jeff Goode, Toronto Star Archives 0041343f]

L’exil à Cuba a été un cauchemar pour les kidnappeurs. Ils ont été confinés dans des hôtels à La Havane pendant plusieurs mois d’affilée. Ils se sont atrocement ennuyés.

Le groupe était miné par les dissensions. Jacques Cossette-Trudel et sa femme, Louise Lanctôt, ont renoncé au terrorisme, ce qui a provoqué une rupture entre eux et le frère de Louise, Jacques, qui était chef du gang.

À l’automne 1973, les exilés voulaient tous désespérément partir de Cuba. En juillet 1974, les Cubains leur ont finalement fourni des documents de voyage et des billets d’avion leur permettant de se rendre à Prague et de là, à Paris.

Ils ont trouvé la vie dans la capitale française lamentable, au moins les Lanctôt et les Cossette-Trudel, qui étaient coincés dans des emplois serviles bas de gamme et logés dans des appartements miteux en banlieue. En outre, ils avaient réellement le mal du pays. Les Cossette-Trudel se sont hasardés à revenir en décembre 1978. Lanctôt et sa famille sont arrivés en janvier 1979; Marc Carbonneau, en mai 1981 et Yves Langlois, en juin 1982.

Ils ont tous été arrêtés immédiatement à leur atterrissage au Canada et accusés de diverses infractions liées à l’enlèvement de Cross. Ils ont comparu devant les tribunaux : Carbonneau a été condamné à 20 mois, la sentence la plus légère, et Lanctôt à trois ans, la plus lourde, car c’était lui le chef de cette faction criminelle et qu’il était impénitent.

Parmi certains Montréalais anglophones ainsi que dans les médias de langue anglaise, il y a eu des marmonnements de mécontentement relativement à la perception d’indulgence des tribunaux, mais la presse francophone a conclu que les cas avaient été traités correctement.

Dans l’ensemble, on peut dire que le cas des kidnappeurs de Cross a été traité de façon appropriée, d’abord par les autorités canadiennes et ensuite par les tribunaux. Les autorités ont libéré le diplomate sans bain de sang, et les tribunaux ont prononcé des peines raisonnables selon lesquelles les ravisseurs ont tous été derrière les barreaux. L’exil n’était vraiment pas aussi sombre que le pénitencier fédéral, mais leur vie à Cuba et à Paris avait été misérable et ils sont revenus au Canada plus vieux, châtiés et un peu plus sages.

[Joel Kimmel]

J.L. Granatstein dit que NON

Dans ses mémoires, Beyond Reason, Margaret Trudeau a écrit que son mari l’a avertie en octobre 1970 que si elle ou leur bébé, Justin, étaient enlevés, il ne négocierait pas leur libération.

« Tu veux dire que tu les laisserais me tuer plutôt que d’accepter leurs conditions? » lui a-t-elle demandé.

« Oui », a répondu Pierre Trudeau. Autrement dit, le Canada ne négocierait jamais avec des terroristes.

Mais quand, le 5 octobre, le Front de libération du Québec s’est emparé de James Cross, délégué commercial britannique à Montréal, et a renchéri en enlevant le ministre québécois du Travail, Pierre Laporte, le Canada a en fait négocié avec les terroristes et accordé le passage libre jusqu’à Cuba aux ravisseurs de Cross.

La résolution de Trudeau – « Regardez-moi faire » – et sa promulgation de la Loi sur les mesures de guerre ont brouillé la mémoire du public.

 

La cellule du FLQ qui séquestrait Cross a publié une liste de conditions en échange de sa libération : arrêter les recherches de la police les concernant; libérer 23 membres du FLQ qui étaient prisonniers « politiques »; diffuser leur manifeste; leur donner 500 000 $ en lingots d’or; et organiser un asile en Algérie ou à Cuba aux membres de la cellule. Acceptez les demandes, déclarait la cellule, ou Cross mourra.

Vu que Cross était diplomate, le ministre des Affaires étrangères, Mitchell Sharp, s’est chargé de la réponse immédiate et a informé le Parlement qu’il avait consulté Londres et Québec, et qu’ils recommandaient le rejet des demandes du FLQ.

Mais le 8 octobre, Sharp a commencé le processus de négociation en permettant la diffusion du manifeste du FLQ, violente diatribe où Trudeau était traité de « tapette » et le maire de Montréal, Jean Drapeau, de « chien ». Le premier ministre n’avait apparemment pas été consulté, et il était très en colère. La cellule du FLQ, cependant, était ravie, croyant qu’on se plierait à ses exigences.

Le 10 octobre, le ministre québécois de la Justice, Jérôme Choquette, a annoncé à la télévision qu’il n’y aurait pas de négociation. Mais il a ensuite accordé une concession majeure : un saufconduit vers un pays étranger. Laporte a été enlevé cette nuit-là.

Soyons clairs : Ottawa et Québec ont sourcillé.

Le lendemain, après avoir consulté Trudeau, Bourassa a entamé à nouveau les négociations et, le 12 octobre, nommé un avocat pour s’entendre avec un avocat du FLQ. Peu après, un groupe de 16 notables du Québec, estimant qu’aucun prix n’était trop élevé pour sauver Cross et Laporte, a exhorté Ottawa et Québec à la négociation. Les soldats patrouillant dans les rues du Québec et d’Ottawa, la Loi sur les mesures de guerre entrant en vigueur le 16 octobre et Laporte retrouvé assassiné dans le coffre d’une voiture, la police n’avait qu’à faire son travail.

La planque du FLQ a été trouvée. Cross a été libéré le 4 décembre. Ottawa avait négocié avec Cuba afin de permettre aux cinq kidnappeurs de s’y rendre et mis un avion de l’Aviation à leur disposition : dernière étape de l’affaire. Les meurtriers de Laporte ont été capturés le 28 décembre.

Soyons clairs : Ottawa et Québec ont sourcillé. Les meurtriers de Laporte ont été incarcérés, mais les kidnappeurs de Cross se sont enfuis à Cuba. Le FLQ a atteint ses objectifs en éveillant les Québécois quant au penchant séparatiste grâce à son manifeste et à l’obtention d’un asile. Ce n’était pas la victoire de la fermeté, et Margaret Trudeau, est-on en droit de supposer, n’avait pas besoin de craindre pour sa vie.


D’ARCY JENISH est journaliste de magazine et auteur de 10 livres. Son dernier s’intitule The Making of the October Crisis: Canada’s Long Nightmare of Terrorism at the Hands of the FLQ.

J.L. GRANATSTEIN a écrit des dizaines de livres, dont Who Killed Canadian Military History? et Canada’s Army: Waging War and Keeping the Peace. Il a été directeur et chef de la direction du Musée canadien de la guerre.

L’unité de neutralisation d’explosifs

 

Robert Côté, portant une tenue de déminage Spooner de 38 kg, place un paquet dans la remorque de déminage de la police de Montréal en 1968. [Musée canadien de l’histoire]

Robert Côté de Montréal doit sa vie à cette pince coupe-fil (ci-dessus) de 3,95 $ achetée chez un quincailler en 1963. Il l’a utilisée pour désamorcer des dizaines de bombes pendant la campagne de terreur de sept ans du Front de libération du Québec.

Pince coupe-fil [Musée canadien de l’histoire]

Côté, chef de l’escouade anti-bombes de la police de Montréal à la retraite, estime que les spécialistes ont désamorcé ou fait exploser environ un tiers des bombes du FLQ (ou qu’elles ont fait défaut).

Mais « il y a 200 bombes qui ont explosé », nous dit Xavier Gélinas, conservateur d’histoire politique du Musée canadien de l’histoire. À Montréal, dans les années 1960, nous avions toujours les bombes à l’esprit; tout le temps. »

Le FLQ employait la violence pour parvenir à la réforme politique et sociale : vols à main armée, attentats à la bombe, détournements d’avions, rapts, assassinats.

Cette violence a été la cause de huit morts, de dizaines de mutilés et de centaines de blessés.

Le FLQ ciblait les symboles du colonialisme et les entreprises et institutions anglophones, mais ses victimes étaient souvent des gens du commun. La bombe était son arme de prédilection. Il utilisait des cocktails Molotov et de la dynamite chapardée dans les chantiers de construction qu’il y avait ici et là dans la ville grâce au boom de la construction précédant l’Expo 67.

Il y a eu des bombes dans le domicile du maire et dans celui du chef de la police, à la tour de communication principale de la ville, au quartier général de la GRC, dans des sites militaires, à l’hôtel de ville, dans une salle de la Légion royale canadienne, à la Bourse de Montréal, dans des écoles et à l’Université McGill.

 

Le FLQ s’était constitué en février 1963, et il a immédiatement donné du fil à retordre au seul démineur qu’avait la police. En avril, les bombes ont secoué un immeuble fédéral de l’impôt, la gare centrale de Montréal et une ligne de chemin de fer du CN que le premier ministre du pays était sur le point de prendre. L’ancien combattant William Vincent O’Neill a été tué par une bombe dans un centre de recrutement de l’armée.

Le drapeau du Front de libération du Québec arborait un habitant armé, symbole historique des rebelles francophones d’antan. [MUSÉE CANADIEN DE L’HISTOIRE]

On avait besoin d’un plus grand nombre de spécialistes des engins explosifs. Une nouvelle unité de neutralisation d’explosifs dont Côté faisait partie, formée par le Corps du génie royal du Canada, s’est mise au travail le 10 mai.

Quinze bombes ont été mises dans 11 boites aux lettres à Westmount, riche quartier anglophone, le 17 mai. Elles étaient faites de trois bâtons de dynamite, d’une petite pile et d’un détonateur branché à une montre de poche Dax, a rapporté D’Arcy Jenish dans The Making of the October Crisis (La genèse de la crise d’octobre, NDT). Cinq ont explosé au beau milieu de la nuit.

Les ingénieurs de l’armée ont été appelés au secours. Une bombe a explosé entre les mains du sergent Walter Leja qui en avait déjà désamorcé deux. Il y a perdu un bras, a été atteint de lésions cérébrales et de paralysie, a perdu l’ouïe et la parole, et a passé la majeure partie du reste de sa vie à l’hôpital des anciens combattants de Sainte-Anne-de-Bellevue, où il est mort en 1992.

Tenue blindée de 38 kilogrammes fabriquée par Spooner Armor Protective Equipment aux États-Unis. [Musée canadien de l’histoire]

Côté manipulait souvent les bombes à mains nues, coupant le fil reliant la minuterie au détonateur. Dans le coffre de sa voiture, il rangeait une tenue blindée de 38 kilogrammes, incommode et chaude, fabriquée par Spooner Armor Protective Equipment aux États-Unis. Elle lui a bien servi.

Côté a désamorcé sa dernière bombe le 12 juillet 1970 : 45 kilogrammes de dynamite dans une voiture laissée dans l’allée reliant les quatre bâtiments du siège social de la Banque de Montréal. « Si j’avais échoué ce jour-là, il aurait probablement fallu gratter nos restes sur les murs pour les envoyer à trois ou quatre maisons funéraires », a déclaré Côté dans le livre de Jenish.

Solliciter l’aide de la Ligne d’information pour les familles

John, un ancien combattant, a été membre actif des Forces armées canadiennes pendant 12 ans et a été libéré pour raisons médicales il y a environ un mois. À sa libération des FAC, il se sentait un peu comme en vacances.

Après environ trois semaines, il est devenu maussade et s’est mis à crier plus souvent après sa femme, Suzanne. John manquait de patience et était souvent en colère. Suzanne a fini par se demander s’il commençait à ressentir les effets de son départ des FAC. Elle avait l’impression qu’il était tout le temps sous ses pieds. Il semblait critiquer tout ce qu’elle faisait.

Et puis, hier, ce fut l’éruption. Cela a commencé par presque rien, puis a dégénéré en une violente dispute. Elle a pris fin lorsque Suzanne a crié à John qu’il était insupportable et qu’il devrait appeler la Ligne d’information pour les familles (LIF) car il avait grandement besoin d’aide. Elle a claqué la porte en sortant.

John fulminait. Il s’est calmé après un certain temps, et c’est là qu’il a remarqué le numéro de la LIF sur le réfrigérateur. Il a décidé de le composer.

Il a appris qu’elle était toujours en service, même pendant les vacances. Le conseiller qualifié était convivial et professionnel, bien que ce fût un samedi à 22 heures. Le conseiller a renseigné John sur des services qui pourraient lui être utiles pendant sa transition.

Avant qu’ils ne raccrochent, le conseiller a pris le temps de lui offrir des services de counseling. Au début, John ne se sentait pas assez à l’aise pour lui parler de sa journée. Par la suite, il a constaté qu’il se sentait mieux d’en avoir parlé. Avant de raccrocher, le conseiller a rappelé à John que la LIF est également offerte à Suzanne et à n’importe quel autre membre de leur famille. Les services peuvent même être rendus en français à Suzanne, qui est francophone.

Saviez-vous que le soutien et l’aide des Services bienêtre et moral des Forces canadiennes vous sont aussi offerts gratuitement, à vous et à vos proches?

Les conseillers qualifiés y sont à votre disposition, prêts à vous aider dans un espace sûr et confidentiel. Ils peuvent vous venir en aide quand les choses vont mal et que vous n’avez besoin que de parler à quelqu’un. Ils peuvent également vous aider en vous offrant ce qui suit :
• renseignements et aiguillage
• appui et réconfort, y compris consultation psychologique virtuelle
• gestion de crise

Vous pouvez consulter la Ligne d’information pour les familles en tout temps, quelle qu’en soit la raison. Composez le 1 800 866-4546 (en Amérique du Nord) ou 00-800-771-17722 (à l’étranger). Vous pouvez aussi envoyer un courriel à LIF@connexionFAC.ca.


À votre service est écrit par des officiers d’entraide des directions de la Légion. Pour communiquer avec un officier d’entraide, composez sans frais le 1-877-534-4666, ou visitez le site Web d’une direction. Consultez www.legionmagazine.com pour les archives des trois dernières années.

La tombe du Soldat inconnu a 20 ans

[Commonwealth War Graves Commission]

Il y a plus de 20 ans, la Légion royale canadienne a décidé de rendre hommage aux plus de 115 000 Canadiens qui avaient fait le sacrifice ultime aux deux guerres mondiales, en Corée, en Afrique du Sud ou en Afghanistan. L’initiative a mené à une cérémonie en France, où les restes d’un soldat canadien inconnu mort en 1917, à la crête de Vimy, ont été exhumés.

Le 28 mai 2000, les restes ont été exposés solennellement dans le Hall d’honneur, au Parlement, puis ils ont été inhumés à l’ombre du Monument commémoratif de guerre du Canada pour y résider à jamais dans l’anonymat.

Depuis presque 20 ans, la tombe du Soldat inconnu est un point de convergence où, exaltés par les sacrifices des Canadiens, des milliers déposent leur coquelicot à la fin des cérémonies annuelles du jour du Souvenir.

À l’occasion du 20e anniversaire, David Loveridge, directeur régional de la Commission des sépultures de guerre du Commonwealth (CSGC), a déposé une couronne et des fleurs obtenues au cimetière britannique Cabaret-Rouge, lieu de repos originaire du soldat.

« Pendant ces temps difficiles, il est plus important que jamais pour les Canadiens de réfléchir à ceux qui ont servi, à ceux qui ont donné leur vie pour que nous puissions vivre librement en toute sécurité », a déclaré Loveridge, qui supervise les tombes du Commonwealth dans les Amériques.

« La tombe du Soldat inconnu est l’un des tombeaux de guerre les plus éminents de la CSGC qui honore tous ceux qui sont morts dans l’anonymat au service du Canada. Nous continuerons de maintenir cette partie de l’histoire du Canada. »

[Stephen J. Thorne/revue Légion]

C’est le lieutenant-général Roméo Dallaire qui, lorsqu’il faisait partie du groupe de planification du projet du millénaire, a argumenté contre les intentions initiales d’enterrer une victime de la guerre d’Afrique du Sud (1899-1902), laquelle était en fait la première guerre du Canada à l’étranger.

Dallaire a souligné que c’est à Vimy que les quatre divisions canadiennes ont combattu ensemble pour la première fois. Certains ont dit de la victoire qu’elles y ont remportée, et où 3 598 membres du Corps canadien ont été tués et 7004, blessés, qu’elle était la naissance de la nation.

La tombe a été conçue par l’artiste canadienne Mary-Ann Liu. Le sarcophage contient de la terre de la tombe d’origine du soldat, en France, de chaque province et de chaque territoire, ainsi qu’une plume qui représente les peuples autochtones.

Les sculptures en bronze du Monument comprennent des éléments clés de la sculpture sur pierre de l’autel du Mémorial de Vimy : une épée médiévale, un casque et des branches d’érable symbolisant la victoire et la mort.

Quatre pièces de coin en bronze complètent la structure : trois reproductions de la Croix du Souvenir canadienne et un coquelicot, symbole du souvenir.

 

Seize mois après la cérémonie, des terroristes d’Al-Qaïda ont détourné quatre avions de ligne et fait crouler les tours jumelles du World Trade Center à New York et une partie du Pentagone à Washington, DC. Un autre avion s’est écrasé dans un champ en Pennsylvanie.

Vingt-quatre Canadiens sont morts dans les attaques. En quelques semaines, les soldats canadiens des forces spéciales se sont joints aux combattants des États-Unis et des autres pays de la coalition en Afghanistan, où les pirates de l’air et d’autres terroristes étaient formés sous la direction du cerveau des attaques, Oussama ben Laden. 

Après des années en service aux missions de maintien de la paix obscures et ingrates aux quatre coins du monde, les militaires canadiens étaient de retour au front : leur premier engagement offensif depuis 1953, en Corée. Pendant plus de 13 ans, la guerre du Canada la plus longue, au moins 158 soldats canadiens ont trouvé la mort, réveillant dans l’esprit du public canadien le rôle que son armée a joué au cours du dernier siècle et demi depuis la Confédération.

L’idée de commémorer la mort des soldats dont les restes ont été enterrés sans qu’on les ait identifiés a émergé pendant la Grande Guerre qu’on a appelée la guerre qui mettrait fin à la guerre.

Environ 8,6 millions de soldats de tous les côtés sont morts à la Première Guerre mondiale. Motivée en grande partie par les termes draconiens de sa reddition inconditionnelle, l’Allemagne nazie a commencé une nouvelle guerre de conquête en 1939. Quelque 75 millions de personnes sont mortes entre 1939 et 1945, dont environ 20 millions de militaires.

Sur les plus de 66 000 Canadiens morts à la Première Guerre mondiale, près de 20 000 n’ont pas de tombe identifiée.

[Commonwealth War Graves Commission]

C’est en novembre 1916 qu’en France, un officier local du Souvenir Français a proposé d’enterrer un « soldat inconnu ». La proposition a été portée au Parlement français en novembre 1918, et elle a été adoptée en septembre de l’année suivante.

En Grande-Bretagne, le révérend David Railton, aumônier de l’armée britannique en service au front occidental, a proposé un projet semblable après avoir vu une tombe marquée d’une croix grossière. Les mots « An Unknown British Soldier » (un soldat britannique inconnu, NDT) y avaient été inscrits au crayon.

Les deux pays avaient prévu des funérailles symboliques et l’enterrement d’un seul « guerrier inconnu ». Railton proposait d’intégrer un monument national à la version britannique.

Le Royaume-Uni et la France ont réglé des cérémonies le jour de l’Armistice 1920. Au Royaume-Uni, le Tomb of the Unknown Soldier a été créé à l’abbaye de Westminster, alors qu’en France la tombe du Soldat inconnu a été placée sous l’Arc de Triomphe de l’Étoile.

L’idée a vite circulé. Les États-Unis ont dévoilé leur propre tombeau du soldat inconnu en 1921, au cimetière national d’Arlington, à Washington, DC, au bord du fleuve Potomac.

Les Étasuniens ont depuis enseveli sur les lieux les restes de soldats inconnus de la Seconde Guerre mondiale, de la guerre de Corée et du Vietnam.

D’autres pays leur ont emboîté le pas, au moins 58 actuellement. Au Chili et en Ukraine, d’autres tombeaux ont été dévoilés en l’honneur du Marin inconnu.

Aujourd’hui, grâce à l’analyse de l’ADN, il est possible d’identifier des restes humains d’il y a aussi longtemps que la guerre de 1812.

Depuis 2007, le Programme d’identification des pertes militaires de la Défense nationale a servi à identifier 31 Canadiens et 19 étrangers grâce à diverses méthodes, dont les recherches historiques, archéologiques et anthropologiques, les sciences de laboratoire, l’odontologie médico-légale, la généalogie et les artéfacts. On a quand même enterré les restes de cinq personnes non identifiables.

Des morts des deux guerres mondiales, de la Corée et d’autres conflits sont enterrés à l’étranger dans les terres offertes à cet effet par les pays où ils sont tombés.

Le Canada a modifié sa politique contre le rapatriement des morts de guerre en juillet 1970 et fait maintenant rapporter ses morts pour les enterrer à l’endroit de leur choix.

La Commission des sépultures de guerre du Commonwealth commémore les 1,7 million de militaires du Commonwealth qui sont morts au cours des deux guerres mondiales. Elle est présente dans plus de 23,000 endroits de plus de 150 pays et maintient un très grand nombre de documents dans ses archives.

Un Lieu Sacré

[Stephen J. Thorne]

Il y a 20 ans que les restes d’un soldat inconnu mort à la crête de Vimy, en France, lors de la Première Guerre mondiale ont été inhumés dans la Tombe du Soldat inconnu à Ottawa.

Un hommage semblable a été rendu dans d’autres pays : la Tomb of the Unknown Soldier (tombe du soldat inconnu) de la Grande-Bretagne est à l’abbaye de Westminster, à Londres; le tombeau du Soldat inconnu de la France se trouve en dessous de l’Arc de Triomphe, à Paris; le Tomb of the Unknown Soldier des États-Unis est un monument situé dans le cimetière national d’Arlington, en Virginie.

Le tombeau à Ottawa avait été proposé par la Légion royale canadienne comme projet du millénaire. Le gouvernement fédéral ayant accepté le plan proposé pour la première fois en 1996, de grands efforts furent entrepris, auxquels prirent part les ministères des Anciens combattants, des Travaux publics et Services gouvernementaux, du Patrimoine canadien et de la Défense nationale, ainsi que la GRC, le Musée canadien de la guerre, la Commission des sépultures de guerre du Commonwealth et le Bureau du gouverneur général. 

Des prières et des panégyriques furent faits et la tombe, recouverte. Le soldat y repose maintenant à perpétuité.

Le corps fut exhumé d’une tombe marquée de l’inscription « Known unto God » (Connu de Dieu seul, NDT) au cimetière britannique Cabaret-Rouge, près de Vimy. Les organisateurs prirent l’engagement de ne jamais tenter d’identifier le soldat. Le travail d’identification se poursuit, cependant, sur les autres restes anonymes.

[Adam Tindal]

Le corps fut transporté à Ottawa où il reposa en chapelle ardente pendant trois jours. Une cérémonie grandiose eut lieu le 28 mai, durant laquelle la gouverneure générale, Adrienne Clarkson, et le premier ministre, Jean Chrétien, dirigèrent une procession dans les rues d’Ottawa, de la Colline du Parlement jusqu’au Monument aux morts.

Là, le corps fut solennellement descendu dans la tombe qui y avait été creusée. Les présidents des divisions de la Légion royale canadienne versèrent de la terre des provinces et territoires dans la tombe. Des prières et des panégyriques furent faits et la tombe, recouverte. Le soldat y repose maintenant à perpétuité.

 

Au mois de novembre suivant, le jour du Souvenir, les gens assistant à la cérémonie nationale réglée au Monument commémoratif de guerre déposèrent respectueusement leurs coquelicots sur le tombeau après les formalités. C’est devenu une tradition annuelle. À l’avenant, le tombeau est couvert de milliers de petits drapeaux canadiens à la fête du Canada.

Les cérémonies du jour du Souvenir attirent des foules de plus en plus grandes depuis que le Canada a envoyé ses forces combattre en Afghanistan.

La Légion et d’autres associations d’anciens combattants ont réussi à convaincre le ministère de la Défense nationale de poster un garde de cérémonie à la tombe pendant la journée entre avril et novembre. Les membres des Forces armées canadiennes, de tous les services, considèrent depuis que c’est un grand honneur d’y faire la garde. 

En 2014, le caporal Nathan Cirillo de l’Argyll and Sutherland Highlanders of Canada a payé le prix ultime pour ce service quand il a été tué par un homme armé instable (cf. pages 62 et 84).

 

Vu les restrictions causées par la pandémie, la cérémonie du 28 mai rappelant le 20e anniversaire a été réduite : un représentant de la Commission des sépultures de guerre du Commonwealth a déposé une couronne de fleurs prises au cimetière où le soldat inconnu avait été exhumé.

La Tombe du Soldat inconnu est un des symboles les plus poignants de notre pays – un lieu sacré –, et les Canadiens devraient tous avoir l’honneur de s’y rendre au moins une fois dans leur vie.

Décisions du CEN

Lors de sa vidéoconférence, les 6 et 7 juin, le Conseil exécutif national a adopté plusieurs motions importantes et s’est penché sur les répercussions de la COVID-19 sur la Légion royale canadienne au cours des prochains mois.

Le thème de l’impact de la pandémie a été exploré à maintes reprises pendant la réunion : risque de faillite pour certaines filiales et mesures pour les soutenir; impact sur les cotisations des membres et des ventes d’approvisionnement; incertitude sur quand, ou même si, les évènements prévus à la Légion et dans la collectivité globale des anciens combattants se dérouleront. 

En avril, le CEN a annoncé qu’il allait débloquer les réserves nationales à concurrence de 3 millions $ pour aider les filiales peinant à cause du coronavirus. Environ 1,35 million $ en fonds d’urgence – subventions non remboursables – ont été distribués aux filiales à ce jour. Une deuxième tranche, et comment elle serait administrée, était au centre des discussions le 7 juin, et en conclusion, l’argent serait dirigé là où il ferait le plus grand bien. 

Les présidents de division ont été invités à faire le triage de leurs filiales pour bien concentrer ce soutien financier en identifiant :

a) les filiales qui ont fermé définitivement leurs portes depuis le début de la réponse à la pandémie ou qui risquent de le faire;

b) les filiales qui ne pourront pas rouvrir leurs portes pour des raisons financières ou qui ouvriront mais risquent de faire faillite dans les trois mois suivants; 

c) les filiales qui rouvriront leurs portes mais auront du mal financièrement; 

d) les filiales capables de rouvrir leurs portes, mais dont les activités seront malmenées par les finances.

À l’échelle nationale, le total de a) est de 4, celui de b) est de 115-120, celui de c) est de 346-357 et celui de d) est de 849.

Les filiales ont toutes droit aux fonds, mais seulement si leur première tranche a été dépensée ou si elles n’avaient pas encore demandé de soutien. On s’attendait à ce que les besoins augmentent en juin, en juillet et au-delà. 

Le président national, Tom Irvine, a félicité les directions divisionnaires d’avoir rapidement établi des comités d’évaluation et d’avoir dépensé les fonds avec circonspection. « La deuxième tranche sera donnée quand et où les besoins se feront sentir, et de façon équitable, a-t-il dit. Sauf si une filiale a encore des fonds de la première tranche. »

Le 28 avril, M. Irvine a écrit au premier ministre Justin Trudeau pour lui demander des éclaircissements sur le Fonds d’urgence pour l’appui communautaire. Les filiales de la Légion n’ont pas eu droit à l’aide des programmes du gouvernement fédéral relatifs à la COVID-19, tandis que d’autres entreprises et organismes de bienfaisance y ont eu droit.

« L’intervention fédérale est nécessaire pour les filiales, a déclaré Irvine. L’argent du gouvernement fédéral que nous recevrions irait entièrement aux filiales.»

(À l’heure où nous mettons sous presse, le gouvernement n’a pas encore répondu.)

Le manuel du coquelicot a été modifié pour permettre une dépense spéciale unique allant jusqu’à 500 $ par filiale pour l’achat d’équipement de protection individuelle, comme des postes d’assainissement des mains sans contact, afin de protéger les anciens combattants dans la filiale. 

Le service de l’approvisionnement offre des masques non médicaux aux filiales à 6,50 $ pièce qu’elles peuvent revendre au prix de 10 $. En outre, la Légion envoie un masque gratuit à chaque ancien combattant des 1 118 établissements de soins dont certains des résidents sont pris en charge par Anciens Combattants Canada. 

La forme que prendra la cérémonie du jour du Souvenir 2020 demeure incertaine. On s’attend à ce que la distanciation physique et d’autres limitations liées à la pandémie l’affectent, comme ce sera le cas pour la campagne du coquelicot. Une équipe à la Maison de la Légion avait été chargée de trouver des mesures. 

Danny Martin, directeur des Services d’entreprise, a rapporté que la distribution des coquelicots en personne dépendra des restrictions de santé locales, et le quartier général travaille avec des partenaires du jour du Souvenir, comme ACC, les Forces armées canadiennes, la Ville d’Ottawa, la Commission de la capitale nationale, les forces policières et les chorales, pour envisager trois scénarios : une cérémonie traditionnelle complète, une cérémonie traditionnelle dont certains éléments seraient réduits et une cérémonie virtuelle.

Cette dernière « ne sera pas mise en œuvre tant que ce ne sera pas nécessaire, a déclaré M. Martin. Personne ne veut celle-là. » 

 

Le trésorier national, Mark Barham, a rapporté que la Direction nationale avait un excédent de 135 077 $ à la fin de 2019, un montant de 83 821 $ de plus que ce qui avait été prévu au budget. (L’excédent avait été de 277 165 $ en 2018.) Vu l’annulation des déplacements et des évènements sportifs nationaux de 2020, et le report du congrès national à 2021, on prévoit des économies, mais elles seront contrebalancées par la baisse de 5 pour cent que l’on prévoit dans les revenus liés à l’adhésion. Pour contrer cela, le budget de mercatique de la Direction nationale pour 2020 a été augmenté de 140 000 $ qui seront consacrés à des efforts accrus pour encourager les nouvelles adhésions et les renouvellements : en particulier, davantage d’annonces – pour les renouvellements et le programme de rabais pour groupes MemberPerks – en ligne et en format imprimé.

 

Le président du Comité de l’adhésion, Bruce Julian, a déposé une recommandation en vertu de laquelle les nouveaux membres qui souhaitent se joindre à la Légion par la voie du portail en ligne pourraient choisir la filiale à laquelle appartenir. Cela dit, les filiales pourraient refuser d’y participer.

M. Julian a déclaré que la croissance de l’adhésion en ligne a été modérée, principalement parce que la plupart des candidats préfèreraient se joindre à une filiale en particulier, mais le système actuel les inscrit à la filiale Dominion. (Ils peuvent apporter leur numéro d’adhérent à une filiale locale et demander un transfert ultérieurement.) Soixante-quinze pour cent des candidats (7 400 personnes en 2019) annulent leur processus de demande en ligne quand ils s’aperçoivent que c’est pour la Direction nationale et non pas une filiale locale.

La fonction de refus de participation a été débattue : l’exclure démontrerait la solidarité nationale, et les filiales pourraient passer les candidats au crible comme d’habitude; l’inclure augmente-rait sa probabilité d’adoption au congrès national en 2021. Elle a été retirée et la motion, adoptée.

« Cette motion aurait dû être présentée il y a des années, a déclaré le président sortant, Dave Flannigan. Elle donne la possibilité de se joindre en ligne à une filiale, quel que soit l’endroit du pays où l’on habite. »

 

Angus Stanfield, président du Comité du Coquelicot et Souvenir, a présenté une recommandation préconisant que les revenus provenant des dons faits au coquelicot numérique aillent à la Fondation nationale Légion afin que les donateurs puissent obtenir des reçus à des fins fiscales.

Il s’en est suivi un débat vigoureux, où les partisans ont fait valoir que cela ferait affluer les dons et que la LRC et la Fondation s’en trouveraient mieux. Les opposants ont fait valoir que cela menacerait la viabilité de la LRC, soulèverait des questions sur la façon dont ces fonds sont administrés, et conduirait à des plaintes que les bénéfices du coquelicot numérique ne vont pas aux filiales locales. La motion a été rejetée, 13 à 6, lors d’un comptage des votes individuels. Mais on ne s’en est pas tenu là de la question.

À la lumière de courriels envoyés pendant la nuit et de la cogitation, le président du CEN, Bill Chafe, a permis que la motion soit débattue de nouveau (ce qui est permis au cours de la même réunion). 

Cette fois-ci, la discussion a porté sur la façon dont la LRC contrôlerait l’utilisation de l’argent du Fonds du coquelicot lorsque les revenus du coquelicot numérique arrivent à la Fondation. On a garanti au CEN que cela ne diviserait pas le Fonds du coquelicot en deux éléments et que cela augmenterait les fonds qui y sont versés. La motion a été adoptée, 12 à 6 (il y a eu une abstention), lors d’un comptage des votes individuels à nouveau. 

 

En tant que président du Comité des anciens combattants, des services et des ainés, M. Julian a demandé au CEN d’approuver la diffusion du Plan d’action de la LRC pour la prévention et l’élimination du problème de l’itinérance parmi les anciens combattants « Leave the Streets Behind » (laisser la rue derrière soi) 2020-2025. 

Les lignes directrices du plan ne sont pas obligatoires; elles ont été mises au point pour servir de guide à l’adoption ou à la complétion des programmes pour les sans-abri que les divisions ont déjà en place. (L’ébauche de la stratégie nationale d’ACC sur l’itinérance des anciens combattants, Coming Home—A Strategy to Prevent and End Veteran Homeless in Canada [Rentrer chez soi—stratégie pour prévenir et mettre fin à l’itinérance au Canada, NDT], n’a pas encore été approuvée.) La motion a été adoptée.

Le CEN a également ratifié un autre versement de 100 000 $ du Fonds du coquelicot pour la deuxième année du financement de trois ans servant à appuyer le Project Trauma Support (PTS), programme conçu pour les personnes vivant avec le TSPT, y compris le préjudice moral. Les fonds doivent être libérés après la COVID-19, lorsque le PTS reprendra ses cohortes. (Vingt membres actifs / anciens combattants ont fait partie de la cohorte 2019.)

Le CEN s’est penché sur une proposition de devenir partenaire stratégique de BridgeClimb Montréal relativement à son initiative visant à créer une attraction touristique sur le pont Jacques-Cartier qui enjambe le fleuve Saint-Laurent. L’entreprise guide des clients qui grimpent des structures de pont en sécurité. L’entreprise exploite trois autres attractions d’escalade de pont, à Sydney et à Brisbane, en Australie, et à Auckland, en Nouvelle-Zélande. Des questions de sécurité, de responsabilité et d’assurance ayant influencé le débat, la proposition a été refusée.

 

Dans le cadre des affaires nouvelles, une demande a été faite pour que la LRC appuie la Royal New Zealand Returned et Services Association (RNZRSA). En raison de la pandémie, la RNZRSA a dû annuler la Journée commémorative de l’Anzac, prévue le 25 avril, et l’appel de fonds de la Journée du coquelicot 2020, lequel aurait levé les fonds servant à financer les soins de bienveillance dont les anciens combattants ont grand besoin. (L’appel de fonds de la Journée du coquelicot de 2018 avait récolté 1,7 million $.) Le CEN a voté à l’unanimité une motion visant à fournir 250 000 $ du Fonds du coquelicot pour appuyer l’appel de fonds de la Journée du coquelicot de 2020 de la RNZRSA. 

Instantanés – Bénévolat dans la communauté (Sept/Oct 2020)

Le président de la Filiale 120 de Mascouche, Mario Miller, a remis un chèque de 500 $ du Fonds du coquelicot de la filiale à Mme Marie-Ève Plante de l’organisme La Galilée.

La Filiale 120 de Mascouche a fait un don de 500 $ du Fonds du coquelicot à l’organisme de soutien alimentaire Le Relais de Mascouche. Mme Émilie Faustin a reçu le chèque des mains du président de la filiale, Mario Miller.

Bonhomme a visité la Filiale 265, Lt. Col. Jean-Charles Forbes, RMWO, Québec pendant le 5 à 7 du 24 janvier 2020, où la réception de 45 minutes a été des plus rafraichissantes. En effet, Bonhomme, malgré son horaire très chargé pour préparer le Carnaval, a tenu à faire part de son enthousiasme et de son grand intérêt envers les anciens combattants et autres membres de la filiale. Sur la photo se trouvent Mme Vivi Tregett, Bonhomme, le camarade Gabi Raymond, vétéran de la guerre de Corée et Mme Céline Ménard.

Lors de la période de confinement, des membres de la Filiale 026 de Coaticook ont visité un ancien membre du Régiment de Lévis et vétéran de la Deuxième Guerre mondiale âgé de 98 ans. Il est au garde-à-vous sur cette photo pendant que ses camarades entonnent le O Canada à sa résidence, Foyer Bois Castel de Coaticook.

La Filiale 035 de Trois-Rivières a fait un don de 3000 $ à la Fondation régionale pour la santé de  Trois-Rivières (RSTR). Sur la photo se trouvent (de g. à d.) Mme Johanne Hinse, présidente du Conseil d’administration de la Fondation, la camarade Louise Gosselin, officier d’entraide, Mme Annie Brousseau, directrice générale de la Fondation, et le deuxième vice-président, Lucien Desbiens.

La Filiale 044 de Shawinigan s’est portée à l’aide de sa communauté en ce temps de pandémie en remettant un chèque de 1 000 $ du Fonds du coquelicot au directeur général du Centre Roland Bertrand, Frédéric Trudelle, qui était accompagné par le secrétaire de la filiale, Robert Larivée, et son président, Robert Trépanier.

Deux filiales du district 03, Saguenay – Lac St-Jean – Côte-Nord, 209 Arvida et 235 Chicoutimi, ont pris part à la levée du drapeau à l’entrée de la BFC Bagotville à l’occasion du 75e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe. De gauche à droite : Steeve Brown, président de la Filiale 209 Arvida, Luc Fortier, président de la Filiale 235 Chicoutimi, et André Lessard, trompettiste membre de la Filiale 209 Arvida.

La ville du sommet

Les dirigeants du Canada, de la Grande Bretagne et des États-Unis se rencontrent lors de la première conférence de Québec en aout 1943. De g. à d. : William Lyon Mackenzie King, Franklin Delano Roosevelt, Winston Churchill et le comte d’Athlone, gouverneur général. [Wikimedia]

La première Conférence de Québec, nom de code Quadrant, fut une conférence au sommet pendant la Seconde Guerre mondiale à laquelle assistèrent le président américain, Franklin Delano Roosevelt, le premier ministre britannique, Winston Churchill, ainsi que leurs chefs d’état-major, hauts diplomates et conseillers.

La conférence eut lieu du 17 au 24 aout 1943 à la Citadelle et à l’hôtel Château Frontenac qui avait été réquisitionné pour l’occasion. C’est Roosevelt qui avait suggéré le lieu de la conférence, pour le plus grand bonheur des habitants de la ville et de la presse canadienne. La police militaire, la GRC, des avions survolant les alentours et des batte-ries antiaériennes installées sur les plaines d’Abraham assuraient la protection du site.

Le sergent-major Émile Couture (à g.) trouva un porte-documents égaré contenant des plans concernant le Débarquement du Jour J. [The Legionary]

Ces éminents politiciens et soldats s’accordèrent sur un large éventail de mesures : le calendrier du Débarque-ment en France (Jour J) en 1944, une coopération pour le développement d’une bombe atomique, la libération de l’Italie continentale (amorcée deux semaines plus tard), et des offensives en vue d’acquérir des bases d’où seraient lancées les campagnes de bombardement sur le Japon.

William Lyon Mackenzie King, premier ministre du Canada et hôte de la conférence, resta largement en retrait. Il ne participait pas aux délibérations à haut niveau concernant la stratégie globale des Alliés, principalement car Roosevelt, qui désirait éviter de créer un précédent où les petits pays alliés chercheraient à participer aux conférences à venir, l’avait refusé.

Malgré l’énorme contribution du Canada à la guerre, et même si Mackenzie King, Churchill et les états-majors canadien et britannique se réunissaient séparément, Mackenzie King et ses conseillers militaires n’assistèrent à aucune des réunions clés.

Il se contenta de remplir ses fonctions d’hôte, notamment en organisant un diner officiel à la Citadelle où il fournit « whisky et soda », comme le souligna avec un brin d’ironie l’historien CP Stacey. Il tira toutefois une certaine gloire de la compagnie de ces grands hommes d’État, et il était ravi d’être photographié à leurs côtés.

Un des évènements les plus extraordinaires – et étouffés – de la conférence fut une sérieuse faille de sécurité qui aurait pu avoir des répercussions désastreuses.

Émile Couture, sergent-major de l’Armée canadienne, trouva ainsi dans une salle de réunion du Château Frontenac un beau porte-documents en cuir étiqueté « Churchill-Roosevelt, Quebec Conference, 1943 », qu’il décida (inexplicablement) de garder comme souvenir de l’évènement. Ce qu’il n’apprit que plus tard ce soir-là, c’est que le porte-documents contenait les plans détaillés de l’opération Overlord : le Débarquement du Jour J en Normandie!

Il cacha le renseignement très secret sous son matelas et le remit à un officier haut gradé de l’Armée canadienne le lendemain matin. Le sergent-major Couture fut l’objet d’une enquête approfondie du FBI et de Scotland Yard, et l’année suivante, il reçut la Médaille de l’Empire britannique pour avoir protégé les informations secrètes.

Mackenzie King se disait fier que notre pays fût « la scène de cette rencontre mémorable », qui serait « considérée dans les années à venir comme l’un des grands évènements de notre histoire nationale ».

Après la conférence, Churchill, qui avait été fort acclamé à Québec par de grandes foules, s’en alla à la pêche, petite escapade qu’il avait très envie de s’offrir. Une autre conférence semblable eut lieu dans la ville en septembre 1944.

Le gouvernement du Québec inaugura une statue commémorant les deux conférences en 1998. Elle représente Roosevelt et Churchill, mais pas Mackenzie King, immortalisant ainsi par son absence le rôle secondaire que ce dernier avait eu dans ces évènements.