Le Conseil exécutif national se prépare à aller au congrès

Le Conseil exécutif national de la Légion royale canadienne s’est réuni à Ottawa les 25 et 26 février pour étudier à fond les opérations de la Légion, prendre des décisions difficiles, et se préparer à aller au Congrès national de juin, en échafaudant un consensus sur des questions primordiales qui touchent la manière dont la Légion va s’adapter à l’avenir.

Bien qu’il y ait eu quelques moments dramatiques, comme lors de la présentation du trésorier national Mike Cook sur la situation financière à long terme de la Légion, d’un débat sur la restructuration du CEN et d’une proposition faite en vue d’annuler le niveau national des sports des membres, la réunion en a surtout été une où il y a eu une grande coopération et où l’on a reconnu les intérêts communs prédominants.

Pour déterminer un chemin à venir, le CEN était aux prises avec un grand nombre de problèmes, surtout les difficultés financières causées par la diminution graduelle du nombre des sociétaires et la manière exacte dont la Légion va attirer les toutes nouvelles classe et génération de membres : des vétérans des Forces canadiennes et d’ailleurs.

Lors de son discours d’ouverture, le grand président de la Légion Charles Belzile a félicité les présents, ce qu’ils méritaient indubitablement, et il leur a aussi donné son avis à propos de ce qu’est le leadership et a parlé de l’avenir de la Légion.

“Vous tous, comme tous les légionnaires, pouvez être fiers de ce que vous avez accompli en 2005. Je vous félicite tous d’avoir fait de l’Année de l’ancien combattants une si grande réussite”, dit Belzile. “Quand je pense à ces quelques dernières années, je ne peux faire autrement que de croire que la Légion royale canadienne va devoir continuer de faire preuve de leadership et de modernisme, en s’apprêtant à recevoir les autres groupes d’anciens combattants et ceux qui font actuellement partie de notre mosaïque nationale. Nos membres s’attendent à ce que nous montrions la voie à suivre pour que notre nation continue d’être un signal lumineux d’espoir pour tous, tout en respectant leur diversité. Le leadership n’est pas une tâche facile, il faut se mettre au travail. Il nécessite une grande compréhension de ce qui motive les gens ainsi que le respect de leur point de vue même si ce dernier n’est pas le même que le nôtre.”

Pendant les débats sur les finances de la Légion, on ne pouvait douter que les légionnaires assis autour de la table avaient compris le message de Belzile car il a donné lieu à des propositions efficientes. Une des plus importantes fut celle de recommander au congrès que les sports des membres soient annulés au niveau national. L’argument soutenant cette motion était clair : bien peu de légionnaires tirent profit des tournois nationaux de curling, de cribbage et de fléchettes, et ils ont coûté 164 100 $ en 2005. Toutefois, le CEN a décidé que ce serait aller trop loin et a voté de garder le programme des sports.

Le conseil a aussi refusé une autre mesure qui aurait réduit les dépenses : une restructuration du CEN lui-même où il y aurait une réduction de la représentation divisionnaire et le nombre de réunions baisserait à trois par année.

Le plus grand problème qui a confronté le CEN durant la fin de semaine était peut-être l’augmentation possible de la cotisation pour la Direction nationale. Il y a eu beaucoup de changements depuis que les frais d’adhésion pour la Direction nationale ont été fixés à 6,15 $, en 1998, et alors que Cook lisait son rapport, il était évident qu’il fallait faire quelque chose. Le déficit de 13 678 $ à la Direction nationale en 2005 avait été prévu il y a quelques années, mais comme il était dit dans le rapport, il allait y avoir des déficits bien plus importants à l’avenir si rien n’était fait.

“Nous avons examiné nos opérations et nous sommes actuellement au point où l’on ne peut faire d’autres réductions qu’aux dépens des programmes”, dit-on dans le rapport. “(Si) nous maintenions la cotisation à 6,15 $ et absorbions le coût des trois pour cent d’inflation […] notre déficit grandirait jusqu’au montant énorme de 8 301 661 $ (en 2012). En d’autres mots, ce serait la faillite. Nous aurions épuisé nos réserves et nous nous trouverions dans une situation où il faudrait terminer l’opération de la Direction nationale. Mais comme vous en êtes pleinement conscients, la loi qui nous constitue ne nous permet pas d’exister en tant qu’organisation sans autorité centrale : la Direction nationale. Alors il est clair qu’il faut obtenir une augmentation des frais d’adhésion […]. À Dieu ne plaise que l’augmentation soit refusée au congrès de 2006.”

Après avoir entendu le rapport de Cook, il semblait bien que la création d’un avenir financier viable pour la Direction nationale ne pouvait pas être remise à plus tard. Au bout du compte, le CEN a voté de proposer une augmentation des frais d’adhésion, avec matériel de soutien, aux membres du Congrès national de 2006. Comme beaucoup de membres du CEN l’ont remarqué, ce qu’il en coûte pour appartenir à la Légion c’est encore bien peu par rapport à n’importe quelle autre organisation et, à tout prendre, une augmentation de la cotisation serait négligeable. Il s’agirait d’arriver à une part de la cotisation pour la Direction nationale qui permette à cette dernière de financer les opérations jusqu’en 2012 sans déficit et qu’il lui reste un peu d’argent pour d’autres programmes, comme le recrutement de nouveaux membres.

Le CEN a accepté une proposition de changer la manière dont la Légion traite les anciens combattants des temps modernes. La résolution est la suivante : “Ainsi, qu’il soit résolu qu’afin de reconnaître ces anciens combattants et augmenter leur adhésion à la Légion, la politique sur la tenue de la Légion soit modifiée de sorte qu’on puisse porter une coiffure de type militaire identificatoire (ex. : bérets de couleurs) avec l’uniforme de la Légion.” On pense au CEN que ce ne serait que juste que d’apporter cette résolution au congrès car l’habitude du port de la coiffure d’unité existe déjà et instituer une modification de la politique aurait un effet positif chez les nouveaux membres. Le CEN a aussi voté, une résolution connexe, de soutenir la reconnaissance du 9 août en tant que Journée des gardiens de la paix.

On a aussi fort bien reconnu que les questions des adhésions, y compris la diminution de l’effectif actuel et le besoin d’en attirer d’autres, sont primordiales pour l’avenir de la Légion. Le président Bob Gray du Comité des adhésions a rapporté qu’il y a eu un certain succès en ce qui concerne le ralentissement de la tendance à la baisse. En 2004, la Légion a perdu 13 085 membres mais en 2005 elle n’en a perdu que 10 356. Bien que ce ne soit pas optimal, c’est quand même une indication qu’on peut arriver à une amélioration. Parmi les divisions, l’Alberta-Territoires du Nord-Ouest a eu la meilleure performance dans les adhésions, gardant 98,49 pour cent de ses membres en 2005. La Division du Québec, à 98,20 pour cent et la Division de la Colombie-Britannique/Yukon, à 98,06 pour cent ont aussi eu de forts bons résultats. Le degré du succès au Québec a été dû au moins en partie à son programme d’encouragement, dans le cadre duquel on récompensait les filiales et les recruteurs qui obtenaient de bons résultats en leur offrant un attirail de la Légion. Le Club du renouvellement des adhésions, un programme connexe, a servi à remettre des certificats aux filiales qui ont obtenu un degré de renouvellement des adhésions élevé.

La présidente Mary Ann Burdett du Comité national des anciens combattants, des services et des aînés a donné dans son rapport une vue d’ensemble des activités durant le dernier terme et offert 45 nouvelles résolutions à présenter au Congrès national : l’établissement de lignes directrices pour l’utilisation des contraintes chimiques, l’harmonisation des paramètres concernant la perte de l’ouïe à Anciens combattants Canada et aux Forces canadiennes, la nomination d’un représentant de la Légion au Comité consultatif de la pension de retraite des Forces canadiennes et nombre d’autres résolutions ayant pour but de subvenir aux besoins des anciens combattants.

Derek Sullivan, le directeur général du Canada se souvient à ACC, a fait une présentation concernant les efforts de la division Le Canada se souvient dans les domaines comme la restauration des monuments, et l’éducation de la jeunesse et du public. En plus, Sullivan a donné des détails sur le nouveau modèle pour les pèlerinages que le ministère est en train d’adopter. Vu que les anciens combattants ont de la difficulté à retourner aux champs de bataille lointains, Sullivan dit que des jeunes, des pédagogues et des membres des Forces canadiennes vont continuer à voyager à l’étranger avec ACC pour marquer les anniversaires importants, et des anciens combattants seraient inclus à chaque occasion quand ce serait possible.

Autre indication que les temps changent, le CEN a voté de présenter une motion au congrès qui, si elle était adoptée, dissoudrait la Section des anciens combattants impériaux de la Légion. L’Imperial Veterans Association of Canada est née en 1923 et elle s’est jointe à la Légion en 1929. Durant les derniers 77 ans, la section des vétérans des forces impériales s’est dévouée au service des vétérans des forces britanniques. Maintenant, toutefois, vu que les vétérans des forces impériales se font de plus en plus rares, on estime que la mission de la section est terminée.

“Dans les termes les plus simples, il n’y a plus de raison de préserver l’Imperial Veterans Section de la Légion”, dit-on dans le rapport fait par la section des vétérans des forces impériales. “Le travail qui avait les forces impériales pour raison d’être est terminé et notre organisation n’est plus viable. Nous passons le flambeau à la Légion royale canadienne dans une résolution qui sert à dissoudre l’Imperial Veterans Section.”

Il va y avoir beaucoup de changements importants à la Légion, nul n’en doute, et le Congrès national à venir va être un test clé pour voir si les membres de la Légion acceptent ces changements. Le grand président Belzile a remarqué qu’attirer une nouvelle génération de membres va nécessiter des prises de décisions progressistes.

Lorsqu’elle terminait la réunion du CEN, la présidente nationale Mary Ann Burdett a fait une observation semblable, quelque chose qu’elle a remarqué pendant son mandat. “Il y a une chose que j’ai apprise au cours des derniers deux ans”, dit Burdett, “c’est que nous sommes tous d’accord qu’il faut faire des changements, mais personne ne veut que ça leur arrive.”

Notes de la réunion

Assurance : Le CEN a recommandé que McClennan Group of Lombard Canada soit appuyé comme fournisseur d’assortiments d’assurances individuelles auprès de nos membres pour profiter d’une ristourne d’un pour cent des droits de vente qui serait versée à la Direction nationale. Vu l’importance de l’effectif de la Légion, on a rapporté que les tarifs disponibles pour l’assurance seraient ainsi plus bas que s’il s’agissait de régimes d’assurance particuliers.

Vivre en association : La Division de la Colombie-Britannique/Yukon a fait un rapport sur le développement d’un nouveau concept qu’on appelle vivre en association. Il y a 10 filiales dans la ville de Vancouver et elles ne sont pas toutes viables. Dans le rapport, il était écrit que “la fusion dans le vrai sens du terme n’est pas acceptable aux yeux des membres. Ce qui leur plaît davantage c’est notre concept de vivre en association : plusieurs filiales dans un édifice qui partagent les installations, chacune gardant son identité et ses membres”. En conséquence, la Division de la Colombie-Britannique/Yukon est en train de négocier l’achat d’un terrain pour y bâtir des installations qui serviraient à loger plusieurs filiales ainsi que le bureau de la division.

Épouses de guerre : Bien que la reconnaissance des épouses de guerre a obtenu un appui unanime, on a pensé que vu qu’Anciens combattants Canada a refusé de déclarer officiellement 2006 l’Année de l’épouse de guerre, ce qu’il y avait de mieux à faire serait que les directions et les filiales fassent tout ce qu’elles peuvent pour reconnaître les épouses de guerre durant l’année.

Affectation des places : Une proposition ayant pour but de modifier l’affectation des places à la Direction nationale a été refusée. On a pensé que permettre aux délégués de s’asseoir où bon leur semble plutôt qu’aux endroits indiqués rendrait l’organisation et les communications plus difficiles, et cela n’apporterait guère d’avantages.

Société canadienne du sang : La Légion et les Forces canadiennes vont unir leurs forces à celles de la Société canadienne du sang pour promouvoir le don du sang auprès de la collectivité militaire entière. Les renseignements seront transmis aux filiales.

Grand président : Le CEN a voté de modifier le titre du grand président à grand président honoraire pour éviter toute confusion à propos de la nature du poste.

Nouvelles filiales : Note optimiste, deux chartes ont été délivrées pour des filiales complètement nouvelles en 2005, la filiale Barrhaven en Ontario et la filiale Bassana en Alberta. Une troisième charte a été délivrée pour la filiale Baron Byng Beaches de Toronto résultant d’une fusion. Sept chartes en tout ont été annulées en 2005.

Pleins feux sur le nouveau siège social de la Légion

Alors que le 41e Congrès national de la Légion royale canadienne qui va avoir lieu à Calgary en juin approche et que la nouvelle qu’on va proposer une augmentation des frais d’adhésion se propage, des questions se posent dans le monde des légionnaires.

La principale est la suivante : Pourquoi la Direction nationale est-elle en train de dépenser de l’argent pour un nouvel édifice à un moment où les finances de la Légion ne vont pas très bien? Et est-ce là la raison pour laquelle on va proposer d’augmenter la cotisation?

Pour trouver les réponses, révisons l’histoire. Le rapport du président national fait en 2004 a servi à aviser le Congrès national que : “Comme les membres le savent peut-être, la Maison de la Légion à Ottawa va bientôt avoir 50 ans. Elle coûte très cher à entretenir et à opérer et elle a besoin d’une remise à neuf majeure. Elle est aussi trop grande pour les besoins de la Légion. Le CEN est donc en train d’étudier les options que sont la remise à neuf de l’édifice […] ou la vente de l’édifice et utiliser les profits ainsi obtenus pour construire un édifice plus petit et plus efficace ailleurs dans la ville. Le CEN prendra la décision finale en février 2005.” La décision unanime du CEN en février 2005 était d’aller de l’avant à propos d’un nouvel édifice.

Il n’y a aucun doute que la Direction nationale fait face à un problème de revenus à cause de la diminution du nombre de membres et des effets de l’inflation. En février 2005, le CEN a voté pour un prélèvement de 1 $ pour éviter un déficit considérable. Le trésorier national Michael Cook dit au CEN en février 2006 que les coûts du personnel, des départements et des comités ont été réduits et que “la seule option qui reste est de demander une augmentation des frais d’adhésion.”

Le point essentiel, c’est que l’édifice n’est pas la cause du besoin d’augmentation des revenus pour les opérations, et que c’est plutôt une solution partielle qui donnerait lieu à une diminution des coûts d’opération car le déménagement se ferait à une structure de banlieue plus petite convenant mieux aux opérations d’aujourd’hui.

En février 2006, le président du comité de l’édifice Allan Parks a révisé la question dans son rapport au CEN. Il remarquait que ce serait dispendieux de rénover le quartier général actuel et qu’il y aurait des dépenses dues à la délocalisation temporaire pendant que le travail puisse se faire. En même temps, le site du vieil édifice est intéressant pour des acheteurs éventuels parce qu’il se trouve au centre-ville.

Comme on l’a expliqué au CEN en février 2005, Parks dit que l’achat du terrain et la construction du nouvel édifice pourraient être obtenus à un coût différentiel par-dessus le prix de la vente du vieux. Les chiffres exacts ont été tus en tant que confidentiels jusqu’à ce que la vente de l’édifice soit conclue, à la fin du mois de septembre, mais le montant différentiel est bien inférieur au prix de la rénovation du vieil édifice. Les coûts annuels de l’entretien vont aussi être inférieurs.

Parks dit que l’entrepreneur est en avance et s’attend à leur remettre l’édifice le 1er août au plus tard. “C’est une bonne décision commerciale qui va bien nous servir”, dit Parks. “À long terme, la nouvelle Maison de la Légion va être moins dispendieuse à opérer grâce à l’isolation et aux systèmes modernes, et elle va nous faire économiser les coûts élevés d’une importante remise à neuf qu’il aurait fallu pour subvenir aux besoins spéciaux de la Légion.”

La délocalisation d’un siège social n’a rien d’inhabituel à la Légion. L’équivalent qui se rapproche le plus de la situation nationale est celui de la Division de l’Ontario, qui a vendu son vieil édifice qui se délabrait au centre-ville de Toronto et a déménagé dans une nouvelle structure dans la banlieue d’Aurora en août 1998 plutôt que de réhabiliter le vieil endroit. La Division de la Nouvelle-Écosse/ Nunavut a aussi vendu son édifice du centre-ville et vient de déménager dans un nouveau siège social en banlieue.

Le cartographe de Temagami

Craig Macdonald a toujours eu la bougeotte, il a été ébloui par l’envie de voyager toute sa vie, non pas au sommet des plus hautes montagnes du monde, ni aux terres lointaines ou aux villes exotiques, mais de long en large sur les cours d’eau nord-américains de l’Est. Macdonald, un résident de Dwight (Ont.), à 200 kilomètres au nord-est de Toronto, qui a maintenant 59 ans, a pagayé, fait de la raquette et marché des côtes de la baie d’Hudson jusqu’à l’embouchure de la rivière Penobscot à Old Town (Maine), surtout en parcourant les anciennes voies commerciales des peuples autochtones qui autrefois vivaient sur ces territoires.

Mais de tous ces endroits, celui pour lequel il a éprouvé le plus vif intérêt, et pendant le plus longtemps, est le Temagami, une région sauvage de plus de 10 000 kilomètres carrés au nord de North Bay à cheval sur la frontière entre l’Ontario et le Québec. Macdonald explore les forêts, les hautes terres et les cours d’eau de Temagami depuis son adolescence. Il a étudié l’histoire, la langue et la culture du peuple Anishinawbeg ou Ojibway qui vit là depuis nombre de générations et il a profité de son expérience pour créer une importante fenêtre sur l’histoire du territoire. Sa création est intitulée Historical Map of Temagami (carte historique de Temagami), et elle représente une contribution inégalée et très précieuse pour notre compréhension du monde autochtone qui existait au Canada avant d’entrer en contact avec la civilisation blanche.

La carte de Macdonald, qui lui a pris vingt-six ans à faire, offre un instantané cartographique de la vie des Anishinawbegs de Temagami. La carte, publiée en 1993 par la Commission de toponymie de l’Ontario, comprend les noms de 660 caractéristiques, lacs, rivières, ruisseaux, îles et terres hautes, le tout dans la langue des Anishinawbegs. On y trouve les voies de voyagement hivernales et estivales et y sont identifiés des centaines de portages, ainsi que leur longueur exacte.

En incluant ces caractéristiques, la carte sert à nous donner une idée des petites bandes semi-nomades des autochtones qui subsistaient en chassant, en trappant et en pêchant le ménomini dans le Te-mee-ay-gaming, le lac profond au coeur de leur monde. Ces gens utilisaient les cours d’eau et les portages pour aller d’un camp à l’autre selon les saisons et ils les connaissaient aussi bien que le citadin d’aujourd’hui compte sur ses rues, ses avenues et ses autoroutes.

Macdonald voulait enregistrer ces caractéristiques, et d’autres, avant que le temps en ait effacé toute trace. “J’ai guidé des expéditions en canoë à des camps de jeunes à Temagami durant les années 1960 alors que j’étais à l’université et j’ai connu certains des Indiens, dont la plupart étaient des trappeurs âgés. Ils avaient de très grandes connaissances des ressources de leurs terres. Je me suis rendu compte à quel point ces connaissances étaient fragiles et que leur histoire et leurs traditions risquaient de disparaître à tout moment.”

Le contact avec les commerçants de fourrure et les missionnaires, à partir du 17e siècle, commença de modifier la culture traditionnelle des Anishinawbegs et cette modification a accéléré quand la mise en coupe, le minage et la construction des barrages électriques ont altéré le territoire physiquement. Toutefois, les gens continuaient à vivre à la vieille manière jusqu’aux années 1940, d’après Macdonald, quand le gouvernement canadien a commencé à appliquer une politique d’assimilation de manière agressive. Finalement, eux aussi ont quitté la terre pour aller vivre dans des réserves et envoyer leurs enfants aux pensionnats.

Les Anishinawbegs vivent maintenant à la réserve de Bear Island, au lac Temagami et, comme Macdonald l’a appris pendant qu’il faisait ses recherches, une grande partie des plus jeunes ne connaissent pas grand-chose du monde de leurs ancêtres.

Macdonald décida de lui-même d’étudier ce monde et il le fit sans s’attendre à être récompensé ou reconnu. Ce qu’il a accompli, si ce n’est pas inégalé, est tout au moins rare. D’après Conrad Heidenreich, un géographe historien et professeur de l’Université York à la retraite, les Inuits du Labrador et du Québec du Nord ont créé des cartes détaillées de leurs terres, et certaines bandes indiennes de la côte Ouest ont fait des efforts semblables. Mais une telle cartographie autochtone n’existe pas pour les autres parties du pays; sauf pour Temagami et c’est grâce à Macdonald. Pourtant, cet homme de grand air, grand, mince et qui devient chauve, est modeste en ce qui concerne sa motivation et ce qu’il a accompli.

Ce sont les autres qui parlent en termes enthousiastes de lui et de son travail. “C’est un trésor national”, dit Brian Back, qui a fondé la Temagami Wilderness Society (société de la réserve naturelle de Temagami) au début des années 1980 et qui a pagayé sur les cours d’eau du district presque autant que Macdonald. “L’exactitude de la carte est vraiment impressionnante.”

Michael Smart, un secrétaire exécutif à la retraite de la Commission de toponymie, dit que ses collègues et lui ont vu la carte sous sa forme manuscrite au milieu des années 1980 quand ils faisaient une révision périodique des noms géographiques du district de Temagami. “Il a déroulé sa carte à une réunion de la commission et ce fut une révélation que de voir un travail génial comme celui-là. C’était un manuscrit extra. L’arpenteur en chef l’a vu et dit : ‘mon Dieu, il faut qu’on le publie’.”

Alejandro Rabazo, le cartographe du ministère qui a transformé la carte manuscrite de Macdonald en un produit final, dit beaucoup de bien de Macdonald. “J’ai beaucoup aimé le travail. Il connaissait le territoire incroyablement bien. Je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui connaissait un projet autant que lui.”

La commission a fait imprimer 10 000 copies, en a gardé à peu près la moitié et envoyé des échantillons aux organisations comme la Bibliothèque nationale et Archives nationales du Canada à Ottawa, le Smithsonian Institute à Washington (D.C.) et l’United States Board of Geographic Names. Macdonald a reçu le reste du tirage et de temps en temps vend des copies ou les donne à des canoéistes ou à des gens qui font des expéditions en milieu sauvage à Temagami.

Les autochtones ont reconnu la valeur de son travail et se sont tournés vers lui plusieurs fois quand ils avaient besoin d’aide. À la fin des années 1980, les Anishinawbeg de l’île Bear de Temagami ont appelé Macdonald en tant que témoin à l’occasion d’audiences concernant les revendications territoriales devant la Cour de justice de l’Ontario et ont profité de son témoignage pour établir que leurs ancêtres utilisaient entièrement les terres depuis au moins les années 1600, quand les missionnaires français, qu’ils appelaient les way-mit-a-goosh ou branleurs de bout de bois, sont arrivés.

Plusieurs bandes autochtones sont entrées en contact avec lui et lui ont demandé conseil pour entreprendre des projet cartographiques semblables. “Chaque année, on dirait qu’on s’intéresse de plus en plus à cette sorte de chose”, dit-il. “J’ai reçu des coups de fil d’autochtones de l’Ontario, du Québec et du Nouveau-Brunswick, mais il y a autant de régions au Canada de l’Est où l’on ne peut plus faire de carte historique détaillée.” Macdonald dit que c’est parce qu’il ne reste pas de gens qui connaissent l’histoire, ou tout au moins très peu.

Macdonald a commencé à faire ses recherches sérieusement au début des années 1970, après avoir obtenu une maîtrise en pêcheries et commencé sa carrière à l’agence provinciale qu’on appelait le Department of Lands and Forests (ministère des terres et forêts). Il a obtenu une connaissance directe du Temagami grâce à des voyages en canoë durant l’été et des expéditions de raquette durant l’hiver, ce qu’il augmentait en interviewant les vieux trappeurs anishinawbegs.

Nombre d’entre eux étaient nés et avaient été élevés dans la brousse et leurs anciens leur avaient appris la chasse et la trappe, mais durant les années 1970, ces trappeurs qui se faisaient vieux étaient le dernier lien avec le vieux monde des Anishinawbegs. Pendant des siècles, le peuple anishinawbeg passait l’hiver dans des petits camps de deux ou au maximum trois familles et s’occupaient de leurs lignes de piégeage. Au printemps, ils récoltaient le sirop d’érable et en été des familles venant de tout le territoire s’assemblaient à Ka-tay Temee-ay-ga-maw Minis, une île dans le lac de Temagami. Ils pêchaient le ménomini et cultivaient une petite variété robuste de maïs, et en automne ils reprenaient le chemin de leur camp d’hiver.

Macdonald estime qu’il a interviewé 500 anciens autochtones à l’île Bear et plusieurs réserves avoisinantes en Ontario et au Québec. Il a accumulé des centaines de pages de cahier de note et ramassé du matériel sur une grande série de choses, y compris les croyances spirituelles des Anishinawbegs, leurs méthodes de prestidigitation, leurs techniques de canoë et les endroits où chasser, tendre un piège et ramasser de la catilnite. “J’ai parlé aux gens les plus vieux que je pouvais trouver et les plus jeunes avaient de la difficulté à écouter parce que les anciens parlent d’endroits qu’ils n’avaient jamais vus”, se rappelle Macdonald.

Son plus vieil informateur était Phileas Lepage, qui avait 108 ans lors de l’interview et qui était probablement né autour de 1868. Quelques jours avant que Macdonald lui parle, Lepage avait soupé avec le premier ministre de l’Ontario d’alors Bill Davis et le Premier ministre Pierre Trudeau car c’était alors un des plus vieux vétérans de la Première Guerre mondiale encore vivant. “Il était si vieux qu’il avait vu Sir John A. Macdonald faire des discours électoraux dans des trains”, dit Macdonald.

Lepage avait été employé comme garde-feu par le gouvernement de l’Ontario au début du 20e siècle et il connaissait bien le pays autour du lac dans la partie nord-ouest du district que les Anishinawbegs appelaient Shonj-a-waw-gaming Saw-gi-hay-gun-ning, ou lac aux eaux calmes. Il a donné des renseignements sur les portages et présenté Macdonald à une femme appelée Angélique Misabi, qui avait dans les 90 ans et qui quand elle était enfant et jeune adulte avait vécu à des camps d’hiver à un lac avoisinant. “Elle pouvait vous raconter tout ce que vous vouliez savoir à propos de la vie dans les bois”, dit Macdonald. “Elle avait beaucoup d’histoires à propos des temps anciens et comment c’était quand on voyageait en canoë d’écorce.”

Misabi a répondu à une question qui avait laissé Macdonald perplexe pendant longtemps. Durant ses propres voyages, il avait souvent vu de magnifiques pins blancs imposants marqués d’encoches carrées profondes que quelqu’un avait certainement fait avec une hache. “J’avais vu ces choses-là pendant 10 ou 15 ans, toujours du côté sud des arbres. Elle me dit que c’étaient des postes à résine. La résine de pin était cueillie par les Indiens qui s’en servaient pour réparer leurs canoës. Certaines de ces encoches avaient peut-être 150 ans.”

Macdonald a interviewé des centaines de personnes qui n’étaient pas des autochtones : des trappeurs, des guides, des bûcherons et bien d’autres, n’importe qui qui puisse lui donner des renseignements, aussi fragmentaires soient-ils, sur la géographie autochtone de Temagami. Il a étudié d’innombrables vieilles cartes et rapports d’arpenteurs à la recherche des noms autochtones des caractéristiques géographiques qui auraient pu avoir changé au fil du temps. Il a aussi lu les histoires locales et les journaux des commerçants de fourrure, des missionnaires et des pionniers, bref, tout ce qui pouvait lui donner des renseignements utiles.

Ses recherches lui ont donné une idée inhabituelle du monde des Anishinawbegs, une grande compréhension de leur langue et une appréciation durable de leur utilisation du territoire et des ressources. “Leur capacité à survivre dans cet environnement était le résultat des connaissances expertes des ressources et des systèmes de sentiers. Ils avaient des territoires familiaux pour la trappe et la chasse qui étaient aussi clairement définis qu’une ligne de piégeage moderne enregistrée auprès du gouvernement.”

Le nom des endroits et des caractéristiques géographiques étaient très importants et souvent il était choisi d’après la nourriture ou la ressource qu’on pouvait obtenir à la rivière, au lac ou à l’autre cours d’eau. Par exemple, sur la carte de Macdonald il y a un long lac mince appelé Kee-chim Ma-ko-bing Saw-gi-hay-gun-ning, soit où l’ours va à l’eau. En d’autres mots, c’était un croisement d’ours. D’une façon semblable, il y a une bouche à un des bras du sud du lac Temagami que les Anishinawbegs appelaient Ma-kwaw na-gwaw-awk-shing Saw-gi-hay-gun-ning ou l’endroit du piégeage des ours.

Les Indiens savaient que les ours traversaient fréquemment cette bouche alors ils construisaient des pièges en rondins bâtis comme des appentis mais lestés avec d’énormes charges de pierres. Ils mettaient un morceau de viande ou autre appât sous les rondins. Quand l’ours tirait sur l’appât, les rondins et les pierres tombaient et soient qu’ils écrasaient l’animal, soit qu’ils l’étouffaient.

Les Anishinawbegs appelaient une de leurs rivières Wu-num-man Zipi ou la rivière à vase rouge. Ils s’y rendaient pour ramasser un matériel de couleur rouge, en fait un oxyde de fer, parmi les pierres dont ils se servaient comme peinture ou teinture.

Ils se servaient des noms comme aides au déplacement. Macdonald dit que dans tout territoire indien il y avait nombre de lacs qui étaient identifiés par leur forme ou quelque autre caractéristique physique pour aider les gens qui allaient d’un endroit à un autre. Ainsi, il y avait des lacs ronds, des lacs longs et des lacs aux pins, ainsi que des lacs qui étaient clairs, sales, herbeux, vaseux ou brûlés, c’est-à-dire entourés par des forêts qui avaient passé au feu.

Les autochtones donnaient aussi un nom aux points de repère, pour servir d’aide à la navigation aussi. Il y a un plan d’eau long et étroit à Temagami que les Anishinawbegs appelaient Waw-bos Nah-mat-ta-bee Saw-gi-hay-gun-ning ou lac au lapin, parce qu’on peut y voir un gros rocher qui ressemble à un lapin accroupi.

À Temagami, comme dans la plupart des endroits au Canada, il y a nombre de caractéristiques physiques qui ont encore le nom indien ou une corruption de ce nom. Le lac Wanapitei sur les cartes contemporaines vient du nom anishinawbeg Wawn-a bitay-bing Saw-gi-hay-gun-ning ou lac de la dent creuse, une description si vieille que même les plus vieux informateurs de Macdonald ne pouvaient pas l’expliquer. La rivière Sturgeon (esturgeon) est une traduction du nom anishinawbeg, Nah-may Zipi, et appelée ainsi parce qu’elle contenait tant d’esturgeons.

Nombre de noms autochtones ont toutefois disparu, parce que des fois les gens non autochtones préfèrent donner le nom de quelqu’un aux endroits. Sur n’importe quelle carte de Temagami officielle il y a des lacs auxquels on a donné le nom d’arpenteurs, de politiciens et, dans un cas, un jeune qui avait été à un camp d’été et nommé campeur de l’année.

Un des plus grands lacs à Temagami s’appelait, dans le temps des Indiens, Mons-kaw naw-ning Saw-gi-hay-gun-ning ou lac repaire de l’orignal. Durant les années 1880, Robert Bell de la Commission géologique du Canada lui donna le nom de lac Lady Evelyn en l’honneur de la fille d’un aristocrate irlandais de ses relations. On a aussi donné le nom de femmes aristocrates à deux autres lacs : Lady Dufferin et Lady Sydney. “Nombre de ces gens n’ont même jamais vu les lacs et ils n’avaient aucun lien avec les terres”, dit Macdonald.

La carte de Macdonald est précise d’une autre manière, que seules les personnes qui connaissent très bien le Temagami ne remarqueraient. Il note que 36 lacs dans le district ont été changés par des barrages hydro-électriques. Dans la plupart des cas, ils sont plus grands qu’autrefois parce que les barrages ont inondé des terres limitrophes. Les lacs sur sa carte semblent être comme ils l’étaient avant la construction des barrages. C’est un petit détail mais une de ces choses qui font que sa carte est tellement précieuse, et qui ont tellement impressionné les gens qui ont transformé son manuscrit en produit fini.

Pour de plus amples renseignements sur la carte historique de Temagami, veuillez prendre contact avec Craig Macdonald à RR 1 Dwight ON P0A 1H0, 1-705-635-3416.

La nécessité d’une déclaration des droits de l’ancien combattant significative

La nouvelle Charte des anciens combattants est actuellement en vigueur, et la Légion royale canadienne, qui a participé à sa formulation, observe la manière dont on est en train de la mettre en application à travers le pays. Elle désire s’assurer que les membres en service, les anciens combattants et les personnes à leur charge obtiennent le soutien qu’ils méritent.

Sachant cela, la Légion a formulé un exposé de principes sur la charte qui sert à identifier, entre autres, le fait que la charte ne confirme pas la disponibilité de lits à accès prioritaire pour les anciens combattants modernes dans les institutions de soins de longue durée. De plus, à la Légion on croit que vu qu’ACC est en train de prendre de l’expérience en s’occupant des membres des Forces canadiennes et des anciens combattants qui ont des besoins pressants, il va falloir offrir comme option une pension d’invalidité mensuelle à la place d’une somme unique de prestation d’invalidité.

La Légion a aussi rédigé une déclaration des droits de l’ancien combattant dont une copie a été envoyés à ACC pour voir ce qu’on en pense. Ceci s’est passé tout de suite après qu’ACC ait rédigé une déclaration des droits que la Légion ne trouve guère acceptable. En fait, l’ébauche d’ACC a été rédigée comme une liste de buts concernant les prestations de services plutôt qu’une déclaration de droits. À la Légion, on croit que toute déclaration de droits devrait être assise sur les droits des membres des Forces canadiennes et des anciens combattants et non pas seulement comme un ensemble de buts de prestations. “Les anciens combattants canadiens qui ont offert leur vie et leur service pour les libertés dont profitent les Canadiens aujourd’hui sont des citoyens à part”, est-il écrit dans l’ébauche de la Légion. “Ils méritent de la reconnaissance, des avantages et des services pour maintenir une qualité de vie appropriée durant tous les stades de leur vie […].”

Les autres droits expliqués bien clairement dans le document de la Légion comprennent celui qu’a chaque ancien combattant d’être traité avec courtoisie, respect et opportunément lors de tous ses contacts avec ACC, et que cela soit “démontré à leur famille et aux personnes à leur charge”.

On croit à la Légion que les anciens combattants ont le droit d’être renseignés sur tous les programmes et avantages auxquels ils ont droit, et qu’ACC a la responsabilité d’informer les clients actuels et d’en chercher de nouveaux.

De plus, toute déclaration des droits de l’ancien combattant devrait comprendre celui d’être traité de manière juste et égalitaire dans la langue officielle qu’il aura choisi, quel que soit l’endroit où il habite, son grade, son poste ou sa situation, et qu’il devrait aussi prendre part à toute décision qui affecte les soins qui lui sont attribués.

À la Légion, on a toujours compris l’importance de la protection des droits des anciens combattants. Aujourd’hui, alors que nous passons de la vieille à la nouvelle charte, à la Légion on désire s’assurer que ces droits soient identifiés et compris par tous les Canadiens. Protéger ces droits, c’est plus qu’un but. C’est une mission sacrée.

Éditorial Le dossier du produit Orange va de l’avant

Les Conservateurs ont fait une promesse électorale selon laquelle les gens qui ont été exposés aux défoliants pulvérisés à la BFC Gagetown, au Nouveau-Brunswick, allaient être indemnisés, et ils sont vraiment en train de s’en occuper.

Pendant la campagne électorale, le chef du Parti conservateur Stephen Harper a déclaré qu’un gouvernement conservateur instituerait une indemnité entière et équitable pour les gens exposés au défoliant pulvérisé entre 1956 et 1984. Le critique principal du parti sur cette question, Greg Thompson, s’était aussi bien fait entendre. Après l’élection, ni l’un ni l’autre de ces deux hommes n’a vacillé et leur sentiment d’urgence ne s’est pas dissipé, ce qui est une bonne nouvelle pour les gens qui se sont battus péniblement et longtemps.

Lors d’une visite au Nouveau-Brunswick au mois de mars, le Premier ministre Harper a réaffirmé son engagement à un système d’indemnité pour les anciens combattants et les civils. Thompson, qui de critique de l’opposition est passé au poste de ministre des Anciens combattants, se trouvait dans la région en même temps. Une partie de la base se trouve dans sa circonscription, et il a clairement indiqué durant sa visite qu’un régime d’indemnité serait présenté au cabinet en automne. Sa crédibilité dépendant donc d’une solution satisfaisante, Thompson semble déterminé à mettre sur pied le bon régime avant de le présenter au cabinet.

Ainsi, au début du printemps, on prévoyait avec optimisme que le dossier du produit Orange et du produit Pourpre allait être résolu. Le personnel des Forces canadiennes qui s’est entraîné à Gagetown et les civils qui y ont travaillé, ainsi que les gens qui habitent dans les environs, méritent qu’on les traite avec justice, et cela aussi vite que possible. En attendant, la Légion royale canadienne observe les agissements du gouvernement concernant le dossier. Elle va aussi continuer de représenter les anciens combattants et les personnes à leur charge quand il s’agit de faire une demande, conformément à la Loi sur les pensions et à la nouvelle Charte des anciens combattants, en ce qui concerne les pensions et les indemnités d’invalidité.

Le directeur du bureau national des services Pierre Allard est en train de communiquer avec des officiels d’Anciens combattants Canada à propos du genre d’indemnité qu’on pourrait attribuer aux demandeurs en plus des demandes d’invalidité. “Nous attendons les résultats de l’enquête sur les faits et nous avons servi à transmettre certains des résultats préliminaires”, dit-il. “Il nous semble qu’ACC prend ceci au sérieux.”

C’est à Thompson de jouer, maintenant, et les anciens combattants et les civils attendent anxieusement son service terminal, tout comme nous.

Creuser la guerre froide

Il existe de nombreuses façons de dépenser 14 $ quand on va à Ottawa, mais les gens qui font la petite randonnée jusqu’au Diefenbunker vont probablement conclure que le prix de l’entrée au musée est une excellente occasion, bien que peut-être une des plus bizarres.

Cet édifice souterrain construit près de Carp (Ont.) était autrefois le Siège central du gouvernement d’urgence, mais personne ne l’appelle plus comme ça. Un surnom irrévérencieux lui a été donné à cause de son lien intrinsèque avec John Diefenbaker, le Premier ministre conservateur qui l’a fait construire en 1958 mais qui ne l’a jamais visité.

Appelé aujourd’hui Musée canadien de la guerre froide, c’est une merveille d’ingénierie qui a nécessité des tonnes de béton et de barres d’armature pour construire un dédale souterrain de quatre étages et 9 300 mètres carrés : un dédale où l’on trouve de tout, d’une chambre forte de la Banque du Canada jusqu’à une morgue. Il a été conçu afin de pouvoir protéger environ 565 personnes sans réapprovisionnement pendant un mois.

Le voyage du centre-ville d’Ottawa jusqu’au Diefenbunker peut ne durer que 35 minutes, il s’agit quand même d’un retour au début des années 1960. En ce temps-là, on conseillait aux Canadiens de construire un abri antiatomique dans leur cour et on enseignait aux enfants à lire, à écrire, et à se cacher sous leur pupitre en cas d’attaque nucléaire.

Doug Beaton, un ancien restaurateur consultant en oeuvres d’art à Parcs Canada, est un des bénévoles de la Cold War Museum Corporation qui est devenu guide touristique lorsqu’il a pris sa retraite. Il est également président du conseil d’administration de la société sans but lucratif. “Supposons que nous soyons en 1962, et que nous sommes enfermés dans le bunker durant la crise de missiles de Cuba”, dit Beaton à un groupe de visiteurs tout en marchant dans un long tunnel vers les portes blindées du bunker.

Il explique que l’expression “armes de destruction massive” qui a été un mantra pour le président américain George Bush en ce qui concerne l’invasion de l’Iraq de 2003 était si bien connue lors de la construction du Diefenbunker qu’on avait vraiment peur que le gouvernement fédéral s’effondre lors d’une attaque nucléaire.

Les raisons de s’inquiéter ne manquaient pas. En 1952, les États-Unis avaient fait exploser la première bombe à hydrogène, ou thermonucléaire, au monde et l’Union soviétique en faisait aussi exploser une l’année suivante. La nouvelle technologie faisait des bombes atomiques qui avaient explosé au Japon en 1945 des armes de poids coq car la puissance d’une bombe à l’hydrogène pouvait valoir jusqu’à 1 250 fois celle de la bombe qu’on avait utilisée à Hiroshima. Et les deux côtés les construisaient en grand nombre.

Il est juste que la construction du Diefenbunker ait commencé en 1959, la même année que la série télévisée vénérée La quatrième dimension, car les deux s’appuyaient sur la conjecture résultant d’une simple question : “Et si?”

La question à laquelle le Diefenbunker devait répondre était simple : Qu’est-ce que le gouvernement va faire si on prévoit une attaque imminente de bombardiers soviétiques? Si cela arrivait, pensait-on, le Diefenbunker, qui est devenu opérationnel en 1962, permettrait au Premier ministre, au gouverneur général, à 12 membres du cabinet de la guerre, au directeur de la SRC, au juge en chef de la Cour suprême et à environ 550 autres personnes de se rendre à Carp, pas bien loin, où ils empêcheraient le pays de sombrer dans l’anarchie.

Toutefois, le Siège central du gouvernement d’urgence à la Station des Forces canadiennes Carp n’était que le modèle d’un programme de “continuité gouvernementale” qui comprenait des bureaux régionaux en Colombie-Britannique, en Alberta, au Manitoba, en Ontario, au Québec et en Nouvelle-Écosse. Il y avait aussi des bunkers provinciaux et des centaines d’abris antiatomiques publics et privés, ainsi que :

· 200 lits d’hôpital qu’on peut déployer, avec des fournitures médicales;

· un système d’alerte en cas d’attaque qui déclencherait 1 700 sirènes à travers le pays;

· des annonces radio d’urgence enregistrées d’avance et un système de diffusion d’urgence;

· un dispositif de contrôle pour rapporter les détonations nucléaires et les niveaux de radiation.

Dave Peters, un officier sapeur à la retraite qui est vice-président du conseil d’administration du Diefenbunker, dit que les installations de Carp devaient pouvoir survivre à une détonation de cinq mégatonnes ayant lieu au sol à une distance de 1,8 kilomètre. Une telle explosion serait environ 300 fois plus puissante que Little Boy (petit garçon) la bombe atomique utilisée à Hiroshima.

Lors d’une explosion à une telle distance, dit Peters, “le vent soufflant au-dessus de la structure aurait dépassé les 1 000 milles à l’heure (environ 1 700 kilomètres à l’heure)”.

La construction du Diefenbunker, qui a duré deux ans et donné du travail à plus de 1 000 personnes, a nécessité plus de 32 000 tonnes de béton et 5 000 tonnes d’acier d’armature. En fin de compte, le prix a été de 20 millions de dollars, soit à peu près 110 millions en dollars d’aujourd’hui.

La conservatrice Shawna Moffatt dit que les Canadiens sont chanceux de pouvoir encore visiter le site, comme 23 000 d’entre eux l’ont fait en 2005, parce qu’il a failli être interdit à jamais. “Le MDN allait verser du béton dans le tunnel (de l’entrée principale) en octobre 1995”, dit-elle.

D’après Moffatt, cela aurait été une perte historique d’importance car beaucoup de Canadiens “ont été influencés par la culture atomique et la paranoïa qui accompagnait la guerre froide. Le Diefenbunker est une occasion de raconter ces histoires. C’est le seul endroit à Ottawa où l’on peut faire personnellement l’expérience de la culture de la guerre froide.”

Le Diefenbunker ayant été mis hors service en 1994, le complexe de 32 hectares de la SFC Carp fut vendu au canton de West Carleton, lequel fait partie maintenant d’Ottawa, parce que le canton désirait transformer le nouvel édifice d’ingénierie de la base en bibliothèque publique. L’année suivante, quand le MDN s’apprêtait à envoyer les camions de béton, quelques résidents de la localité se sont aperçus qu’il y avait là une occasion pour le tourisme, et le bunker a été transféré, avec 5,5 hectares qui l’entourent, à un conseil d’administration pour la somme de 2 $.

Peters, qui donne un jour et demi par semaine au musée, dit que le nouveau conseil avait un travail énorme à faire parce que l’installation a été complètement nettoyée lorsqu’elle a été mise hors service. “Nous sommes devenus d’excellents quémandeurs”, dit-il.

Le but du quémandage, durant lequel il y a eu toutes sortes de trouvailles comme des lits et des générateurs, sans oublier les ordinateurs centraux du début des années 1980 donnés par l’Université Carleton, est de créer une atmosphère de la guerre froide authentique. De dire Peters, leur objectif ultime est la création “d’un musée normal” plein d’expositions et d’objets qui témoignent vraiment de l’époque.

On ne fait rien qui puisse servir à passer sous silence quel était l’enjeu durant la guerre froide. Le long tunnel d’accès du bunker, qui a servi de toile de fond pour le film The Sum of All Fears en 2002, un thriller d’action avec en vedettes Ben Affleck et Morgan Freeman, donne certainement le ton aux visiteurs. “Ils (les membres de l’équipe de tournage) ont passé une semaine ici, et je pense que cela n’a donné que huit secondes à l’écran”, dit Beaton en riant.

Il y a beaucoup plus au bout du tunnel. Par exemple, il y a la chambre forte de la Banque du Canada qui a été construite dans le but de protéger la moitié de la couverture-or du Canada. D’après Beaton, la porte massive de la chambre forte pèse 10 tonnes. Il y a une pancarte à l’entrée indiquant qu’il n’y a jamais eu ne serait-ce qu’une once d’or dans la chambre forte, et qu’elle a servi à entreposer des rations et des vêtements.

Un nouvel étalage exposé rappelle aux visiteurs le sérieux de l’époque de la guerre froide et la puissance destructrice des armes de destruction massive. On y trouve 19 photos montrant les résultats des explosions de 1945 au Japon.

Le gouvernement d’alors était très conscient du besoin de contrôler l’information en cas d’urgence. En cas d’attaque nucléaire, trois journalistes et trois agents des relations publiques du gouvernement auraient préparé toutes les nouvelles générales et les bulletins devant être distribués au public.

Les nouvelles auraient été diffusées à partir d’un studio spécial de la SRC, où se trouvaient des messages d’urgence déjà enregistrés. Le message que Beaton nous a fait écouter durant la visite était franc : “Ceci est une autre diffusion d’urgence. Une autre attaque de l’ennemi a été découverte. Mettez-vous à l’abri immédiatement.”

Il y avait 410 lits dans le bunker, tous à une place parce qu’aucun résident, le Premier ministre y compris, n’avait le droit d’amener qui que ce soit, seuls les membres du personnel approuvés pouvaient s’y rendre. Beaton dit que cela aurait été assez pour 565 personnes à peu près parce qu’on se serait servi d’un système de “bannette chaude” pour le personnel junior. Il y avait deux suites à trois chambres dans le complexe, pour le Premier ministre et le gouverneur général, et ce sont les seules qui avaient leur propre douche. Il y avait aussi 28 chambres individuelles pour les ministres et les gros bonnets du gouvernement, comme le président de la SRC. Les autres chambres à coucher avaient jusqu’à 14 lits et lits de camp.

Les quelques femmes qui se seraient rapportées au Diefenbunker en cas d’attaque auraient habité dans les quartiers des femmes, l’entrée desquels était interdite au personnel masculin.

Peters sait fort bien quelle est la partie du Diefenbunker qu’il préfère. “La salle de gestion de crise”, dit-il sans hésiter. “C’est la salle principale, la raison pour laquelle cet endroit a été construit : pour donner au cabinet de guerre les renseignements dont il aurait eu besoin.”

On pourrait vraiment dire que le bunker est un petit village, bien que c’en soit un qui déplaise énormément aux gens souffrant de claustrophobie. Il avait sa propre installation médicale, laquelle comprenait un équipement de radiographie et un hôpital à trois lits, un cabinet dentaire, une cafétéria, une cantine et un garage où l’on pouvait mettre un petit hélicoptère, un bulldozer et 60 000 litres de carburant diesel. Il y avait aussi une salle de radio amateur car on s’attendait à ce que les fervents de la radio jouent un rôle important dans les communications après une attaque nucléaire. On est en train de créer une salle dévouée à ce passe-temps.

Peters dit qu’on s’endort facilement dans le Diefenbunker, et il peut bien le savoir. Il a réussi à dormir dans la suite du Premier ministre lors d’exercices qui avaient lieu à la SFC Carp durant les années 1980. “Il faisait très noir, pas de bruit.”

Si noir, en fait, que personne ne travaille dans le Diefenbunker sans lampe de poche. “On ne sait pas vraiment ce qu’est la noirceur avant de s’être trouvé dans le bunker quand il y a une panne d’électricité”, dit Peters.

Beaton est d’accord. “Une fois, j’ai dû ramper dans les parties les plus encombrées de la salle des machines à la recherche d’une fuite. On ne pouvait pas allumer les tubes fluorescents à cause de leur bourdonnement. Il fallait que je puisse entendre les gouttes qui tombaient et je ne pouvais porter qu’une petite lampe de poche. D’après moi, les parties mécaniques les plus étranges du bunker sont celles en arrière de la mezzanine des machines. Je me sentais presque perdu.”

Aujourd’hui, le Diefenbunker est ouvert à un public plus grand. Moffatt dit qu’il y a maintenant un club d’espionnage où les enfants peuvent “prendre un nom d’emprunt et apprendre ce que sont les codes et le monde de l’espionnage”.

Il y a même un club de cinéma du Diefenbunker. Le long métrage en janvier était K-19, l’histoire d’un sous-marin soviétique qui a subit une fusion du coeur du réacteur en 1961.

Les fonds se font rares au musée, qui ne reçoit guère plus des gouvernements que l’octroi annuel de 50 000 $ que lui donne la ville d’Ottawa. Son revenu principal est ce qu’il obtient en droits d’entrée. “Nous demandons le double de ce que les autres musées demandent, et personne ne s’en plaint”, dit Peters.

Les locations sont aussi une source de fonds. La salle de congrès qui aurait servi au cabinet de guerre est encore en ordre, et elle est louée de manière routinière à des groupes allant jusqu’à 20 personnes pour 200 $ par jour. La cafétéria est aussi disponible pour les fêtes, au prix de 700 $ pour une soirée. La manifestation la plus remarquable qui y ait eu lieu a été le concert de la chanteuse Amanda Marshall.

Toutefois, le Diefenbunker lui-même a suffi à attirer Steve Testart de Kingston (Ont.) quand il est venu voir son père Maurice qui a passé quatre ans dans les Forces armées. “Nous venions à Ottawa, et nous cherchions quelque chose à faire. Alors, on s’est dit, pourquoi pas le Diefenbunker?”

En effet, pourquoi pas?

Et comme la plupart des visiteurs, ils sont probablement partis en se posant cette question. Qu’est-ce qui est le plus étrange, le Diefenbunker lui-même ou les temps qui l’ont produit?

À propos de ces 78 toilettes à Carp…

Dave Peters dit que les chefs de la défense ont embrouillé magistralement, bien qu’insuffisamment, la vraie raison du projet de construction massif du Diefenbunker près de Carp (Ont.) au début des années 1960.

Ils ont essayé de cacher la raison du projet en lui donnant le nom de projet EASE, pour Experimental Army Signals Establishment (établissement de transmissions expérimentales de l’armée), mais le Diefenbunker a fini par être “un secret bien mal gardé” qui a attiré l’attention d’un reporter intrépide au journal Toronto Telegram. “Il a survolé la région et compté les toilettes”, dit Peters. “(Elles) étaient encore dans leur caisse d’emballage dans la section d’emmagasinage du plan d’ensemble, et on a conclu que 78, c’était bien trop pour un tel édifice. Les conclusions furent publiées, au grand dam du Premier ministre Diefenbaker.”

Un des articles du journal fut publié le 11 septembre 1961, exactement 40 ans avant qu’un autre événement lance une autre sorte de guerre.

Comment s’y rendre

Il faut conduire 40 kilomètres à partir du centre-ville d’Ottawa pour se rendre au Diefenbunker. Prenez l’autoroute 417 vers l’ouest et quittez-la à la bretelle Carp/Stittsville. Allez vers le nord jusqu’au 3911 de la route Carp, à peu près à un kilomètre au nord du village de Carp. Il faut environ 35 minutes pour le voyage à partir du centre-ville d’Ottawa.

Il faut faire des réservations pour les visites, en téléphonant au 613-839-0007 ou au 1-800-409-1965, ou bien par courriel à : tours@diefenbunker.ca. Les visites sont disponibles en français et en anglais.

L’entrée est de 14 $ pour les adultes, de 12,50 $ pour les aînés ainsi que pour les étudiants d’université et de collège, et de 6 $ pour les jeunes d’entre six et 17 ans. Les enfants de moins de six ans entrent sans payer et l’espace de stationnement ne manque pas.

Vu que la température dans le bunker est d’environ 17 degrés Celsius, on recommande aux visiteurs de porter ou d’apporter un chandail.

Une guerre mondiale au Saguenay

Le 10 septembre 1939, le Canada déclare la guerre à l’Allemagne, soit sept jours seulement après la Grande-Bretagne, la France, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Dès lors, ce qui deviendra le plus grand conflit armé de l’histoire se passe aussi au Saguenay. Au milieu de ses montagnes, outre-Atlantique, c’était pourtant avec recul, presque détachement, que la région avait suivi les tensions européennes, en ignorant le rôle primordial qu’elle serait appelée à jouer dans la victoire des Alliés.

Si son industrie lourde et ses ressources hydroélectriques, moteurs de son développement économique, furent à la base de la participation du Saguenay au plus grand conflit de l’histoire, elles ne sauraient résumer à elles seules tous les retentissements du conflit sur la vie de ses habitants. Propagande et censure, mariages précipités, départ des volontaires, mort d’un fils, d’un frère, rationnement, etc. La liste est longue de ce qui viendra concrétiser ce drame pourtant distant de milliers de kilomètres. Cet article se veut donc un survol des conséquences de la Guerre de 39 sur la région saguenéenne.

Recrutement et conscription

Par l’intermédiaire du Régiment du Saguenay, plusieurs jeunes hommes s’enrôlent librement pour le service outre-mer dès le début du conflit, en 1939. En juillet 1940 et 1941, à l’occasion des campagnes de recrutement volontaire menées par le gouvernement fédéral, les candidats se présentent sur les terrains du Port de Chicoutimi, où se trouve le camp militaire du Royal 22e Régiment. C’est là qu’ils subissent un examen médical et signent leur engagement. Les recrues y suivent ensuite un entraînement de base de trente jours avant d’être transférées à Valcartier (près de Québec) ou en Ontario pour parfaire leur formation.

Le nombre d’enrôlés saguenéens demeure néanmoins modeste. L’institution militaire et l’industrie lourde, toutes deux en expansion, s’arrachent le peu d’hommes disponibles. N’atteignant pas un effectif satisfaisant, le Régiment demeure réserviste durant toute la durée de la guerre. En outre, la condition physique supérieure de ces hommes ne compense pas leur peu d’habileté dans le maniement des armes et dans l’exécution des man?uvres, conséquence d’un manque de manuels d’entraînement et d’instructeurs qualifiés. Les installations appropriées (baraquements et champs de tir, notamment) font également défaut.

En juin 1940, l’état d’urgence en Europe amène le gouvernement à voter la Loi sur la mobilisation des ressources nationales, laquelle prévoit le service obligatoire pour la défense territoriale. S’ensuit l’annonce de la mobilisation prioritaire des hommes célibataires dans un délai de trois jours. Comme tous les Canadiens, les Saguenéens apprennent ainsi que les hommes qui se marieront le 15 juillet 1940 ou après, seront considérés comme célibataires par le service de recrutement. Le 14 juillet, comme partout au Québec, le nombre de mariages pulvérise les statistiques. Les célibataires enrôlés ne font pas le poids et le nombre de volontaires est faible, l’effectif des recrues demeure insuffisant.

À l’approche du plébiscite national prévu pour le 27 avril 1942 et portant sur l’élargissement de l’enrôlement obligatoire au service outre-mer, tous les conseils municipaux du Saguenay incitent leurs citoyens à voter négativement. Les nombreux immigrants anglophones, cadres dans l’aluminerie, emmènent celui d’Arvida à faire exception. À l’opposé, les cultivateurs, qui souffrent plus particulièrement de la pénurie de main-d’?uvre, craignent de voir leurs fils être appelés sous les drapeaux. Sensibles à ce problème, leurs élus municipaux recherchent auprès du gouvernement des exemptions pour les fils d’agriculteurs. Peine perdue. Or, le Canada se prononce majoritairement en faveur de la conscription. Des étudiants du Séminaire de Chicoutimi réagissent en escaladant le bureau de poste pour arracher et déchirer l’Union Jack. Plusieurs jeunes hommes désertent, trouvant refuge dans les vastes et denses forêts de la région. D’autres utilisent des stratagèmes, tels l’ingestion de pilules pour accélérer le rythme cardiaque à l’examen. Désertions et stratagèmes ne sont pas particuliers au Saguenay. Nombre de Québécois ont ainsi voulu échapper à cet enfer…

Économie et industrie de guerre

La guerre exige une hausse de la production industrielle, particulièrement de l’aluminium utilisé entre autres dans la fabrication des avions. Comme le marché intérieur de la Grande-Bretagne, théâtre d’une bataille aérienne ininterrompue, ne peut combler la demande, de nombreuses commandes sont passées au Canada et forcent l’agrandissement, en plusieurs étapes, de l’usine Alcan d’Arvida. La construction de nouvelles centrales hydroélectriques–dont celle de Shipshaw, l’une des plus puissantes de l’époque–assure l’approvisionnement énergétique. De plus, le Saguenay est drainé et canalisé, et des centaines de kilomètres de route sont construits pour relier les infrastructures. Entre 1939 et 1942, ces travaux ont coûté 150 millions de dollars. En raison du rationnement, l’approvisionnement en matériaux, outillages et vivres constitue un défi colossal.

Pendant la seule année 1943, quelque 23 000 ouvriers, surtout canadiens-français, travaillent dans les chantiers, alors que les femmes, une centaine tout au plus, sont employées dans les cafétérias. Avec ses 10 000 travailleurs, le chantier de Shipshaw est le plus grand de son époque. La moitié des effectifs est composée de simples manoeuvres qui reçoivent le salaire minimum, bloqué pour trois ans.

La propagande presse les ouvriers : de leurs efforts dépend la production industrielle de guerre, peut-être même l’issue du conflit. Pour protéger les travaux d’éventuels saboteurs, des soldats sillonnent les chantiers jour et nuit.

Les conditions de travail sont pénibles, voire dangereuses : une rumeur, étouffée par la censure, répand que la centrale contient les corps de travailleurs tombés dans le béton de ses fondations. Personne n’oubliera, non plus, ce qu’on appela “l’hécatombe du Saguenay”, survenue le samedi 11 janvier 1942. Bien que 47 personnes aient pu fuir, l’incendie d’un dortoir pour ouvriers a alors tué 15 hommes et en a blessé 30 autres. Une cigarette est à l’origine du brasier.

De 30 000 tonnes de métal, à sa fondation en 1927, la production à l’usine d’Arvida est passée à 100 000 au début de la guerre, puis à 360 000 à son apogée, en 1943. L’apport énergétique, d’environ 850 000 chevaux-vapeur en 1932, augmente jusqu’à 2 millions en 1943. En contrepartie, les bateaux de minerai destinés à la région sont redirigés vers les États-Unis depuis 1943, après plusieurs torpillages. Pour résoudre le problème, des centaines de trains marchands monopolisent l’unique voie Montréal-Arvida du Canadian National Railway (CNR).

De 1 790 employés, en 1939, les effectifs passent à 12 000 au plus fort de la production, en 1943, résorbant ainsi le chômage qui sévissait dans la région. En 1944, l’usine emploie 9 400 travailleurs pour n’en plus compter que de 3 000 en 1946. Pour leur part, les profits de la société passent de 2,3 millions de dollars en 1929, à 15 millions entre 1939 et 1942, mais reculent à 12 millions, en 1946. La stabilité des salaires, au cours des trois premières années du conflit, a favorisé la fondation de plus d’une vingtaine de caisses populaires.

Physiquement exigeant, le travail en usine décourage plusieurs ouvriers qui démissionnent parfois même après seulement un ou deux quarts. De plus, la paye, dont le tiers est basé sur un calcul complexe et imprévisible, est amputée par de nombreux prélèvements, tels assurances, caisse de retraite, dîme retenue à la source, et impôt. L’inflation vient aussi diminuer le pouvoir d’achat réel.

Fin juillet 1941, la canicule rend insoutenable la température déjà très élevée des salles de cuves. Des travailleurs s’évanouissent. Un travailleur manquant à l’appel, la besogne est divisée entre les autres, sous les railleries d’un supérieur abusif. Le jeudi 24 juillet 1941, lors du changement de quart de 16 h, les cuvistes quittent le travail et exigent la révision des salaires et l’amélioration des conditions. L’affaire est grave : si le métal refroidit et durcit dans les cuves, il faudra démonter ces dernières au prix d’une perte de plusieurs mois d’activité. Le ministre des Munitions et Approvisionnement, C.D. Howe, accuse les ouvriers de sabotage et de trahison et, sur cette base, refuse les pourparlers. Les notables et la population de la région supportent leurs travailleurs en débrayage, lesquels sont passés de 150 à 8 000 en trois jours seulement.

C’est l’impasse. Dimanche matin, l’armée intervient pour faire évacuer l’usine, mais le Régiment du Saguenay n’est pas sollicité. Les grévistes cessent l’occupation, l’affrontement n’aura pas lieu. D’intenses discussions permettent un retour au travail progressif, les grévistes réintègrent les salles de cuves le mardi au quart de 16 h. La reprise est ardue, une partie du métal s’est figée dans les cuves; 10 000 tonnes ont été perdues. Avec l’arbitrage, le débrayage a finalement porté fruit. Le calcul du salaire s’est simplifié en faveur des travailleurs. La cohésion sociale régionale est renforcée par le front commun des élites et des travailleurs, et le syndicat est confirmé dans son rôle de représentant institutionnel. Cependant, un décret permet désormais l’intervention rapide de l’armée en cas de sabotage dans une usine de guerre. La censure levée et les récents événements dévoilés, des journaux anglophones, outrés de l’atteinte à l’effort de guerre, fustigent les grévistes, lesquels sont défendus notamment par Le Devoir. La Commission royale d’enquête Létourneau-Bond blanchira ces derniers de tout soupçon.

Infanterie, canons antiaériens et avions de chasse

Il devient vital, pour le Canada et le Commonwealth, de protéger les zones stratégiques telles que le complexe industriel d’Arvida. Dès 1940, l’usine est ceinturée de canons antiaériens légers. Puis, le 12 juin 1941, la 14e Batterie antiaérienne de l’Artillerie royale du Canada s’y installe et monte ses pièces lourdes.

En 1943, on compte plus de 3 000 militaires dans la ville. Outre leur participation à l’économie, les militaires servent la propagande, notamment lors de la parade pour l’emprunt de la victoire, en novembre 1943. Pour conscientiser la population, des cours sur les gaz de guerre sont aussi donnés dans les écoles protestantes d’Arvida à partir de janvier 1942.

De plus, dans le cadre du PEACB (Plan d’entraînement aérien du Commonwealth britannique), on construit un aéroport militaire à Bagotville, où l’entraînement débute en juillet 1942. L’Escadron 130 Panthère–dont la devise est “Défendez le Saguenay”–est responsable de la défense aérienne régionale, relevé en octobre 1943 par l’Escadron 129 (C). L’apparente protection apportée par la présence des avions de chasse n’empêche pas le conseil municipal de Jonquière de faire pression, le 31 septembre 1942, pour que cessent les vols au-dessus des églises, le dimanche, parce qu’ils perturbent les célébrations liturgiques. Les opérations d’entraînement à la base de Bagotville se poursuivent jusqu’en octobre 1944, presqu’à l’issue du conflit, au moment où le besoin en pilotes est résorbé. Venus de partout, 940 pilotes y ont obtenu leur diplôme, mais 41 aviateurs ont perdu la vie durant leur entraînement.

À cause des incursions répétées des sous-marins allemands dans le fleuve, le Régiment du Saguenay est chargé dès mai 1943 d’en surveiller la côte, à l’est de l’embouchure du Saguenay. En octobre de la même année, le Régiment relève la 14e Batterie dans son rôle antiaérien : il devient bientôt évident que l’Allemagne représente de moins en moins une menace pour le pays. Si la présence militaire a été bien acceptée, et même souhaitée, plusieurs civils furent surpris, voire insultés, qu’en pleine région francophone, les commandements militaires soient donnés en anglais.

Logement et rationnement

L’immigration massive de chercheurs d’emplois provoque une crise du logement. Pour résoudre le problème, la compagnie Alcan et la société Wartime Housing Incorporated, font construire en un temps record des centaines de maisons, quelques modèles produits en série. Elles sont ensuite louées aux ouvriers. Les militaires anglophones souffrant eux aussi de la pénurie, un petit village où l’on vit dans la langue et les coutumes anglaises est rapidement érigé à Chicoutimi.

Le rationnement amène aussi son lot de difficultés. En mai 1943, répondant à l’appel du gouvernement fédéral, un comité de citoyens d’Arvida met sur pied la campagne des Jardins de la Victoire. Le produit de près de mille jardins nourrit alors Arvida durant toute une année. De plus, en réponse au rationnement de l’essence et du caoutchouc, un plus grand nombre de trains est réservé au transport des ouvriers entre les municipalités saguenéennes par la CNR.

L’après-conflit

Le 8 juin 1945, tous les clochers de la région résonnent en choeur et les drapeaux sont hissés sur tous les bâtiments importants. Une journée de congé générale est décrétée pour fêter la fin de la guerre sur le sol européen. Ainsi prend fin l’engagement du Saguenay dans la Seconde Guerre mondiale.

Le conflit a principalement profité à l’aluminerie, car il a financé son agrandissement et sa visibilité tout en contribuant à sa prospérité. Par ailleurs, la baisse de la production a laissé un surplus énergétique exportable en plus d’attirer de nouvelles entreprises.

À l’époque, la ville d’Arvida a tiré elle aussi de nombreux avantages. À la suite des passions engendrées par la grève de 1941, la ville a acquis une réputation internationale. En quinze ans, le dortoir de l’usine a vu sa population et sa superficie se multiplier. On retrouve encore aujourd’hui, dans la paroisse Saint-Mathias, quelques maisons de la Wartime Housing. Au sud-est de Jonquière, le Quartier des Vétérans fut réservé à l’établissement des anciens combattants. Le caractère purement canadien-français de la région a progressivement repris le dessus après son anglicisation par les cadres de l’aluminerie et les militaires.

La présence militaire, pour sa part, laisse encore des traces. Certains manèges militaires ont été convertis en écoles. La base de Bagotville fut rouverte pour les avions de l’OTAN. Convertie ensuite en aéroport civil, elle donne place, régulièrement, à des spectacles aériens. En quelques endroits, des batteries antiaériennes continuent, encore aujourd’hui, d’attendre des avions qui ne viendront plus.

À Chicoutimi, en 1959, est inauguré un monument aux morts, création de l’artiste Armand Vaillancourt. En 1964, dans le Quartier des Vétérans, est érigé un monument aux morts des deux guerres mondiales. En 1969, un autre monument du même type, mais constitué exclusivement d’aluminium, sera construit au centre du Carré Davis, à Arvida.

Conclusion

En conclusion, le Saguenay aura donc été particulièrement impliqué dans la Deuxième Guerre mondiale. Propagande, censure, économie de guerre, présence militaire, restrictions des libertés civiles, rationnement et même des victimes, lors de l’incendie de 1942, permettront l’entretien d’une vision concrète de la guerre. Par son implication industrielle, la région saguenéenne a su se démarquer dans l’effort de guerre des Alliés. De plus, la population a démontré ferveur et solidarité pendant toute la durée du conflit.

Finalement, il serait impossible de dénombrer toutes les retombées de la Seconde Guerre mondiale au Saguenay, particulièrement dans le cadre d’un article aussi court. Un travail assidu en archives permettrait certainement de dévoiler de nombreux secrets encore bien gardés, surtout que nonobstant le travail de quelques chercheurs, le plus gros reste encore à faire. Quoi qu’il en soit, si les lieux communs sauront perpétuer le souvenir de la Seconde Guerre mondiale, même au Saguenay, c’est au niveau des acteurs sociaux de l’époque, qui disparaissent rapidement, qu’on devrait maintenant s’intéresser.

Daniel Pomerleau est un étudiant à la maîtrise en histoire, UQAM.

Lancement des compétitions pour les bourses

Le jour de la remise des diplômes arrive bientôt, alors c’est à nouveau le moment pour les enfants et les petits-enfants des légionnaires de faire la demande d’une bourse Lombard-LRC. Les deux candidats choisis (un garçon et une fille) recevront 5 000 $ chacun pour leur première année d’enseignement postsecondaire.

C’est la troisième fois que la bourse annuelle est offerte par le groupe d’assurances Lombard Canada, un des partenaires de l’Ensemble d’avantages aux membres de la Légion.

Comme l’ont démontré les récipiendaires précédents, la chance n’a rien à voir avec qui finit par être sélectionné. Les demandeurs doivent avoir une moyenne minimale de 75 pour cent dans leur dernière année de cours, et avoir démontré qu’ils ont une vie bien remplie à l’extérieur des études, y compris une participation à des activités sportives ou récréatives, de l’expérience dans le bénévolat et des qualités de commandement.

Jason Bednarz, directeur-adjoint de l’expansion de l’entreprise chez Lombard, offre les conseils suivants : “la bourse n’est pas toujours donnée à la personne qui a les meilleures notes, alors faites bien attention d’inclure toutes vos activités extrascolaires, tout travail bénévole, des choses comme ça.”

Il est important aussi que la demande que le candidat envoie soit entièrement remplie. “Il faut que vous ayez un parent ou un grand-parent qui est membre de la Légion et vous devez donner des renseignements sur eux dans la demande.” Les formulaires de demande et d’autres renseignements sont disponibles par Internet à http://www.lombard.ca/rcl/ scholarship.html.

Les élèves doivent faire la demande de bourse au plus tard un an après avoir terminé l’école secondaire ou le cégep, et s’engager à aller à temps plein à un établissement agréé qui offre des diplômes universitaires. Il n’existe aucune restriction à propos du programme d’études choisi. L’admissibilité est limitée aux enfants ou petits-enfants à charge, y compris les enfants adoptifs et les beaux-fils/ belles-filles de membres de la Légion royale canadienne.

Les demandeurs doivent être citoyens canadiens. En plus du formulaire rempli, ils doivent envoyer un relevé officiel du dossier de la dernière année complète et de l’année courante avec le sceau de l’école et la signature du registraire, une courte composition, et deux lettres de référence (une scolaire et l’autre non scolaire). Le tout doit être posté à Bourses Lombard-LRC, case postale 440, succursale A, Toronto (Ont.) M5W 1C2. La date d’échéance est le vendredi 2 juin.

L’Année de l’ancien combattant a été célébrée de bien des façons

Ça a commencé tout doucement, une idée pour une année spéciale, mais quand elle est arrivée à la fin, l’Année de l’ancien combattant avait vraiment été quelque chose. Dans tous les coins du pays, d’Inuvik à Corner Brook, en passant par Comox, les Canadiens se sont présentés en nombre record pour soutenir leurs anciens combattants durant 2005. Qu’il s’agisse des foules immenses de Canadiens respectueux qui les acclamaient ou d’un jeune scout qui distribuait des timbres, les anciens combattants qui participaient à ces manifestations ne pouvaient faire autrement que de s’apercevoir que les Canadiens se souviennent de ce qu’ils ont fait, et ils sont reconnaissants.

L’année 2005 ne pouvait être qu’importante. C’est durant cette année-là qu’allait avoir lieu le 60e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le nouveau Musée canadien de la guerre allait ouvrir ses portes. Un nouveau Livre du Souvenir allait être dédié. En Europe, les Hollandais préparaient une dernière grosse célébration pour recevoir leurs libérateurs. Mais, grâce surtout à la Légion royale canadienne, 2005 est devenue davantage qu’une simple année pleine de moments historiques, elle est devenue l’Année de l’ancien combattant.

“L’Année de l’ancien combattant est une idée de la Légion qui a prospéré jusqu’à devenir une année de célébrations et de commémoration après avoir été proclamée par le gouvernement du Canada”, dit la présidente nationale Mary Ann Burdett.

C’est en novembre 2004, que la ministre des anciens combattants Albina Guarnieri a fait l’annonce officielle que 2005 allait être dédiée à tous les hommes et femmes militaires du Canada qui ont servi leur pays à la guerre, aux conflits militaires et en temps de paix. C’était évidemment une bonne cause, et les filiales de la Légion ont partout répondu en organisant des manifestations et en participant de toutes les manières qu’elles l’ont pu.

“C’était l’année parfaite pour le faire et les filiales de la Légion ont vraiment relevé le défi en célébrant les gens les plus chéris au Canada, ceux qui ont fait de cette démocratie ce qu’elle est aujourd’hui : nos anciens combattants”, dit Burdett.

La première manifestation importante de l’année a aussi été une des plus grandes. Le 8 mai, le jour de la victoire en Europe, quelque 100 000 personnes se sont rendues au centre-ville d’Ottawa pour voir des milliers d’anciens combattants défiler du Monument commémoratif de guerre du Canada, en passant devant les édifices du Parlement, jusqu’au Musée canadien de la guerre qui ouvrait officiellement ses portes pour la première fois. Qu’ils fussent sur des chars d’assaut de la Seconde Guerre mondiale, qu’ils défilent en formation, ou même qu’ils aillent en autobus, les anciens combattants présents ce jour-là étaient traités comme des vedettes, et beaucoup ont été approchés par des Canadiens, jeunes ou vieux, qui désiraient les remercier de ce qu’ils ont fait.

Trois mois après, le 14 août, des anciens combattants, les membres de leur famille et des Canadiens s’assemblaient à nouveau, cette fois-là pour commémorer le 60e anniversaire de la victoire en Extrême-Orient et la fin de la Seconde Guerre mondiale. À peine quelques jours avant ça, le 9 août, des centaines de personnes s’étaient assemblées au parc Buffalo, à Calgary, pour commémorer la Journée des gardiens de la paix relativement nouvelle. C’est un signe des temps qui courent, vu que les vétérans de la Seconde Guerre mondiale sont moins nombreux chaque année, que notre attention se porte davantage sur les gardiens de la paix et sur les vétérans de la guerre froide.

“Lors de toutes ces activités, nous nous sommes toujours assurés d’être des représentants. Nous nous sommes toujours assurés d’inclure des bérets bleus et des membres actuels des Forces canadiennes, car ce sont les anciens combattants de demain”, dit Suzanne Sarault, la coordinatrice exécutive de l’Année de l’ancien combattant à Anciens combattants Canada.

Il est possible que l’événement de l’Année de l’ancien combattant qui a eu le plus d’importance soit l’adoption de la nouvelle Charte de l’ancien combattant. Ce fut certainement le bon moment pour voter une législation si importante.

“Une des manifestations les plus caractéristiques, du point de vue du service, a été l’adoption de la Charte de l’ancien combattant”, dit Sarault. “C’est une très bonne coïncidence que ce soit arrivé durant l’Année de l’ancien combattant. En fin de compte, l’adoption de la législation a eu lieu très rapidement. D’après moi, c’est très significatif, à mes yeux c’est la reconnaissance de leur contribution et c’est dire aux anciens combattants encore en service que le pays reconnaît aussi leur contribution.”

Par la suite, en automne, juste avant le jour du Souvenir, il y a eu un voyage exceptionnel de retour aux champs de bataille européens qui a donné l’occasion aux Canadiens d’apprendre les sacrifices et les accomplissements des peuples autochtones à la guerre. Le voyage spirituel autochtone en Belgique et en France a honoré les membres des Premières Nations, Métis et Inuits qui ont donné leur vie à la guerre et il a été très remarqué partout au pays.

En plus des grandes manifestations historiques, il y a aussi eu des efforts plus petits mais tout aussi importants durant toute l’année. À partir du 22 mars, Scouts Canada a commencé son projet Invitation au Souvenir, dans le cadre duquel 150 000 timbres où était inscrit Merci ont été distribué aux anciens combattants à travers le Canada. Les timbres ont été distribués individuellement aux anciens combattants par les jeunes scouts.

Le but de ce programme allait toutefois plus loin que le remerciement aux anciens combattants, il faisait partie d’un effort plus global ayant pour objet d’éduquer la jeunesse canadienne en les exposant aux anciens combattants et en leur donnant l’occasion d’écouter des histoires sur la vraie histoire vivante.

“Il existe un but plus important, de rappeler à la nation que nous avons encore une dette envers une génération de Canadiens désintéressés”, dit Guarnieri durant la cérémonie du lancement du projet. “C’est une dette que nous ne pouvons pas rembourser, alors on ne peut que rendre la pareille à quelqu’un d’autre.”

L’archive vidéo Des héros se racontent créée et publiée par Anciens combattants est aussi un projet de l’Année de l’ancien combattant qui va durer. Dans ces interviews, des vétérans de toutes les guerres du Canada décrivent leurs expériences en détail, offrant ainsi le patrimoine militaire du Canada à toute personne qui ait accès à la toile. Des héros se racontent se trouvent en cliquant le lien Le Canada se souvient au site d’ACC www.vac-acc.gc.ca.

La Monnaie royale canadienne aussi a joué un rôle, émettant plusieurs pièces commémoratives, dont une pièce de 25 cents de l’Année de l’ancien combattant qui a été émise peu de temps avant le jour du Souvenir. Auparavant, la Monnaie avait émis une nouvelle pièce de cinq cents en commémoration du 60e anniversaire du jour de la victoire en Europe. Les Forces canadiennes et la Gendarmerie royale du Canada se sont aussi mises de la partie, portant une épingle à insigne spéciale en 2005.

L’Année de l’ancien combattant ne s’est toutefois pas passée sans des moments de tristesse. Le dernier récipiendaire vivant de la Croix de Victoria, Smokey Smith, a trépassé en août. Après les funérailles que méritait ce héros national, on lui a rendu les honneurs funèbres en mer, comme il le désirait.

De plus, plusieurs autres des derniers vétérans de la Première Guerre mondiale du Canada sont morts en 2005, ne laissant que bien peu de survivants canadiens de cette guerre.

Quand on pense à toute l’année, ce ne sont pas les cérémonies particulières qui semblent si importantes, mais plutôt la synthèse de tous les efforts qui ont été faits pour organiser des centaines, peut-être même des milliers de manifestations.

“On aurait pu avoir un pique-nique, on aurait pu avoir une petite cérémonie musicale. Ce sont tous ces milliers d’activités qui sont mémorables, pas une seulement. Mais c’est ce qui a fait de l’Année de l’ancien combattant une année spéciale”, dit Sarault. “D’après mois, c’est de ça que je vais me souvenir, que tout le monde s’est rassemblé pour célébrer les anciens combattants.”

Bien que l’Année de l’ancien combattant ait inévitablement eu un terme, on n’est pas près d’en oublier l’esprit. Elle fait maintenant partie de notre patrimoine, tout comme les anciens combattants eux-mêmes.

2005 : L’année en résumé Une année spéciale pour les anciens combattants canadiens

L’année 2005 a été proclamée au pays en tant que “Année de l’ancien combattant”. Une idée que la Légion a proposée au gouvernement fédéral en 2004, l’Année de l’ancien combattant a été proclamée à la toute fin de 2004. Alors 2005, l’année du 60e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale, a été pleine d’hommages parrainés par le gouvernement et des groupes d’anciens combattants en l’honneur de tous nos anciens combattants.

La Légion a fait la proposition, le gouvernement l’a faite sienne et les filiales de la Légion ont relevé le défi pour saluer nos anciens combattants. Aucune manifestation de la Direction nationale n’a eu lieu sans que l’importance de l’année spéciale ne fusse mentionnée. Cela comprenait les événements sportifs tout comme les cérémonies. En février, le Conseil exécutif national a aussi ajouté le Red Ensign canadien aux drapeaux officiels de la Légion en marque de respect envers ceux qui ont servi sous lui.

Les autres manifestations approuvées par la Légion comprenaient les suivantes : le dévoilement du septième Livre du Souvenir dans la chapelle du Souvenir à la Tour de la paix, à Ottawa; l’ouverture du nouveau Musée canadien de la guerre; le train du Souvenir qui a fait le trajet d’Halifax à Ottawa; le dévoilement d’une pièce des anciens combattants spéciale par la Monnaie royale du Canada; les célébrations à Ottawa du jour de la victoire en Europe; et les nombreux pèlerinages qui ont eu lieu. Les activités habituelles ont continué à la Direction nationale, même avec cette augmentation des activités, mais quelques préoccupations ont dû y être associées.

La première de ces préoccupations était un nouveau système de logiciels qui allait donner au siège social un programme de planification de ressources électronique (PRÉ) ayant pour but de subvenir aux besoins de tous les départements grâce à une base de données unique. Le programme, nommé Great Plains (grandes plaines), a été conçu de manière à augmenter les efficacités et économiser de l’argent. À la fin de l’année, l’analyse des systèmes était presque terminée et on se préparait à mettre finalement le logiciel en application en 2006.

La deuxième était la pelletée cérémonielle, le 30 septembre, pour le nouvel édifice qui doit être construit en tant que quartier général à Kanata. La nouvelle structure, approuvée par le Conseil exécutif national en février, devrait être occupée en septembre 2006.

C’est un comité ad hoc présidé par le président sortant Allan Parks qui s’est occupé du programme de construction. Ce n’était que l’un des nombreux comités qui se sont réunis au quartier général, ou par téléconférence, au cours de l’année. Afin de réduire les coûts d’opération au quartier général, les comités comme ceux des relations publiques, des anciens combattants, des services et des aînés (ACSA), des adhésions et des sports ont été réduits par Mary Ann Burdett, la présidente de la Direction nationale. D’autres méthodes de communication avec les représentants divisionnaires ont été utilisées afin de ne pas affecter l’efficacité des comités. Le Comité des relations publiques, présidé par le vice-président national John Alger a même réussi à réviser les détails du plan des relations publiques pour les années 2006 à 2008 par téléconférence après que le document principal ait été envoyé à tous les présidents divisionnaires des relations publiques.

Le service des relations publiques a continué de soutenir les autres comités en créant des manuels et des catalogues, en commençant une mise à jour du site de la toile, en fournissant des discours et en répondant à plus de 5 000 demandes envoyées par courriel durant l’année. Il a opéré le système interne de courriel e-legion et affiché les messages provenant de la Direction nationale dans un nouveau panneau d’affichage auquel tous les légionnaires ont accès. Son soutien des autres comités a compris un travail très détaillé pour les gens qui servaient au Comité des adhésions.

Le Comité des adhésions, présidé par le vice-président Bob Gray, a révisé ses philosophie et programme stratégique pour deux ans à partir de 2006. Un nouveau plan concentré sur le recrutement et la réintégration ont été proposés en vue d’essayer de maintenir le nombre de membres car on est en droit de conclure d’après les indicateurs actuels que le nombre des membres de l’organisation pourrait diminuer d’un tiers, à cause des décès, rien qu’au cours des prochains cinq à dix ans.

On a discuté du lancement d’une nouvelle campagne de conscientisation concernant la croyance générale chez le public qu’il faut avoir fait son service militaire, ou être parent de quelqu’un qui l’a fait, pour être membre de la Légion. Une campagne de publicité variée a été élaborée pour s’occuper de cette question, en tant que partie d’une stratégie majeure, avec l’aide du Comité des relations publiques.

Afin d’assister les filiales pour ce qui a trait aux questions administratives concernant le sociétariat, le service, dirigé par Karen Mackarous, a affiché dans sa section du site web de la Légion www.legion.ca un avis électronique du genre facture visant les frais d’adhésion. Il a été conçu afin de permettre le fusionnement des avis de frais d’adhésion avec les fichiers du sociétariat afin d’envoyer des annonces personnalisées concernant les frais d’adhésion aux membres plutôt que des avis de rappel ou des appels téléphoniques.

Les prix des adhésions pour 2005 ont aussi été remis en 2006 aux divisions pour les meilleures performances globales, pour le meilleur résultat dans les renouvellements et pour celles qui ont obtenu une augmentation dans le cadre de leur Campagne de renouvellement lève-tôt. En 2005 les prix de 2004 avaient été remis à la Division du Québec dans les deux premières catégories alors que la Division de la Colombie-Britannique/ Yukon avait obtenu le trophée pour la troisième grâce à une augmentation de presque neuf pour cent.

Le département s’est aussi trouvé au milieu d’importants changements quand on a installé de nouveaux logiciels. Les défis étaient nombreux et excitants, car les résultats concernant le sociétariat affectent les opérations globales de la finance et de l’approvisionnement, ainsi que Canvet Publications Ltd.

Durant l’année, la voie stratégique qu’avait conçue le directeur du département de l’approvisionnement Peter Underhill est entrée en jeu et au département on a vu la quantité de commandes augmenter de 8 400 commandes en 2004 à 14 600 en 2005. Plus de 200 nouveaux produits ont été présentés par l’entremise d’un nouveau système de catalogue dynamique et des plans ont été mis en place afin d’inaugurer une nouvelle boutique web en 2006. L’acceptation des cartes de crédit comme mode de paiement a été étudiée et ce sera chose faite en 2006; et on a aussi remarqué une augmentation de 5 pour cent en ce qui concerne le matériel du coquelicot durant l’Année de l’ancien combattant, une indication que 2005 a été une année importante au Canada en ce qui a trait au souvenir.

Le Comité du coquelicot et du souvenir, sous la direction du premier vice-président national Jack Frost a été un intervenant important dans le succès de cette année spéciale, surtout en informant la jeunesse du Canada des sacrifices de nos anciens combattants et de nos héros tombés au champ d’honneur. Le comité a entrepris un projet avec Anciens combattants Canada qui a pour but de produire une brochure pédagogique intitulée Heroes And Poppies (Héros et coquelicots), laquelle a été postée à toutes les filiales de la Légion et écoles du Canada. Le comité a aussi renouvelé sa promesse de continuer à promouvoir le poème Au champ d’honneur en tant qu’outil d’importance.

Plus de 25 000 personnes ont assisté à la cérémonie nationale du Souvenir de 2005 à Ottawa, la plus grande foule qu’on y ait vu depuis plusieurs dizaines d’années. La Gouverneure générale, Michaëlle Jean, nouvellement nommée commandante en chef et patronne de la Légion, a déposé une couronne au mémorial et puis elle a visiblement réconforté la mère de la Croix d’argent nationale Claire Léger de Stittsville (Ont.), après qu’elle ait déposé une couronne de la part de toutes les mères au Canada qui ont perdu un fils ou une fille au service de la nation. Léger, accompagnée par son mari Richard, est la mère de feu le sergent Marc Léger qui a été tué en Afghanistan en 2002. La Légion lui avait demandé d’accepter cette nomination plus tôt que d’habitude à cause du nombre de manifestations qui allaient avoir lieu en 2005.

Les gagnants senior des concours littéraires et d’affiches annuels de la Légion étaient aussi devant le monument. Ils avaient été choisis parmi les 75 000 élèves qui avaient envoyé leur soumission dans toutes les catégories. La couronne a été déposée de la part de la jeunesse du Canada par Nathan MacLeod de Pugwash Junction (N.-É.) (affiche en couleurs), Mari Sakamoto de Banff (Alb.) (affiche en noir et blanc), Angela Malec de Dartmouth (N.-É.) (composition) et Melanie de Andrades de Brossard (Qc) (poésie). Le groupe de personnalités et eux étaient accompagnés en tant que porteurs de couronnes par les cadets exceptionnels de la marine, de l’armée et de l’air du Canada que leur propre ligue avait choisis.

L’année a aussi été marquée par un Pèlerinage national du souvenir des leaders de la jeunesse en Europe dirigé par la Légion. Il y avait 19 pèlerins représentant les 10 divisions qui ont participé à ce retour aux champs de bataille et aux cimetières européens. Le voyage, mené par la vice-présidente nationale Pat Varga leur a servi à mieux comprendre ce que c’est que le souvenir, en se concentrant surtout sur les jeunes et leur compréhension des sacrifices de nos anciens combattants.

Le Comité du souvenir et du coquelicot a aussi été content de l’importance que les grandes sociétés comme Tim Hortons et McDonald’s Canada ont mis sur le souvenir, ces deux dernières ayant fait des efforts pour promouvoir la campagne du coquelicot annuelle dans leurs points de vente. Le comité a aussi publié un manuel du coquelicot mis à jour durant l’année, dans lequel avaient été inclus toutes les modifications approuvées par le Congrès de 2004 à London (Ont.).

Les Canadiens ont aussi été portés à se souvenir en 2005 quand, au mois d’août, ils ont appris le décès du dernier récipiendaire de la Croix de Victoria, supporter de longue date de la Légion et promoteur infatigable du Souvenir, le sergent (à la retraite) Ernest Alvia Smith, V.C., “surnommé Smokey”. C’était le seul simple soldat du Canada à avoir obtenu cette décoration durant la Seconde Guerre mondiale.

On demanda à la présidente Mary Ann Burdett d’être porteuse de cercueil honoraire à ses funérailles à Vancouver et de faire le panégyrique de cet homme qui était devenu une icône dans les rangs de ceux avec qui il avait servi. Les gens qui l’ont rencontré vont se souvenir de lui à jamais en tant que personne qui exemplifiait la raison d’être de l’Année de l’ancien combattant. Le bureau des services de la Légion, quant à lui, s’est toutefois concentré sur les besoins des anciens combattants encore vivants.

On a été des plus heureux à la Légion quand le gouvernement fédéral a annoncé, en avril, la nouvelle Charte des anciens combattants du Canada. L’adoption de la nouvelle législation au mois de mai a été considérée comme une préparation du terrain pour la transmission du flambeau par nos plus vieux anciens combattants en ce qui concerne le soutien auquel ils peuvent s’attendre de la part du gouvernement en reconnaissance de leur service à la nation. La présidente du Comité des ACSA, la présidente nationale Mary Ann Burdett, s’est entretenue sur la question avec la ministre des anciens combattants Albina Guarnieri, en janvier 2005, et elle a témoigné au mois de mai devant le comité du Sénat sur la finance nationale où elle confirmait que la Légion soutiendrait le projet de loi C-45. Les règlements proposés ont été publiés en décembre pour obtenir les réactions du public.

La présidente nationale a aussi fait des présentations au sous-comité des affaires des anciens combattants, en février, sur le réseau du bureau des services et elle a assisté à des réunions régulières avec le sous-ministre des services aux anciens combattants à Charlottetown et à Ottawa. Ces dernières avaient lieu dans le but de discuter des changements de politiques et de processus. Elle a assisté à la réunion générale annuelle de l’Union des employés d’Anciens combattants Canada en octobre où elle s’est adressée aux délégués et elle a aussi siégé à des tables rondes à Ottawa, en novembre, sur la question de la préférence concernant les emplois dans la fonction publique.

Le bureau des services, dirigé par Pierre Allard, a organisé des sessions à Winnipeg, au mois de septembre, et à Ottawa, au mois d’octobre, dans le but de tenir au courant les agents des services des directions. Le bureau a aussi pris part à des sessions de formation à Montréal, en septembre, et à Charlottetown, en novembre. La fermeture du bureau de la Légion à Charlottetown a aussi donné lieu au transfert des pouvoirs au bureau national où les premiers ont été apportés au Tribunal des anciens combattants (révision et appel) au mois d’août. Le bureau a aussi organisé des sessions de formation pour nouveaux agents des services.

Les sondeurs des soins de long durée de la Légion ont continué à visiter des anciens combattants dans les institutions, de la part d’ACC, pour remplir les questionnaires sur le degré de satisfaction. Les sondeurs apportent beaucoup d’échos sur les conditions de vie générales et ils peuvent recommander des améliorations pour le bien des anciens combattants et des aînés qui y habitent. Leurs travaux sont coordonnés dans deux endroits et bien qu’il ait eu une session de formation en 2005, on s’attend à ce qu’il faille en avoir de nouvelles et que le programme soit prolongé.

Le Legion Housing Centre for Excellence (centre d’excellence du logement de la Légion) est arrivé au bout de sa cinquième année d’opération en 2005. Le répertoire national de l’habitation a été mis à jour et des copies en ont été offertes aux directions divisionnaires alors que le centre continue de fournir une assistance et des conseils précieux aux filiales et aux directions de la Légion.

Le directeur Allard a aussi représenté la Légion au congrès de fin d’une vie/soins palliatifs à Vancouver au mois de juin, a renseigné une délégation chinoise sur son opération au mois d’août et a informé l’ombudsman sur le bureau et son modèle de prestation des services en décembre. Il s’est aussi adressé au TAC(RA) lors de sa réunion annuelle à Montréal, en octobre, sur les questions soulevées par les décisions aux audiences à propos de l’interprétation de la diligence raisonnable et de la perte de l’ouïe, qui, aucune des deux, ne favorisent les anciens combattants.

Le premier vice-président national et vice-président du Comité des ACSA Jack Frost a eu bien du pain sur la planche durant l’année quand il s’agissait des questions intéressant les anciens combattants et les aînés. À une table ronde du gouvernement, en novembre, à Ottawa, il a organisé une séance d’information officielle soulignant les résolutions de la Légion qui touchent aux programmes des aînés, comme un programme d’autonomie des aînés, un fonds renouvelable pour contrebalancer l’obligation de fournir une mise de fonds pour les projets de logement à prix abordable, l’adoption d’une déclaration des droits des aînés et le partage du revenu de pension entre les membres d’un couple d’aînés mariés qui servirait à égaliser l’impôt établi.

La gestion de la Légion par la Direction nationale en 2005 a compris les opérations sportives. Le vice-président des débats national Wilf Edmond et le Comité des sports ont mis à jour et réimprimé le Guide des sports et composé un questionnaire qui devait être distribué aux directions divisionnaires à propos de leurs programmes d’athlétisme. Les économies, toujours un problème, ont obligé le comité à chercher des manières de s’assurer que les participants aux sports de participation des membres ne soient remboursés que du prix économique annoncé lors de leur voyage. Ils se sont aussi penchés sur la possibilité de réduire les Championnats nationaux d’athlétisme d’un jour. Les décisions sur ces mesures seront prises en 2006.

Entre-temps, les Championnats d’athlétisme de 2005 ont eu lieu à Edmonton et plus de 350 athlètes, chaperons, entraîneurs, et donneurs d’ateliers provenant des 10 divisions et d’Athlétisme Canada y ont participé. Les divisions de l’Ontario et de la Colombie-Britannique/ Yukon ont pris la tête à la chasse aux médailles durant laquelle 50 d’entre elles ont été remises aux athlètes représentant chacune de ces deux divisions. La Division du Québec en a obtenu 31.

Le Comité des sports a aussi choisi Oromocto (N.-B.) comme site des championnats de 2007 et les épreuves de sports de participation des membres vont avoir lieu aux endroits suivants : curling régulier, filiale A.H. Foster MM Memorial de Kingston (N.-É.); curling senior, filiale Normandy de New Glasgow (N.-É.); cribbage, filiale Fairview d’Halifax; et fléchettes, filiale Miscouche (Î.-P.-É.).

Les épreuves de 2005 ont été bien couvertes par la revue Légion et les gagnants y ont été annoncés. Mais les prix nationaux décernés aux participants n’étaient pas ceux dont a discuté le Comité national des décorations et récompenses. Le nouveau comité, dirigé par Les Rowbottom, a été conçu de sorte à fonctionner comme centre d’excellence pour les soumissions au bureau du Gouverneur général pour les distinctions nationales et à ACC pour la Mention élogieuse du ministre. Suite à des réunions avec les principaux organismes gouvernementaux, les membres du comité se sont réunis avec ACC en 2005 et ils ont commencé sa consolidation de l’information tout en composant le manuel officiel. Ils ont aussi cherché des manières de mettre au point les stratégies de communication pour aviser les filiales de sa disponibilité.

Pendant son stade de mise au point, le Comité des décorations et récompenses a consulté le Comité des rituel et insignes de la Légion existant à propos de nombreuses questions, ce qui a fait augmenter la charge de travail de ce dernier. Néanmoins, le comité présidé par George O’Dair a fini son travail en 2005. Il a révisé 201 soumissions et décerné ou approuvé 74 MSM, 17 MSA, 34 palmes pour la MSM et 7 palmes pour la MSA. En plus, le comité a traité et décerné 24 récompenses de média et 23 récompenses de l’amitié.

Alors que les récompenses ont été jugées importantes pour le bien-être du sociétariat, le bien-être des troupes du Canada au pays et à l’étranger l’ont aussi été. Le Comité des relations publiques a continué ses programmes de soutien du militaire en 2005 grâce à des octrois servant à aider l’équipe de la marche Nimègue à visiter le plateau de Vimy en France. L’équipe a aussi été accompagnée lors de ses marches de quatre jours par le légionnaire Jack de Bruijne de la Division de la Colombie-Britannique/Yukon.

La tournée de spectacles qui est allée visiter nos troupes en Afghanistan en octobre a été parrainée par la Légion et le trésorier national Mike Cook l’a accompagnée. Il est revenu avec un rapport élogieux sur son succès. La Légion a parrainé à nouveau les prix des sports militaires en 2005 et, par l’entremise de l’Opération père Noël, elle s’est assurée que nos troupes déployées reçoivent un cadeau de la Légion à la Noël. Juste avant le déploiement de la tournée de spectacles, la présidente nationale Burdett et le président national des débats Tom Irvine ont accompagné le chef d’état-major de la défense lors d’une visite en Afghanistan comme partie de l’approche de l’équipe du Canada pour renforcer le moral des troupes. Une fois de plus la Légion était aux premières lignes des opérations quand il s’agissait de soutenir les militaires alors qu’un autre comité à Ottawa s’efforçait d’assurer l’efficacité de nos troupes.

Le Comité de la défense, présidé par Lou Cuppens, a continué d’observer les développements concernant l’arrivée de la nouvelle Charte des anciens combattants tout en surveillant de près les développements dans la collectivité de la défense, surtout la vision militaire à venir. Il a témoigné devant le Comité permanent de la défense nationale et des anciens combattants du Sénat en juin et a maintenu des liens serrés avec les autres intervenants importants par l’entremise du Congrès des associations de la Défense. L’élection fédérale annoncée à la fin de l’année 2005 a aussi causé beaucoup d’intérêt, mais ce n’est pas la seule chose qui a attiré l’attention des légionnaires en 2005.

Les 10 directions divisionnaires ont changé de leaders en 2005 car il y a eu des congrès divisionnaires d’un océan à l’autre. Pendant ce temps, à Ottawa, le Comité national des congrès se préparait pour le Congrès de 2006 qui va avoir lieu à Calgary du 25 au 28 juin.

L’appel au congrès a été lancé et les comités à Ottawa sont en train de réviser les résolutions qui leur ont été envoyées. Le Comité des constitution et lois présidé par Jim Rycroft, pour se préparer au congrès, a révisé les arrêtés généraux reliés aux soumissions concernant les modifications et l’impact que l’article trois a sur les gens élus pour diriger les filiales. Une réunion du Comité de liaison des présidents divisionnaires, présidé par la vice-présidente nationale Pat Varga, a eu lieu durant laquelle on se penchait sur les problèmes des directions divisionnaires d’un point de vue national.

Une réunion antérieure du CEN, en février, avait pris des décisions sérieuses et bien réfléchies à propos du déménagement du quartier général et de l’adoption de frais d’adhésion unitaires pour assumer les dépenses encourues durant l’année. Mais le trésorier national Mike Cook a annoncé que la direction allait faire face à un revenu critique à l’avenir, malgré son serrement de ceinture, même si les objectifs étaient atteints. Il a aussi remarqué que les comités et le personnel avaient été réduits au strict minimum.

Le comité de la Ligue royale des anciens combattants du Commonwealth (LRACC) est un domaine où la réduction des coûts n’est pas un facteur important. Les membres qui ont assisté aux congrès divisionnaires en 2005 ont à nouveau donné généreusement et les fonds donnés pour maintenir les opérations dans la région des Antilles, qui sont des plus actives, étaient suffisants. Le financement assuré, et les besoins ayant diminué un petit peu parce que la population des vétérans de la Seconde Guerre mondiale a rapetissé, le comité a réussi à remplir tous ses engagements. Au mois de juin, la Légion s’est aussi faite l’hôtesse du Congrès triennal de la ligue, lequel avait l’Année de l’ancien combattant comme thème.

Des délégués de 54 pays ont assisté à Ottawa au congrès ouvert par la ministre des anciens combattants qui a profité de son calendrier d’allocutions auprès des délégués pour décerner par la suite une Mention élogieuse du ministre à la présidente nationale Burdett pour la féliciter de son dévouement concernant l’amélioration du sort des anciens combattants canadiens. La présidente nationale, qui avait été nommée auparavant présidente du congrès, a été émue.

Le congrès a eu comme événement marquant une cérémonie commémorative au Monument commémoratif de guerre du Canada, une visite par les délégués à la résidence du Gouverneur général où la Gouverneure générale Adrienne Clarkson les a reçus, et une visite au Musée canadien de la guerre qui venait d’ouvrir. L’avenir de la participation du Canada à la ligue est un sujet dont on va discuter en 2006 car la ligue est en train de penser à son avenir à la lumière de la diminution du nombre d’anciens combattants du Commonwealth qui ont besoin d’assistance. La Légion va toutefois maintenir son engagement envers les anciens combattants antillais qui ont besoin de notre aide.

L’année 2005 en a été une où la Direction nationale a été très occupée. En plus de ses devoirs habituels, la présidente nationale a dû participer à nombre de manifestations que personne ne pouvait prévoir. L’une de ces dernières était le mariage du filleul de la Légion, le prince Floris, en Hollande où elle a eu l’occasion de se joindre au voyage spirituel des Autochtones du Canada qui étaient allés chercher les esprits de ceux qui ont servi là-bas aux guerres du Canada pour les ramener chez eux. Elle a été l’une des invitées à l’installation de la nouvelle Gouverneure générale et, n’importe à quel point elle était occupée, elle a quand même assisté aux manifestations de filiales quand cela lui était possible.

Durant l’Année de l’ancien combattant, tous les légionnaires ont fait ce qu’ils ont pu pour faire de 2005 une année très spéciale, et ils ont réussi. L’an prochain, il va y avoir de nouveaux défis à relever, et une nouvelle garde va prendre la relève pour ce qui a trait aux responsabilités de diriger et maintenir la Légion royale canadienne. Eux aussi vont avoir de quoi s’occuper alors que la Légion continue de s’attaquer aux importants problèmes pour nos anciens combattants, à la perpétuation du Souvenir et à sa propre continuation en tant que principale organisation de soutien des anciens combattants qui a son port d’attache dans la localité.